ARCHIVÉE - Rapport d'enquête sur le dix-septième cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) au Canada

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Contexte

Le 12 février 2010, le Laboratoire provincial de l'Alberta a informé le Bureau de district d'Edmonton de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) qu'un échantillon de surveillance de l'ESB (prélevé dans le cadre du programme de surveillance de l'ESB Canada-Alberta) avait réagi à l'épreuve de dépistage rapide Bio-Rad TeSeE ELISA qui n'excluait pas un diagnostic d'ESB.

Des échantillons ont été envoyés au Laboratoire national de référence pour l'ESB à Lethbridge, en Alberta, qui est aussi le laboratoire de référence de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE). La présence de l'ESB dans les échantillons a été confirmée au moyen d'épreuves d'immunohistochimie (IHC) le 25 février 2010. En plus de cette méthode, le Laboratoire national de référence pour l'ESB a évalué l'échantillon au moyen de l'épreuve de dépistage rapide Prionics-Check Westernmd, du Hybrid Western Blot, de l'épreuve de dépistage rapide Prionics Check PrioSTRIPmd, de l'épreuve Bio-Rad TeSeE ELISA et de l'épreuve d'immunoblot SAF (fibrille associée à la tremblante). Tous les résultats des épreuves se sont avérés positifs. Les résultats du transfert de type Western indiquent qu'il s'agissait d'un cas d'ESB de type C (classique).

La carcasse a été entreposée en lieu sûr à l'endroit où le prélèvement des échantillons a eu lieu, avant d'être envoyée au laboratoire de l'ACIA à Lethbridge pour y être incinérée. Aucune partie de la carcasse n'est entrée dans la filière d'alimentation des humains, ni celle des animaux.

L'ACIA a immédiatement lancé une enquête épidémiologique conformément aux lignes directrices recommandées pour l'ESB (Code sanitaire pour les animaux terrestres de 2010) de l'OIE. Plus précisément, l'ACIA a suivi les lignes directrices recommandées dans le cas d'un pays présentant un risque d'ESB maîtrisé. L'enquête menée portait notamment sur ce qui suit :

  • la cohorte d'alimentation, composée de tous les bovins qui, au cours de leur première année de vie, ont été élevés avec l'animal atteint d'ESB (lui aussi dans sa première année de vie) et qui, selon l'enquête, ont consommé les mêmes aliments potentiellement contaminés que lui durant cette période;
  • la cohorte de naissance, composée de tous les bovins nés dans le même troupeau que l'animal infecté dans les 12 mois précédant et suivant la naissance de ce dernier, si les bovins mentionnés ci-dessus ne peuvent être identifiés;
  • les aliments que l'animal a pu avoir consommés au début de sa vie.

Enquête sur l'animal

L'animal positif était une vache de boucherie née le 22 mars 2004 et avait 71 mois au moment de sa mort. L'animal est né à l'exploitation agricole et y est resté jusqu'à sa mort. Le propriétaire de l'animal positif a signalé que celui-ci était non ambulatoire (couché) dans les jours précédant sa mort. Aucun traitement n'a été administré; l'animal est mort le 5 février 2010. À la suite d'une consultation avec le praticien vétérinaire local, il a été déterminé que l'animal répondait aux critères d'inclusion du Programme national de surveillance de l'ESB du Canada. En conséquence, des dispositions ont été prises pour prélever les échantillons appropriés en vue de les soumettre à des analyses.

L'exploitation de référence est une exploitation de naissage comportant des bovins de race et des bovins de boucherie. Il s'est avéré que la cohorte de naissance et d'alimentation comprenait 630 animaux.

L'enquête de retraçage a permis de localiser 73 animaux vivants dans trois emplacements, y compris l'exploitation agricole de référence. Tous ces animaux ont été mis en quarantaine. À ce jour, 19 des 73 animaux vivants de la cohorte ont été abattus sans cruauté et 4 animaux de cette cohorte sont morts de causes naturelles. Douze des carcasses ont été éliminées par incinération, et onze dans un site d'enfouissement approuvé pour les matières à risque spécifiées (MRS), conformément aux recommandations de l'OIE. Les animaux restant de la cohorte sont marqués de façon permanente, leurs déplacements sont contrôlés et ils seront abattus ou leur carcasse sera éliminée à leur mort conformément aux recommandations de l'OIE.

Le sort des animaux restants de la cohorte de naissance et d'alimentation a été le suivant :

  • 119 animaux ont été retracés et on a confirmé leur mort ou leur abattage;
  • 288 animaux ont été retracés et on présume qu'ils sont morts ou ont été abattus;
  • 95 animaux ont été retracés et on confirme qu'ils ont été exportés pour l'abattage et le pays d'importation a été avisé;
  • 46 animaux ont été impossibles à retracer en raison de dossiers incomplets.
  • 9 animaux ont par la suite été écartés comme animaux représentant un risque équivalent.

Enquête sur l'alimentation de l'animal

L'enquête sur les aliments du bétail a porté principalement sur les aliments auxquels l'animal de référence a pu avoir accès pendant sa première année de vie et sur les pratiques de fabrication utilisées pour produire chacun de ces aliments. Tous les aliments auxquels l'animal de référence atteint d'ESB a eu accès étaient, à notre connaissance, destinés à l'alimentation des ruminants. Ils comprenaient des fourrages et des céréales cultivés à l'exploitation, des préparations commerciales de granules de blé provenant d'un fournisseur unique, ainsi que des aliments mélangés provenant de cinq autres fournisseurs d'aliments commerciaux.

Pratiques d'alimentation

La mise bas a lieu une fois par année, en mars. Durant les quatre premiers mois de sa vie, l'animal de référence s'est nourri du lait de sa mère et d'aliments servis à la dérobée et avait libre accès à du foin, à des céréales, à de la ration granulée pour vaches, ainsi qu'à des minéraux et du sel à volonté. Aucun lait de remplacement n'a été utilisé.

En juin, les paires vache-veau ont été transférées dans le pré, où elles sont demeurées jusqu'en décembre. Au cours de cette période, l'animal de référence a eu libre accès à des minéraux et à du sel, ainsi qu'à de petites quantités de céréales. Les animaux peuvent aussi avoir eu accès à des granules de blé. En décembre, les veaux ont été sevrés et alimentés de céréales et de foin, de minéraux et de sel à volonté, et ce, jusqu'au mois de mars suivant. De plus, il est probable que ces veaux aient également eu accès à des rations granulées pour vaches et veaux et à des granules de blé durant l'hiver.

Sources d'aliments

L'enquête sur l'établissement ayant servi de fournisseur unique des granules de blé a révélé qu'il s'agissait d'un établissement de fabrication d'aliments avec un seul ingrédient spécialisé, qui n'a jamais manipulé ni utilisé de matières interdites. Ce produit a donc été éliminé comme source possible de contamination.

Le fournisseur des minéraux et des prémélanges utilisés sur l'exploitation a maintenant cessé ses activités. Les résultats des enquêtes antérieures sur l'ESB ont confirmé que cet établissement n'utilisait pas ou ne manipulait pas de matières interdites durant la période à l'étude pour le cas présent. Ces produits ont donc été éliminés comme source possible de contamination.

Une enquête menée à une provenderie commerciale qui a fourni à l'exploitation agricole deux aliments complets médicamentés durant la première année de vie de l'animal de référence a révélé que cet établissement n'utilisait pas ou ne manipulait pas de matières interdites. Les prémélanges de minéraux et de vitamines utilisés comme ingrédients dans ces aliments du bétail provenaient d'un établissement spécialisé dans la fabrication de prémélanges qui n'a jamais utilisé ni manipulé de substances interdites. Ces produits sont donc éliminés comme source possible de contamination.

Une enquête menée dans une provenderie commerciale qui a fourni un aliment servi à la dérobée non médicamenté a permis de déterminer que cet établissement n'utilisait aucune matière interdite. Ce produit a donc été éliminé comme source possible de contamination.

Une provenderie commerciale connue pour avoir fourni plusieurs aliments complets pour les vaches, les veaux et les taureaux à l'exploitation de référence entre septembre 2003 et juin 2004 a cessé ses activités. On sait que l'établissement a utilisé des matières interdites durant la période d'intérêt. Il est impossible d'écarter l'hypothèse selon laquelle une contamination de ces produits aurait pu avoir lieu durant la production ou le transport de ces produits.

Une enquête menée dans une provenderie commerciale connue pour avoir fourni plusieurs aliments médicamentés ou non, y compris des rations d'aliments servis à la dérobée, pour veaux et pour vaches a permis de déterminer que l'établissement a bel et bien utilisé des matières interdites durant la période d'intérêt. Cet établissement avait mis des procédures en place pour la manutention et l'utilisation de matières interdites. Toutefois, certains registres de production liés à des produits fabriqués entre novembre 2004 et mars 2005 n'étaient pas disponibles et, par conséquent, il est impossible d'écarter l'hypothèse selon laquelle une contamination de ces produits aurait pu avoir lieu durant leur production. L'examen des registres liés à un aliment à servir à la dérobée produit par cet établissement a révélé un nettoyage incomplet d'un mécanisme de déchargement de camion entre la livraison d'aliments de porcs contenant des matières interdites et d'aliments à servir à la dérobée qui ont ensuite été livrés à l'exploitation de référence. Un examen des registres a permis d'éliminer les produits restants fournis par cet établissement comme source possible de contamination.

Sommaire de l'enquête

Le dépistage de ce cas ne modifie en rien les paramètres de risque associés à l'ESB au Canada. L'emplacement et l'âge de l'animal correspondent aux cas antérieurs. Les résultats des activités de surveillance à ce jour, y compris le cas présent, témoignent de l'incidence extrêmement faible de l'ESB au Canada.

Depuis la confirmation, en mai 2003, du diagnostic de l'ESB chez un animal né au Canada, notre pays a sensiblement augmenté le dépistage ciblé des bovins des catégories à risque élevé, comme le préconise l'OIE. Ce travail vise à la fois à déterminer l'incidence de l'ESB au Canada et à surveiller l'efficacité des mesures d'atténuation du risque mises en œuvre.

En ce qui concerne l'ESB, la salubrité de la viande de bœuf produite au Canada est garantie par les mesures de santé publique renforcées davantage en 2003. L'enlèvement des matières à risque spécifiées (MRS) – les tissus qui sont susceptibles d'abriter l'agent infectieux de l'ESB – de toutes les carcasses des animaux abattus pour l'alimentation humaine est la mesure la plus efficace pour protéger les consommateurs, au Canada et dans les pays importateurs, contre l'exposition à l'agent infectieux de l'ESB dans les produits carnés.

Comme le démontre le système de surveillance, l'interdiction frappant les aliments du bétail mise en œuvre en 1997 empêche réellement l'amplification de l'ESB au Canada. Une réglementation supplémentaire a été édictée en 2007 afin de renforcer l'interdiction frappant les aliments du bétail au Canada. La plus importante modification est le retrait des MRS de tous les aliments du bétail, aliments pour animaux de compagnie et engrais pour empêcher la possibilité de contamination croisée. Ce renforcement accélérera l'éradication de l'ESB du cheptel bovin national en empêchant l'entrée de plus de 99 p. 100 des sources potentielles d'agents infectieux de l'ESB dans la filière canadienne d'alimentation du bétail. Ces mesures réduisent efficacement le risque de transmission de l'ESB.

Le Canada a été classé officiellement, conformément au système scientifique de l'OIE, dans la catégorie des pays présentant un risque maîtrisé à l'égard de l'ESB. Ce statut sanitaire reconnaît clairement l'efficacité des mesures de surveillance, d'atténuation du risque et d'éradication que le Canada a mises en œuvre, ainsi que le travail réalisé par tous les ordres de gouvernement, le secteur de l'élevage bovin, les vétérinaires et les grands éleveurs pour lutter efficacement contre l'ESB au Canada et, ultimement, pour l'éradiquer.

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