Guide du producteur d'abeilles domestiques norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie apicole
Section 2 : Gestion des opérations

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2.1 Acquisition des intrants de production

Objectifs

L'apiculteur n'utilise que des intrants de production recommandés provenant de sources connues et fiables.

Description

Les intrants de production incluent les produits consommables comme les produits de nourrissement (suppléments glucidiques et pollen et succédanés de pollen), l'eau, les produits de traitement (produits antiparasitaires, incluant les produits pharmaceutiques, les traitements acides et les huiles essentielles), les produits de nettoyage et les désinfectants. Voir l'annexe F pour de plus amples renseignements sur l'utilisation et la manipulation des désinfectants.

Les abeilles (voir la section 1.1) ainsi que les ruches réutilisables, les plaques de cire gaufrée, les outils, les matériaux d'emballage des ruches, les vêtements de protection et les gants ne sont pas considérés comme des intrants de production (voir les sections 2.3 et 2.5.)

Les intrants de production peuvent être achetés, obtenus gratuitement (p. ex. d'un autre apiculteur) ou produits à l'interne (p. ex. miel ou pollen utilisé pour le nourrissement).

Les sources fiables sont reconnues comme fournissant des produits sans danger pour l'abeille domestique, exempts de contamination, non périmés (dans le cas de certains produits de traitement) et adéquatement étiquetés. Les associations apicoles locales ou les responsables de programmes d'apiculture provinciaux sont en mesure de fournir des listes de sources fiables d'intrants de production.

L'apiculteur obtient des documents (déclaration du fournisseur indiquant que l'intrant de production peut être utilisé pour nourrir des abeilles domestiques ou que la cire ne contient aucun résidu de pesticides) et tient un registre des produits qu'il se procure en consignant les renseignements suivants : description du produit, date de l'acquisition, quantité obtenue, numéro de lot, nom du fournisseur et personne-ressource à contacter en cas de problème lié à l'utilisation d'un intrant provenant de ce fournisseur .

Risques

L'utilisation d'intrants de production non recommandés ou ne provenant pas d'une source sûre comporte trois types de risques :

  1. introduction d'intrants de production (eau, miel, pollen non irradié) potentiellement contaminés dans les colonies saines;
  2. vulnérabilité des abeilles : les suppléments glucidiques, autres que le sirop de sucre blanc (sucrose) ou le sirop de maïs à haute teneur en fructose, peuvent occasionner des problèmes d'intoxication ou de malnutrition;
  3. réduction de l'efficacité des traitements en cas d'achat et/ou d'utilisation de produits de traitement périmés. L'utilisation de produits de traitement non prescrits par un vétérinaire ou dont l'administration à des abeilles n'est pas homologuée peut également compromettre l'efficacité des traitements, entraîner l'apparition d'une résistance aux traitements, mettre en danger la santé des consommateurs et présenter un risque juridique pour l'apiculteur.

Avantages pour le producteur

L'application des pratiques de biosécurité recommandées à l'acquisition des intrants de production comporte les avantages suivants :

  • réduction du risque d'introduction d'organismes nuisibles dans les colonies saines et, dès lors, réduction des efforts investis dans la lutte contre les organismes nuisibles et le traitement des abeilles exposées;
  • lorsqu'un organisme nuisible est introduit avec des intrants de production, l'apiculteur peut en retracer l'origine, déterminer rapidement les colonies susceptibles d'être contaminées, prendre les mesures correctrices qui s'imposent et éviter dans l'avenir de se procurer des intrants du fournisseur en cause ou, dans le cas contraire, prendre des mesures préventives avant d'exposer ses abeilles à des intrants de production obtenus de ce fournisseur;
  • efficacité optimale des traitements;
  • réduction du risque d'apparition d'une résistance aux produits de traitement.

Pratiques recommandées

1. Sources internes d'intrants de production

  1. Acheter dans la mesure du possible uniquement de fournisseurs certifiés dont les installations sont inspectées ou d'entreprises ou de coopératives apicoles reconnues répertoriées annuellement par l'apiculteur provincial ou une autre autorité compétente.
  2. Faire affaire avec des fournisseurs connus et fiables qui appliquent un programme de lutte contre les maladies et les organismes nuisibles.
  3. Se renseigner sur les fournisseurs inconnus avant de faire affaire avec eux, si la chose est possible.
  4. S'assurer que le fournisseur avec lequel il fait affaire détient un permis provincial l'autorisant à vendre des intrants de production.
  5. S'assurer que les suppléments nutritifs peuvent être utilisés en contexte apicole.

2. Eau

  1. Utiliser de l'eau potable propre d'une qualité conforme aux normes municipales établies pour l'eau potable pour diluer les sirops ou comme source d'eau pour les abeilles.

3. Suppléments glucidiques

  1. S'assurer que le supplément glucidique doit être un sirop de sucre à base de sucre blanc (sucrose) ou un sirop de maïs à haute teneur en fructose de qualité alimentaire.
  2. Éviter de nourrir les abeilles avec du miel et empêcher les abeilles de se servir à même les réserves de miel (cadres ou opercules).
  3. Utiliser des nourrisseurs et des contenants neufs ou désinfecter les nourrisseurs et contenants déjà utilisés avant de les remplir.

4. Supplément de protéines

L'apiculteur doit offrir à ses abeilles uniquement du pollen irradié ou des suppléments de protéines ne contenant aucun pollen. Il doit en outre :

  1. connaître et respecter les lois fédérales et leur règlement d'application régissant l'importation des produits d'abeille, lesquels incluent, aux termes du Règlement sur la santé des animaux (articles 2 et 57), le pollen utilisé pour nourrir les abeilles. Le pollen peut être importé légalement comme produit de nourrissement s'il a été irradié. Toutefois, l'importation de pollen de plusieurs espèces de plantes est interdite ou réglementée en vertu de la Loi sur la protection des végétaux
  2. demander s'il y a lieu une preuve attestant que l'intrant de production a été irradié;
  3. demander un certificat d'origine pour le pollen utilisé à des fins de nourrissement;
  4. s'informer du contenu et de l'origine florale (information pouvant révéler un risque de contamination par les pesticides) du pollen utilisé à des fins de nourrissement.

5. Produits de traitement

L'apiculteur doit se procurer uniquement des produits de traitement dont l'utilisation est homologuée pour le traitement des abeilles et des ruches, tel qu'indiqué sur l'étiquette, ou des produits prescrits par un médecin vétérinaire.

  1. L'apiculteur doit bien connaître la Loi sur la santé des animaux et son Règlement d'application, qui régissent l'utilisation d'antibiotiques en contexte apicole.
  2. Tous les produits chimiques utilisés contre les organismes nuisibles associés à l'abeille domestique doivent être homologués par la Direction des médicaments vétérinaires ou l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada. L'apiculteur doit se renseigner auprès de l'apiculteur provincial ou du ministère de l'Environnement de sa province sur les exigences régissant la délivrance de permis pour les applications de pesticides. L'apiculteur doit :
    1. s'assurer que le produit qu'il se propose d'utiliser n'est pas périmé;
    2. obtenir ses produits de traitement de sources fiables si les produits nécessitent des conditions d'entreposage particulières (p. ex. température, lumière, humidité).

Tenue de registres

  1. Les intrants de production doivent être clairement identifiés à la réception par un numéro de lot. Les informations suivantes doivent être consignées pour chaque lot :
    1. informations sur le produit (nom, quantité, numéro de lot, date de réception, date de péremption);
    2. nom, adresse et numéro de téléphone du fournisseur.
  2. Les inventaires des produits de traitement doivent être tenus à jour régulièrement au grée des entrées et sorties des produits.
  3. L'apiculteur doit conserver les informations consignées sur chaque produit au moins un an suivant la date de réception afin de pouvoir en retracer la source au besoin.

2.2 Manipulation et élimination des intrants de production

Objectifs

L'apiculteur prévient la dégradation et la contamination des intrants de production en adoptant des pratiques d'entreposage et d'élimination sûres et sécuritaires.

Description

Les intrants de production incluent des produits consommables tels que :

  • les produits de nourrissement (suppléments glucidiques et pollen et succédanés de pollen);
  • l'eau;
  • les produits de traitement (produits antiparasitaires, incluant les produits pharmaceutiques, les traitements acides et les huiles essentielles);
  • les produits de nettoyage et les désinfectants (voir l'annexe F pour de plus amples renseignements sur l'utilisation et la manipulation des désinfectants.).

Risques

Le non-respect des recommandations relatives à la manipulation et à l'élimination des intrants de production comporte les risques de biosécurité suivants :

Propagation d'organismes nuisibles : l'exposition d'abeilles saines à des produits de nourrissement ou à de l'eau contaminés ou à des plaques de cire gaufrée provenant de ruches contaminées peut entraîner la propagation d'organismes nuisibles au sein de l'exploitation et aux exploitations apicoles voisines. Le déplacement à des fins de pollinisation de ruches contaminées contenant du pollen et des réserves de miel peut également favoriser la propagation de maladies d'une région à l'autre (voir la section 1.3).

Réduction de l'efficacité des traitements : Les produits de traitement peuvent se dégrader ou devenir toxiques pour les abeilles s'ils ne sont pas entreposés conformément aux instructions figurant sur l'étiquette (p. ex. entreposage dans des installations munies de dispositifs de régulation de l'éclairage, de la température et de l'humidité) ou s'ils sont réutilisés ou périmés.

Apparition d'une résistance aux traitements : le non retrait des lanières acaricides rapidement après la période de traitement ou leur réutilisation peut favoriser l'apparition d'une résistance aux traitements.

Avantages pour le producteur

L'application des pratiques de biosécurité recommandées à la manipulation et à l'élimination des intrants de production comporte les avantages suivants :

  • réduction du risque d'introduction de pathogènes dans les colonies saines et, dès lors, réduction des efforts investis dans la surveillance, la lutte contre les organismes nuisibles et le traitement des abeilles exposées;
  • efficacité optimale des traitements;
  • réduction du risque d'apparition d'une résistance aux produits de traitement;
  • réduction de l'exposition du matériel apicole à des contaminants et, par conséquent, de la nécessité de détruire ce matériel;
  • bonification de la réputation de l'apiculteur comme fournisseur fiable d'intrants de production – un avantage pour l'exploitant qui vend des fournitures apicoles;
  • réduction des sommes investis dans l'achat de nouveaux produits de nourrissement pour remplacer les produits périmés;
  • réduction des sommes investis dans l'achat de nouveaux produits de traitement pour remplacer les produits périmés.

Pratiques recommandées

Appliquer les mesures d'assainissement individuel recommandées après avoir manipulé des intrants de production contaminés par des organismes nuisibles ou soupçonnés de l'être.

1. Manipulation et élimination des produits de nourrissement et de l'eau

  1. Utiliser des nourrisseurs non exposés (p. ex. haut de la ruche) et nettoyer toute flaque de miel ou de sirop renversé le plus rapidement possible.
  2. Fournir une autre source d'eau aux abeilles si nécessaire, empêcher les abeilles de s'abreuver dans des endroits où elles risquent de se mélanger à des abeilles d'autres ruchers ou de constituer une nuisance pour les voisins.
  3. Utiliser des nourrisseurs et des abreuvoirs étanches et à parois lisses (p. ex. tasses à mesurer) faciles à nettoyer afin de pouvoir éliminer facilement les résidus de cire, de propolis et de miel adhérant aux parois avant de les réutiliser; rincer les contenants avec de l'eau potable propre avant de les remplir; déposer des flotteurs sur la surface de l'eau afin d'éviter que les abeilles se noient et remplacer l'eau chaque semaine.
  4. Entreposer les produits de nourrissement liquides dans des contenants étanches et conserver les galettes de pollen dans un endroit frais et sec ou au congélateur. Tous les produits de nourrissement doivent être entreposés dans une installation à l'épreuve des abeilles distincte des installations de transformation du miel et des autres installations d'entreposage.
  5. Enlever, si possible, et placer dans un contenant hermétique et éliminer de façon sécuritaire toute source d'eau ou de nourrissement exposée à des abeilles infectées ou infestées ou à des abeilles de statut sanitaire inconnu.
  6. Si les ruches doivent être déplacées, veiller à ce que les produits de nourrissement et les réserves de pollen ne contiennent pas d'organismes pathogènes nouveaux ou peu communs dans la région de destination.
  7. Éviter de déverser sur le sol les surplus de sirop de sucre non contaminé, cette pratique pouvant attirer des abeilles voleuses et divers organismes nuisibles.
  8. Retirer les galettes de pollen en surplus avant de placer les hausses à miel dans la colonie et enfouir ou brûler ces galettes de manière à éviter tout contact avec les abeilles.
  9. Nettoyer régulièrement l'intérieur ou les abords des nourrisseurs afin de prévenir l'accumulation d'abeilles mortes et d'autres insectes.

2. Manipulation et élimination des produits de traitement

  1. Entreposer les produits pharmaceutiques et chimiques conformément aux instructions figurant sur l'étiquette (conditions de température, d'humidité et d'éclairage contrôlées).
  2. Conserver les produits fermés dans leur emballage original jusqu'à leur utilisation.
  3. Appliquer le système de gestion d'inventaire fondé sur l'écoulement des stocks selon le principe premier entré, premier sorti.
  4. Éliminer promptement les produits déjà utilisés, périmés ou en surplus qui ne seront pas utilisés, conformément aux instructions figurant sur l'étiquette ou à toute autre recommandation pertinente. En cas de doute sur la façon d'éliminer un produit, contacter l'apiculteur provincial ou un spécialiste en apiculture.
  5. Indiquer sur chaque ruche le nombre de lanières acaricides installées et la date à laquelle ces lanières devraient être retirées; à la fin de la période de traitement, retirer les lanières en les comptant et en consignant ce nombre dans le registre afin de s'assurer que toutes ont été enlevées.
  6. Éviter de réutiliser des lanières acaricides.
  7. Appliquer les produits de traitement conformément aux conditions prévues sur l'étiquette de manière à prévenir leur dégradation, en particulier si ces produits doivent être exposés au soleil direct ou à une température élevée.

Tenue de registres

Les registres devraient contenir les informations suivantes :

  1. dates des nourrissements, type de produit, numéro de lot, quantité et fournisseur;
  2. traitement administré, numéro de lot et dates d'application et de retrait (le cas échéant);
  3. identificateur de rucher et de ruche (c.-à-d. endroit où le produit a été utilisé).

2.3 Acquisition de l'équipement apicole

Objectifs

L'apiculteur se procure son matériel apicole de sources connues et fiables. Le cas échéant, il s'assure que le matériel usagé est accompagné des permis nécessaires et nettoie et désinfecte ou traite ce matériel dès sa réception.

Description

Le matériel apicole inclut toutes les composantes de ruche réutilisables :

  • boîtes de ruche
  • cadres à couvain et à miel
  • plateaux
  • couvercles internes et externes
  • grilles à reine
  • cire gaufrée
  • nourrisseurs
  • plateaux chasse abeilles
  • cages à reine
  • grilles anti-souris
  • réducteurs d'entrée
  • supports à ruche
  • matériel d'emballage des ruches
  • propolis et trappes à pollen

Le matériel apicole ne comprend ni les intrants de production ni les outils. Les outils sont considérés comme une extension de l'apiculteur. La section 2.5 leur est consacrée.

Les sources fiables sont reconnues comme fournissant du matériel apicole non contaminé. Les associations apicoles locales ou l'apiculteur provincial sont en mesure de fournir des listes de fournisseurs fiables.

L'apiculteur obtient des documents tels une déclaration du fournisseur (le cas échéant) et tient un registre des acquisitions dans lequel il consigne les renseignements suivants : description du produit, date de l'acquisition, quantité obtenue, nom du fournisseur et personne-ressource à contacter en cas de problème lié à l'utilisation du matériel. Ces informations peuvent également être consignées dans les rapports d'inspection provinciaux.

Le matériel usagé peut être désinfecté à l'aide de produits chimiques, par irradiation, à la chaleur, par exposition au gel, par brûlage ou au moyen de toute autre méthode permettant de tuer tous les organismes susceptibles d'infester ou d'infecter les colonies. Les exigences en matière de traitement peuvent différer selon l'organisme nuisible ciblé.

Risques

  • Le principal risque associé au fait d'introduire du matériel apicole usagé dans une exploitation sans d'abord vérifier s'il est exempt de pathogènes ou le traiter est l'exposition d'abeilles saines à des organismes nuisibles et la propagation de ces organismes à l'ensemble de l'exploitation.
  • L'utilisation de composantes en bois mal construites (p. ex. boîtes et cadres en bois mal ajustés, composantes et clous en métal non galvanisé susceptibles de rouiller) qui n'ont pas adéquatement protégées avec un produit de préservation du bois non toxique pour les abeilles et le miel ou peintes pour protéger le bois contre la pourriture peut avoir de graves conséquences pour les colonies, car cette pratique permet aux organismes nuisibles et aux prédateurs de s'introduire plus facilement dans les ruches.
  • La réutilisation de rayons qui n'ont pas été adéquatement irradiés ou désinfectés peut également favoriser l'introduction de spores pathogènes.
  • Les plaques de cire gaufrée peuvent contenir de fortes concentrations de résidus de produits de traitement (p. ex. acaricides) potentiellement toxiques pour les abeilles.
  • L'utilisation de plaques de cire gaufrée contenant des résidus de produits de traitement peut favoriser l'apparition d'une résistance aux traitements et la contamination du miel.

Avantages pour le producteur

L'utilisation de matériel apicole exempt de pathogène et de haute qualité comporte les avantages suivants :

  • réduction du risque d'introduction d'organismes nuisibles dans les colonies saines et, dès lors, réduction des efforts investis dans la lutte contre les organismes nuisibles et le traitement des abeilles exposées;
  • meilleur accès aux ruches aux fins des inspections et de la surveillance;
  • réduction du besoin de détruire l'équipement contaminé;
  • prolongement de la durée de vie du matériel et réduction des efforts et des montants affectés à son entretien et à sa réparation;
  • amélioration de la régulation des conditions d'humidité dans les colonies et, dès lors, de l'état de santé des abeilles;
  • réduction des impacts des abeilles voleuses ou des dommages causés par des prédateurs et d'autres organismes nuisibles comme les souris;
  • bonification de la réputation de l'apiculteur comme fournisseur fiable – un avantage pour l'exploitant qui vend du matériel apicole.

Pratiques recommandées

1. Achat de matériel apicole usagé

  1. Source interne
    1. Acheter si possible uniquement de fournisseurs locaux certifiés dont les installations sont inspectées ou d'entreprises ou coopératives apicoles reconnues.
    2. Veiller à ce que la matériel soit accompagné d'un certificat sanitaire ou d'un certificat d'inspection.
    3. Éviter d'acheter d'une tierce partie étrangère à l'industrie apicole ou de fournisseurs dont la réputation ne peut être vérifiée (p. ex. via Internet, à un encan).
    4. S'enquérir de la réputation d'un fournisseur inconnu avant de faire affaire avec lui.
  2. Conformité à la réglementation régissant l'importation de matériel apicole usagé

    Obtenir la confirmation qu'une inspection a été effectuée par l'autorité désignée du pays d'origine dans les 30 jours (ou selon le délai prescrit dans la réglementation fédérale ou provinciale pertinente) précédant l'entrée du matériel dans la province :

    1. Réglementation fédérale :
      • l'apiculteur doit connaître les lois fédérales et leur règlement d'application régissant l'importation de ruches ou de matériel apicole usagés et de cire d'abeille. En vertu de l'article 57a du Règlement sur la santé des animaux, l'importation de matériel apicole usagé est assujettie à des conditions très strictes.
    2. Réglementation provinciale :
      • connaître les lois et règlements provinciaux régissant l'importation et le transport de matériel apicole usagé (selon les provinces, Bee Act, Livestock Health Act, Animal Health Act ou Loi sur l'inspection des ruchers et leur règlement d'application) et s'y conformer;
      • obtenir à l'avance un permis pour l'importation de matériel apicole usagé d'une autre province ou pour le transport de matériel usagé dans d'autres provinces;
      • se conformer à l'obligation de s'enregistrer dans sa province; par exemple, il doit s'enregistrer chaque année auprès de l'apiculteur provincial ou de l'autorité apicole compétente au plus tard à la date d'enregistrement prévue ou à l'intérieur d'un nombre de jours préétabli après s'être procuré des abeilles et/ou du matériel apicole;
      • tenir un registre des importations et en favoriser l'accès durant toute la période prescrite;
      • soumettre une demande de permis provincial d'importation avant d'enclencher le processus d'importation;
      • veiller à ce que les envois soient accompagnés d'une copie du rapport d'inspection original de l'autorité provinciale compétente;
      • se conformer à tout ordre de confinement/quarantaine, de traitement et de destruction/élimination qui pourrait être émis par l'inspecteur, selon les méthodes et le délai prescrits.

2. Sélection ou construction du matériel apicole et des ruches

Inspecter et choisir le matériel apicole neuf et usagé selon les critères suivants :

  1. corps de la ruche avec des joints étanches et propres, à composantes bien ajustées, exempt de craques ou de trous;
  2. boîtes de ruche s'empilant de façon bien ajustée, sans laisser de fissures pouvant servir de porte d'entrée à des organismes nuisibles ou à des prédateurs;
  3. joints des boîtes bien ajustés, ni trop serrés (risque de fissurage), ni trop lâches (risque de pourriture);
  4. composantes et clous en métal galvanisé résistant à la rouille;
  5. pièces de bois coupées de façon régulière, sans nœuds ou avec seulement quelques petits nœuds serrés;
  6. ruches en bois résistant à l'humidité, non traité sous pression;
  7. nouvelle fondation en plastique, si possible, ou preuve d'irradiation en cas de réutilisation d'une fondation en plastique usagée.

3. Introduction du matériel apicole usagé

Un des meilleurs moyens de prévenir l'introduction d'organismes nuisibles est d'éviter de se procurer du matériel apicole usagé ou de le faire seulement si l'on connaît l'historique de ce matériel en ce qui a trait aux infections ou infestations.

Toutes les ruches usagées doivent être entreposées dès leur réception dans une installation à l'épreuve des abeilles ou dans un rucher prévu à cet effet, en particulier si elles contiennent des abeilles vivantes. L'apiculteur devra surveiller de près ces colonies durant au moins un an pour éviter la propagation de maladies aux colonies saines. Le miel de ces colonies devra être extrait en dernier. En cas de détection de la loque américaine, les ruches devront être retournées au fournisseur ou éliminées d'une façon appropriée (voir la section 2.4). Si aucune maladie n'a été détectée après trois ans, les colonies et les ruches pourront être intégrées au reste de l'exploitation.

Les ruches qui n'abritent pas de colonie d'abeilles et qui ne sont pas accompagnées d'un certificat d'irradiation et d'un document attestant qu'elles sont exemptes de pathogènes doivent être placées dès leur réception dans un endroit isolé et faire l'objet d'une inspection par les autorités provinciales. L'apiculteur doit les nettoyer par raclage et lavage à pression et utiliser une des méthodes de désinfection décrites ci-dessous avant de les intégrer au reste de l'exploitation, en se rappelant que ces méthodes de désinfection ne sont pas efficaces contre toutes les maladies.

  1. Irradiation : cette méthode est efficace contre la loque américaine, la loque européenne, la nosémose (Nosema ceranae) et le couvain plâtré. Pour envoyer le matériel se faire irradier, suivre toutes les instructions relatives à la préparation, à la manipulation, à l'emballage et à l'expédition formulées par le fournisseur de services d'irradiation :
    1. avant l'envoi du matériel, tuer, éliminer et brûler les abeilles et extraire le miel à l'aide d'un extracteur spécialement désigné pour cette tâche afin d'éviter toute contamination croisée;
    2. demander et conserver une copie du certificat d'irradiation fourni par le fournisseur de services d'irradiation;
    3. s'assurer que tout le matériel porte une marque attestant qu'il a été irradié avant de l'utiliser.
  2. Le traitement à la chaleur (49 ºC pendant 24 heures) est efficace contre la nosémose, mais il fait fondre la cire.
  3. Les boîtes de ruche doivent être nettoyées par brûlage.
  4. Le matériel en bois (boîtes, nourrisseurs) doivent être immergé dans de la paraffine chaude. La température et la durée du trempage doivent être suffisantes pour assurer sa désinfection.
  5. Désinfection chimique (p. ex. eau de Javel).

L'ARLA examine actuellement une demande d'homologation d'un procédé de fumigation à l'acide acétique contre la microsporidie Nosema apis.

4. Fondation

  1. Obtenir une nouvelle fondation en plastique et éviter de la réutiliser.
  2. Utiliser de la cire provenant d'un établissement certifié Organisation internationale de normalisation (ISO). Éviter les fondations de cire ou les fondations en plastique avec cire provenant de fournisseurs de réputation inconnue.

Tenue de registres

La tenue de registres est particulièrement importante en cas d'acquisition de matériel apicole usagé susceptible d'être contaminé par des organismes nuisibles.

Les informations suivantes devraient y être consignées :

  1. date de réception;
  2. nom, adresse et numéro de téléphone du fournisseur;
  3. emplacement du rucher, numéro d'identification du rucher et/ou de la ruche (indiquant l'emplacement du rucher ou de la ruche);
  4. statut sanitaire et tout autre document fourni par le fournisseur;
  5. traitements effectués sur réception du matériel.

L'apiculteur doit conserver ces informations durant au moins un an à des fins de retraçage.

2.4 Gestion et entretien du matériel apicole, des abeilles mortes et des produits de la ruche

Objectifs

L'apiculteur inspecte régulièrement le matériel apicole et, au besoin, prend les mesures qui s'imposent pour réduire le plus possible ses effets néfastes sur la santé des abeilles.

Description

La gestion, le nettoyage, la désinfection, la destruction par brûlage, l'élimination selon des procédés appropriés et l'entretien du matériel apicole dans le but de prévenir l'introduction d'organismes nuisibles ou d'abeilles indésirables ou leur élimination permettent de réduire ce risque de biosécurité.

Le matériel apicole inclut toutes composantes de ruche réutilisables (voir la section 2.3).

Les produits de la ruche incluent le miel, la cire d'abeille, le pollen et le propolis.

La gestion inclut le retrait et le remplacement (l'échange) des cadres et des autres composantes des ruches, le brûlage, le brossage, la désinfection et l'élimination de ce matériel ainsi que son entreposage dans des installations à l'épreuve des abeilles.

L'entretien inclut les réparations courantes, l'inspection, l'élimination et l'application d'une nouvelle couche de peinture.

Risques

Les spores de pathogènes peuvent survivre sur les surfaces en bois ou en métal des ruches, sur des abeilles vivantes ou mortes ou dans des produits de la ruche (miel, cire, pollen et propolis). Les insectes nuisibles et les parasites peuvent survivre brièvement sur et dans les ruches, les produits de nourrissement et d'autres matières (voir la section 1.3).

Le matériel apicole inutilisé peut servir de refuge à des abeilles indésirables, et le matériel mal entretenu peut servir de point d'entrée aux abeilles voleuses et aux insectes prédateurs. Ces abeilles et autres insectes peuvent propager des organismes nuisibles dans l'exploitation et dans les exploitations voisines. En pareil cas, le comportement de pillage peut être déclenché, et les interactions entre colonies contribuent à accentuer le risque de transmission d'organismes nuisibles d'une exploitation à une autre.

Certains traitements sont efficaces contre les stades végétatifs de pathogènes à l'intérieur des abeilles, mais ils ne tuent pas les spores sur les surfaces.

Les produits apicoles peuvent également contribuer à la transmission d'organismes nuisibles à des abeilles saines dans les circonstances suivantes :

  • des résidus de produit apicole sont encore présents sur le matériel apicole réutilisé sans avoir été préalablement nettoyé (p. ex. par raclage ou brossage) et désinfecté;
  • des produits apicoles sont récoltés et utilisés comme intrants de production dans l'exploitation (p. ex. suppléments nutritifs, fondation);
  • des abeilles voleuses ont accès aux produits de la ruche.

Les abeilles voleuses peuvent être contaminées par des spores de pathogènes et des parasites en entrant en contact avec des abeilles mortes et des débris durant les activités de nettoyage et ensuite propager l'infection ou l'infestation au couvain sain ou à des abeilles saines de la colonie.

Avantages pour le producteur

En matière de biosécurité, le fait de gérer et d'entretenir adéquatement le matériel apicole comporte les avantages suivants :

  • réduction du risque d'exposition, d'introduction et de propagation d'organismes nuisibles;
  • réduction du temps et des montants consacrés à l'administration des traitements;
  • réduction de la nécessité de détruire les colonies infestées ou infectées et le matériel apicole contaminé;
  • prolongement de la durée de vie du matériel apicole;
  • réduction du comportement de pillage;
  • réduction des dommages infligés par les prédateurs et les organismes nuisibles;
  • bonification de la réputation de l'apiculteur comme fournisseur fiable – un avantage pour l'exploitant qui vend du matériel apicole;
  • élargissement des possibilités commerciales.

Pratiques recommandées

1. Mise en place d'un système d'identification du matériel

  1. Pour faciliter la gestion du matériel apicole et la surveillance de l'état de santé des colonies (section 1.4), utiliser un système d'identification des ruchers et des ruches. Cette procédure facilite la tenue de registres précis et l'identification des colonies ou les ruchers plus faibles et, en conséquence, la mise en place des mesures nécessaires s'il y a lieu. L'identification des ruchers et des ruches permet également de retracer plus facilement la source d'une infection ou d'une infestation et de prendre en temps opportun les mesures voulues pour prévenir toute propagation additionnelle.
  2. Pour les ruchers, on peut utiliser un identificateur géographique qui correspond aux exigences d'enregistrement provinciales établies pour communiquer l'emplacement des ruchers.
  3. Il est recommandé de créer des identificateurs uniques pour les grandes exploitations, en particulier si des colonies entières doivent être déplacées à des fins de pollinisation. Des identificateurs peuvent être utilisés pour les éléments suivants :

    1. ruchers;
    2. installations d'entreposage de matériel apicole (si multiples);
    3. palettes (déplacement des ruches et entreposage hivernal);
    4. boîtes de ruche;
    5. chambres à couvain.

    Exemples de systèmes d'identification :

    • système de numérotation ou de codage par couleur;
    • identification par la date de réception du matériel. Cette méthode est particulièrement utile pour déterminer quand une pièce doit être réparée ou éliminée;
    • outils facilitant la gestion et le retraçage comme des cartes indiquant l'emplacement des colonies dans le rucher;
    • photographies numériques datées utilisées comme guide visuel pour la surveillance de l'état de santé des colonies, de l'activité de la reine et de l'état des rayons à couvain, l'entretien des ruches et l'identification des organismes nuisibles. Une photo de l'identificateur unique de la ruche devrait précéder la séquence de photos associées à chaque colonie;
    • des systèmes plus sophistiqués prévoyant le recours à une unité GPS et à des codes barres ou à des codes Quick Response (QR) imprimés sur des étiquettes pouvant être lus à l'aide d'un lecteur de codes barres manuel, un téléphone cellulaire ou une tablette.
  4. Apposer une étiquette indiquant pour nourrissement seulement ou pour nourrissement médicamenté seulement sur les seaux à nourrissement.

2. Inspections courantes

  1. Inspecter minutieusement tout le matériel apicole et en vérifier l'intégrité structurale au moins une fois par année.
  2. Etre à l'affût de pièces mal ajustées, de fissures, de dommages causés par la manipulation ou des outils ou par des prédateurs (p. ex. ours ou souris), de signes de vandalisme, de pièces imbibées d'eau, de pourriture, de rouille, de bois exposé à repeindre, de nourrisseurs qui fuient.
  3. Inspecter minutieusement les colonies, au moins deux fois par année (printemps et automne) ou idéalement lors de chaque manipulation du matériel apicole, afin d'y déceler, le cas échéant, des signes d'infection ou d'infestation.
  4. Accroître la fréquence des inspections des cadres à couvain si des organismes nuisibles ont été décelés dans le rucher ou présentent un risque de biosécurité dans la région.
  5. Inspecter en dernier les colonies soupçonnées d'être infectées ou infestées.
  6. Fermer et marquer les colonies et isoler le matériel soupçonné d'être contaminé et aviser l'apiculteur ou l'autorité apicole compétente.

3. Échange et remplacement du matériel apicole

  1. chaque visite de rucher, apporter des boîtes de ruche de rechange et remplacer les boîtes déjà endommagées ou détériorées ou celles qui sont endommagées à l'ouverture des ruches.
  2. Entreposer le matériel à réparer dans une installation distincte prévue à cet effet.
  3. Réduire le plus possible l'échange de matériel entre ruchers différents ou entre ruches d'un même rucher, sauf en cas de division de colonies ou d'établissement de nucléi. Seuls les cadres jugés non contaminés sur la base d'une inspection visuelle peuvent être échangés.
  4. Utiliser un système de codage par couleur ou de numérotation pour associer les cadres et les hausses à un rucher donné.
  5. Adopter une stratégie de remplacement des cadres à couvain consistant à remplacer au moins 20 % et idéalement un tiers des cadres à couvain chaque année (c.-à-d. dans chaque corps de ruche, remplacer deux à trois vieux cadres à couvain par de nouveaux cadres avec rayon bâti ou fondation). Idéalement, chaque cadre devrait porter une date ou un code indiquant la date à laquelle il devrait être remplacé.
  6. Les rayons à couvain devraient être confinés aux boîtes inférieures et ne pas être dans les hausses à miel. Le miel des cadres à couvain ne devrait pas être extrait.
  7. Idéalement, utiliser des grilles à reine. Il est recommandé de les examiner régulièrement afin de s'assurer qu'elles sont en bon état et exemptes de fissures ou d'ouvertures et les remplacer au besoin.
  8. Retirer les rayons irréguliers et les placer dans un contenant hermétique et les éloigner du rucher afin de prévenir le pillage et de ne pas attirer des organismes nuisibles ou des prédateurs.

4. Entretien et réparations

  1. Garder le rucher propre, éliminer la végétation indésirable et détruire le matériel inutilisé et désuet.
  2. Nettoyer les boîtes, les couvercles et les plateaux chaque année.
  3. Nettoyer minutieusement le matériel avant d'entreprendre des réparations. L'hiver est le moment idéal pour effectuer des réparations (p. ex. application de pièces en bois ou en métal galvanisé, ajustement des composantes des ruches, utilisation de colle à l'épreuve des intempéries, application de mastic, de calfeutrage ou d'une nouvelle couche de peinture).
  4. Réparer et peindre les hausses avant de les entreposer à long terme. Inspecter régulièrement les rayons afin de déceler d'éventuels signes d'infestation ou d'infection.

5. Désinfection du matériel apicole

  1. Il est recommandé d'effectuer une désinfection courante du matériel apicole avant d'y introduire des abeilles afin de prévenir la propagation de pathogènes (voir l'annexe F pour de plus amples renseignements sur les méthodes de désinfection). Suivre les protocoles provinciaux pour la manipulation et l'entreposage du matériel contaminé à désinfecter.
  2. Suivre les procédures d'assainissement et de désinfection applicables à l'équipement de transport (section 2.7), à l'équipement de protection individuelle (p. ex. gants) et aux outils après avoir manipulé des abeilles, des produits de la ruche et du matériel apicole infectés (section 2.5).
  3. Recueillir et entreposer les rayons de cire rejetés dans un seau ou un fût fermant hermétiquement. La cire des rayons peut être récupérée à l'aide d'un cérificateur solaire et réutilisée ou envoyée à un fondoir.

6. Entreposage

  1. L'apiculteur doit entreposer le matériel apicole, les vieux rayons dont il veut récupérer la cire et toutes autres matières à éliminer, à réparer ou à désinfecter dans une installation à l'épreuve des abeilles.
  2. Inspecter les matériaux d'emballage des ruches pour l'hivernage et nettoyer et désinfecter ces matériaux avant de les entreposer s'ils sont souillés par des déjections.
  3. Entreposer les ruches inhabitées et les matériaux d'emballage prêts à être réutilisés dans un endroit propre, sec et à l'épreuve des abeilles, ou dans des fûts à l'épreuve des abeilles butineuses dans le rucher.
  4. Éliminer toute trace de miel, de pollen et de propolis avant d'entreposer le matériel.
  5. Entreposer les produits de la ruche dans des contenants scellés dans des installations à l'épreuve des abeilles afin de prévenir le pillage.
  6. Garder les aires d'entreposage des déchets propres et bien entretenues.
  7. Éloigner l'aire d'entreposage à long terme des déchets des ruchers et des autres installations et empêcher les abeilles butineuses d'y avoir accès.
  8. Pour la lutte contre la fausse teigne de la cire, utiliser des installations fermées et appliquer les méthodes non chimiques suivantes :
    1. traiter le matériel lâchement empilé par exposition au froid ou à la chaleur en respectant la température et la durée de traitement recommandées. Maintenir une bonne circulation d'air;
    2. éviter d'entreposer ensemble des rayons à couvain et des rayons à miel;
    3. assécher les hausses avant de les entreposer;
    4. fermer et couvrir les hausses inoccupées;
    5. envelopper les cadres d'une pellicule plastique et les entreposer dans des contenants scellés;
    6. étager les empilements avec des planches de cèdre, des copeaux, du carton ou du papier journal (avec de la lavande).
  9. En cas de détection du petit coléoptère des ruches :

    1. entreposer les rayons dans une enceinte à atmosphère contrôlée assurant une faible humidité (moins de 50 %) et une bonne circulation d'air afin de prévenir l'éclosion des œufs du petit coléoptère des ruches;
    2. congeler les hausses à miel afin de réduire les risques d'infestation.

7. Élimination

  1. Éliminer les abeilles mortes, les produits de la ruche souillés, les débris, les hausses à miel vides et le matériel non réparable en les brûlant, en les enfouissant ou en les envoyant au site d'enfouissement municipal. Placer ces matières dans des sacs à ordures scellables ou dans des contenants étanches.
  2. En cas d'envoi au site d'enfouissement municipal, manipuler les ordures de manière à prévenir le pillage par des abeilles voleuses et à ne pas attirer de prédateurs, d'insectes ou de rongeurs.
  3. Utiliser des poubelles ou des bennes à couvercle étanche et y placer les ordures dans des sacs à ordures en plastique afin de prévenir les mauvaises odeurs et de garder les poubelles ou les bennes propres.
  4. Placer les poubelles ou bennes à ordures contenant les déchets (p. ex. gants utilisés) et autres matières au premier point d'accès au rucher et aux points d'accès aux autres aires isolées.
  5. Eliminer les déchets au fur et à mesure conformément à la réglementation provinciale et municipale.

8. Destruction de colonies

  1. Connaître et respecter les protocoles provinciaux relatifs à la déclaration des cas de loque américaine et d'autres infestations ou infections causées par des organismes nuisibles présentant un risque élevé et à la manipulation, à l'entreposage et à la destruction de matériel, de produits et d'abeilles contaminées. Au besoin, consulter l'apiculteur provincial ou l'autorité apicole compétente pour obtenir des renseignements additionnels.

9. Extraction

  1. Éviter d'extraire du miel, de récolter du pollen ou d'utiliser de la cire d'abeille provenant de ruches contaminées qui doivent être brûlées. Les abeilles et les produits de la ruche infectés devraient être brûlés avec le matériel apicole contaminé.
  2. Il ne faut jamais extraire le miel des rayons à couvain ou de colonies atteintes de la loque américaine. Il est recommandé d'extraire le miel de colonies atteintes de maladies moins graves comme la loque européenne et le couvain plâtré seulement après avoir extrait le miel des colonies saines.
  3. En cas de détection du petit coléoptère des ruches :
    1. extraire le miel des hausses à miel dans la journée ou les deux jours suivant la détection et éliminer promptement les opercules afin de prévenir la prolifération du petit coléoptère des ruches dans le miel et la cire;
    2. appliquer les mesures d'assainissement, de surveillance et de lutte contre les organismes nuisibles qui s'imposent dans la miellerie.

Tenue de registres

Tenir un registre des diverses mesures dont fait l'objet le matériel apicole aux divers paliers d'organisation de l'exploitation (exploitation apicole, rucher, ruche ou composante de ruche) :

  1. inspection;
  2. désinfection;
  3. réparation;
  4. elimination;
  5. calendrier de remplacement des cadres à couvains.

Il est recommandé de tenir un inventaire mis à jour annuellement du matériel apicole qui est entreposé ou utilisé et de noter son état. Un tel inventaire facilite la planification des réparations et de l'élimination et de l'acquisition de matériel. Un inventaire complet du matériel devrait être effectué tous les trois à cinq ans.

Conserver ces informations à des fins de retraçage.

2.5 Hygiène du personnel

Objectifs

L'apiculteur prend toutes les précautions nécessaires pour prévenir le plus possible la propagation d'organismes nuisibles occasionnée par des contacts humains avec les abeilles et l'équipement.

Description

Les contacts apiculteur abeilles peuvent résulter d'un contact direct avec les mains de l'apiculteur ou son équipement de protection individuelle (p. ex. combinaison, gants, voile et chapeau, chaussures) ou avec les outils qu'il utilise pour manipuler et entretenir les ruches.

Les outils incluent l'enfumoir, les outils utilisés pour ouvrir les ruches, soulever les cadres ou gratter les résidus de cire ou de propolis et les débris), les pinces pour cadres, les souffleurs, les brosses et les pickings pour l'élevage des reines.

Les chariots élévateurs, les plateaux roulants et les chariots manuels utilisés pour déplacer les ruches sont considérés comme faisant partie de l'équipement de transport et non comme de l'équipement personnel.

Risques

Au fil de ses déplacements d'une ruche à l'autre et d'un rucher à l'autre et entre les installations d'entreposage, le rucher et l'installation d'extraction, l'apiculteur peut propager des varroas vivants et des spores de pathogènes avec ses mains, ses gants ou ses outils. Certains organismes nuisibles comme le petit coléoptère des ruches sont très mobiles et peuvent s'accrocher à l'équipement de protection individuelle de l'apiculteur.

Avantages pour le producteur

  • L'application de méthodes rigoureuses d'assainissement individuel lors de la manipulation d'abeilles et de matériel apicole comporte comme principal avantage de réduire le risque de propagation d'organismes nuisibles à des colonies saines au sein de l'exploitation et, dès lors, les efforts investis dans la lutte contre ces organismes et le traitement des abeilles exposées.
  • Les mesures d'assainissement individuel contribuent à prévenir ou à limiter la propagation d'organismes nuisibles parmi les colonies d'un même rucher ou entre les installations d'entreposage et à protéger des ruchers entiers ou des installations d'entreposage contre l'exposition à des ravageurs présents ailleurs dans l'exploitation. Elles peuvent également contribuer à alléger les restrictions commerciales imposées sur la base de considérations sanitaires entre différentes exploitations ou régions apicoles.

Pratiques recommandées

1. Lavage des mains (si l'apiculteur ne porte pas de gants)

  1. Apporter de l'eau, du savon et des serviettes de papier ou un désinfectant pour les mains pour pouvoir se laver les mains sur le terrain.
  2. Toujours se laver les mains après avoir manipulé du matériel ou des produits de la ruche contaminés. Les serviettes en tissu ou en papier servant au séchage des mains doivent être placées dans un sac hermétique à des fins de désinfection et élimination ultérieures.
  3. Toujours se laver les mains après s'être déplacé d'un rucher à l'autre, même si aucun cas d'infection ou d'infestation n'a été confirmé.

2. Gants et vêtements

  1. Apporter sur le terrain plusieurs paires de gants jetables ou de gants réutilisables propres.
  2. Laver et désinfecter les gants réutilisables souillés après chaque utilisation. Les gants toilés peuvent être lavés avec une solution d'eau de Javel. Les gants en caoutchouc doivent être frottés alors qu'ils sont portés avec du détergent pour les mains et un tampon à récurer ou de la poudre. Le port de gants en cuir est déconseillé, car ils sont difficiles à nettoyer et à désinfecter.
  3. Changer de gants après chaque manipulation de matériel ou de produits de la ruche contaminés et introduire les gants souillés dans un sac scellable en vue de les jeter ou de les nettoyer, selon le type de gant.
  4. Changer de gants à chaque déplacement d'un rucher à l'autre, même si aucun cas d'infection ou d'infestation n'a été confirmé.
  5. Apporter de l'eau, du savon et une faible solution d'eau de Javel ou de désinfectant pour les mains et se laver les mains avant d'enfiler une nouvelle paire de gants propres.
  6. Veiller à ce qu'aucune abeille ou aucun organisme nuisible (p. ex. petit coléoptère des ruches) ne s'accroche aux vêtements de protection individuelle, aux chaussures ou au chapeau durant les déplacements d'un rucher à l'autre.
  7. Laver régulièrement les combinaisons et le chapeau.
  8. Laver et désinfecter les chaussures après chaque visite d'un rucher infecté par la loque américaine ou infesté par le petit coléoptère des ruches ou contaminé par un autre organisme nuisible ou pathogène présentant un risque élevé.

3. Désinfection des outils

  1. Apporter des outils de rechange propres et désinfecter les outils utilisés pour manipuler ou entretenir les ruches.
  2. Désinfecter les outils après avoir manipulé du matériel ou des produits de la ruche contaminés. Si aucune méthode de désinfection n'est disponible sur le terrain, insérer le matériel dans un sac scellable en vue de le désinfecter plus tard.
  3. Désinfecter ou remplacer les outils à chaque déplacement d'un rucher à l'autre, même si aucun cas d'infection ou d'infestation n'a été confirmé.
  4. Désinfecter ou remplacer les outils à chaque déplacement d'une ruche contaminée à l'autre.
  5. Nettoyer les outils en les frottant l'un contre l'autre pour enlever les résidus de cire, de miel et de propolis et les débris. Utiliser des méthodes de manipulation et d'élimination adéquates, en particulier si ces matières sont contaminées par des spores de pathogènes. Utiliser un tampon à récurer ou de laine d'acier pour éliminer les résidus adhérant plus fortement aux outils.
  6. Chauffer les outils avec l'enfumoir ou un chalumeau au gaz propane.
  7. Désinfecter les surfaces de l'enfumoir qui sont entrées en contact avec du miel ou du propolis en chauffant les surfaces en bois tenues en main. Pour les enfumoirs comportant un soufflet en plastique ou en bois, enrouler la partie tenue en main avec du ruban à conduits, puis retirer le ruban afin d'enlever les résidus contaminant la surface et insérer le ruban dans un sac en plastique en vue de les éliminer ultérieurement.

4. Élimination

  1. Brûler ou envoyer au site d'enfouissement municipal les vêtements de protection individuelle souillés ou les outils brisés. Les outils en métal brisés peuvent être recyclés, mais ils doivent d'abord être désinfectés.

Tenue de registres

Tenir un registre des mesures d'assainissement individuel pour montrer à son personnel les pratiques de gestion recommandées.

2.6 Conception des installations

Objectifs

Les installations sont aménagées de manière à ce qu'elles soient faciles à nettoyer, à l'épreuve des abeilles (si nécessaire) et conformes aux normes gouvernementales (le cas échéant). Elles doivent être munies des dispositifs de régulation de l'éclairage et de la température nécessaires pour assurer un entreposage sûr des abeilles et des intrants de production. Elles doivent également être conçues de manière à y faciliter la surveillance des organismes nuisibles et la lutte contre les organismes nuisibles.

Description

Les installations doivent être à l'épreuve des abeilles et conçues de manière à faciliter les activités de confinement, d'inspection, de surveillance, de traitement, de nettoyage et de désinfection du matériel en cas de risque d'introduction ou de propagation d'organismes nuisibles et de maladies.

Les installations bien conçues et munies d'un dispositif de régulation climatique protègent adéquatement les abeilles durant l'entreposage et préviennent la dégradation des intrants de production tels que les produits de traitement. Les installations munies d'un dispositif de régulation de température peuvent également être utilisées pour le traitement du matériel apicole.

L'exploitation apicole devrait comporter les installations suivantes :

  • une installation d'hivernage intérieur et d'autres installations servant à l'entreposage des nouvelles abeilles au moment de leur réception à l'exploitation;
  • des bâtiments pour l'extraction du miel et la fonte de la cire;
  • une installation d'entreposage pour les intrants de production (p. ex. produits de nourrissement et traitement);
  • une installation d'entreposage pour des produits antiparasitaires (p. ex. répulsifs utilisés contre les ravageurs ou poisons et autres pesticides non utilisés pour le traitement des abeilles), les produits de nettoyage, l'essence et autres produits du pétrole et les lubrifiants;
  • une installation d'entreposage pour le matériel apicole inutilisé, les outils, les matériaux d'emballage des ruches;
  • une installation d'entreposage pour les produits de la ruche et les matériaux d'emballage;
  • un atelier de réparation pour le matériel apicole;
  • des garages pour la machinerie utilisée pour le transport des ruches.

La gestion des installations s'étend aux surfaces extérieures des installations et aux aires de chargement.

Risques

Voir la section 2.7 pour une description des risques de biosécurité associés aux surfaces des installations. Même si le risque de transmission d'organismes nuisibles à des abeilles saines résultant d'un contact avec les surfaces des installations est faible en comparaison du risque résultant d'un contact direct avec le matériel apicole, d'autres risques, tels que ceux énumérés ci-dessous, peuvent être atténués si une attention appropriée est accordée à l'aménagement des installations :

  • Durant l'entreposage, les abeilles peuvent être très perturbées par divers facteurs comme des organismes nuisibles ou des rongeurs, des mouvements, un manque de ventilation ou une chaleur excessive. En pareil cas, elles deviennent plus vulnérables aux risques de biosécurité.
  • Les produits de traitement entreposés peuvent se dégrader s'ils sont exposés à une chaleur excessive ou à la lumière. En pareil cas, leur efficacité s'en trouve compromise, et une résistance au traitement peut apparaître.
  • L'incapacité d'isoler les abeilles infectées ou infestées et le matériel apicole, les outils et autres matières contaminés peut contribuer à accélérer la propagation d'organismes nuisibles ou de pathogènes à l'échelle de l'exploitation.

Avantages pour le producteur

Il est avantageux pour l'apiculteur de disposer d'installations conçues et aménagées dans une perspective de biosécurité. En effet, de telles installations :

  • préviennent l'entrée d'organismes nuisibles s'attaquant aux denrées entreposées et de ravageurs susceptibles d'endommager le matériel et de piller ou dégrader les produits de la ruche et de provoquer des pertes économiques;
  • protègent la santé des colonies hivernées à l'intérieur en leur procurant des conditions de température et d'humidité adéquates et en prévenant l'entrée d'organismes nuisibles (p. ex. insectes pilleurs, fausse teigne de la cire) et de ravageurs (p. ex. souris);
  • réduisent le risque d'exposition à des organismes nuisibles et à des ravageurs durant l'hivernage;
  • permettent de contenir et d'exterminer les organismes nuisibles introduits avec des abeilles achetées, des colonies infestées ou infectées provenant du terrain ou des hausses à miel (p. ex. lutte contre la fausse teigne de la cire par entreposage au froid);
  • préviennent la dégradation des produits de traitement;
  • accroissent l'efficacité des traitements et réduisent le risque d'apparition d'une résistance aux traitements;
  • sont plus faciles à nettoyer et à désinfecter;
  • facilitent la conduite des inspections et l'administration des traitements.

Pratiques recommandées

1. Aménagement des bâtiments

  1. Paver les aires de chargement.
  2. Niveler les chemins et les sentiers et assurer un bon drainage.
  3. Installer des portes à ressort se fermant automatiquement.
  4. Choisir des composantes structurales rondes et lisses comme des dispositifs d'équipement complémentaire et disposer les conduites (plomberie, électriques et autres) de manière à prévenir l'accumulation de poussière et de débris (p. ex. résidus de grattage ou abeilles mortes) difficiles à éliminer.
  5. Appliquer un fini de couleur claire facilitant les inspections visuelles et le nettoyage.
  6. Maintenir le périmètre extérieur des bâtiments exempt de végétation et de débris.
  7. Éviter les pièces d'appui recouvertes sur l'extérieur des bâtiments qui pourraient être utilisées comme sites de nidification par des organismes nuisibles.
  8. Veiller à ce que l'installation d'hivernage intérieur soit à la fois suffisamment grande pour accueillir facilement les colonies, bien aérée et conçue de manière à ne pas avoir à déplacer les ruches durant l'entreposage. L'apiculteur peut décaler ses ruches ou les disposer en quinconce afin de pouvoir y accéder facilement pour nourrir ses abeilles durant l'hivernage intérieur, si nécessaire.
  9. Éloigner les installations apicoles des endroits où sont gardés des animaux de ferme ou de compagnie.

2. Matériaux de revêtement

  1. Choisir des matériaux de revêtement faciles à laver et à désinfecter pour les murs et les planchers.
  2. Choisir des matériaux très résistants à l'eau, à la rouille, à la corrosion et à la pourriture.
  3. Utiliser des matériaux de couleur claire, non toxiques, résistant au lavage à pression.

    Installer des planchers de béton scellé, car le miel est acide et peut dégrader le béton.

    1. Veiller à ce que les planchers soient de niveau et ne favorisent pas la formation de flaques d'eau et prévoir une légère pente pour assurer un bon drainage.
    2. Éviter les planchers de terre battue compactée.
    3. Éviter les revêtements en bois brut.
    4. Installer des plinthes et sceller toutes les fissures. Ajuster les coins pour éviter l'accumulation de débris.
    5. Recouvrir les planchers et les murs d'une pellicule de plastique ou d'un pare vapeur durant l'entreposage d'abeilles vivantes en hiver.

3. Installations à l'épreuve des abeilles et (dans la mesure du possible) des insectes et des rongeurs

  1. Prévoir une sortie à sens unique ou une méthode permettant d'enlever les abeilles dans l'aire de déchargement et offrir une voie de sortie aux abeilles piégées dans les hausses récemment enlevées.
  2. Veiller à ce que les portes ferment bien et soient munies de rebords empêchant l'entrée des abeilles et des organismes nuisibles.
  3. Installer des moustiquaires aux fenêtres et de la chasse abeilles.
  4. Fermer, sceller ou calfeutrer les fissures et points d'entrée autour des portes, des fenêtres et des entrées de services publics et les prises d'air et les ouvertures de ventilateurs.
  5. Installer des ruches de collecte près des points d'entrée afin d'empêcher les abeilles revenant du terrain de se rassembler à l'intérieur des bâtiments.

4. Installations d'entreposage à température contrôlée

  1. Respecter les instructions relatives à l'entreposage, si de telles instructions figurent sur l'étiquette. Certains produits doivent être entreposés au réfrigérateur, dans un endroit bien ventilé et climatisé (p. ex. médicaments pour abeilles) ou au congélateur (p. ex. galettes de pollen).
  2. Maintenir une température de 4 à 7° dans les installations d'hivernage.
  3. Ne pas exposer les produits de nourrissement à une chaleur excessive.
  4. Envisager d'installer des systèmes de surveillance électronique et d'alarme (pour la température et l'humidité) dans l'installation d'entreposage.

5. Ventilation et circulation d'air dans l'installation d'hivernage intérieur

  1. Empiler les ruches en rangs perpendiculaires aux conduites d'air en maintenant un espace d'environ 1 m entre les ruches pour assurer une bonne circulation d'air.
  2. Utiliser une conduite d'air perforée en polypropylène ou un éventail pour assurer un mélange uniforme de l'air dans la pièce.
  3. Installer un échangeur d'air suffisamment puisant pour éliminer la chaleur, la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone générés par les abeilles dans les installations d'hivernage.
  4. Veiller à ce que les moustiquaires et les filtres puissent être facilement enlevés pour le nettoyage.
  5. Veiller à ce que les aires d'entreposage des abeilles reçoivent de l'air propre qui n'est pas recyclé en provenance des aires d'entreposage de pesticides ou d'autres produits toxiques ou d'endroits où des fumigants sont appliqués.
  6. Maintenir un flux d'air constant et un flux d'air intermittent plus élevé.
  7. Installer une source d'alimentation de secours.

6. Éclairage

  1. Réduire le plus possible l'éclairage dans l'installation d'hivernage intérieur afin d'inhiber l'activité des abeilles. Utiliser des ampoules rouges et installer des pièges lumineux autour des prises d'air.
  2. Fournir un niveau d'éclairage suffisant pour effectuer les inspections et les autres tâches d'entretien dans toutes les installations. Éviter les perturbations dans les aires d'hivernage intérieur. Utiliser des lampes de poche au besoin.
  3. Utiliser des matériaux de revêtement sombres dans les aires d'hivernage intérieur.
  4. Éliminer les fissures par lesquelles la lumière pourrait s'infiltrer dans les installations d'hivernage intérieur. Pour déceler les éventuelles infiltrations de lumière, il suffit de fermer la porte et d'attendre que les yeux s'habituent à l'obscurité.

7. Isolement

  1. Aménager des aires d'entreposage isolées en utilisant des bâtiments distincts ou des pièces séparées munies de portes bien ajustées ou de rideaux en plastique.
  2. Idéalement… prévoir des aires d'entreposage distinctes :
    1. pour assurer la réception des abeilles achetées;
    2. pour l'hivernage intérieur, prévoir des aires d'entreposage distinctes pour les colonies infectées ou infestées ou soupçonnées de l'être;
    3. pour les hausses à miel provenant de colonies saines et celles provenant de colonies infectées ou infestées ou d'autres exploitations apicoles aux fins des travaux d'extraction courants.
    4. pour les produits potentiellement toxiques pour les abeilles ou susceptibles de contaminer les produits de nourrissement.
    5. pour les outils et le matériel devant faire l'objet d'une désinfection.
    6. pour l'entreposage et la réparation du matériel apicole usagé.

8. Nettoyage et élimination des déchets

  1. Prévoir un approvisionnement en eau suffisant pour le lavage à pression et un système d'élimination des liquides.
  2. Utiliser des contenants à déchets anti-fuite à l'épreuve des insectes et des rongeurs et garnis de sacs en plastique.
  3. Éliminer régulièrement les abeilles et autres insectes nuisibles morts. Utiliser une raclette sur les planchers à surface lisse pour limiter la dispersion de pathogènes dans l'air et utiliser un appareil respiratoire. Entreposer toutes les abeilles mortes dans des sacs à ordures ou dans des contenants hermétiques.

Tenue de registres

Les registres portant sur l'aménagement des installations doivent contenir des renseignements sur les types de matériaux utilisés dans la construction des installations.

2.7 Entretien des installations, des bâtiments, des véhicules et des autres équipements

Objectifs

L'apiculteur dispose d'un programme d'assainissement et d'entretien pour toutes les installations et tous les bâtiments, véhicules et autres équipements.

Description

Les organismes nuisibles capables de survivre sur et dans les installations, les bâtiments, les véhicules et autres équipements peuvent se propager directement aux colonies. Les bâtiments et divers types d'équipements peuvent également procurer des refuges à des abeilles indésirables qui peuvent propager des organismes nuisibles dans l'exploitation (section 1.3).

L'apiculteur doit gérer, nettoyer, désinfecter et entretenir les installations, les bâtiments, les véhicules et autres équipements (p. ex. équipement utilisé pour déplacer les ruches, pour l'extraction du miel et la fonte de la cire) de manière à prévenir l'introduction d'organismes nuisibles ou d'abeilles indésirables ou à détruire ces derniers et à ainsi réduire le risque de biosécurité posé par ces organismes. Des aires doivent être désignées pour le nettoyage de l'équipement mobile et des véhicules.

L'entretien des systèmes à l'intérieur des bâtiments (p. ex. ventilation, régulation de la température et de l'humidité, éclairage) contribue au maintien de l'état de santé des colonies durant l'entreposage.

Risques

Les pathogènes peuvent survivre sur les surfaces en bois ou en métal et dans des substances comme les produits de nourrissement ou l'eau. Des pathogènes peuvent être propagés si l'apiculteur manipule des abeilles malades avec un véhicule ou un autre type d'équipement et utilise par la suite ces mêmes équipements pour manipuler des abeilles saines. D'autres organismes nuisibles et parasites peuvent survivre sur le matériel apicole, les bâtiments et le matériel apicole inutilisé, mais seulement durant de brèves périodes.

Le tableau 5 présente des exemples d'interactions qui peuvent se produire entre des parasites et des organismes nuisibles et les bâtiments et le matériel apicole.

Tableau 5. Risques posés par les parasites et les organismes nuisibles capables de survivre sur et dans les bâtiments et le matériel apicole.
Site ou surface Risque
Ruchers

Variable : Le matériel apicole abandonné contaminé par la loque américaine présente un risque élevé. Ce risque est faible à modéré dans le cas des autres organismes nuisibles;

toutefois, les abeilles indésirables infectées et les organismes nuisibles peuvent utiliser ce matériel comme refuge et propager le risque de biosécurité à des abeilles saines lorsque des occasions de mélange existent.

Installations d'hivernage et autres installations d'entreposage Modéré. Des abeilles en santé peuvent être exposées à des agents infectieux par contact avec des abeilles mortes ou des spores présentes sur les surfaces du matériel ou des installations. Les bâtiments peuvent procurer des refuges et des sites de nidification à des organismes nuisibles et à des abeilles infectées.
Bâtiments d'extraction du miel ou de fonte de cire Modéré. Les flaques de miel renversé peuvent attirer des abeilles et des organismes nuisibles. Des abeilles saines peuvent être exposées à des agents infectieux par contact avec des abeilles mortes ou des spores présentes sur les surfaces de l'équipement ou des installations de transformation. Les bâtiments peuvent procurer des refuges et des sites de nidification à des organismes nuisibles et à des abeilles infectées.
Équipement d'extraction du miel ou de fonte de cire Variable : Le risque est élevé dans le cas de la loque américaine ou si du matériel loué ou partagé n'a pas été désinfecté avant d'être réutilisé.
Installation d'entreposage général et autres bâtiments Modéré : Les bâtiments peuvent procurer des refuges et des sites de nidification à des organismes nuisibles et à des abeilles infectées.
Véhicules et chariots élévateurs utilisés pour le transport des ruches Modéré : Les organismes nuisibles peuvent survivre pendant des temps variables sur les surfaces des équipements de transport, dans les filets, sur les palettes, dans les déjections d'abeilles ou dans les flaques de miel renversé.

Avantages pour le producteur

L'application des principes de biosécurité à l'entretien des installations, des bâtiments, des véhicules et des autres types d'équipement comporte les avantages suivants :

  • réduction du risque d'exposition des abeilles à des organismes nuisibles ou pathogènes et d'introduction et de propagation de tels organismes;
  • réduction du temps et des montants investis dans le traitement des abeilles exposées;
  • conformité possible avec certaines des exigences réglementaires de l'ACIA applicables aux installations d'extraction du miel.
  • conformité possible à certaines exigences provinciales.

Pratiques recommandées

1. Entretien des installations et des ruchers

  1. Enlever le matériel apicole et autres pièces d'équipement inutilisés (p. ex. vieux véhicules, abris, équipement agricole) pouvant servir de refuge à des organismes nuisibles et à des abeilles provenant d'installations où des abeilles sont gardées.
    1. Inspecter les nouveaux sites de rucher avant d'y installer des colonies et éliminer tout équipement inutilisé et toutes les structures qui pourraient servir de refuge à des abeilles ou à des organismes nuisibles.
    2. Installer des ruches appâts et vérifier l'état de santé des abeilles qui pourraient y être attirées avant de déployer de nouvelles colonies.
    3. Garder les installations et les environs de la miellerie et des installations de fonte de cire et d'hivernage exempts de matériel apicole inutilisé.
    4. Appliquer les recommandations relatives à la manipulation et à l'élimination du matériel apicole usagé ou abandonné contaminé par l'agent de la loque américaine.

2. Assainissement des bâtiments et du matériel apicole

  1. Nettoyer et désinfecter les bâtiments et le matériel afin d'y éliminer tout organisme nuisible qui pourrait s'y trouver :
    1. avant et après le transport d'abeilles, retirer les filets et balayer la plate-forme du véhicule afin d'y éliminer les débris et abeilles mortes accumulés. Détruire les débris en les brûlant ou en les envoyant à un site d'enfouissement municipal;
    2. avant et après le transport d'abeilles, enlever toutes les flaques de miel qui pourraient souiller la plate-forme et nettoyer celle-ci avec de l'eau;
    3. inspecter tous les équipements (chariots élévateurs) utilisés pour manipuler les abeilles et le matériel apicole afin d'y éliminer toute trace de miel renversé ou de débris;
    4. après avoir manipulé des colonies ou du matériel apicole reconnus comme ayant été en contact avec des organismes nuisibles, prendre des précautions additionnelles pour nettoyer et désinfecter les surfaces des véhicules et de l'équipement avant de manipuler d'autres abeilles et d'autres équipements;
    5. garder les installations et les environs de la miellerie et des installations de fonte de cire et d'hivernage exempts de matériel apicole inutilisé;
    6. avant d'acheter ou de louer du matériel d'extraction et de cérification, s'informer sur les utilisations antérieures de ce matériel afin de déterminer s'il a déjà été contact avec des organismes nuisibles ou pathogènes et nettoyer et désinfecter ce matériel;
    7. dans la mesure du possible, utiliser son propre matériel d'extraction;
    8. appliquer les recommandations relatives à la manipulation et à l'élimination du matériel apicole contaminé par l'agent de la loque américaine;
    9. nettoyer minutieusement les installations d'hivernage intérieur après avoir sorti les colonies au printemps. Enlever les abeilles mortes, balayer les planchers et nettoyer avec une laveuse à pression les planchers, les murs et les plafonds;
    10. enlever quotidiennement les flaques de miel renversé dans le bâtiment d'extraction du miel. Grattez les traces de miel qui pourraient subsister et utiliser de l'eau chaude et du vinaigre pour nettoyer les surfaces. L'utilisation d'autres produits chimiques à l'intérieur du bâtiment d'extraction peut compromettre la salubrité des produits de la ruche, et il est donc important de suivre les directives de l'ACIA relatives à l'utilisation de détergents ou de produits chimiques.

3. Nettoyage et désinfection des bâtiments et du matériel apicole

  1. Nettoyer et désinfecter conformément aux méthodes recommandées les surfaces des véhicules, du matériel apicole et des bâtiments utilisés pour manipuler ou loger des abeilles ou du matériel apicole contaminé par les agents de maladies persistantes comme la loque américaine. Pour de plus amples renseignements, voir l'annexe F.

4. Entretien des bâtiments

  1. Maintenir les bâtiments dans un état optimal :
    1. une fois par année, vérifier si les bâtiments sont à l'épreuve des abeilles et sceller toutes les ouvertures décelées susceptibles de favoriser l'entrée de rongeurs et d'autres organismes nuisibles;
    2. surveiller quotidiennement les installations d'hivernage intérieur afin de s'assurer du bon fonctionnement du système de ventilation et de la qualité de l'air (température, dioxyde de carbone et humidité).

5. Établissement d'une aire désignée pour le nettoyage des véhicules et du matériel apicole

  1. nettoyer les véhicules et l'équipement portatif dans les aires désignées à cette fin et éliminer les eaux usées selon les méthodes recommandées :
    1. éloigner les aires de nettoyage des véhicules et du matériel apicole des endroits où des colonies sont installées;
    2. contenir ou éliminer les eaux usées à bonne distance des endroits où des colonies sont installées;
    3. veiller à ce que les abeilles butineuses n'aient pas accès à des flaques d'eau stagnante;
    4. utiliser si possible une laveuse à pression pour nettoyer les aires de nettoyage désignées après y avoir nettoyé du matériel apicole ou des véhicules contaminés.

Tenue de registres

Tenir un registre (manuscrit ou électronique) des activités de nettoyage et d'entretien et y consigner les renseignements suivants :

  1. réparations effectuées aux bâtiments;
  2. nettoyage et désinfection des bâtiments, du matériel apicole et des véhicules;
  3. surveillance des installations d'hivernage intérieur et détails sur les observations et/ou les lectures effectuées (température, humidité, dioxyde de carbone).

2.8 Lutte contre les mauvaises herbes et les ravageurs

Objectifs

L'apiculteur applique un programme de lutte intégrée contre les mauvaises herbes et les ravageurs.

Description

Un programme de lutte intégrée fait appel à diverses mesures de surveillance et à un ensemble de méthodes de lutte culturale, mécanique, physique, biologique et chimique contre les mauvaises herbes et les ravageurs. Ces mesures visent à prévenir l'infestation ou l'infection des colonies et les dommages infligés au matériel et facilitent la conduite des activités de surveillance et de gestion.

Risques

Les mauvaises herbes qui poussent à l'intérieur et aux abords des ruchers et autour des installations peuvent :

  • procurer des sites de nidification à des ravageurs et à des abeilles voleuses;
  • favoriser l'introduction d'insectes nuisibles à l'intérieur des colonies;
  • obstruer l'entrée des ruches et gêner les déplacements des abeilles butineuses;
  • retenir l'humidité et ainsi accélérer la détérioration de la base des ruches ou favoriser l'infection des colonies par divers pathogènes associés à des conditions de forte humidité, comme l'agent du couvain plâtré;
  • provoquer des courts-circuits et compromettre le fonctionnement des clôtures électriques interdisant l'accès des prédateurs aux colonies;
  • empêcher l'apiculteur d'effectuer des inspections courantes et d'entretenir les colonies.

Les ravageurs peuvent :

  • perturber les colonies;
  • endommager les ruches, les rayons et les matériaux d'emballage;
  • se reproduire dans les ruches ou à proximité;
  • décimer les colonies en dévorant les abeilles adultes et le couvain;
  • piller les réserves de nourriture;
  • rendre les abeilles agressives;
  • affaiblir les colonies et accroître leur vulnérabilité aux organismes nuisibles;
  • propager des pathogènes et d'autres organismes nuisibles et menacer les colonies dans le rucher et les installations d'hivernage intérieur.

Les ours en quête de nourriture représentent une grave menace pour les colonies et peuvent détruire un rucher complet.

Les rongeurs tels les souris et les campagnols ainsi que les musaraignes représentent un risque surtout en automne et en hiver, tant à l'extérieur que dans les installations d'hivernage intérieur. L'urine de rongeurs exerce un effet répulsif prononcé et ne sera pas nettoyée par les abeilles au printemps. Les rongeurs sont plus susceptibles d'infester les ruchers situés près de boisés ou dans des champs.

Les mouffettes et les ratons laveurs grattent l'entrée des ruches la nuit (les abeilles sont alors moins portées à piquer) et dévorent les abeilles à mesure qu'elles sortent pour défendre la colonie. Ce comportement est plus fréquemment observé au printemps.

Les oiseaux insectivores comme les geais bleus peuvent causer de graves problèmes dans les exploitations d'élevage de reine. Les pics peuvent endommager les ruches.

Plusieurs espèces d'amphibiens et de reptiles sont également friandes d'abeilles, mais ils infligent rarement des pertes importantes.

Les insectes nuisibles incluent les guêpes prédatrices et les fourmis. Les fourmis peuvent élire domicile à l'intérieur des ruches ou sous les ruches et constituent une plus grande source de nuisance dans les secteurs densément boisés ou à sol sableux. Les fourmis charpentières peuvent infliger des dommages structuraux aux composantes des ruches, en particulier les plateaux.

Le bétail et les animaux de compagnie représentent habituellement un faible risque, à moins que le rucher soit dans région densément peuplée. Le bétail peut même contribuer à la suppression des mauvaises herbes dans le rucher.

Même s'ils ne constituent pas techniquement un risque de biosécurité, les humains peuvent compromettre l'intégrité des ruchers en perpétrant des actes de vandalisme ou en volant du miel ou du matériel apicole.

Avantages pour le producteur

La lutte contre les ravageurs comporte plusieurs avantages, car elle permet de :

  • réduire les pertes financières occasionnées par les dommages infligées aux ruches et les pertes d'abeilles et de miel;
  • réduire le temps consacré à la réparation ou au remplacement du matériel apicole;
  • réduire le niveau d'agressivité des abeilles et d'en faciliter la gestion;
  • faciliter l'accès aux ruches dans le rucher;
  • accroître la capacité des abeilles de résister aux importants facteurs de biosécurité posés par les organismes nuisibles;
  • réduire le risque d'introduction et de propagation d'organismes nuisibles.

Pratiques recommandées

1. Surveillance

À chaque visite des ruchers, vérifier la croissance des mauvaises herbes et examiner les colonies afin d'y déceler la présence éventuelle de ravageurs ou de signes d'infestation ou de perturbation tels que :

  1. ruches renversées et signes évidents de perturbation, de dommages ou de pillage;
  2. altération de la végétation autour des ruches;
  3. trous forés devant l'entrée des ruches;
  4. égratignures autour des entrées des ruches;
  5. poussière sur les plateaux d'envol;
  6. réducteurs d'entrée enlevés;
  7. rayons mâchés;
  8. fragments d'abeilles et excréments d'animaux sur le sol à proximité de l'entrée;
  9. poils d'ours ou de bestiaux sur les clôtures en fil barbelé;
  10. matériaux d'emballage hivernal endommagés;
  11. traces de nidification dans les matériaux d'emballage;
  12. colonies agitées, agressives et affaiblies.

2. Mesures de lutte générale

  1. éliminer les cadres brisés, les rayons, les déchets et autres objets pouvant attirer des organismes nuisibles dans les installations et les ruchers et leurs environs immédiats;
  2. utiliser des nourrisseurs anti-fuite non exposés et éviter de renverser des produits de nourrissement;
  3. éviter de renverser du miel et ne pas placer de hausses à miel sur le sol après les avoir retirées des ruches;
  4. envisager de recourir à des chiens ou à des dispositifs solaires ou à pile actionnant des feux clignotants ou une alerte sonore pour éloigner les organismes nuisibles;
  5. relocaliser les colonies.

3. Lutte contre les mauvaises herbes

  1. Un fauchage autour des ruches peut être efficace mais peut perturber les colonies. Les herbicides sont également efficaces, mais ils ne doivent présenter aucun danger pour les abeilles; éviter d'appliquer pendant les périodes d'activité des abeilles butineuses ou durant la période de floraison des mauvaises herbes et toujours suivre les instructions sur l'étiquette. Obtenir l'autorisation du propriétaire foncier avant d'appliquer des herbicides.
  2. Relocaliser les ruches après quelques années. Les débris de colonies constituent une bonne source d'engrais et peuvent stimuler la croissance des mauvaises herbes.
  3. Éliminer les mauvaises herbes et autres plantes susceptibles de procurer des sites de nidification aux ravageurs autour des entrées et aux abords des ruches.

4. Lutte contre les ours et le bétail

  1. Bien choisir le site du rucher et s'assurer qu'il ne se trouve pas à l'intérieur du domaine vital d'un ours ou de corridors fauniques; éviter les milieux broussailleux adjacents à des forêts, à des ravins ou à un cours d'eau.
  2. Si possible, installer une clôture électrique permanente anti-ours et anti-bétail autour du rucher avant que les ours l'aient découvert :
    1. si les circonstances l'exigent, installer une clôture électrique temporaire;
    2. si possible, utiliser une source d'énergie solaire pour la clôture;
    3. installer le rucher à bonne distance des arbres afin d'empêcher les ours d'y grimper pour franchir la clôture;
    4. raser la végétation sous la clôture et au-dessus et autour de cette dernière afin d'éviter les courts-circuits;
    5. obtenir de l'apiculteur provincial ou d'un spécialiste de la gestion de la faune des renseignements détaillés sur les clôtures anti-ours.
  3. Le piégeage et l'abattage des ours sont une option de dernier recours lorsque toutes les autres méthodes ont échoué. Consulter le bureau provincial de gestion de la faune pour de plus amples renseignements sur les méthodes à employer et la réglementation encadrant ces activités.

5. Lutte contre les rongeurs

  1. Hivernage extérieur :
    1. chasser les souris ayant déjà élu domicile dans les ruches et détruire leurs nids;
    2. remplacer les cadres grugés afin d'éviter que les ouvrières remplacent les alvéoles d'ouvrières par des alvéoles de mâles;
    3. installer un réducteur d'entrée à l'entrée inférieure de la ruche au début de l'automne et prévoir une ventilation si l'entrée est obstruée par des débris que les abeilles ne peuvent déplacer;
    4. fermer les nourrisseurs et placer du grain ou des appâts commerciaux empoisonnés anti-rongeurs sur les couvercles internes, sous la couche de matériau isolant et sous les ruches. Enlever tout surplus d'appât lors du désemballage des ruches au printemps et avant que les abeilles prennent leur envol.
  2. Hivernage intérieur :
    1. veiller à ce que l'installation soit à l'épreuve des rongeurs;
    2. utiliser des dispositifs de lutte contre les rongeurs (p. ex. pièges ou appâts empoisonnés commerciaux) ou des chats;
    3. bloquer l'accès aux étages de hausses par le haut ou le bas en installant une grille à reine, un treillis ou un couvercle télescopique bien ajusté;
    4. placer des appâts anti-rongeurs sur le plancher ou sur la palette. Éviter de placer les appâts entre les empilements de ruches, car des fragments d'appâts pourraient tomber parmi les cadres.
  3. laver avec de l'eau l'urine de rongeurs sur les parois internes des composantes en bois;
  4. indiquer l'emplacement des points d'appât sur la carte des différents éléments de l'exploitation et inspecter régulièrement ces points d'appât.

6. Lutte contre les mouffettes et les ratons laveurs

  1. Agrafer un treillis au plateau de la ruche et devant les ruches et autour des matériaux d'emballage afin d'empêcher les moufettes et d'autres animaux de gratter autour des entrées des ruches. L'installation autour de l'entrée des ruches d'une planche hérissée de clous dont la pointe est dressée vers le haut ou d'agrafes dentées du type utilisé par les poseurs de tapis donne également de bons résultats.
  2. Pour les petits ruchers, installer un grillage ou une clôture à jardin en enfonçant la base dans le sol pour empêcher les moufettes de creuser sous la clôture.
  3. Ajouter une entrée à l'étage supérieur de la ruche et installer les ruches sur un support.
  4. Le piégeage et l'abattage des moufettes sont une option de dernier recours lorsque toutes les autres méthodes ont échoué. Consulter le service de gestion de la faune pour de plus amples renseignements sur les méthodes à employer et la réglementation encadrant ces activités.

7. Lutte contre les guêpes

  1. Enlever tous les matériaux susceptibles de procurer des sites de nidification aux guêpes autour du rucher.
  2. Repérer les nids en suivant la trajectoire de vol des guêpes et les détruire.
  3. Installer des treillis, des pièges ou des réducteurs d'entrée, si nécessaire.
  4. Appliquer des insecticides sur les nids de guêpe en prenant toutes les précautions voulues pour ne pas exposer les abeilles à ces produits.
  5. Utiliser des tapettes à mouche.
  6. Veiller à ce que les installations soient à l'épreuve des abeilles (et des guêpes) en installant des chasses abeilles dans les fenêtres.
  7. Ne pas utiliser de lanières insecticides dans les installations.

8. Lutte contre les fourmis

  1. Autour des colonies, éliminer les graminées, les broussailles et le bois mort pouvant servir de sites de nidification ou faciliter l'accès aux ruches.
  2. Détruire (en les brûlant) tous les nids de fourmis dans le rucher.
  3. Par temps chaud et ensoleillé, verser de l'eau bouillante dans les nids.
  4. Protéger les colonies des fourmis et des produits appliqués sur le sol en installant les ruches sur des supports et en plaçant les pattes des supports dans des récipients contenant de l'eau ou de l'huile végétale.
  5. Veiller à ce que les plateaux soient en bon état. Les abeilles et les rayons ne doivent pas entrer en contact avec les produits de traitement.

9. Vandalisme et vol

  1. Installer le rucher à un endroit où il ne sera pas facilement repérable depuis un chemin isolé.
  2. Dans la mesure du possible, installer le rucher à un endroit à portée de vue de l'apiculteur ou de ses voisins.
  3. Aviser le service de police de l'emplacement du rucher.
  4. Utiliser un chien de garde.
  5. Si possible, installer une caméra de surveillance.
  6. Marquer l'équipement ou installer des micropuces sur les ruches.

Tenue de registres

  1. Tenir une liste ou cartographier les installations qui doivent faire l'objet d'une surveillance régulière.
  2. Tenir un inventaire des produits antiparasitaires utilisés contre les ravageurs.
  3. Consigner les observations des dommages infligés par les ravageurs, par date et par rucher.
  4. Tenir un registre des traitements chimiques et culturaux en notant le nom des personnes qui les ont effectués et les dates auxquelles et les raisons pour lesquelles ils l'ont été.
  5. Noter l'endroit où des pièges appâtés ont été installés et les dates auxquelles ces pièges ont été inspectés.

2.9 Formation et éducation

Objectifs

Toutes les personnes qui travaillent dans l'exploitation apicole ou qui utilisent ou manipulent des abeilles ont reçu une formation appropriée et sont régulièrement informées des risques pour la biosécurité et des éventuels changements apportés aux protocoles existants.

Description

Le personnel inclut toutes les personnes qui travaillent à l'exploitation apicole, soit le propriétaire/apiculteur principal, les membres de sa famille et les employés.

Un programme de formation en biosécurité est en place, de la documentation a été élaborée ou un accès à la documentation pertinente a été prévu et des séances de formation et de mise à jour des connaissances sont organisées afin d'informer le personnel sur les objectifs, les principes et les procédés associés à la biosécurité en milieu apicole.

Des procédures normalisées d'exploitation (PNE) décrivant chacune des étapes des tâches à effectuer ont été élaborées pour l'exploitation apicole. Ces procédures sont énoncées dans un document illustré. L'apiculteur peut élaborer des PNE pour certaines tâches particulières comportant des avantages importants au plan de la biosécurité.

Risques

Le fait de ne pas élaborer de PNE ou de ne pas dispenser de formation au personnel comporte les risques suivants :

  • exposition des abeilles à des organismes nuisibles et/ou propagation d'organismes nuisibles au sein des colonies;
  • pertes économiques dues à des identifications erronées des organismes nuisibles;
  • administration de traitements inappropriés causée par des erreurs de diagnostic;
  • erreurs compromettant l'efficacité des traitements ou entraînant des effets toxiques pour les abeilles;
  • risques d'atteinte à la santé et à la sécurité du personnel lors de l'administration des traitements.

Avantages pour le producteur

Les employés qui ont reçu une formation appropriée sont plus en mesure d'intégrer les procédures de biosécurité à leurs tâches courantes et de proposer des améliorations aux procédures établies.

L'apiculteur sera plus en mesure de raffiner son plan de biosécurité et de faciliter l'intégration des principes de biosécurité aux tâches courantes s'il consulte ses employés et les invite à prendre part à l'élaboration de ce plan.

Pour l'exploitant apicole, la mise en place de PNE documentées et d'un personnel bien informé comporte les avantages suivants :

  • plus grande efficacité des mesures de prévention (réduction des risques d'exposition des abeilles à des organismes nuisibles ou pathogènes et de propagation de ces organismes, réduction de la vulnérabilité des abeilles);
  • détection plus rapide des risques de biosécurité;
  • réduction du temps et des montants consacrés à la surveillance, à la lutte et à l'administration de traitements;
  • réduction du risque d'erreurs lors de l'administration de traitements;
  • protection de la santé et de la sécurité des employés;
  • capacité accrue de retracer l'origine des problèmes détectés.

Pratiques recommandées

L'apiculteur peut accroître ses connaissances et raffiner son plan de formation du personnel en :

1. Procédures normalisées d'exploitation

Des PNE devant être mises à jour au moins une fois par année peuvent être élaborées pour les procédés suivants :

  1. procédures de surveillance et d'échantillonnage (fréquence normale et fréquence accrue en cas d'urgence et taux d'échantillonnage);
  2. mesures à prendre si un nouvel organisme nuisible ou un organisme nuisible présentant un risque élevé est observé durant la conduite des activités apicoles courantes;
  3. déclaration;
  4. mesures immédiates destinées à prévenir la propagation d'un organisme nuisible (p. ex. assainissement);
  5. protocole de quarantaine;
  6. elimination du matériel ou de matières contaminés par l'agent de la loque américaine (abeilles, équipement, outils, etc.);
  7. méthodes de prévention;
  8. administration des traitements;
  9. tenue de registres;
  10. autres PNE jugées utiles par l'apiculteur.

2. Étendue, portée et contenu de la formation

L'étendue et la portée de la formation en biosécurité doivent être adaptées à l'ampleur des tâches des employés, des membres de la famille ou de l'apiculteur principal; toutefois, toutes les personnes qui travaillent à l'exploitation apicole devraient avoir une compréhension générale des objectifs, des principes et des procédés de biosécurité applicables au domaine apicole.

La formation en biosécurité doit couvrir les éléments suivants :

  1. principes et risques de biosécurité et importance de la biosécurité pour l'exploitation et l'industrie apicole canadienne considérée dans son ensemble;
  2. compréhension des éléments suivants :
    1. risques de biosécurité posés par les organismes nuisibles et pathogènes courants, nouveaux et exotiques, et cycle vital de ces organismes;
    2. organismes vecteurs ou voies d'entrée dans l'exploitation;
    3. relations avec le cycle vital des abeilles;
    4. signes d'exposition à des facteurs de vulnérabilité pouvant évoquer des maladies causées par un agent pathogène;
    5. facteurs environnementaux ou autres susceptibles de favoriser ou de limiter la propagation des risques de biosécurité;
    6. effets conjugués de plusieurs risques de biosécurité et facteurs de vulnérabilité des abeilles;
    7. impacts potentiels sur les abeilles et la production de miel;
    8. reconnaissance des rayons à couvain.
  3. procédures de surveillance et signes à rechercher durant la conduite des activités courantes, et facteurs déclenchant le processus de déclaration. L'apiculteur principal doit avoir suivi une formation sur les procédures de surveillance et d'échantillonnage (p. ex. dénombrement des parasites, échantillonnage en vue d'analyses de laboratoire) et connaître les circonstances justifiant la mise en œuvre d'un plan d'intervention standard ou d'un plan d'intervention d'urgence.
  4. pratiques recommandées pour prévenir la propagation d'organismes nuisibles durant la conduite des activités apicoles courantes :
    1. mesures d'assainissement individuel ;
    2. procédures courantes de manipulation, d'entretien, d'assainissement et d'élimination applicables aux intrants de production, au matériel apicole, aux installations et aux abeilles mortes;
    3. procédures prévues pour l'introduction, la manipulation, la relocalisation et le déplacement d'abeilles vivantes;
    4. méthodes culturales.
  5. méthodes d'administration des traitements :
    1. compréhension et interprétation des instructions figurant sur l'étiquette des produits;
    2. accessibilité et application des recommandations provinciales en vigueur relatives aux traitements;
    3. sécurité des employés affectés à la manipulation et à l'administration des traitements.
  6. réglementation en vigueur régissant l'homologation, l'achat d'abeilles, la délivrance de permis autorisant la vente et le déplacement d'abeilles, la notification et les traitements.
  7. ressources clés comme les autorités apicoles, les spécialistes, les laboratoires de diagnostic et les services d'irradiation. La formation devrait également indiquer quand et comment faire appel à ces ressources.
  8. exigences liées à la tenue de registres au sein de l'exploitation;
  9. système d'identification et de marquage des ruches et des autres équipements.

3. Moment et fréquence de la formation

Personnel :

  1. au moment de l'embauche;
  2. suivi annuel ou rappel sur les règles et principes de biosécurité au début de chaque saison;
  3. mise à jour des connaissances selon les besoins durant la saison d'exploitation.

4. Méthodes de formation

Les programmes de formation pratique supervisée fondée sur les compétences sont généralement considérés comme plus efficaces que les programmes de formation théorique ou d'autoformation. Voici quelques exemples de formation :

  1. séances de formation d'orientation dispensées sur place ou rencontres;
  2. formation en cours d'emploi sous la supervision directe de l'apiculteur;
  3. ateliers de démonstration, séminaires ou ateliers offerts par le gouvernement provincial, des associations apicoles, des organisations privées, etc.;
  4. programmes structurés d'acquisition de compétences (p. ex. cours de maître apiculteur, formation en sciences vétérinaires, cours menant à la certification d'opérateurs antiparasitaires, cours offerts par des collèges ou des universités, cours par correspondance);
  5. autoformation.

5. Documents d'appui à la formation

Les documents de formation et d'appui à la formation doivent être rédigés dans un langage simple (non scientifique) facile à comprendre et bien structurés et illustrés. Au besoin, ces documents peuvent également être traduits (p. ex. du français vers l'anglais ou vice-versa, ou de l'anglais vers l'espagnol). Voici quelques exemples de documents pouvant être utilisés en appui à la formation :

  1. Norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie apicole et le présent Guide du producteur;
  2. PNE écrites;
  3. vidéos;
  4. démonstrations;
  5. photos et illustrations;
  6. affiches;
  7. exemples commentés (p. ex. étiquettes de produits, formulaires de rapport);
  8. notes de service et courriels;
  9. manuels et liste de contrôle d'autoévaluation (copies papier ou versions électroniques);
  10. bulletins, fiches d'information et recommandations annuelles de traitement (copies papier et versions en ligne).

Tenue de registres

L'apiculteur doit tenir un registre des formations dispensées à chacun des employés.

Les registres devraient contenir les informations suivantes :

  1. titres des séminaires, ateliers et cours dispensés et/ou certificats d'attestation de participation;
  2. renseignements détaillés sur le contenu et les dates des séances de formation dispensées aux employés;
  3. document signé par les membres du personnel indiquant qu'ils ont lu et compris les PNE.
Date de modification :