Jeff van de Riet : Permettre aux mollusques et aux crustacés du Canada de gagner la confiance du public

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Jeff van de Riet est un homme d'idées.

« J'aime étudier la situation dans son ensemble et imaginer des projets permettant de protéger les aliments destinés aux Canadiens, en concevant et en validant l'application des méthodes dans le laboratoire. À mon avis, c'est l'une des tâches les plus gratifiantes qui existent. »

Jeff est chimiste et gestionnaire d'unité au laboratoire de l'ACIA à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. Il est à l'origine de certaines des méthodes révolutionnaires de l'Agence permettant de déceler les toxines marines présentes dans les mollusques et les crustacés et les résidus des médicaments à usage vétérinaire dans les produits de l'aquaculture.

La conception de nouvelles méthodes est un travail exigeant. Il faut faire une étude documentaire approfondie des méthodes éprouvées utilisées à diverses fins et posséder une large expérience en matière de détection chimique. Jeff est directement responsable de l'élaboration de méthodes permettant de déceler de dangereux résidus d'antibiotiques dans les produits de l'aquaculture et des substances lipophiles (ou liposolubles) dans les mollusques et les crustacés – bon nombre de ces substances causent le cancer.

Test unique en Amérique du Nord

Sa méthode de détection des toxines lipophiles dans les mollusques et les crustacés est le seul test de ce genre en Amérique du Nord. En fait, le personnel de son laboratoire analyse des échantillons de mollusques et de crustacés provenant d'aussi loin que l'Ouest canadien.

« Nos travaux permettent de protéger les consommateurs canadiens des produits de la mer contaminés par des toxines et des résidus nocifs. Nos travaux ont aussi d'importantes répercussions sur les producteurs canadiens qui accèdent à des marchés internationaux auxquels ils n'auraient pas eu accès sans ces analyses. »

La passion d'une vie

Jeff a étudié la chimie agricole au Collège d'agriculture de la Nouvelle-Écosse. Jeff, qui a grandi dans une ferme laitière, savait depuis son tout jeune âge qu'il voulait entreprendre une carrière scientifique, préférablement dans un domaine où il serait en contact avec des animaux.

« Tous les enfants qui vivent dans une ferme laitière veulent devenir vétérinaires ou, d'une manière ou d'une autre, travailler avec les animaux. Il est surprenant qu'en fin de compte je travaille dans le domaine des pêcheries plutôt que de l'élevage de bétail – mais c'est une surprise qui m'a fait vivre une aventure que je ne voudrais échanger pour rien au monde. »

L'hameçon, la ligne et le plomb

L'aventure de Jeff a commencé pendant ses études en Nouvelle-Écosse. Un professeur lui a montré une composition chimique atypique et lui a demandé ce qu'il en pensait. Jeff était intrigué : il contemplait pour la première fois une molécule d'acide domoïque, la toxine à laquelle on attribut le décès, au Québec, en 1987, de quatre personnes qui avaient mangé des moules contaminées. La toxine, trouvée occasionnellement dans certains mollusques et crustacés, peut causer une intoxication par phycotoxine amnésique.

« À partir de ce moment, j'ai été fasciné par le domaine des toxines des mollusques et des crustacés. Je crois que le fait de bien connaître ces produits chimiques et d'assurer la sécurité des gens offre de nombreuses possibilités. » Deux ans plus tard, Jeff occupait un poste au ministère des Pêches et Océans qui l'a amené à travailler à l'ACIA. Si le travail de Jeff à l'ACIA est si gratifiant, c'est entre autres parce que la direction lui a donné la liberté d'approfondir ses idées en matière de méthodes de dépistage.

Jeff affirme que son travail ne l'empêche pas de consommer des fruits de mer. Au contraire, ses travaux ont fait de lui un consommateur enthousiaste.

« L'ACIA prend bien soin des Canadiens, souligne-t-il. Je sais combien de ressources sont consacrées au dépistage, je suis donc sûr que les fruits de mer canadiens sont sécuritaires. »