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Vaccin contre la laryngotrachéite aviaire et la maladie de Marek, vecteur vivant de la maladie de Marek, sérotype 3 - Évaluation environnementale

Pour diffusion publique

le 9 août 2010

Préparée et révisée par :

Centre canadien des produits biologiques vétérinaires
Division de la santé des animaux terrestres
Agence canadienne d'inspection des aliments

L'information contenue dans cette évaluation environnementale était pertinente lors de sa préparation. Il se peut que la situation ait changé depuis. Pour en savoir plus sur la situation actuelle, veuillez consulter le Centre canadien des produits biologiques vétérinaires.


Table des matières

  • Sommaire
  • 1. Introduction
    • 1.1 Mesure proposée
    • 1.2 Contexte
  • 2. Objet et nécessité de la mesure proposée
    • 2.1 Importance
    • 2.2 Justification
  • 3. Mesures possibles
  • 4. Caractéristiques moléculaires et biologiques des organismes parentaux et de l'organisme recombiné
    • 4.1 Caractérisation, provenance et souches utilisées des organismes parentaux
    • 4.2 Provenance, description et fonction du matériel génétique étranger
    • 4.3 Méthode de modification génétique
    • 4.4 Stabilité génétique et phénotypique de l'organisme vaccinal
    • 4.5 Transfert horizontal de gènes et possibilités de recombinaison
    • 4.6 Gamme d'hôtes, spécificité, tropisme tissulaire et possibilités de propagation et d'excrétion virale
    • 4.7 Comparaison des propriétés de l'organisme modifié et des organismes parentaux
    • 4.8 Voie d'administration et de transmission
  • 5. Innocuité pour l'humain
    • 5.1 Données antérieures sur l'innocuité
    • 5.2 Risque d'exposition pour l'humain
    • 5.3 Conséquences possibles de l'exposition
    • 5.4 Pathogénicité pour l'humain des micro-organismes parentaux
    • 5.5 Effet des manipulations génétiques sur la pathogénicité pour l'humain
    • 5.6 Risques associés à une utilisation répandue du vaccin
  • 6. Innocuité pour l'animal
    • 6.1 Données antérieures sur l'innocuité
    • 6.2 Devenir du vaccin chez les espèces visées et les espèces non visées
    • 6.3 Risque d'excrétion et de propagation par suite de contacts entre des animaux vaccinés et les animaux visés et non visés
    • 6.4 Acquisition de virulence résultant de la réinoculation chez les animaux
    • 6.5 Effet d'une surdose chez les espèces visées et les espèces non visées
    • 6.6 Gamme d'hôtes et potentiel de dissémination du vecteur
  • 7. Environnement touché
    • 7.1 Étendue de la dissémination dans l'environnement
    • 7.2 Persistance du vecteur dans l'environnement et répercussions cumulatives
    • 7.3 Degré d'exposition des espèces non visées
    • 7.4 Comportement du vecteur et des micro-organismes parentaux chez les espèces non visées
  • 8. Incidences sur l'environnement
    • 8.1 Risques et avantages
    • 8.2 Innocuité relative en comparaison d'autres vaccins
  • 9. Mesures d'atténuation
    • 9.1 Santé des travailleurs
    • 9.2 Manipulation d'animaux vaccinés ou exposés
  • 10. Surveillance
    • 10.1 Mesures d'ordre général
    • 10.2 Mesures visant les humains
    • 10.3 Mesures visant les animaux
  • 11. Consultations et personnes-ressources
  • 12. Conclusions et mesures mises en oeuvre
  • 13. Références

Sommaire

Le vaccin contre la laryngotrachéite aviaire et la maladie de Marek, vecteur vivant de la maladie de Marek, sérotype 3, est constitué d'un herpèsvirus vivant de dindon modifié par l'introduction de deux séquences géniques provenant du virus de la laryngotrachéite aviaire. Ce vaccin est indiqué pour une administration sous-cutanée à des poulets âgés d'un jour.

Le vaccin a été évalué par le Centre canadien des produits biologiques vétérinaires (CCPBV) de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Conformément aux exigences qui s'appliquent à l'homologation de tels produits au Canada, une évaluation environnementale a été faite. Celle-ci est consignée sous la forme d'un document public contenant de l'information sur les caractéristiques moléculaires et biologiques de l'organisme vivant recombiné, son innocuité pour les animaux visés et les animaux non visés, son innocuité pour l'humain, diverses considérations d'ordre environnemental et les mesures d'atténuation des risques.

Cette évaluation environnementale est fondée sur l'information présentée par le fabricant (Intervet, Inc., Millsboro, Delaware, permis d'établissement no 165A du U.S. Veterinary Biologics), ainsi que sur l'information obtenue de façon indépendante par le vérificateur du CCPBV.

1. Introduction

1.1 Mesure proposée

Le Centre canadien des produits biologiques vétérinaires (CCPBV), Division de la santé des animaux terrestres de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) est responsable de la réglementation des produits biologiques vétérinaires utilisés au Canada en vertu de la Loi sur la santé des animaux et son Règlement.

Tout produit biologique vétérinaire fabriqué, vendu ou présenté en vue d'une utilisation au Canada doit satisfaire aux exigences de l'ACIA en matière d'innocuité, de pureté, de puissance et d'efficacité. Intervet, Inc. (Millsboro, Delaware, É.-U.), par l'entremise d'Intervet Canada Corp. (Kirkland, Québec), a présenté le vaccin suivant en vue de son homologation au Canada :

  • Vaccin contre la laryngotrachéite aviaire et la maladie de Marek, vecteur vivant de la maladie de Marek, sérotype 3 (INNOVAX-ILT), code de produit de l'USDA 16J1.R1, dossier de l'ACIA 800VV/F10.0/I6.2

Cette évaluation environnementale a été préparée par le CCPBV dans le cadre de l'évaluation globale en vue de l'homologation au Canada du vaccin décrit ci-dessus. Il est un mise à jour d'une évaluation environnementale précédente qui a été préparé en vue de permettre une utilisation restreinte du produit au Canada, avant l'homologation complète.

1.2 Contexte

Le vaccin contre la laryngotrachéite aviaire et la maladie de Marek, vecteur vivant de la maladie de Marek, sérotype 3, est fabriqué par Intervet, Inc., Millsboro, Delaware (permis d'établissement no 165A du U.S. Veterinary Biologics), et il est actuellement homologué pour la vente aux É.-U. Ce vaccin recombiné est constitué d'un herpèsvirus du dindon (HVT, pour herpesvirus of turkeys) vivant et modifié par l'insertion de matériel génétique provenant d'un virus de laryngotrachéite infectieuse (ILTV, pour infectious laryngotracheitis virus). Ce vaccin est un produit qui s'utilise seul. Le CCPBV a déjà homologué un vaccin différent constitué d'un herpèsvirus du dindon recombiné contenant des portions d'un autre virus et créé pour être utilisé chez le poulet.

La laryngotrachéite aviaire est une maladie respiratoire contagieuse touchant principalement les poulets. Elle cause une diminution du rendement et de la production au sein des troupeaux commerciaux de pondeuses et de poulets à griller (Tripathy, 2006). Cette maladie a été signalée dans de nombreux pays à l'échelle mondiale et figure sur la liste des maladies à notification immédiate au Canada. Il s'agit d'une maladie indigène au Canada, mais elle est surveillée à des fins de certification pour exportation. La lutte contre cette maladie est assurée par des mesures de biosécurité et par la vaccination. Jusqu'à présent, on utilisait des vaccins comportant un ILTV vivant modifié que l'on produisait à l'aide d'embryons de poulet et de cultures de tissus. On sait maintenant que ces virus produits par culture sur des embryons de poulets peuvent retrouver leur virulence lorsqu'ils sont transmis d'un poulet à un autre (Guy et al., 1991). Plus récemment, on a soupçonné les souches du virus présentes dans les vaccins classiques d'être responsables d'éclosions de la maladie en raison de cette acquisition de virulence et de la tendance du virus à causer des infections latentes et persistances chez l'hôte (Oldonie et al., 2007).

La maladie de Marek est une maladie virale oncogène (néoplasique) de la volaille présente à l'échelle mondiale. Elle est considérée comme ubiquitaire, et l'on présume qu'elle est présente dans tous les troupeaux à l'exception de ceux maintenus dans des conditions d'asepsie rigoureuses (Powell, 1986). Le virus est extrêmement difficile à éradiquer des troupeaux pour plusieurs raisons. Il se propage très rapidement entre les poulets (qu'ils soient vaccinés ou non); les poulets sont alors infectés pendant de longues périodes et excrètent le microorganisme dans l'environnement où il peut survivre pendant des mois (Fadly, 2006). De plus, la vaccination avant l'exposition n'empêche pas l'infection, mais elle diminue plutôt l'excrétion virale (Fadly, 2006) et prévient l'apparition de lymphomes (Karaca et al., 2003). L'utilisation de souches virales atténuées ou non pathogènes de la maladie de Marek comme vaccins pour les troupeaux de poulets à l'échelle mondiale a fait passer la mortalité de 30-60 % à moins de 5 % (Powell, 1986).

2. Objet et nécessité de la mesure proposée

2.1 Importance

L'indication inscrite sur l'étiquette du vaccin INNOVAX-ILT contre la laryngotrachéite aviaire et la maladie de Marek concerne la vaccination de poulets âgés d'un jour en vue d'aider à prévenir la maladie de Marek et la laryngotrachéite aviaire.

2.2 Justification

Le CCPBV évalue les demandes d'homologation de produits biologiques vétérinaires en vertu de la Loi sur la santé des animaux et son Règlement. Les critères d'homologation généraux sont les suivants : a) le produit doit être pur, sûr, puissant et efficace; b) le produit doit être homologué dans son pays d'origine ; c) les composants du vaccin doivent être adaptés aux caractéristiques de la maladie au Canada; et d) le produit doit être fabriqué et vérifié conformément aux « bonnes pratiques de fabrication » généralement reconnues. Le vaccin susnommé, fabriqué aux É.-U., remplit ces critères et ne présente aucun risque inacceptable à l'importation; le CCPBV a donc entrepris de l'évaluer en vue de son homologation.

Puisqu'il s'agit d'un vaccin issu de la biotechnologie qui se classe dans la catégorie II, le CCPBV doit effectuer une évaluation environnementale avant son utilisation afin d'évaluer l'impact d'une possible dissémination dans l'environnement au Canada. Cette évaluation environnementale sert à déterminer si l'utilisation du produit présente un risque pour la santé des animaux ou des humains, ou encore pour l'environnement.

3. Mesures possibles

Les deux mesures possibles considérées sont de : a) délivrer à la société Intervet Canada Corp. un Permis pour l'importation de produits biologiques vétérinaires l'autorisant à importer le vaccin INNOVAX-ILT contre la laryngotrachéite aviaire et la maladie de Marek dans la mesure où le vaccin satisfait à toutes les exigences d'homologation; ou de b) ne pas délivrer de Permis pour l'importation de produits biologiques vétérinaires pour le vaccin décrit ci-dessus s'il ne satisfait pas aux exigences d'homologation.

4. Caractéristiques moléculaires et biologiques des organismes parentaux et de l'organisme recombiné

4.1 Caractérisation, provenance et souches utilisées des organismes parentaux

Le vaccin en question se classe dans la catégorie II des produits biologiques vétérinaires (vecteur d'expression vivant portant un ou plusieurs gènes étrangers codant des antigènes immunisants et/ou des stimulants du système immunitaire). Le vaccin recombiné est constitué de séquences géniques exprimant des protéines du virus de la laryngotrachéite aviaire insérées dans un vecteur viral, le HVT.

4.2 Provenance, description et fonction du matériel génétique étranger

Des séquences géniques du ILTV ont été sélectionnées parmi celles susceptibles de stimuler l'immunité protectrice chez le poulet. Le CCPBV conserve, dans ses dossiers, les détails sur les séquences utilisées.

4.3 Méthode de modification génétique

Les détails sur les méthodes utilisées pour construire l'organisme recombiné sont conservés dans les dossiers du CCPBV. L'analyse de la souche-mère du virus a porté sur la recherche de substances étrangères, sur la pureté et sur l'innocuité, conformément aux analyses décrites dans le Code of Federal Regulations des É.-U. (9 CFR). Les données obtenues ont été examinées et sont conservées dans les dossiers du CCPBV.

4.4 Stabilité génétique et phénotypique de l'organisme vaccinal

Des essais in vitro et in vivo par transfert de Southern et par PCR ont révélé la stabilité génétique et phénotypique de l'organisme recombiné après cinq passages dans une lignée cellulaire et cinq réinoculations chez l'espèce cible, soit le poulet.

4.5 Transfert horizontal de gènes et possibilités de recombinaison

Il existe un faible risque théorique de transfert de gènes et de recombinaison entre le virus recombiné et d'autres herpèsvirus aviaires pouvant être présents chez l'hôte, puisqu'il existe, dans la littérature scientifique, des signalements de recombinaison expérimentale entre herpèsvirus dans des cellules co-infectées in vitro et in vivo.

La virulence est une caractéristique virale qui peut changer (elle peut augmenter ou diminuer) lors d'une recombinaison. La souche d'herpèsvirus utilisée comme vecteur est considérée comme non virulente, mais il existe un faible risque théorique qu'un nouvel organisme recombiné soit produit dont la virulence serait accrue, comme cela a été observé au cours d'études portant sur d'autres herpèsvirus. Il faut savoir qu'une souche MDV-2 (Marek's disease virus, type 2) et une souche HVT ont été combinées dans des vaccins multivalents utilisés depuis de nombreuses années sans qu'il n'y ait d'indication d'acquisition de virulence. Le risque d'acquisition de virulence par recombinaison de l'un ou l'autre des organismes est considéré comme très faible pour ce produit.

4.6 Gamme d'hôtes, spécificité, tropisme tissulaire et possibilités de propagation et d'excrétion virale

Les études in vivo menées par le fabricant ont permis de déterminer la gamme d'hôtes, le tropisme tissulaire et la possibilité de propagation et d'excrétion de l'organisme recombiné. La réplication de l'organisme recombiné a été détectée seulement chez les poulets et les dindons, et le virus ne s'est pas répliqué chez d'autres espèces aviaires comme le pigeon, le faisan et la caille. Il a aussi été démontré que la dissémination de l'organisme recombiné in vivo n'était pas différente de celle du HVT parental. Aucune transmission de l'organisme recombiné n'a été observée par contact entre des poulets vaccinés et des poulets non vaccinés. Bien qu'aucune autre espèce aviaire n'ait été incluse dans l'étude sur l'excrétion et la propagation, il a déjà été démontré que les souches HVT vaccinales pouvaient se propager à des dindons qui entraient en contact avec des oiseaux vaccinés. Une autre étude a montré que l'organisme recombiné ne se répliquait pas in vitro dans les lignées cellulaires de bovins, de singes et de hamsters; il est donc peu probable que cet organisme puisse se répliquer chez des espèces mammaliennes, dont l'humain.

4.7 Comparaison des propriétés de l'organisme modifié et des organismes parentaux

On s'attend à ce que la gamme d'hôtes, le tropisme tissulaire et les possibilités de propagation et d'excrétion de l'organisme recombiné soient les mêmes que ceux de la souche parentale HVT.

4.8 Voie d'administration et de transmission

Les herpèsvirus aviaires se propagent principalement par excrétion dans le duvet de plumes, mais il a été démontré que le HVT de type sauvage ne se propage pas facilement entre les poulets infectés tôt au cours de leur vie (Cho et Kenzy, 1975). Comme l'organisme parental, l'organisme recombiné ne s'est pas propagé par contact entre des poulets vaccinés et des poulets non vaccinés. Le HVT de type sauvage est connu pour sa persistance dans l'environnement. Les études in vitro faites par le fabricant ont montré que la persistance de l'organisme recombiné dans l'environnement en tant que virus associé à une cellule se limitait à moins de 48 heures. La voie d'administration proposée pour l'utilisation de ce vaccin est la voie sous-cutanée (chez les poulets âgés d'un jour).

5. Innocuité pour l'humain

5.1 Données antérieures sur l'innocuité

Bien que l'organisme recombiné n'ait jamais été utilisé au Canada, son utilisation est homologuée aux É.-U. depuis 2007. L'organisme parental, HVT, est utilisé sans danger depuis des décennies dans les vaccins contre la maladie de Marek. On ne s'attend pas à ce que les séquences géniques du ILTV insérées dans le vecteur représentent un risque en matière d'innocuité, car, de tout le génome du virus, les séquences insérées ne codent que des protéines. Les diluants et les agents de conservation présents dans ce produit ont tous déjà été utilisés dans d'autres produits sans soulever de problèmes sur le plan de la santé.

5.2 Risque d'exposition pour l'humain

Chez l'humain, le risque d'exposition au vaccin lui-même (en tant que virus associé à une cellule) se limitera vraisemblablement aux vétérinaires, au personnel des fermes avicoles et aux techniciens en santé animale au cours de la vaccination. Comme dans le cas d'autres vaccins HVT recombinés, il se peut que l'organisme soit excrété par les animaux vaccinés dans une très faible mesure. Il est donc également possible que le personnel soit exposé au virus mature se trouvant dans l'épithélium du follicule du duvet de plumes.

D'après les études, le HVT pourrait se répliquer chez les espèces aviaires mentionnées pendant de longues périodes de temps, voire indéfiniment, cet herpèsvirus étant en mesure de causer une infection persistante (Calnek et Witter, 1991; Cho, 1974). Il est donc possible que le personnel des abattoirs soit également exposé au virus recombiné.

L'exposition des humains par la consommation de viande d'oiseaux vaccinés sera réduite par le fait que le virus recombiné HVT + ILT est localisé dans les lymphocytes associés aux viscères et aux follicules des plumes, et non dans les tissus principalement consommés par les humains en tant que viande. En outre, même si des quantités minimes de virus recombiné étaient présentes dans la viande de poulet, les études ont montré que la grande majorité des acides nucléiques ingérés sont efficacement dégradés dans le tube digestif humain (Jonas et al., 2001).

L'excrétion présente donc un risque d'exposition pour l'humain, mais on ne s'attend pas à ce qu'elle entraîne des effets indésirables sur la santé.

5.3 Issues possibles de l'exposition

Il n'y a eu aucun signalement de cas de HVT ou de ILTV causant une infection chez une espèce autre que le poulet ou le dindon. Même chez ces espèces, le virus peut se répliquer, mais il ne cause pas de maladie clinique. Il a été démontré que l'organisme recombiné est incapable de se répliquer dans des lignées cellulaires de mammifères. L'exposition de l'humain à ce vaccin par quelque voie que ce soit, y compris par injection accidentelle, ne devrait pas causer d'effet indésirable grave.

5.4 Pathogénicité pour l'humain des micro-organismes parentaux

Tel qu'il est mentionné ci-dessus, le HVT parental et le ILTV donneur sont des organismes non pathogènes pour l'humain, et il est peu probable que ces virus puissent se répliquer chez des espèces mammaliennes.

5.5 Effet des manipulations génétiques sur la pathogénicité pour l'humain

On ne s'attend pas à ce que l'insertion des séquences du ILTV entraîne de changement quant à la pathogénicité du vecteur HVT.

5.6 Risques associés à une utilisation répandue du vaccin

On ne s'attend pas à ce que l'utilisation répandue du vaccin entraîne des problèmes de santé publique importants.

6. Innocuité pour l'animal

6.1 Données antérieures sur l'innocuité

Dans les études expérimentales, l'organisme recombiné s'est révélé sans danger pour le poulet (espèce visée) à la dose de vaccination et à des doses 10 fois supérieures à la dose de vaccination; il s'est aussi révélé sans danger chez plusieurs espèces non visées, incluant le dindon.

INNOVAX-ILT a été administré par voie sous-cutanée chez plus de 200 000 poulets âgés d'un jour au cours d'essais d'innocuité menés sur le terrain par le fabricant, et le vaccin est homologué aux É.-U. depuis 2007.

Le HVT parental est utilisé sans danger depuis des décennies dans des vaccins contre la maladie de Marek chez les poulets.

6.2 Devenir du vaccin chez les espèces visées et non visées

Il n'y a eu aucun signalement de cas de HVT de type sauvage causant une maladie clinique, chez aucune espèce. Les études sur la réinoculation menées chez le poulet indiquent que l'organisme recombiné est peu susceptible d'acquérir de la virulence.

Les études menées chez les espèces visées et non visées démontrent que la gamme d'hôtes et le tropisme de l'organisme recombiné du vaccin n'ont pas été modifiés par rapport à ceux de la souche HVT parentale. Dans ces études, l'organisme recombiné a persisté 35 jours (fin de la période expérimentale) chez les poulets, et la littérature scientifique indique qu'il peut se répliquer chez le poulet pendant des périodes prolongées, voire indéfinies, puisqu'il s'agit d'un vecteur de type herpèsvirus capable de causer une infection persistante (Calnek et Witter, 1991; Cho 1974).

Aucune étude n'a été menée sur l'innocuité à long terme du HVT/ILT-138 chez l'espèce visée (poulet) ni chez des oiseaux de l'espèce hôte non visée (dindon).

6.3 Risque d'excrétion et/ou de propagation par suite de contacts entre des animaux vaccinés et les animaux visés et non visés

On signale, dans la littérature, que le HVT est excrété de façon sporadique dans le duvet de plumes des oiseaux vaccinés (Zygraich et Huygelan, 1972; Cho, 1974). L'organisme recombiné ne s'est propagé à aucun poulet par contact, mais il se pourrait, comme dans le cas d'autres vaccins HVT, que l'organisme soit excrété et qu'il se propage par contact à des dindons, l'espèce hôte de l'organisme parental. Aucune étude n'a été menée sur la transmission du HVT/ILT-138 par contact entre des poulets et des oiseaux d'espèces non visées.

6.4 Acquisition de virulence résultant de la réinoculation chez les animaux

Les analyses indiquent que la souche-mère du virus est stable sur les plans génétique et phénotypique, même après cinq passages, et qu'elle demeure exempte d'agents exogènes conformément à l'article 113.300 du Code of Federal Regulations des É.-U. (9 CFR). Les études sur la réinoculation chez l'espèce visée, le poulet, n'ont montré aucune acquisition de virulence par l'organisme recombiné.

6.5 Effet d'une surdose chez les espèces visées et chez d'éventuelles espèces non visées

Dans les études menées par le fabricant, on ne signale aucune lésion macroscopique ni aucun effet négatif touchant la capacité de survie des poulets d'un jour à qui on avait injecté 10 fois la dose de vaccination.

6.6 Gamme d'hôtes et potentiel de dissémination du vecteur

La gamme d'hôtes très restreinte du HVT se limite aux dindons et aux poulets. L'excrétion de l'organisme recombiné est comparable à celle de l'organisme parental, et bien qu'il ne soit pas transmis de façon horizontale entre les poulets, l'organisme recombiné peut en théorie se propager aux dindons qui entrent en contact avec des poulets vaccinés.

7. Environnement touché

7.1 Étendue de la dissémination dans l'environnement

L'organisme recombiné est excrété dans le duvet de plumes des poulets vaccinés. La vaste majorité des poulets vaccinés seront logés à l'intérieur dans des établissements protégés du point de vue biologique; leur exposition directe à l'environnement sera donc très limitée. Cependant, une faible quantité de l'organisme vaccinal peut être libérée quand les poulaillers sont nettoyés ou encore par le système d'aération. La litière et l'air (poussière) contaminés par le HVT semblent pouvoir infecter les dindons (Witter et Solomon, 1971).

Dans le cadre d'une utilisation courante du vaccin, il existe également un risque de dissémination ponctuelle dans l'environnement à la suite de déversements accidentels, de la projection accidentelle d'aérosols lors de la vaccination avec des seringues ou de la contamination des lieux où se fait la vaccination.

7.2 Persistance du vecteur dans l'environnement et répercussions cumulatives

Les études ont montré que le HVT peut être récupéré de l'environnement de troupeaux vaccinés jusqu'à huit semaines après la vaccination, voire pendant plus longtemps (Islam et Walkden-Brown, 2007). On sait aussi que le virus de la maladie de Marek excrété dans les follicules des plumes peut persister dans l'environnement pendant huit à douze mois (Schat, 1985).

Les études menées par le fabricant ont montré que l'organisme recombiné (en tant que virus associé à une cellule) ne persiste pas plus de 48 heures dans l'environnement. Aucune étude n'a été menée pour démontrer la durée (au-delà de quatre semaines) d'excrétion du virus vaccinal mature dans les follicules des plumes, ni la stabilité et persistance du virus dans le milieu naturel (p. ex., lorsqu'il est excrété dans les cellules épithéliales folliculaires des plumes, présent dans la poussière des poulaillers ou dans la litière, à l'extérieur dans les tas de fumier après le nettoyage des poulaillers, selon les conditions d'exposition au soleil, etc.).

Les herpèsvirus sont habituellement inactivés par les rayons UV du soleil (Lytle et Sagripanti, 2005). Toutefois, on signale que les virus de la maladie de Marek présents dans des plumes sèches et la poussière de volaille peuvent demeurer infectieux pendant une période pouvant atteindre un an (Jurajda et Klimes, 1970; Schat, 1985).

7.3 Degré d'exposition des espèces non visées

La gamme d'hôtes très limitée des herpèsvirus réduit le risque de propagation aux espèces mammaliennes non visées. Les dindons gardés à proximité de troupeaux de poulets vaccinés avec cet organisme présentent un risque possible d'exposition s'ils sont en contact avec de la litière de poulets ou des sorties des systèmes de ventilation des poulaillers, ou encore avec les poulets eux-mêmes. Aucune étude n'a été menée pour étudier la transmission du HVT/ILT-138 par contact entre des poulets et des oiseaux d'espèces non visées, ni pour déterminer l'innocuité à long terme du HVT/ILT-138 chez des espèces non visées.

Même si les études menées par le fabricant indiquent que le virus vaccinal recombiné est non pathogène pour les dindons, des mesures préventives doivent être prises pour réduire le potentiel de propagation du virus chez la population de dindons. Pour cette raison, le fabricant a accepté d'ajouter une mise en garde spéciale sur l'étiquette du vaccin INNOVAX-ILT indiquant que le produit ne doit pas être administré aux poulets pouvant être exposés de façon directe ou indirecte aux dindons.

7.4 Comportement du vecteur et des micro-organismes parentaux chez les espèces non visées

D'après une étude menée par le fabricant, l'organisme recombiné serait sans danger pour les espèces non visées, dont le dindon, lorsqu'il est administré directement. Il n'existe aucune méthode pratique pour déterminer avec certitude le comportement de l'organisme sur une longue période dans l'éventualité où il s'établirait au sein d'une population naturelle de dindons.

8. Incidences sur l'environnement

8.1 Risques et avantages

L'aspect le plus important du virus recombiné HVT/ILT-138 à cet égard est qu'il ne semble pas causer les effets secondaires ni induire les signes cliniques associés à certains des vaccins vivants contre la laryngotrachéite infectieuse qui sont très immunogènes, mais virulents. Ce vaccin semble efficace pour induire l'immunité même chez les poulets ayant des anticorps maternels contre le virus, ce qui permet de vacciner les oiseaux très tôt (dès l'âge d'un jour) et d'assurer une protection contre la provocation dans le milieu d'élevage.

Comme pour tout vaccin, le principal risque associé à l'INNOVAX-ILT est la possibilité d'effets indésirables. Les études d'innocuité pour les poulets menées sur le terrain par le fabricant ont montré que le produit est généralement sécuritaire.

Un autre risque, bien que théorique, est lié au potentiel de propagation à la population de dindons (et possiblement à d'autres Galliformes) et donc de persistance dans l'environnement. Cependant, il est important de noter que le virus recombiné HVT/ILT-138 ne devrait présenter aucune pathogénicité pour les dindons même s'il se propageait effectivement parmi eux. En effet, au cours d'une expérience effectuée par le fabricant, des dindons infectés par le virus recombiné HVT/ILT-138 (par inoculation directe ou par contact avec des poulets vaccinés) sont demeurés en bonne santé tout au long de l'étude (jusqu'à environ quatre semaines d'âge), comme ce que l'on observe chez les dindons infectés par le HVT de type sauvage. L'étiquette canadienne de l'INNOVAX-ILT comprend aussi une mise en garde indiquant que l'on doit éviter tout contact entre les dindons et les poulets vaccinés, ce qui devrait diminuer davantage le risque de propagation du virus recombiné aux dindons.

En conclusion, il y a un risque hypothétique que les dindons soient infectés accidentellement par le virus vaccinal, mais puisque rien n'indique qu'un tel cas serait néfaste pour les dindons, on estime que les avantages du vaccin pour la santé des poulets seront plus importants que le risque prévu de propagation du virus vaccinal aux dindons.

8.2 Innocuité relative en comparaison d'autres vaccins

Le vaccin est composé d'un virus vivant non virulent de la maladie de Marek et de séquences géniques d'un virus de laryngotrachéite aviaire, les deux étant non pathogènes. Le vaccin s'est révélé aussi sûr que les vaccins classiques contre la maladie de Marek chez les espèces visées et non visées. L'absence de potentiel d'acquisition de virulence ainsi que l'absence d'adjuvants typiques des vaccins à virus tués sont des caractéristiques additionnelles qui renforcent l'innocuité de ce vaccin.

9. Mesures d'atténuation

9.1 Santé des travailleurs

Les vétérinaires, les producteurs de volailles et les techniciens en santé animale pourraient être exposés à l'organisme vivant recombiné au cours de la vaccination. Tel qu'il a été mentionné précédemment dans la section 5 concernant l'innocuité pour les humains, on ne s'attend pas à ce qu'une telle exposition représente un risque pour la santé. De plus, puisque le vaccin ne contient aucun adjuvant, il n'y a aucun risque de problèmes cliniques liés à l'auto-injection accidentelle de l'adjuvant (huile). Néanmoins, des mesures doivent être prises pour protéger le personnel contre l'exposition, tel qu'il est indiqué sur la notice d'emballage du produit.

9.2 Manipulation d'animaux vaccinés ou exposés

Étant donné que les poussins élevés dans un établissement protégé du point de vue biologique sont rarement manipulés directement par des humains et que le personnel des fermes avicoles prend habituellement des mesures de biosécurité adéquates, l'exposition au virus vaccinal par la manipulation des poussins vaccinés ne devrait pas être importante. Toutefois, le personnel des fermes avicoles pourrait être exposé au virus vaccinal par l'air ou la poussière des poulaillers qui peuvent être contaminés par l'excrétion du virus dans les squames de plumes. Encore une fois, on ne croit pas que le virus recombiné soit pathogène pour l'humain.

10. Surveillance

10.1 Mesures d'ordre général

Conformément à la réglementation visant l'homologation des vaccins au Canada, les fabricants doivent informer l'ACIA de toute réaction indésirable importante au cours des 15 jours suivant le signalement d'une telle réaction par un propriétaire ou un vétérinaire. Les vétérinaires peuvent également signaler directement à l'ACIA les cas de réaction indésirable soupçonnée. Si le CCPBV reçoit une plainte relative à une réaction indésirable, il demande au fabricant de mener une enquête et de préparer un rapport à l'intention de l'ACIA et du vétérinaire qui s'occupe de l'animal. Si le problème est résolu à la satisfaction du vétérinaire/client, le CCPBV n'exige habituellement aucune autre mesure. Cependant, si les résultats de l'enquête ne sont pas satisfaisants, le CCPBV peut prendre des mesures réglementaires, lesquelles peuvent consister, selon le cas, à exiger des études d'innocuité supplémentaires, à suspendre temporairement la vente du produit ou à retirer celui-ci du marché.

10.2 Mesures visant les humains

On ne procédera à aucune surveillance de l'innocuité du produit à l'égard des humains.

10.3 Mesures visant les animaux

Les vétérinaires doivent signaler toute réaction indésirable soupçonnée au CCPBV, tel qu'il est indiqué ci-dessus. Les réactions indésirables soupçonnées doivent être signalées au moyen du Formulaire CFIA/ACIA 2205 — Déclaration des évènements indésirables soupçonnés à l'égard des produits biologiques vétérinaires.

11. Consultations et personnes-ressources

Importateurs

Intervet Canada Corp.
16750, route Transcanadienne
Kirkland (Québec) H9H 4M7

Fabricant

Intervet, Inc.
29160 Intervet Lane, Box 318
Millsboro, Delaware, États-Unis 19966-0318

12. Conclusions et mesures mises en oeuvre

D'après notre évaluation de l'information présentée, le CCPBV a conclu que l'importation et l'utilisation au Canada du vaccin vivant contre la laryngotrachéite aviaire et la maladie de Marek, vecteur vivant de la maladie de Marek, sérotype 3, ne devraient avoir aucun effet indésirable important sur l'environnement quand le vaccin est fabriqué et analysé conformément au protocole de production approuvé et qu'il est utilisé conformément aux directives figurant sur l'étiquette.

Après cette évaluation et une fois le processus d'homologation de la Section des produits biologiques vétérinaires terminé, le Permis d'importation de produits biologiques vétérinaires de la société Intervet Canada Corp. peut être modifié de manière à lui permettre d'importer et de distribuer le produit suivant au Canada :

  • Vaccin contre la laryngotrachéite aviaire et la maladie de Marek, vecteur vivant de la maladie de Marek, sérotype 3 (INNOVAX-ILT), code de produit de l'USDA 16J1.R1, dossier de l'ACIA 800VV/F10.0/I6.2

Toutes les séries de ce produit doivent être autorisées par la USDA avant leur importation au Canada. Toutes les conditions décrites dans le Permis d'importation de produits biologiques vétérinaires doivent être respectées pour ce qui est de l'importation et de la vente de ce produit.

13. Références

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