Chapitre 5 - Échantillonnage et analyses
5.5 Parasites

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5.5.1 Cysticercose

5.5.1.1 Introduction

La cysticercose est la présence dans les tissus de la forme immature de diverses espèces de ténia. Chacune est associée à un hôte en particulier :
Forme kystique Forme adulte Hôte intermédiaire
Cysticercus bovis Taenia saginata Bovins
Cysticercus cellulosae Taenia solium Porcs

C. cellulosae a une incidence particulière sur le plan de la santé publique, car les humains peuvent servir à la fois d'hôte définitif et intermédiaire, et des kystes peuvent se développer dans les tissus et les organes.

5.5.1.2 Choix des échantillons

Les lésions se présentent sous forme de sphères transparentes ou blanches, d'un diamètre de 6 à 10 mm, avec un centre creux rempli d'un liquide clair. Les lésions anciennes peuvent être calcifiées. Les endroits de prédilection sont le muscle masséter, la langue, le cœur et le diaphragme. Lorsqu'on trouve une lésion, il faut faire une recherche minutieuse d'autres lésions à ces endroits.

Voir la section 17.9.5.2 du chapitre 17 et la sous-section 9.5.5 du chapitre 9 du MDM pour plus de détails.

5.5.1.3 Analyses

Il faut expédier les lésions suspectes au Centre de parasitologie animale (voir l'annexe G) pour obtenir confirmation qu'il s'agit bien de la cysticercose. Toutes les lésions doivent être fraîchement prélevées et expédiées avec des cryosacs. Ne pas congeler.

Lorsqu'un diagnostic formel à partir d'un échantillon frais est impossible, le Centre de parasitologie animale fixe les tissus dans le formol et les expédie au laboratoire d'histopathologie de Saint-Hyacinthe. Ne soumettez pas les échantillons directement à Saint-Hyacinthe.

5.5.1.4 Suivi

La cysticercose est une maladie à déclaration obligatoire en vertu du Règlement sur la santé des animaux. Les cas soupçonnés doivent être déclarés au spécialiste du programme du centre opérationnel approprié. Il faut déterminer au mieux l'origine des animaux, car les inspecteurs de la Division de la santé des animaux et de l'élevage procéderont à un traçage en amont pour déterminer la source de l'infection.

5.5.2 Trichinella

5.5.2.1 Description

Le parasite nématode Trichinella spiralis est encore enzootique dans plusieurs régions du monde. Il s'agit de l'un des plus petits nématodes, mesurant à peine 1,5 mm de longueur. Dans les régions touchées, l'alimentation des porcs avec des déchets non cuits ou insuffisamment cuits et le manque de précautions sanitaires (p. ex. infestations de rats) sont les principales causes de la persistance du parasite. Le parasite Trichinella spiralis se retrouve également chez les carnivores sauvages. Certaines des sous-espèces parasitant les animaux sauvages sont plus tolérantes au gel que celles normalement observées chez le porc.

5.5.2.2 Occurrence

La trichinose est causée par l'ingestion de viande crue ou insuffisamment cuite. Il fut un temps où le porc était la principale espèce impliquée mais sous les méthodes modernes de production, dont l'élevage en confinement et le contrôle de l'alimentation avec des déchets, c'est devenu rare. De la viande d'ours et de la viande de morse ont été impliquées dans des cas dans les régions arctiques. De la viande chevaline a été impliquée dans des éclosions en Europe.

5.5.2.3 Préoccupations

Les infections chez l'homme liées à T. spiralis, ou la trichinose, ont une période de latence de 4 à 28 jours (en moyenne 9 jours). Les symptômes comprennent la gastro-entérite, les coliques, les nausées, la fièvre, la sudation excessive, l'œdème péri-orbital, les raideurs musculaires, l'enflure et la douleur, les frissons, l'insomnie, la prostration et la respiration laborieuse. Au début, lorsque les larves ingérées se fraient un chemin à travers la paroi intestinale, il y a présence de douleurs abdominales et de diarrhée légère, suivi de douleurs musculaires liées à la migration et à l'établissement des parasites dans les muscles. Les parasites s'enkystent dans les muscles et demeurent stationnaires tout au long de la vie de l'hôte. La trichinose (infestation grave) peut être très douloureuse pour une longue période.

5.5.2.4 Programme et échantillonnage

La politique actuelle de l'Agence canadienne d'inspection des aliments vise à contrôler le risque potentiel de présence de Trichinella spiralis dans le porc afin de protéger le consommateur canadien par l'application de techniques de transformation appropriées, c'est-à-dire des techniques de cuisson, de congélation ou de saumurage, conformément aux lignes directrices énoncées dans l'annexe B du chapitre 4. Même si les résultats des épreuves d'enquête courantes des porcs canadiens montrent que le risque d'infection de ces animaux est pratiquement nul, des mesures de précaution doivent être appliquées en raison de la présence de Trichinella spiralis chez les rats et d'autres animaux sauvages et le risque d'infection sporadique du cheptel national par ce parasite. Les avis émis actuellement à l'intention des consommateurs canadiens relativement à la nécessité de cuire la viande de porc à un minimum de 58 °C sont justifiés par ces informations.

Aux fins de la présente section, on définit la viande de porc comme la viande provenant de porcs de marché, de porcs d'élevage et de sangliers en captivité.

Le programme de lutte contre Trichinella spiralis de l'ACIA comprend les éléments suivants :

  • inscrire la trichinose du porc comme maladie à déclaration obligatoire en vertu de la Loi sur la santé des animaux;
  • effectuer régulièrement des enquêtes sérologiques sur les porcs à maturité au Canada (15 000 truies tous les cinq ans);
  • procéder à des épreuves sur environ 30 000 carcasses de porc de marché annuellement dans des abattoirs agréés en utilisant des méthodes de digestion;
  • procéder à des essais sur environ 3 000 carcasses de porc d'élevage dans des abattoirs agréés chaque année en utilisant des méthodes de digestion;
  • soumettre environ 200 carcasses de sanglier à des essais dans des abattoirs agréés chaque année en utilisant des méthodes de digestion;
  • mettre rapidement en œuvre des mesures d'éradication, notamment la mise en quarantaine du troupeau et l'abattage intégral, lorsqu'un cas de trichinose est dépisté; et
  • contrôler les déchets de cuisine ou déchet servis, en vertu des dispositions du Règlement sur la santé des animaux (articles 111-113). Tous les producteurs de porcs qui utilisent des déchets alimentaires (par exemple, des épiceries, des boulangeries, etc.) doivent être accrédités et titulaires d'un permis. Il est interdit de nourrir les porcins avec de la viande et des déchets de restaurant, et l'ACIA inspecte périodiquement les installations d'élevage.

Ce programme, qui est conforme aux lignes directrices de l'Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE), permet de montrer à l'ACIA que la population de porcs du Canada est pratiquement exempte de trichinose. Les cas sporadiques sont éradiqués rapidement. Afin de respecter les exigences en matière d'enquête de l'OIE et de la Santé des animaux et afin de maintenir l'accès des produits canadiens du porc aux marchés des autres pays, les porcs doivent être soumis à des épreuves d'enquête. Les porcs et les chevaux doivent parfois faire l'objet d'épreuves de surveillance afin que soit maintenu l'accès des produits canadiens du porc ou de la viande de cheval aux marchés de certains pays ou de rechercher la présence de carcasses porteuses dans les troupeaux mis en quarantaine ou suspects.

Il se peut que les pays importateurs aient leurs propres exigences concernant le dépistage de Trichinella. Pour plus d'information sur les exigences particulières à l'exportation relativement aux mesures de contrôle de Trichinella, consulter les exigences des marchés de certains pays à la section 11.7.2 du chapitre 11, ou le module « Exigences des pays importateurs » du Système de certification électronique, disponible aux abonnés.

5.5.2.5 Programme de contrôle - Surveillance

5.5.2.5.1 Introduction

La surveillance est effectuée par le personnel de l'Agence afin de recueillir de l'information sur la prévalence de l'infection du porc par Trichinella spiralis. Trois plans d'échantillonnage ont été mis en place : un pour les porcs de marché; un pour les truies et les verrats (porcs d'élevage), et un pour les sangliers. Des échantillons sont prélevés dans les abattoirs conformément à ces plans d'échantillonnage et sont expédiés aux laboratoires désignés. Des échantillons sont prélevés dans les abattoirs conformément à ces plans d'échantillonnage et sont expédiés aux laboratoires désignés. Les plans d'échantillonnage sont revus et modifiés au besoin, chaque année, pour tenir compte des changements survenus au cours de l'année antérieure (p. ex., la variation du nombre d'abattoirs).

Il n'existe pas de plans de rétention et d'analyse dans le cas des programmes de surveillance. Toutefois, il faut maintenir la traçabilité (identification du propriétaire) de façon à assurer un suivi dans le cas où des échantillons réagiraient positivement en laboratoire. Les échantillons doivent être emballés distinctement et identifiés afin de permettre de remonter à la ferme d'origine de l'animal infecté.

Les coûts des tests de contrôle sont supportés par les exploitants et sont calculés au prorata en fonction du volume d'abattage. Les coûts des analyses sont facturés chaque mois par le vétérinaire en chef toutes les fois que des échantillons sont prélevés.

5.5.2.5.2 Porcs de marché

Tous les porcs de marché abattus dans les abattoirs fédéraux au cours d'une année financière sont admissibles à des essais (population d'environ 15 000 000 de porcs de marché). La taille de l'échantillon est d'environ 30 000 carcasses, c'est-à-dire suffisamment élevée pour garantir que si la prévalence des carcasses infectées dépasse 0,01 %, la trichinose sera décelée avec un niveau de confiance de 95 %. Aux fins d'analyse et pour réduire les coûts d'expédition, les 30 000 échantillons nécessaires sont répartis au hasard dans des bassins de 100 sujets. De la sorte, 300 unités d'échantillonnage sont distribuées entre les établissements qui abattent plus de 5 000 de porcs de marché par année. Le nombre d'unités à prélever est proportionnel au volume d'abattages. Pour les établissements qui traitent moins de 5 000 carcasses par an, les échantillons sont prélevés selon un plan de sélection aléatoire des établissements (100 échantillons par établissement dans quatre établissements choisis aléatoirement par année).

Comme il a été mentionné antérieurement, une unité d'échantillonnage correspond à un maximum de 100 échantillons prélevés de 100 carcasses dans un abattoir au cours d'une semaine choisie au hasard. Les échantillons seront expédiés au Centre de parasitologie animale de Saskatoon au début de la semaine suivante. Chaque année financière, un plan d'échantillonnage détaillé est fourni à chaque établissement sous contrôle fédéral qui abat des porcs de marché.

5.5.2.5.3 Porcs d'élevage

Toutes les truies et tous les verrats abattus dans des abattoirs fédéraux au cours d'une année financière peuvent faire l'objet d'analyses. La taille de l'échantillon est d'environ 3 000 carcasses, c'est-à-dire qu'elle est suffisamment élevée pour que si la prévalence des carcasses infectées dépasse 0,1 %, la trichinose sera décelée avec un niveau de confiance de 95 %. Aux fins d'analyse et pour réduire les coûts d'expédition, les 3 000 échantillons nécessaires sont répartis au hasard dans des bassins de 100 sujets. De la sorte, 30 unités d'échantillonnage sont réparties entre les abattoirs de porcs d'élevage du Canada. En raison de l'exportation des sujets vifs vers les États-Unis, la distribution des unités d'échantillonnage n'est pas proportionnelle au volume d'abattage. De préférence, il faut trois unités d'échantillonnage par abattoir qui traite des truies et des verrats.

Comme il a été mentionné antérieurement, une unité d'échantillonnage correspond à un maximum de 100 échantillons prélevés de 100 carcasses dans un abattoir. En raison du faible volume d'abattage dans certains cas, le vétérinaire responsable doit parfois remettre l'échantillonnage d'une semaine pour parvenir au contingent fixé. Les échantillons seront expédiés au Centre de parasitologie animale de Saskatoon au début de la semaine qui suit le prélèvement. On s'attend à ce que dans certains cas, les 100 échantillons du contingent ne seront pas atteints. Un plan d'échantillonnage détaillé est fourni pour chaque année financière.

5.5.2.5.4 Sangliers

Tous les sangliers abattus dans les abattoirs fédéraux au cours d'une année financière sont admissibles à des épreuves (population d'environ 3 000 sangliers). La taille de l'échantillon est d'environ 200 carcasses, c.-à-d. qu'elle est suffisamment élevée pour que si la prévalence des carcasses infectées dépasse 1,5 %, la trichinose sera décelée avec un niveau de confiance de 95 %. Aux fins d'analyse et pour réduire les coûts d'expédition, les 200 échantillons nécessaires sont répartis au hasard en bassins de 10 sujets. De la sorte, 20 unités d'échantillonnage sont distribuées entre les abattoirs de sangliers. Le nombre d'unités à prélever est proportionnel au volume d'abattages. Une unité d'échantillonnage correspond à un maximum de 10 échantillons prélevés de 10 carcasses dans un abattoir. En raison du faible volume d'abattage, le vétérinaire responsable doit à dessein choisir des semaines différentes, réparties tout au long de l'année, pour prélever le nombre exigé d'échantillons (consulter le plan d'échantillonnage pour connaître le nombre exact). Les échantillons seront expédiés au Centre de parasitologie animale de Saskatoon au début de la semaine qui suit le prélèvement. On s'attend à ce que, dans certains cas, le contingent de 10 échantillons ne sera pas atteint. Chaque année financière, un plan d'échantillonnage détaillé est fourni à chaque établissement sous contrôle fédéral qui abat des sangliers.

5.5.2.5.5 Prélèvement d'échantillons à des fins de surveillance

Consulter le plan d'échantillonnage pour déterminer la semaine qui a été fixée pour votre établissement. À chaque semaine d'échantillonnage fixée, prélever des échantillons de 100 porcs de marché, 100 truies ou verrats ou 10 sangliers à n'importe quel moment de la semaine en question. Recueillir 10 g de muscle provenant des piliers du diaphragme pour chaque animal choisi. Dans la mesure du possible, on doit choisir des animaux de troupeaux différents. Les échantillons doivent provenir de sujets que les vétérinaires responsables jugent plus susceptibles d'être infectés par T. spiralis. Les animaux des élevages mal gérés (troupeaux dans une mauvaise condition sanitaire, affichant un piètre taux de transformation des aliments, etc.) ou des petits élevages (en raison d'une possibilité d'augmentation des contacts avec les rats, d'alimentation illégale avec des déchets, ou de pâturages à l'extérieur, etc.) peuvent être jugés plus exposés au risque d'infection.

Le numéro du plan d'échantillonnage est l'année financière suivie d'un trait de soulignement (_) et de « M215 », par exemple « 2009_M215 ».

5.5.2.6 Programmes de surveillance (dépistage)

5.5.2.6.1 Surveillance en vue de l'exportation

Il peut être nécessaire de procéder à la surveillance ou au dépistage de chacune des carcasses de porc aux fins d'échanges commerciaux nationaux ou internationaux (p. ex. l'exportation vers la Russie). Le dépistage doit être effectué dans le cas des carcasses de cheval destinées au commerce international (exportation vers l'Union européenne ou la Suisse). Les méthodes d'analyse relatives au commerce international sont préétablies par les pays importateurs. Les analyses de viande de cheval destinées à l'exportation vers l'Union européenne doivent être effectuées par l'exploitant de l'établissement dans un laboratoire sur place qui a suivi d'un bout à l'autre le processus d'accréditation de l'ACIA décrit plus bas. Pour l'exportation vers l'Union européenne, la méthode de surveillance doit être parmi celles indiquées par la Directive 77/96/CEE.

Le Centre de parasitologie animale (CPA) de Saskatoon est l'autorité compétente qui permet de garantir la pertinence des méthodes utilisées et la compétence des techniciens chargés d'effectuer les épreuves. Les exploitants d'établissement qui veulent être accrédités pour effectuer les épreuves de surveillance de Trichinella doivent présenter une demande à l'Agence. Lorsque la demande est acceptée, il faut franchir les étapes suivantes :

  • élaborer un système de contrôle de la qualité par la préparation d'un manuel de contrôle de la qualité (MQ) et de documents étayant les critères de qualité;
  • faire examiner et approuver le MQ par le Centre de parasitologie animale;
  • former des techniciens au Centre de parasitologie animale de Saskatoon;
  • mettre en place des installations et un matériel de laboratoire appropriés dans les lieux d'essai désignés;
  • faire des vérifications sur place des installations du laboratoire et du système de contrôle de la qualité;
  • prélever sur place des échantillons de vérification de la compétence du laboratoire; et
  • une fois l'accréditation accordée, les techniciens agréés (formés par le Centre de parasitologie animale) recevront chaque trimestre des panels de vérification de la compétence, et le laboratoire sera assujetti à un audit des lieux tous les deux ans.

Les établissements, pour éviter de se soumettre aux exigences en matière de congélation imposées par certains pays importateurs, peuvent soumettre les carcasses de porc à des épreuves de surveillance par la digestion enzymatique d'échantillons composites. L'exploitant de l'établissement est chargé de l'analyse en vertu d'un système de certification de la qualité (p. ex. ISO 17025) doit être en place.

5.5.2.6.2 Surveillance des porcs suspects

Des épreuves de surveillance (dépistage) chez le porc sont aussi effectuées par l'ACIA chaque fois que des animaux provenant de troupeaux suspects sont envoyés à l'abattage dans un établissement sous contrôle fédéral. La trichinose porcine est une maladie à déclaration obligatoire en vertu de la Loi sur la santé des animaux et de son règlement d'application. Lorsque les services de santé publique attribuent la présence de la trichinose à un porc abattu dans un établissement fédéral, ou lorsque des cas positifs sont isolés dans des abattoirs (en plus des enquêtes ou de la surveillance), les bureaux régionaux ou l'Administration centrale peuvent effectuer un dépistage de contrôle chez tous les animaux des troupeaux suspects. Toutes les carcasses provenant d'un troupeau suspect sont identifiées et retenues à leur arrivée à l'abattoir jusqu'à ce que l'on obtienne les résultats finaux. Les autorités régionales de l'Agence doivent être informées des coordonnées (nom du producteur, adresse de la ferme, etc.) de la ferme d'origine des porcs trouvés positifs. Il faut localiser et soumettre à des analyses les autres animaux du troupeau où des carcasses positives ont été décelées. Selon la recommandation de Santé Canada, les épreuves pratiquées sur des carcasses suspectes nécessiteront l'examen d'au moins 5 grammes de tissu par sujet afin d'augmenter la sensibilité de l'analyse. Les carcasses trouvées positives doivent être condamnées.

5.5.2.7 Analyses

5.5.2.7.1 Installations d'analyse

Les établissements dans lesquels on effectue une analyse de la présence de trichinose doivent disposer des installations suivantes :

  • Un laboratoire distinct des autres activités, mais rattaché à l'établissement connexe. Les murs, le plafond et le plancher doivent présenter une surface lisse et facile à nettoyer. Pour l'examen au trichinoscope, la salle d'inspection convient, pourvu qu'elle soit assez grande pour contenir d'autres appareils;
  • Il doit y avoir suffisamment d'espace pour préparer et examiner les échantillons, notamment une aire pour nettoyer et désinfecter l'équipement après usage;
  • La ventilation doit être suffisante, la température appropriée; l'éclairage naturel ou artificiel ne doit pas altérer la couleur des produits; l'intensité de l'éclairage de la salle d'examen doit être réglable;
  • Il doit y avoir des installations appropriées et des désinfectants en quantité suffisante pour permettre au personnel de se laver les mains et de nettoyer l'équipement et les instruments utilisés pour l'inspection des échantillons.

5.5.2.7.2 Responsabilités de l'inspecteur dans la vérification et le contrôle des examens effectués par l'exploitant de l'établissement

Le vétérinaire responsable doit bien connaître le contenu du manuel de contrôle de la qualité produit par l'exploitant et approuvé par le Centre de parasitologie animale de Saskatoon. Les inspecteurs de l'ACIA doivent veiller à ce :

  1. qu'un système de contrôle de la qualité tel que décrit dans le manuel de contrôle de la qualité soit en place;
  2. qu'en vertu du système de contrôle de la qualité actuel, chaque carcasse soit soumise à des tests appropriés;
  3. que des vérifications internes du système de contrôle de la qualité soient effectués au moins une fois par année, des vérifications externes au moins tous les deux ans, et que les résultats des vérifications soient facilement accessibles et satisfaisants;
  4. que des échantillons témoins sont analysés quatre fois par année par le personnel effectuant l'analyse et que des mesures correctives soient prises lorsque les résultats ne sont pas satisfaisants;
  5. que chaque carcasse soit bien identifiée et isolée de manière à ce que, à n'importe quel moment, jusqu'à la fin des épreuves, l'on puisse établir une corrélation entre les carcasses analysées, les échantillons analysés et l'identité du producteur;
  6. que les techniciens qui effectuent les épreuves soient reconnus par le Centre de parasitologie animale;
  7. que les carcasses analysées ainsi que les boîtes contenant la viande provenant des carcasses analysées et déclarées négatives soient marquées. La marque doit être un rond d'un diamètre de 2,5 cm. Un T majuscule, dont les bras mesurent 1 cm de longueur et 0,2 cm de largeur, doit être inscrit au centre. Sous la lettre T figurent les initiales CA (0,4 cm de hauteur). La marque est une entité contrôlée et doit être manipulée de la même manière que l'estampille. On acceptera l'utilisation du numéro de série de la carcasse appliqué au moment de l'abattage au lieu de la marque dont il est question plus haut à condition que cette méthode d'identification soit partie du système de contrôle de la qualité de l'établissement et offre suffisamment de garantie que la viande emballée et étiquetée avec la marque T provient de carcasses éprouvées négatives; et
  8. si l'on soupçonne des résultats positifs, consulter le paragraphe 5.5.2.6, Programmes de surveillance (dépistage).

5.5.2.7.3 Méthodes d'analyses reconnues par l'ACIA

Les procédures d'échantillonnage pour le commerce international sont déterminées par les partenaires commerciaux et l'ACIA. Pour les exigences spécifiques concernant les méthodes d'échantillonnage acceptables pour chaque pays, s'il vous plaît consulter la section 11.7.2 du chapitre 11, ou le module « Exigences des pays importateurs » du Système de certification électronique, disponible aux abonnés.

5.5.2.7.4 Trichinoscope

Malgré le recours intensif aux méthodes de digestion enzymatique d'échantillons composites, et conformément aux exigences des pays importateurs, l'examen au trichinoscope peut à l'occasion être utilisé comme une solution de remplacement acceptable pour la certification (p. ex. l'exportation de porc surgelé vers la Russie). La section suivante décrit le protocole d'utilisation d'un trichinoscope.

Prélèvement d'échantillons :

  • Prélever environ 50 g de tissu des deux piliers du diaphragme et les placer dans des sacs de plastique propres ou sur une barquette propre.
  • Consigner les éléments du tatouage ou d'autres formes d'identification de la carcasse pour conserver l'identité de l'échantillon.
  • Les établissements qui disposent de moyens d'analyse sur place doivent retenir les carcasses jusqu'à l'obtention des résultats. Ceux qui n'en disposent pas, et où des unités d'échantillonnage doivent être prélevées afin de former un échantillon représentatif, ne doivent pas retenir les carcasses.

Matériel nécessaire :

  • trichinoscope (épidiascope Leitz ou Zeiss) ou microscope, grossissement de 30-100x, de préférence stéréoscopique;
  • compressorium (lourdes lamelles de verre, munies de vis et de boulons);
  • ciseaux incurvés (8-10 cm de long - ciseaux à ongles);
  • pinces de 8-12 cm; et
  • barquettes ou sacs de plastique pour mettre les échantillons.

Mode opératoire :

  • Utiliser un compressorium pour sept sujets, identifier les échantillons et le compressorium par des numéros.
  • Découper des bandelettes de muscle d'environ 2 x 2 x 5 mm et placer chacune d'elles sur chaque champ de la plaque inférieure du compressorium. Les fragments doivent être découpés parallèlement aux fibres du muscle et près du point d'insertion du muscle au tendon. Les bandelettes doivent être découpées dans diverses parties des deux piliers. Quatre bandelettes doivent être examinées par animal et sept animaux par lamelle.
  • Presser la lamelle supérieure sur la lamelle de base en appliquant de légers mouvements latéraux puis serrer les vis. Le tissu devrait former une couche mince et transparente à travers laquelle il est possible de lire.
  • Nettoyer les lentilles et la source lumineuse du trichinoscope et examiner systématiquement chaque champ. Le liquide tissulaire extrudé, en particulier très près du muscle, doit aussi être étroitement examiné. Les échantillons doivent être analysés sous un faible grossissement (x30 ou x40) et le plus grand grossissement réservé à un examen plus détaillé.

5.5.2.7.5 Trichomatic-35

À des fins internes, le trichomatic-35 n'est plus une méthode d'analyse acceptable et on doit cesser de l'utiliser.

5.5.2.7.6 Méthode de la double ampoule de décantation

La méthode de la double ampoule de décantation servant à la surveillance des larves de Trichinelladans la viande de cheval ainsi que dans le porc est une méthode acceptable pour l'ACIA. Des précisions sur cette méthode peuvent être obtenues du Centre de parasitologie animale de Saskatoon. Cette méthode est en voie d'être acceptée par l'Union européenne et sera utilisée comme méthode de choix pour certifier la viande de cheval et de porc exportée vers l'Union européenne. En attendant, la méthode de digestion enzymatique d'échantillons composites décrite dans la Directive 77/96/CEE doit être utilisée.

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