Norme nationale de biosécurité pour les fermes canadiennes de bovins de boucherie
Principe 1 : Gestion et réduction au minimum des risques liés aux mouvements des animaux

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Les mouvements des animaux sont l'un des moyens les plus fréquents de propager des maladies dans l'industrie des bovins de boucherie. Les moyens les plus importants sont entre autres :

  • Le mélange d'animaux : mélanger des animaux provenant de sources différentes. En voici quelques exemples :
    • acquérir des animaux provenant de plusieurs sources, comme dans les parcs d'engraissement;
    • mettre les animaux en contact avec des animaux provenant de plusieurs sources, comme dans des pâturages communautaires.
  • Animaux à risque élevé : animaux dont la probabilité d'être atteints d'une maladie est plus élevée ou inconnue. Les exemples comprennent notamment :
    • un état de santé inconnu;
    • un troupeau différent, ou qui revient après avoir été séparé du troupeau;
    • un état malade ou ayant récemment récupéré;
    • une espèce différente.
  • Les animaux hautement susceptibles : ceux dont le risque de contracter une maladie est le plus élevé. Ceux-ci comprennent :
    • les veaux et les jeunes animaux;
    • les animaux malades ou ayant récemment récupéré;
    • les animaux dont le système immunitaire est diminué ou affaibli;
    • le bétail n'ayant pas été vacciné précédemment.

Ces mouvements contribuent grandement aux maladies présentes dans l'industrie des bovins de boucherie. Ils sont aussi un élément important de la plupart des exploitations de bovins de boucherie, de même que pour l'ensemble de l'industrie.

Bien qu'il soit peu pratique de suggérer d'éviter ces mouvements, les producteurs devraient être conscients que :

  • des risques sont associés à ces formes de déplacements des animaux;
  • ils peuvent gérer ces risques à l'aide des pratiques suggérées dans les sections suivantes.

1A. Gestion du risque associé au mélange d'animaux

Le mélange d'animaux est une pratique courante connue de la plupart des producteurs de bovins de boucherie. Cette pratique consiste à mélanger les animaux provenant d'une exploitation à ceux d'une autre. En voici des exemples : placer les animaux dans un champ appartenant à la Couronne ou dans des pâturages communautaires, les expositions, les ventes aux enchères, les tests sur les taureaux, les parcs d'engraissement, la semi-finition ou autres.

La plupart des producteurs connaissent la pratique du mélange d'animaux, et celle-ci fait partie intégrante de nombreuses, voire la plupart des exploitations. Les renseignements contenus dans cette section visent à éduquer et informer les producteurs quant aux risques associés au mélange d'animaux, tout en suggérant aux producteurs des pratiques qui pourraient diminuer l'incidence de ces risques dans leur propre exploitation.

1A.1. Isoler les animaux introduits, et, lorsque justifié, les vacciner, les tester ou les traiter

Pourquoi est-ce important?

Les bovins introduits peuvent transporter ou propager des maladies, même s'ils semblent cliniquement sains, et surtout s'ils ont été exposés aux animaux d'autres troupeaux ou s'ils sont stressés pendant le sevrage, le mélange, le transport, entre autres.

  • La ségrégation protège le reste du troupeau en permettant de détecter les maladies chez les animaux introduits. Elle protège aussi les animaux introduits des maladies présentes dans le reste du troupeau jusqu'à ce que les stratégies d'atténuation comme la vaccination prennent effet.
  • On utilise la vaccination afin d'augmenter l'immunité des animaux introduits contre les maladies qui pourraient être présentes dans le troupeau ou l'environnement.
  • Les tests de détection peuvent aider à relever les risques de maladie qui existent chez les animaux introduits. Une fois que ces risques sont relevés, ils peuvent être gérés et traités de manière à réduire les risques de maladie pour les animaux et le troupeau.

Pratiques suggérées de gestion du risque

a. Déterminez votre tolérance au risque

La première étape est d'établir de façon claire le degré de risque à la santé de votre troupeau résident que vous êtes en mesure d'accepter et de gérer. Le degré de risque variera et sera déterminé, entre autres, par :

  • le type de troupeau que vous entretenez – race enregistrée ou croisée;
  • les pratiques de gestion de la ferme;
  • les connaissances spécialisées du producteur;
  • les défis en matière de production, notamment les maladies présentes;
  • les objectifs établis par le producteur.

La tolérance au risque des producteurs de troupeaux de pure race qui obtiennent leurs principaux revenus de la vente d'animaux reproducteurs sera plus basse que dans le cas d'une exploitation de semi-finition ou de parcs d'engraissement.

b. Déterminez et évaluez les risques

Établissez les risques d'exposition aux maladies et de transmission, puis déterminez s'ils concernent les animaux introduits ou le troupeau résident.

Une fois que ces risques sont relevés, déterminez quelles stratégies de gestion peuvent être utilisées pour les atténuer. Est-ce que les risques peuvent être :

  • évités
  • diminués
  • acceptés

Certains risques peuvent être acceptés et gérés à l'aide de pratiques comme la ségrégation, en combinaison avec la vaccination, les tests de détection et les traitements. Cette approche a fait preuve de succès chez les parcs d'engraissement.

Ces risques peuvent aussi être évités jusqu'à un certain point, par exemple en utilisant certaines pratiques d'achat qui limitent les sources d'animaux introduits. Il s'agit d'un élément d'une approche efficace utilisée par de nombreuses exploitations vaches-veaux.

Certaines, et possiblement de nombreuses, exploitations combineront des pratiques de prévention et de réduction des risques. Dans ce cas, l'exploitation pourrait utiliser des pratiques d'achat, de même que des pratiques de ségrégation, de vaccination, de tests et de traitements. Cette approche intégrée s'applique avec succès aux exploitations vaches-veaux et de race pure.

L'approche adéquate à utiliser pour une exploitation en particulier changera selon divers facteurs, notamment les risques, l'environnement, le type d'exploitation, entre autres. Les producteurs doivent prendre le temps d'évaluer régulièrement ces facteurs avec l'aide de leur médecin vétérinaire, et relever les pratiques les plus utiles pour leur exploitation.

Aux fins de biosécurité, les pratiques de gestion des risques de maladie intègrent les principes de : prévention, de réduction et d'acceptation.

Les pratiques adéquates dépendront des coûts et des avantages reliés à une exploitation en particulier.

c. Élaborer un « plan sur les animaux introduits »

Afin d'être uniforme et efficace, élaborez un « Plan sur les animaux introduits » qui intègre la ségrégation et les pratiques de vaccination, de tests de détection et de traitement qui concernent votre exploitation. Consultez les dossiers médicaux, vos employés et votre médecin vétérinaire pour connaître les maladies dont vous devez vous préoccuper et les vaccins, les tests et les traitements appropriés, ainsi que leurs limites. Pour savoir à quoi peut ressembler un plan sur les animaux introduits, consultez l'annexe 3.

d. Examinez vos pratiques d'achat

Utilisez des pratiques d'achat pour limiter les risques d'introduction de maladies chez le nouveau bétail. Un « troupeau fermé » sans y introduire d'animaux peut être idéal, mais est peu pratique pour la plupart des exploitations.

Songez à la classe, à la source, au moment et à la fréquence nécessaires des achats. Par exemple, des risques importants peuvent provenir de l'achat de taureaux non testés ayant déjà été utilisés aux fins de reproduction, l'achat de [veaux d'adoption] ou de vaches non saillies.

  • De nombreuses exploitations limitent leurs achats à certaines catégories d'animaux, p. ex. taureaux vierges, vaches pleines ou génisses.
  • Certains producteurs choisissent de gérer les risques en limitant le nombre ou le type de sources desquelles ils achètent, p. ex. seulement de sources connues, seulement de deux ou trois emplacements, ou directement auprès d'un éleveur (troupeau d'origine).
  • Les producteurs peuvent restreindre les introductions à certaines périodes de l'année où le risque peut être réduit, ou à seulement quelques moments par années où ils peuvent surveiller étroitement les résultats.
  • Enfin, pour les exploitations de race pure, améliorer et augmenter la taille du troupeau à l'aide de l'insémination artificielle et de transfert d'embryon diminuera l'exposition aux maladies.
e. Planifiez l'arrivée à la ferme

Planifiez l'endroit où les animaux sont déchargés afin de minimiser l'exposition aux autres bovins. Idéalement, les camions devraient effectuer le déchargement sans entrer dans la zone de production.

f. Ségréguez les animaux introduits

Ségréguez du troupeau tous les animaux introduits dès leur arrivée, qu'ils soient nouveaux ou en retour. Cette pratique comporte une séparation et une surveillance régulière sur une longue période.

  • Les enclos de ségrégation devraient être près du débarcadère, et on devrait y avoir accès sans qu'il y ait exposition au troupeau.
  • Les enclos de ségrégation devraient mettre à part les animaux introduits de manière physique, spatiale et procédurale afin d'éviter l'exposition au troupeau. Évitez de propager des maladies d'un groupe à l'autre, que ce soit un contact par fugue, par utilisation du même périmètre ou nez à nez, par équipement commun, vêtements, chaussures, employés, animaux de compagnie, animaux sauvages ou autre. Pensez à utiliser des vêtements, des bottes et de l'équipement désignés. Les enclos devraient être physiquement écartés du reste de la zone de production; à une distance importante du troupeau afin d'éviter la propagation aérienne, p. ex. 60 mètres ou plus. Remarque: La distance varie en fonction de la maladie. Les procédures doivent minimiser l'exposition; à l'aide d'équipement ou d'employés différents.
  • Les animaux mis à part devraient faire régulièrement l'objet d'une surveillance pour détecter les maladies pendant une période prolongée. Idéalement, cette période comporte une observation deux fois par jour, possiblement davantage, selon les maladies préoccupantes ou si on détecte une maladie.
  • Les employés qui surveillent les animaux mis à part devraient connaître les signes de la maladie, les traitements et les interventions contre les maladies préoccupantes. Lorsque les animaux mis à part manifestent des signes de maladie, il faut utiliser ces mesures.
g. Vacciner, tester et traiter, le cas échéant

Vaccinez ou testez les animaux introduits au commencement de la période de ségrégation. Cette procédure devrait avoir lieu après avoir laissé les animaux s'ajuster à leur milieu pendant la nuit et avant d'être qu'ils soient introduits dans le troupeau. Dans certains cas, il serait avisé de l'effectuer avant que l'animal n'arrive à la ferme, p. ex. une condition pour la vente.

Traitez les animaux introduits pour détecter les parasites internes et externes au début de la période de ségrégation. Dans certains secteurs, ces parasites jouent un rôle important dans la propagation de certaines maladies à transmission vectorielle.

Tous les vaccins, les tests et les traitements pour la santé doivent être consignés, idéalement pour chaque animal. Ces renseignements, conservés dans le Registre de la santé, peuvent aussi être utilisés pour informer les propriétaires subséquents.

h. Considérations supplémentaires

Voici d'autres aspects à prendre en considération par rapport aux animaux introduits :

  • Les animaux en santé ou hautement susceptibles d'abord : Surveillez, nourrissez et manipulez les animaux jeunes ou en santé avant les animaux mis à part, malades ou âgés. Cette pratique aide à éviter la propagation des maladies.
  • Faites les introductions au même moment : Le bétail mis à part ensemble devrait être ajouté au troupeau ensemble. Ce principe aide à diminuer le stress est les maladies qui en découlent.
  • Faites du nettoyage et, au besoin, désinfectez après l'utilisation : Faites du nettoyage et, au besoin, désinfectez les bâtiments de ségrégation après leur utilisation, notamment les distributeurs de fourrage et les abreuvoirs, surtout si une maladie était présente.

Une stratégie tous dedans, tous dehors peut fonctionner dans certains cas, p. ex. parcs d'engraissement plus petits, tests pour les taureaux ou cours de sous-finition. Dans les parcs d'engraissement plus larges, il est peu pratique de remplir et de vider tout le parc à la fois. Toutefois, une stratégie tous dedans, tous dehors, peut être utilisée en regroupant les animaux d'un type particulier et de date d'acquisition précise dans la même rangée ou la même partie des enclos, et en les expédiant au même moment. Dans un cas comme dans l'autre, les animaux devraient être conservés dans leurs groupes d'achat autant que possible afin d'éviter d'avoir à faire un tri dans des enclos possédant des dates d'acquisition différentes.

Les exigences en matière de biosécurité pour les animaux malades sont semblables à celles concernant les animaux mis à part. Il est toutefois important de disposer de bâtiments distincts pour la ségrégation et pour les animaux malades, afin d'empêcher les maladies d'être transmises aux nouveaux bovins.

Consultez les résultats visés 1A.2, 4.3, 4.4 et 4.5 pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le sujet.

1A.2. Obtenir et partager les renseignements sur les animaux mélangés avec les anciens et les futures propriétaires

Pourquoi est-ce important?

Échanger des renseignements sur la santé du troupeau est bénéfique aux producteurs (y compris aux acheteurs et aux vendeurs). Connaître les antécédents en matière de santé des animaux mélangés, y compris du troupeau desquels ils sont tirés, peut :

  • éviter ou diminuer l'introduction de maladies et d'autres problèmes de santé possibles dans le troupeau ou chez les animaux introduits;
  • garantir que les vaccins ou les tests adéquats sont administrés et éviter les coûts inutiles des dédoublements.

Il est aussi utile de faire des comptes rendus, et de faire connaître aux vendeurs les problèmes qui pourraient s'être développés sous leurs soins et les changements qu'ils pourraient devoir faire en matière de gestion. Au final, ces pratiques sont bénéfiques pour les animaux par l'entremise d'une meilleure santé et d'un bien-être plus grand.

Enfin, le fait de fournir ces renseignements en tant que pratique habituelle peut avoir une incidence sur les décisions d'achat, et protéger les relations entre l'acheteur et le vendeur, ce qui est important dans n'importe quel commerce.

Pratiques suggérées de gestion du risque

a. Déterminez et évaluez les risques

Examiner les renseignements sur la santé qui concernent les animaux introduits peut aider à relever les risques de maladie possibles. Ceux-ci peuvent toucher les animaux introduits ou le troupeau qu'ils joignent.

b. Les renseignements en matière de santé suivent les animaux

Des renseignements sur la santé devraient accompagner le mouvement de tous les animaux qui ont été mélangés. Idéalement, les renseignements accompagneraient le mouvement de tous les nouveaux achats, particulièrement les animaux reproducteurs, bien que l'on mette l'accent sur les animaux mélangés, puisque les risques à la santé sont plus grands.

Les renseignements peuvent être offerts sur tous les transferts ou toutes les transactions. S'ils ne sont pas offerts pendant le processus de transaction, ils devraient être demandés.

Les renseignements qui avantagent l'acheteur et la santé des animaux, de même que leur bien-être, comprennent : l'état de vaccination, les maladies auxquelles ils ont été exposés (éclosions de maladie à la ferme ou dans le pâturage communautaire), les traitements récents à l'échelle du troupeau et des individus.

c. Registres d'expédition

Idéalement, ces renseignements liés à la santé seraient consignés par écrit pour le nouveau propriétaire. Un Registre d'expédition peut être utile en ce sens, et un exemple est offert à l'annexe 6. Certains programmes offrent des outils en ligne afin de partager des renseignements qui pourraient aussi être utiles au nouveau propriétaire.

d. Effectuez des traitements contre les risques à la santé connus

Les animaux mélangés qui ne sont pas accompagnés de renseignements sur la santé représentent un enjeu fréquent et difficile à évaluer pour les producteurs. De nombreuses pratiques de mélange sont fréquentes dans l'industrie et ont peu de chances de changer. Cela étant dit, les animaux mélangés sont accompagnés de risque accru à la santé, parce qu'ils ont été exposés à tous les risques du groupe en matière de santé. Les producteurs peuvent lutter contre ce risque en les traitant contre les risques connus en matière de santé du groupe dans lequel ils ont été mélangés.

Le fait d'utiliser les pratiques de biosécurité de cette façon permet aux producteurs de gérer efficacement les risques en matière de santé associés à la pratique commerciale courante de recevoir des animaux mélangés. L'application des pratiques de biosécurité sur l'introduction aux parcs d'engraissement gère efficacement les risques à la santé des bovins qui proviennent de sources mélangées. Cette pratique a joué un grand rôle dans la croissance du secteur des parcs d'engraissement au cours des 20 dernières années. Consultez les résultats visés 1.A.1, 1B.2 et 4.5 pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le sujet.

1A.3. Minimiser, si possible, les contacts avec des animaux d'autres espèces et d'autres exploitations

Pourquoi est-ce important?

Les autres espèces animales (particulièrement les autres ruminants non bovins) peuvent transporter des maladies qui leur provoquent une maladie clinique minime, voire aucune, mais qui ont des retombées importantes sur les bovins. Par exemple, la fièvre catarrhale maligne des bovins peut être présente chez le mouton et la chèvre avec peu de conséquences, mais provoque d'importantes préoccupations si elle est introduite chez les bovins.

Les bovins des autres exploitations constituent un autre risque, puisqu'ils peuvent avoir été exposés à une maladie qui n'est pas présente ou gérée dans le troupeau. Dans ce cas, les contacts peuvent introduire une maladie qui n'est pas gérée, et contre laquelle le troupeau n'est pas protégé. Par exemple, la BVD peut être gérée dans une exploitation, mais la maladie peut être introduite par contact avec un troupeau où la maladie n'est pas présente ou gérée.

Le contact entre des animaux dans les deux cas exposerait le troupeau à des maladies dont la présence est inconnue du producteur, provenant :

  • d'animaux sauvages ou d'élevage;
  • de bovins, de ruminants ou d'autres espèces.

Pratiques suggérées de gestion du risque

a. Déterminez et évaluez les risques

Relevez les moments ou les lieux où les contacts avec des animaux d'autres espèces ou d'autres exploitations sont probables ou inévitables, et essayez de gérer l'exposition qui en découle.

Communiquez avec les propriétaires des exploitations où des contacts se produisent, collaborez afin d'établir des pratiques de biosécurité communes et cernez les endroits où des stratégies supplémentaires de vaccination ou de gestion du risque peuvent être justifiées.

Discutez des risques des contacts entre animaux avec des professionnels, notamment votre médecin vétérinaire, et élaborez des stratégies d'atténuation des risques.

Entretenez les clôtures

Gardez les clôtures en bon état afin de minimiser les contacts avec les autres exploitations. Les contacts près des barrières présentent beaucoup moins de risques que les mélanges dans le même pâturage, surtout si d'autres espèces y sont mêlées.

b. Gérez les pâturages et créez des zones tampons

Créez une zone tampon entre les exploitations. Vous pouvez l'établir à l'aide de chemins, de frontières naturelles, notamment les rivières, de barrières doubles, et même d'animaux plus résistants. Par exemple :

  • Faites paître les animaux hautement susceptibles le plus loin des autres exploitations et des autres espèces.
  • Coordonnez le pâturage avec vos voisins afin de réduire les contacts aux barrières, particulièrement si ceux-ci peuvent comporter d'autres espèces.
  • Laissez une période de jachère entre les rotations de pâturage, particulièrement s'ils comportent d'autres espèces.
c. Gérez les pâturages et les champs partagés

Si votre bétail paît avec celui d'autres exploitations, diverses pratiques pourraient être utiles :

  • Obtenez les renseignements sur la santé des autres troupeaux (consultez 1A.2). Demandez au gestionnaire du pâturage de fournir une copie des exigences en matière de vaccins ou de tests. Assurez-vous que les troupeaux mélangés ont un état de santé et des pratiques de biosécurité semblables.
  • Établissez et maintenez des pratiques de biosécurité communes entre les producteurs qui utilisent le pâturage. Celles-ci pourraient aider à éviter bon nombre de maladies, notamment les maladies vénériennes; et utilisez un grand nombre de pratiques, comme les tests de détection et le tri des taureaux infectés, l'hivernage des taureaux séparément des vaches afin d'éviter les réinfections, n'accepter que les génisses vierges ou les vaches ayant un veau sur pied.
d. Limitez les contacts avec les autres espèces

Évitez le pâturage de différentes espèces dans les mêmes zones de production ou les zones adjacentes. Les producteurs qui gèrent des troupeaux de deux espèces ou plus devraient faire en sorte d'éviter les contacts entre les groupes d'espèces dans les troupeaux.

Autant que possible, contrôlez l'accès des animaux d'autres espèces ou d'autres exploitations à l'eau, aux aliments et aux minéraux.

e. Gérez les contacts avec les animaux sauvages

Autant que possible, limitez les contacts avec les animaux sauvages et les populations d'insectes nuisibles qui peuvent transmettre certaines maladies au bétail et parmi le troupeau. Bien que ce ne soit pas toujours possible à accomplir, il est utile de savoir si des contacts ont lieu avec d'autres espèces, et la façon dont ils se produisent. Les contacts inter-espèces particuliers dont il faut être conscient comprennent :

  • les cerfs et les wapitis sur les sites d'alimentation ou près des zones d'entreposage des aliments pour animaux.

Les oiseaux, par exemple dans les parcs d'engraissement, peuvent difficilement être évités ou contrôlés dans une grande mesure, et bien que l'on ignore leur rôle, ils peuvent être un facteur de transmission chez certaines maladies.

f. Gérez la santé des autres animaux et des animaux de compagnie sur la ferme

Utilisez de bonnes pratiques de biosécurité sur les animaux d'autres espèces. Des normes de biosécurité sont en cours d'élaboration pour les autres espèces d'animaux d'élevage, et celles-ci fournissent de bonnes lignes directrices. Les chiens d'utilité devraient disposer des vaccins actuels et faire l'objet d'une surveillance pour détecter les maladies.

Assurez-vous que les animaux de compagnie ont leurs vaccins à jour, qu'ils sont surveillés pour détecter les maladies et qu'ils sont gardés à l'extérieur de la zone de production.

g. Conseils supplémentaires

Utilisez des pratiques de biosécurité strictes pour les animaux et l'équipement que vous apportez hors du site pour des expositions ou des rodéos. Ces animaux devraient être mis à part du troupeau pour la saison, ainsi que surveillés et gérés afin de minimiser la transmission de maladies. Les remorques et l'équipement utilisés à cette fin peuvent être nettoyés avant de les utiliser pour d'autres animaux.

Consultez les résultats visés 1A.1, 1A.2, 2.3, 2.6 et 2.7 pour lire une discussion supplémentaire par rapport aux animaux sauvages et aux organismes nuisibles.

1B. Gestion des mouvements d'animaux à risque élevé et hautement susceptibles

La plupart des producteurs de bovins de boucherie sont conscients des risques de maladie accrus reliés aux :

Animaux à risque élevé :

  • Le bétail dont l'état immunitaire est inconnu ou sans vaccins antérieurs
  • Les animaux plus âgés atteints de problèmes de santé plus latents ou chroniques (p. ex. maladie de Johne)
  • Les nouveaux animaux de l'exploitation ou ceux d'une autre espèce
  • Les animaux mélangés qui peuvent avoir été exposés à de nouveaux agents pathogènes, y compris les nouveaux animaux ou ceux revenant au troupeau
  • Les animaux malades ou ayant récemment récupéré

Animaux hautement susceptibles

  • Les animaux à faible immunité
  • Les nouveau-nés et les veaux récemment sevrés
  • Les vaches en gestation
  • Le bétail non vacciné
  • Les animaux stressés ou ayant récemment été stressés, notamment les animaux malades ou ayant récemment récupéré, ceux qui ont été transportés récemment ou vendus aux enchères, en âge avancé, de santé générale faible ou ayant une lourde charge parasitaire

Les renseignements fournis dans cette section peuvent suggérer des pratiques qui aideront les producteurs à gérer ces animaux et leurs risques inhérents.

1B.1. Gérer et minimiser les mouvements et les contacts d'animaux à risque élevé et hautement susceptibles

Pourquoi est-ce important?

Les animaux à risque élevé sont plus susceptibles que les autres de propager des maladies, alors que les animaux hautement susceptibles ont une immunité plus faible qui les rend plus susceptibles d'acquérir des maladies que d'autres.

On a prouvé que les activités pouvant stresser le bétail (transport des animaux, traitements, etc.) nuisent davantage à la fonction immunitaire et augmentent la propagation d'agents pathogènes. Par conséquent, le mouvement des animaux à risque élevé et hautement susceptibles augmente la possibilité de transmission de maladie.

Pratiques suggérées de gestion du risque

a. Déterminez et évaluez les risques

Soyez au courant de l'état de santé de vos animaux et de ceux introduits dans le troupeau. Plus particulièrement, les producteurs devraient savoir quels individus ou groupes sont le plus susceptibles d'être porteurs de maladies, et lesquels sont le plus susceptibles de contracter une maladie.

Ce sont des facteurs auxquels songer pour toute nouvelle transaction et pour tout animal qui entre en contact avec les vôtres.

Votre vétérinaire pourrait vous offrir plus de renseignements sur le sujet.

b. Évitez de déplacer ces animaux

Évitez de déplacer les animaux appartenant à ces groupes.

Diminuez leurs contacts directs ou indirects avec le reste du bétail, qu'il s'agisse de vos animaux ou de ceux de quelqu'un d'autre, autant que vous le pouvez.

c. Divulguez les préoccupations liées à la santé

La divulgation des problèmes de santé connus peut être un élément du processus de transaction. Évidemment, le principe « Acheteurs, prenez garde » devrait rester un élément nécessaire de chaque transaction, toutefois les préoccupations connues liées à la santé devraient être divulguées du vendeur à l'acheteur, et les vendeurs devraient éviter de « s'en débarrasser », puisque cette pratique perpétue et, bien souvent, amplifie le problème.

d. Exécutez les traitements rapidement

Traitez rapidement le bétail qui présente des signes de maladie afin de diminuer la possibilité d'exposition des animaux susceptibles.

e. Nettoyez et désinfectez

Nettoyez et, le cas échéant, désinfectez l'équipement entre les utilisations sur des groupes d'âges et de production différents. Ceci peut comprendre l'équipement de manipulation ou vétérinaire.

f. Regroupez et gérez les animaux selon le risque

Établissez l'ordre du travail agricole et des activités de manipulation des animaux afin d'éviter de propager la maladie : gérez les animaux hautement susceptibles en premier, et les animaux à risque élevé en dernier.

Séparez les unités de production et les âges lorsque cela est possible :

  • les taureaux et les vaches devraient passer l'hiver séparément afin de réduire les infections provenant des vaches à vêlage et à cycle tardif.

Placez le bétail dans des pâturages en tenant compte des risques de maladie :

  • faites paître les animaux les plus susceptibles le plus loin possible des endroits pouvant contenir des risques de maladie, et les animaux plus résistants, eux, devraient être placés plus près;
  • les endroits à risque plus élevé pourraient être ceux adjacents au bétail des exploitations avoisinantes, des zones de ségrégation ou des animaux malades, ou encore des zones d'entreposage des carcasses et du fumier.

Tenez compte des rotations de pâturage en fonction de la production et des groupes d'âge :

  • faites paître les génisses de remplacement dans les pâturages avant les vaches matures, afin que les génisses ne soient pas exposées à des organismes persistants propagés par les animaux sans manifestations cliniques qui peuvent être présents parmi les vaches plus âgées.

Consultez aussi les pratiques suggérées pour les animaux mélangés, à savoir les résultats visés 1A.1, 1A.2 et 1A.3.

« Manipulez les animaux en santé ou hautement susceptibles d'abord, et les animaux à risque élevé en dernier. »

1B.2 Utiliser ou exiger des camions propres pour le mouvement d'animaux hautement susceptibles

Pourquoi est-ce important?

Le fumier et la litière sale peuvent être une source de maladie. Retirer ce matériel des camions et des remorques avant de les utiliser pour transporter du bétail et avant de faire entrer ces véhicules dans un autre endroit diminue le risque de propager la maladie.

Pratiques suggérées de gestion du risque

a. Déterminez et évaluez les risques

Idéalement, des camions propres seraient libres pour tous les mouvements de bétail, toutefois il s'agit d'une proposition irréaliste dans l'industrie bovine. L'utilisation de camions propres est le plus important pour transporter les animaux hautement susceptibles. Ces animaux sont le plus susceptibles de contracter des maladies, et ce risque augmente davantage en raison du stress supplémentaire infligé par le transport. Ces maladies peuvent provenir du fumier ou de la litière sale présents dans les camions n'ayant pas été nettoyés.

b. Exigez des camions propres

Les producteurs devraient exiger des camions propres lorsqu'ils réservent leurs chargements.

Il peut être difficile de nettoyer des camions ou d'obtenir des camions propres pour de nombreuses raisons, p. ex. temps froid, peu d'installations de nettoyage, accumulation de commandes pendant les campagnes d'automne, entre autres.

c. Nettoyez vos propres camions

Les producteurs devraient garder leurs camions propres. Si votre camion est utilisé pour transporter du bétail pour d'autres exploitations, nettoyez-le avant qu'il quitte votre périmètre. Nettoyez-le à nouveau dans l'autre exploitation avant son retour, ou utilisez la zone de nettoyage décrite ci-dessous.

d. Disposez d'une zone de « nettoyage »

Bien qu'il soit préférable que les camions arrivent propres, ils peuvent être nettoyés ou raclés à leur arrivée sur le terrain, si la température le permet. Un amas propre à utiliser pour les camions ne devrait pas être accessible aux animaux, et devrait être conservé à part du fumier entreposé de l'exploitation. Ce matériau ne devrait pas être étendu ou vendu avant d'être adéquatement composté ou vieilli.

e. Nettoyage des remorques servant au bétail vivant

Le nettoyage comporte cinq étapes :

  1. Le nettoyage à sec au cours duquel on retire tout fumier et toute litière visible (raclage, brossage, etc.). Pendant l'hiver, cette étape peut se limiter à racler les matières lâches, ce qui peut être le plus facilement effectué tout de suite après le déchargement des animaux, avant que la litière ne gèle.
  2. Le nettoyage humide : Si l'on dispose d'installations de nettoyage, les remorques devraient être nettoyées sous tous les angles avec de l'eau de pression faible à élevée.
  3. Le séchage : Idéalement, on devrait laisser les surfaces sécher avant de les désinfecter.
  4. La désinfection : Si l'on dispose d'installations de désinfection, désinfectez les remorques après le nettoyage humide. Utilisez un désinfectant homologué (approuvé par Santé Canada) à large spectre. Les désinfectants homologués seront reconnaissables à leur numéro d'identification de médicament (DIN) inscrit sur l'étiquette. L'indication devrait être à large spectre. Il est important de l'appliquer adéquatement : respectez les directives du fabricant. Remarque : Il n'est pas vraiment utile de désinfecter des surfaces si le nettoyage à sec et le nettoyage humide n'ont pas été effectués. La boue, le fumier et la litière vous empêcheront de bien désinfecter en abritant les surfaces et en rendant de nombreux désinfectants inactifs.
  5. Le séchage : Idéalement, on devrait laisser les remorques sécher avant d'y remettre de la litière.

Refaites la litière des remorques à l'aide de matières fréquemment utilisées dans le secteur, p. ex. des copeaux, de la paille ou autre. Les écoulements du site de nettoyage ne devraient pas entrer en contact avec le bétail ou les zones sensibles sur le plan de l'environnement.

Activités de nettoyage des camions

  1. Nettoyage à sec (peut se limiter au raclage)
  2. Nettoyage humideNote de bas de page 1
  3. Séchage
  4. DésinfectionNote de bas de page 1
  5. Séchage
  6. Nouvelle litière

Points supplémentaires

  • Exigez des camions propres lorsque vous les réservez
  • Faites un nettoyage avant d'entrer dans le périmètre
  • Utilisez une pile de matière servant aux camions propres, au besoin
  • Cette pile doit être inaccessible au bétail, et séparée de l'entrepôt de fumier de l'exploitation
  • Protégez l'environnement et le bétail en gérant les écoulements de manière adéquate
Date de modification :