Annexe A : Examen ante-mortem (tri) des animaux destinés à l'abattage - Guide de formation pour les employés de l'industrie

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Manutention sans cruauté des animaux

Dans les établissements agréés, les installations de manutention des animaux doivent être conçues, entretenues et utilisées de manière adéquate. Les avantages d'une manutention sans cruauté et efficace sont un acheminement plus constant des animaux vers l'abattage, une diminution du nombre de meurtrissures sur les carcasses et une plus grande sécurité pour les employés et le personnel d'inspection. En général, les installations doivent être conçues de manière à respecter les caractéristiques physiques et de comportement de chaque espèce dans l'établissement.

Il est important que le camion de livraison des animaux vivants soit au même niveau que le quai de réception pour empêcher que les animaux se blessent pendant le déchargement en raison d'ouvertures ou d'inégalités dans les installations. S'il le faut, on prévoiera des quais à différents niveaux pour accommoder les différents types de véhicules utilisés.

Les enclos doivent être gardés raisonnablement propres. Le nettoyage et la désinfection avec un produit approuvé devraient être faits régulièrement ou chaque fois que cela est possible.

De l'eau propre doit être fournie dans les enclos, incluant l'enclos des animaux retenus. De plus, les animaux gardés pour plus de 24 heures doivent être nourris.

Les animaux pour alimentation humaine doivent être manutentionnés de façon à ne pas subir de souffrances évitables. Les animaux doivent être protégés des intempéries, de la chaleur et des engelures. Aucun aiguillon, qu'il soit électrique ou non, ne peut être appliqué sur les régions anale, génitale ou faciale d'un animal pour alimentation humaine. Les aiguillons électriques doivent être branchés sur un voltage réduit, obtenu par le biais d'appareils qui réduisent la tension. L'utilisation de bandes de toile devrait être réduite au plus strict minimum. Leur usage est cependant préférable aux cannes et bâtons pour diriger le bétail. L'utilisation inutile ou abusive des aiguillons électriques ou tout autre mauvais traitement des animaux destinés à l'abattage ne sera pas toléré.

Les animaux doivent être gardés dans des enclos séparés selon leur espèce. Garder séparément les animaux qui peuvent se blesser l'un l'autre (p. ex., les animaux agressifs, les verrats et taureaux adultes, le bétail portant des cornes) ou qui sont vulnérables (les animaux plus jeunes, malades ou blessés). Pour plus d'information concernant le traitement humanitaire des animaux pour alimentation humaine voir le chapitre 12 de ce manuel.

But de l'examen ante mortem (tri)

L'examen ante mortem (tri) doit être effectuée sur tous les animaux dans les dernières 24 heures précédant l'abattage. Si, pour une quelconque raison, il n'a pas été possible d'abattre ces animaux à l'intérieur de cette période de 24 heures, on doit les examiner de nouveau avant l'abattage.

Il faut se rappeler qu'il y a d'importantes raisons d'exiger l'examen ante mortem (tri) , et vous devez en tenir compte au moment de faire votre examen. Cette examen sert à :

  1. Identifier les animaux qui montrent des signes évidents de maladie ou d'anomalie rendant la carcasse impropre à la consommation humaine. Cela permet également d'identifier les animaux atteints d'une maladie qui ne présentent ni symptômes ni lésions pathologiques à l'inspection post-mortem (par exemple, un animal atteint de rage présente des signes caractéristiques à l'ante mortem mais aucune lésion détectable par l'inspection post-mortem régulière).
  2. Identifier les animaux qui présentent un risque pour les personnes qui manipulent les carcasses (par exemple, les cas de teigne).
  3. Identifier les animaux qui sont soupçonnés d'être affectés d'une maladie ou d'une condition qui pourrait rendre la carcasse impropre à la consommation humaine.
  4. Identifier les animaux qui sont susceptibles d'avoir reçu des médicaments vétérinaires tels des antibiotiques ou autres substances chimiques.
  5. Alerter l'équipe d'inspection du fait que des animaux malades ont été signalés dans un lot et que le reste du lot pourrait être affecté par la même maladie (par exemple, une maladie respiratoire chez des porcs).
  6. Identifier les animaux fortement contaminés, qui pourraient poser des difficultés particulières lors de l'habillage.
  7. Identifier les animaux qui sont soupçonnés d'avoir une maladie à déclaration obligatoire ou une maladie exotique (par exemple, la tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire alors que la fièvre aphteuse est une maladie exotique puisqu'elle n'est pas présente au Canada). Sont inclus dans cette catégorie les animaux qui sont ordonnés à l'abattage.
  8. Juger si les animaux peuvent être envoyés à l'abattage, de telle façon que les animaux morts ou mourants ne puissent se retrouver sur le plancher d'éviscération.
  9. Identifier les animaux qui ont besoin d'être traités de façon particulière pour prévenir la cruauté (par exemple, un animal avec une fracture).

Examen des animaux

Votre premier examen consiste à observer et à détecter les animaux qui présentent des anomalies visibles. Vous devez donc d'abord savoir reconnaître un animal normal. La section qui suit vous indique comment reconnaître les animaux qui doivent être sélectionnés parmi un lot.

Comment faire votre examen

Les animaux doivent être observés au repos et en mouvement. Les deux côtés, le devant et l'arrière de l'animal doivent être examinés. Il est important que vous développiez une approche standardisée pour cet examen, de façon à ce que tous les animaux soient observés complètement, et ce, de façon constante. Lorsque c'est possible, les animaux devraient être vérifiés dès leur arrivée.

Lorsque le tri se fait en enclos, on doit s'assurer de respecter les mêmes exigences tout en assurant la sécurité de la personne qui examine. On peut aussi examiner les animaux lorsqu'ils quittent le parc d'attente au lieu de le faire au déchargement.

Symptômes à détecter

Quels sont les différents types d'anomalies auxquels vous devriez porter une attention particulière au moment du triage ante mortem? En général, tous les animaux qui s'écartent de la normale devraient être mis à part pendant le triage ante mortem. On fait quelques exceptions pour certaines anomalies d'importance mineure, comme une vache avec une seule corne ou un trayon surnuméraire, un porc sans queue, des éraflures superficielles, etc.

Votre travail est de reconnaître les anomalies. Il est donc primordial que vous reconnaissiez ce qui est normal quand vous examinez un animal. Cela peut prendre un certain temps et avec l'expérience vous apprendrez à juger quelles conditions doivent être soumises à un médecin vétérinaire officiel pour une inspection détaillée.

Généralement, les anomalies qui font que l'animal doit être mis de côté au moment du tri appartiennent à l'une ou l'autre des catégories suivantes :

  • respiration anormale;
  • comportement anormal;
  • démarche anormale;
  • posture anormale;
  • écoulement anormal ou protrusion par les orifices naturels;
  • coloration anormale;
  • apparence anormale; et
  • odeur anormale.

Voici quelques précisions sur chacune de ces catégories d'anomalies.

N'hésitez pas à demander de l'aide afin d'apprendre à bien juger et à reconnaître des anomalies.

Respiration anormale

Lorsque la respiration ne se fait pas normalement, c'est habituellement le rythme de la respiration qui est affecté. On peut aussi parfois constater une toux sévère et de la difficulté à respirer. Le point le plus important est de se rappeler que, si la respiration vous semble anormale, l'animal devrait être mis de côté.

Comportement anormal

Les comportement anormaux sont très importants dans certaines maladies très graves comme la rage et l'empoisonnement par le plomb. Les symptômes d'un comportement anormal sont :

  • un animal qui pousse avec sa tête contre un mur;
  • un animal qui marche en cercles;
  • un animal qui attaque en fonçant vers les objets;
  • un animal qui a une expression d'anxiété dans le regard;
  • un animal qui a une expression d'abattement dans le regard; et
  • un animal qui agit de façon très agressive.

Les animaux qui se comportent de façon anormale devraient être isolés au moment de l'examen ante mortem. Ce problème mérite une attention toute particulière afin que l'animal ne présente pas un danger pour les humains ou autres animaux.

Démarche anormale

Quand un animal a une démarche anormale ou évite de se déplacer, cela indique habituellement qu'il ressent une douleur quelque part. L'animal peut souffrir d'une douleur aux pattes mais peut aussi avoir mal à la poitrine ou à l'abdomen. Cela peut aussi signifier qu'il souffre de troubles nerveux.

Posture anormale

Un animal avec une posture anormale :

  • peut se tenir debout avec le ventre rentré;
  • peut se coucher avec la tête repliée sur le côté, le long du corps;
  • peut se tenir debout avec les membres antérieurs étirés vers l'avant;
  • peut se tenir debout avec la tête et le cou en extension; et
  • peut être incapable de se lever.

Ce sont là des exemples de postures anormales. Une personne d'expérience connaît la posture normale des animaux. Il arrive parfois qu'un animal normal adopte une posture qui ressemble à celle d'un animal malade : par exemple, une vache qui est restée couchée longtemps peut s'étirer et étendre ses membres devant elle comme on le voit dans certaines maladies; aussi, les bovins qui sont couchés ont parfois la tête tournée le long du corps. Chez les animaux normaux, ces postures disparaissent si on stimule l'animal.

La posture anormale la plus fréquente est bien sûr observée chez les animaux « à terre » (downer). Les animaux « à terre » sont les animaux qui ne peuvent pas se tenir debout ou qui peuvent seulement se lever pour de très courtes périodes. Ces animaux doivent être traités de façon à ne pas leur causer de souffrance indue et sont habituellement mis à part dès l'inspection. S'ils ne peuvent être mis à part, on doit prendre le temps nécessaire pour s'en occuper immédiatement et arrêter les opérations s'il le faut. Après l'inspection par le vétérinaire, les animaux « à terre » doivent être insensibilisés sur place si le fait de les déplacer leur cause des souffrances indues. Une fois insensibilisés, ils doivent ensuite être déplacés vers une aire de saignée appropriée.

Écoulements anormaux ou matériel faisant protrusion par les orifices naturels.

Un animal normal ne présente pas d'écoulement ou de matériel faisant protrusion par ses orifices naturels. Voici des exemples d'écoulements anormaux :

  • écoulement nasal;
  • diarrhée sanglante;
  • salivation très abondante;
  • placenta (suites) qui pend par la vulve;
  • patte d'un veau sortant de la vulve;
  • intestin qui fait protrusion par le rectum;
  • utérus qui fait protrusion de la vulve; et
  • excroissance à un œil.

Coloration anormale

Les colorations anormales sont en général moins importantes que les autres anomalies; vous devez quand même être attentif à les surveiller. Exemples :

  • zones noires sur la peau des porcs;
  • zones rouges sur la peau claire (inflammation);
  • zones bleu foncé, par exemple lors de la gangrène du pis; et
  • coloration jaune du blanc de l'œil ou de la peau (jaunisse).

Apparence anormale (conformation)

Ces cas sont fréquents. Chaque fois qu'il y a une modification par rapport à la conformation normale d'un animal, la possibilité d'une maladie existe. Par exemple :

  • gonflements sur la peau (abcès);
  • articulations enflées;
  • nombril enflé;
  • pis très gonflé;
  • ventre ballonné;
  • pattes enflées;
  • abdomen en forme de poire, pendant; et
  • gonflement des nœuds lymphatiques (glandes) sous la peau.

Il est parfois utile de comparer les deux côtés de l'animal pour trouver les asymétries. Tout animal qui présente l'une de ces anomalies ou une anomalie semblable devrait être mis de côté pour examen vétérinaire.

Odeur anormale

C'est habituellement difficile à détecter à l'examen ante mortem. On peut détecter à l'occasion des odeurs de tabouret des champs, de médicaments ou d'abcès perforés. Vous devrez alors détenir les animaux suspects pour examen vétérinaire.

En résumé, que devez-vous faire quand vous constatez une anomalie?

Dans tous les cas où vous constatez qu'un animal présente une ou plusieurs de ces anomalies vous devez :

  • mettre l'animal de côté; et
  • aviser le médecin vétérinaire responsable
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