Vaccin antirabique à vecteur adénovirus vivant (appâts AdRG1.3), nom commercial : ONRAB – Évaluation environnementale

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Pour diffusion publique

juin 2012

Rédigée et révisée par :
Centre canadien des produits biologiques vétérinaires
Division de la santé des animaux terrestres
Agence canadienne d'inspection des aliments

L'information contenue dans cette évaluation environnementale était pertinente lors de sa préparation. Il se peut que la situation ait changé depuis. Si vous avez des questions, veuillez communiquer avec le Centre canadien des produits biologiques vétérinaires.

1. Introduction

Le vaccin oral antirabique est fabriqué par une compagnie privée, Artemis Technologies Inc. (ATI), qui voudrait faire homologuer ce vaccin. La plupart des sites d'utilisation proposées sont des endroits où l'infection des moufettes ou des renards par la souche du renard arctique du virus de la rage a été détectée dans les dernières années et qui sont normalement compris dans les zones d'épandage du vaccin antirabique homologué pour la faune, « ERA » (une souche atténuée du virus de la rage). Malgré qu'ERA protège bien les renards contre la rage, l'efficacité chez les moufettes est basse, laissant cette population vulnérable à l'infection par le virus de la rage et donc pose un risque de source d'infection pour les renards. En plus de données supportant l'efficacité d'ONRAB chez des moufettes, de la recherche sur le terrain menée depuis 2006 indique que ce vaccin pourrait être efficace à protéger des ratons laveurs à risque d'infection par la souche du raton laveur du virus de la rage. L'épandage au Canada de plusieurs millions appâts depuis 2006 n'a pas résulté en des contacts humains sérieux ni des problèmes de santé publique. Les résultats des essais d'efficacité sur le terrain chez les moufettes et les ratons laveurs sont encourageants. Ce document public contient de l'information sur le vaccin, l'innocuité chez des espèces cibles et non cibles, l'innocuité chez l'humain et des considérations environnementales, reliés à l'utilisation du vaccin au Canada.

2. Vaccin

Artemis Technologies Inc. voudrait faire homologuer le vaccin antirabique à vecteur adénovirus vivant au Canada pour utilisation chez la faune.

Le vaccin antirabique à vecteur adénovirus vivant pourrait provoquer une infection chez les personnes qui ouvrent accidentellement les emballages d'appât et qui ne sont pas déjà immunisées. L'adénovirus humain de type 5 est ubiquiste et ne provoque habituellement qu'une légère maladie respiratoire spontanément résolutive chez les enfants de moins de cinq ans. Il n'y a non plus aucune association avec les effets allergiques ou toxiques du virus de type sauvage, et des études menées chez des souris sevrées indiquent que le virus vaccinal n'est probablement pas plus pathogène que le virus de type sauvage. Il est possible qu'une infection causée par ce vaccin entraîne des symptômes chez les enfants ou les adultes immunodéficients, mais la probabilité d'une exposition au virus par le biais des appâts vaccinaux destinés aux animaux sauvages est faible. Aucune infection n'est prévue chez les espèces sauvages vivant dans les régions visées par le largage de cet appât, puisque l'adénovirus humain ne se réplique pas chez la plupart des espèces animales. La réplication d'adénovirus humains a été signalée chez des rats des cotonniers, mais cette espèce est normalement présente dans le sud des États-Unis, et aucune maladie clinique n'a été signalée après l'infection chez cette espèce.

3. Caractéristiques moléculaires et biologiques des organismes parentaux et de l'organisme recombiné

Le vaccin proposé est un produit biologique vétérinaire de classe II (vaccin utilisant un vecteur vivant pour porter des gènes étrangers issus de l'ADN recombinant). On peut trouver d'autres détails concernant la réglementation des produits biologiques vétérinaires issus de la biotechnologie dans les Lignes directrices des produits biologiques vétérinaires, no 3.2, accessible sur le site Web de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Ce vaccin est un vaccin recombinant à vecteur adénovirus vivant comportant une séquence de gènes de la souche virale du vaccin ERA (vaccin antirabique destiné aux animaux sauvages), insérée dans la région E-3 de l'adénovirus humain de type 5. Le vaccin antirabique recombinant homologué à vecteur vaccine (VR­G) contient la même séquence de glycoprotéines virales que le vaccin ERA. La souche mère, également nommée « AdRG1.3 » a été remise en culture dans des cellules de type convenable afin de produire la souche mère virale dont la pureté, l'identité et la stabilité génétique ont été testées par le Laboratoire d'évaluation des produits biologiques (LEPB) de l'ACIA. L'utilisation des stocks de souche mère et de cellules mères a été approuvée pour la production de vaccins vétérinaires au Canada.

Le potentiel de recombinaison in vivo du vaccin recombinant à vecteur adénovirus vivant avec des virus sur le terrain et d'autres vaccins n'a pas été établi, mais est jugé faible. Pour qu'une recombinaison intergénique se produise, il faut que deux virus apparentés infectent la même cellule. La probabilité de co-infection de cellules individuelles devrait être très faible puisque le vaccin proposé ne possède qu'une seule composante virale et que le virus vaccinal ne provoque pas d'infection chez l'espèce cible ou d'autres espèces sauvages susceptibles de consommer les appâts. Par conséquent, la recombinaison in vivo ne devrait pas se produire.

4. Innocuité chez les animaux

Le vaccin antirabique à vecteur adénovirus vivant expérimental s'est révélé sûr dans des études expérimentales menées chez la mouffette (espèce cible visée) ainsi que chez plusieurs espèces non visées. Diverses espèces animales ont été incluses dans les études d'innocuité de l'AdRG1.3, dont le cheval, le porc, le mouton, le chien, le chat, le poulet, le campagnol des prés, la souris sylvestre, le renard, le rat des cotonniers, l'écureuil, le lapin, la marmotte commune et la vache. Aucun effet indésirable n'a été observé chez les animaux étudiés après l'administration du vaccin expérimental par voie orale, et, dans la majorité des cas, des anticorps contre la protéine virale rabique ont été détectés le 28e jour suivant l'exposition. Bien que tous les animaux aient été jugés cliniquement normaux après l'administration de l'AdRG1.3, des acides nucléiques viraux ont été détectés dans des tissus ou dans les excréments de certains animaux vaccinés, ce qui laisse croire que l'AdRG1.3 se réplique ou persiste chez ces hôtes pendant quelques jours ou quelques semaines. La réplication de l'adénovirus humain chez les animaux immunodéficients tels que la souris nude ou la souris SCID n'a pas semblé provoquer d'effets indésirables, mais ces animaux n'ont pas produit d'anticorps neutralisants contre le virus de la rage en raison de leur immunodéficience inhérente. Dans l'ensemble, ces résultats indiquent que l'AdRG1.3 peut conserver une certaine capacité de réplication tant chez les animaux en santé que chez les animaux immunodéficients, mais qu'il ne provoque pas d'effets indésirables (toxicité) chez ces animaux.

Des études indiquent que le virus de la souche mère est toujours génétiquement et phénotypiquement stable après dix passages et est exempt d'agents étrangers. Toutes les études menées chez les espèces ciblées et non ciblées indiquent que la gamme des hôtes et le tropisme du vaccin antirabique à vecteur adénovirus vivant n'ont pas été modifiés par rapport à la souche mère de l'adénovirus humain de type 5.

Une période de retrait de 21 jours s'applique dans les rares cas où des animaux de boucherie sont connus pour avoir mangé des appâts antirabiques destinés aux espèces fauniques. La Tetracycline peut être ajoutée comme marqueur dans la matrice qui enrobe l'appât. Donc, le lait de toute vache laitière en lactation connues pour avoir mangé des appâts vaccinaux devraient être retenues pendant cinq jours pour s'assurer qu'aucun residu d'antibiotique ne contamine le lait. Nous recommandons que des appâts intacts trouvés dans des pâturages ou avec des produits agricoles comme des haricots ou de la laitue soient déplacés dans un endroit approprié comme une région boisée et que tout produit contaminé par le liquide vaccinal soit détruit.

5. Innocuité chez l'humain

On ne prévoit pas de risques pour la santé et la sécurité publiques. En 2005, le Ministère des richesses naturelles de l'Ontario (MRNO) a été informé de deux incidents dans lesquels des humains ont été accidentellement en contact avec des appâts vaccinaux antirabiques ERA destinés aux animaux sauvages. Le premier cas concernait un enfant de six ans. L'enfant avait une plaie ouverte sur un doigt et a retiré de la gueule d'un chien un appât partiellement mâché. Il a été impossible de déterminer si le vaccin antirabique atténué ERA avait été en contact avec la plaie ouverte de l'enfant, mais à titre préventif, l'enfant a reçu un vaccin antirabique post-exposition. Le deuxième incident concernait un enfant de 16 mois qui s'est mis un appât dans la bouche. Il a toutefois été déterminé que l'emballage-coque ne s'était pas déchiré et qu'il n'y avait eu aucun contact important avec le vaccin. Le vaccin ERA est utilisé en Ontario depuis 1989 pour immuniser les renards sauvages. Plus de 14 millions d'appâts vaccinaux ERA ont été largués par voie aérienne de 1989 à 2004, et seuls deux autres cas d'exposition humaine par contact ont été signalés. Ces cas ont reçu un vaccin antirabique post-exposition à titre préventif. Le vaccin AdRG1.3 proposé qui exprime la glycoprotéine du virus de la rage devrait être encore plus sécuritaire que le vaccin ERA parce qu'il ne peut pas induire la rage.

La plupart des animaux vaccinés n'excrètent pas le virus vaccinal de manière importante pendant plus d'une journée ou deux. Bien que l'infection humaine à adénovirus humain de type 5, plus fréquente chez les enfants de moins de cinq ans, ne soit généralement pas associée à une maladie grave, il faut toutefois souligner que les adénovirus font partie des nombreux agents pathogènes et opportunistes qui entraînent de graves infections chez les personnes présentant un déficit immunitaire congénital, chez les patients recevant un traitement immunosuppresseur pour une greffe d'organe ou de tissu ou pour un cancer et chez les patients infectés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). De plus, l'infection à adénovirus est plus grave chez les enfants que chez les adultes. Par conséquent, l'AdRG1.3 peut présenter des risques pour la santé humaine, particulièrement les enfants et les adultes immunodéficients, étant donné qu'il s'agit d'un virus vivant qui pourrait se répliquer. Chaque appât est muni d'une étiquette sur laquelle est inscrit le numéro de téléphone du service d'Info Santé. Un plan de communication est en place pour ces appâts expérimentaux et pour d'autres appâts antirabiques pour la faune utilisés au Canada. Il comprend une recommandation selon laquelle les personnes qui ont subi une exposition importante à l'un de ces vaccins antirabiques vivants pour la faune devraient consulter un médecin.

6. Conséquences environnementales

Le virus du vaccin est stable à la température ambiante pendant des jours ou des semaines, mais d'après des études du MRNO sur l'élimination d'autres vaccins antirabiques pour la faune dans les zones de largage des appâts, la plupart de ceux-ci sont consommés dans les deux semaines suivant leur distribution dans les régions rurales. Le nombre limité d'hôtes de l'adénovirus humain réduit le risque de propagation chez les espèces sauvages visées et non visées et chez les animaux domestiques. Le risque de dissémination de ce vaccin antirabique expérimental n'est pas considéré plus important que celui des autres vaccins antirabiques homologués (ERA, VR-G), et les éventuelles conséquences néfastes du vaccin sont jugées moins nombreuses.

La probabilité d'exposition humaine accidentelle est faible, étant donné que les appâts sont généralement largués dans des régions rurales éloignées des résidences. L'immunité généralisée chez les personnes de plus de cinq ans à l'égard des adénovirus humains de type 5 apparentés rend improbable la transmission d'une infection de personne à personne, même s'il y a contact important avec le contenu de l'emballage-coque d'un appât. Du personnel possédant une expérience dans la distribution de vaccins antirabiques pour les animaux sauvages effectuera l'étude et prendra toutes les précautions habituelles lors de la distribution des appâts.

7. Surveillance et tenue des dossiers

Les conditions d'essais seront précisées davantage par le CCPBV dans un Permis de dissémination de produits vétérinaires biologiques avant le début de l'essai sur le terrain. Ce permis précisera les conditions de dissémination des appâts expérimentaux et les exigences concernant l'arrêt immédiat de l'essai et l'obligation d'informer le CCPBV si des événements indésirables importants attribuables au vaccin sont observés.

La surveillance de l'étude sur le terrain consistera à tenir des dossiers concernant la distribution des appâts. On prêtera également attention aux inquiétudes de la population.

8. Consultation et personnes-ressources

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