Lettre ouverte : Faits concernant l’inspection des aliments par l’ACIA
Je souhaite corriger des erreurs et la mauvaise interprétation de certains faits que l’on trouve dans les médias actuellement au sujet de la situation relative à E. coli chez XL Foods Inc.
Premièrement, contrairement à ce qu’on a pu en dire dans les médias, les inspecteurs des aliments au Canada examinent bel et bien les conditions générales d’un établissement, notamment la façon dont les carcasses sont nettoyées et la désinfection de l’équipement. Des inspecteurs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) sont présents chaque jour dans les établissements agréés par le gouvernement fédéral. Ils vérifient si les mesures de contrôle de la salubrité des aliments d’une entreprise sont mises en oeuvre de façon efficace. En tout temps, si les inspecteurs détectent des problèmes qui pourraient avoir des répercussions sur la salubrité des aliments, ils prennent immédiatement des mesures à cet égard. Les pratiques d’entretien et de désinfection générale ainsi que l’équipement font l’objet d’inspections à une fréquence établie. Nos inspecteurs veillent à faire en sorte que les mesures de contrôle essentielles à la salubrité des aliments sont appliquées.
Deuxièmement, à titre de partenaires commerciaux, le Canada et les États Unis vérifient régulièrement le système d’assurance de la salubrité des aliments de l’autre pays. En somme, tout problème cerné lors de ces vérifications est résolu afin que les entreprises puissent continuer à exporter leurs produits.
Dans les médias, on ne mentionne pas que, bien que ces vérifications permettent d’avoir un aperçu de la situation dans un établissement, les inspecteurs de l’ACIA interagissent quotidiennement avec les gestionnaires des établissements de transformation de la viande agréés par le gouvernement fédéral et s’assurent que le plan de prévention en matière de salubrité des aliments des entreprises est mis en oeuvre de façon uniforme et efficace.
De plus, les médias n’ont utilisé que des renseignements restreints provenant de certaines vérifications, dressant ainsi un portrait trompeur de l’ensemble du système canadien d’assurance de la salubrité des aliments. Par exemple, les médias ont souligné certains exemples saisissants provenant d’un rapport de vérification des États Unis, sans expliquer qu’il était également mentionné dans le même rapport que l’ACIA et l’entreprise ont immédiatement appliqué les mesures correctives qui s’imposaient.
Les rapports présentés dans les médias n’indiquent pas non plus que l’établissement de XL Foods Inc. qui se trouve au coeur du problème actuel concernant la bactérie E. coli a fait l’objet de vérifications par des pays étrangers dix fois au cours des trois dernières années. L’entreprise XL Foods Inc. pouvait continuer d’exporter ses produits jusqu’à tout récemment, ce qui témoigne de la confiance des autres pays à l’égard de l’établissement et de la capacité de surveillance de l’ACIA.
Des situations requérant l’application de mesures correctives sont observées chaque jour dans des établissements de transformation de la viande des deux côtés de la frontière. Le Canada effectue régulièrement des vérifications des installations américaines, et les constatations sont en phase avec les observations faites par les vérificateurs américains lorsqu’ils évaluent les usines canadiennes. L’important, c’est que les problèmes sont réglés lorsqu’ils sont détectés.
Troisièmement, la notion présentée dans les médias selon laquelle les autorités américaines en matière de salubrité des aliments font preuve de davantage de rigueur que les inspecteurs canadiens est fausse. En effet, contrairement aux affirmations des médias, le 4 septembre, l’ACIA a détecté la présence de la bactérie E. coli O157:H7 dans des produits provenant de XL Foods Inc. dans le cadre de ses analyses régulières. Le même jour, les États Unis l’ont informée qu’ils avaient également décelé la présence de la bactérie à la frontière lors de l’analyse d’échantillons de produits provenant de XL Foods Inc. Ces renseignements sont affichés sur le site Web de l’ACIA depuis des semaines, et ils ont été expliqués dans de nombreuses notes techniques à l’intention des médias.
Il est important de rappeler aux Canadiens qu’aucun produit associé à la détection, le 4 septembre, de la bactérie par le Canada et les États Unis ne s’est retrouvé sur le marché. Nous avons immédiatement lancé une enquête, et nous appliquons des mesures depuis ce jour afin de protéger les consommateurs.
Nous prenons des mesures sur le champ lorsque des problèmes de salubrité des aliments sont cernés. Nous devons fonder nos décisions sur des renseignements scientifiques vérifiables. Lorsqu’elle a la preuve qu’il y a des problèmes graves, l’ACIA peut suspendre le permis d’exploitation d’un établissement, ce qu’elle a fait le 27 septembre 2012 dans le cas de XL Foods Inc. L’entreprise ne pourra ouvrir ses portes de nouveau que lorsque nous aurons déterminé qu’elle met en oeuvre des mesures efficaces de contrôle de la salubrité des aliments de façon uniforme.
L’inspection des aliments et les rappels d’aliments constituent des sujets complexes, mais importants. Nous nous engageons à collaborer avec tous les intervenants, y compris les médias, afin de nous assurer que les consommateurs comprennent clairement le système canadien d’assurance de la salubrité des aliments, reconnu à l’échelle internationale.
George Da Pont, président
Agence canadienne d’inspection des aliments
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