Le présent document a été rédigé pour informer les fabricants de produits biologiques vétérinaires des exigences relatives à l'innocuité des produits biologiques vétérinaires fabriqués ou importés au Canada. Ces lignes directrices s'adressent tout particulièrement aux fabricants canadiens et aux fabricants étrangers dans des pays autres que les États-Unis (É.-U.). Les exigences concernant l'innocuité des produits biologiques vétérinaires fabriqués aux É.-U. et homologués par le United States Department of Agriculture (USDA) sont semblables aux exigences canadiennes, comme il est mentionné à la section VI.
Pour évaluer l'innocuité des produits biologiques vétérinaires, le Centre canadien des produits biologiques vétérinaires (CCPBV) utilise une démarche à plusieurs étapes qui comprend l'examen et l'approbation des documents et des données d'études présentés par les fabricants, une analyse des souches mères, des lignées cellulaires et des séries de produit effectuée par un laboratoire indépendant, la surveillance des disséminations de séries de produit et des évènements indésirables postérieures à l'homologation. On a recours à une méthode fondée sur le risque pour déterminer les normes, les processus, les analyses de laboratoire et les essais sur le terrain dont il faut se servir pour évaluer l'innocuité d'un produit biologique vétérinaire.
Vous trouverez de l'information supplémentaire sur les exigences concernant la présentation des nouveaux produits dans les lignes directrices 3.1 : lignes directives pour la préparation des demandes d'homologation (d'enregistrement) de nouveaux produits biologiques vétérinaires et les références ci-incluses. Les exigences relatives à l'innocuité des vaccins autogènes, des trousses de diagnostic in vitro, des produits de colostrum et d'anticorps peuvent être différentes de celles qui sont traitées dans les présentes lignes directrices. Les fabricants de ces types de produits biologiques vétérinaires sont priés de consulter les lignes directrices propres aux produits affichées sur le site Web du CCPBV.
Le CCPBV est responsable pour la réglementation des produits biologiques vétérinaires au Canada, notamment l'innocuité de ces produits, en vertu des pouvoirs conférés par la Loi sur la santé des animaux [64(1)(s)] et par son Règlement d'application [Partie XI - Produits vétérinaires biologiques].
Animal cible - animal appartenant à une espèce ou à un groupe d'animaux (p. ex., femelles gravides) qui est visé par l'utilisation finale du produit biologique vétérinaire.
Confinement - condition qui permet de limiter le déplacement du micro-organisme par un ou plusieurs des mécanismes suivants :
Le confinement permet de s'assurer qu'aucun organisme ou matière d'un organisme n'est libéré dans l'environnement à partir d'une installation de recherche.
Animal non visé - animal appartenant à une espèce ou à un groupe d'animaux (p. ex., femelles gravides) qui n'est pas visé par l'utilisation finale du produit biologique vétérinaire.
Protocole de production - désigne une description détaillée a) du procédé de préparation d'un produit biologique vétérinaire et de tout diluant qui doit être utilisé avec celui-ci, b) des méthodes et modalités de manutention, d'entreposage, d'administration et d'analyse d'un produit biologique vétérinaire et de tout diluant qui doit être utilisé avec celui-ci et c) des analyses servant à établir la pureté, l'innocuité, la puissance et l'efficacité d'un produit biologique vétérinaire et de tout diluant qui doit être utilisé avec celui-ci.
Événement indésirable - effet néfaste et non souhaité survenant chez un animal après l'administration d'un produit biologique vétérinaire expérimental ou homologué, peu importe que l'événement ait un lien avec le produit ou non.
Normalement, le processus de la conception à l'homologation d'un produit distribué avec ou sans restrictions comprend les étapes suivantes :
CCPBV; Les travaux de recherche et de développement préliminaires seront réalisés sous la supervision du personnel de biorisques ou de biosécurité de l'établissement, en conformité avec les publications indiquées à la section V des présentes lignes directrices. Suivant la présentation initiale au CCPBV, les chercheurs peuvent trouver une aide supplémentaire sur la conception et la réalisation des expériences contrôlées sur les animaux en s'adressant au personnel du CCPBV. Cependant, ils n'ont pas besoin d'obtenir l'approbation du CCPBV avant d'effectuer des expériences en laboratoire en conditions confinées, pour autant que les animaux vaccinés n'entrent pas dans la chaîne alimentaire des humains ou des animaux (c.-à-d. les animaux doivent être incinérés ou compostés). L'approbation du CCPBV par la délivrance d'un Permis de dissémination de produits biologiques vétérinaires est requis pour la mise en circulation et utilisation sur le terrain d'un produit biologique vétérinaire non homologué (consulter l'annexe I). D'autres renseignements concernant les études d'innocuité sur le terrain sont fournis ci-après et dans l'annexe II.
Le fabricant est responsable pour les tests de contrôle de la qualité des souches mères et/ou des lignées cellulaires utilisées dans la production ou l'analyse d'un produit biologique vétérinaire. Les résultats de ces tests doivent être présentés au CCPBV en vue de l'homologation du produit. Par la suite, le CCPBV procédera à des tests de vérification avec l'aide d'un laboratoire de l'ACIA. Les tests de contrôle de la qualité des souches mères ou des lignées cellulaires peuvent englober des analyses sur l'identification, le contenu génétique des produits issus de la biotechnologie, la stabilité génotypique et phénotypique lorsqu'il y a sous-culture, du nombre de repiquages du plus bas au plus élevé utilisés dans la production, et l'absence de contaminants et d'agents adventifs (p. ex., détection de bactéries étrangères, de champignons, de mycoplasmes et de virus).
Dans le cas des produits biologiques vétérinaires vivants, des études sur la réversion à la virulence (aussi appelées « études de repiquage ») doivent être effectuées pour évaluer la stabilité génétique du vaccin afin de s'assurer que le produit ne redeviendra pas virulent après son repiquage dans l'animal cible. Dans le cadre de ces études, on administre à un groupe d'animaux une dose appropriée de l'organisme vaccinal vivant par la voie la plus susceptible d'entraîner une réplication ou une réversion. Par la suite, on tente de récupérer l'organisme vaccinal des animaux durant l'intervalle et par la voie (sécrétion ou tissu) qui devrait le plus probablement réussir. Tout organisme vaccinal récupéré est alors inoculé directement dans un autre groupe d'animaux susceptibles. Après chaque repiquage, il faut déterminer la présence et la quantité des organismes à l'essai. Aucune augmentation de la virulence, révélatrice de la réversion, ne devrait être observée à la suite du repiquage. On procède ensuite à la caractérisation génotypique ou phénotypique du virus ou de l'organisme isolé lors du dernier repiquage et on compare ces résultats à ceux obtenus avec la souche mère afin d'évaluer la stabilité génétique et le rétablissement de la virulence. Les fabricants sont priés de respecter les consignes décrites dans le document de l'USDA intitulé Veterinary Services Memorandum No. 800.201 et les lignes directrices 41 de l'International Cooperation on Harmonisation of Technical Requirements for Registration of Veterinary Products (VICH) intitulée Target Animal Safety: Examination of Live Veterinary Vaccines in Target Animals for Absence of Reversion to Virulence relativement aux études de repiquage.
Les premières études d'innocuité d'un produit biologique vétérinaire comportent habituellement des tests d'innocuité effectués sur des souris et des tests réalisés sur l'animal cible qui ont souvent lieu pendant les études initiales de validation du concept. Les tests d'innocuité sont effectués dans le but de s'assurer que le produit biologique vétérinaire ne présente aucun risque de réactions locales ou systémiques chez les animaux. La formule du produit biologique vétérinaire que l'on utilise au cours des expériences sur l'innocuité devrait contenir un taux d'antigène proche du taux d'antigène admissible maximal proposé ou un taux qui lui est équivalent. Les études menées sur des animaux en milieu de confinement devraient aussi permettre de vérifier l'innocuité de l'administration d'une surdose (habituellement 10x pour un produit vivant et 2x pour un produit inactivé) ou de doses uniques répétées du produit expérimental.
Dans le cas des produits biologiques vétérinaires, il faut présenter des données sur le mode, le taux et la durée d'excrétion, de même que sur la propension d'un organisme à se propager à des espèces cibles et non visées.
Les fabricants sont tenus de procéder aux tests d'exclusion du virus de la fièvre catarrhale du mouton pour tous les vaccins de virus vivants destinés aux ruminants qui utilisent du sérum non irradié bovin ou d'autres ruminants, ou lorsque le virus est cultivé sur des cellules primaires bovines ou d'autres ruminants. Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les tests d'exclusion du virus de la fièvre catarrhale du mouton, consulter les lignes directrices 3.6 : Lignes directrices pour les tests d'exclusion du virus de la fièvre catarrhale du mouton dans les produits biologiques vétérinaires.
Les fabricants doivent démontrer l'absence du virus de la pseudorage (maladie d'Aujeszky) dans tous les vaccins de virus vivants destinés aux porcs qui utilisent du sérum non irradié porcin ou lorsque le virus est cultivé sur des cellules primaires porcines. Pour obtenir d'autres renseignements sur le test d'exclusion du virus de la pseudorage, consulter les lignes directrices 3.31 : Lignes directrices pour le test d'exclusion du virus de la pseudorage dans les produits biologiques vétérinaires.
Tous les oeufs embryonnés et tissus de poussins ou de poulets utilisés comme ingrédients dans des produits biologiques vétérinaires doivent provenir de troupeaux non vaccinés exempts d'organismes pathogènes spécifiques. L'analyse des produits biologiques vétérinaires visant à détecter une contamination avec le virus de la leucose lymphoïde doit être réalisée selon une méthode acceptée par le CCPBV et doit être décrite dans le protocole de production (PP) ou le protocole spécial (PS) sur le produit.
Afin de réduire au minimum le risque d'introduction d'agents des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) animales ou d'autres contaminants au Canada par le truchement de produits biologiques vétérinaires, il faut identifier toutes les substances title="substances d'origine animal d'origine animale (SOA) utilisées dans le développement et la production d'un produit biologique vétérinaire, de même que les espèces et le tissu d'origine, le fournisseur et le pays d'origine, dans un PS auquel fait renvoi le PP. Il incombe aux fabricants de veiller à ce que toute SOA contenue dans leurs produits vienne de fournisseurs qui peuvent confirmer que cette substance provient de sources jugées indemnes de l'infection ou de la contamination par les EST animales. En particulier, les produits biologiques vétérinaires ne doivent contenir aucune matière définie comme matière à risque spécifiée (MRS). Le fabricant doit fournir un certificat de chaque fournisseur indiquant les mesures prises par ce dernier pour réduire au minimum le risque de contamination de son produit par des agents d'EST animales. Pour obtenir plus d'information sur les exigences relatives aux substances d'origine animale et à la Déclaration de conformité, consulter les lignes directrices 3.32 : Lignes directrices sur la réduction des risques d'introduction d'agents d'encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) par des produits biologiques vétérinaires.
Les études d'innocuité sur le terrain sont réalisées avant l'homologation pour démontrer que le produit biologique vétérinaire peut être utilisé sans danger chez l'espèce animale cible et qu'il ne causera ni réaction indésirable inattendue ni mortalité, lorsqu'il est utilisé selon le mode d'emploi recommandé par le fabricant. Ces études permettent de prévoir, dans une certaine mesure, la fréquence des événements indésirables possibles et de déterminer les réactions inattendues qui pourraient justifier l'ajout, sur l'étiquette du produit, d'avertissements particuliers. Les produits biologiques vétérinaires (habituellement, plus d'une série avant l'homologation) font généralement l'objet d'études d'innocuité sur le terrain réalisées dans trois régions géographiques différentes et sur un nombre suffisant d'animaux vaccinés à chaque endroit pour que les résultats soient pertinents sur le plan statistique (le nombre exact dépend du produit). En outre, le tiers de ces animaux doivent avoir l'âge minimum requis pour la vaccination. Il est interdit de disséminer des séries antérieures à l'homologation aux fins d'études d'innocuité sur le terrain sans avoir présenté au préalable les documents exigés par le CCPBV à l'annexe II et que ceux-ci aient été acceptés. L'annexe II renferme également de l'information sur la communication des résultats des études d'innocuité sur le terrain.
Pour mettre un produit biologique non homologué en circulation en vue de faire une étude d'innocuité sur le terrain, les chercheurs et les créateurs doivent obtenir un Permis de dissémination de produits biologiques vétérinaires. Ce permis autorise le fabricant d'utiliser un produit biologique vétérinaire « pour usage expérimental seulement », afin d'obtenir les données nécessaires relatives à l'innocuité sur le terrain à l'appui de sa demande d'homologation. Les exigences relatives au Permis de dissémination de produits biologiques vétérinaires sont indiquées à l'annexe I.
En vertu du Permis de dissémination de produits biologiques vétérinaires, tous les produits biologiques vétérinaires vivants issus de la biotechnologie et les produits contenant des organismes considérés comme nouveaux au Canada, doivent faire l'objet d'une évaluation environnementale (EE) détaillée. Ce document renferme de l'information sur les caractéristiques moléculaires et biologiques du nouveau vaccin et son innocuité pour les espèces animales cibles et non visées, ainsi que pour les humains, sur les facteurs environnementaux et sur les mesures d'atténuation des risques. Pour avoir un aperçu de l'EE, consulter les lignes directrices 3.2 : Lignes directrices sur la réglementation des produits biologiques vétérinaires issus de la biotechnologie. Le fabricant doit présenter toutes les données pertinentes pour aider l'évaluateur du CCPBV à préparer l'EE. Ce dernier mènera aussi des recherches de façon indépendante sur des problèmes possibles d'innocuité et il peut consulter d'autres ministères fédéraux et provinciaux qui possèdent une expertise dans des domaines d'intérêt. L'EE doit être terminée avant d'autoriser la dissémination de l'organisme dans le cadre d'une étude d'innocuité sur le terrain.
La production de vaccins sécuritaires, purs, puissants et efficaces exige la mise en place d'une procédure d'assurance de la qualité pour veiller à l'uniformité et à la régularité du processus de production. Avant d'obtenir l'homologation d'un produit, le fabricant devrait produire dans ses installations trois séries consécutives antérieures à l'homologation (en général, le tiers du volume d'une série qui sera produite après l'homologation) du produit final, conformément au PP du produit, afin d'évaluer l'uniformité d'une série à l'autre. Le fabricant doit vérifier l'innocuité, la pureté et la puissance de chaque série, comme il est décrit dans le PP du produit.
Les documents que les fabricants canadiens doivent présenter à l'appui d'un Permis de fabrication de produits biologiques vétérinaires ainsi que la liste des documents supplémentaires que doivent présenter les fabricants étrangers sont indiqués dans les lignes directrices 3.1 : Lignes directrices pour préparation des demandes d'homologation (d'enregistrement) de nouveaux produits biologiques vétérinaires au Canada et sont décrits de façon détaillée dans d'autres lignes directrices pertinentes.
Dans le cadre du processus d'homologation, les fabricants doivent soumettre à un Laboratoire de l'ACIA des échantillons des souches mères et des lignées cellulaires utilisées dans la mise au point et la production d'un produit biologique vétérinaire, de même que des échantillons des séries de produit antérieures à l'homologation. Le Laboratoire effectue des tests indépendants pour vérifier la qualité des souches mères et des lignées cellulaires, confirmer les résultats des analyses réalisées par le fabricant concernant l'innocuité et la pureté de son produit et examiner la puissance du produit vétérinaire biologique.
1. Analyses réalisées par le fabricant - Le fabricant doit procéder à toutes les analyses appropriées (y compris les tests d'exclusion du virus de la fièvre catarrhale du mouton, le test d'exclusion du virus de la pseudorage ou le test de détection de la réplication du virus de la leucose aviaire, au besoin) décrites et convenues dans le PP avant de procéder à la mise en circulation de chaque série d'un produit biologique vétérinaire homologué, fabriqué ou vendu au Canada. Ces analyses comprennent souvent l'inoculation du produit dans des animaux cibles ou non visés afin de vérifier l'innocuité de la série. Les fabricants canadiens et les fabricants étrangers situés dans des pays autres que les É.-U. doivent communiquer les résultats de leurs analyses en faisant parvenir au CCPBV des exemplaires signés du Rapport du fabricant pour la mise en circulation de série. En outre, les fabricants doivent conserver les résultats de ces analyses dans leurs registres pendant six ans. Les échantillons de chaque série doivent par ailleurs être conservés par le fabricant pendant au moins six mois au-delà de la date de péremption.
2. Analyses réalisées par un Laboratoire de l'ACIA - Les fabricants doivent soumettre des échantillons de chaque série un Laboratoire de l'ACIA, conformément aux lignes directrices 3.22 : Lignes directrices sur la présentation des échantillons biologiques vétérinaires, leur analyse et la communication des résultats. En ce qui a trait aux produits ou aux séries retenus par le CCPBV, le Laboratoire peut effectuer, entre autres tests, les tests d'innocuité liés à la mise en circulation des séries décrites dans le PP du fabricant.
En vertu du Règlement sur la santé des animaux, le titulaire d'un permis de fabrication ou d'importation de produits biologiques vétérinaires (fabricants, importateurs commerciaux, vétérinaires ou laboratoires de diagnostic) doit transmettre par écrit tout élément d'information ou de preuve concernant un défaut relatif à la sécurité ou à l'efficacité d'un produit vétérinaire dans les 15 jours qui suivent la date où cet élément d'information ou de preuve est porté à sa connaissance ou est connu de l'industrie en général. Lorsque le CCPBV est saisie d'une plainte d'événement indésirable soupçonné, elle demande au fabricant d'étudier le problème et de rédiger un rapport pour le CCPBV et pour le vétérinaire du propriétaire de l'animal. Lorsque le problème est réglé à la satisfaction du vétérinaire ou de son client, le CCPBV n'exige pas habituellement la prise de mesures supplémentaires. Toutefois, si le résultat n'est pas satisfaisant, le CCPBV peut prendre des mesures réglementaires selon le cas, comme la réalisation d'autres études d'innocuité, l'interruption temporaire de la vente du produit, le rappel du produit ou le retrait du marché du produit. Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les responsabilités des vétérinaires praticiens et des fabricants de produits biologiques vétérinaires en ce qui a trait à la déclaration et à l'étude des événements indésirables soupçonnés, prière de consulter les lignes directrices 3.15 : Lignes directrices sur la déclaration des événements indésirables soupçonnés à l'égard des produits biologiques vétérinaires.
Nota 1 : Même si les titulaires de permis d'importation ne sont pas tenus de déclarer chaque événement indésirable observé dans un autre pays, ils sont tenus de communiquer tout élément d'information ou événement indésirable qui pourrait indiquer un défaut important concernant l'innocuité, la puissance ou l'efficacité d'un produit distribué au Canada.
Tous les aspects de la mise au point et de l'évaluation d'un produit biologique vétérinaire doivent respecter les normes et les règlements sur la sécurité en laboratoire et l'utilisation des animaux qui sont décrits dans les documents mentionnés ci-après, ainsi que les lois pertinentes provinciales et les autorités locales compétentes en matière de sécurité et de soins des animaux.
Nota 2 : Même si les Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire ne traitent pas de tous les agents zoopathogènes, le fabricant est tenu de s'assurer du respect du niveau de confinement approprié lors de la manipulation des organismes vivants utilisés dans la mise au point et l'évaluation du produit biologique vétérinaire.
Les fabricants situés aux É.-U. et les fabricants étrangers ayant obtenu un permis de produit aux É.-U. ("Permittees") peuvent présenter, au Canada, une demande d'homologation pour un produit biologique vétérinaire déjà homologué par l'USDA. Dans ce cas, le CCPBV examinera tous les documents pertinents de l'USDA (données scientifiques et correspondance) et avisera le fabricant si elle a besoin de renseignements supplémentaires concernant l'innocuité.
Lorsque les souches mères ou les lignées cellulaires utilisées dans la production et l'évaluation d'un produit biologique vétérinaire ont déjà été analysées et approuvées par le Center for Veterinary Biologics (CVB) de l'USDA, ou par un autre laboratoire compétent, d'une manière acceptable pour le CCPBV, cette dernière peut suspendre l'exigence relative aux analyses de confirmation qui doivent être réalisées par l'ACIA, pour autant que les souches mères et les lignées cellulaires n'aient pas fait l'objet de manipulations de quelque sorte depuis qu'elles ont été approuvées. De façon analogue, le CCPBV peut aussi exempter un produit biologique vétérinaire fabriqué aux É.-U. des analyses effectuées par l'ACIA concernant le contrôle des séries antérieures et postérieures à l'homologation, à la condition que ces séries soient analysées et mises en circulation par le CVB de l'USDA d'une manière acceptable pour le CCPBV.
Les résultats des analyses pour les séries antérieures à l'homologation sont consignés dans le formulaire APHIS 2008 Veterinary Biologics Production and Test Report du Animal and Plant Health Inspection Service et doivent être transmis au CCPBV.
Le Permis de dissémination de produits biologiques vétérinaires contient de l'information sur la nature du produit biologique vétérinaire, les conditions d'utilisation et les restrictions, le cas échéant. Pour être en mesure de délivrer un permis, voici les renseignements dont le CCPBV peut avoir besoin :
Après avoir examiné les renseignements ci-dessus, le CCPBV établira certaines conditions d'utilisation pour le produit biologique vétérinaire non homologué. Ces conditions seront déterminées au cas par cas et pourraient comprendre, sans toutefois s'y limiter, les suivantes :
Une étude d'innocuité sur le terrain a pour but d'évaluer l'innocuité d'un produit biologique vétérinaire dans la population cible dans les conditions de son utilisation prévue. Les études d'innocuité sur le terrain permettent de prévoir la fréquence des événements indésirables possibles et de déterminer les réactions imprévues qui pourraient justifier l'ajout, sur l'étiquette, d'avertissements particuliers. L'ACIA peut surveiller les études d'innocuité sur le terrain.
Avant d'entreprendre toute étude d'innocuité sur le terrain, il faut obtenir au préalable l'approbation du CCPBV. Pour étayer une demande d'homologation et avant de commencer l'étude d'innocuité sur le terrain, les chercheurs doivent présenter les documents suivants à l'examen du CCPBV :
La partie I du Rapport de l'étude d'innocuité sur le terrain que le fabricant doit présenter pour l'approbation du CCPBV avant de réaliser l'étude doit contenir les renseignements suivants :
1. Page titre - La page titre du rapport devrait contenir les renseignements suivants : a) nom scientifique et, le cas échéant, nom commercial du produit biologique vétérinaire; b) nom du fabricant; c) numéro de permis de l'établissement du fabricant de produits biologiques vétérinaires; d) titre de l'étude; e) dates prévues du début et de la fin de l'étude; f) date de préparation du rapport; g) nom, adresse, numéros de téléphone et de télécopieur et adresse de courrier électronique de la personne à contacter au sujet de l'étude; h) allégation proposée sur l'étiquette et mises en garde, le cas échéant. En outre, le nom scientifique attribué et le nom commercial du produit biologique vétérinaire, le numéro de permis de l'établissement et la date de préparation du rapport devraient figurer sur chacune des pages de ce rapport.
S'il devenait nécessaire de modifier le protocole expérimental de l'étude d'innocuité sur le terrain, le fabricant devrait en aviser par écrit le CCPBV en lui présentant les documents suivants : 1) un résumé des changements nécessaires avec une description de chacune des parties ou pages et chacun des paragraphes ou alinéas à modifier; 2) une explication des raisons des changements; 3) des copies des pages modifiées. Les pages corrigées devraient porter le même numéro que celles qu'elles remplacent. On devrait également y indiquer la date de préparation ainsi que la date des pages remplacées. Lorsqu'une page est remplacée par plusieurs, ces dernières devraient toutes porter le numéro de la page remplacée suivi d'une lettre.
La partie II du rapport de l'étude d'innocuité sur le terrain qui doit être présenté au CCPBV à l'appui de la demande d'homologation renferme les renseignements suivants :
Tableau 1 : Estimation du pourcentage maximal de la population qui pourrait être susceptibles à une réaction indésirable particulière compte tenu du nombre d'animaux n'ayant présenté aucune réaction lors de l'étude d'innocuité sur le terrain, pour des niveaux de confiance de 95 et de 99 p. 100 (résultats fondés sur une approximation de la distribution binômiale).
| Nombre d'animaux testés sans réaction | Pourcentage maximal des animaux susceptibles | |
|---|---|---|
| N.C. de 95% | N.C. de 99% | |
| 100 | 3,0 | 4,6 |
| 200 | 1,5 | 2,3 |
| 300 | 1,0 | 1,5 |
| 400 | 0,7 | 1,1 |
| 500 | 0,6 | 0,9 |
| 1000 | 0,3 | 0,5 |