Protocole pour l'exportation des buccins vivants issus de la pêche depuis Saint-Pierre et Miquelon vers le Canada

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1. L'exploitation des buccins : une pêche soutenue et encadrée

1.1 La pêche aux buccins à Saint-Pierre-et-Miquelon

Historiquement, le buccin (ou bulot) a principalement été pêché comme appât (boëtte) de substitution, à l'époque de la Grande pêche notamment. Appelé localement coucou, il est aussi consommé par les Saint-Pierrais et Miquelonnnais qui le ramassent sur les côtes ou se le procurent dans les commerces de l'archipel.

Actuellement quelques entreprises exploitent la ressource qui est vendue localement ou exportée vers les marchés asiatiques.

Le buccin intéresse également des entreprises de transformation canadiennes de Terre-Neuve qui ont déjà établi, pour certaines, des relations commerciales avec les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Les quantités de buccin pêchées localement sont évaluées à environ 80 tonnes.

1.2 L'encadrement administratif et scientifique français

Saint-Pierre-et-Miquelon bénéficie d'une importante structure administrative d'accompagnement et de contrôle de l'activité aquacole, en lien constant avec l'État français représenté localement par la Préfecture.

La direction des Territoires de l'Alimentation et de la Mer (DTAM) est une direction interministérielle, représentant le ministère de l'Écologie et le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Pêche français dans l'archipel.

Le service Alimentation de la DTAM dispose d'un laboratoire d'analyses bactériologiques auquel sont affectés un ingénieur des services vétérinaires et trois techniciens qui réalisent les analyses et sont inspecteurs sanitaires officiels. Certaines analyses complémentaires sont réalisées dans des laboratoires français.

L'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER) est également représentée dans l'archipel. Il réalise des études sur l'état du milieu et des ressources et accompagne les professionnels en ce qui concerne les méthodes de pêche, d'aquaculture et de conchyliculture. Il finance également des projets d'études et de développement.

La Chambre d'Agriculture, de Commerce, d'Industrie, de Métiers et de l'Artisanat (CACIMA) ou encore le Conseil Territorial de Saint-Pierre et Miquelon interviennent également dans l'accornpagnement et le financement des entreprises et des organismes professionnels.

1.3 Une opportunité pour la coopération régionale

Des relations commerciales sont déjà en place entre un certain nombre d'acteurs français et canadiens. L'exploitation des buccins s'inscrit dans cette même logique de complémentarité, dans l'intérêt de chacun.

D'un point de vue scientifique, les études menées dans les eaux françaises, toutes proches des gisements exploités par le Canada, pourront apporter des données complémentaires sur l'êtat sanitaire de la ressource et poser les bases d'un échange scientifique pérenne entre les réseaux canadiens et français.

Cette collaboration permettra aux deux parties de développer l'exploitation de ressources communes, au sud de Terre-Neuve en garantissant la qualité sanitaire des produits.

En outre, les kits « Jellet » utilisés par le laboratoire de la DTAM sont fabriqués au Nouveau-Brunswick. Les essais comparatifs entre trois méthodes d'analyses (kits « Jellet », méthode ELISA et analyse officielle par l'IDAC de Nantes) pourraient représenter une nouvelle opportunité de coopération régionale.

2. Protocole pour l'exportation des buccins vivants issus de la pêche depuis Saint Pierre et Miquelon vers le Canada

2.1 Analyse du risque des phycotoxines dans le buccin

Données sur le buccin et la ZEE de Saint-Pierre et Miquelon

Le buccin (Buccinum undatum) est un gastéropode marin non filtreur qui vit sur des fonds marins d'une profondeur maximale de 53 brasses environ. ll apprécie les fonds vaseux et sableux. ll a un régime alimentaire nécrophage et il peut éventuellement être carnivore.

Le risque de contamination par ingestion de buccins contenant des phycotoxines est faible dans la zone sud de Terre Neuve et dans la zone de l'archipel.

La zone de pêche identifiée par l'autorité compétente et autorisée par un arrêté préfectoral se trouve dans la ZEE et plus précisément dans les eaux proches des côtes de Saint-Pierre-et-Miquelon (24 miles maximum) et sur des fonds d'une profondeur de 53 brasses maximum.

Les unités pratiquant la pêche au buccin, autorisées par un arrêté préfectoral, ont un rayon d'action limité, elles ne peuvent aller au delà des 20 miles nautiques des côtes.

La ZEE de Saint-Pierre et Miquelon est enclavée dans la zone canadienne et se situe au sud de Terre Neuve, à l'embouchure du golfe du Saint-Laurent. Les qualités de l'eau sont similaires à celles du sud de Terre Neuve. Il est reconnu que la probabilité de trouver des toxines dans la zone du sud de Terre-Neuve est très faible.

Pour des raisons comrnerciales, seul l'espèce Buccinum undatum est pêchée. Les techniques de pêche font appel à la pose de casiers, dont le maillage permet d'éliminer les risques de collecte d'autres espèces, et notamment les plus petits coquillages. Ces casiers au maillage le plus gros proviennent d'un fournisseur canadien. Un premier tri est fait à bord de l'unité de pêche afin de s'assurer de l'homogénéité du lot, les espèces autres que Buccinum undatum sont alors rejetées à la mer par le pêcheur.

Lors de l'escale dans le port de Saint-Pierre, l'homogénéité du lot eat contrôlé par l'inspecteur officiel au moment de la prise d'échantillons représentatifs en vue de la recherche de phycotoxines marines.

2.2 Méthodes d'analyses utilisées

Les trois familles de phycotoxines marines sont recherchées : Les ASP (phycotoxines amnésiques), les phycotoxines lipophiles (DSP, PTX, AZA, YTX) et PSP (phycotoxines paralysantes). Pour cela deux laboratoires seront utilises, le laboratoire de l'Institut départemental d'analyses et de conseil (IDAC) de Nantes en France et le laboratoire d'analyses de la direction des Territoires, de l'Alimentation et de la Mer (DTAM) de Saint-Pierre-et-Miquelon.

L'IDAC de Nantes est un laboratoire accrédité pour ce type d'analyses. Il utilise les méthodes imposées par les règlements européens 853/2004CE et 2074/2005CE, elles sont les suivantes :

  • ASP : méthode LNRBM-ASP01
  • PSP : méthode LNRBM-PSP01 selon AOAC; et
  • Phycotoxines lipophiles : méthode AFSSA-LERQAP/TOP-NATl02.

La quantité totale de biotoxines marines (mesurées dans le corps entier ou dans toute partie comestible séparément) ne doit pas dépasser les limites suivantes :

  • pour le « Paralytic Shellfish Poison » (PSP), 800 microgrammes par kilogramme;
  • pour le « Amnesic Shellfish Poison » (ASP), 20 milligrammes d'acide domoïque par kilogramme;
  • pour l'acide okadaïque, les dinophysistoxines et les pectenotoxines pris ensemble, 160 microgrammes d'équivalent acide okadaïque par kilogramme;
  • pour les yessotoxines, 1 milligramme d'équivalent yessotoxines par kilogramme; et
  • pour les azaspiracides, 160 microgrammes d'équivalent azaspiracides par kilogramme.

Le laboratoire de la DTAM est agrée par l'autorité compétente par arrêté préfectoral no 853 du 23 décembre 2008. Pour les analyses destinées à autoriser la débarque à Terre-Neuve, le laboratoire utilise les kits chimiques « Jellet » pour la recherche des PSP et des tests ELISA selon la méthode officielle 2006.02 ASP ELISA pour la recherche des ASP (annexe III règlement Communauté européenne 2074/2005).

Le laboratoire de la DTAM effectue également des recherches par Kit « Jellet » pour les phycotoxines ASP et DSP à titre comparatif. Il effectue également des recherches par test ELISA pour les phycotoxines PSP et DSP à titre comparatif.

Les kits « Jellet » permettent d'effectuer des analyses pour les trois familles de toxines marines, ASP, DSP, PSP. Pour la validation de ses kits, la société Jellet travaille en collaboration avec « l'Institut des biosciences marines du Conseil national de recherches Canada ».

Les tests ELISA permettent d'effectuer des analyses pour les trois familles de phycotoxines marines, ASP, DSP, PSP.

Le kit chimique « Jellet » pour la recherche de PSP est approuvé par l'USDA depuis 2004.

Les tests ELISA sont reconnus pour la recherche des ASP par le règlement européen 2074/2005.

2.3 Protocole « pêche buccin »

Avant la période de pêche au buccin

La pêche au buccin commence traditionnellement au debut du mois de mai et dure jusqu'au mois de septembre, période ou la pêche à la morue reprend. Les suivis de zone commenceront en avril, soit dans le mois précédent l'ouverture de la pêche.

Les prélèvements et analyses seront réalisés comme suit :
Dates Analyses demandées Méthodes -
Officielle
IDAC
Méthodes -
Kit
labo SPM
21 jours avant l'ouverture de la pêche ASP oui oui
21 jours avant l'ouverture de la pêche PSP oui oui
21 jours avant l'ouverture de la pêche DSP oui oui
21 jours avant l'ouverture de la pêche autres phycotoxines lipophiles oui non
14 jours avant l'ouverture de la pêche ASP oui oui
14 jours avant l'ouverture de la pêche PSP oui oui
14 jours avant l'ouverture de la pêche DSP oui oui
14 jours avant l'ouverture de la pêche autres phycotoxines lipophiles oui non
7 jours avant l'ouverture de la pêche ASP oui oui
7 jours avant l'ouverture de la pêche PSP oui oui
7 jours avant l'ouverture de la pêche DSP oui oui
7 jours avant l'ouverture de la pêche autres phycotoxines lipophiles oui non

Les prélèvements sont réalisés sur les gisements de buccins (Buccinum undatum) connus. La pêche se fait à l'aide de filières comportant 50 casiers.

Les prélèvements seront réalisés par les inspecteurs officiels du service Alimentation de la direction des Territoires, de l'Alimentation et de la Mer (DTAM) à bord des navires tors de leur arrivé au port de Saint-Pierre.

L'inspecteur prépare les échantillons à analyser. À savoir :

  • 3 échantillons pour la recherche des phycotoxines par kits « Jellet » (ASP, DSP, PSP) laboratoire DTAM. Les recherches pour les phycotoxines ASP et DSP par kit « Jellet » sont réalisées pour le compte de l'autorité compétente.
  • 3 échantillons pour la recherche des phycotoxines par tests ELISA (ASP, DSP, PSP) laboratoire DTAM. Les recherches pour les phycotoxines PSP et DSP par tests ELISA sont réalisées pour le compte de l'autorité compétente.
  • 3 échantillons à envoyer en congelé au laboratoire de l'IDAC à Nantes pour analyses officielles (ASP, PSP, phycotoxines lipophiles (DSP, PTX, AZA et YTX)).
  • 3 échantillons pour l'échantillothéque du laboratoire de la DTAM.

Les échantillons sont envoyés congelés par transporteur à l'IDAC par l'autorité compétente. L'analyse à réception des échantillons à réception est commandée. Les analyses se font sur chair totale.

II sera également envoyé a l'IDAC de Nantes des échantillons pour la recherche des contaminants environnementaux exigés par l'ACIA. Les contaminants pour lesquels l'ACIA exige une analyse sont :

  • les TCDD (dioxine)
  • les DDT et métabolites (DDD et DDE)
  • les BPC
  • le mercure

Ces analyses correspondent aux prescriptions de l'annexe 3 « lignes directrices sur les contaminants chimiques du poisson et des produits du poisson au Canada » du manuel des normes et des methodes des produits du poisson.

Tous les résultats d'analyses seront envoyés a l'ACIA avant le début de la campagne de pêche.

Pendant la periode de pêche

Chaque semaine de pêche, trois séries d'analyses seront réalisées sur les buccins issus de la pêche. Les prélèvements seront réalisés par les inspecteurs officiels du service alimentation de la direction des territoires, de I'alimentation et de la mer (DTAM) à bord des navires lors de leur escale au port de Saint-Pierre.

L'inspecteur prepare les echantillons a analyser. À savoir :

  • 3 échantillons à envoyer en congelé au laboratoire de l'IDAC a Nantes pour analyses officielles (ASP, PSP, phycotoxines lipophiles (DSP, PTX, AZA et YTX)). Ces échantillons sont envoyés congelés et par transporteur à l'IDAC par l'autorité compétente. L'analyse à réception des échantillons à réception est commandée. Les analyses se font sur chair totale.
  • 3 échantillons pour la recherche des phycotoxines par kits « Jellet » (ASP, DSP, PSP) laboratoire DTAM. Les recherches pour les phycotoxines ASP et DSP par kit « Jellet » sont réalisées pour le compte de l'autorité compétente.
  • 3 échantillons pour la recherche des phycotoxines par tests ELISA (ASP, DSP, PSP) laboratoire DTAM. Les recherches pour les phycotoxines PSP et DSP par tests ELISA sont réalisées pour le compte de l'autorité compétente.
  • 3 échantillons pour l'échantillothéque du laboratoire de la DTAM.

Ces échantillons seront analysés au laboratoire du service alimentation de la DTAM à Saint-Pierre avant débarque au Canada. Les échantillons seront analysés par kit « Jellet » et par tests ELISA.

Le service alimentation de la DTAM transmettra les résultats d'analyses aux autorités sanitaires de Terre Neuve (ACIA, douanes) par courrier électronique ou tout autre support nécessaire. Une copie sera adressée à l'armateur et aux usines de traitement des produits de la pêche concernées.

Les résultats envoyés sont :

  • kit « Jellet » : résultats des recherches des phycotoxines PSP.
  • Tests ELISA : résultats des recherches des phycotoxines ASP.
  • IDAC de Nantes : résultats des recherches des phycotoxines ASP, PSP, phycotoxines lipophiles.

Les résultats des analyses réalisées à l'aide des tests chimiques « Jellet » et ELISA par le laboratoire du Service Alimentation de la Direction des Territoires, de l'Alimentation et de la Mer sont fournis à titre indicatif pour permettre la débarque dans un port canadien. Ils ne se substituent pas aux analyses officielles de libération de lots réalisées par le laboratoire de l'Institut Départemental d'Analyses et de Conseil de Nantes en France métropolitain.

Lorsque les résultats des tests de criblage (Kits) et des analyses officielles seront connus, un avis sera envoyé à l'importateur canadien avec lequel les pêcheurs/l'armateur auront signé le contrat et à Jodi Elliott de l'ACIA à jodi.elliott@inspection.gc.ca Tél. : W : 709-772-6555 C : 709-691-5499 fax : 709-772-2282.

Dans l'éventualité où des résultats d'analyses révèlent une contamination au dessus des limites et qu'un rappel doit être initié, l'avis de rappel devra être immédiatement envoyé à Joe Pickett, coordonnateur régionale des opérations qui est disponible 24 h/24 et 7 j./7 à joe.pickett@inspection.gc.ca Tél. : 709-772-4587 C : 709-687-3963 fax : 709-772-2282 et à Jodi Elliott à jodi.elliott@inspection.gc.ca Tél. : W : 709-772-6555 C : 709-691-5499 fax : 709-772-2282.

En cas de résultats d'analyses officielles défavorables l'autorité compétente de Saint-Pierre et Miquelon contacte la mission des urgences sanitaires de la Direction Générale de l'Alimentation à Paris (alertes.dgal@agricuIture.gouv.fr) qui enregistre l'alerte et la diffuse au Système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASSF) de la Direction générale de la santé des consommateurs de la Commission européenne (DG SANCO).

2.4 Contacts

Jean-Michel Rogowski
Directeur
Direction des Territoires, de l'alimentation et de la Mer
Boulevard Constant Colmay
BP 4217
97500 Saint-Pierre-et-Miquelon
Tél. : 508 41-12-02
jean-michel.rogowski@equipement-agriculture.gouv.fr

Hélène Guignard
Directrice-adjointe
Direction des Territoires, de l'alimentation et de la Mer
Boulevard Constant Colmay
BP 4217
97500 Saint-Pierre-et-Miquelon
Tél. : 508 41-12-45
helene.guignard@equipement-agriculture.gouv.fr

Francis Louis
Chef du service Alimentation
Direction des Territoires, de l'alimentation et de la Mer
quai de l'Alysse
BP 4217
97500 Saint-Pierre-et-Miquelon
Tél. : 508 41-20-55
francis.louis@equipement-agriculture.gouv.fr

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