La fièvre charbonneuse est une maladie d'origine naturelle causée par une bactérie sporifère nommée Bacillus anthracis. Cette dernière peut avoir des conséquences dévastatrices sur les élevages de bovins, de moutons, de chèvres, de chevaux et de bisons.
Les animaux de laboratoire, tels que les cochons d'Inde, les lapins et les souris, sont également vulnérables à la fièvre charbonneuse.
Les porcs, les chiens et les chats sont toutefois moins vulnérables. Ils peuvent être exposés à la bactérie à plusieurs reprises avant d'être contaminés. Les oiseaux et les animaux sauvages semblent également moins à risque de contracter la fièvre charbonneuse.
Les humains sont vulnérables à la fièvre charbonneuse. Toutefois, les cas humains sont rares lors d'une épizootie si les précautions qui s'imposent sont prises lors de la manipulation et du déplacement des carcasses et des animaux touchés.
Les humains peuvent être contaminés en :
Il existe trois types de fièvre charbonneuse que peuvent contracter les humains.
La plupart des éclosions récentes de fièvre charbonneuse ont été signalées chez les bovins de boucherie et les bisons, mais la maladie peut aussi toucher les bovins laitiers. Toutefois, le risque de contracter la fièvre charbonneuse par la consommation de lait ou de produits laitiers est extrêmement faible.
Pour de plus amples renseignements sur les répercussions de la fièvre charbonneuse sur la santé humaine, consulter le site Web de l'Agence de la santé publique du Canada.
Souvent, la mort subite d'une ou de plusieurs bêtes constitue les premiers signes d'une éclosion de fièvre charbonneuse. Chez les espèces très vulnérables, comme les bovins, le délai entre l'apparition de symptômes légers (comme le refus de s'alimenter ou la baisse de la production de lait) et la mort de l'animal peut n'être que de quelques heures.
Les animaux qui ne meurent pas subitement peuvent :
Après la mort de l'animal, des liquides sanguinolents peuvent s'écouler des orifices (rectum, naseaux, bouche, etc.) de la carcasse, et celle-ci peut gonfler rapidement. On peut aussi observer une absence de rigidité cadavérique et de coagulation.
La fièvre charbonneuse est répandue presque partout dans le monde et est mentionnée dans la documentation scientifique depuis les temps anciens. Le Canada et les États-Unis en ont déclaré des cas sporadiques.
Au Canada, des cas ont été signalés de l'Alberta jusque dans l'ouest de l'Ontario, et des éclosions répétées ont été constatées dans la réserve de bisons Mackenzie des Territoires du Nord-Ouest et dans le parc national Wood Buffalo, dans le nord de l'Alberta.
La bactérie Bacillus anthracis est libérée par des animaux qui sont morts de la fièvre charbonneuse et constitue une source d'infection pour les autres animaux. Elle peut être inhalée ou pénétrer dans l'organisme par une lésion de la peau ou des muqueuses.
Le mode d'infection le plus courant du bétail demeure l'ingestion de spores dans les pâturages, le sol ou les aliments contaminés pendant le broutage. Une fois ingérée, la bactérie croît et se multiplie dans le sang.
La fièvre charbonneuse est diagnostiquée au moyen d'une analyse du sang ou d'autres tissus visant le dépistage de la bactérie. Il faut prélever les échantillons avec grand soin pour éviter la contamination du milieu et l'exposition des humains à la bactérie.
Des examens post mortem ne doivent pas être effectués lorsque des animaux sont présumés morts des suites de la fièvre charbonneuse.
La forme la plus fréquente de fièvre charbonneuse peut être traitée au moyen d'antibiotiques, comme la pénicilline. La lutte et le traitement visent à briser le cycle d'infection.
La vaccination du bétail est la meilleure mesure de lutte contre la fièvre charbonneuse. Le vaccin Stern est le seul vaccin homologué au Canada; il permet de prévenir la maladie chez la plupart des animaux pendant environ un an. Il peut être utilisé pour les bovins, les moutons, les chevaux, les chèvres et les porcs. La vaccination des bisons, qui n'est pas considérée conforme à l'étiquette, doit être recommandée par un médecin vétérinaire.
Il faut éviter d'administrer des antibiotiques huit jours avant ou après l'injection d'un vaccin, puisqu'ils nuisent au développement de l'immunité après la vaccination.
La fièvre charbonneuse est une « maladie à déclaration obligatoire » en vertu de la Loi sur la santé des animaux. Autrement dit, tous les cas suspects doivent être signalés à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), qui procédera immédiatement à une enquête.
L'ACIA prend des mesures zoosanitaires dès que la présence de fièvre charbonneuse est confirmée. Parmi ces mesures, mentionnons :