Chapitre 5 - Échantillonnage et analyses
5.4 Prions

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Les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) sont une famille de maladies neurologiques, lentement évolutives et neurodégénératives pouvant affecter à la fois les humains et les animaux. La famille comprend l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez les bovins, la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez les humains, la maladie débilitante chronique (MDC) chez les cerfs et les wapitis et la tremblante chez les ovins et les caprins. Ces maladies sont caractérisées par une longue période d'incubation et sont causées par une protéine mal repliée appelée prion.

Remarque : tous les animaux suspects manifestant des signes cliniques de maladie neurodégénératives doivent être évalués pour la présence du virus de la rage. Des procédures spécifiques peuvent être applicables si la rage est soupçonnée et un échantillonnage est requis.

5.4.1 Encéphalopathie spongiforme bovine (ESB)

5.4.1.1 Introduction

L'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) est une maladie neurologique, évolutive et dégénérative invariablement mortelle causée par la présence d'une protéine mal repliée (prion), qui est extrêmement résistante à la chaleur, les enzymes et à une vaste gamme de désinfectants chimiques. L'ESB constitue une préoccupation majeure pour la population et les autorités vétérinaires de la santé animale et de l'élevage à l'échelle mondiale. Il semble en effet que l'agent responsable de l'ESB puisse infecter les humains et causer une nouvelle variante de la maladie de Creutzfeld-Jakob (vMCJ). Il n'existe aucune preuve de transmission horizontale entre bovins ou du vMCJ chez l'humain. L'ESB est provoquée par l'ingestion d'aliments contenant des farines de viande et d'os contaminées par l'agent causant l'ESB. Présentement, l'ESB est diagnostiquée uniquement par la détection de la protéine prion anormale dans le cerveau. Il n'existe actuellement aucun test permettant de diagnostiquer l'ESB chez l'animal vivant.

Le Canada n'a eu que peu de cas d'ESB. Ces cas ont été gérés conformément aux lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE). En mai 2007, l'OIE classait le Canada comme un pays à risque d'ESB maîtrisé. L'objectif est de maintenir ce statut, et par la suite d'atteindre le statut de risque d'ESB négligeable, selon les critères de l'OIE.

Le Canada effectue des tests de surveillance de l'ESB dans les catégories ciblées de bovins à haut risque, tel que recommandé par l'OIE dans son Code sanitaire pour les animaux terrestres. La probabilité de détecter l'ESB dans les populations ciblées de bovins à haut risque a été documentée comme étant environ 20 fois plus élevée que la probabilité de détecter l'ESB chez un animal apparemment en bonne santé. (Veuillez consulter la section 5.4.1.2.2).

Remarque : la possibilité que ces bovins aient été transportés au préalable jusqu'à l'abattoir en contravention de la partie XII du Règlement sur la santé des animaux doit être prise en considération et peut justifier une enquête plus poussée. Consultez le Chapitre 12 de ce manuel pour de plus amples renseignements.

Depuis 1990, l'ESB est une maladie à déclaration obligatoire au Canada en vertu des paragraphes 5(1) et 5(2) de la Loi sur la santé des animaux. Les animaux manifestant des signes comportementaux ou cliniques évocateurs de l'ESB doivent être signalés immédiatement au médecin vétérinaire du district local de la Division de la santé des animaux, qui déterminera les mesures de suivi à prendre.

5.4.1.2 Prélèvement d'échantillons

5.4.1.1.1 Détermination d'un cas suspect d'ESB à l'abattoir

Un cas suspect d'ESB est défini comme un bovin de 24 mois ou plus manifestant au moins trois (3) des signes suivants lors de l'examen clinique :

  1. un comportement nerveux, agressif ou craintif;
  2. un port de tête anormal et/ou une posture anormale;
  3. une manque de coordination (ataxie) ou une difficulté à se tourner ou à se lever d'une position couchée;
  4. une mauvaise condition physique et/ou présente une diminution de la production de lait;
  5. une hésitation aux portes, aux barrières ou clôtures;
  6. une augmentation de la sensibilité au toucher, aux sons ou aux stimuli visuels;
  7. des tremblements musculaires.

Toute déviation parmi les suivantes par rapport au comportement normal ou à l'apparence normale au cours de l'inspection ante mortem peut être révélatrice d'un cas suspect d'ESB et devrait déclencher une évaluation approfondie par un médecin vétérinaire de l'ACIA :

  1. troubles locomoteurs, comme la faiblesse, le port de tête anormal, l'ataxie, le tournis, les changements de posture;
  2. troubles sensoriels, comme la tendance à ruer, la cécité, la tête qui pousse contre un mur, l'inclination de la tête, l'hypersensibilité à la lumière, au toucher et au bruit;
  3. troubles comportementaux, comme la crainte, le changement de comportement, la position anormale des oreilles, la nervosité, l'appréhension à franchir les portes, le grincement de dents, le comportement agressif.

Si le médecin vétérinaire en chef soupçonne que l'animal pourrait être atteint de l'ESB, il doit consulter le médecin vétérinaire du district local de la Division de la santé des animaux, qui déterminera si cet animal devrait être considéré en tant que cas clinique suspect d'ESB, quelles mesures de suivi s'avèrent nécessaires, et qui sera responsable pour la collecte et la soumission des échantillons. Ceci peut inclure l'échantillonnage de l'encéphale entier dans les cas où la rage ne peut être exclue.

Les cas suspects d'ESB doivent être condamnés lors de l'inspection ante mortem et ne sont pas autorisés à se rendre vers le plancher d'abattage ou vers d'autres zones de l'établissement où des produits comestibles sont transformés. L'animal doit être isolé et euthanasié convenablement. Aux fins de l'échantillonnage, l'animal ne peut pas être retiré de l'établissement sans l'autorisation de l'ACIA. L'échantillonnage pour l'ESB peut être effectué à un site de prélèvement différent de l'abattoir à condition que :

  1. Le médecin vétérinaire en chef, en consultation avec le médecin vétérinaire du district local de la Division de la santé des animauxNote de bas de page 3, détermine que la rage n'est pas une préoccupation. Ceci est fondé sur l'épidémiologie géographique de la rage dans l'aire où l'animal origine et des espèces vecteurs ainsi que l'historique d'exposition de l'animal; et
  2. La carcasse est transportée comme un cadavre d'animal en vertu d'un permis de transport pour le MRS délivré par l'ACIA jusqu'au lieu approuvé pour l'échantillonnage de l'ESB; et
  3. Un formulaire CFIA/ACIA 4206 (Obligation de mettre en quarantaine et/ou Permis de transporter des animaux ou des choses) pour retenir la carcasse entière au site de prélèvement a été rempli et émis.

Consultez le Chapitre 9 – Situations d'urgences de ce manuel pour de plus amples renseignements.

5.4.1.1.2 Choix des échantillons pour le programme de surveillance de l'ESB

La présente section porte uniquement sur l'échantillonnage relatif au programme de surveillance de l'ESB. Voir les détails dans la section 5.4.1.2.1 ci-dessus pour un cas suspect d'ESB.

L'ESB est une maladie qui touche l'ensemble des races bovines adultes mâles et femelles. C'est en raison de sa longue période d'incubation (en moyenne 4 à 5 ans) que les tests de dépistage ciblent les bovins adultes. Les animaux de boucherie, qui sont habituellement abattus entre 18 et 24 mois, ne sont donc pas assez âgés pour justifier leur inclusion dans le programme de surveillance de l'ESB.

La surveillance de l'ESB dans les abattoirs cible les animaux dans les catégories des bovins adultes « à haut risque ». Les bovins adultes âgés de 30 mois et plus (PTM), provenant des catégories suivantes, doivent être échantillonnés pour la surveillance de l'ESB :

  • trouvés morts, y compris morts à l'arrivée;
  • non-ambulatoires ou bovins « à terre »;
  • abattage d'urgence (c.-à-d. les animaux abattus dans l'exploitation et transportés en vertu d'un permis de manipulation de MRS à l'établissement d'abattage); et
  • condamnés à l'inspection ante mortem pour des raisons autres que des signes neurologiques.

Si nécessaire, il faut qu'on puisse remonter jusqu'au troupeau d'origine de tous les animaux soumis à des tests de dépistage de l'ESB. Tous les identifiants convenables, mentionnons les étiquettes d'identité de l'Agence canadienne d'identification du bétail (ACIB) ou d'Agri-Traçabilité Québec (ATQ), ainsi que celles de la Santé des animaux ou de l'Amélioration des troupeaux laitiers, devraient être enregistrées.

L'inspecteur de l'ACIA à l'abattoir doit réunir tous les renseignements nécessaires (voir la section 5.4.1.2.3 pour plus de détails sur les exigences) lorsque l'on doit effectuer un échantillonnage de surveillance de l'ESB à l'établissement.

5.4.1.1.3 Échantillonnage à un site de prélèvement différent de l'abattoir

L'industrie de l'abattage est extrêmement sensible aux perceptions négatives qui pourraient se manifester chez les consommateurs et dans le marché en général en raison de l'obtention de résultats positifs suite au dépistage sur les lieux d'abattage. Un échantillonnage de surveillance à un site de prélèvement différent de l'abattoir est donc permis.

La surveillance de l'ESB dans les abattoirs vise les populations de bovins adultes les plus « à risque ». Par définition, ces bovins sont fragilisés à des degrés variables. En conséquence, la décision de les soumettre à un transport additionnel peut contrevenir à la partie XII du Règlement sur la santé des animaux. Par conséquent, lorsqu'un abattoir choisit d'effectuer l'échantillonnage à un site de prélèvement différent de l'abattoir, les animaux visés doivent être euthanasiés et convenablement marqués, si possible, sous la supervision de l'ACIA. Si le matériel à risque spécifié (MRS) n'a pas été retiré, les carcasses condamnées doivent être transportées en tant qu'animaux morts en vertu d'un permis MRS valide de l'ACIA (voir le chapitre 17, annexe D de ce manuel, pour plus de détails).

Lorsqu'un exploitant opte pour l'échantillonnage de surveillance pour l'ESB à un site de prélèvement différent de l'abattoir, il s'agit d'une décision de l'industrie, si bien que les coûts additionnels associés à cette activité doivent être assumés par l'industrie.

L'inspecteur de l'ACIA à l'abattoir, ou l'exploitant, doit informer l'inspecteur de l'ACIA au site de prélèvement lorsqu'un échantillonnage de surveillance de l'ESB s'avère nécessaire.

Les renseignements suivants doivent être déclarés sur le formulaire CFIA/ACIA 1438 (ou un formulaire interne équivalent) et sur le formulaire CFIA/ACIA 4206 (Obligation de mettre en quarantaine et/ou Permis de transporter des animaux ou des choses) ou un formulaire interne équivalent avant que les animaux quittent l'abattoir :

  • nom et adresse du propriétaire, si disponibles, ou de l'encan, si l'animal provient d'un encan;
  • description complète de l'animal, entre autres :
    • toutes les étiquettes d'oreille;
    • tous les tatouages et marques lisibles;
    • type de production (c.-à-d. laitière ou bovine est acceptable); et
    • âge (ou la meilleure approximation de l'âge) en nombres entiers (s'il n'est pas possible d'indiquer l'âge en nombres entiers, donner une fourchette d'âges en fonction de la dentition).
  • description des signes cliniques observés lors de l'inspection ante mortem et des antécédents cliniques si disponible.

Veuillez noter que le transporteur de la carcasse ainsi que le site hors abattoir où le prélèvement de l'échantillon pour l'ESB est effectué, doivent posséder un permis de manipulation de MRS émis par la Division de la santé des animaux terrestres, tel qu'indiqué au paragraphe 6.4 (1) du Règlement sur la santé des animaux.

5.4.1.3 Analyses

L'inspecteur de l'ACIA sur le site de prélèvement (soit à l'établissement ou au site de prélèvement différent de l'abattoir) sera responsable de la finalisation de la soumission pour les EST et de l'envoi au laboratoire. Ces renseignements doivent être déclarés sur le Formulaire de soumission de spécimen encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) pour santé des animaux du SIESAL (CFIA/ACIA 5420).

Il est important d'indiquer la catégorie de risque (c.-à-d. animal trouvé mort, animal non ambulatoire, animal devant être abattu d'urgence ou condamné lors de l'inspection ante mortem pour des raisons autres que des signes neurologiques).

Une fois complété, une copie du formulaire doit accompagner l'échantillon au laboratoire, et une autre doit être conservée au site de prélèvement dans l'attente des résultats négatifs aux tests.

5.4.1.4 Suivi

5.4.1.4.1 Rétention des carcasses

Dans tous les cas, la carcasse et toutes les parties (y compris les parties non comestibles) des animaux soumis à un test de dépistage de l'ESB (et de la rage, lorsque applicable) doivent être retenues jusqu'à l'obtention des résultats des analyses de laboratoire. Il est inacceptable de libérer des carcasses testées et/ou leurs parties pour la consommation humaine, l'alimentation pour animaux ou dans les voies régulières de l'équarrissage avant la réception des résultats des tests. L'intégrité de la (des) carcasse(s) échantillonnée(s) et toutes ses/leurs parties doivent être conservées après l'échantillonnage pour l'ESB (Surveillance ou enquête sur la maladie) d'une manière et dans des conditions jugées acceptables par l'ACIA. Les résultats devraient être transmis à l'établissement d'origine pour leurs dossiers si l'échantillonnage est fait à un site de prélèvement différent de l'abattoir. L'ACIA informera alors l'exploitant du site d'échantillonnage des résultats.

5.4.1.4.2 Sort réservé aux carcasses

Si le résultat de l'analyse de laboratoire est négatif, toutes les restrictions sur la carcasses et ses parties seront enlevées.

Les carcasses condamnées dans les établissements agréés doivent être éliminées selon les exigences requises à l'article 54 du Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes et décrites au chapitre 6 de ce manuel.

La carcasse et les parties associées d'un animal ayant testé positif pour l'ESB doivent être éliminées par enfouissement dans un site approuvé ou détruites par incinération ou par toute autre méthode approuvée par l'ACIA pour la destruction des prions. L'exploitant doit disposer de garanties suffisantes afin de s'assurer que le matériel provenant d'un animal qui a testé positif à l'ESB est éliminé adéquatement.

5.4.2 Maladie débilitante chronique (MDC)

5.4.2.1 Introduction

La maladie débilitante chronique (MDC) a été découverte en 1967, au Colorado, chez des cerfs-mulets. La MDC a été détectée pour la première fois au Canada en 1996 sur une ferme de wapitis en Saskatchewan. Au Canada, on a détecté la MDC au sein de populations de cervidés sauvages de l'Alberta et de la Saskatchewan, ainsi que dans des fermes d'élevage de cervidés de ces deux provinces. Il s'agit d'une maladie progressive et mortelle du système nerveux reconnu pour infecter naturellement le cerf de Virginie, le cerf-mulet, le cerf à queue noire, l'orignal et le wapiti. La maladie n'est cependant pas connue comme pouvant contaminer d'autres espèces ou comporter un risque pour les humains.

Chez les cervidés, la maladie peut être transmise par contact direct (entre les animaux) ou par contact indirect, par le biais de l'environnement (l'animal infecte un lieu, qui infecte à son tour un autre animal). On croit que cette transmission se produit en raison de l'excrétion de l'agent infectieux par la salive, l'urine et les excréments. La période d'incubation de la MDC chez les cervidés en captivité serait de 16 à 36 mois, la moyenne étant de 22 mois. Aucun traitement n'est disponible pour les animaux atteints de la MDC et aucun vaccin n'est disponible afin de prévenir l'infection. La MDC est provisoirement diagnostiquée à partir des signes cliniques. On confirme le diagnostic en soumettant à des épreuves de dépistage des tissus prélevés après la mort de l'animal infecté.

Les signes cliniques associés à la MDC peuvent être très difficiles à détecter aux premiers stades de la maladie et ainsi s'apparenter à ceux d'autres maladies des cervidés. La MDC devrait être soupçonnée chez tout cervidé âgé de plus de douze mois qui présente les signes suivants :

  • salivation excessive;
  • comportement inhabituel (y compris isolation du reste du troupeau);
  • apathie;
  • léthargie;
  • comportement agressif ou violent;
  • signes neurologiques (y compris paralysie, difficulté à avaler, tendance à pousser de la tête, ataxie, soif accrue ou miction excessive, troubles de proprioception et tendance à rester en position couchée);
  • perte de poids;
  • conservation du pelage d'hiver; et
  • pneumonie.

Les signes cliniques peuvent persister pendant des semaines, voire des mois, avant que l'animal ne meure. Cependant, certains animaux peuvent ne pas présenter de signes cliniques, à l'exception d'une pneumonie aiguë. Comme il n'existe aucun traitement de la MDC, les signes cliniques évoluent jusqu'à la mort de l'animal. Les animaux sont habituellement âgés de trois à quatre ans lorsque les signes cliniques apparaissent, mais on a observé des signes chez certains animaux aussi jeunes que 18 mois ou aussi vieux que 13 ans.

À l'abattoir, tous les animaux considérés en tant que cas cliniques suspects sont soumis à un dépistage de la MDC et doivent être échantillonnés comme étant un cas suspect de MDC. Par conséquent, tout cas suspect de MDC doit être signalé immédiatement au médecin vétérinaire du district local de la Division de la santé des animaux afin de déterminer les mesures de suivi, incluant la méthodologie d'échantillonnage appropriée (p. ex. échantillonner l'encéphale entier dans les cas où la rage ne peut être exclue), et déterminer qui sera responsable pour la collecte et la soumission des échantillons.

Quelques provinces et territoires exigent le dépistage de la MDC chez tous les cervidés canadiens âgés de 12 mois et plus qui meurent ou sont abattus. Dans le cadre de ces programmes, le producteur ou son représentant prélèvera des échantillons qu'il soumettra ensuite à un laboratoire d'analyse d'EST provincial. Dans certains abattoirs, l'échantillon est prélevé et soumis par des inspecteurs de l'ACIA en leur nom. Il est également possible de soumettre des échantillons provenant d'animaux à l'abattoir afin de répondre à certaines exigences d'exportation.

Selon les connaissances scientifiques actuelles, le prion de la MDC n'infecte pas les humains, mais les essais cliniques ne sont pas terminés. Santé Canada recommande par conséquent de ne pas utiliser ou consommer de tissu provenant de cerfs ou wapitis atteints de la MDC.

5.4.2.2 Choix des échantillons pour la surveillance

En vertu des programmes existants d'analyse de surveillance obligatoire prescrits par les gouvernements provinciaux, tous les cervidés âgés de 12 mois et plus qui sont abattus pour la consommation humaine doivent être échantillonnés pour un dépistage. Il est de la responsabilité du producteur de s'assurer que les échantillons sont soumis pour analyse et que les résultats sont communiqués à l'exploitant. Des renseignements en quantité suffisante devraient être enregistrés afin de permettre l'identification de la ferme d'origine si un retraçage est exigé.

Tous les cervidés âgés de 12 mois et plus qui sont morts, condamnés lors de l'inspection ante mortem ou post mortem doivent également être échantillonnés en vertu des programmes existants d'analyse de surveillance obligatoire prescrits par les gouvernements provinciaux. Il est de la responsabilité du producteur de s'assurer que les échantillons sont soumis pour analyse.

Pour les échantillons de surveillance, les nœuds lymphatiques rétropharyngiens sont préférables pour les cerfs (cerf de virginie et cerf mulet) et le tronc cérébral, pour le wapiti et les autres cervidés. Il faut toutefois prélever à la fois des tissus lymphoïdes et des tissus cérébraux et les conserver jusqu'à ce que toutes les analyses (épreuves de confirmation, au besoin) soient terminées.

5.4.2.3 Analyses

En vertu des programmes existants d'analyse de surveillance obligatoire prescrits par les gouvernements provinciaux, les échantillons sont soumis au réseau de laboratoires de l'EST pour le dépistage. Les échantillons non négatifs d'un laboratoire sont soumis au laboratoire de référence de l'ACIA par le Bureau de district de santé animale.

5.4.2.4 Suivi

5.4.2.4.1 Rétention des carcasses en attente des résultats de laboratoire

Les carcasses d'animaux (y compris toutes leurs parties) approuvées pour la consommation humaine doivent être retenues en attendant les résultats des analyses de laboratoire. La personne responsable de la soumission doit aviser le laboratoire que les carcasses et ses parties sont retenues. On accordera une priorité élevée aux analyses de laboratoire pour ces cas.

Étant donné que nos connaissances de la MDC sont encore incomplètes et en raison de la nature du risque, aucune carcasse testée ni aucune de ses parties ne peuvent être libérées à des fins de consommation humaine avant l'obtention des résultats des tests de dépistage.

En attente de la réception des résultats d'analyse pour la MDC, les carcasses approuvées et leurs parties peuvent être expédiées vers un établissement de transformation sous inspection fédérale avec la mise en place de contrôles appropriés. Cependant, aucune carcasse (incluant leurs parties) ne peut être vendue à l'extérieur du circuit fédéral (p. ex. établissements provinciaux, détaillants, restaurants, etc.) tant que des résultats d'analyse négatifs n'ont pas été reçus. Il est de la responsabilité des exploitants (établissement d'abattage et de transformation) de s'assurer du maintien de l'identification de chaque carcasse (incluant leurs parties) ou de chaque lot de carcasses en attente de la réception des résultats de laboratoire.

En attendant les résultats de laboratoire, toutes les parties et carcasses non comestibles (y compris les animaux morts et condamnés lors de l'inspection ante mortem) échantillonnées en vertu des programmes d'analyse de surveillance administrés par les provinces doivent être soit retenues jusqu'à la réception des résultats des tests ou être éliminées comme un cas positif conformément à la section 5.4.2.4.2.

La carcasse et les parties associées d'un animal considéré en tant que cas clinique suspect doivent être retenues jusqu'à la réception des résultats des tests.

5.4.2.4.2 Sort réservé aux carcasses et élimination

Si un résultat de laboratoire négatif est observé, les carcasses d'animaux (y compris toutes leurs parties) approuvées pour la consommation humaine peuvent être relâchées et toutes les parties et carcasses non comestibles (y compris les animaux morts et condamnés lors de l'inspection ante mortem) peuvent être éliminées selon les exigences requises à l'article 54 du Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes et décrites au chapitre 6 de ce manuel.

La carcasse et les parties associées d'un animal pour lequel le test de dépistage s'est révélé positif doivent être éliminées conformément aux prescriptions environnementales applicables (c.-à-d. par enfouissement dans un site approuvé ou par incinération) ou par une méthode approuvée par l'ACIA pour la destruction des prions. L'exploitant peut également envoyer les produits à une usine d'équarrissage qui possède une chaîne de traitement dédiée au MRS et dont les produits équarris sont envoyés à un site autorisé pour la destruction ou l'élimination du MRS. Aucun versement d'indemnisation en vertu de la Loi sur la santé des animaux n'est applicable pour les carcasses ou produits condamnés suite à un résultat positif au test pour la MDC.

Si l'identité individuelle d'une carcasse (y compris toutes ses parties) pour laquelle un test de dépistage s'est révélé positif est perdue ou qu'en raison de la transformation, les produits de viande provenant de cette carcasse appartiennent dorénavant à un lot plus important, la condamnation doit être assez large pour inclure tous les produits de viande qui pourraient provenir de cette carcasse. Les exploitants doivent savoir qu'ils courent le risque de devoir condamner d'autres produits s'ils choisissent de ne pas maintenir l'identité individuelle d'une carcasse/parties jusqu'à l'obtention des résultats d'analyse.

5.4.3 Tremblante

5.4.3.1 Introduction

La tremblante a été d'abord reconnue à titre de maladie ovine en Grande-Bretagne et dans d'autres pays d'Europe de l'Ouest il y a plus de 200 ans. La tremblante est une maladie dégénérative, progressive et mortelle qui affecte le système nerveux central des moutons et des chèvres. Rien n'indique qu'elle puisse aussi affecter d'autres espèces. Lorsqu'un animal semble malade, il meurt dans l'espace d'un à deux mois. La maladie se propage d'un animal à l'autre par contact direct (transmission verticale et horizontale). Les troupeaux infectés peuvent subir d'importantes pertes de production. En l'espace de quelques années, le nombre d'animaux infectés augmente et l'âge à l'apparition des signes cliniques diminue, de sorte que ces troupeaux deviennent non rentables. Lorsque des animaux provenant de tels troupeaux sont vendus, ils propagent la tremblante aux autres troupeaux auxquels ils sont intégrés. Aucun traitement ni vaccin n'est actuellement disponible pour cette maladie.

La tremblante a été diagnostiquée pour la première fois au Canada en 1938 et elle y est devenue une maladie à déclaration obligatoire en 1945.

En raison du fait que le programme de contrôle de la tremblante n'est mis en application qu'après avoir observé des symptômes et que ceux-ci aient été signalés, la tremblante du mouton continue d'être endémique au Canada à un niveau faible. La détection des animaux infectés asymptomatiques exige l'analyse d'un échantillon statistiquement valide de moutons et de chèvres adultes.

Les signes cliniques de la tremblante apparaissent rarement avant l'âge de 18 mois et varient considérablement. Dans la majorité des cas, la maladie est diagnostiquée chez des animaux âgés de deux à cinq ans. Comme plusieurs animaux n'affichent pas de signes cliniques évidents sauf au dernier stade de la maladie, une transmission significative de l'agent peut survenir avant que la maladie ne se révèle de façon visible. Le dépérissement et la débilité, avec ou sans tremblements et les troubles de coordination, sont les signes les plus courants chez les cas cliniques de tremblante dépistés au Canada.

Quand ils sont présents, les signes neurologiques prédominants de la tremblante sont les suivants :

  • tremblements et incoordination;
  • modification du comportement (appréhension, grincement des dents et agressivité); et
  • perturbations sensorielles (prurit ou démangeaisons, chute de la laine, excoriation et inflammation de la peau, réflexe de mordiller et léchage excessif).

A l'abattoir, tous les animaux considérés en tant que cas cliniques suspects sont soumis à un dépistage de la tremblante et doivent être échantillonnés comme étant un cas suspect de tremblante. Par conséquent, tout cas suspect de tremblante doit être signalé immédiatement au médecin vétérinaire du district local de la Division de la santé des animaux afin de déterminer les mesures de suivi, incluant la méthodologie d'échantillonnage appropriée (p. ex. échantillonner l'encéphale entier dans les cas où la rage ne peut être exclue), et déterminer qui sera responsable pour la collecte et la soumission des échantillons.

Rien n'indique que la tremblante du mouton présente un danger pour l'humain.

5.4.3.2 Choix des échantillons pour la surveillance

Dans tous les abattoirs provinciaux de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et du Manitoba qui sont actuellement inspectés par un inspecteur de l'ACIA (conformément à une entente), chaque mouton et chèvre de 12 mois et plus doit être échantillonné.

Dans les établissements sous inspection fédérale de l'ensemble des provinces, tous les moutons et toutes les chèvres de 12 mois et plus présentés à l'abattoir doivent être échantillonnés par un inspecteur de l'ACIA. Cela comprend tous les moutons et chèvres sains abattus, morts, et condamnés lors de l'inspection ante et post mortem. Les animaux ciblés doivent être correctement identifiés.

Sur chaque animal, il faut effectuer un prélèvement du tronc cérébral antérieur, y compris l'obex, et les nœuds lymphatiques rétropharyngiens. Tous les tissus doivent être envoyés congelés.

Il faut s'assurer que le numéro de l'étiquette d'oreille fixée à l'animal dans le cadre du Programme canadien d'identification des moutons (PCIM) est enregistré au moment du prélèvement des échantillons. Cette étiquette PCIM doit être placée dans le sac avec l'obex et les nœuds lymphatiques rétropharyngiens afin que le numéro puisse être confirmé pour faciliter une enquête de retraçage dans le cas d'un animal testé positif.

5.4.3.3 Analyses

À des fins de surveillance, les échantillons congelés doivent être placés dans un congélateur et expédiés en lot afin de réduire les coûts d'envoi. Il est recommandé d'effectuer des envois mensuellement ou jusqu'à ce que 50 échantillons soient sélectionnés. Les échantillons peuvent être envoyés aux laboratoires de l'ACIA (laboratoire de Fallowfield à Ottawa, Lethbridge, Saint-Hyacinthe) ou à un laboratoire du réseau EST approuvé pour le dépistage de la tremblante, selon les directives du Centre opérationnel. Les résultats d'analyse envoyés aux laboratoires de l'ACIA seront rapportés dans le SIESAL.

5.4.3.4 Suivi

5.4.3.4.1 Rétention des carcasses en attente des résultats de laboratoire

La carcasse et les parties associées d'un animal considéré en tant que cas clinique suspect doivent être retenues jusqu'à la réception des résultats des tests.

Dans le cas d'un cas clinique non suspect, il a été décidé, à la suite de discussions entre Santé Canada et l'ACIA en 2008, que les carcasses ne doivent pas être retenues lors d'un échantillonnage aléatoire pour la surveillance de la tremblante du mouton à partir d'animaux à faible risque (c.-à-d. des animaux sains abattus). Par conséquent, il n'existe aucune exigence fédérale quant à la rétention des carcasses comestibles jusqu'à l'obtention des résultats d'analyse pour le dépistage de la tremblante. Pour ce qui est des animaux condamnés dérivés de cas cliniques non suspects (carcasses et leurs parties) ou trouvés morts, il n'y a également pas lieu de retenir quoi que ce soit.

Le matériel non comestible provenant de cas clinique non suspect ou de cas clinique suspect ayant été testé négatif peut être éliminé conformément aux exigences requises à l'article 54 du Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes et décrites au chapitre 6 de ce manuel.

5.4.3.4.2 Sort réservé aux carcasses (cas clinique suspect seulement)

La carcasse et les parties associées d'un animal considéré en tant que cas clinique suspect pour lequel un test de dépistage s'est révélé positif doivent être éliminées conformément aux prescriptions environnementales applicables (p. ex. par enfouissement dans un site approuvé ou par incinération) ou à toute autre méthode approuvée par l'ACIA pour la destruction des prions. L'exploitant peut également envoyer les produits à une usine d'équarrissage qui possède une chaîne de traitement dédiée au MRS et dont les produits équarris sont envoyés à un site autorisé pour la destruction ou l'élimination du MRS.

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