Guide à l'intention des producteurs d'abeilles découpeuses de la luzerne pour la norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie apicole
Section 1: Gestion de la santé des abeilles

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1.1 Sources d'abeilles

Objectifs

On s'efforce de réduire le plus possible l'exposition de ses abeilles à des organismes nuisibles en n'introduisant que des stocks d'abeilles dont on connaît le statut sanitaire. Documenter également ses sources d'approvisionnement afin d'en faciliter la traçabilité.

Description

La découpeuse de la luzerne peut avoir différentes provenances (cellules de l'exploitation même, cellules libres achetées, cellules dans des blocs de nidification achetés, et abeilles incubées achetées), ce qui a un effet sur le risque pour la biosécurité. Le niveau de documentation et de connaissances sur l'état de santé des abeilles et sur l'endroit d'où elles proviennent influence le risque pour la biosécurité.

Risques

Les chalcidiens parasitoïdes et le couvain plâtré, qui représentent les plus grands risques pour la découpeuse de la luzerne, sont largement répandus sur et dans les cellules, ou dans les matériaux des nids.

Se procurer des abeilles pour les introduire dans un élevage sans documents ni connaissance de l'incidence de maladies, des parasites, ou des insectes nuisibles augmente le risque pour la biosécurité. Les documents appropriés incluent les registres d'échantillonnage et d'essais pour déceler les maladies, les parasites et les insectes nuisibles, et la tenue des registres des pratiques de gestion montrant où et comment les abeilles ont été produites, ce qui facilite le suivi et la compréhension des risques pour la biosécurité.

Se procurer des abeilles provenant de régions où l'on sait que l'incidence de maladies ou de parasites est élevée augmente la possibilité d'introduire ces risques pour la biosécurité dans l'exploitation.

En général, les abeilles provenant de sa propre exploitation représentent un risque moins élevé que celles provenant d'autres sources. Toutefois, si ses propres abeilles ne sont pas accompagnées des documents appropriés, et si ces abeilles sont produites dans une région où l'incidence de maladies et de parasites est élevée, elles peuvent représenter un risque important au regard de l'introduction et de la propagation de risques pour la biosécurité.

L'acquisition de cellules libres représente en général un faible risque pour la biosécurité, car on peut échantillonner ces cellules adéquatement et procéder à des essais afin de déterminer les risques pour la biosécurité.

L'acquisition de blocs de nidification remplis ou d'abeilles incubées représente un risque plus élevé, car on ne peut pas procéder à un échantillonnage et à des essais adéquats pour ces abeilles. Les maladies, les parasites et les insectes nuisibles peuvent également être dispersés dans les blocs de nidification, et donc l'achat de ces blocs remplis augmente le potentiel d'introduction de risques dans une exploitation.

Indépendamment de la source, il est critique de disposer d'un bon plan pour traiter les cellules provenant de diverses sources.

Pratiques recommandées

1. Sélection des fournisseurs et des stocks d'abeilles

  1. Respecter le système canadien de gestion des élevages apicoles à cellules libres.
  2. Achat des abeilles
    1. Lorsque c'est possible, acheter des cellules libres.
    2. Éviter d'acheter des blocs de nidification remplis et des abeilles incubées ou adultes.
    3. Éviter d'acheter des panneaux perforés déjà remplis.
  3. Acheter des abeilles de fournisseurs que vous connaissez et en qui vous avez confiance, et de fournisseurs dotés de programmes de surveillance de la biosécurité établis.
  4. Sélectionner un fournisseur pouvant fournir des résultats d'essais du Canadian Cocoon Testing Centre (CCTC). Si les abeilles achetées ne sont pas accompagnées de résultats d'essai du CCTC, il est recommandé d'en prélever un échantillon et d'envoyer ce dernier au CCTC pour qu'il subisse un essai lors de la réception des abeilles.
  5. Se renseigner sur les nouveaux fournisseurs avant de commander du matériel.
    1. Visiter l'exploitation du fournisseur, observer (ou s'informer au téléphone) et poser des questions sur l'historique de maladie, les pratiques de gestion et la tenue des registres.
  6. En cas de doute, consulter un spécialiste de la découpeuse de la luzerne.

2. Établissement de lots

  1. Idéalement, les apiculteurs établissent des lots. Un bon système de lots permet au producteur de connaître l'incidence des maladies, des parasites et des insectes nuisibles, et d'élaborer un plan pour traiter les lots touchés au cours de la saison de production à venir.
  2. L'établissement de lots peut ne pas être requis pour les producteurs de moindre envergure chez qui :
    1. aucune abeille n'a été achetée de source extérieure;
    2. les abeilles sont placées dans un nombre limité de champs;
    3. l'exploitation connaît une faible incidence de maladies, de parasites et d'insectes nuisibles.
  3. Idéalement, les lots sont établis pour des blocs de nidification remplis et des cellules libres, représentant des profils de risque variant selon :
    1. chaque source d'achat
    2. le type de bloc de nidification et l'année de l'achat
    3. le type de champ ou de récolte
    4. le client de pollinisation
    5. le pourcentage de remplissage des blocs de nidification
    6. les dates de traitement
    7. les traitements appliqués
    8. le groupe d'incubation
  4. Les producteurs peuvent indiquer une taille de lot maximale pour leur propre exploitation.

3. Échantillonnage

  1. Une fois qu'un lot est créé, l'échantillonnage et les essais facilitent l'identification des problèmes de maladies, de parasites et d'insectes nuisibles, ce qui permet d'élaborer les procédures de traitement et de manipulation. La section 1.5 décrit les protocoles de traitement.
  2. Les échantillons peuvent être prélevés dans les blocs de nidification remplis, mais il faut procéder à un échantillonnage moins restreint dans le cas des lots de cellules libres.
  3. Procéder à l'échantillonnage d'une manière uniforme et reproductible dans l'exploitation.
  4. Tirer un échantillon composite des cellules libres pour les essais. Une partie de l'échantillon composite est ensuite testé. Le prélèvement peut s'effectuer en cours de traitement ou après que les cellules aient été placées dans des contenants d'entreposage ou d'emballage. Les techniques de prélèvement d'échantillon composite suivantes sont acceptables :
    1. Utilisation d'un échantillonneur automatisé qui prélève périodiquement un échantillon dans le flot de cellules en cours de conditionnement, juste avant que les cellules soient emballées ou placées dans des contenants d'entreposage.
    2. Échantillonnage périodique des cellules conditionnées à la main, avant que ces cellules soient placées dans des contenants de stockage. Les échantillons peuvent être prélevés directement du contenant de stockage, à la main ou à l'aide d'une sonde. Un producteur peut établir des lignes directrices sur l'échantillonnage à partir de contenants. On trouvera des exemples à l'annexe C.
  5. Les problèmes rencontrés au cours du prélèvement peuvent être le résultat de :
    1. Trop de matière dans un même échantillon ou échantillon composite. Tirer un sous-échantillon (p. ex. en coupant l'échantillon composite) tout en s'assurant que ce dernier présente les mêmes qualités que l'échantillon composite.
    2. Une sonde trop petite, ce qui peut donner un échantillon non représentatif.
    3. Une sonde qui endommage les cellules.

4. Analyse

  1. Les méthodes pour tester les échantillons de cellules tirés de lots de blocs de nidification remplis suivantes sont acceptables :
    1. Envoi des échantillons au CCTC aux fins d'analyse.
      1. Envoyer des échantillons au CCTC est la pratique recommandée pour tous les lots de cellules libres. Les essais favorisent une identification hâtive des problèmes et permettent aux producteurs d'élaborer un protocole de traitement afin de minimiser les risques qu'ils encourent.
      2. Les essais suivants du CCTC sont particulièrement pertinents pour la biosécurité :
        1. Parasites
        2. Prédateurs/ravageurs des denrées entreposées
        3. Couvain plâtré
      3. L'importance de faire faire les tests au CCTC s'accroît si on suspecte une incidence élevée de maladies, de parasites ou d'insectes nuisibles, telle que définie par chaque apiculteur.
    2. Ouverture des cellules à l'aide d'un couteau pour y faire une inspection visuelle et y déceler des larves mortes et des signes de couvain plâtré, de chalcidiens ou de ravageurs des denrées entreposées.

      Cette méthode peut être :

      1. préférable pour les producteurs ayant peu de sources différentes de cellules, et chez qui la prévalence de maladies, de parasites et d'insectes nuisibles est faible.
      2. utile si les échantillons tirés de blocs de nidification remplis servent au dépistage précoce des maladies, des parasites et des insectes nuisibles.
      3. utilisée pour déterminer où entreposer les blocs de nidification, ou comment traiter ces blocs à l'automne afin d'éliminer les ravageurs des denrées entreposées, ou de les traiter et de les incuber à l'hiver et au printemps.
      4. combinée aux tests du CCTC si l'incidence des maladies ou des parasites est élevée, pour mieux déterminer l'ampleur du problème.
  2. Les apiculteurs et leur personnel sont formés et leurs connaissances sont mises à jour pour reconnaître les risques communs et peu communs liés à l'exploitation et pouvant représenter un risque pour la biosécurité (voir section 2.9).
  3. L'apiculteur se tient au courant des nouveaux développements et de toute éventuelle alerte sanitaire et applique au besoin les protocoles d'urgence recommandés par les autorités de l'industrie, les experts de l'industrie ou l'apiculteur provincial.
  4. Le fournisseur est avisé de toute incohérence entre les tests du CCTC fournis et les nouveaux tests effectués par le producteur recevant les abeilles.

5. Conformité à la réglementation régissant l'importation d'abeilles

  1. Gouvernement fédéral
    1. L'importation de découpeuses de la luzerne n'est pas permise en vertu de la réglementation fédérale pour le moment, mais les apiculteurs doivent connaître et respecter les règlements et les protocoles d'importation fédéraux actuels administrés par l'ACIA.
  2. Gouvernement provincial
    1. Les apiculteurs connaissent et respectent la réglementation provinciale actuelle sur l'importation et le transport, telle que définie par les lois applicables sur les abeilles. À noter qu'il n'existe pas de règlement sur le transport interprovincial de la découpeuse de la luzerne.

Tenue des registres

La tenue des registres doit être faite de façon à permettre aux producteurs d'identifier les risques pour la biosécurité, de retracer les risques en amont et en aval, et de gérer ou de garder les abeilles présentant des profils de risque différents séparément, le cas échéant. L'annexe E fournit des gabarits pour la tenue des registres. Voici également des exemples de données à conserver sur les sources de découpeuse de la luzerne :

  • Numéro ou nom du lot
  • Résultats des tests pour le lot
  • Quantités du lot (quantité d'abeilles, quantité de blocs de nidification)
  • Les détails additionnels peuvent inclure les suivants :
    • type de bloc de nidification, année d'achat, pourcentage de remplissage
    • type de champ ou de culture, client d'une année précédente
    • disposition dans le champ pour l'année en cours (type de culture, abris, emplacement, nombre d'abeilles déployées)
    • traitement appliqué aux abeilles ou au matériel
    • Date d'extraction
    • Lieu d'entreposage
    • Détails de la construction des nids
    • Détails sur les plateaux
    • Détails sur l'incubation
  • Si des abeilles sont achetées, conservez les données suivantes :
    • nom du vendeur ou du courtier
    • poids, dénombrement des abeilles vivantes, gallons

1.2 Prévention : réduction au minimum de la vulnérabilité aux organismes nuisibles

Objectifs

Les facteurs représentant une menace pour la santé des abeilles sont gérés de manière à réduire la sensibilité des abeilles aux organismes nuisibles. Mettre en œuvre les mesures qui s'imposent dès que les seuils d'intervention sont atteints.

Description

Le terme organisme nuisible fait référence aux agents pathogènes, aux parasites et aux insectes nuisibles.

Un certain nombre de facteurs pouvant être gérés efficacement à l'échelle de l'exploitation peuvent menacer les découpeuses de la luzerne et accroître leur vulnérabilité aux organismes nuisibles.

Les principales causes d'augmentation de la vulnérabilité sont les suivantes :

Conditions d'entreposage et d'incubation : Les organismes nuisibles prolifèrent si les cellules ne sont pas entreposées sous des conditions spécifiques. Les producteurs doivent s'assurer que les conditions d'entreposage, qui incluent le maintien de températures fraîches, d'une aération et d'un taux d'humidité adéquats limitent la propagation de ces organismes dans les blocs de nidification remplis et les cellules libres. L'élimination des rongeurs dans le lieu d'entreposage évitera également des dommages aux blocs de nidification, et réduira la vulnérabilité aux parasites et aux insectes nuisibles (l'élimination des ravageurs, incluant les rongeurs, est abordée à la section 2.8).

Construction des nids : Des nids dont la construction est étanche limitent l'accès des parasites et des insectes nuisibles aux nids et aux larves d'abeille, ce qui réduit à la fois la vulnérabilité et l'exposition des abeilles.

État des abris : Le maintien des abris en bonne condition peut limiter les dommages aux nids qui, à leur tour, limitent la vulnérabilité aux organismes nuisibles. Des moisissures peuvent se développer lorsque les blocs de nidification deviennent mouillés et retiennent l'humidité. Les abris peuvent héberger des rongeurs, ce qui augmente la possibilité de dommages aux nids et de ce fait la vulnérabilité aux parasites et aux insectes nuisibles. La réparation des trous dans les toits des abris et la mise en œuvre d'un programme d'élimination des rongeurs réduisent ce risque (la section 2.8 traite de l'élimination des ravageurs, incluant les rongeurs).

Dérive des abeilles : charge en colonies, moment de la libération, emplacement des abris, orientation des abris, matériaux appropriés pour les nids et état du champ : Les abeilles qui ont accès à un pollen, à un nectar et à des matériaux adéquats sont moins susceptibles d'émigrer vers d'autres abris, de voir d'autres abeilles immigrer dans leurs abris, ou, en général, de se mêler à d'autres abeilles ou à d'autre équipement apicole. La dérive augmente à la fois la vulnérabilité et l'exposition des abeilles aux agents pathogènes, aux parasites et aux insectes nuisibles. Si les abeilles doivent s'éloigner pour approvisionner leurs cellules, les risques de contact avec d'autres abeilles ou d'autres matériaux pouvant transmettre des agents pathogènes, des parasites ou des ravageurs des denrées entreposées augmenteront. La section 1.3 (Prévention : réduction au minimum de l'exposition aux organismes nuisibles) aborde cette question en détail.

Questions d'irrigation : Placer les abris en fonction de l'irrigation et minimiser l'exposition à l'eau d'irrigation peut entrer en ligne de compte, surtout si on utilise des pivots. Le fait de garder les nids au sec et à l'abri de la boue réduit la vulnérabilité aux moisissures et empêche les abeilles d'émigrer vers d'autres abris et d'autres nids.

Le seuil de vulnérabilité est le niveau mesurable d'un facteur au-delà duquel des mesures doivent être prises.

Risques

L'intensité du facteur et l'exposition à ce facteur ont un effet sur les risques associés à la vulnérabilité. Si ces conditions ne sont pas surveillées, elles pourraient causer d'importantes pertes économiques à cause de la mortalité des larves.

Pratiques recommandées

1. Conditions d'entreposage et d'incubation

Dans l'installation de stockage

  1. Contrôler les températures dans les installations :
    1. Contrôler et surveiller la température dans les installations d'entreposage à l'automne, lorsque les blocs de nidification remplis sont rapportés du champ (c'est un moment important pour le développement de l'abeille et pour l'élimination des insectes nuisibles).
    2. Maintenir la température entre 4°C et 10°C pendant le reste de la période de stockage.
  2. Être conscient du fait que, dans une région où l'humidité est élevée, il peut être nécessaire de déshumidifier les installations pour abaisser le taux d'humidité des nids ou des cellules. Sous les conditions hivernales des Prairies canadiennes, le taux d'humidité ne cause habituellement pas de problème, mais un taux d'humidité élevé peut favoriser la prolifération des moisissures foliaires et causer des problèmes d'extraction des cellules, endommageant les abeilles et réduisant l'efficacité des traitements.
  3. Assurer une circulation d'air et une ventilation, au besoin, pour maintenir une température constante (veuillez consulter la section 2.6).
  4. Ne pas entreposer ni empiler les blocs de nidification à même le plancher, et les placer de façon à permettre une bonne circulation d'air. Cette circulation participe à l'uniformisation de la température et de l'humidité à travers les blocs de nidification, et limite la prolifération des agents pathogènes, des parasites et des insectes nuisibles.

    Pour empiler les blocs de nidification, on peut :

    1. Utiliser des entretoises en bois
    2. Disposer les blocs en quinconce
    3. Placer les blocs de nidification sur le côté, ce qui laisse un espace entre les blocs
  5. Entreposer les cellules libres dans des contenants de façon à limiter le potentiel de réchauffement ou d'accumulation de l'humidité, ce qui serait dommageable pour les cellules et favoriserait le développement d'agents pathogènes, de parasites et d'insectes nuisibles.
  6. Surveiller la température et l'humidité au moyen de thermomètres et de détecteurs d'humidité. (voir section 2.7).

Dans l'installation d'incubation

  1. Construire des installations bien ventilées et où l'air circule bien (voir section 2.6).
  2. Surveiller la température et le taux d'humidité au moyen de thermomètres et de détecteurs d'humidité (voir section 2.7).

2. Construction des nids

  1. Utiliser un matériel pour couvrir le fond des nids, afin de limiter l'accès des parasites et des insectes nuisibles.
  2. Enlever les sections endommagées des blocs de nidification avant de les assembler (section 1.4).
  3. Attacher fermement au moyen de courroies, ou par un autre moyen, les blocs de nidification, le matériel de couverture du fond des nids et les panneaux pour en limiter l'accès aux parasites et aux insectes nuisibles.

3. Entretien des abris

  1. Installer des abris et en effectuer l'entretien, ce qui inclut la réparation des trous et l'enlèvement des débris et des mauvaises herbes, avant d'y placer les abeilles.
  2. Bien attacher les blocs de nidification aux abris, non directement sur le sol.

4. Dérive des abeilles : Voir section 1.3.

5. Problèmes d'irrigation

  1. S'organiser pour que l'irrigation ait le moins d'effets possible sur les abeilles :
    1. Placer les abris loin des chemins empruntés par les véhicules, et hors de la portée des gicleurs.
    2. Si possible, éviter l'irrigation devant les abris, ou installer des rideaux sur les abris pour limiter l'exposition directe des abeilles à l'eau.
    3. Lorsque c'est possible, les activités d'irrigation doivent se dérouler lorsque les abeilles sont inactives, la nuit, ou lors des journées froides.
    4. Limiter la fréquence des arrosages (privilégier un arrosage massif, plutôt que plusieurs petits arrosages).
  2. Placer les abris loin des zones inondables.

Tenue des registres

Les registres suivants, liés au contrôle de la température, à la construction des nids, à l'entretien des abris et à l'irrigation peuvent faciliter une amélioration de la gestion générale des découpeuses de la luzerne :

  • Température et taux d'humidité d'entreposage par date
  • Température et taux d'humidité d'incubation par date
  • Détails de la construction des nids
  • Entretien des abris et notes sur le traitement

1.3 Prévention : réduction au minimum de l’exposition aux organismes nuisibles

Objectifs

L'exposition directe et indirecte des abeilles saines à des abeilles infectées ou infestées est réduite le plus possible.

Description

La première ligne de défense contre les infections et les infestations consiste à réduire le plus possible l'exposition des abeilles saines à des organismes nuisibles. Cela inclut le contact direct entre les abeilles, l'exposition directe aux organismes nuisibles, ainsi que le contact indirect par le matériel contaminé, la manipulation, etc.

Le contact direct fait référence à un contact direct entre deux abeilles ou à un contact entre une abeille et un œuf ou une larve, au cours duquel une abeille infectée transmet un agent pathogène directement à des abeilles, des œufs, des larves ou des provisions non encore contaminés. Ce contact direct augmente lorsque les abeilles n'ont pas de repères visuels adéquats, ou qu'elles sont à la recherche de tunnels de nidification disponibles, et qu'elles se déplacent vers d'autres abris, risquant ainsi de transporter les agents pathogènes d'un abri à un autre. Les parasites sont capables d'occuper des cellules complètes contenant des larves ou des prénymphes, tandis que les ravageurs de denrées entreposées peuvent endommager les cellules contenant des larves ou des prénymphes, ou pondre leurs œufs dans le matériel de nidification. La gestion des blocs de nidification de façon à limiter l'exposition des abeilles aux parasites et aux insectes nuisibles réduit ce risque.

Un contact indirect se produit lorsqu'un agent pathogène laissé par une abeille infectée ou infestée sur une surface ou une matière (p. ex. une cellule) survit suffisamment longtemps pour être transféré à une autre abeille. Les cellules contenant des agents pathogènes représentent la plus grande source de ce contact indirect. Les abeilles peuvent entrer en contact avec des cellules écloses laissées dans des abris ou près des abris, transmettre des agents pathogènes, qui sont ensuite retransmis à de nouvelles cellules en construction ou aux œufs, au nectar ou au pollen dans les cellules.

Une autre forme d'exposition indirecte se produit lorsque les parasites et les insectes nuisibles ne sont pas éliminés durant l'entreposage et l'incubation. Des parasites et des insectes nuisibles peuvent se trouver dans le matériel apicole et, s'ils ne sont pas éliminés par un entreposage approprié ou par l'exécution d'un protocole de traitement, peuvent causer encore plus de dommages aux cellules.

Les risques et les pratiques recommandées concernant la minimisation de l'exposition par contact indirecte avec le matériel apicole et les autres équipements sont abordés à la section 2 (Gestion des opérations).

Un mélange se produit lorsque les abeilles de deux différents apiculteurs sont placées à proximité les unes des autres, ou lorsqu'une espèce d'abeille se mélange à des abeilles d'une autre espèce (p. ex. découpeuse de la luzerne et abeille domestique). L'abeille sauvage et la découpeuse de la luzerne sauvage présentent également un potentiel de mélange. Le mélange d'abeilles saines avec des abeilles infectées ou infestées peut propager les agents pathogènes, les parasites et les insectes nuisibles. Cette situation survient lorsque des abeilles de deux sources différentes sont placées dans le même champ ou dans des champs adjacents. Dans le cas de la découpeuse de la luzerne, le risque associé au mélange est relativement faible. Lorsqu'elle est installée dans un champ, la découpeuse de la luzerne parcourt habituellement des distances limitées et représente un risque faible pour les abeilles des champs adjacents. Les apiculteurs doivent connaître les risques nouveaux et habituels liés aux déplacements entre les espèces des organismes nuisibles, et ainsi prévenir les expositions inutiles à des abeilles provenant d'autres exploitations et à des abeilles sauvages.

Risques

Le tableau 1 décrit les risques posés par les principaux agents pathogènes, parasites et insectes nuisibles associés à la découpeuse de la luzerne au Canada. Les apiculteurs doivent également être à l'affût de tout nouveau risque dans leur région.

Tableau 1

Agents pathogènes, parasites et insectes nuisibles communs
Pathogène, parasite ou insecte nuisible Biologie Contact direct Par contact indirect - Entreposage et incubation des cellules Par contact indirect - Cellules écloses Par contact indirect - Matériel apicole Par contact indirect - Manipulation Par contact indirect - Mélange
Chalcidiens (Pteromalus venustus) Les chalcidiens parasitoïdes femelles adultes percent la cellule de la découpeuse de la luzerne et son cocon, anesthésient la prénymphe et pondent leurs œufs. Les œufs éclosent, et la jeune larve se nourrit de la prénymphe, la consommant entièrement. La transmission des chalcidiens parasitoïdes ne se fait pas par contact direct. Risque élevé : Les parasites peuvent persister dans les environnements d'entreposage et d'incubation, parasitant les larves et les prénymphes d'abeille. Sous des températures optimales, les parasites peuvent devenir adultes rapidement et parasiter de nouveau les cellules d'abeille. Des températures fraîches peuvent limiter le développement des parasites, et on peut utiliser des pièges et des produits chimiques pour lutter contre la population adulte. Risque très faible. Risque moyen : La construction et l'entretien appropriés du matériel apicole facilitent la lutte contre les chalcidiens parasitoïdes. Il est improbable que du matériel usagé ne contenant pas de cellules continues à héberger ces parasites. Risque très faible. Risque moyen à faible : les chalcidiens parasitoïdes présents dans les populations d'autres éleveurs de découpeuses de la luzerne (ou les populations d'abeilles et de découpeuses de la luzerne sauvages) se trouvant à proximité de vos abeilles peuvent augmenter le risque de transmission.
Couvain plâtré (également moisissures foliaires) développement. Les spores fongiques entraînées par les découpeuses de la luzerne femelles sont transmises aux nids dans lesquels des œufs sont pondus. La jeune larve de découpeuse de la luzerne consomme les spores, qui germent dans son intestin et tuent la larve au cours de son Risque élevé : Transfert de la découpeuse de la luzerne femelle aux provisions de pollen et de nectar sur lesquelles les œufs sont pondus dans les nids. Risque moyen : le couvain plâtré restant sur les surfaces des cellules peut être transmis aux abeilles lorsqu'elles émergent des feuilles composant la cellule. Le traitement des cellules et du matériel contre le couvain plâtré limitera l'exposition des abeilles. Risque élevé : Les spores de couvain plâtré peuvent survivre longtemps sur les cellules. Lorsqu'elles sont laissées dans les abris, ou près de ceux-ci, les abeilles peuvent avoir tendance à revisiter les plateaux comportant des cellules écloses, et à emporter des spores de couvain plâtré pour les transmettre aux larves d'abeilles en développement. Risque moyen : les spores de couvain plâtré peuvent survivre sur les surfaces pendant des années, et les abeilles qui frôlent ces surfaces les emporteront. Le transfert des spores par les femelles adultes augmente la mortalité des larves d'abeille. Les plateaux et les matériaux des nids, en particulier, posent le plus grand risque. Risque moyen à faible : Les spores restent viables sur les surfaces pendant des années, et peuvent être transmises lors des manipulations. Le risque est élevé lors de la manipulation de matériel destiné à l'incubation infecté, et des nids et du matériel apporté au champ pour la libération des abeilles. Le risque est plus faible lors de la manipulation du matériel à l'automne et à l'hiver, lorsqu'on a le temps de traiter les cellules et le matériel contre le couvain plâtré avant l'incubation et la libération, et que le couvain plâtré ne représente pas un risque immédiat pour les abeilles s'il se trouve sur la surface des cellules durant l'entreposage. Risque faible : le couvain plâtré présent chez les populations d'autres éleveurs de découpeuses de la luzerne (et chez les populations d'abeilles et de découpeuses de la luzerne sauvages) à proximité de vos abeilles peut augmenter le risque de transmission.
Ravageurs des denrées entreposées Bien qu'il y ait des différences biologiques entre les différentes espèces de ravageurs des denrées entreposées, à la fois les adultes et les larves de ces insectes peuvent se trouver à l'intérieur des nids, où elles endommageront les cellules et consommeront les larves de découpeuse de la luzerne et les provisions de pollen. La transmission des ravageurs des denrées entreposées ne se fait pas par contact direct. Risque moyen : Les ravageurs des denrées entreposées peuvent persister dans les environnements d'entreposage, consommant les larves et les provisions de pollen à l'intérieur des cellules. Sous certaines conditions, les ravageurs des denrées entreposées peuvent devenir adultes rapidement, pondant leurs œufs dans les feuilles constituant les nids, et éventuellement consommer les larves d'abeilles. Une température fraîche limitera leurs activités; on peut utiliser des pièges et des produits chimiques lutter contre les populations de ravageurs des denrées entreposées. Risque très faible. Risque moyen : La construction et l'entretien appropriés du matériel apicole facilitent la lutte contre les ravageurs des denrées entreposées. Il est possible que le matériel usagé ne contenant pas de cellules d'abeille continue à abriter ces organismes nuisibles. Risque très faible. Risque moyen à faible : les ravageurs des denrées entreposées présents chez les populations d'autres éleveurs de découpeuses de la luzerne (et chez les populations d'abeilles et de découpeuses de la luzerne sauvages) à proximité de vos abeilles peuvent augmenter le risque de transmission.

Pratiques recommandées

1. Minimiser l'exposition durant l'entreposage et l'incubation

  1. Utiliser des traitements préventifs et des pièges pour réduire l'exposition aux parasites et aux insectes nuisibles sur les lieux d'entreposage et d'incubation (voir section 1.5 pour les traitements).
  2. Limiter la profondeur des cellules placées sur des plateaux à 1 à 1,5 pouce, et utiliser des écrans ou des plateaux durant le traitement et l'incubation.
  3. Maintenir les températures d'entreposage entre 4°C et 10°C pour limiter la prolifération des parasites et des insectes nuisibles. Si la présence d'organismes nuisibles est confirmée, maintenir les températures au bas de cette échelle.
  4. Limiter la lumière aux zones d'entreposage.
  5. Assurer une circulation d'air adéquate pour favoriser une température et un taux d'humidité égale dans toute l'aire d'entreposage et d'incubation.
  6. Empiler les nids, les blocs de nidification et les contenants de cellules de façon à permettre une circulation d'air adéquate.
  7. Surveiller la température et le taux d'humidité afin de maintenir les valeurs ciblées.
  8. Entreposer les lots que l'on sait touchés par la maladie, les parasites ou les insectes nuisibles à l'écart des cellules saines.
  9. Procéder à l'incubation et traiter les lots touchés par la maladie, les parasites ou les insectes nuisibles à l'écart des cellules saines.

2. Cellules écloses et plateaux (les cellules écloses sont les coquilles de feuilles qui restent vides après que l'abeille en soit sortie, durant ou juste après l'incubation)

  1. Lorsque c'est possible, retirer les plateaux et les cellules écloses des abris après l'éclosion de toutes les abeilles.
  2. Idéalement, recueillir les cellules écloses dans un contenant et les retirer du champ.
  3. Méthodes acceptables pour l'élimination des cellules écloses :
    1. Brûlage
    2. Envoi dans une décharge
    3. Compostage
    4. Intégration ou enfouissement dans un champ ou un jardin, loin des abeilles

3. Dérive et mélange des abeilles

  • Prendre les précautions nécessaires pour éviter la dérive et le mélange des abeilles.
  • Gérer les abeilles infectées ou infestées de façon à limiter leur exposition à des abeilles saines.
  1. Abris, emplacement et orientation des abris, et charge en colonies
    1. Fournir des repères visuels sur les abris et du matériel pour construire les nids, pour faciliter le retour des abeilles au même abri.
    2. Placer les grands abris assortis des meilleurs repères visuels au centre, ce qui pourra empêcher certaines abeilles de dériver vers les limites (en général, les abeilles dérivent vers l'extérieur).
    3. Si les abeilles doivent être placées à côté d'abeilles d'une autre source, collaborer avec les autres éleveurs d'abeilles pour que tous soient sensibilisés au statut sanitaire et aux pratiques de gestion des maladies et des organismes nuisibles.
    4. Lorsque c'est possible, éviter une exposition excessive des abeilles à d'autres espèces, incluant les abeilles domestiques et les bourdons.
    5. Idéalement, maximiser la distance entre les champs où sont gardées les abeilles et les autres populations connues d'abeilles sauvages, de découpeuses de la luzerne sauvages, et d'autres espèces d'abeilles.
    6. Suivre les recommandations relatives à la charge en découpeuses de la luzerne pollinisatrices.
    7. Si le statut sanitaire des abeilles voisines est suspect, ou que les conditions favorisent le mélange, augmenter la distance entre l'abri et la limite du champ et exercer une surveillance accrue.
    8. Si le statut sanitaire d'un grand nombre d'abeilles est suspect, ou si on sait que le niveau d'organismes nuisibles dépasse le seuil fixé par un éleveur, traiter les abeilles concernées comme un lot unique durant toutes les étapes de la production.
  2. Moment de la libération et état du champ
    1. Prévoir la libération des abeilles lorsque le champ est suffisamment fleuri pour que les abeilles puissent butiner.
    2. Gérer la santé du champ adéquatement pour fournir aux abeilles une population saine de feuilles, de pollen et de nectar.
    3. Si les feuilles adéquates ne sont pas disponibles sur le terrain, en fournir un supplément près des abris (p. ex. en plantant du sarrasin).
  3. Enlèvement des nids remplis

    Un accès inadéquat aux tunnels de nidification peut inciter les abeilles à se déplacer vers d'autres abris ou à trop remplir les blocs de nidification. Cela occasionne plus de travail pour les abeilles femelles, et peut accroître la possibilité d'exposition aux pathogènes.

    1. Placer un nombre approprié de nids dans les abris au début de la saison (il doit y avoir 1,5 nid pour chaque abeille femelle déployée au champ).
    2. Surveiller le remplissage des blocs de nidification durant la saison.
    3. Retirer les nids des abris, les transporter vers des installations d'entreposage pour l'automne lorsqu'ils sont remplis, ou presque remplis, et les remplacer par des nids vides.
    4. Ajouter des nids vides additionnels aux abris lorsque les blocs de nidification sont remplis.

4. Séchage, traitement et conditionnement des cellules

Les opérations de séchage, d'extraction, de traitement et de conditionnement des cellules peuvent minimiser les risques pour la biosécurité des abeilles. Le séchage approprié des cellules dans les blocs de nidification permet une extraction et un conditionnement plus efficace des cellules, qui permettent à leur tour un traitement efficace contre les agents pathogènes, et font que les abeilles sont exposées à un moins grand nombre d'agents pathogènes lors de leur éclosion.

5. L'exposition est réduite au minimum durant le transport

  1. Fermer les plateaux pendant le transport, utiliser des écrans et, si nécessaire, couvrir les plateaux durant le transport.
  2. Si on déplace les abeilles en cours de saison, les transporter la nuit ou lorsque la température est plus fraîche.
  3. Éviter le transport avec des abeilles d'une autre source de qualité inconnue.
  4. Si on transporte des abeilles en vue de les libérer, ou qu'on les transporte en cours de saison, désinfecter les camions après le transport d'abeilles chez lesquels un taux élevé de couvain plâtré est connu.

Tenue des registres

Les registres suivants, relatifs à l'entreposage, au traitement, à l'emplacement au champ et au transport, peuvent servir à améliorer la gestion générale des découpeuses de la luzerne :

  • Température et taux d'humidité dans la zone d'entreposage par date
  • Température et taux d'humidité dans la zone d'incubation par date
  • Détails sur l'emplacement au champ, l'enlèvement des plateaux et l'enlèvement des nids
  • Détails sur la transformation des cellules
  • Détails sur la construction des nids

1.4 Surveillance

Objectifs

Les organismes nuisibles et leurs signes sont détectés de façon fiable. Les risques posés par ces organismes font l'objet d'une surveillance constante visant à en évaluer l'ampleur.

Description

Le terme organisme nuisible fait référence aux agents pathogènes, aux parasites et aux insectes nuisibles.

La surveillance est l'une des pierres angulaires de la biosécurité. Il existe trois types de surveillance différents, mais liés :

  1. Surveillance pour déclencher une enquête sur la cause et pour écarter les causes non liées à une infection/infestation avant le traitement :
    1. Déclin inattendu de la productivité des abeilles ou du pourcentage de remplissage des nids
    2. Signes visuels d'abeilles mortes
  2. Surveillance pour identifier et confirmer une maladie, des parasites ou des insectes nuisibles :
    1. Signes visuels de maladies
      1. Larves mortes, cadavres de couvain plâtré
    2. Signes visuels de parasites et d'insectes nuisibles :
      1. Insectes nuisibles ou parasites adultes
      2. Larves d'insectes nuisibles ou de parasites
      3. Larves d'abeilles consommées
    3. Résultats de tests du CCTC indiquant la présence de maladie, de parasites ou d'insectes nuisibles.
  3. Surveillance pour évaluer l'efficacité du traitement et le recommencer, au besoin.

Risques

Le fait de ne pas exercer de surveillance pour détecter la présence éventuelle d'organismes nuisibles comporte les risques suivants :

  • Persistance et propagation dans les installations d'un éleveur
  • Propagation dans les installations d'un éleveur voisin
  • Applications de traitements non nécessaires

Pratiques recommandées

Dans le cas de la découpeuse de la luzerne, il est difficile d'identifier et de régler les problèmes sur le terrain. La surveillance sur le terrain est recommandée, mais la meilleure stratégie pour surveiller les organismes nuisibles est l'instauration d'un protocole minutieux d'échantillonnage et de test, tel que décrit à la section 1.1.

Principes de surveillance :

  1. Utiliser des méthodes d'échantillonnage de portée suffisamment large pour couvrir tous les aspects de l'exploitation.
  2. Envoyer les échantillons au CCTC pour leur faire subir des tests, bien qu'une inspection visuelle puisse également être appropriée et permettre de diagnostiquer plus rapidement les problèmes potentiels.
  3. Identifier les échantillons par lot.
  4. Connaître et participer à des programmes d'inspection volontaire.
  5. Conserver des registres des observations, des dates et des données.
  6. Certains signes visuels hâtifs peuvent indiquer un problème. Déclencher un examen plus approfondi pour en déterminer la cause et éviter des traitements inutiles.
  7. Effectuer la surveillance des conditions d'entreposage ou des autres facteurs pouvant avoir un effet sur la biosécurité.
  8. Veiller à ce que les apiculteurs et leur personnel aient reçu la formation et les mises à jour voulues pour reconnaître les maladies, les parasites et les insectes nuisibles communs et exotiques, ainsi que leurs signes.
  9. Évaluer l'efficacité du traitement, et modifier les traitements inefficaces avant leur utilisation future.
  10. Être à l'affût des nouveaux cas d'infection ou d'infestation et se tenir au courant des alertes sanitaires locales.

Le tableau 2 décrit les méthodes d'identification et de surveillance des principales maladies et des principaux parasites et insectes nuisibles touchant la découpeuse de la luzerne.

Tableau 2 - Méthodes d'identification et de surveillance des principales maladies et des principaux parasites et insectes nuisibles touchant la découpeuse de la luzerne
Organisme nuisible Identification/surveillance
Couvain plâtré Lors des inspections des cellules, identifier les larves infectées par le couvain plâtré en coupant les cellules pour les ouvrir et en les examinant pour y trouver des cadavres de couvain plâtré. Il est toutefois recommandé d'envoyer des échantillons de cellules au CCTC pour identification. L'identification du couvain plâtré sur le terrain est difficile, car les abeilles adultes ne présentent pas de signes qui permettraient de le faire.
Moisissures foliaires Lors des inspections des cellules, identifier les larves infectées par des moisissures foliaires en coupant les cellules pour les ouvrir et en les examinant pour y trouver des larves mortes. Il est toutefois recommandé d'envoyer des échantillons de cellules au CCTC pour identification. L'identification de moisissures foliaires sur le terrain est difficile, car les abeilles adultes ne présentent pas de signes qui permettraient de le faire.
Parasites chalcidiens (Pteromalus venustus)

Lors des inspections des cellules, identifier les larves infectées par des parasites chalcidiens en coupant les cellules pour les ouvrir et en les examinant pour y trouver des cadavres de ces parasites (plusieurs larves dans un cocon). Il est préférable d'envoyer des échantillons de cellules au CCTC pour identification.

Surveiller les installations d'entreposage, les salles d'incubation et les abris pour y déceler la présence de parasites chalcidiens adultes (bien qu'ils soient difficiles à repérer sur le terrain) en procédant à une inspection visuelle visant à trouver des parasites chalcidiens adultes, et en installant des pièges qui seront surveillés. Les pièges acceptables incluent les pièges à eau et à lumière noire, le ruban attrape-mouches et les panneaux collants. Ces parasites sont difficiles à identifier sur le terrain, car les abeilles adultes présentent peu de signes visibles de leur présence.

Ravageurs des denrées entreposées

Lors des inspections des cellules, on pourra identifier les dommages, habituellement des cellules consommées (larves, pollen), causés par les ravageurs des denrées entreposées. Il est préférable d'envoyer des échantillons de cellules au CCTC pour identification.

Surveiller les installations d'entreposage et les abris pour y déceler la présence de ravageurs des denrées entreposées adultes (bien qu'ils soient difficiles à repérer sur le terrain) en procédant à une inspection visuelle visant à trouver des ravageurs des denrées entreposées adultes, et en installant des pièges qui seront surveillés. Les pièges acceptables incluent les pièges à eau et à lumière noire, le ruban attrape-mouches et les panneaux collants. Ces organismes nuisibles sont difficiles à identifier sur le terrain, car les abeilles adultes présentent peu de signes visibles de leur présence.

CCTC = Canadian Cocoon Testing Centre – Le système canadien de gestion des élevages apicoles à cellules libres

Lignes directrices relatives aux seuils

Une fois les résultats obtenus, se reporter à ses propres seuils de traitement pour décider des mesures à prendre. Bien qu'il n'existe pas de seuil standard pour les organismes nuisibles touchant la découpeuse de la luzerne, voici quelques exemples de la façon dont on peut établir de tels seuils :

  • Si la présence de couvain plâtré/moisissures foliaires est confirmée, traiter :
    • les cellules (> 0 %)
    • les matériaux de nidification et les plateaux (> 0 %)
    • les abris, les installations d'entreposage, les salles d'incubation et le matériel de traitement (> 0 %)
  • Si la présence de parasites chalcidiens est confirmée, procéder ainsi :
    • Utiliser les pesticides recommandés dans les installations d'entreposage et d'incubation (> 0 %).
    • Utiliser des pièges dans les installations d'entreposage et d'incubation (> 0 %).
    • Implanter des mesures de contrôle environnemental dans les installations d'entreposage (> 0 %).
  • Si la présence de ravageurs des denrées entreposées est confirmée, procéder ainsi :
    • Utiliser un pesticide ou des pièces dans les installations d'entreposage (> 0 %).
    • Implanter des mesures de contrôle environnemental dans les installations d'entreposage (> 0 %).

Tenue des registres

Les systèmes de gestion efficaces incluent la tenue de registres sur les données suivantes :

  • Registres d'échantillonnage et de tests, incluant les résultats des tests
  • Observations sur les parasites et les insectes nuisibles

1.5 Plan d’intervention standard

Objectifs

Un plan d'intervention standard englobant des seuils de traitement, des options et des plans de rotation, des procédures de notification, la tenue de registres et des mesures de suivi est en place

Description

Termes clés

L'intervention, comme l'élimination, les méthodes culturales et les traitements appropriés, vise à prévenir, éliminer ou réduire les niveaux d'infection et d'infestation chez la découpeuse de la luzerne.

L'intervention standard est une intervention ciblant un organisme nuisible communément rencontré dans l'exploitation ou la région. L'application d'un plan d'intervention standard est déclenchée lorsque la présence d'un organisme nuisible a été confirmée ou lorsque le niveau d'infection ou d'infestation a atteint un seuil de traitement.

L'intervention d'urgence est traitée à la section suivante. Un plan d'intervention d'urgence est mis en œuvre lorsque la présence d'une maladie, d'un parasite ou d'un organisme nuisible exotique ou peu familier présentant un risque élevé est soupçonnée ou confirmée dans une exploitation apicole.

Le plan d'intervention prévoit l'application de mesures d'isolement ou d'élimination du matériel, l'administration de traitements culturaux ou pesticides, ou le recours à des procédures de communication et de notification.

Un plan d'intervention standard repose sur les pratiques suivantes :

  • se tenir au courant des pratiques relatives à la lutte antiparasitaire.
  • connaître les facteurs environnementaux susceptibles de compromettre l'efficacité des traitements.
  • comprendre et suivre les instructions figurant sur l'étiquette des produits antiparasitaires utilisés.
  • connaître le moment et la portée des traitements.
  • assurer une rotation des traitements et les faire alterner.
  • combiner les traitements à des procédures d'assainissement et de désinfection afin de prévenir de nouvelles expositions.
  • tenir un registre des traitements effectués et des résultats obtenus.

La préparation d'un plan d'intervention exige que les éleveurs et leurs employés suivent une formation sur les procédures nécessaires à la mise en œuvre du plan et sur le moment et la façon de communiquer avec le spécialiste de la découpeuse de la luzerne.

Méthode biologique : Méthode de lutte contre un organisme nuisible au moyen d'un autre organisme; par exemple, par la prédation, par le parasitisme ou par un agent pathogène.

Méthode chimique : Méthode de lutte contre un organisme nuisible à l'aide de produits chimiques.

Contaminé : Présence d'un agent pathogène, d'un parasite vivant ou d'un insecte nuisible sur une surface ou dans les débris et pouvant être transmis directement ou indirectement à un organisme hôte vivant (p. ex. abeille ou couvain).

Méthode mécanique : Méthode de gestion des organismes nuisibles sans produit chimique (p. ex. barrières ou pièges).

Méthode physique : Méthode de gestion des organismes nuisibles sans produit chimique (p. ex. chauffage).

Fumigant : Méthode de lutte contre les organismes nuisibles fonctionnant à l'étape gazeuse (vapeur) (p. ex. paraformaldéhyde).

Piège : Dispositif destiné à attirer les insectes nuisibles.

Pesticide synthétique : Pesticide fabriqué de façon synthétique (p. ex. bandes de résine contenant du dichlorvos, paraformaldéhyde).

Risques

Le fait de ne pas mettre en place un plan d'intervention standard prévoyant l'application des procédures de traitement recommandées conformément aux instructions figurant sur l'étiquette comporte les risques suivants :

  • réduction de l'efficacité ou échec des traitements
  • accélération de la propagation des maladies, parasites ou des insectes nuisibles au sein de l'exploitation et des exploitations voisines
  • augmentation du risque de réinfection ou de nouvelle infestation

Pratiques recommandées

Le présent guide n'a pas pour but de détailler les recommandations liées aux traitements.

La principale pratique recommandée dans le plan d'intervention standard est de se renseigner sur les recommandations des spécialistes de la découpeuse de la luzerne, des associations provinciales ou des ministères provinciaux concernant l'apiculture et de s'y conformer. En d'autres termes, l'apiculteur doit se tenir au courant des nouvelles homologations de produits, des modifications apportées au mode d'emploi des produits homologués et aux seuils de traitement, et des nouvelles pratiques de lutte culturale. Certaines associations publient leurs recommandations sous forme de fiches techniques ou de bulletins qui sont mis à jour lorsque c'est nécessaire. L'apiculteur peut consulter un spécialiste des découpeuses de la luzerne si sa province ne publie pas de recommandations.

1. Principes régissant l'application des traitements chimiques

  1. Respecter les seuils de traitement pour sa propre exploitation.
  2. Lire soigneusement les instructions figurant sur l'étiquette avant d'appliquer un produit de lutte contre les organismes nuisibles aux abeilles :
    1. Utiliser les produits chimiques et les autres produits de traitement à la dose d'application ou à la concentration recommandée.
    2. N'utiliser que les produits homologués pour l'utilisation qu'on veut en faire.
    3. Prendre en compte les contraintes liées à la température ou à l'humidité concernant les traitements.
    4. Éliminer les produits de traitement (p. ex. lanières pesticides) conformément aux instructions figurant sur l'étiquette.
    5. Ne pas utiliser de produits périmés.
    6. Prendre toutes les précautions (équipement, vêtements de protection) recommandées sur l'étiquette lors du mélange et de l'application des produits antiparasitaires.
  3. Être minutieux et uniforme. Traiter toutes les abeilles de la même manière.
  4. Procéder à l'application au moment opportun, en particulier s'il s'agit d'un traitement dans la salle d'incubation, afin d'éviter de nuire aux abeilles.
  5. Utiliser des produits chimiques au lieu de recourir à des méthodes culturales ou à des méthodes d'assainissement ou de désinfection ou, lorsque c'est possible, à une combinaison de toutes ces méthodes.

2. Technique de lutte contre certains organismes nuisibles spécifiques

Le tableau 3 décrit les techniques de lutte contre le couvain plâtré, les moisissures foliaires, les chalcidiens parasitoïdes et les ravageurs des denrées entreposées.

Tableau 3 - Techniques de lutte
Couvain plâtré et moisissures foliaires Parasites chalcidiens Ravageurs des denrées entreposées
  • La meilleure défense culturale contre la maladie est de limiter les facteurs de susceptibilité et d'éviter l'exposition aux risques pour la biosécurité.
  • Les techniques culturales pour lutter contre la maladie sont également abordées aux sections 1.1 à 1.3, 2.3, 2.4 et 2.6. Ces techniques supposent un équipement d'identification, de désinfection ou d'élimination.
  • L'inspection de routine des blocs et des matériaux de nidification, et le remplacement régulier des blocs de nidification endommagés sont efficaces pour réduire les insectes nuisibles.
  • La désinfection des cellules, du matériel apicole, des plateaux, des abris, du matériel de traitement et des installations peut lutter efficacement contre les agents pathogènes. L'annexe D détaille les techniques de désinfection.

Les techniques culturales ne peuvent pas à elles seules à éliminer la nécessité d'un traitement chimique, mais peuvent porter les niveaux de parasites sous le seuil de traitement :

  1. Utiliser des blocs de nidification neufs ou bien entretenus.
  2. Éliminer les blocs de nidification endommagés.
  3. Attacher solidement les blocs de nidification au matériel de couverture du fond des nids et aux panneaux au moyen de courroies.
  4. S'assurer que la température se maintienne entre 4°C à 10°C dans le lieu d'entreposage des cellules. Si les niveaux de parasites chalcidiens sont élevés, s'en tenir aux températures les plus fraîches de cette fourchette pour restreindre le développement des parasites.
  5. Utiliser des pièges à lumière noire et à eau.
  6. Surveiller l'émergence d'une deuxième génération plus tard dans le cycle d'incubation, et écraser ou aspirer les adultes.

En cas de traitement au moyen de bandes de résine contenant du dichlorvos :

  1. Assurer une circulation d'air adéquate dans les installations d'entreposage et les salles d'incubation.
  2. Empiler les blocs de nidification et les plateaux, et utiliser des plateaux grillagés pour permettre une circulation d'air adéquate.
  3. Assurer la suppression à temps du pesticide durant l'incubation, car les abeilles exposées aux bandes de résine contenant du dichlorvos peuvent mourir.
  4. Conserver les cellules dans les plateaux à des profondeurs allant de 1 à 1,5 pouces.

Les techniques culturales ne peuvent pas à elles seules à éliminer la nécessité d'un traitement chimique, mais peuvent porter les niveaux d'organismes nuisibles sous le seuil de traitement :

  1. Utiliser des blocs de nidification.
  2. Éliminer les blocs de nidification endommagés.
  3. Attacher solidement les blocs de nidification au matériel de couverture du fond des nids et aux panneaux au moyen de courroies.
  4. S'assurer que la température se maintienne entre 4°C à 10°C dans le lieu d'entreposage des cellules. Si les niveaux de ravageurs des denrées entreposées sont élevés, s'en tenir aux températures les plus fraîches de cette fourchette pour restreindre le développement des organismes nuisibles.
  5. Utiliser des pièges à lumière noire et à eau.
  6. Utiliser des rubans attrape-mouches, des panneaux collants et d'autres méthodes mécaniques pour lutter contre les ravageurs des denrées entreposées adultes.

En cas de traitement au moyen de pesticides :

  1. assurer une circulation d'air adéquate dans les installations d'entreposage et les salles d'incubation.
  2. empiler les blocs de nidification et les plateaux de façon à permettre une circulation d'air adéquate.

Tenue des registres

Les systèmes de gestion efficaces incluent la tenue de registres sur les données suivantes :

  • Traitement des abeilles, du matériel apicole, des bâtiments et des autres équipements.

1.6 Plan d'intervention d'urgence

Objectifs

Un plan d'intervention d'urgence est établi, et les modalités de sa mise en œuvre sont bien comprises.

Description

Un plan d'intervention d'urgence est mis en œuvre lorsque la présence d'une maladie exotique ou peu familière, d'un parasite ou d'un insecte nuisible présentant un risque élevé est soupçonnée ou confirmée. À ce jour, aucun risque de ce type n'a été signalé pour la découpeuse de la luzerne, mais le fait de savoir quoi faire si un problème grave nouveau se présente pourra atténuer son impact sur l'exploitation touchée et l'industrie dans son ensemble.

La mise en œuvre d'un plan d'intervention d'urgence est déclenchée dans les situations suivantes :

  • des alertes avisant les producteurs de l'introduction au pays ou de la découverte dans une province ou une région d'un organisme nuisible exotique sont émises par les gouvernements fédéral ou provinciaux ou des associations de producteurs.
  • des rapports informels font état de taux d'infection ou d'infestation inhabituels ou anormalement élevés. Ces rapports peuvent émaner de producteurs voisins, de producteurs qui déploient des abeilles pour pollinisation à forfait près d'où vos abeilles sont déployées, d'agriculteurs chez qui vos abeilles sont déployées, ou de fournisseurs de services de pollinisation à forfait.
  • la présence d'une maladie, d'un parasite ou d'un insecte nuisible dans une exploitation est confirmée par un spécialiste de la découpeuse de la luzerne, une association provinciale ou l'apiculteur provincial.
  • lorsqu'il est observé chez les abeilles un changement d'effectif, d'activité ou autres que le producteur ne peut facilement expliquer ou n'a jamais vu auparavant.
  • lorsque sont observés des signes de maladie ou la présence d'un parasite ou d'un insecte nuisible, que le producteur n'a jamais vu auparavant.
  • un traitement dirigé contre un organisme nuisible n'a pas donné les résultats escomptés. Cela pourrait être dû à une identification erronée de l'organisme nuisible en cause, ou au fait que la technique ou les conditions d'administration du traitement n'étaient pas optimales.

Termes clés

Quarantaine : Ordonnance particulière visant une exploitation, un stock d'abeilles ou des équipements précis émise par une autorité reconnue dans le but de prévenir toute propagation additionnelle d'un problème sanitaire ou de détecter un risque préoccupant. Remarque : aucun scénario de quarantaine n'a été établi pour la découpeuse de la luzerne, mais l'apparition d'un nouveau risque pourrait inciter l'industrie à élaborer des ordonnances de quarantaine.

Zone de quarantaine : Zone désignée par une autorité reconnue, ou une personne désignée, à l'intérieur de laquelle l'industrie et/ou le gouvernement appliquent des mesures supplémentaires dans le but de prévenir toute propagation additionnelle d'un problème sanitaire ou de détecter un risque préoccupant.

Autorité reconnue : Une autorité reconnue peut être par exemple un service d'un gouvernement provincial, comme le service de l'apiculture, ou une administration de comté ou de municipalité.

L'ordonnance de quarantaine précise les limites de la zone de quarantaine établie, les raisons justifiant l'établissement d'une telle zone, les mesures qui doivent être prises et les activités permises et interdites. L'ordonnance de quarantaine demeure en vigueur jusqu'à sa levée par l'autorité réglementaire compétente.

Risques

Le fait de ne pas disposer d'un plan d'intervention d'urgence comportant des exigences en matière de notification et de communication avec les autres producteurs ainsi que des procédures de traitement recommandées, insistant sur la nécessité de respecter les directives des étiquettes des produits, présente les risques suivants :

  • pertes économiques importantes si vous n'êtes pas en mesure de prendre rapidement des mesures appropriées ou si aucun traitement n'est disponible;
  • émission d'une ordonnance de quarantaine prolongée ciblant les champs, les installations ou toute zone touchée;
  • perturbation des achats ou ventes d'abeilles et d'équipements ainsi que du transport des abeilles en fonction des zones de quarantaine établies.

Pratiques recommandées

Un plan d'intervention d'urgence doit inclure les éléments suivants :

1. Communication et notification

Le plan comporte des communications avec les groupes suivants :

  1. le personnel de l'exploitation;
  2. l'association provinciale de l'industrie apicole, un spécialiste de la découpeuse de la luzerne, l'apiculteur provincial, s'il en existe;
  3. les fournisseurs ou les clients d'abeilles ou d'équipements susceptibles de transmettre le risque;
  4. les autres apiculteurs pouvant être touchés par la propagation de la maladie, du parasite ou de l'insecte nuisible;
  5. les agriculteurs qui utilisent vos abeilles dans leurs champs ou les fournisseurs de services de pollinisation à forfait.

Aux fins des communications :

  1. le plan comprend un annuaire à jour accessible des personnes-ressources, de leurs adresses de courriel et de leurs numéros de téléphone;
  2. le principal élément déclencheur qui incite le producteur à communiquer avec les services gouvernementaux est l'obligation réglementaire de signaler les risques à notification immédiate. (Remarque : il n'existe pas de risques à notification immédiate pour le moment, mais il pourrait en exister à l'avenir.)

2. Protocole de gestion des abeilles

  1. Si un risque est soupçonné, mais n'a pas encore été confirmé, les mesures suivantes doivent être prises :
    1. contacter l'association provinciale de l'industrie apicole, un spécialiste de la découpeuse de la luzerne, et l'apiculteur provincial, s'il en existe.
    2. suspendre tous les déplacements planifiés d'abeilles et d'équipements.
    3. restreindre l'accès aux installations ou aux champs soupçonnés d'être infestés ou infectés.
    4. suspendre les ventes d'abeilles et d'équipements (le cas échéant).
    5. vérifier dans les registres s'il existe d'autres lots d'abeilles qui sont issus de la même source que celle dont sont issues les abeilles soupçonnées d'être infestées ou infectées, ou qui ont été traités d'une manière similaire.
    6. intensifier la surveillance et accroître la fréquence des inspections et des échantillonnages.
    7. installer des pièges, si possible.
    8. exiger de tous les producteurs et de leurs employés qui entrent dans les secteurs où le risque a été contenu ou en sortent qu'ils enlèvent leurs vêtements de protection et leurs chaussures, et les remplacent par des vêtements et des chaussures de rechange.
    9. prendre des précautions additionnelles pour désinfecter par exemple les véhicules, les chariots-élévateurs, les filets, les installations, le matériel apicole et l'équipement de protection personnelle après chaque manipulation d'abeilles et de cellules d'abeilles infestées ou infectées et de matériel apicole contaminé.
  2. Lorsqu'un risque est confirmé, les procédures additionnelles suivantes doivent être suivies :
    1. appliquer le plus rapidement possible les mesures recommandées de destruction, d'élimination ou de traitement.
    2. étendre les traitements à toutes les abeilles et cellules d'abeilles de l'exploitation, selon le risque.
    3. intensifier la lutte culturale, selon les besoins.

3. Protocoles de quarantaine

  1. Respecter toutes les exigences de l'ordonnance de quarantaine ou se rattachant à la zone de quarantaine établie, concernant par exemple :
    1. les restrictions de déplacement;
    2. l'obligation d'obtenir une autorisation officielle avant de déplacer des abeilles, des cellules d'abeilles et de l'équipement;
    3. les protocoles précis de destruction et d'élimination;
    4. la tenue de registres.

4. Protocole concernant les visiteurs

  1. Tenir un registre indiquant les renseignements suivants concernant chaque visiteur :
    1. nom
    2. organisation
    3. téléphone, courriel, adresse postale
    4. lieu de travail ou de résidence
    5. provenance et destination
    6. but de la visite
    7. date et heure de la visite
  2. Exiger de tous les visiteurs qui entrent dans les installations ou en sortent qu'ils inspectent ou enlèvent leurs vêtements de protection et nettoient leurs chaussures, et leur fournir des vêtements et des chaussures de rechange.

5. Signalisation

  1. Respecter les exigences en matière de signalisation relatives à l'identification des limites de la zone de quarantaine.
  2. Installer des panneaux indicateurs rappelant aux membres du personnel et aux visiteurs les précautions additionnelles à prendre aux points d'entrée et de sortie.
  3. Marquer comme tels les abris, champs ou bâtiments infectés ou infestés ou soupçonnés de l'être.

Tenue de registres

Dans le cadre du plan d'intervention d'urgence, les producteurs doivent tenir une liste de personnes-ressources à contacter en cas de problèmes importants.

Aux fins de mise en œuvre du plan d'intervention d'urgence, les producteurs doivent tenir des registres, notamment un registre des visiteurs.

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