Cette brochure vise à informer les éleveurs de bétail canadiens sur ce qui arrive lorsque la fièvre charbonneuse est dépistée dans leur exploitation ou lorsqu'on soupçonne que des animaux en sont atteints.
La fièvre charbonneuse est une maladie mortelle causée par une bactérie présente dans le sol. Bien que tous les mammifères puissent en être atteints, la fièvre charbonneuse est le plus souvent contractée par des animaux au pâturage. L'infection a normalement lieu lorsque les animaux consomment des aliments ou de l'eau contaminé. Les animaux et les personnes peuvent aussi contracter la maladie par l'entremise d'une plaie cutanée.
Comme mesure de précaution, les éleveurs ne devraient pas manipuler les carcasses d'animaux soupçonnés d'être infectés par la fièvre charbonneuse.
Au Canada, la fièvre charbonneuse est une maladie à déclaration obligatoire, ce qui signifie que les éleveurs ou les vétérinaires doivent signaler à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) tous les cas suspects ou confirmés.
La fièvre charbonneuse progresse rapidement. Souvent, une ou plusieurs morts subites au sein d'un troupeau constituent les premiers signes d'une éclosion de fièvre charbonneuse. Les animaux qui ne meurent pas subitement peuvent présenter certains signes de maladie, dont les suivants :
La fièvre charbonneuse peut être traitée au moyen d'antibiotiques si les signes de la maladie sont détectés rapidement.
L'ACIA prend des mesures de lutte contre la maladie dès que cette dernière est signalée ou qu'on soupçonne sa présence. Bien que les mesures d'intervention en cas de maladie soient différentes, la démarche suivie en cas de fièvre charbonneuse comprend généralement les étapes suivantes :
Si on soupçonne que des animaux sont atteints de la fièvre charbonneuse ou que des cas sont confirmés, un vétérinaire de l'ACIA visite l'exploitation pour rencontrer l'éleveur et examiner les animaux. À cette étape, le lieu est déclaré un « lieu contaminé » afin d'empêcher la propagation de la maladie. Cela signifie qu'aucun animal ne peut être introduit dans le lieu ou en sortir sans l'autorisation de l'ACIA.
Lorsque l'exploitation est déclarée un lieu contaminé, l'éleveur est responsable de prendre les mesures suivantes :
Le vétérinaire de l'ACIA évalue la santé des animaux de l'exploitation et recommande la vaccination des animaux vulnérables. L'ACIA fournit une quantité suffisante de vaccins pour la vaccination initiale de tous les animaux susceptibles d'avoir été exposés à la maladie (selon les indications sur l'étiquette du vaccin). L'éleveur est responsable de l'administration des vaccins.
Les animaux doivent être examinés deux fois par jour pendant un minimum de quatorze jours suivant la vaccination. Bien que la vaccination mette habituellement fin aux décès au bout d'environ 8 jours, d'autres décès peuvent avoir lieu jusqu'à 14 jours suivant la vaccination.
Le vaccin ne doit pas être administré dans les huit jours suivant un traitement antibiotique puisque les antibiotiques peuvent entraver les effets du vaccin. De plus, les animaux ne devraient pas être vaccinés dans les 42 jours précédant l'abattage.
L'élimination rapide et adéquate des carcasses d'animaux et des matières contaminées réduit le risque de propagation de la maladie aux animaux et aux humains.
Un inspecteur de l'ACIA supervise l'élimination afin de s'assurer que le processus empêchera efficacement la propagation de la maladie. Les méthodes d'élimination acceptables sont l'incinération sur les lieux et l'enfouissement en profondeur. Cependant, les règlements municipaux ou provinciaux peuvent avoir un impact sur les options d'élimination possibles.
Dans les cas où il n'est pas possible de procéder immédiatement à l'incinération sur les lieux ou à l'enfouissement en profondeur, l'ACIA permet que les carcasses soient recouvertes d'une bâche en plastique afin de garder les détritivores à l'écart et d'empêcher la propagation de la maladie.
Les éleveurs doivent désinfecter le sol où la carcasse infectée a été trouvée. Ils doivent également désinfecter tous les outils et l'équipement utilisés pour manipuler la carcasse et toute autre matière contaminée.
Un inspecteur de l'ACIA discutera des options de désinfection et inspectera les endroits et l'équipement nettoyés et désinfectés.
L'ACIA accorde une indemnisation limitée aux éleveurs pour les aider à payer les coûts associés à l'élimination.
Les bovins, les bisons, les chevaux, les cervidés, les moutons, les chèvres, les porcs et les camélidés (lamas et alpagas) sont admissibles à une indemnisation une fois que l'élimination et la désinfection sont terminées.
En plus des indemnités accordées par l'ACIA pour la fièvre charbonneuse, les éleveurs peuvent être admissibles à d'autres programmes d'aide financière d'Agriculture et Agroalimentaire Canada ou des gouvernements provinciaux ou territoriaux. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec votre bureau local d'Agriculture et Agroalimentaire Canada ou le bureau du ministère de l'Agriculture de votre province ou territoire.
Lorsqu'un producteur décide de faire vacciner ses animaux, l'ACIA lève la déclaration 21 jours suivant l'administration de tous les vaccins, pourvu que 21 jours se soient écoulés sans qu'un autre animal n'ait succombé à la fièvre charbonneuse.
Lorsqu'un éleveur décide de ne pas faire vacciner ses animaux, la levée de la déclaration a lieu lorsque des températures plus froides empêchent les animaux de paître, pourvu que 21 jours se soient écoulés sans qu'un autre animal succombe à la fièvre charbonneuse.
Conformément aux dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels et des autres lois fédérales connexes, l'ACIA doit protéger les renseignements de nature personnelle qu'elle recueille. Toute l'information fournie par l'éleveur au cours d'une enquête zoosanitaire est traitée comme des renseignements confidentiels, à moins qu'il ne soit indiqué qu'il en est autrement.