Guide du producteur d'abeilles domestiques norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie apicole
Section 1 : Gestion de la santé des abeilles

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1.1 Sources d'approvisionnement en abeilles

Objectifs

L'apiculteur s'efforce de réduire le plus possible l'exposition de ses abeilles à des organismes nuisibles en introduisant seulement des stocks d'abeilles de statut sanitaire connu. Il documente également ses sources d'approvisionnement afin d'en faciliter la traçabilité.

Description

Les abeilles peuvent provenir de l'exploitation même ou d'autres apiculteurs de la même province ou d'une autre province ou être importées de fournisseurs étrangers. Chaque forme et source d'abeilles et de reines introduites dans l'exploitation comporte un niveau de risque d'exposition des colonies à des organismes nuisibles. L'introduction de nouvelles abeilles peut se faire à l'échelle du rucher (dans plusieurs colonies simultanément) ou dans des colonies individuelles.

Par statut sanitaire connu, on entend des abeilles ayant fait l'objet d'une inspection ou de tests visant à déterminer leur état de santé par une agence reconnue.

Le tableau 1 passe en revue les différentes sources d'approvisionnement en abeilles et les pratiques de gestion susceptibles de favoriser l'introduction d'organismes nuisibles avec les abeilles dans d'autres colonies ou ruches.

Tableau 1. Sources et pratiques de gestion susceptibles de favoriser l'introduction d'organismes nuisibles avec les abeilles dans d'autres colonies ou ruches.
Abeilles achetées d'une source externe ou produites sur place Pratiques de gestion
Les reines sont généralement expédiées avec cinq ou six ouvrières accompagnatrices dans des cages à reine contenant un supplément de candi. L'égalisation est une pratique qui consiste à transférer des cadres à couvain et des abeilles d'une colonie à une autre dans le but d'obtenir deux ou plusieurs colonies de vigueur équivalente (couvain, abeilles et miel).
On a recours aux essaims nus pour établir de nouvelles colonies et compenser les pertes hivernales. Ces essaims pèsent habituellement 1 ou 1,5 kg et contiennent 8 000 ou 12 000 abeilles. Les abeilles sont expédiées dans des boîtes en bois ou grillagées contenant un supplément de sirop sucré ou dans des contenants tubulaires contenant une source de nourriture gélifiée. La division est une pratique qui consiste à scinder une colonie vigoureuse et prospère en deux ou trois colonies de taille plus modeste et à introduire une reine dans chacune de ces nouvelles colonies.
Un nucléus est une petite colonie d'abeilles de taille inférieure à celle d'une colonie normale qui comprend habituellement une reine, du couvain, du miel et du pollen. Les abeilles sont expédiées sur des cadres dans une ruchette, plus petite et contenant moins de cadres qu'une ruche standard. Les essaims sont le résultat de la reproduction naturelle d'une colonie d'abeilles et mènent à l'établissement d'une nouvelle colonie sans compromettre la survie de la colonie d'origine. L'enruchement d'essaims peut favoriser l'introduction d'organismes nuisibles ainsi que de traits génétiques indésirables perpétuant le comportement d'essaimage chez les faux-bourdons nouvellement acquis.
Une colonie ayant atteint sa pleine taille est une unité complète comprenant une ruche de taille standard, des cadres occupés par des rayons contenant du miel, du pollen et du couvain et une reine et des ouvrières. La fusion est une pratique qui consiste à réunir deux ou plusieurs colonies en une seule colonie pour créer une seule colonie plus vigoureuse.

Risques

Les lois et règlements fédéraux et provinciaux contribuent à atténuer les risques associés aux introductions d'abeilles en exigeant la tenue d'inspections et l'obtention de permis.

  • Des organismes nuisibles peuvent être présents dans ou sur les abeilles, dans les ruches, sur les cages à reine, dans les boîtes d'expédition d'essaims nus, dans d'autres matériaux d'emballage ou dans ou sur les ruches (en cas d'achat de colonies entières ou de nucléi). Le statut sanitaire des abeilles achetées doit correspondre à celui des colonies de l'exploitation et satisfaire à la réglementation gouvernementale.
  • L'importation d'abeilles d'autres régions, en particulier d'autres pays, peut comporter des risques sanitaires, même dans le cas où des protocoles d'importation visant à atténuer ces risques sont en place (p. ex. introduction de nouveaux organismes nuisibles ou de populations d'organismes nuisibles résistantes aux traitements homologués au Canada).

Les tableaux 2 et 3 présentent les risques de biosécurité associés aux diverses sources d'approvisionnement en abeilles.

Tableau 2. Risques de biosécurité associés à l'introduction d'abeilles achetées ou produites sur place.
Acheté(e) s ou élevé(e) s sur place Source - Même exploitation Source - Même province Source - Autre province Source - Autre pays
Reines Risque variable – dépend de l'histoire et du statut sanitaires de la colonie mère. Risque faible en comparaison du risque associé à l'achat d'abeilles sur cadres ou en vrac. Risque réduit si les reines proviennent d'un producteur ou d'un éleveur d'abeilles certifié dont les installations ont été inspectées. Permis requis Permis requis
Essaims nus Sans objet Risque réduit si les reines proviennent d'un fournisseur certifié dont les installations ont été inspectées. Permis requis Permis requis
Colonies ayant atteint leur pleine taille et nucléi Risque variable – les rayons peuvent abriter des organismes nuisibles susceptibles de se propager à l'ensemble de l'exploitation. Dépend de l'histoire et du statut sanitaires de la colonie ou du rucher d'origine. Risque variable - les rayons peuvent abriter des organismes nuisibles. Dépend de l'histoire et statut sanitaires des colonies du fournisseur. Risque réduit si les colonies ou les nucléi proviennent d'un fournisseur d'abeilles certifié dont les installations ont été inspectées et sont accompagnés des documents appropriés. Permis requis Permis requis
Tableau 3. Risques de biosécurité : pratiques de gestion
Pratique de gestion Source - Même exploitation Source - Même province Source - Autre provinces Source - Autre pays
Enruchement d'un essaim Risque réduit si l'essaim provient du même rucher et les risques de mélange sont réduits. Risque élevé si l'essaim est issu d'une colonie d'une autre exploitation ou mélangé avec des abeilles d'une autre exploitation dont le statut sanitaire et les pratiques sont inconnus ou s'il provient d'une source inconnue Sans objet Sans objet
Fusion, égalisation ou division Risque réduit si les abeilles sont saines et proviennent du même rucher et les risques de mélange sont réduits. Sans objet Sans objet Sans objet

Avantages pour le producteur

L'application des pratiques de biosécurité recommandées au moment de l'acquisition d'un nouveau stock d'abeilles est avantageuse pour les raisons suivantes :

  • réduction des montants et du temps consacrés à la lutte contre les organismes nuisibles ou au traitement des colonies au moment de l'introduction de ce nouveau stock et par la suite;
  • réduction du risque d'apparition d'une résistance aux produits de traitement;
  • réduction du risque d'introduction d'organismes nuisibles si le producteur peut retracer la provenance de l'organisme nuisible. L'apiculteur est dès lors en mesure d'identifier les autres colonies potentiellement contaminées et de prendre les mesures correctrices qui s'imposent. Il pourra éliminer cette source de la liste de ses fournisseurs potentiels ou adopter des mesures préventives appropriées avant d'introduire de nouveaux stocks s'il prévoit de continuer de faire affaire avec ce fournisseur.

    La sélection de stocks d'abeilles présentant des caractéristiques génétiques souhaitables est une stratégie de lutte efficace contre les organismes nuisibles.

Pratiques recommandées

Les pratiques de gestion recommandées dans la présente section se rapportent à l'élevage d'abeilles et de reines et à l'achat et à l'introduction d'abeilles provenant de sources externes.

1. Sélection des fournisseurs et des stocks d'abeilles

a. Fournisseurs locaux
  1. Dans la mesure du possible, acheter des reines et des nucléi dont le statut sanitaire est connu et s'approvisionner uniquement auprès de coopératives ou de fournisseurs locaux certifiés dont les installations ont été inspectées. Consulter la liste des fournisseurs établie annuellement par certains apiculteurs provinciaux ou d'autres autorités apicoles;
  2. S'approvisionner uniquement auprès de fournisseurs connus et fiables qui appliquent un programme de lutte contre les maladies et les organismes nuisibles;
  3. S'informer de la qualité des produits et de la fiabilité des fournisseurs inconnus avant de commander du matériel;
  4. Produire ses propres reines ou nucléi ou s'approvisionner auprès d'éleveurs qui offrent des stocks d'abeilles présentant des caractéristiques souhaitables;
  5. Remérer régulièrement les colonies, idéalement annuellement ou tous les deux ans, pour promouvoir la santé de ses colonies;
  6. En cas d'achat provenant d'une source située hors de la province, obtenir la confirmation que le matériel a été inspecté par l'autorité désignée de la région d'origine avant son entrée dans la province conformément aux réglementations provinciale et fédérale en vigueur.
b. Réglementation et respect des dispositions régissant l'importation d'abeilles (incluant les reines, les essaims nus et les nucléi)
  1. Réglementation fédérale
    • L'apiculteur doit se conformer aux lois et règlements fédéraux administrées par l'ACIA régissant l'importation de matériel apicole. L'abeille à miel est considérée comme un animal réglementé aux termes du Règlement sur la santé des animaux
    • Un permis est exigé pour l'importation d'abeilles au Canada. Les abeilles doivent provenir d'un pays approuvé par l'ACIA et être accompagnées d'un certificat sanitaire émis par le pays d'origine et reconnu par l'ACIA.
  2. Réglementation provinciale

    L'apiculteur doit :

    • se conformer aux lois et règlements provinciaux en vigueur régissant le transport et l'importation d'abeilles domestiques;
    • se conformer à l'obligation de s'enregistrer dans sa province;
    • tenir et conserver un registre des importations et en permettre l'accès au besoin.

2. Réception et introduction des abeilles

  1. Les abeilles peuvent être introduites dès leur réception dans des ruches ou des colonies entières peuvent être déployées immédiatement sous réserve des conditions suivantes :
    1. le matériel importé n'est visé par aucune directive provinciale ou régionale exigeant sa mise en quarantaine ;
    2. le statut sanitaire du matériel importé est connu, et toutes les exigences additionnelles sont respectées;
    3. les introductions sont confinées dans des ruchers séparés.
  2. Si l'introduction des abeilles doit être différée, les abeilles peuvent être placées au moment de leur réception dans une installation d'entreposage sanitaire isolée à température contrôlée.
    1. Les essaims nus et les reines peuvent être entreposés en toute sécurité à l'obscurité pendant une brève période de temps avant leur introduction dans une installation à température contrôlée adéquatement ventilée.
    2. L'installation d'entreposage isolée peut être un bâtiment (p. ex. garage) ou une pièce ou portion de pièce isolée des espaces environnants par un divise pièce.
    3. L'installation d'entreposage isolée doit être à l'épreuve des abeilles.
  3. L'état des réserves de nourriture est vérifié et, au besoin, un supplément de sirop de sucre non contaminé ou de pollen irradié est ajouté (voir les sections 1.2, 2.1 et 2.2 pour de plus amples renseignements sur l'alimentation des abeilles).

3. Inspection, évaluation et notification

  1. Inspecter les nouveaux lots d'abeilles ou de ruches avant de procéder à leur introduction ou déploiement afin de s'assurer qu'ils sont exempts d'abeilles mortes et d'organismes nuisibles et que les abeilles ne présentent aucun signe d'activité anormale.
  2. L'apiculteur et les membres du personnel ont reçu une formation sur les organismes nuisibles et sont régulièrement informés de manière à ce qu'ils soient en mesure de reconnaître les organismes nuisibles établis ou non dans l'exploitation (voir la section 2.9.).
  3. L'apiculteur se tient au courant des nouveaux développements et de toutes éventuelles alertes sanitaires et applique au besoin les protocoles d'urgence recommandés par l'apiculteur provincial et/ou les autorités de l'industrie.

    La tenue de tests supplémentaires est recommandée si les abeilles proviennent d'une source inconnue.

  4. L'apiculteur administre des tests et applique des méthodes de détection et/ou prélève et achemine des échantillons d'abeilles à un laboratoire ou établissement provincial capable d'effectuer des tests diagnostiques. Les lots d'abeilles sont maintenus dans des installations d'entreposage isolées ou au rucher jusqu'à ce que le diagnostic soit confirmé.
  5. Tout soupçon concernant la présence d'organismes nuisibles comportant un risque de biosécurité doit entraîner la mise en œuvre d'un plan d'intervention d'urgence comportant des indications sur les mesures à appliquer en pareil cas.

4. Manipulation et introduction des nouvelles reines

  1. Transférer les reines importées dans des envois à risque élevé dans de nouvelles cages à reine avant de les introduire dans les ruches.
  2. Retirer les ouvrières accompagnatrices avent d'introduire les reines.
  3. Au besoin, obstruer les entrées des ruches ou utiliser des réducteurs d'entrée près y avoir introduit les nouvelles reines afin de prévenir le pillage ou l'introduction d'organismes nuisibles durant la période d'établissement de la nouvelle colonie.

5. Assainissement

  1. Introduire les abeilles dans des nouvelles ruches ou des ruches préalablement désinfectées (p. ex. irradiation des rayons). Si l'exploitation a déjà été infectée par la loque américaine, utiliser de nouvelles plaques de cire gaufrée. Les méthodes recommandées pour désinfecter le matériel apicole contaminé avant sa réutilisation sont présentées à la section 2.3.
  2. Prendre les précautions nécessaires pour réduire le plus possible le risque de propagation d'organismes introduits due à une manipulation inadéquate (p. ex. gants) ou à l'utilisation d'outils contaminés (voir la section 2.5.)
  3. Entreposer les matériaux d'emballage réutilisables dans un endroit isolé jusqu'à ce qu'ils puissent être désinfectés :
    1. par fumigation.
    2. avec de l'eau de Javel, conformément aux concentrations et durées de traitement recommandées et à l'abri des rayons du soleil;
    3. à l'aide d'une autre méthode jugée appropriée.
  4. Entreposer les matériaux d'emballage non réutilisables dans une installation distincte jusqu'à leur transfert à un endroit isolé où ils pourront être brûlés. Ces matériaux doivent être préalablement désinfectés s'il y a un risque de propagation d'organismes nuisibles durant le transport.
  5. Désinfecter avant leur réutilisation les installations d'entreposage et les véhicules et pièces d'équipement utilisés pour la manipulation d'abeilles reconnues comme infectées ou infestées ou soupçonnés de l'être (voir la section 2.7.).

6. Traitements

  1. Veiller à ce que tous les traitements soient effectués conformément aux dispositions de la Loi sur les produits antiparasitaires (Canada), de la Loi sur la santé des animaux et de son Règlement d'application et des règlements provinciaux pertinents, le cas échéant.
  2. Effectuer les traitements préventifs avant ou après l'introduction de nouveaux stocks d'abeilles seulement si une telle ligne de conduite est indiquée et suivre les recommandations provinciales annuelles relatives aux traitement et les lignes directrices relatives à la lutte intégrée afin de prévenir le plus possible l'apparition d'une résistance aux produits de traitement.
  3. Suivre à lettre toutes les instructions figurant sur les étiquettes des produits utilisés.

7. Surveillance

Après l'introduction d'un nouveau stock d'abeilles, surveiller régulièrement l'état de santé des abeilles, prendre les mesures qui s'imposent au besoin et mettre à jour les dossiers. En cas de problème, s'informer du statut sanitaire des autres colonies ayant reçu des abeilles provenant des mêmes sources afin d'en déterminer la cause.

Si la source d'approvisionnement est en cause, aviser immédiatement l'autorité de réglementation et le fournisseur afin que des investigations visant à déterminer le statut sanitaire des colonies des autres exploitants apicoles s'approvisionnant auprès du même fournisseur puissent être entreprises sans tarder (voir également la section 1.4.)

Tenue de registres

Une bonne façon de retracer les introductions (et les divisions) et de consigner les informations sur les traitements administrés au moment des introductions est d'utiliser un système de codage couleur ou des marques sur le couvercle des ruches.

Conserver des copies des dossiers, y compris des factures, des systèmes d'identification des ruches et des permis d'importation durant au moins un an à des fins de retraçage.

  1. Identifier clairement les achats par numéro(s) de lot sur le reçu et consigner les renseignements suivants pour chaque lot :
    1. date de réception;
    2. nom, adresse et numéro de téléphone du fournisseur;
    3. nombre de reines, de nucléi, d'essaims nus ou de colonies;
    4. statut sanitaire si connu (selon le certificat d'inspection sanitaire ou la déclaration du fournisseur /résultats des tests accompagnant les lots);
    5. date de l'inspection effectuée par l'autorité d'origine;
    6. numéro du permis de vente (le cas échéant);
    7. description et dates (si connues) des traitements administrés avant l'envoi.
  2. En cas de remérage, d'enruchement d'essaims ou d'égalisation, de division ou de fusion de colonies avec du matériel produit à l'interne, noter :
    1. la colonie mère;
    2. la source de reines;
    3. la date de l'introduction, de la division ou de la fusion;
    4. les caractéristiques souhaitables observées;
    5. historique des maladies ou statut sanitaire (résultats de tests);
    6. description et dates (si connues) des traitements administrés avant l'introduction.
  3. Pour toutes les introductions, noter :
    1. le rucher et la ruche dans lesquels les abeilles sont introduites. Les ruches devraient comporter un seul identificateur (p. ex. code);
    2. les traitements administrés après l'envoi;
    3. les conclusions des évaluations du statut sanitaire des abeilles (observations et/ou résultats de tests) (voir la section 1.4.).

1.2 Prévention : réduction maximale de la vulnérabilité aux organismes nuisibles

Objectifs

L'apiculteur gère les facteurs qui représentent une menace pour la santé de ses abeilles de manière à réduire leur vulnérabilité aux organismes nuisibles. Il met en oeuvre les mesures qui s'imposent dès que les seuils d'intervention sont atteints.

Description

Un certain nombre de facteurs qui peuvent être gérés efficacement à l'échelle de l'exploitation peuvent menacer la santé des abeilles et accroître leur vulnérabilité aux organismes nuisibles. Si une colonie est affaiblie, les abeilles deviennent plus vulnérables aux infections ou aux infestations et réagissent moins bien aux traitements.

Outre les organismes nuisibles qui ont des effets directs sur la santé des abeilles, les six facteurs suivants peuvent accroître la vulnérabilité des abeilles aux organismes nuisibles :

  1. Conditions météorologiques et environnementales : Les abeilles doivent être protégées des impacts du vent, des températures extrêmes, de l'humidité excessive et de l'accumulation d'humidité, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la ruche. Les températures élevées, l'humidité et une ventilation insuffisante à l'intérieur de la ruche peuvent inciter les abeilles à essaimer, les abeilles nécessitant plus d'espace pour assurer l'évaporation de l'eau dans le nectar. La température et l'humidité influent également sur la capacité des abeilles présentant un bon comportement hygiénique de se débarrasser des acariens qui les affligent. La présence de conditions défavorables à l'extérieur de la ruche peut également inhiber le comportement de vol, et le manque de protection contre les froids extrêmes peut entraîner des pertes hivernales considérables.
  2. Statut nutritionnel : Les abeilles doivent avoir accès à des sources adéquates de glucides, de protéines, de lipides, de vitamines, de minéraux et d'eau. Les sources de nourriture incluent la miellée, le pollen, les réserves de miel et les suppléments de nourriture et d'eau. Les abeilles peuvent souffrir de malnutrition si elles ont accès à une seule source de pollen pendant une longue période (p. ex. si les colonies sont déployées à des fins de pollinisation à forfait dans une seule culture). L'apport d'un supplément nutritif adéquat contribue également au succès de l'introduction des essaims nus ou des reines. Le nourrissement automnal procure aux abeilles les réserves de nourriture nécessaires pour passer l'hiver.
  3. Perturbations : Les abeilles sont perturbées par les déplacements (transport vers les champs ou en provenance des champs ou relocalisation dans les champs) et les manipulations qui surviennent au moment de l'emballage des ruches pour l'hivernage ou de leur désemballage, des inspections, du nourrissement et des traitements. Une fois les colonies relocalisées, les abeilles doivent se réorienter et s'adapter à leur nouvel emplacement, en particulier en cas de déplacement est-ouest s'étendant sur au moins deux fuseaux horaires. Leur détresse peut s'amplifier si des abeilles voleuses sont attirées vers les ruches durant cette période. À proximité des ruches, les activités récurrentes bruyantes ou qui produisent beaucoup de vibrations, comme l'utilisation d'équipement motorisé (p. ex. faucheuse), peuvent également constituer une source de perturbation. Divers organismes comme les guêpes prédatrices, les souris, les mouffettes, les ours et le bétail peuvent également perturber les colonies.
  4. Exposition à des pesticides : Les abeilles peuvent être incommodées par une exposition directe à des pesticides (insecticides, herbicides ou fongicides) ou dérives de pesticides. Les pesticides sont absorbés par la cuticule ou l'appareil respiratoire ou encore par ingestion. Les abeilles peuvent être affectées par l'accumulation de résidus de pesticides dans les rayons ou les réserves de nourriture lorsqu'elles y recueillent le nectar et le pollen provenant de la culture principale, de la culture abri ou des mauvaises herbes en fleurs exposées aux pesticides. L'exposition à des produits antiparasitaires présentant une toxicité résiduelle et les effets cumulatifs de l'exposition à des pesticides multiples peuvent comporter des risques importants en raison des effets potentiels résultant d'une interaction chimique. Le degré de toxicité pour les abeilles dépend de divers facteurs comme le groupe de produits chimiques, la formulation, la dose d'application et la température. Les abeilles exposées peuvent mourir immédiatement suivant leur exposition ou présenter des signes d'intoxication qui affaiblissent subséquemment la colonie.
  5. Vigueur des colonies : Un manque de vigueur chez une colonie peut être causé par les facteurs susmentionnés ou résulter d'une sensibilité continue de la colonie à des organismes nuisibles. Des manipulations excessives (p. ex. division ou égalisation excessive avant le déploiement des ruches à des fins de pollinisation) peuvent également affaiblir les colonies. Une colonie vigoureuse contient une jeune reine en santé, du couvain et un bon ratio d'ouvrières et de faux-bourdons (mâles) selon la période de l'année.
  6. Un seuil de vulnérabilité est un niveau mesurable d'un facteur à partir duquel il convient d'intervenir pour en limiter les impacts négatifs sur la santé des abeilles et réduire les pertes économiques. Dans ce contexte, voici quelques exemples de seuils de vulnérabilité que l'apiculteur pourrait juger utile d'établir :
    • conditions météorologiques et environnementales : seuils de température, d'humidité ou de concentrations de dioxyde de carbone dans une ruche, une installation d'entreposage ou un camion de transport.
    • statut nutritionnel : mesure des réserves de nourriture (p. ex. poids des ruches, nombre de cadres à miel remplis).
    • exposition aux pesticides : analyse de la concentration d'un pesticide dans les rayons.
    • vigueur de la colonie : mesure de la population d'abeilles, pourcentage des cadres à couvain occupés et operculés.

Le seuil de vulnérabilité d'une colonie peut varier selon les conditions ambiantes lorsque plusieurs facteurs interagissent.

Risques

Le risque associé à chaque facteur de vulnérabilité varie d'une simple réduction de la production de miel et interruption de la ponte et de la production de couvain à l'essaimage, à la dérive et à l'apparition d'un comportement de pillage. Les cas plus graves peuvent entraîner des pertes hivernales élevées et l'effondrement des populations au début du printemps. Ces facteurs abrègent la durée de vie des abeilles et, dès lors, influent sur la taille des colonies. La dérive et le comportement de pillage peuvent favoriser l'introduction d'organismes nuisibles dans la colonie.

L'ampleur du risque dépend :

  • de l'intensité, de la durée et du moment (période de l'année) de l'exposition au facteur de vulnérabilité;
  • de la capacité des abeilles de se rétablir une fois le facteur de vulnérabilité éliminé;
  • des effets combinés de plusieurs facteurs de vulnérabilité ;
  • de l'effet cumulé de l'exposition aux organismes nuisibles, qui contribue elle-même à exacerber la sensibilité des abeilles à d'autres organismes nuisibles.

Les abeilles récupèrent généralement bien après avoir subi des épisodes de détresse périodiques de faible amplitude et de courte durée, à moins qu'elles aient été exposées à certains types de pesticides causant des séquelles permanentes ou la mort immédiate.

Avantages pour le producteur

L'application des pratiques de biosécurité recommandées pour répertorier et réduire les facteurs de vulnérabilité affectant les abeilles est avantageuse pour les raisons suivantes :

  • réduction du risque d'administration d'un traitement superflu occasionné par un diagnostic imputant à tort les signes détectés à un organisme nuisible donné.
  • capacité accrue des abeilles de résister aux infections et infestations ou de se rétablir après avoir été infectées ou infestées.
  • réduction du risque d'apparition d'une résistance aux produits de traitement.
  • réduction des pertes hivernales.

Pratiques recommandées

1. Facteurs de vulnérabilité aux conditions météorologiques et environnementales

Pour atténuer les effets négatifs du vent, de la température et de l'humidité, accorder une attention particulière à la disposition du rucher et des installations d'entreposage, à l'aménagement et à la gestion des abris et des ruches et à la régulation des conditions de température et d'humidité.

a. Sur le terrain :
  1. Aménager les ruchers de manière à ce qu'ils soient exposés au sud.
  2. Éviter les endroits susceptibles d'être inondés ainsi que les dépressions, les températures y étant plus fraîches la nuit.
  3. Protéger les ruches contre le vent au niveau du sol.
  4. Orienter les ruches de manière à ce que leurs entrées ne soient pas exposées aux vents dominants.
  5. Éliminer la végétation obstruant l'entrée des ruches.
  6. Surélever le plateau des ruches au-dessus du sol au moyen d'une palette ou d'un support afin d'améliorer la circulation de l'air et prévenir l'accumulation d'humidité.
  7. Utiliser des plateaux inclinés pour faciliter le drainage.
  8. Appliquer une peinture claire sur les parois extérieures des ruches afin qu'elles réfléchissent la chaleur.
  9. Aménager des entrées dans le haut des ruches afin de favoriser l'évacuation de la vapeur d'eau et de prévenir la formation de glace en hiver.
  10. En cas d'hivernage extérieur, fermer les plateaux grillagés et envelopper les ruches avec un matériel isolant propre. Adapter la protection hivernale en fonction de l'humidité et de la température ou retirer le matériel de protection hivernale lorsque la température s'élève au-dessus du point de congélation la nuit.
  11. En cas d'hivernage extérieur, prévoir un dispositif de protection additionnel contre les vents froids du nord.
b. À l'intérieur de la ruche :
  1. Eviter le surpeuplement en fournissant suffisamment d'espace aux colonies.
  2. Enlever les réducteurs d'entrée.
  3. Fournir des tapis d'entrée et entrouvrir légèrement les couvercles ou les hausses pour permettre une meilleure circulation d'air. L'utilisation d'entrées dans le haut de la ruche réduira l'accumulation de glace.
  4. Utiliser judicieusement les plaques de cire gaufrée et les grilles à reine de manière à ne pas entraver l'expansion de la colonie vers le haut.
  5. Prévenir la congestion cadres à couvain.
  6. Prendre les mesures correctrices qui s'imposent si un surplus d'humidité, de la glace ou des moisissures sont décelés sur la paroi interne du couvercle, les parois intérieures, les cadres ou les plateaux ou si l'intérieur de la ruche s'assèche trop durant l'hiver.
c. Dans l'installation d'hivernage :
  1. Régler le thermostat à 4–7°C.
  2. Assurer une bonne circulation d'air et ventilation afin de maintenir une humidité de 50–70 %.
  3. Réduire le plus possible l'éclairage et utiliser des ampoules rouges.
  4. Empiler les ruches en rangs perpendiculaires par rapport à la canalisation d'air, en conservant un espace d'environ 1 m entre les rangs pour assurer une meilleure circulation de l'air.
  5. Empiler les ruches de manière à favoriser la circulation d'air autour de chaque ruche.
  6. Surélever les ruches du plancher à l'aide de palettes ou de supports.

2. Facteurs de vulnérabilité nutritionnelle

a. Pour préserver la santé des abeilles, assurer un accès à une source :
  1. de glucides de qualité (nectar ou supplément). Le nourrissement avec du miel ou du miel operculé comporte un risque de transmission de maladies.
  2. de pollen ou de succédanés de pollen (protéines, lipides, vitamines et minéraux). Les suppléments de pollen doivent être exempts d'agents pathogènes.
  3. d'eau.
  4. de résines d'arbres ou d'autres plantes indispensables à la production de propolis.
b. Nourrir les abeilles à l'aide de nourrisseurs non exposés

pour régler les doses des médicaments homologués recommandées sur les étiquettes et prévenir le pillage et la transmission de maladies. La même recommandation s'applique aux sources d'eau.

c. Surveiller les colonies et offrir au besoin un supplément de nourriture ou d'eau :
  1. aux nouvelles reines et aux abeilles durant le transport et l'introduction dans le rucher;
  2. au début du printemps, avant le désemballage des ruches;
  3. à la fin du printemps, avant les premières miellées;
  4. durant les périodes où les miellées ou les flux de pollen sont restreints par l'état des cultures ou de courte durée (p. ex. canola);
  5. durant les épisodes de conditions météorologiques défavorables inhibant le butinage;
  6. durant les périodes de sécheresse ou dans les régions où les sources naturelles d'eau sont limitées;
  7. après la division de colonies;
  8. en automne, avant l'hivernage.

3. Facteurs de vulnérabilité aux perturbations

Il est impossible de prévenir complètement les effets des perturbations, mais on peut les atténuer en faisant preuve de jugement lors de la manipulation et de la gestion des colonies.

a. Durant la manipulation et le transport :
  1. manipuler les abeilles et le matériel apicole délicatement, en évitant les gestes brusques;
  2. enfumer les abeilles avant de les manipuler afin d'inhiber leur comportement de vol;
  3. laisser les ruches ouvertes ou déballées le moins longtemps possible durant les inspections, les traitements, le nourrissement ou le retrait de hausses à miel;
  4. idéalement, transférer les colonies à leur site estival au printemps, alors que les essaims nus sont encore dans la chambre à couvain;
  5. éviter de déplacer les ruches en hiver;
  6. surveiller les conditions de température et d'humidité et la circulation d'air afin d'éviter les accumulations de dioxyde de carbone durant le transport;
  7. déplacer les colonies durant la nuit, si possible;
  8. lorsqu'il est nécessaire de déplacer les colonies par temps chaud durant le jour, utiliser des couvercles grillagés afin de favoriser la ventilation et de fournir un espace de rassemblement aux abeilles;
  9. charger les ruches de manière à ce que les cadres soient parallèles au camion afin de prévenir les secousses durant le transport;
  10. stabiliser les ruches durant les déplacements et le transport (p. ex. sélection d'un modèle de ruche stable à l'empilage, arrimage des ruches à l'aide de cales d'espacement, utilisation de sangles dans le camion);
  11. prévoir un apport d'eau et de nourriture suffisant en cas de transport sur une longue distance;
  12. éviter de déplacer les ruches sur de courtes distances (moins de 5 km) sur le terrain. Déplacées sur de courtes distances, les abeilles deviennent confuses et cherchent à retourner à leur ancien site. Pour éviter ce problème, les petits exploitants peuvent déplacer leurs colonies sur de courtes distances pendant plusieurs jours consécutifs;
  13. Une fois les ruches déployées sur le terrain, bourrer de façon lâche l'entrée des ruches avec du gazon afin de laisser le temps aux butineuses de se réorienter avant de prendre leur envol;
  14. éviter les longs déplacements et réduire le nombre de déplacements par année, si possible.

Réduire le plus possible les perturbations causées par le bruit, les vibrations et les secousses en choisissant soigneusement le site du rucher et en limitant l'utilisation d'équipement motorisé (p. ex. faucheuse) autour des ruches. Protéger le site contre toute perturbation causée par des appareils mécaniques ou des animaux (p. ex. bétail).

b. Inspecter le site du rucher durant l'hiver en vue d'y déceler la présence éventuelle :
  1. d'égratignures ou de morsures sur les ruches ou les matériaux d'emballage;
  2. de traces laissées dans la neige par des humains, des animaux ou de la machinerie;
  3. de nids de souris ou de rayons endommagés par de petits animaux.

Voir en outre la section 2.8 décrivant les méthodes de lutte recommandées contre les ravageurs associés à l'abeille domestique.

4. Facteurs de vulnérabilité à l'exposition aux pesticides

a. Prévenir l'exposition des colonies aux pesticides :
  1. prendre connaissance des recommandations provinciales annuelles applicables à la lutte contre les principaux organismes nuisibles présents dans la région où le rucher est établi. Connaître les produits et formulations toxiques pour les abeilles et leur durée d'action après l'application;
  2. se renseigner sur les autres pesticides dont l'utilisation pourrait être autorisée en cas d'urgence;
  3. maintenir des liens de communication étroits avec les agriculteurs et propriétaires fonciers de la région;
  4. s'informer des plans d'application de pesticides et des dangers qu'ils pourraient présenter au moment de conclure des ententes relatives au déploiement de ruches dans les cultures d'autres agriculteurs;
  5. aménager les ruchers à bonne distance des zones faisant l'objet de traitements intensifs;
  6. s'informer des campagnes de pulvérisation (ciblant des cultures, des droits de passage publics, des cours d'usine, des fossés, des parcs, des terrains de golf, etc.) qui doivent être effectuées dans la région pendant la période durant laquelle les ruches sont déployés dans les cultures;
  7. informer les opérateurs antiparasitaires de l'emplacement des ruchers;
  8. afficher bien en vue, à chaque rucher, le nom, l'adresse, le numéro de téléphone et le numéro d'inscription de l'apiculteur (ou toute autre information exigée en vertu de l'Apiary Act ou de la Bee Act) afin de permettre aux agriculteurs locaux ou aux opérateurs antiparasitaires de contacter l'exploitant, au besoin;
  9. surveiller les conditions météorologiques au moment des applications de pesticides et prendre au besoin des précautions additionnelles pour protéger les abeilles (le risque de dérive des pesticides augmente par temps venteux, et les résidus demeurent plus longtemps toxiques pour les abeilles par temps frais);
  10. fournir aux abeilles des sources d'eau additionnelles afin d'éviter qu'elles aillent s'abreuver de gouttelettes d'eau potentiellement contaminées sur des plantes (p. ex. aisselles des feuilles de plants de maïs);
  11. retirer les colonies une fois la pollinisation terminée et avant le début des traitements post-floraison (p. ex. dans les vergers);
  12. en cas d'utilisation de produits antiparasitaires homologués, suivre à la lettre les instructions figurant sur l'étiquette et ne jamais utiliser de lanières insecticides dans les installations d'entreposage de rayons;
  13. éviter d'appliquer des insecticides autour du rucher ou dans les installations d'entreposage ou d'extraction ou, si cette mesure s'avère nécessaire, procéder avec la plus grande prudence.
b. Examiner les aspects critiques liés aux applications de pesticides avec l'apiculteur, l'agriculteur et/ou l'opérateur antiparasitaire :
  1. obtenir le nom du produit appliqué, ainsi qu'une copie à jour de l'étiquette du pesticide;
  2. planifier les pulvérisations durant la nuit, en soirée ou (moins souhaitable) en début de matinée;
  3. identifier les zones tampons à ne pas traiter autour des ruchers;
  4. établir une liste des produits, des formulations ou des méthodes culturales moins nocives pour les abeilles qui pourraient être utilisés si les conditions s'y prêtent;
  5. identifier les cultures ou mauvaises herbes à ne pas traiter durant leur période de floraison, conformément à la réglementation (dans le cas de certaines cultures);
  6. déterminer les circonstances justifiant la réalisation de traitements au sol au lieu de traitements aériens;
  7. avant les applications d'insecticides, faucher les cultures abris (p. ex. trèfle ou mauvaises herbes) en fleurs susceptibles d'attirer des butineuses.
c. Si une exposition aux pesticides est soupçonnée, marquer les ruches et surveiller les abeilles afin de déceler les signes suivants, le cas échéant :
  1. nombre élevé d'abeilles mortes à l'entrée des ruches;
  2. diminution des effectifs adultes;
  3. abeilles paralysées, hébétées, incapables de marcher ou de voler correctement;
  4. abeilles souillées de nectar régurgité ou paraissant mouillées;
  5. abeilles à l'abdomen gonflé;
  6. abeilles confuses ou agressives;
  7. altération du comportement de ponte ou mort de la reine;
  8. couvain mort.

Si une intoxication due à des pesticides est soupçonnée, l'apiculteur doit prélever et congeler des échantillons d'abeilles, consigner toute observation pertinente, signaler l'incident aux autorités provinciales ou à l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) via le Programme de déclaration d'incident relatif aux produits antiparasitaires et s'informer des recours légaux dont il dispose pour être indemnisé des pertes subies.

5. Facteurs de vulnérabilité à l'affaiblissement des colonies

a. Le maintien de colonies vigoureuses est la clé du succès en apiculture. Pour une description de méthodes particulières, consulter les manuels d'apiculture.
  1. Pour être viable, une colonie doit contenir au moins sept à huit cadres à la fin de la saison.
  2. Remérer les colonies en utilisant une jeune reine résistante au moins tous les deux ans, ou plus fréquemment si les colonies sont hivernées à l'extérieur.
  3. La division de colonies prospères et vigoureuses permet d'éviter les problèmes de surpeuplement et assure un équilibre optimal couvain ouvrières mâles.
  4. Au printemps, ajouter des cadres ou retirer les cadres vides, selon le cas, afin d'obtenir l'espace voulu pour procéder à une division ou redisposer les cadres à couvain (en cas d'utilisation de cadres double paroi) pour favoriser une ponte plus régulière. Au besoin, ajouter des hausses à miel en été.
  5. Ne pas ajouter plus de cadres à couvain que nécessaire afin de ne pas trop alourdir les tâches ménagères des ouvrières.
  6. Pour renforcer une colonie affaiblie, l'apiculteur peut introduire des essaims nus ou du couvain operculé ou fusionner cette colonie à un essaim capturé ou à une autre colonie affaiblie. Pour éviter que le problème persiste, il doit impérativement déterminer pourquoi la colonie est affaiblie et mettre en place les mesures qui s'imposent pour corriger la situation.
  7. Éviter de récolter du pollen ou du propolis dans les colonies affaiblies ou en déclin. Il est nécessaire d'évaluer régulièrement la vigueur des colonies, en particulier en mai et en septembre, afin de pouvoir prendre les mesures correctrices qui s'imposent, le cas échéant.

6. Traitements chimiques préventifs

Appliquer les recommandations en matière de lutte intégrée et les recommandations annuelles provinciales en matière de traitements afin de prévenir l'apparition d'une résistance aux traitements. Les traitements chimiques préventifs sont un complément et non une solution de rechange à la surveillance, à l'élimination de cadres à couvain, aux mesures d'assainissement et aux mesures visant à réduire le plus possible la vulnérabilité et l'exposition des abeilles aux organismes nuisibles.

7. Production de reines et de nucléi

  1. Soins aux reines et aux nucléi :
    1. prendre les précautions voulues pour prévenir les dommages à la réception;
    2. introduire ou expédier les reines et nucléi le plus rapidement possible, idéalement après une période d'entreposage maximale de deux semaines (une semaine est recommandée);
    3. entreposer les reines et les nucléi dans un endroit frais, sombre, bien ventilé mais à l'abri des courants d'air;
    4. couvrir les cages à reine d'une feuille de papier et éviter les contacts directs entre les cages afin d'empêcher les reines de se blesser en s'attaquant à travers le grillage;
    5. fournir un apport de nourriture et d'eau.

Tenue de registres

Les registres servent principalement à consigner les informations susceptibles de révéler la présence d'effets négatifs sur la santé des abeilles et à favoriser la mise en place des mesures correctrices nécessaires, le cas échéant. Ces informations peuvent également permettre d'éliminer certaines causes qui, si elles étaient retenues, entraîneraient l'administration de traitements inefficaces et coûteux.

Les registres devraient contenir les informations suivantes :

  1. des indicateurs de base de la vigueur des colonies;
  2. une cote de vigueur des colonies (p. ex. indice numérique variant sur une échelle);
  3. une description des suppléments de nourriture et d'eau;
  4. une description de l'emplacement du rucher et des sources de nectar;
  5. une description des perturbations observées et de leur cause;
  6. une description des conditions dans les installations d'hivernage intérieur (température, humidité et dioxyde de carbone);
  7. une description des reines (âge, caractéristiques et source); utiliser le code couleur international pour indiquer l'âge des reines à l'aide d'une marque sur le thorax ;
  8. des détails sur les cas d'intoxication soupçonnés.

1.3 Prévention : réduction maximale de l'exposition

Objectifs

L'apiculteur s'efforce de prévenir le plus possible les contacts direct et indirects avec des abeilles infectées ou infestées.

Description

La première ligne de défense contre les infections et les infestations consiste à réduire le plus possible l'exposition des abeilles à des organismes nuisibles. En d'autres mots, il faut prévenir tout contact direct entre les abeilles lors d'introductions planifiées dans des colonies saines ou de mélanges non planifiés, ainsi que tout contact indirect par l'intermédiaire de matériel contaminé (équipement, nourriture, eau, pollen, etc.) ou survenant lors de la manipulation. Les acariens qui se propagent d'une abeille à l'autre peuvent être vecteurs de virus.

L'expression contact planifié désigne un contact direct au cours duquel une abeille infectée ou infestée transmet un organisme nuisible à une abeille saine ou au couvain de sa colonie. Les contacts planifiés peuvent également être favorisés par certaines pratiques comme l'égalisation des colonies utilisées par les fournisseurs de services de pollinisation à forfait.

Un mélange non planifié résulte de la dérive ou du transfert d'abeilles vers une autre colonie. La dérive peut être due à un manque de repères visuels ou résulter d'une désorientation provoquée par le vent ou un déplacement des colonies. Les perturbations occasionnées par la manipulation peuvent également entraîner la dérive d'abeilles. Le risque de mélange augmente lorsque les abeilles doivent étendre leur aire d'alimentation pour pallier une pénurie de nectar ou de pollen ou atténuer la compétition exercée par d'autres colonies. Les réserves de nourriture dans la colonie, la présence d'un apport de nourriture facilement accessible et des écoulements de miel peuvent attirer des abeilles d'autres colonies ou provenant d'endroits fréquentés par d'autres abeilles. On parle alors de comportement de pillage. Un mélange peut également se produire durant le transport lorsque des abeilles se rassemblent sur les parois extérieures de leur ruche. Le mélange peut se produire avec des abeilles d'autres colonies ou avec une autre espèce (p. ex. bourdon).

Un contact indirect se produit lorsqu'un organisme nuisible laissé par une abeille infectée ou infestée sur une surface ou une matière (p. ex. nourrissement, pollen, eau ou déjections) est transféré à une autre abeille.

Risques

Le tableau 4 décrit les risques posés par les principaux organismes nuisibles associés à l'abeille domestique au Canada. Les apiculteurs doivent être à l'affût de tout niveau risque de biosécurité dans leur région.

Tableau 4. Risques posés par les principaux organismes nuisibles associés à l'abeille domestique au Canada.
Pathogène, parasite ou insecte nuisible Biologie Contact direct Contact indirect : Nourriture et eau Contact indirect : Surfaces ou outils

Loque américaine

Paenibacillus larvae

Les larves s'infectent en ingérant de la nourriture contaminée apportée par des abeilles nourrices et sont sensibles à la bactérie dans les trois jours suivant l'éclosion. Les abeilles nettoyeuses propagent les spores de la bactérie avec leurs pièces buccales durant les échanges de nourriture. Élevé : ingestion de la bactérie par les larves, échange de nourriture entre abeilles adultes d'une même colonie ou contacts lors d'épisodes de pillage ou de dérive. Élevé : nourriture destinée au couvain /réserves de miel et pollen contaminés. Extrêmement élevé : les spores demeurent viables indéfiniment (plus de 70 ans) sur les surfaces et rayons contaminés. Un hôte vivant n'est pas nécessaire.

Loque européenne

Melissococcus plutonius

Les larves âgées de moins de deux jours s'infectent lorsqu'elles ingèrent de la nourriture contaminée. Les trois castes sont vulnérables. Le mécanisme de propagation est le même que dans le cas de la loque américaine. Élevé : ingestion de la bactérie par les larves, échange de nourriture entre abeilles adultes d'une même colonie ou contacts lors d'épisodes de pillage ou de dérive. Élevé : nourriture destinée au couvain /réserves de miel et pollen contaminés. Élevé : les spores ne survivent toutefois pas longtemps sur les surfaces inertes.

Couvain plâtré ou ascosphérose

Ascosphaera apis

Les spores sont disséminées dans l'eau, la nourriture ou les rayons ou par des abeilles qui ont dérivé. Les larves s'infectent en ingérant du pollen, de l'eau ou du nectar contaminé et sont plus sensibles trois à quatre jours suivant l'éclosion. Faible Élevé Faible : les spores conservent toutefois leur pouvoir infectieux pendant au moins 15 ans; la croissance du champignon est favorisée par des conditions fraîches et humides.
Couvain sacciforme Les abeilles nourrices ingèrent des fluides contaminés par le virus en retirant des larves mortes de leur alvéole. La propagation du virus à toute la colonie est assurée lorsque des abeilles nourrices approvisionnent en nourriture des larves âgées de un à deux jours ou lorsque des abeilles adultes s'échangent de la nourriture ou entrent en contact avec de la nourriture contaminée. Élevé Élevé Faible

Autres virus :

DWV, KBV, APV, IAPV, BQCV, etc.

De nombreux autres virus peuvent infecter l'abeille domestique et être associés à d'autres organismes nuisibles. Élevé : lorsque le virus est associé à une infestation à Varroa et que les abeilles sont plus sensibles. Faible Faible

Nosémose

Nosema apis

Nosema ceranae

La maladie est due à un protozoaire unicellulaire qui produit des spores résistantes demeurant viables pendant de longues périodes. Les déjections, l'eau ou la nourriture peuvent contenir des spores qui, une fois ingérées par une abeille adulte, germent dans l'intestin moyen de son hôte. Faible Élevé : dans l'eau et le pollen Élevé : par contact avec des déjections contaminées ou des résidus d'abeilles mortes déposés sur des surfaces ou des flaques d'eau contaminées par des déjections d'abeilles. Les spores peuvent demeurer viables très longtemps sur ces surfaces.

Varroa (acarien)

Varroa destructor

Les femelles se détachent de leur hôte adulte à l'intérieur de la ruche et déposent leurs œufs dans les alvéoles à couvain immédiatement avant l'operculation. Les abeilles fraîchement émergées transportent les acariens. La propagation de l'acarien d'une ruche à un autre est associée au comportement de dérive et de pillage ou résulte de contacts avec d'autres abeilles.

Extrêmement élevé : particulièrement entre larves de reines, d'ouvrières et mâles au sein d'une même colonie.

Un très grand nombre de rayons de mâles sont susceptibles d'être infestés.

Modérément élevé lorsque des abeilles adultes infectées se mêlent à d'autres abeilles d'autres colonies.

Faible Faible : en l'absence de son hôte, le varroa ne survit que 7 à 10 jours.

Acarien des trachées

Acarapis woodi

Les femelles passent de l'extrémité d'un poil d'une abeille hôte à celle d'un poil d'une autre abeille et pénètrent dans le système trachéen pour s'y nourrir et y déposer leurs œufs. Élevé : contact entre abeilles plus âgées et abeilles plus jeunes d'une même colonie, et par dérive d'abeilles entre colonies. Faible Faible

Petit coléoptère des ruches

Aethina tumida

Les femelles déposent leurs œufs sur les rayons ou à proximité. Les œufs éclosent deux à quatre jours plus tard. Les larves se nourrissent de pollen, de couvain et de miel pendant 10 à 16 jours, puis se nymphosent dans le sol. Quinze à trente jours plus tard, les adultes émergent et regagnent la ruche au vol, parcourant parfois plusieurs kilomètres. Ils peuvent vivre six mois, sont attirés par les fruits et peuvent hiverner à l'intérieur de la colonie. Aucun Aucun Élevé : la propagation peut être assurée par le transfert de rayons, le matériel apicole ou des paquets d'abeilles importés. Cet insecte peut proliférer rapidement dans les installations d'extraction du miel, où il est attiré par les écoulements de miel.

Fausse-teigne de la cire Galleria mellonella

Petite teigne de la cire Achroia grisella

Les femelles déposent leurs œufs dans des fissures entre les cadres, les couvercles et les boîtes. Les chenilles (larves) forent des galeries dans les rayons de cire et se nourrissent de pollen, de miel et de débris, puis se fixent entre les hausses ou sous le couvercle de la ruche pour se nymphoser. Aucun Aucun Extrêmement élevé

APV = virus de la paralysie aigüe; BQCV = virus de la cellule royale noire; DWV = virus des ailes déformées; IAPV = virus israélien de la paralysie aiguë; KBV = virus du Cachemire.

Avantages pour le producteur

Pour le producteur, la réduction de l'exposition aux organismes nuisibles comporte les avantages suivants :

  • économie de temps et d'argent consacrés au traitement;
  • réduction du risque d'apparition d'une résistance aux traitements;
  • réduction de la nécessité de détruire les équipements et abeilles contaminés;
  • augmentation de la vigueur des colonies et, de ce fait, de la production de miel;
  • augmentation de la qualité marchande des abeilles, des produits apicoles et des services de pollinisation aux échelles nationale et internationale;
  • possibilité de poursuivre le commerce interprovincial et international en cas d'infection ou d'infestation grave.

Pratiques recommandées

1. Conception des ruches

  1. La prise en compte des éléments suivants liés à la conception des ruches peut contribuer à réduire l'exposition des abeilles aux maladies et aux organismes nuisibles :
    1. installer des plateaux grillagés à mailles d'une taille appropriée, en prévoyant un espace suffisant entre le treillis et le fond du plateau pour que les varroas puissent traverser le treillis et s'empêtrer dans le piège collant installé au fond du plateau;
    2. utiliser une grille à reine pour confiner la reine à la chambre à couvain. En l'absence de cage à reine étanche et en bon état, la reine pourrait déposer ses œufs dans les rayons à miel et ainsi favoriser la propagation de maladies par contamination croisée en cas de transfert de hausses entre ruches;
    3. remplacer au moins 20 % (idéalement un tiers) des cadres à couvain chaque année par de nouveaux cadres, de nouveaux rayons bâtis et de nouvelles plaques de cire gaufrée. Cette pratique permet de réduire les charges de spores et les concentrations de résidus d'acaricides dans la ruche.
    4. Utiliser des nourrisseurs non exposés.

2. Choix de l'emplacement du rucher

Une gestion plus serrée des colonies s'impose dans les régions où de nombreux apiculteurs offrent des services de pollinisation à forfait et où des abeilles provenant de plusieurs ruchers peuvent fréquenter les mêmes aires d'alimentation. Les précautions suivantes sont recommandées.

  1. se renseigner sur les conditions locales (conditions météorologiques, type de sol, facteurs de vulnérabilité) et les principaux organismes nuisibles dans les régions où doivent être introduites les abeilles à des fins de pollinisation, en particulier si ces conditions diffèrent de celles présentes dans la région d'origine. Des précautions additionnelles s'imposent lorsqu'on transporte des abeilles vers de nouvelles régions ou en provenance de telles régions afin d'éviter d'y propager des organismes nuisibles;
  2. s'informer auprès des autres apiculteurs de la région du statut sanitaire de leurs colonies et de leurs pratiques de lutte contre les maladies et les organismes nuisibles;
  3. maintenir la plus grande distance possible entre les ruchers;
  4. suivre les recommandations relatives à la charge en colonies;
  5. en cas de doute concernant le statut sanitaire des colonies des apiculteurs voisins ou en présence de conditions susceptibles de favoriser les comportements de dérive, de pillage ou d'essaimage :
    1. s'abstenir de déployer des ruches ou de les retirer, selon le cas;
    2. éloigner les colonies des ruchers avoisinants;
    3. intensifier la surveillance et l'échantillonnage (voir la section 1.4);
    4. fournir un nourrissement supplémentaire non exposé, au besoin, afin de prévenir la dérive et le pillage;
    5. appeler un inspecteur si nécessaire.

3. Prévention du pillage

Les techniques suivantes contribuent à prévenir le pillage :

  1. nettoyer immédiatement toute bavure ou flaque de miel ou de sirop sucré;
  2. recouvrir les bavures ou flaques de miel et les plaques de cire et rayons exposés;
  3. utiliser des nourrisseurs non exposés;
  4. réduire et colmater les fuites dans les nourrisseurs et les seaux;
  5. laisser les ruches ouvertes le moins longtemps possible durant les inspections;
  6. ouvrir les ruches le moins souvent possible, sauf pour investiguer un problème soupçonné ou à des fins de surveillance;
  7. ouvrir les ruches et enlever les hausses en début de matinée, avant l'envol des butineuses;
  8. utiliser des plateaux chasse abeilles;
  9. entreposer les produits de nourrissement dans des contenants étanches dans une installation à l'épreuve des abeilles;
  10. éliminer les vieilles ruches et les vieux cadres inutilisables susceptibles d'attirer des abeilles d'autres ruchers;
  11. éviter de placer le rucher à proximité d'un site d'enfouissement ou d'un terrain de décharge;
  12. éliminer les véhicules et les équipements agricoles abandonnés pouvant servir de sites de nidification pour d'autres abeilles;
  13. installer un réducteur d'entrée à l'entrée inférieure des ruches hivernées à l'extérieur avant d'entreprendre le nourrissement;
  14. limiter le nombre de colonies dans un même rucher;
  15. éloigner le rucher ou l'installation d'hivernage des installations d'extraction du miel, de fonte de la cire ou d'entreposage contenant des préparations de nourrissement ou du miel (produit sur place ou provenant de ruchers voisins);
  16. veiller à ce que les installations d'extraction du miel, de fonte de la cire et d'entreposage soient à l'épreuve des abeilles (p. ex. en utilisant des chasses abeilles);
  17. éliminer les colonies affaiblies, sans reine ou jugées non viables.

4. Prévention de la dérive

  1. Les techniques suivantes sont recommandées pour prévenir la dérive :
    1. maintenir la plus grande distance possible entre les ruchers et, au sein d'un même rucher, entre les ruches et rangs de ruches;
    2. limiter le nombre de colonies dans un même rucher;
    3. fournir des repères visuels;
    4. modifier l'angle des entrées :
      • en disposant les ruches de façon irrégulière (p. ex. éviter de disposer les ruches en longs rangs le long d'une clôture);
      • en disposant les ruches dans des directions opposées;
      • en peignant chaque ruche d'une couleur différente ou en les marquant de motifs différents;
      • en disposant les ruches près de points de repère.
    5. déplacer les ruches de façon appropriée (p. ex. éviter les déplacements sur de courtes distances);
    6. prendre les précautions voulues pour empêcher les abeilles secouées ou errantes de pénétrer dans d'autres colonies lors du secouage des abeilles devant de nouvelles ruches ou du retrait des abeilles des hausses à miel.
    7. orienter les rangs de ruches de manière à ce que les vents dominants ne repoussent pas les abeilles à une extrémité des rangs.

5. Prévention de l'essaimage

  1. Les techniques de gestion active suivantes sont recommandées pour prévenir l'essaimage au printemps et périodiquement durant l'été et en automne :
    1. inspecter les colonies et éliminer les alvéoles d'essaimage tous les 9 à 10 jours;
    2. placer les colonies prospères dans des endroits où elles pourront avoir accès à une grande miellée en début de saison et ajouter un nombre suffisant de hausses;
    3. remérer les colonies avec des reines d'une souche génétiquement moins prédisposée à l'essaimage ;
    4. remplacer les reines par des reines plus jeunes;
    5. maintenir un espace de ponte suffisant;
    6. inverser les boîtes à couvain au printemps.

6. Précautions à prendre durant la division, la fusion ou l'égalisation des colonies

  1. surveiller et, si nécessaire, traiter les colonies avant d'effectuer ces manipulations;
  2. éviter de mélanger des abeilles provenant de ruchers différents ou des abeilles de statut sanitaire différent;
  3. éviter d'introduire des abeilles saines dans des ruches contaminées ou de placer des ruches contaminées parmi des colonies saines.

7. Réduction des fuites d'abeilles durant le transport et des contacts avec d'autres abeilles

  1. respecter les districts visés par des mesures actives de quarantaine, de sélection ou de recherche dans la province;
  2. transporter les abeilles durant la nuit;
  3. recouvrir en tout temps les ruches d'un filet ou d'un treillis durant le transport (de jour ou de nuit) si le transport est effectué à l'aide d'un camion ouvert. Nettoyer le camion après chaque utilisation afin d'éliminer les abeilles mortes et autres débris;
  4. orienter les ruches de manière à ce que leurs entrées soient orientées vers le centre du camion, en veillant toutefois à maintenir une circulation d'air adéquate;
  5. utiliser des grilles d'entrée, mais avec prudence, car les abeilles peuvent paniquer si elles sont exposées à de conditions de chaleur excessive;
  6. colmater toutes les fissures entre les hausses;
  7. utiliser une autre méthode (p. ex. camion réfrigéré).

8. Extraction du miel

  1. éviter d'extraire le miel de rayons à couvain contaminés par les agents bactériens de la loque américaine ou de la loque européenne;
  2. ne pas accepter de hausses à miel provenant d'autres apiculteurs, à moins de connaître le statut sanitaire de leurs colonies;
  3. dans le cas des petites exploitations apicoles, effectuer soi-même l'extraction du miel;
  4. rassembler les hausses à miel en vue de l'extraction au moment opportun;
  5. en cas de non utilisation de cages à reine, éviter le plus possible d'introduire du couvain avec les hausses à miel dans la miellerie;
  6. procéder à l'extraction du miel rapidement;
  7. nettoyer régulièrement les installations d'extraction;
  8. assurer une bonne ventilation sur le dessus et aux entrées, ou maintenir un taux d'humidité de 50 % dans la chambre chaude;
  9. entreposer les opercules dans des contenants étanches.

Tenue de registres

En ce qui a trait à la prévention de l'exposition aux organismes nuisibles, la tenue de registres vise à faciliter le retraçage de la source de l'exposition, la détermination des voies d'exposition et la mise en place en temps opportun des mesures voulues pour prévenir toute propagation additionnelle des organismes nuisibles. À cette fin, il est recommandé :

  1. marquer une partie ou la totalité des ruches avec des identificateurs uniques (p. ex. code numérique o code couleur);
  2. établir la répartition des colonies par rucher;
  3. indiquer sur une carte l'emplacement des colonies dans chaque rucher;
  4. travailler de concert avec les autres apiculteurs, l'apiculteur provincial et les associations de producteurs afin de coordonner les déplacements des ruches (à des fins de pollinisation) de manière à réduire les risques d'exposition;
  5. noter le nom et les adresses des autres apiculteurs partageant les services de transport, si ces informations sont connues.
  6. tenir à jour des dossiers sur les organismes nuisibles détectés par colonie, rucher et exploitation.
  7. noter les mesures de gestion pouvant représenter des sources potentielles d'exposition et les dates de leur mise en œuvre :
    1. source des préparations de nourrissement;
    2. introduction de matériel et fournitures apicoles usagés;
    3. dates de l'installation, du remplacement ou du retrait des hausses à miel;
    4. date de réception des chambres à couvain dans l'installation d'entreposage;
    5. source des abeilles.

Enregistrer tous les cas soupçonnés ou confirmés à l'échelle du rucher ou alertes officielles faisant état de la présence organismes nuisibles normalement peu communs dans la région. Le cas échéant, ces informations pourraient justifier le déclenchement d'une surveillance plus intensive dans les régions à risque élevé.

1.4 Diagnostic et surveillance

Objectif

L'apiculteur veille à ce que les organismes nuisibles et leurs signes soient identifiés correctement et exerce une surveillance constante afin d'évaluer les risques d'infection ou d'infestation.

Description

L'apiculteur et les membres de son personnel doivent avoir reçu une formation appropriée sur les méthodes de diagnostic et de surveillance et être en mesure d'identifier les organismes nuisibles susceptibles d'infecter ou d'infester les colonies. Si des analyses de laboratoire s'imposent, l'apiculteur doit avoir reçu la formation nécessaire et disposer du matériel requis. Si des services d'identification et de vérification plus poussés s'avèrent nécessaires, l'apiculteur doit savoir comment prélever des échantillons et à qui soumettre ces échantillons à des fins d'analyses diagnostiques de laboratoire. L'apiculteur peut participer à des programmes d'inspection volontaire axés sur la détection de risques de biosécurité, lorsque de tels programmes existent. L'apiculteur ne doit pas se contenter d'effectuer uniquement les inspections exigées par la loi. La surveillance comporte les trois grands objectifs suivants :

  1. Surveiller les colonies afin de détecter, le cas échéant, des conditions anormales et d'en déterminer l'origine et d'éliminer les causes non liées à une infestation ou infection avant d'entreprendre un traitement :
    1. déclin inexpliqué de la production de miel ou des réserves de nourriture, signe potentiel d'une altération de l'état de santé des abeilles;
    2. taux de mortalité hivernale;
    3. observations visuelles des populations d'abeilles :
      1. taille des grappes d'abeilles (nombre de cadres couverts d'abeilles);
      2. présence de reine;
      3. œufs;
      4. aspect du couvain;
      5. alvéoles royales.
    4. observations visuelles axées sur la détection d'abeilles ou de larves mortes :
      1. l'intérieur de la ruche (p. ex. sur les rayons à couvain ou le plateau);
      2. à l'extérieur de la ruche (p. ex. aux entrées des ruches).
    5. Observations visuelles axées sur la détection de comportements anormaux :
      1. agressivité inhabituelle;
      2. comportement de pillage;
      3. abeilles léthargiques, désorientées, rampantes, incapables de voler, prises de convulsions.
  2. Si un problème est décelé, identifier l'organisme nuisible en cause, évaluer l'ampleur de l'infestation oude l'infection et, au besoin, administrer un traitement approprié et alerter les autorités compétentes :
    1. Observations d'abeilles adultes présentant un aspect anormal ou des signes de maladie :
      1. Dysenterie ou symptômes évocateurs de nosémose :
        • abeilles présentant une apparence graisseuse ou humide, sans poils, de couleur pâle,aux yeux rougeâtres;
        • déjections sur les cadres et près des entrées de la ruche;
        • odeur anormale;
        • effectuer une numération des spores pour évaluer si le seuil de traitement recommandé pour la période de surveillance a été atteint.
      2. Signes visuels attestant la présence d'acariens :
        • varrroas adultes sur le couvain et les abeilles adultes;
        • abeilles aux ailes déformées;
        • acariens mâles adultes et immatures au fond d'alvéoles d'où des abeilles ont récemment émergé;
        • déjections près des opercules d'alvéoles d'où des abeilles ont récemment émergé;
        • effectuer un dénombrement des acariens pour évaluer si le seuil de traitement recommandé pour la période de surveillance a été atteint.
    2. Signes visuels de maladies du couvain :
      1. larves présentant un aspect anormal ou mortes;
      2. présence d'écailles symptomatiques de la loque américaine;
      3. momies (couvain plâtré);
      4. couvain sacciforme.
    3. signes visuels attestant la présence du petit coléoptère des ruches ou de la fausse teigne de la cire ou de dommages causés par ces insectes;
    4. signes visuels de perturbations causées par des ravageurs (p. ex. fourmis, ours, mouffettes, ratons laveurs ou rongeurs);
    5. prélever des échantillons et les soumettre à un laboratoire de diagnostic ou à un service d'inspection pour faire confirmer la cause de l'infection ou de l'infestation.
  3. Exercer une surveillance afin d'évaluer si les seuils de traitement sont atteints et, au besoin, répéter le traitement ou évaluer l'efficacité des traitements effectués.
    1. évaluer si les seuils de traitement recommandés pour la période de surveillance ont été atteints(p. ex. nombre d'acariens ou de spores de Nosema);
    2. évaluer l'efficacité des traitements effectués (s'il y a lieu de soupçonner une résistance au traitement administré, si les conditions dans lesquelles le traitement a été effectué n'étaient pas optimales ou s'il s'agit d'un nouveau traitement);
    3. réaliser des tests pour confirmer l'absence de résistance au traitement.

Un seuil de traitement est un niveau mesurable d'infection ou d'infestation à partir il convient d'intervenir pour en atténuer les effets négatifs sur la santé des abeilles et réduire le plus possible les pertes économiques. Les seuils de traitement contre certains ravageurs peuvent varier selon la méthode d'échantillonnage utilisée, le moment où les échantillons ont été prélevés, le stade de développement de l'organisme nuisible ciblé et l'emplacement géographique du rucher. Ils peuvent également différer selon qu'un seul ou plusieurs parasites sont présents (p. ex. varroas et acariens des trachées) ou selon le degré de sensibilité des abeilles. L'apiculteur doit s'informer auprès de l'apiculteur provincial ou d'un spécialiste pour connaître les seuils de traitement recommandés dans sa région.

Risques

Le fait de ne pas exercer de surveillance pour détecter la présence éventuelle d'organismes nuisibles comporte les risques suivants :

  • propagation rapide de l'infection ou de l'infestation à tout le rucher ou à toute l'exploitation apicole;
  • propagation de l'infection ou de l'infestation aux exploitations apicoles voisines par suite du mélange d'abeilles (abeilles voleuses) infectées ou infestées.
  • non exploitation de la fenêtre de temps associée au cycle vital des abeilles ou des organismes nuisibles pour administrer les traitements;
  • erreurs de diagnostic menant à l'administration de traitements inappropriés;
  • administration d'un traitement superflu ou inapproprié si la présence de l'organisme est soupçonnée mais non confirmée ou si les seuils de traitement n'ont pas été atteints;
  • traitement déclaré à tort efficace à cause d'un problème de résistance ou de divers facteurs environnementaux;
  • risque accru de contamination du miel et d'une accélération de l'apparition d'une résistance en cas d'utilisation de médicaments à des fins prophylactiques.

Le fait d'exercer une surveillance dans le but de détecter d'éventuels signes visuels d'une infection ou d'une infestation ne garantit pas que la colonie ou le matériel apicole est exempt d'organismes nuisibles. Par exemple, même si des spores de la bactérie de la loque américaine sont présentes, les signes précoces de la maladie sont souvent difficiles à détecter.

Avantages pour le producteur

  • Pour le producteur, le principal avantage lié au fait d'exercer une surveillance régulière est de savoir qu'il a utilisé les bonnes méthodes en temps opportun et qu'il a ainsi évité d'appliquer des mesures de lutte superflues.
  • La mise en place d'un programme de surveillance permet à l'apiculteur d'intervenir rapidement dans le but de contenir ou d'empêcher la propagation de l'organisme nuisible détecté et de limiter ses impacts sur la production de miel et la santé de la colonie.
  • En fin d'été et en automne, une surveillance régulière peut aider l'apiculteur à réduire les pertes hivernales en mettant en place des mesures destinées à promouvoir la santé et la vigueur des colonies en hivernage.

Pratiques recommandées

L'efficacité de la surveillance repose sur les principes suivants :

  1. être à l'affût des nouveaux cas d'infection ou d'infestation et se tenir au courant des alertes sanitaires locales;
  2. le cas échéant, commencer à exercer une surveillance régulière avant la période de traitement recommandée, en tenant compte du cycle de développement des abeilles (étapes du cycle vital durant lesquelles les abeilles sont les plus sensibles) et de l'organisme nuisible (étapes durant lesquelles l'organisme nuisible est le plus susceptible d'infecter ou d'infester les abeilles) et de la période de l'année;
  3. établir un plan de surveillance continue harmonisé avec le calendrier des activités saisonnières de l'exploitation afin de pouvoir évaluer le statut des colonies à l'égard des organismes nuisibles au cours des périodes de l'année ou moment suivants:
    1. printemps, été et automne, selon l'organisme nuisible ciblé;
    2. après les traitements (évaluation de l'efficacité);
    3. en hiver, en cas d'hivernage à l'extérieur et lorsque la température le permet;
    4. dans l'installation d'hivernage, en cas d'hivernage intérieur;
    5. avant la fusion, la division ou l'égalisation de colonies ou le remérage;
    6. avant l'égalisation des colonies, avant le déploiement des ruches à des fins de pollinisation;
    7. avant le retrait des hausses à miel (identification des colonies affaiblies peu productives);
    8. avant le début de la période d'élevage des reines, le cas échéant;
    9. durant la période d'élevage des reines, le cas échéant;
    10. avant le déplacement ou le transport des abeilles ou des reines, le cas échéant.
  4. utiliser un indice ou une cote facile à interpréter pour évaluer la vigueur des colonies et suivre les changements à cet égard (p. ex. cote variant sur une échelle de 1 à 3);
  5. reconnaître les signes visuels précoces d'un possible problème, de manière à pouvoir entreprendre rapidement une enquête sur les causes et éviter l'administration de traitements inappropriés ou superflus;
  6. surveiller les facteurs environnementaux ou autres (p. ex. sécheresse, mortalité causée par des pesticides, etc.) susceptibles d'être confondus avec des signes d'infection ou d'infestation;
  7. utiliser des méthodes d'échantillonnage applicables à l'ensemble de l'exploitation apicole;
  8. manipuler les échantillons de manière à prévenir la propagation des organismes nuisibles ou la dégradation des échantillons avant la tenue des analyses;
  9. confirmer l'identité de l'organisme nuisible en cause au moyen de tests sous microscope ou en confiant les échantillons à des laboratoires de diagnostic ou à des services d'inspection compétents;
  10. identifier les échantillons par colonie, rucher, date et exploitation apicole;
  11. en plus d'inspecter régulièrement les colonies, se renseigner sur les programmes d'inspection volontaire et de surveillance disponibles localement et participer à ces programmes;
  12. tenir un registre par date des observations colligées et des données amassées;
  13. offrir une formation sur l'identification des organismes nuisibles communs et exotiques et des séances de mise à jour des connaissances aux apiculteurs et aux membres du personnel de l'exploitation;
  14. effectuer des tests pour confirmer la présence d'une éventuelle résistance aux traitements;
  15. évaluer l'efficacité des traitements effectués afin de répéter les traitements, au besoin, ou utiliser un traitement de remplacement si le premier traitement a été jugé inefficace.

Voir l'annexe D pour une description des méthodes d'identification et de surveillance applicables aux principaux organismes nuisibles associés à l'abeille domestique.

Tenue de registres

La tenue de registres est un élément essentiel de la surveillance des organismes nuisibles et des maladies. Les informations suivantes devraient y être consignées :

  1. identificateur du rucher et des colonies;
  2. date de l'inspection;
  3. nom de la personne ayant effectué l'inspection ou responsable de la surveillance;
  4. indice de la vigueur des colonies;
  5. production de miel;
  6. observations visuelles de l'état de santé et du comportement des colonies;
  7. observations visuelles de signes attestant la présence d'organismes nuisibles;
  8. observations visuelles de signes de perturbation ou de dommages infligés aux rayons ou aux ruches;
  9. résultats de la numération des spores ou du dénombrement des parasites et méthode d'échantillonnage utilisée;
  10. notes sur les nouveaux risques de biosécurité décelés dans la région.

Les résultats des activités de surveillance peuvent être colligés par ruche ou pour l'ensemble du rucher si un échantillon de ruches fait l'objet d'une surveillance régulière.

1.5 Plan d'intervention standard

Objectifs

L'apiculteur dispose d'un plan d'intervention standard comportant de seuils de traitement, des options et des plans de rotation, des procédures de notification et de tenue de registres et des mesures de suivi.

Description

Une intervention désigne toute initiative prise pour prévenir, éliminer ou réduire les risques d'infection ou d'infestation des colonies. Exemples : isolement des colonies, élimination de colonies et des ruches contaminées, application de méthodes de lutte culturale, physique ou mécanique, traitements avec des produits chimiques ou biologiques homologués.

Une intervention courante est une intervention ciblant un organisme nuisible communément rencontré dans l'exploitation ou la région. Les risques de biosécurité posés par ces organismes peuvent être assortis d'exigences provinciales ou faire l'objet d'avis.

L'application d'un plan d'intervention d'urgence, objet de la section 1.6, est déclenchée par la présence soupçonnée ou confirmée d'un organisme nuisible exotique ou peu familier présentant un risque élevé. Les risques de biosécurité par ces organismes sont normalement assujettis à des exigences provinciales.

L'application d'un plan d'intervention standard est déclenchée lorsque la présence d'un organisme nuisible a été confirmée ou lorsque le niveau d'infection ou d'infestation a atteint les seuils de traitements saisonniers recommandés par les autorités provinciales compétentes.

Un plan d'intervention prévoyant l'application de mesures d'isolement ou de destruction, l'administration de traitements culturaux ou chimiques ou le recours à des procédures de communication et de notification est en place.

Types de produits de traitement :

  • Acaricides : substances utilisées pour tuer des acariens.
  • Antibiotiques : substances utilisées pour tuer des bactéries ou inhiber leur activité.
  • Fumigants : produits chimiques qui agit à l'état gazeux (vapeurs).
  • Acides organiques : composés organiques possédant des propriétés acides.
  • Pièges à phéromone : Pièges utilisant une phéromone (substance chimique produite par les insectes et intervenant dans la communication entre les membres d'une même espèce) comme appât pour attirer un insecte nuisible ciblé.
  • Acaricides de synthèse : Acaricides fabriqués artificiellement.

La lutte non chimique est une méthode de lutte antiparasitaire reposant sur l'application d'une méthode culturale, mécanique ou physique plutôt que sur l'utilisation d'un agent de lutte biologique ou chimique.

Un plan d'intervention standard repose sur les pratiques suivantes :

  • se tenir au courant des recommandations relatives à la lutte antiparasitaire;
  • comprendre les facteurs susceptibles de compromettre l'efficacité des traitements;
  • comprendre et suivre les instructions figurant sur l'étiquette des produits antiparasitaires utilisés;
  • respecter le moment et la portée des traitements;
  • utiliser les traitements disponibles en alternance et en rotation, lorsque cette pratique est recommandée, afin de prévenir l'apparition d'une résistance aux traitements;
  • combiner les traitements à des procédures d'assainissement et de désinfection afin de prévenir de nouvelles expositions;
  • évaluer les résultats obtenus;
  • tenir un registre des traitements effectués et des résultats obtenus.

Pour que le plan d'intervention soit efficace, l'apiculteur et ses employés doivent avoir suivi une formation sur les méthodes de traitement recommandées de manière à pouvoir appliquer le plan et savoir quand et comment contacter l'apiculteur provincial, un spécialiste de l'apiculture ou une autre autorité réglementaire.

Risques

Le fait de ne pas mettre en place un plan d'intervention standard prévoyant l'application des procédures de traitement recommandées conformément aux instructions figurant sur l'étiquette comporte les risques suivants :

  • pertes économiques, hausse de la mortalité hivernale, réduction de la durée de vie des abeilles, ralentissement de la croissance des colonies au printemps et interférence avec l'élevage du couvain et diminution de la production de miel;
  • réduction de l'efficacité ou échec des traitements et, en conséquence, affaiblissement ou mort des colonies;
  • risque d'intoxication due à des interactions entre les produits chimiques utilisés;
  • accélération de la propagation des organismes nuisibles au sein de l'exploitation et des exploitations voisines;
  • augmentation du risque de réinfection ou de réinfestation;
  • hausse de l'incidence d'une résistance aux traitements;
  • réduction de la capacité des colonies affaiblies par des organismes nuisibles de résister aux facteurs de vulnérabilité et aux infections secondaires.

Avantages pour le producteur

Le fait d'effectuer les traitements en respectant les seuils d'intervention comporte les avantages suivants :

  • réduction du temps et des montants consacrés à l'administration des traitements;
  • réduction du risque d'apparition d'une résistance aux traitements;
  • réduction du risque d'accumulation de résidus de pesticides chimiques.

Le fait d'appliquer toutes les recommandations relatives aux traitements et de veiller à ce que les traitements soient effectués en temps opportun sous des conditions idéales :

  • accroît l'efficacité des interventions;
  • atténue les diminutions de la production de miel et les pertes d'abeilles.

Pratiques recommandées

La principale pratique recommandée dans le plan d'intervention standard est de se renseigner sur les recommandations provinciales relatives aux traitements et de s'y conformer. En d'autres mots, l'apiculteur doit se tenir au courant des nouvelles homologations de produits, des modifications apportées au mode d'emploi des produits homologués ou aux seuils de traitement saisonniers et des pratiques de lutte non chimique. Certaines provinces publient leurs recommandations sous la forme de mises à jour annuelles, tandis que d'autres publient une série de fiches d'information ou de bulletins et procèdent à leur mise à jour lorsque nécessaire. L'apiculteur peut consulter l'apiculteur provincial ou un spécialiste en apiculture si sa province ne publie pas de recommandations.

1. Principes sous-tendant l'application de produits chimiques

Utiliser des produits chimiques homologués au lieu de recourir à des méthodes culturales ou à des méthodes d'assainissement ou de désinfection ou, lorsque la chose est possible, à une combinaison de toutes ces méthodes. Les traitements chimiques ne remplacent pas les méthodes de lutte non chimique ou les méthodes visant à réduire les facteurs de vulnérabilité.

  1. Prévenir l'apparition d'une résistance aux traitements. Pour ce faire :
    1. effectuer les traitements en rotation ou en alternance, si possible, à chaque période de traitement (p. ex. printemps et automne);
    2. utiliser en rotation ou en alternance des produits chimiques de différents groupes, lorsque la chose est possible, et éviter d'effectuer des traitements multiples contre un même organisme nuisible durant une même période de traitement.
  2. recourir le moins possible aux acaricides de synthèse et être conscient des risques d'interactions chimiques et d'accumulation de résidus hautement toxiques pour les abeilles dans la cire associés à l'utilisation de ces produits;
  3. choisir, entre plusieurs options de traitement, celle qui présente la plus grande spécificité contre l'organisme nuisible ciblé et la plus faible toxicité pour les abeilles;
  4. respecter les seuils de traitement saisonniers pour les numérations de spores ou les dénombrements d'acariens :
    1. un traitement peut être efficace contre plusieurs organismes nuisibles ou maladies simultanément;
    2. selon les circonstances, l'utilisation d'antibiotiques à des fins prophylactiques ou préventives peut être recommandée ou contre-indiquée. Pour de plus amples renseignements sur cette question, consulter l'apiculteur provincial ou un spécialiste de l'apiculture;
    3. éviter d'effectuer un traitement si le seuil de traitement n'est pas atteint.
  5. lire soigneusement les instructions figurant sur l'étiquette avant d'appliquer un produit antiparasitaire :
    1. utiliser les médicaments, acaricides et autres produits de traitement à la dose d'application ou concentration recommandée;
    2. utiliser uniquement des produits homologués pour l'utilisation ciblée ou des produits prescrits par un vétérinaire;
    3. prendre en compte les contraintes liées à la température et/ou à l'humidité au moment d'administrer les traitements;
    4. pour tous les traitements, respecter le délai d'attente et la durée maximale durant laquelle le pesticide peut demeurer à l'intérieur de la colonie. Éviter de traiter alors que les hausses à miel sont dans les ruches, à moins qu'il soit clairement mentionné sur l'étiquette que le produit est sans danger pour les abeilles;
    5. éliminer les produits de traitement (p. ex. lanières acaricides) conformément aux instructions figurant sur l'étiquette;
    6. éviter de réutiliser les lanières acaricides;
    7. ne pas utiliser de produits périmés;
    8. prendre toutes les précautions (équipement, vêtements de protection) recommandées sur l'étiquette lors du mélange et de l'application des produits antiparasitaires.
  6. effectuer les traitements de façon rigoureuse et constante et, si la chose est possible, traiter simultanément et au même endroit toutes les colonies infectées ou infestées, ou retirer du rucher les colonies qui ne requièrent aucun traitement et traiter les autres;
  7. traiter toutes les colonies en temps opportun, en particulier si le traitement est administré avec la nourriture. Les traitements doivent être effectués lorsque les seuils de traitement sont atteints et avant la production de miel. L'administration d'un médicament avec la nourriture doit être survenir avant que la température soit trop basse et que les abeilles ne soient plus capables de quitter la grappe pour venir se nourrir.

2. Techniques de lutte non chimique

Note : Les méthodes de lutte culturale ou mécanique ne remplacent pas nécessairement les traitements chimiques. Ces techniques peuvent toutefois contribuer à maintenir les nombres de spores ou d'acariens sous les seuils de traitement.

Les techniques décrites ci-après peuvent être utilisées pour lutter contre les organismes nuisibles dans les colonies.

a. Réduction de l'incidence des maladies causées par les organismes pathogènes
  1. la meilleure ligne de défense culturale contre les maladies consiste à maintenir des colonies vigoureuses en leur procurant un accès à des sources de nourriture et d'eau de qualité et à réduire le plus possible les facteurs de vulnérabilité;
  2. exercer une surveillance régulière afin d'identifier les organismes nuisibles qui s'attaquent aux colonies et, le cas échéant, prévenir leur propagation en isolant les colonies atteintes;
  3. remplacer régulièrement les cadres à couvain et les rayons contaminés afin de prévenir la nosémose et d'autres maladies du couvain;
  4. en cas d'infection ou d'infestation grave, transférer les abeilles saines dans une ruche non contaminée en les secouant devant l'entrée de cette nouvelle ruche;
  5. Le remérage avec des reines résistantes ou présentant un comportement hygiénique est une pratique culturale préventive efficace (voir la section 1.1).
b. Lutte contre le varroa

Les méthodes de lutte non chimique suivantes sont efficaces contre le varroa :

  1. maintenir des colonies vigoureuses;
  2. utiliser des plateaux grillagés;
  3. remplacer les reines par des reines résistantes aux acariens;
  4. éliminer les alvéoles de mâles pour réduire les charges de varroas et surveiller l'évolution de l'infestation;
  5. utiliser des cadres avec de la cire gaufrée pour mâles ou du couvain de mâles;
  6. diviser et remérer les colonies avec des cellules royales ou utiliser d'autres techniques pour interrompre le cycle d'élevage du couvain.
c. Lutte contre les acariens des trachées

Les techniques non chimiques suivantes peuvent donner de bons résultats contre les acariens des trachées. Pour qu'il en soit ainsi, il faut :

  1. maintenir des colonies vigoureuses;
  2. placer un mélange de sucre et de graisse alimentaire végétale (rapport de 3:1) sur la baguette supérieure des ruches. Les traces de graisse alimentaire sur les abeilles empêchent les acariens de reconnaître les jeunes abeilles comme des hôtes potentiels;
  3. remplacer les reines par des reines résistantes aux acariens des trachées;
  4. limiter le plus possible les échanges de rayons entre les colonies si le statut sanitaire est inconnu.
d. Lutte contre le petit coléoptère des ruches

Les techniques non chimiques suivantes donnent de bons résultats contre le petit coléoptère des ruches :

  1. maintenir des colonies vigoureuses;
  2. éviter d'installer les ruchers sur un sol sableux, car les larves peuvent facilement s'y enfouir pour se nymphoser;
  3. installer des pièges dans les colonies;
  4. éviter d'exposer les abeilles saines à du matériel contaminé, d'empiler des hausses infestées sur les boîtes de colonies vigoureuses, d'insérer des colonies divisées dans des colonies saines ou d'échanger des rayons avec des colonies infestées;
  5. éliminer promptement les abeilles mortes – les petits coléoptères des ruches se multiplient rapidement lorsqu'ils ne sont pas tenus en échec par les ouvrières;
  6. utiliser des grilles à reine.
e. Lutte contre la fausse teigne de la cire

Les techniques non chimiques suivantes donnent de bons résultats contre la fausse teigne de la cire :

  1. maintenir des colonies vigoureuses;
  2. éliminer régulièrement (au moins une fois par année) la cire et les débris dans les plateaux.

Tenue de registres

Les renseignements suivants sur les traitements et les techniques de lutte non chimique devraient être consignés par colonie, à moins que toutes les colonies du rucher ou l'ensemble de l'exploitation fassent l'objet d'un traitement identique :

  1. nom du traitement;
  2. nombre de lot du traitement, le cas échéant;
  3. nom de la personne ayant administré le traitement ou appliqué la procédure;
  4. date de la vérification, nom et signature de la personne (autre que l'opérateur antiparasitaire) l'ayant effectuée;
  5. fournisseur;
  6. date de péremption du produit;
  7. date de l'application;
  8. dose appliquée, en particulier si différente de la dose recommandée sur l'étiquette;
  9. observations sur les conditions environnementales susceptibles d'influer sur l'efficacité des traitements (p. ex. température)
  10. numérations des spores de Nosema ou dénombrements de varroas avant et après les traitements, pour évaluer l'efficacité des traitements;
  11. techniques de lutte culturale ou mécanique utilisées;
  12. observations.

Conserver et archiver adéquatement les factures pour faciliter la gestion des dossiers sur les traitements contre les organismes nuisibles.

1.6 Plan d'intervention d'urgence

Objectifs

L'apiculteur applique d'un plan d'intervention d'urgence et comprend bien les conditions justifiant sa mise en oeuvre.

Description

Un plan d'intervention d'urgence est mis en oeuvre lorsque la présence d'un organisme nuisible exotique ou peu familier présentant un risque élevé est soupçonnée ou confirmée dans une exploitation apicole. De tels risques de biosécurité sont vraisemblablement assujettis à des exigences provinciales et, dans certains cas, à des exigences fédérales (ACIA) applicables aux maladies à déclaration obligatoire.

Un plan d'intervention d'urgence est mis en oeuvre :

  • lorsqu'une quarantaine est établie. L'ordonnance de quarantaine précise les limites de la zone de quarantaine établie, les raisons justifiant l'établissement d'une telle zone et les mesures nécessaires et impose un certain nombre de restrictions. L'ordonnance de quarantaine demeure en vigueur jusqu'à sa levée par l'autorité réglementaire compétente.
  • lorsque des alertes avisant les producteurs de l'introduction au pays ou de la découverte dans une province ou une région d'un organisme nuisible exotique sont émises par les gouvernements fédéral ou provinciaux ou des associations de producteurs.
  • lorsque des rapports informels font état de taux d'infection ou d'infestation inhabituels ou anormalement élevés. Ces rapports peuvent émaner d'apiculteurs voisins, d'associations ou de clubs, d'apiculteurs qui offrent des services de pollinisation à forfait à des endroits où d'autres ruches sont déployées ou d'agriculteurs et d'entreprises faisant appel à des services de pollinisation à forfait.
  • lorsque la présence d'organismes nuisibles à haut risque dans une exploitation est confirmée par l'apiculteur provincial ou l'autorité réglementaire compétente.
  • lorsque l'apiculteur observe des fluctuations d'abondance des populations d'abeilles, des modifications de l'activité des colonies ou une chute de production de miel inhabituelles ou inexplicables.
  • lorsque l'apiculteur observe des signes de maladies ou la présence d'acariens ou d'autres organismes nuisibles qu'il n'a jamais observés auparavant.
  • lorsque l'apiculteur constate qu'un traitement dirigé contre un organisme nuisible n'a pas donné les résultats escomptés. Cette baisse d'efficacité peut être due à l'apparition d'une résistance au traitement, à une identification erronée de l'organisme nuisible en cause, à la présence de conditions suboptimales lors du traitement ou à des erreurs commises lors de l'administration du traitement.

Risques

Le fait de ne pas disposer d'un plan d'intervention d'urgence comporte les risques suivants :

  • pertes économiques importantes si des mesures inappropriées sont prises, si les mesures nécessaires ne sont pas prises rapidement ou si aucun traitement n'est disponible;
  • émission d'une ordonnance de quarantaine prolongée ciblant le rucher;
  • perturbation des colonies et imposition de restrictions compromettant le déplacements des ruches, ou achat ou vente des abeilles et des ruches en cas d'émission d'une ordonnance établissant une zone de quarantaine obligatoire;
  • accélération de la propagation des organismes nuisibles au sein de l'exploitation et aux exploitations voisines;
  • affaiblissement des colonies par les organismes nuisibles et réduction de la résistance des colonies aux conditions météorologiques défavorables, à la malnutrition, aux perturbations et à l'exposition aux pesticides;
  • réduction de l'efficacité des traitements ou échec des traitements entraînant l'affaiblissement ou mort des colonies si l'organisme nuisible en cause n'est pas identifié correctement ou si un traitement inapproprié est administré.

Avantages pour le producteur

Le fait de disposer d'un plan d'intervention d'urgence permet à l'apiculteur :

  • de résoudre efficacement un problème causé par un organisme nuisible avant que ce dernier ait le temps de se propager et devienne une grave menace pour l'exploitation;
  • d'atténuer ses pertes économiques et de réduire les coûts et le temps qu'il devrait autrement consacrer à la mise en place d'un programme de surveillance à grande échelle ou à l'administration de traitements agressifs et de prévenir ainsi entièrement ou en partie l'émission d'une ordonnance de quarantaine;
  • de préserver ou de restaurer sa réputation plus rapidement s'il intervient efficacement en temps opportun – un avantage s'il cherche à vendre des abeilles ou des produits apicoles ou à offrir des services de pollinisation à forfait;
  • de modifier ses traitements ou ses techniques d'application en vue d'en accroître l'efficacité.

Pratiques recommandées

Un plan d'intervention d'urgence doit inclure les éléments suivants :

1. Plan de communication et de notification. Le plan de communication vise à maintenir un lien avec les personnes ou groupes suivants :

  1. le personnel de l'exploitation;
  2. l'inspecteur apicole, l'apiculteur provincial ou l'autorité réglementaire compétente;
  3. les associations et les clubs;
  4. les fournisseurs ou les clients d'abeilles ou de produits apicoles susceptibles de transmettre le risque de biosécurité;
  5. les autres apiculteurs susceptibles d'assurer la propagation d'organismes nuisibles;
  6. les agriculteurs qui ont recours à des services de pollinisation.

Tenir à jour une liste des personnes-ressources, de leurs adresses courriel et de leurs numéros de téléphone et faciliter l'accès de cette liste aux employés.

Le principal élément déclencheur qui incite l'apiculteur à communiquer avec les services gouvernementaux est l'obligation de signaler les risques de biosécurité.

L'élément déclencheur qui incite l'apiculteur à communiquer avec des intervenants de l'extérieur peut varier :

  1. selon que le risque de biosécurité est soupçonné ou confirmé;
  2. selon le risque de propagation rapide;
  3. selon que le risque de biosécurité est présent ailleurs dans la région;
  4. selon la source identifiée du risque.

2. Protocole de gestion des abeilles

  1. Lorsqu'un risque de biosécurité est soupçonné mais n'a pas encore été confirmé, suivre les instructions fournies par l'apiculteur provincial ou l'autorité de réglementation compétente.

    Selon la situation, les interventions immédiates suivantes peuvent être recommandées :

    1. suspendre temporairement tous les déplacements planifiés de colonies ou de ruches hors de la zone de confinement (ou de quarantaine, le cas échéant) (p. ex. transfert de colonies dans un nouveau rucher prévu dans le cadre d'un accord de pollinisation);
    2. interdire ou restreindre l'accès à des colonies soupçonnées d'être infestées ou infectées et marquer ces colonies.
    3. isoler les colonies soupçonnées d'être infestées ou infectées ou les colonies mortes dans une installation à l'épreuve des abeilles, si la chose est possible, ou entreposer ces colonies dans une chambre froide et sous une faible humidité relative si cette mesure est applicable au risque de biosécurité décelé;
    4. suspendre les ventes d'abeilles et de fournitures (le cas échéant);
    5. interrompre l'introduction dans l'exploitation d'abeilles ou de nouveau matériel provenant de la source présumée du risque de biosécurité;
    6. intensifier la surveillance et accroître la fréquence des inspections et des échantillonnages;
    7. installer des pièges, le cas échéant (p. ex. dans le cas du petit coléoptère des ruches);
    8. exiger de tous les apiculteurs et de leurs employés qui visitent le secteur où le risque de biosécurité a été contenu qu'ils inspectent leurs vêtements de protection et leurs chaussures et qu'ils se changent avant de quitter le secteur;
    9. réduire la dissémination de poussières et de débris dans les bâtiments en scellant les couloirs et les quais de chargement et en restreignant l'utilisation des chariots soit aux champs, soit aux bâtiments;
    10. prendre des précautions additionnelles pour désinfecter les véhicules, les chariots élévateurs, les filets, les installations, les ruches, les outils et l'équipement de protection individuelle après chaque manipulation de colonies infestées ou infectées ou de ruches contaminées.
  2. Lorsqu'un risque de biosécurité est confirmé, les procédures additionnelles suivantes peuvent être recommandées :
    1. appliquer le plus rapidement les mesures de destruction, d'élimination ou de traitement du matériel contaminé recommandées;
    2. étendre les traitements à toutes les colonies du rucher, selon la nature et la gravité du risque de biosécurité décelé;
    3. accroître la fréquence des mesures de lutte culturale, mécanique et physique pour réduire la vulnérabilité des abeilles aux organismes nuisibles;
    4. si la présence d'un nouveau virus est confirmée, accorder une attention particulière à la lutte contre le varroa en raison des effets dévastateurs que pourrait avoir la combinaison de ces deux risques de biosécurité.

3. Protocoles additionnels recommandés une fois le risque de biosécurité confirmé (si applicables)

a. Protocoles de quarantaine
  1. Respecter toutes les exigences de l'ordonnance de quarantaine ou se rattachant à la zone de quarantaine établie (restrictions limitant les déplacements, obligation d'obtenir une autorisation officielle avant de déplacer des colonies et de l'équipement, protocoles de destruction et d'élimination, tenue de registres, etc.).
b. Protocole régissant les déplacements des visiteurs
  1. tenir à jour un registre des visiteurs indiquant le nom de chaque visiteur, l'organisation à laquelle il appartient, sa provenance et sa destination, la date et l'heure de la visite, etc.;
  2. exiger des visiteurs qui entrent et sortent de l'exploitation d'inspecter et de retirer leurs vêtements de protection et leurs chaussures et fournir des vêtements et chaussures de remplacement.
c. Signalisation
  1. respecter les exigences en matière de signalisation relatives à l'identification des limites de la zone de quarantaine;
  2. installer des panneaux indicateurs rappelant aux membres du personnel et aux visiteurs les précautions additionnelles à prendre aux points d'entrée et de sortie;
  3. marquer comme telles les ruches infectées ou infestées ou soupçonnées de l'être.

Tenue de registres

  1. Les exigences en matière de tenue de registres sont les mêmes que pour le plan d'intervention standard, sauf que les registres doivent inclure la date et la source des notifications et des rapports sur les exigences des ordonnances de quarantaine (et des informations sur les personnes-ressources) relatives aux déplacements :
    1. des membres du personnel;
    2. de l'apiculteur provincial ou de l'autorité réglementaire compétente;
    3. des membres d'associations apicoles et clubs;
    4. des fournisseurs ou des clients;
    5. des autres apiculteurs;
    6. des agriculteurs ou des entrepreneurs offrant des services de pollinisation à forfait.
  2. La tenue de registres rigoureux sur les mesures de gestion des incidents pourrait être exigée par l'apiculteur provincial ou l'autorité réglementaire compétente après confirmation du risque de biosécurité;
  3. Conserver des copies de tous les dossiers et documents se rattachant aux notifications et ordonnances de quarantaine;
  4. Mettre en place des procédures normalisées de tenue de registres pour la réception ou l'expédition d'abeilles ou de ruches;
  5. Tenir un registre des visiteurs.
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