Norme nationale de biosécurité à la ferme pour le secteur de l'élevage du vison

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Table des matières

Dédicace

Cette Norme est dédiée à la mémoire du Dr Bruce Hunter, professeur émérite au Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario, qui a établi les bases du présent document. Le dévouement du Dr Hunter ainsi que son importante contribution dans les domaines de la médecine vétérinaire et de l'industrie des animaux à fourrure ont amélioré la santé et le bien-être des visons d'élevage.

Qu'est-ce que la biosécurité dans les visonnières?

La biosécurité dans les visonnières comprend un ensemble de procédures organisées et bien planifiées qui sont appliquées à la ferme. Elle vise principalement à limiter l'exposition des visons aux agents causant des maladies infectieuses en empêchant leur introduction et leur propagation au sein de la population de visons d'élevage et hors de la ferme. (Un glossaire où sont définis les termes utilisés dans le présent document se trouve à l'annexe A.)

La biosécurité n'est efficace que si l'éleveur s'engage à apprendre et à mettre en oeuvre les principes de base de la biosécurité. Le concept de biosécurité n'est pas nouveau et la plupart des principes ne sont ni difficiles à appliquer ni dispendieux pour les éleveurs. De nombreuses activités quotidiennes comprennent déjà des mesures de biosécurité. Pour en tirer le maximum d'avantages sans gaspiller de ressources humaines ou financières, il est bon de s'engager à mettre en oeuvre un programme structuré de biosécurité. Les éleveurs peuvent protéger leurs animaux et assurer le succès et la viabilité de leur industrie en mettant en oeuvre un programme de biosécurité.

Les maladies peuvent être la cause de pertes dévastatrices. Le fait de maintenir les opérations tout en appliquant un programme incomplet de lutte contre les maladies peut poser des risques importants pour le reste de l'industrie. En effet, si une maladie infectieuse est présente sur les lieux, ce sont toutes les visonnières qui sont menacées. Toutes les exploitations ont besoin d'un programme de biosécurité, quel que soit le nombre de visons élevés.

Sources communes d'agents infectieux

  • Visons qui se sont échappés/sauvages, visons de fermes voisines, chats et animaux sauvages : en particulier les visons sauvages, les ratons laveurs, les mouffettes, les renards, les oiseaux sauvages, les rongeurs et les autres animaux nuisibles, y compris les animaux domestiques.
  • Personnes : les personnes peuvent transmettre des maladies par les mains, les chaussures, les vêtements et même les cheveux, s'ils sont contaminés.
  • Fumier et carcasses : le fumier et les carcasses de visons malades peuvent être d'importantes sources d'infection.
  • Visons nouvellement achetés : provenant d'autres fermes.
  • Sources d'aliments et d'eau : y compris les camions de livraison d'aliments.
  • Équipement : cageots de transport, équipement d'attrapage et de vaccination, mangeoires, tétines/abreuvoirs et outils de la ferme.
  • Véhicules et équipement de la ferme : les tracteurs et les épandeurs de fumier, y compris l'équipement de fermes voisines et d'entrepreneurs, sont exposés à diverses sources d'infection aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la ferme.

Principes de biosécurité

Combattre et prévenir les maladies est une mission complexe. Pour qu'elles soient efficaces, les méthodes de prévention et d'intervention doivent habituellement être mises en oeuvre dans un ordre logique. L'application d'une recommandation ou d'un principe sans d'abord avoir réalisé une tâche donnée peut faire échouer l'action entreprise. Par exemple, l'isolement de visons nouvellement achetés pendant deux à trois semaines pour s'assurer qu'ils sont exempts de maladies aura des avantages limités si l'éleveur ne détermine pas d'abord l'état de santé du troupeau/des visons qu'il achète, de même que la présence d'agents pathogènes et de vermine devant être testés, traités ou surveillés.

Les programmes de biosécurité sont efficaces pour atténuer la présence de maladies infectieuses causées par de nombreux agents pathogènes microbiens (bactéries [y compris les mycoplasmes], virus, champignons et protozoaires) transmis par différentes voies. Par conséquent, les programmes de biosécurité ne devraient pas être fondés sur une seule maladie ou sur un seul mode de transmission.

La maladie aléoutienne du vison, l'entérite virale du vison, la maladie de Carré (« distemper ») et la pneumonie hémorragique (causée par Pseudomonas) sont les maladies les plus communes et les plus graves que les éleveurs de visons canadiens devraient prendre en considération lorsqu'ils élaborent un programme de biosécurité.

Qui devrait utiliser ce document et comment?

Tous les éleveurs de visons sont encouragés à utiliser la Norme nationale de biosécurité à la ferme pour le secteur de l'élevage du vison (ci-après appelée la Norme). La Norme est divisée en trois sections : la gestion de l'accès à la ferme, la gestion de la santé des animaux et la gestion opérationnelle. Ces sections abordent les fondements de l'application d'un programme de biosécurité.

Chacune des sections est divisée en sous-sections et en résultats visés. Tous les éleveurs de visons devraient tenter d'atteindre les résultats visés de biosécurité afin de protéger leurs troupeaux contre l'introduction et la propagation d'agents pathogènes microbiens. Les résultats visés s'appuient sur des principes de biosécurité de base. Ces principes sont l'isolement, l'assainissement, le contrôle des déplacements, la gestion de la santé des troupeaux et le maintien du programme de biosécurité une fois qu'il est en place.

En raison du vaste public cible de l'industrie, certains de ces principes de biosécurité peuvent être difficiles à mettre en oeuvre immédiatement chez tous les éleveurs. Les éleveurs doivent envisager une mise en oeuvre continue de mesures de biosécurité supplémentaires à mesure que leurs activités d'exploitation sont améliorées, par exemple par le remplacement ou la remise à neuf de l'équipement ou des installations.

À qui la Norme est-elle destinée?

La Norme est destinée aux éleveurs, à ceux qui possèdent et gèrent des visons d'élevage au Canada ainsi qu'à ceux qui travaillent auprès de ces animaux. Elle a été conçue pour être appliquée dans les fermes de tous types et de toutes tailles ainsi que dans toutes les régions du Canada. Les fournisseurs de services de l'industrie des visons d'élevage pourront, s'ils connaissent la Norme, mener leurs activités de manière à soutenir l'industrie des visons d'élevage dans ses efforts pour réduire les risques de maladies. La Norme aidera aussi les chercheurs, les enseignants, les spécialistes de l'élaboration de programmes et les gouvernements dans leur travail quant à l'amélioration des mesures de biosécurité dans le secteur de l'élevage du vison.

À quoi la Norme sert-elle?

La Norme énonce des principes fondamentaux pour aider les éleveurs à mettre en place un programme exhaustif de biosécurité. L'application des principes et l'atteinte des résultats visés de la Norme visent à réduire la prévalence des maladies infectieuses présentes et émergentes et à accroître la productivité et la rentabilité tout en améliorant le bien-être des animaux.

La Norme est un document public que pourront consulter tous les intervenants, y compris les agents de commerce et l'industrie à l'étranger. Dans ce contexte, elle sera examinée en même temps que divers autres outils de biosécurité utilisés ou en cours d'élaboration au Canada (p. ex., contrôles douaniers, mesures de surveillance et de lutte contre les maladies) ainsi que diverses normes de biosécurité applicables à d'autres produits canadiens.

Comment la Norme a-t-elle été élaborée?

La Norme, même si elle vise principalement l'industrie, a été élaborée en collaboration avec des éleveurs, des experts en la matière, des groupes consultatifs ainsi que des dirigeants de l'industrie et du gouvernement. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a commencé à travailler avec l'industrie canadienne du vison d'élevage en 2010, à la suite de la présentation par l'industrie d'une ébauche de document sur la biosécurité dans les visonnières (« Principles of Biosecurity for Mink Farms ») à envisager comme norme nationale de biosécurité. Une ébauche de projet prévoyant l'élaboration de la Norme en deux temps a été rédigée. Ce travail a été facilité et orienté par la participation d'entrepreneurs et de trois comités : 1) un comité sur la gestion des mesures de biosécurité pour les visons, 2) un comité consultatif sur la biosécurité, et 3) un comité consultatif technique sur la biosécurité. Ces comités ont tous contribué en formulant leurs idées et leurs commentaires. L'annexe B dresse la liste des comités et de leurs membres.

L'élaboration de la Norme a englobé :

  • une analyse de rendement de divers protocoles et pratiques de biosécurité dans l'industrie de l'élevage du vison;
  • une analyse de l'écart entre les programmes de biosécurité existants pour les visons dans les pays membres des associations d'éleveurs d'animaux à fourrure d'Amérique du Nord et d'Europe;
  • une revue de la littérature et un recensement des pratiques de biosécurité citées;
  • une consultation auprès des éleveurs sur les pratiques de biosécurité actuellement utilisées dans l'industrie canadienne de l'élevage de visons au moyen d'un échantillon représentatif d'éleveurs canadiens;
  • une consultation sur une version préliminaire de la Norme auprès de représentants de groupes d'intervenants et d'autres personnes concernées de l'industrie de l'élevage du vison;
  • l'élaboration de matériel de communication pour sensibiliser les éleveurs et leur permettre de mieux comprendre la Norme.

Format de la Norme nationale de biosécurité à la ferme pour le secteur de l'élevage du vison du Canada

La Norme est divisée en trois sections principales qui énoncent 39 résultats visés. Comme ces principes sont fondés sur des résultats, ils indiquent des objectifs à atteindre tout en donnant aux éleveurs la possibilité d'employer les moyens qui conviennent le mieux à leur exploitation. Chaque section répond aux questions suivantes :

  • De quoi traite la section?
  • Pourquoi la section est-elle importante pour les éleveurs ou pour l'industrie dans son ensemble?
  • De quelle manière les objectifs/résultats visés énoncés dans la rubrique devraient-ils être atteints?

Ce qu'est la Norme… et ce qu'elle n'est pas

La Norme est

  • appliquée de façon volontaire;
  • un ensemble de lignes directrices en matière de gestion fondées sur les risques traitant de maladies dans un vaste contexte et pouvant s'adapter à la plupart des visonnières du pays;
  • fondée sur des principes, chacun pouvant être appliqué de multiples façons;
  • spécialement élaborée pour les visons et selon les pratiques de biosécurité appliquées dans l'industrie canadienne;
  • pratique et fondée sur la science, et prend en considération la transmission d'agents pathogènes infectieux dans divers systèmes d'élevage de visons;
  • un projet mené en collaboration avec des éleveurs, des experts en la matière, des groupes consultatifs ainsi que des dirigeants de l'industrie et du gouvernement;
  • rentable et met l'accent sur des pratiques et des procédures qui ont une incidence sur les maladies.

La Norme n'est pas

  • obligatoire;
  • une liste d'obligations relatives à une maladie donnée qui doivent être respectées sans égard aux différences régionales et opérationnelles;
  • un ensemble prescriptif de pratiques;
  • importée d'un autre secteur ou d'un autre pays et remodelée pour le secteur canadien de l'élevage du vison;
  • idéaliste et élaborée sans égard à la faisabilité de sa mise en oeuvre;
  • le travail d'un seul intervenant;
  • coûteuse et nécessite l'achat d'un nouvel équipement, la mise en place de nouvelles infrastructures ou l'adoption de pratiques totalement différentes de mener les opérations.

Information disponible pour les éleveurs qui mettent en oeuvre la Norme

La Norme nationale est accompagnée d'un Guide du producteur. Disponible séparément, ce Guide présente des renseignements supplémentaires sur la façon d'appliquer les principes de base de biosécurité, diverses mesures visant à aider les éleveurs à atteindre les résultats visés énoncés dans la Norme de même que les avantages découlant de l'application de la Norme, et indique où trouver de l'information complémentaire.

Section 1 : Gestion de l'accès à la ferme

La littérature portant sur les maladies précise que le déplacement de personnes, d'espèces sauvages, d'animaux domestiques ainsi que d'autres vecteurs de maladies, en plus de l'équipement et des véhicules, est un facteur important d'introduction d'agents pathogènes microbiens sur les lieux d'un établissement ou dans un hangar. De nombreuses maladies, notamment la maladie aléoutienne, l'entérite virale du vison, la maladie de Carré (« distemper »), la dermatomycose et d'autres maladies sont introduites dans les fermes par des vecteurs de maladies. Le contrôle de l'accès au site et aux zones où les visons se trouvent est un principe de biosécurité important.

1.1 Zones de biosécurité – protection contre l'introduction de maladies

1.1.1 Résultat visé

Des zones de biosécurité et des points d'accès contrôlé (PAC) sont mis en place pour contrôler l'accès à l'établissement, aux hangars et aux autres zones critiques d'élevage.

Les zones de biosécurité permettent de séparer les zones de la ferme et de les protéger des personnes, du matériel, des animaux, des produits et de l'équipement susceptibles de poser des risques pour la santé des visons par la contamination ou l'infection due à des agents pathogènes.

L'établissement et la mise en oeuvre de mesures de biosécurité s'appliquant précisément aux zones extérieures et intérieures fait en sorte que de multiples barrières protectrices doivent être franchies avant que des agents pathogènes microbiens aient accès aux zones les plus critiques de l'établissement (là où se trouvent les visons). Ces mesures atténuent aussi les risques de propagation des agents pathogènes à partir des hangars et des zones d'entreposage des animaux morts et du fumier dans le reste de l'établissement et hors de la ferme.

Division de la ferme en trois zones :

1. Établissement des limites du site – l'établissement

Le terme établissement fait référence à l'ensemble de la propriété dans laquelle les visons sont élevés et est interchangeable avec le terme ferme.

2. Établissement d'une zone d'accès contrôlé

La zone d'accès contrôlé (ZAC) englobe le terrain et les bâtiments constituant la zone d'élevage de visons d'un établissement donné, qui sont entourés d'une clôture de sécurité et accessibles uniquement par un PAC sécurisé. Une ZAC limite l'accès des visiteurs, des véhicules, de l'équipement et des animaux (y compris des animaux sauvages) dans le périmètre de la zone d'élevage des visons. La zone peut comprendre les hangars, l'installation de production d'aliments pour visons, les entrepôts d'aliments et de fournitures et les entrepôts de déchets (fumier, compost et carcasses). La ZAC devrait exclure les résidences personnelles pour limiter l'accès inutile de la famille et des visiteurs.

3. Établissement d'une zone d'accès restreint

Une zone d'accès restreint (ZAR) permet de contrôler l'accès aux hangars et devrait inclure l'installation de production d'aliments pour visons. Il faut considérer cette zone comme une forteresse où seul le personnel essentiel peut entrer, vêtu de vêtements de biosécurité propres. Le fait d'inclure l'installation de production d'aliments pour visons dans la ZAR limite l'accès aux aliments et la contamination éventuelle de ces derniers et de leurs ingrédients. Cette mesure est pratique, en ce sens qu'elle permet de se déplacer librement dans la zone lorsqu'on nourrit les visons. Si l'installation de production d'aliments pour visons se trouve hors de la ZAR, il faut mettre en place des mesures de biosécurité supplémentaires pour se déplacer entre les visons et l'installation de production d'aliments.

La figure 1 illustre le concept de mise en place de zones de biosécurité (établissement, ZAC et ZAR). Le guide à l'intention des éleveurs donne d'autres exemples de plans et des approches possibles pour établir des zones de biosécurité en ce qui concerne les opérations plus complexes qui comprennent la fabrication d'aliments et l'écorchage.

figure 1 Zones de biosécurité pour visonnière (établissement, ZAC et ZAR)
organigramme - Zones de biosécurité pour visonnière Description ci-dessous.
Description du graphique illustrant les zones de biosécurité pour les locaux de vison, ZAC et à la ZAR

légende:

Brun clair = Zone de transition

Orange clair = contrôlée de la porte du point d'accès

Jaune = Accès Zone d'exploitation contrôlée ZAC

Violette = Controlled porte du point d'accès

Panneau d'arrêt rouge = pas de signalisation d'entrée

Orange foncé = zone d'accès restreint ZAR

Brun foncé = Porte

Les locaux montrent une zone jaune ZAC avec des portes de points d'accès contrôlés à chaque extrémité. La zone ZAC contient une zone orange foncé ZAR avec deux hangars de vison à l'intérieur avec des portes à chaque extrémité et une clôture de sécurité le long de la côte. Un bureau est situé au large tant dans la zone du Raz et la zone ZAC de stationnement désigné, une ruelle à une extrémité et une allée secondaire à l'autre extrémité.

Le plan donné en exemple (figure 1) comprend trois zones de biosécurité, soit les lieux de l'établissement (hors de la ZAC), la ZAC et la ZAR. Les deux hangars de visons (rectangles gris) au centre de l'image se trouvent dans une ZAR (rectangle rouge à points noirs). Une ZAC (rectangle jaune à hachures noires) entoure la ZAR. Une zone de transition (carré brun) située dans la ZAC est adjacente à la ZAR. Une allée principale mène de la route (du côté gauche de l'image) aux lieux de l'établissement, puis à un stationnement et à un bureau, tous deux situés sur les lieux de l'établissement. Une allée secondaire (du côté droit de l'image) donne sur la sortie de la ZAC. Les principales caractéristiques de ce plan sont les suivantes :

  1. Des points d'accès primaire et secondaire, le point d'accès/allée secondaire étant utilisé pour l'élimination des déchets et la livraison des visons, et le point d'accès principal, pour toutes les autres opérations.
  2. Un stationnement réservé au personnel et aux visiteurs, situé en dehors de la ZAC.
  3. Un bureau où les visiteurs doivent signer pour entrer dans la zone de transition et dans la ZAC.
  4. Une clôture de sécurité entre la ZAC et la ZAR.
  5. Des PAC et des zones de transition respectant les protocoles de biosécurité pour pénétrer dans la ZAC et dans la ZAR.
  6. Des portes munies d'affiches de biosécurité (octogones rouges), utilisées comme barrières pour entrer dans la ZAC et dans la ZAR , et visant à gérer l'accès du personnel et des visiteurs aux PAC.

1.1.2 Résultat visé

Les zones de biosécurité et les PAC sont facilement identifiables.

La conformité aux mesures de biosécurité est améliorée lorsque le personnel et les visiteurs peuvent identifier facilement les zones de l'établissement auxquelles ils ont accès ou non et connaissent les mesures nécessaires pour entrer dans les zones de biosécurité.

1.2 Protocoles d'entrée, de déplacement et de sortie – mesures de contrôle

1.2.1 Résultat visé

Le personnel et les visiteurs connaissent et respectent les zones de biosécurité du site et se conforment aux procédures sur les déplacements.

Les zones de biosécurité sont utilisées pour créer des zones où la propagation d'agents pathogènes microbiens peut être atténuée grâce à des mesures de biosécurité. Ces zones ne sont efficaces pour limiter la transmission des agents pathogènes infectieux que si des mesures sont appliquées à cette fin lors des déplacements d'une zone à l'autre.

1.2.2 Résultat visé

Des procédures de biosécurité sont nécessaires et doivent être respectées par le personnel et les visiteurs qui entrent dans la ZAC et la ZAR et qui en sortent.

Des procédures doivent être mises en place pour atténuer les risques de transmission d'agents pathogènes microbiens par le personnel et les visiteurs à l'intérieur et à l'extérieur des hangars par l'intermédiaire des vêtements, des chaussures et des personnes. Pour satisfaire à cette exigence, il faut :

  • porter des survêtements propres et réservés à la zone en question ou une combinaison jetable qui répond aux besoins précis de la zone;
  • porter des bottes propres réservées à la zone, des bottes de caoutchouc qui peuvent être nettoyées et désinfectées facilement entre les zones ou des couvre-chaussures; et
  • se désinfecter les mains.

Ces mesures sont extrêmement importantes pour empêcher la transmission accidentelle de maladies.

1.2.3 Résultat visé

Le personnel et les visiteurs portent les vêtements/l'équipement de protection individuel appropriés et se conforment à des mesures rigoureuses de biosécurité lorsqu'ils exécutent des tâches qui demandent de se déplacer dans différentes zones de biosécurité et/ou qui entraînent une importante exposition à des agents pathogènes microbiens.

L'élaboration et la mise en oeuvre de procédures opérationnelles normalisées (PON) sur la biosécurité sont essentielles pour réaliser les tâches qui exigent un contact direct avec du matériel présentant des risques élevés d'exposition à des agents microbiens, notamment :

  • le fumier;
  • les visons qui sont trouvés morts; et
  • les carcasses de visons et le gras résultant de l'écorchage.

Les protocoles à suivre et l'équipement protecteur à utiliser doivent prévenir la contamination des individus et de la zone d'élevage, de même que la transmission directe ou indirecte d'agents pathogènes microbiens aux animaux vivants.

1.2.4 Résultat visé

Les PAC sont pourvus de l'équipement et du matériel nécessaires pour mettre en oeuvre les procédures de biosécurité.

Les exigences établies pour entrer dans chaque zone et en sortir dictent l'équipement et le matériel qui doivent être fournis au personnel et aux visiteurs. Ceci inclut, sans s'y limiter, des bottes et des combinaisons propres, du matériel de nettoyage et de désinfection des bottes, du désinfectant pour les mains et des serviettes en papier.

Éléments clés de la gestion de l'accès Zones de biosécurité et protocoles de déplacements

Pour protéger les visons des étrangers, des visiteurs et des animaux sauvages, il faut contrôler l'accès aux hangars et à la ferme, délimiter des zones de protection et mettre en oeuvre des protocoles de déplacements. Pour ce faire, il faut :

  1. contrôler l'entrée dans les hangars et les autres zones de production de l'établissement;
  2. utiliser des barrières et de la signalisation ou d'autres indicateurs visibles pour signifier aux visiteurs qu'ils ont besoin de la permission de l'éleveur pour entrer;
  3. porter des vêtements réservés à la ferme (c.-à-d. qui ne sont pas portés à l'extérieur de la ferme) pour améliorer la biosécurité;
  4. fournir des vêtements de protection aux visiteurs (au minimum, des couvre-chaussures et des survêtements de dessus propres qu'ils doivent enfiler avant d'entrer dans la ZAR et qu'ils doivent enlever en sortant);
  5. fournir l'équipement et le matériel de lavage et de désinfection des mains à l'entrée des hangars et exiger leur utilisation;
  6. délimiter et entretenir une zone à l'entrée de la ZAC et de la ZAR pourvue de l'équipement et du matériel nécessaires pour nettoyer et désinfecter les bottes (c.-à-d. une zone de transition avec des bains de pieds);
  7. s'assurer que l'entrée de l'établissement et/ou de la ZAC peut être fermée au besoin (si la ferme doit procéder à un confinement);
  8. réserver un espace de stationnement situé en dehors de la ZAC pour le personnel et les visiteurs;
  9. installer et entretenir une clôture de sécurité bien construite et conçue pour empêcher les visons de s'échapper et les animaux et les espèces sauvages ainsi que les visons d'élevage échappés d'entrer.

Section 2 : Gestion de la santé des animaux

Introduction, déplacement et élimination des animaux

2.1 Animaux nouvellement introduits – acheter des animaux sains

De nombreuses maladies, notamment la dermatomycose, la maladie aléoutienne et même des maladies génétiques comme la tyrosinémie héréditaire peuvent être introduites dans la ferme. L'achat de visons malades ou infectés subcliniquement est l'une des principales manières d'introduire des maladies.

Il faut acheter de nouveaux reproducteurs ou un nouveau matériel génétique uniquement d'éleveurs de bonne réputation, qui révèlent tous les problèmes de santé éventuels, qui suivent des programmes de lutte contre la maladie aléoutienne fondés sur la science et qui tiennent des registres. Idéalement, ces programmes sont élaborés conjointement par l'industrie et des spécialistes de la médecine vétérinaire (praticiens privés et professeurs) et sont mis en oeuvre dans l'industrie.

2.1.1 Résultat visé

Obtenir de nouveaux reproducteurs qui ne proviennent que de fournisseurs de bonne réputation dont les troupeaux sont en bonne santé, vérifier la santé des troupeaux et, lorsque c'est justifié, traiter les nouveaux reproducteurs en leur administrant des vaccins de rappel ou en leur prodiguant des soins (blessures pendant le transport, parasites, etc.).

On devrait toujours avoir pour objectif d'obtenir des reproducteurs en santé de la part de fournisseurs ayant une bonne réputation pour limiter les risques d'introduire dans les fermes des agents de maladie provenant de sources extérieures.

2.2 Gestion des déplacements des animaux

Chaque fois que de nouveaux visons sont introduits ou que des visons résidents sont déplacés, il existe des risques d'introduire ou de transmettre des agents microbiens par l'intermédiaire de personnes, d'animaux, d'oiseaux, de l'équipement et de fournitures.

2.2.1 Résultat visé

Limiter la fréquence d'introduction de nouveaux visons et le déplacement de tous les visons pour atténuer les risques de transmission d'agents pathogènes microbiens.

Les visons nouvellement achetés posent des risques importants d'introduction de maladies, ce qui nuit à la santé du troupeau et modifie la charge en agents pathogènes microbiens dans l'établissement. Les visons infectés peuvent propager des agents pathogènes microbiens. Toutefois, tous les visons infectés n'ont pas nécessairement l'air malade sur le plan clinique et cela peut se produire :

  • tôt dans le développement d'une maladie avant que les signes cliniques apparaissent;
  • lorsqu'un agent pathogène microbien ne cause qu'une maladie légère; et/ou
  • lorsqu'un vison semble s'être cliniquement rétabli d'une maladie, mais peut toujours propager des agents pathogènes.

2.2.2 Résultat visé

Maximiser la durée des vides sanitaires entre les groupes de visons dans l'établissement et les hangars.

La charge en agents pathogènes peut être réduite en l'absence d'un hôte pour la maintenir. Les vides sanitaires, pendant lesquels les cages et les hangars sont vides, permettent de réduire naturellement le nombre d'agents pathogènes dans le troupeau/les hangars, d'éliminer adéquatement la matière organique ainsi que de procéder à un nettoyage et à une désinfection en profondeur.

Pour maximiser la réduction de la charge en agents pathogènes microbiens dans les cages/hangars, la zone qui a été vidée devrait être clairement distincte des autres endroits qui abritent des visons vivants pour éviter la contamination croisée et la recontamination. Bien que le renouvellement intégral des visons (système de tout-plein, tout-vide) dans un établissement soit peu probable, les hangars ou certaines zones de hangars devraient être nettoyés, désinfectés et laissés vides pendant deux à trois semaines lorsque les visons sont déplacés.

2.2.3 Résultat visé

Appliquer des mesures de biosécurité rigoureuses lorsqu'on manipule des visons.

Les hangars constituent un environnement sécuritaire qui peut limiter le contact des visons avec des animaux infectés ou avec des personnes, de l'équipement et du matériel contaminés. La manipulation expose les visons à des risques encore plus importants en raison du contact possible des personnes, de l'équipement, du matériel ou des autres animaux avec des agents pathogènes microbiens. Le procédé d'écorchage pose également des risques de transmission d'agents pathogènes microbiens et on doit faire attention à ce que les animaux reproducteurs n'y soient pas exposés.

2.3 Procédures d'isolement – rester propre

Il est essentiel de séparer les tâches dans le temps, de planifier avec soin les procédures, de disposer de l'équipement et des espaces appropriés, de même que d'appliquer des mesures de biosécurité pour s'assurer que les procédures d'isolement sont efficaces.

2.3.1 Résultat visé

Chaque établissement possède un nombre suffisant de cages pour isoler physiquement les visons nouvellement introduits du troupeau principal et applique des procédures d'isolement visant à limiter la transmission d'agents pathogènes microbiens.

De nombreuses maladies touchant les visons peuvent être introduites par l'arrivée de nouveaux visons. Les zones d'isolement sont essentielles pour assurer la santé du troupeau. La période d'isolement donne l'occasion de déterminer l'état de santé des animaux en observant les signes cliniques de maladie, en réalisant des tests et en administrant des traitements, s'il y a lieu. La surveillance du troupeau duquel proviennent les animaux durant la période d'isolement donne des renseignements supplémentaires sur les risques sanitaires auxquels les visons nouvellement introduits pourraient avoir été exposés. À la fin de la période d'isolement, les animaux nouvellement introduits peuvent entrer dans le troupeau principal lorsqu'ils répondent aux critères sanitaires du troupeau.

Éléments clés de la gestion de la santé des animaux Introduction, déplacement et élimination des animaux

Acheter sain et rester propre

  1. S'assurer que les visons nouvellement introduits sont en santé en les achetant auprès de fournisseurs de bonne réputation qui appliquent des pratiques médicales et de biosécurité saines dans leurs troupeaux et qui tiennent des registres.
  2. Limiter les risques d'introduction de maladies en réduisant la fréquence des introductions et des déplacements de visons.
  3. Maximiser la durée des vides sanitaires sur le site et entre les groupes de visons.
  4. Appliquer des mesures de biosécurité rigoureuses quand on manipule, attrape ou déplace des visons.
  5. S'assurer que tous les hangars disposent d'un nombre suffisant de cages pour isoler les nouveaux visons.
  6. Appliquer des procédures d'isolement pour toutes les entrées de nouveaux visons, qu'ils aient été achetés récemment ou qu'ils aient été déplacés entre les fermes d'un même éleveur.

Surveillance et maintien de la santé des animaux et des mesures d'intervention en cas de maladie

La connaissance de l'état de santé du troupeau est essentielle pour déceler la présence d'une maladie importante dans la ferme et mettre en oeuvre des mesures d'intervention rapides et efficaces. Le diagnostic précoce et la surveillance des maladies aident à confiner les agents pathogènes microbiens dans l'éventualité d'une maladie infectieuse ou à déclaration obligatoire touchant les animaux.

2.4 Surveillance et maintien de la santé des animaux

2.4.1 Résultat visé

Les personnes qui font le suivi de la santé des animaux connaissent bien la santé des visons, les signes cliniques des maladies et les protocoles d'intervention.

Pour que la surveillance des maladies et l'application des protocoles d'intervention soient efficaces, Il est essentiel de posséder des connaissances et de l'expérience dans l'identification des visons en mauvaise santé, notamment en ce qui concerne les changements sur le plan de l'apparence, du comportement et de l'activité. Les membres du personnel n'ont pas à poser de diagnostic; cette responsabilité incombe au médecin vétérinaire responsable du troupeau ainsi qu'aux laboratoires de diagnostic vétérinaire. Le personnel, toutefois, devrait savoir quand quelque chose ne va pas et quels protocoles d'intervention il faut suivre.

2.4.2 Résultat visé

Les procédures quotidiennes de surveillance de la santé des animaux sont suivies, et des registres des vaccins, des maladies, des traitements et des mortalités sont tenus.

De nombreux facteurs peuvent compromettre la santé des animaux. Ces facteurs sont, sans s'y limiter, les maladies infectieuses, les maladies génétiques, les pratiques de gestion et les conditions climatiques. Afin de protéger la santé et le bien-être des visons, la détection précoce des maladies infectieuses est essentielle pour empêcher la propagation des agents pathogènes microbiens. Elle permet d'intervenir de façon appropriée, atténue l'étendue et la gravité d'une éclosion de maladie et limite la contamination de l'établissement.

La surveillance quotidienne de la santé des animaux permet de cibler, d'enquêter et de résoudre rapidement les problèmes de santé et de gestion. Les registres sur la santé des animaux fournissent des données plus précises que lorsqu'on se fie uniquement à sa mémoire et améliorent la capacité à déterminer les tendances des maladies, à revoir les problèmes de santé connus dans le passé et à déterminer le succès ou l'échec des traitements et des programmes de santé visant le troupeau.

2.4.3 Résultat visé

La surveillance de la santé des animaux s'accroît après l'introduction de nouveaux visons, l'éclosion d'une maladie dans le troupeau ou des alertes de l'industrie relatives aux maladies.

La fréquence des activités de surveillance de la santé des animaux doit être accrue lorsque les risques de transmission de maladies sont plus grands.

2.4.4 Résultat visé

La détection de maladies dans le troupeau entraîne l'application de mesures d'intervention appropriées.

Les mesures d'intervention appropriées, lorsque la présence d'une maladie est prouvée, peuvent comprendre l'isolement des animaux jusqu'à ce que la maladie ou l'infectiosité soit éliminée, les traitements, la réforme, l'euthanasie ou autres interventions.

2.4.5 Résultat visé

Chaque ferme établit et met en oeuvre un programme de santé pour son troupeau, en consultation avec un médecin vétérinaire.

Le fait de déterminer la cause d'une maladie facilite la mise en oeuvre de plans de lutte et de traitement et augmente leur efficacité tout en réduisant les dépenses.

Les médecins vétérinaires reçoivent des formations exhaustives, sans s'y limiter, dans de nombreuses disciplines dont l'identification des maladies et les méthodes appropriées de prélèvement d'échantillons et de soumission à des laboratoires de diagnostic vétérinaire.

Il existe des vaccins pour protéger les visons de certaines maladies importantes, mais ces vaccins ne protègent pas entièrement le troupeau. Certains vaccins peuvent prévenir des maladies cliniques, alors que d'autres atténuent la gravité ou la durée d'une maladie. Cependant, aucun ne peut protéger entièrement le troupeau contre l'éclosion d'une maladie.

La vaccination des animaux qui sont malades ou dont la santé est compromise peut réduire l'efficacité de la réponse au vaccin.

Selon leur état de santé, les animaux vaccinés ont besoin d'au moins trois semaines pour développer une immunité protectrice. Il n'est pas efficace de vacciner les nouveaux visons juste avant de les intégrer au troupeau. Les éleveurs de visons devraient revoir avec soin leurs politiques de vaccination avec leur médecin vétérinaire pour optimiser la protection de leur troupeau.

2.4.6 Résultat visé

Les visons d'élevage échappés et relâchés ainsi que des visons sauvages capturés n'entrent pas sur les lieux de la ferme.

Les visons qui se sont échappés ou qui ont été relâchés hors de l'établissement peuvent être directement exposés à des agents pathogènes microbiens par le contact avec des visons sauvages, des visons d'autres fermes ou d'autres animaux sauvages; ils peuvent en outre être exposés indirectement à des maladies par contact avec un milieu contaminé. Ces visons, s'ils sont attrapés, ne doivent pas être ramenés à la ferme en raison des risques de transmission d'agents pathogènes microbiens au reste du troupeau.

Les visons sauvages qui sont attrapés par inadvertance et rapportés dans une ferme d'élevage de visons posent des risques similaires. Ils doivent être éliminés conformément aux règlements fédéraux, provinciaux et municipaux applicables.

Lorsqu'une quantité importante de visons s'échappent ou sont relâchés d'une ferme, on peut envisager de les capturer et de les ramener à l'intérieur de la ferme. L'état de santé du troupeau est compromis, et un plan doit être établi pour déterminer l'état de santé des visons et remettre la ferme dans des conditions assurant la biosécurité.

2.5 Interventions relatives à la santé des animaux

2.5.1 Résultat visé

L'observation de signes cliniques inhabituels, de signes cliniques associés à des maladies infectieuses graves et/ou de taux de mortalité élevés donne lieu à des interventions qui comprennent le confinement de la ferme et la recherche d'un diagnostic.

Pour atténuer les risques de transmission d'agents pathogènes d'un établissement potentiellement infecté à d'autres visonnières de la région, il faut immédiatement mettre en oeuvre des procédures de confinement de la ferme. Le confinement de la ferme consiste à :

  • empêcher le personnel non essentiel d'entrer sur le site de la ferme;
  • notifier les membres de l'industrie, les voisins, les organismes et les autorités au sujet du problème;
  • mettre en oeuvre des mesures améliorées de biosécurité sur les livraisons d'aliments et d'autres produits;
  • limiter les déplacements de personnes, d'animaux, d'équipement, de véhicules et de matériel hors de la ferme; et
  • établir un diagnostic.
Éléments clés de la gestion de la santé des animaux Surveillance de la santé des animaux et mesures d'intervention
  1. Connaître les signes cliniques indiquant un mauvais état de santé chez les visons et les mesures d'intervention appropriées.
  2. Surveiller l'état de santé des animaux et tenir au minimum des registres quotidiens.
  3. Tenir un registre quotidien des mortalités et inspecter régulièrement tous les visons.
  4. Accroître la surveillance de l'état de santé des animaux pendant les périodes où les risques de transmission de maladies sont élevés.
  5. Obtenir l'avis de médecins vétérinaires sur la façon de mettre en oeuvre un programme de santé du troupeau.
  6. Empêcher que des visons qui se sont échappés n'entrent de nouveau dans l'établissement.
  7. Mettre en oeuvre des mesures de biosécurité rehaussées pour empêcher la propagation d'une maladie lorsque des signes cliniques inhabituels ou des taux de mortalité élevés sont observés.
  8. Procéder au confinement de l'établissement en limitant les livraisons, les expéditions ainsi que les déplacements d'animaux, d'équipement, de véhicules et de personnes, et en notifiant l'industrie, les fournisseurs et les voisins.

Section 3: Gestion opérationnelle

Gestion des mortalités, du fumier, des ordures et des déchets

3.1 Gestion des mortalités

Les éleveurs devraient présumer que tous les visons morts sont contaminés par des agents pathogènes microbiens et qu'ils doivent donc être manipulés de manière à empêcher la propagation d'agents pathogènes aux autres visons de l'établissement ou d'autres fermes.

La manipulation adéquate de visons morts est un principe important de biosécurité. Parmi les pratiques recommandées se trouvent les suivantes :

  • fournir des installations d'entreposage et d'élimination de visons morts adéquatement conçues pour assurer l'isolement physique de ces derniers du troupeau et empêcher l'entrée des charognards et d'autre vermine;
  • suivre la méthode approuvée d'élimination de visons morts; et
  • suivre la PON concernant les activités quotidiennes de ramassage, de manipulation et de consignation de visons morts trouvés à la ferme.

Les agents pathogènes infectieux survivent pendant une très longue période de temps dans les carcasses de visons morts. Les bactéries, les champignons et certains agents parasitaires peuvent se multiplier. Les rongeurs, les mouches et autres charognards ayant accès aux carcasses peuvent propager les agents pathogènes dans la visonnière, vers les fermes avoisinantes et au sein des populations sauvages.

3.1.1 Résultat visé

L'entreposage temporaire de visons morts avant l'élimination devrait se faire dans un entrepôt réservé à cette fin, dans des conditions qui empêchent l'entrée et la transmission accidentelles d'agents pathogènes microbiens.

L'entreposage temporaire et l'élimination finale de visons morts doivent être conformes à la réglementation fédérale, provinciale et municipale. Le processus comprend le ramassage, le transfert dans un entrepôt temporaire confiné (le cas échéant) et l'élimination finale selon une méthode approuvée; par exemple le compostage, le ramassage/l'équarrissage d'animaux morts, l'incinération, l'enfouissement ou toute autre méthode approuvée.

L'entrepôt temporaire devrait être situé loin des zones d'élevage des visons (c.-à-d. les hangars, les installations de production d'aliments pour visons et les zones d'écorchage) et être conçu de manière à empêcher les charognards et autre vermine d'accéder aux visons morts.

3.1.2 Résultat visé

Des procédures quotidiennes sont établies et mises en oeuvre pour le ramassage et l'élimination de visons morts dans la zone d'élevage.

Dans le cas des activités à haut risque, notamment le ramassage, l'entreposage et l'élimination de visons morts, l'équipement doit servir à une seule fin. Quand cela est impossible, il faut nettoyer et désinfecter l'équipement avant de l'utiliser à d'autres tâches.

3.1.3 Résultat visé

Les visons morts sont éliminés de manière à réduire la transmission d'agents pathogènes microbiens et être conforme à la réglementation gouvernementale en vigueur.

L'élimination de visons morts doit être conforme à la réglementation fédérale, provinciale et municipale.

3.2 Gestion du fumier

Le fumier étant une source d'agents pathogènes, il doit être adéquatement manipulé, entreposé et éliminé afin de réduire la transmission d'agents pathogènes. Certains agents pathogènes microbiens peuvent rester infectieux dans l'environnement pendant des années.

3.2.1 Résultat visé

Le fumier est manipulé, entreposé et éliminé de manière à les risques de transmission d'agents pathogènes microbiens.

Les activités d'entreposage et d'élimination du fumier sont menées loin de la zone d'élevage ou hors du site. L'équipement – par exemple les tracteurs, les chariots, les pelles et les brouettes – utilisé pour ces activités devrait soit être réservé à une seule fin, soit être nettoyé et désinfecté avant de servir à d'autres tâches. Il faut nettoyer immédiatement les déversements de fumier en cours de manipulation et d'élimination et, au besoin, nettoyer et désinfecter les outils, l'équipement et la zone pour empêcher la propagation d'agents pathogènes microbiens.

3.3 Gestion des ordures et des déchets

3.3.1 Résultat visé

Les ordures sont manipulées, entreposées et éliminées dans chaque établissement de manière à réduire la transmission d'agents pathogènes microbiens.

Les ordures sont confinées et entreposées dans des contenants étanches avant l'élimination afin de prévenir l'accès à la vermine et la propagation possible d'agents pathogènes microbiens.

3.3.2 Résultat visé

Les déchets issus de l'écorchage et de la transformation sont manipulés, entreposés et éliminés de manière à réduire la transmission d'agents pathogènes microbiens.

Le procédé d'écorchage génère une quantité considérable de déchets que la ferme doit manipuler et éliminer. Ces déchets sont notamment les carcasses de visons une fois la fourrure enlevée, la graisse retirée de la fourrure, la sciure de bois ou d'autres matériaux utilisés au cours du procédé et les autres ordures résultant de l'emballage et de la manipulation. L'élimination des déchets d'écorchage et de transformation doit être conforme à la réglementation fédérale, provinciale et municipale. Parmi les méthodes approuvées se trouvent le compostage, l'équarrissage, l'incinération et l'enfouissement.

Éléments clés de la gestion opérationnelle Mortalité, fumier, ordures et déchets
  1. Adéquatement manipuler, entreposer et éliminer les visons morts, les ordures et les déchets d'écorchage pour réduire efficacement les risques de transmission d'agents pathogènes microbiens à la ferme et à l'extérieur de la ferme.
  2. Respecter la réglementation fédérale, provinciale et municipale relative à l'entreposage et à l'élimination de visons morts, de carcasses et du fumier.
  3. Établir un système de ramassage et d'élimination de visons morts dans chaque établissement.
  4. Ramasser rapidement les visons morts et les mettre dans un contenant étanche avant de les transférer dans un entrepôt temporaire ou le lieu d'élimination.
  5. S'assurer que les zones d'entreposage et d'élimination de visons morts, d'ordures et de déchets d'écorchage sont conçues de manière à prévenir l'accès aux animaux sauvages ou domestiques charognards.
  6. S'assurer que l'entreposage de visons morts, d'ordures et de déchets d'écorchage prévient l'exposition de visons et d'autres animaux aux agents pathogènes microbiens.
  7. S'assurer que les employés portent des vêtements de biosécurité adéquats et suivent les protocoles de biosécurité pendant le procédé d'écorchage ainsi que lors de la manipulation du fumier, de visons morts et d'ordures.
  8. Ramasser, entreposer et éliminer le fumier, les ordures et les déchets d'écorchage en respectant la biosécurité.

3.4 Gestion de l'eau

3.4.1 Résultat visé

L'eau répondant aux besoins physiologiques des visons (abreuvement et brumisation) est analysée au moins annuellement et traitée au besoin afin d'assurer sa conformité aux normes de qualité de l'eau destinée aux animaux d'élevage.

La qualité de l'eau dépend de nombreux facteurs, dont le pH, la teneur en minéraux et la présence de contaminants tels que les agents pathogènes microbiens et les substances chimiques, pouvant causer des maladies chez les visons. Les eaux de surface – par exemple les étangs, les ruisseaux et les rivières – utilisées pour abreuver les visons et/ou brumiser leurs cages devraient être traitées pour assurer la conformité aux normes de qualité de l'eau destinée aux animaux d'élevage.

3.4.2 Résultat visé

Dans la mesure du possible, des sources d'eau fermées et des systèmes d'abreuvement et de distribution fermés sont utilisés pour fournir l'eau nécessaire aux besoins physiologiques des visons.

Les systèmes d'approvisionnement en eau tels que le système d'alimentation municipal sont régulièrement analysés, traités et mis sous pression pour prévenir la contamination. Des systèmes de distribution et d'approvisionnement fermés fournissent une assurance supplémentaire pour la qualité de l'eau. Les puits profonds peuvent ajouter une protection contre la contamination des eaux de surface.

3.4.3 Résultat visé

Les conduites d'eau, les tétines et les abreuvoirs sont entretenus et désinfectés régulièrement.

Les biofilms et les dépôts de calcaire nuisent à la qualité de l'eau du fait de :

  • l'interférence avec l'écoulement de l'eau;
  • la réduction de la consommation à cause de la palatabilité réduite;
  • la diminution de l'efficacité des antibiotiques et des médicaments ajoutés dans le système d'abreuvement;
  • l'hébergement d'agents pathogènes microbiens, ce qui entraîne des concentrations/comptages élevés de bactéries et d'autres agents pathogènes dans l'eau.
Éléments clés de la gestion opérationnelle Eau

L'eau potable destinée aux visons devrait être exempte de contaminants et répondre aux normes de la qualité de l'eau destinée aux animaux d'élevage :

  1. Utiliser de l'eau de puits forés ou d'approvisionnement municipaux, des systèmes d'abreuvement fermés et des tétines dans la mesure du possible.
  2. Traiter les eaux de surface utilisées comme eau potable et/ou eau de brumisation.
  3. Analyser la qualité de l'eau au moins une fois par année.
  4. Traiter l'eau entrante et nettoyer et désinfecter le système de distribution et d'abreuvement au besoin.

3.5 Gestion des aliments pour visons

La qualité des aliments pour visons devrait répondre aux meilleures normes possibles pour assurer des teneurs en nutriments adéquates et en réduire la charge microbienne. La gestion du temps, de la température, de la manipulation et de l'entreposage des aliments finis pour visons et de leurs ingrédients est un élément primordial pour le maintien de troupeaux en santé.

Les aliments pour visons sont les plus variés des aliments pour animaux d'élevage en termes d'ingrédients, de teneurs en nutriments et de qualité bactérienne. Les éleveurs de visons peuvent ne pas savoir comment les aliments ou chacun des ingrédients entrant dans leur composition ont été obtenus ou manipulés avant leur arrivée dans la visonnière.

Lors de la fabrication, du transport et de l'alimentation, les aliments et leurs ingrédients peuvent se retrouver avec des contaminants biologiques, physiques et chimiques présents à la source.

Les aliments composés d'abats de volaille et d'autres animaux d'élevage sont intrinsèquement contaminés de nombreux types de bactéries et souvent de divers virus. La contamination par des bactéries ou des toxines, par exemple Salmonella ou la bactérie responsable du botulisme, continue d'être préoccupante et résulte souvent de la contamination de la source des ingrédients et de l'exposition à des températures qui favorisent la croissance bactérienne.

3.5.1 Résultat visé

La qualité nutritive des aliments pour visons est la plus élevée possible et assure la santé et la croissance des visons.

Le but est de s'assurer que les aliments pour visons contiennent les teneurs appropriées en nutriments et des quantités négligeables de contaminants biologiques, chimiques et physiques.

3.5.2 Résultat visé

Les aliments pour visons et leurs ingrédients sont traités/transformés au besoin pour en assurer la qualité et la salubrité.

Les produits et sous-produits animaux crus inadéquatement manipulés sont susceptibles à la contamination et favorisent la croissance rapide des bactéries.

L'ajout d'acides aux aliments pour visons et l'utilisation d'ingrédients ensilés sont des exemples de traitements visant à réduire la croissance bactérienne.

Les protéines et graisses animales peuvent se détériorer, et ce, même si elles sont conservées à de faibles températures. Cette détérioration peut être néfaste pour la qualité des aliments et la santé des visons. Certains agents pathogènes microbiens peuvent continuer à croître à de faibles températures. L'entreposage et le renouvellement de certains ingrédients crus d'aliments pour visons sont périmables.

3.5.3 Résultat visé

Les aliments pour visons et leurs ingrédients sont entreposés à des températures qui en assurent la qualité et la salubrité, et qui réduisent la croissance d'agents pathogènes microbiens.

Les aliments pour visons et leurs ingrédients livrés qui ne sont pas utilisés pour la journée de production d'aliments en cours peuvent être réfrigérés et/ou congelés le plus vite possible pour réduire la croissance potentielle de bactéries et d'agents pathogènes. Une fois mélangés, les aliments pour visons entreposés devraient être conservés au froid pour réduire la croissance d'agents pathogènes avant leur expédition ou distribution. S'ils ne sont pas congelés pour livraison future, les aliments humides devraient être donnés aux visons dans les 48 heures suivant le mélange en raison de la croissance rapide d'agents pathogènes à des températures non contrôlées. Par temps chaud, tous les aliments non réfrigérés devraient être donnés aux visons quotidiennement, car les agents pathogènes se multiplient plus rapidement à des températures ambiantes élevées.

Les aliments non consommés devraient être enlevés des cages. Par temps chaud, ils devraient être retirés chaque jour.

Pour prévenir la propagation potentielle d'agents pathogènes à la ferme, on ne recommande pas de redistribuer des aliments non consommés, lesquels peuvent rapidement transmettre des maladies à d'autres visons. Il faut ramasser les aliments non consommés ou rejetés et les entreposer temporairement dans des contenants étanches avant de les éliminer conformément à la réglementation fédérale, provinciale et municipale. Parmi les méthodes approuvées se trouvent le compostage, l'enfouissement et l'équarrissage.

3.5.4 Résultat visé

Les entrepôts d'aliments pour visons et de leurs ingrédients sont conçus et des procédures sont mises en oeuvre de manière à réduire l'introduction et la propagation de maladies. Les zones de préparation et d'entreposage des aliments pour visons, de même que l'équipement de mélange, de broyage et de manipulation des aliments sont bien entretenus. Les employés suivent les protocoles d'assainissement pour éviter la contamination des aliments et de leurs ingrédients.

La contamination des aliments et de leurs ingrédients par des agents pathogènes microbiens constitue une grave menace pour la santé des visons. Les agents pathogènes peuvent se propager via le contact entre les aliments propres et l'équipement de manipulation d'aliments et les contenants d'entreposage contaminés, ou du personnel qui manipule les aliments sans observer les procédures d'hygiène strictes.

En cas d'urgence sanitaire, les entreprises de livraison d'aliments pour animaux devraient lancer les protocoles d'urgence/de biosécurité accrue.

3.5.5 Résultat visé

Les installations de production d'aliments pour visons à la ferme, les zones de livraison et d'entreposage des ingrédients et les zones d'entreposage et d'expédition d'aliments sont conçues et gérées en tant que zones contrôlées (c.-à-d. ZAR ou ZAC) pour réduire la transmission d'agents pathogènes microbiens et la contamination d'aliments pour visons.

Les installations de production d'aliments pour visons à la ferme, en particulier celles qui approvisionnent plusieurs visonnières, posent des risques élevés de transmission d'agents pathogènes microbiens et de contamination chimique, biologique et physique des aliments. L'emplacement de l'installation de production d'aliments pour visons est associé à des risques élevés d'introduction potentielle d'agents pathogènes microbiens à la ferme par les vêtements, l'équipement et les véhicules contaminés. Les agents pathogènes microbiens peuvent ensuite se propager à d'autres visonnières qui s'approvisionnent en produits contaminés.

De plus, en raison de la nature des ingrédients crus des aliments pour visons et de la charge bactérienne de ces derniers, la livraison, la manipulation et l'entreposage des ingrédients ainsi que le procédé de fabrication des aliments pour visons constituent un potentiel de contamination par des agents pathogènes microbiens.

Une installation de production d'aliments pour visons adéquatement conçue atténue considérablement les risques; toutefois, il doit exister des procédures à suivre lorsque l'emplacement et la conception compromettent la biosécurité pour assurer la qualité des aliments. Le fait de désigner l'installation de production d'aliments en tant que ZAR et de contrôler l'accès (à certaines zones) de personnes, de l'équipement et de véhicules limite l'introduction et la propagation potentielles d'agents pathogènes. Le respect de procédures d'assainissement adéquates réduit également l'introduction et la propagation potentielles d'agents pathogènes à partir de l'installation de production d'aliments.

Éléments clés de la gestion opérationnelle Aliments

L'approvisionnement en aliments de qualité pour visons est l'objectif de tout éleveur de visons. Des procédures visant les installations de production d'aliments pour visons et le personnel qui livre ces aliments réduisent les risques de transmission d'agents pathogènes d'une ferme à l'autre.

  1. De bonnes pratiques de fabrication sont appliquées dans toutes les zones d'entreposage et de transformation d'aliments pour visons et de leurs ingrédients.
  2. L'installation de production d'aliments pour visons est considérée comme une ZAR et toutes les précautions en matière de biosécurité à l'entrée et à la sortie d'une ZAR sont suivies.
  3. Les entrepôts d'aliments pour visons et de leurs ingrédients sont bien entretenus et fonctionnels.
  4. Les pratiques adéquates de manipulation des aliments et des ingrédients sont appliquées; par exemple, l'entretien et l'assainissement de l'équipement.
  5. La planification de la manipulation, de l'entreposage et de la transformation d'ingrédients et d'aliments composés ainsi que de l'alimentation des visons réduit la croissance potentielle d'agents pathogènes.
  6. Un programme de surveillance des teneurs en bactéries dans les ingrédients et les aliments finis est appliqué dans toutes les installations de production d'aliments.
  7. Des procédures de biosécurité visant la livraison d'aliments aux installations de production d'aliments, notamment une planification, l'utilisation d'un équipement de protection individuel et l'assainissement des camions, sont mises en oeuvre en cas de maladie infectieuse.

3.6 Litière

3.6.1 Résultat visé

Les matériaux de litière sont obtenus et entreposés de manière à réduire la contamination par des agents pathogènes microbiens et des substances chimiques.

Les matériaux de litière proviennent de fournisseurs de bonne réputation. Il faut s'assurer que la litière est propre, sèche et exempte de contaminants, dont les terpènes et autres résines présentes dans le bois de certains conifères. On entrepose la litière de manière à en prévenir la contamination et en s'assurant qu'elle reste propre et sèche. Des mesures de lutte contre la vermine sont appliquées dans les entrepôts de litière pour prévenir la contamination par les matières fécales de rongeurs, de ratons laveurs, de chats et autres animaux sauvages.

3.6.2 Résultat visé

Les matériaux de litière dans les boîtes à nid sont adéquatement entretenus; la litière est changée entre les cycles, après des épisodes de maladie et quand elle est souillée.

La litière souillée et contaminée favorise la croissance d'agents pathogènes et attire la vermine, ce qui expose tous les visons, en particulier les visonneaux, à de hautes teneurs en agents pathogènes.

Éléments clés de la gestion opérationnelle Litière
  1. Acheter de la litière exempte de contaminants.
  2. Entreposer la litière de manière à s'assurer qu'elle reste propre et sèche.
  3. Garder les portes des entrepôts de litière fermées.
  4. Inclure les entrepôts de litière dans le programme de lutte contre la vermine de la visonnière.
  5. Manipuler les matériaux de litière propres en respectant la biosécurité..
  6. Fournir un environnement sain aux visons en surveillant les conditions de litière, en ajoutant de la litière ou en la changeant régulièrement ou au besoin.
  7. Enlever les matériaux de litière vieux ou souillés de la zone d'élevage et les jeter dans l'entrepôt de déchets.

3.7 Assainissement des lieux, des bâtiments, de l'équipement et des véhicules

3.7.1 Résultat visé

Des procédures d'assainissement des lieux, des bâtiments, de l'équipement et des véhicules sont appliquées pour réduire l'introduction, la présence et la transmission d'agents pathogènes microbiens.

Les procédures d'assainissement qui sont appliquées dans toutes les zones de la ferme et aux véhicules et à l'équipement qui entrent sur les lieux de la ferme, qui s'y déplacent et qui en sortent peuvent briser le cycle d'agents pathogènes microbiens. Quand une maladie se déclare, des procédures d'assainissement adéquates permettent le nettoyage de la ferme, ce qui protège les visons contre les dangers associés aux maladies.

3.7.2 Résultat visé

S'assurer que les nouveaux bâtiments et l'équipement sont conçus de manière à permettre le nettoyage et la désinfection appropriés.

Aussi importante que les coûts et la conception, la facilité de nettoyage et de désinfection devrait être considérée avant l'achat d'équipement et de matériaux de construction de bâtiments. L'assainissement joue un rôle important dans la santé des troupeaux de visons et peut exiger beaucoup de temps et d'efforts.

Éléments clés de la gestion opérationnelle Lieux et assainissement
  1. Appliquer les procédures de nettoyage et de désinfection quand les hangars et les installations de visons sont vides.
  2. Commencer le nettoyage des installations en retirant la matière organique visible, puis utiliser une solution nettoyante pour laver ou rincer les matières organiques et le biofilm restants.
  3. Sélectionner un désinfectant ciblant les agents pathogènes en cause et l'utiliser seulement dans les installations adéquatement nettoyées.
  4. Suivre les recommandations du fabricant pour le mélange et l'application de la solution désinfectante.
  5. Reconnaître que la conception des installations et du site peut améliorer le drainage de l'eau hors de la zone d'élevage.
  6. Inspecter et entretenir les installations, les clôtures, les barrières, les portes et les cages pour empêcher la vermine d'entrer et les visons de s'échapper.

3.8 Lutte contre la vermine et les animaux domestiques

La vermine est une source potentielle d'agents pathogènes microbiens chez les visons. Il existe des méthodes pour lutter contre chaque catégorie de vermine.

Les chats et autres animaux domestiques peuvent être porteurs et propager des agents pathogènes microbiens. Si les chiens et les chats sont autorisés dans la ferme, ils devraient être vaccinés, et leur santé devrait être surveillée. Les chats sauvages ne sont pas autorisés dans les visonnières.

3.8.1 Résultat visé

Un programme de lutte intégrée est en place pour lutter contre la vermine.

Un programme de lutte intégrée est en place pour lutter contre plusieurs catégories de vermine.

Éléments clés de la gestion opérationnelle Assainissement et lutte contre la vermine
  1. La vermine, l'équipement souillé et les véhicules peuvent transmettre des maladies et doivent donc être gérés adéquatement dans le cadre de programmes d'assainissement et de lutte contre la vermine.
  2. Les bâtiments mal construits et entretenus peuvent donner accès et servir de refuges à la vermine, ce qui entraîne l'accumulation d'agents pathogènes et d'organismes nuisibles sur le site.
  3. Utiliser des méthodes sans cruauté pour exclure la vermine en s'assurant d'abord que les hangars et les entrepôts d'aliments et de litière sont à l'épreuve de la vermine.
  4. Si les mesures de prévention échouent, utiliser des méthodes de lutte létales en consultation avec des experts en extermination, pour assurer la sécurité des visons, des personnes, des animaux domestiques et des espèces non visées.
  5. Une clôture de sécurité bien conçue et construite est une mesure de biosécurité importante pour exclure de nombreuses catégories de vermine.

3.9 Programme de biosécurité et formation

3.9.1 Résultat visé

Tous les employés de l'établissement connaissent et comprennent le bien-fondé et l'importance de la biosécurité et des protocoles de biosécurité.

Il est important que tous les gestionnaires et employés reçoivent une séance d'information en biosécurité et des formations avant de travailler dans une visonnière. On s'assure ainsi qu'ils comprennent bien leurs tâches et qu'ils connaissent tous les aspects du processus.

Les personnes qui comprennent le but et l'importance d'une mesure de biosécurité sont plus susceptibles d'adopter cette dernière dans le cadre de leurs activités quotidiennes. Elles sont également plus portées às'assurer que les visiteurs et les fournisseurs de services suivent les pratiques de biosécurité à la ferme.

3.9.2 Résultat visé

Tous les employés de l'établissement ont, au besoin, revu les consignes liées à la biosécurité en fonction des tâches qui leur sont assignées.

La meilleure façon de s'assurer que le personnel de la visonnière – y compris les membres de la famille, le cas échéant – sait bien comment accomplir les tâches assignées en respectant la biosécurité est d'examiner avec lui les procédures écrites et de les mettre à jour au besoin.

Une PON doit être facile à lire et décrire les étapes à suivre pour atteindre un objectif. Il peut s'agir d'une PON qui détaille les pratiques de manipulation des aliments pour visons et des ingrédients et les pratiques d'alimentation. Les PON devraient être faciles d'accès, révisées régulièrement et suivies en tout temps.

Des dispositions en vue de l'application de mesures de biosécurité supplémentaires et de mesures plus rigoureuses en cas d'éclosion de maladie, que ce soit sur les lieux ou au sein d'une région, sont incluses.

Les éleveurs de visons qui n'ont pas d'employés ou qui effectuent toutes les activités eux-mêmes devraient quand même documenter leurs procédures. Des registres écrits aident à assurer la mise en oeuvre des mesures de biosécurité et peuvent orienter les procédures d'élevage quand des employés temporaires sont embauchés ou que l'éleveur ou son personnel est malade.

Éléments clés de la gestion opérationnelle Programme de biosécurité et formation
  1. Reconnaître que les gestionnaires et les employés sont plus susceptibles de mettre en oeuvre des mesures de biosécurité quand ils en comprennent l'importance.
  2. Faciliter l'apprentissage et la mise en oeuvre par le personnel en élaborant des procédures écrites pour les tâches communes et s'assurer que le personnel les comprend bien.
  3. Fournir une formation sur la biosécurité aux employés de la visonnière, aux membres de sa famille, aux fournisseurs de service et aux visiteurs.
  4. Tenir un registre des écarts qui surviennent par rapport aux procédures de biosécurité de la ferme.

Annexe A : Norme nationale de biosécurité à la ferme pour le secteur de l'élevage du vison – Glossaire

Á la ferme :
Se dit des activités menées dans l'établissement.
Agent pathogène :
Agent capable de causer des maladies.
Agent pathogène microbien :
Agent biologique, par exemple une bactérie (y compris les mycoplasmes), un virus, un champignon ou un protozoaire, qui peut causer des maladies.
Aliments non consommés :
Restes d'aliments ou aliments distribués aux visons qui ne sont pas mangés pendant la période d'alimentation et dont la qualité reste acceptable. (Voir aussi aliments rejetés.)
Aliments rejetés :
Aliments qui doivent être éliminés. Il peut s'agir d'aliments gâtés ou contaminés, ou encore d'aliments non consommés après la distribution aux visons. (Voir aussi aliments non consommés.)
Barrière :
Structure déplaçable servant à contrôler l'accès à une zone, par exemple une clôture qui ferme un espace ou qui se trouve en travers d'une allée pour restreindre l'accès.
Carcasse :
Restes de visons abattus pour leur fourrure. (Voir aussi vison mort.)
Chat sauvage :
chat (Felis catus – chat domestique) qui est retourné vivre à l'état sauvage.
Clôture de sécurité :
Barrière permanente utilisée pour confiner une zone, par exemple une zone d'accès contrôlé (ZAC) ou une zone d'accès restreint (ZAR), afin de contrôler les entrées et les sorties. Aussi appelée clôture de périmètre ou barrière de sécurité.
Confinement :
Pratique établie pour éviter la propagation d'une maladie à l'extérieur de la ferme ou limiter l'introduction d'une maladie sur le site de la ferme. En cas d'urgence liée à une épizootie ou d'éclosions de maladie, une ferme peut restreindre l'accès à son site en fermant et verrouillant les barrières ou en installant des barricades pour arrêter les véhicules, en verrouillant les portes donnant accès aux zones d'accès contrôlé (ZAC) et aux zones d'accès restreint (ZAR) et en interdisant l'entrée de tout visiteur sur le site. Seules les livraisons essentielles sont autorisées et les véhicules de livraison qui entrent sur le site de la ferme et qui en sortent doivent être entièrement désinfectés.
Désinfection :
Application d'un procédé physique ou chimique sur une surface dans le but de détruire ou de supprimer l'activité d'agents pathogènes.
Éleveur et/ou fournisseur de bonne réputation :
Éleveur ou fournisseur en mesure de valider les caractéristiques et la qualité de son système de production (c.-à-d. assurance de la qualité vérifiable). Au moment d'acheter des animaux vivants, il est préférable de valider l'état de santé, les antécédents de santé du troupeau et les résultats d'analyse pour confirmer l'état de santé.
Élimination (de carcasses et de visons morts) :
Élimination définitive de carcasses de visons ou de visons morts selon une méthode approuvée par les autorités réglementaires concernées (p. ex. équarrissage, compostage, incinération, enfouissement).
Établissement :
Parcelle de terre sur laquelle, ou sur une partie de laquelle, des visons sont élevés, gardés, regroupés ou abattus. Le lieu est défini par des titres fonciers ou, en l'absence de ces derniers, par des coordonnées géoréférencées. Terme interchangeable avec ferme et lieux.
Hangar :
Toute structure qui abrite des visons.
Hangar de visons :
Toute structure qui abrite des visons aux fins de production de fourrure.
Infection :
Pénétration et développement ou multiplication d'un agent infectieux dans l'organisme de visons, d'humains, d'oiseaux ou d'autres animaux.
Installation de production d'aliments pour visons :
Installation agricole utilisée pour la production d'aliments pour visons pouvant approvisionner plusieurs éleveurs de visons.
Isolement :
Pratique qui consiste à physiquement séparer un vison des autres – pratique visant généralement des individus nouveaux, recapturés ou malades. La période d'isolement peut être provisoire ou permanente.
Maladie à déclaration obligatoire :
Maladie des animaux visée par les lois et règlements fédéraux et provinciaux qui est contrôlée ou réglementée aux fins de prévention de la propagation.
Mesures de biosécurité supplémentaires :
Niveau de biosécurité requis pour atténuer les conséquences de situations où les pratiques recommandées ne peuvent pas être suivies (p. ex. la pratique recommandée peut être le recours à un système d'élevage en tout plein/tout vide). Lorsque cela est impossible, par exemple dans un élevage à lots multiples, il faut adopter des mesures de biosécurité supplémentaires.
Point d'accès :
Point d'entrée visuellement délimité par lequel les employés de la ferme, l'équipement, les camions de livraison, etc. entrent dans l'établissement, la zone d'accès contrôlé (ZAC) et/ou la zone d'accès restreint (ZAR).
Point d'accès contrôlé (PAC) :
Point d'entrée visuellement délimité avec une barrière restrictive pour contrôler l'entrée des employés de la ferme, de l'équipement, des camions de livraison, etc. dans l'établissement, la zone d'accès contrôlé (ZAC) et/ou la zone d'accès restreint (ZAR). Il comprend une zone de transition (ZT) pouvant faire l'objet de procédures conçues pour réduire le plus possible la propagation d'agents pathogènes microbiens.
Procédure d'assainissement :
Procédure visant à réduire le nombre, l'infectiosité et la capacité de survie d'agents pathogènes microbiens pour favoriser la santé. Il peut s'agir du nettoyage et de la désinfection des surfaces, dont celles de l'équipement, des cages et des bottes, ou encore de l'application de mesures d'hygiène personnelle telles que le lavage des mains ou l'utilisation de désinfectants à mains.
Procédure opérationnelle normalisée (PON) :
Procédure documentée fondée sur les bonnes pratiques généralement acceptées qui décrit en détail les étapes à suivre afin d'atteindre un objectif. (Par exemple, une PON qui décrit en détail la procédure de nettoyage et de désinfection d'un hangar.)
Programme de biosécurité :
Ensemble de mesures préventives visant à réduire les risques de transmission d'agents pathogènes microbiens ou de maladies infectieuses. Les programmes de biosécurité ont pour objet de réduire l'introduction et la propagation d'agents pathogènes et de maladies dans les fermes ou à partir des fermes par la mise en oeuvre de pratiques à la ferme liées à l'accès à la ferme, à la santé des animaux et à la gestion opérationnelle.
Propre :
Exempt de toute accumulation visible de matière organique et de débris.
Protocole :
Code de conduite; procédure définie à suivre.
Résultat visé :
Résultat que tous les éleveurs de visons cherchent à obtenir pour protéger ces derniers contre l'introduction et la propagation de maladies.
Troupeau :
Groupe de visons gérés en tant que population distincte.
Vecteur :
Tout porteur vivant qui peut transmettre un agent infectieux d'un individu infecté à un autre individu, à ses aliments ou à son environnement immédiat.
Vermine :
Tout insecte, animal ou oiseau (sauf les animaux domestiques) qui peut entrer en contact avec des visons d'élevage et qui est jugé non désirable à cause des risques de transmission d'agents pathogènes microbiens.
Vide sanitaire :
Période pendant laquelle un hangar ou une zone à l'intérieur d'un hangar est vide; cette période débute lorsque le hangar ou la zone est vidé et se termine avec l'arrivée de nouveaux visons. Le vide sanitaire permet la réduction naturelle du nombre d'agents pathogènes dans le hangar/la zone. Cette période peut être réduite si l'on effectue un nettoyage au début de celle-ci.
Vison :
Vison élevé ou gardé en captivité aux fins de reproduction, de production de fourrure ou d'approvisionnement en visons reproducteurs.
Vison sauvage :
Vison qui s'est échappé ou descendant d'un vison d'élevage qui vit maintenant à l'état sauvage.
Vison mort :
Vison trouvé mort ou euthanasié à cause d'un trouble médical. (Voir aussi carcasse.)
Zone d'accès contrôlé (ZAC) :
Terrains et bâtiments constituant la zone d'élevage des visons de l'établissement qui est accessible par un point d'accès contrôlé (PAC) sécurisé.
Zone d'accès restreint (ZAR) :
Zone située à l'intérieur de la zone d'accès contrôlé (ZAC) qui sert, ou est destinée à servir, à garder des visons, par exemple une zone de hangars clôturée ou un hangar clos, et dont l'accès par le personnel et l'équipement est davantage restreint que dans la ZAC. Dans d'autres documents et guides sur l'élevage de visons, la ZAR est parfois appelée zone de production ou zone restreinte (ZR).
Zone de hangars :
Zone, clôturée ou non, occupée par les hangars de visons.
Zone de transition (ZT) :
Zone où des procédures de biosécurité peuvent être appliquées pour contrôler les déplacements entre la zone d'entrée à la ferme (stationnement), la zone d'accès contrôlé (ZAC) et la zone d'accès restreint (ZAR).
Zone :
Zone géographique bien délimitée faisant l'objet de procédures de biosécurité qui assurent un état de santé défini.

Annexe B : Norme nationale de biosécurité à la ferme pour le secteur de l'élevage du vison – Comités consultatifs et de gestion

L'élaboration de la Norme a tiré avantage des commentaires et avis des membres des comités consultatifs et de gestion suivants :

Comité consultatif sur la biosécurité dans le secteur de lélevage du vison

  • Dr Arnost Cepica, professeur agrégé, Université de l'Île-du-Prince-Édouard / Collège vétérinaire de l'Atlantique
  • Nancy Daigenault, Encans de fourrures d'Amérique du Nord (NAFA)
  • Dr Gord Finley, médecin vétérinaire consultant en santé animale
  • Jeff Gunn, recherches sur les visons – Collège d'agriculture de la Nouvelle-Écosse
  • Gary Hazlewood, directeur exécutif – Canada Mink Breeders Association (CMBA)
  • Dr Bruce Hunter, professeur émérite, Université de Guelph, Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario (CMVO)
  • Paul Mauer, American Legend Cooperative (ALC)
  • Tom McLellan, éleveur de visons
  • Jeff Mitchell, éleveur de visons
  • Marianne Patten, éleveuse de visons, représentante provinciale de la CMBA
  • Brian Tapscott, ministère de l'Agriculture et des Affaires rurales de l'Ontario (MAARO) – spécialiste de l'élevage d'animaux non traditionnels
  • Richard Stern (remplaçant de M. Paul Mauer, ALC)

Comité consultatif technique sur la biosécurité dans le secteur de lélevage du vison

  • Dr Gord Finley, médecin vétérinaire consultant en santé animale
  • Gary Hazlewood, directeur exécutif – CMBA
  • Dr Bruce Hunter, professeur émérite, Université de Guelph, CMVO
  • Tom McLellan, éleveur de visons
  • Jeff Mitchell, éleveur de visons
  • Marianne Patten, éleveuse de visons, représentante provinciale de la CMBA
  • Brian Tapscott, MAARO – spécialiste de l'élevage d'animaux non traditionnels
  • Dr Graham Clarke, gestionnaire de projets au sein du cabinet de consultance TDV Global Inc. (TDV)
  • Alex Oderkirk, TDV
  • Dr Bruce Roberts, TDV

Équipe de gestion de projets

  • Gary Hazlewood, directeur exécutif – CMBA
  • Dr Bruce Hunter, professeur émérite, Université de Guelph, CMVO
  • Michael Ennis, partenaire en gestion, TDV
  • David Nelson, cogestionnaire de projets, TDV
  • Dr Daniel Schwartz, ACIA, Bureau de la biosécurité des animale (BBA)
  • Dre Patricia Pentney, ACIA, BBA

Autres contributeurs : Les autres contributeurs travaillant au Bureau de la biosécurité des animale (BBA) de l'ACIA sont Dr Lorne Jordan, Dre Manon Racicot, M. Tim Talbot et le personnel administratif.

Nous tenons à remercier tout particulièrement M. Gary Hazlewood, de la CMBA , pour le rôle qu'il a joué dans l'organisation et la communication de l'information aux membres de l'industrie de l'élevage du vison, et Encans de fourrures d'Amérique du Nord (NAFA) et les maisons d'encan de l'ALC, qui ont soutenu le projet.

Enfin, l'élaboration de la présente Norme a profité des nombreuses entrevues avec des éleveurs, des experts en la matière et des représentants de groupes d'intervenants. L'intérêt, la participation et la contribution de ces derniers sont grandement appréciés.

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