Fiche de renseignements - Tremblante

Introduction

La tremblante est une maladie mortelle qui s'attaque au système nerveux central des moutons et des chèvres. Elle est ce qu'on appelle une encéphalopathie spongiforme transmissible, ou EST. Parmi d'autres EST, mentionnons l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez les bovins, la maladie débilitante chronique (MDC) chez les cerfs et les wapitis, et la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez les humains.

Il est maintenant largement admis que l'agent infectieux des EST est une forme anormale d'une protéine appelée « prion ». Des prions normaux sont présents dans chaque mammifère et chaque oiseau. Lorsqu'un prion anormal s'introduit dans un animal sain, il modifie les prions existants et les transforme en une forme de prion associée à la maladie.

Il existe deux formes de tremblante : la tremblante classique et la tremblante atypique. On croit que la tremblante atypique est un état dégénératif spontané chez les moutons âgés qui ne se transmet pas aux autres animaux dans des conditions naturelles. La tremblante classique est, par contre, transmissible aux autres animaux.

Au Canada, la tremblante classique est une maladie à déclaration obligatoire. Les maladies à déclaration obligatoire sont énoncées dans la Loi sur la santé des animaux et le Règlement sur les maladies déclarables. Les producteurs et les vétérinaires qui soupçonnent un animal d'être infecté par la tremblante doivent communiquer avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). C'est une exigence légale.

Le nombre de troupeaux de moutons ou de chèvres canadiens dont l'infection par la tremblante classique a été confirmée est déclaré à l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

La tremblante pose-t-elle un risque pour la santé humaine?

Selon Santé Canada, il n'existerait aucun lien connu entre la tremblante et la santé humaine.

Signes cliniques

La tremblante est une maladie qui évolue lentement. Les signes cliniques ne sont décelables d'ordinaire que chez les sujets adultes (deux à cinq ans). Dans certains cas recensés, il a fallu jusqu'à huit ans pour déceler des signes cliniques. Toutefois, après l'apparition des symptômes, la mort survient dans l'espace de quelques mois.

Les signes de la tremblante sont très variables. On peut observer chez un animal plus âgé des changements dans le comportement général, comme des signes d'agressivité, des tremblements, un manque de coordination ou un port anormal. Toutefois, la tremblante peut également se manifester chez un animal adulte dont la toison a piètre allure, ou encore, un animal qui en est atteint peut tout simplement être trouvé mort.

Il semble que les manifestations cliniques diffèrent suivant les pays. La dégénérescence est le signe clinique le plus fréquent en Amérique du Nord, alors que le prurit (forte tendance à se gratter) est le signe clinique le plus répandu en Europe.

Les propriétaires d'animaux infectés par la tremblante peuvent ne pas s'en rendre compte. Avec le temps, surtout dans les troupeaux infectés contenant un grand pourcentage de moutons ou de chèvres sensibles à la maladie, les propriétaires peuvent enregistrer des pertes importantes de leur production. Les animaux infectés de ces troupeaux qui sont vendus peuvent transmettre la maladie à d'autres troupeaux.

Répartition géographique

La tremblante du mouton est présente un peu partout dans le monde. La Nouvelle-Zélande et l'Australie sont des pays reconnus indemnes de la maladie. La tremblante a été détectée au Canada pour la première fois en 1938 chez des moutons, et elle fait l'objet d'analyses de routines depuis ce temps. Elle a été désignée comme maladie à déclaration obligatoire au Canada en 1945. Depuis, la maladie fait l'objet chez nous d'un programme de lutte.

Transmission

L'infection des animaux par la tremblante classique se produit à cause d'une exposition à d'autres animaux infectés et à leur environnement contaminé par la maladie, le plus souvent transmise d'une femelle infectée à ses petits, ou à d'autres animaux qui partagent le même environnement de mise bas. Le fluide ou les tissus du placenta peuvent contenir de grandes quantités de prions de tremblante infectieux. Les animaux indemnes sont infectés lorsqu'ils consomment ou qu'ils lèchent des matières contaminées dans les lieux de mise bas. Les agneaux et les chevrotins sont très sensibles à l'infection lorsqu'ils sont nés dans des lieux contaminés.

Les animaux porteurs de la maladie, mais qui ne présentent pas de signes cliniques peuvent également être une source d'infection pour les autres. On a trouvé des prions infectieux dans le lait, les matières fécales, la salive et l'urine des animaux infectés; ces matières peuvent donc constituer une voie d'infection. L'exposition à un milieu habité par des animaux infectés par la tremblante rend les animaux indemnes à risque de contracter la maladie.

Les études montrent que le génotype d'un mouton peut déterminer sa sensibilité à la tremblante. Des tests génétiques peuvent permettre aux éleveurs de mouton de reproduire des animaux résistants à la tremblante. À l'heure actuelle, des chercheurs étudient le lien entre le génotype des chèvres et leur sensibilité à la maladie.

Diagnostic

La tremblante est diagnostiquée après la mort par la détection de prions de tremblante anormaux dans le tissu cérébral ou les ganglions lymphatiques. Une biopsie des tissus lymphoïdes rectaux ou de la membrane nictitante des chèvres ou des moutons vivants peut permettre de diagnostiquer certains animaux atteints de la tremblante. Ces biopsies sur des animaux vivants peuvent être utiles pour contrôler la présence d'infection au sein des troupeaux, mais elles ne sont pas fiables pour confirmer qu'un individu est indemne de maladie.

Traitement

Il n'existe pour le moment aucun traitement ni vaccin contre cette maladie mortelle.

Protection du troupeau canadien

L'ACIA, avec l'appui de l'industrie des petits ruminants, s'emploie à éradiquer la tremblante au Canada. Dans le cadre du Programme national d'éradication de la tremblante, l'Agence procède à une surveillance active de la maladie, prend des mesures pour lutter contre celle-ci dans les exploitations infectées et appuie le Programme de certification volontaire des troupeaux à l'égard de la tremblante.

La tremblante du mouton est une « maladie à déclaration obligatoire » en vertu de la Loi sur la santé des animaux. Par conséquent, tous les cas suspects doivent être déclarés à l'ACIA pour qu'une enquête soit immédiatement déclenchée.

L'ACIA soumet l'importation d'animaux ou de produits d'animaux provenant de pays où la maladie est présente à des règlements très rigoureux. Ces règlements sont appliqués au moyen d'inspections effectuées aux ports d'entrée par l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ou l'ACIA.

Certains génotypes donnent aux moutons une résistance à l'infection par la tremblante. Une analyse sanguine ou tissulaire peut révéler la sensibilité génétique d'un animal à la maladie. Les producteurs qui désirent minimiser le risque de présence de la tremblante dans leurs troupeaux de moutons peuvent pratiquer la reproduction sélective afin d'augmenter la résistance à la maladie.

En outre, les éleveurs de moutons et de chèvres peuvent :

  • isoler leur troupeau;
  • acheter des animaux provenant de troupeaux certifiés indemnes de la tremblante;
  • procéder à des analyses de dépistage de la tremblante chez le cheptel adulte mort.

Les efforts consacrés à la gestion du risque de tremblante dans les installations individuelles peuvent être reconnus grâce à une participation officielle au Programme de certification volontaire des troupeaux à l'égard de la tremblante.

S'ils n'adoptent pas de mesures particulières de minimisation du risque de tremblante dans leur exploitation, les producteurs devraient mettre en œuvre de bonnes pratiques de gestion et de biosécurité telles que :

  • l'identification individuelle des animaux;
  • la tenue de registres;
  • l'isolement rapide des animaux malades;
  • la séparation des femelles qui mettent bas;
  • l'amélioration de la propreté de l'environnement de mise bas;
  • la désinfection de l'équipement entre chaque animal;
  • l'utilisation d'aiguilles à usage unique pour les injections.

Pour plus de renseignements sur la biosécurité liée aux moutons et aux chèvres, consulter les sites suivants :

Norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie caprine

Norme nationale de biosécurité à la ferme pour les moutons

Mesures prévues par l'ACIA en cas d'éclosion de tremblante

Lorsqu'une analyse de dépistage de la tremblante positive est confirmée par l'ACIA, des mesures de lutte contre la maladie scientifiquement rigoureuses et internationalement reconnues sont immédiatement prises. Elles incluent habituellement les éléments suivants :

  • Imposition de mesures strictes de quarantaine et de contrôle des déplacements des animaux pour empêcher la propagation de la maladie
  • Destruction et élimination sans cruauté de tous les animaux infectés ou à risque
  • Enquête sur les animaux potentiellement infectés ou à risque élevé qui pourraient propager la maladie à de nouvelles installations et enquête sur les exploitations sources potentielles
  • Nettoyage et désinfection en bonne et due forme des lieux contaminés
  • Suivi des exigences de surveillance du cheptel mort

Les propriétaires d'animaux dont l'ACIA ordonne la destruction peuvent être admissibles à une indemnisation.

Vous pouvez obtenir des renseignements plus détaillés sur les activités d'intervention de l'ACIA en cas de maladie en consultant la page Tremblante – Ce à quoi vous attendre lorsque vos animaux sont potentiellement infectés.

L'application de mesures de lutte contre la maladie permet aux propriétaires de faire en sorte que leurs installations retrouvent leur état sanitaire antérieur, de maintenir la santé du troupeau national et de protéger la réputation des industries ovines et caprines canadiennes.

Renseignements additionnels

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