Violet Galvin : Éradication d'un virus dangereux pour les fruits
Si Violet Galvin a appris quelque chose dans l'exercice de ses fonctions de gestionnaire de projet pour le Programme de lutte contre le virus de la sharka du prunier, c'est bien qu'il est essentiel d'être souple et que le changement est inévitable. L'équipe de Violet au bureau de lutte contre le virus de la sharka du prunier de St. Catharines, qui est composée de 14 inspecteurs, travaille en partenariat avec des producteurs de fruits tendres, des chercheurs et ses homologues des gouvernements provinciaux. Elle a été chargée de débarrasser les vergers canadiens du virus potentiellement dévastateur, tout en assurant l'équilibre entre les besoins des producteurs en matière de production et de vente et le mandat de son groupe, qui est d'éliminer les arbres atteints de la maladie ou susceptibles de l'être. « Depuis que nous avons conçu notre premier plan, en 2004, nous avons modifié plusieurs fois notre plan d'éradication et repoussé notre échéance. C'est agréable de travailler à l'ACIA, car elle nous laisse toute la latitude nécessaire pour nous adapter et garder de bonnes relations de travail avec les producteurs. »
Possiblement dévastateur
Le virus de la sharka, qui s'attaque à des fruits à noyau comme les prunes, les abricots, les nectarines et les pêches, forme des taches ou des anneaux sur les fruits et sur les feuilles et peut réduire considérablement le rendement. Le virus est considéré comme étant suffisamment grave puisque des mesures phytosanitaires énergiques sont mises en place dès son apparition. Il a été découvert en Pennsylvanie et dans d'autres endroits du monde, mais on ne sait pas très bien comment il est entré au Canada.
« Le virus de la sharka a été découvert pour la première fois en 2000. Il a dû entrer avec des matériaux importés de façon illégale, précise Violet. Mais ce n'est qu'une hypothèse, car nous n'avons pu établir exactement ni le moment où il est entré, ni son mode d'introduction.
Chaque été, Violet embauche 25 étudiants qui prélèvent des échantillons sur des arbres et les envoient à un laboratoire d'essais de l'université de Guelph. Agricorp, organisme du gouvernement de l'Ontario, embauche 150 autres étudiants pour s'assurer que tous les vergers de la province susceptibles d'être atteints de la maladie fassent l'objet d'essais. En cas de résultat positif, tout arbre malade doit être abattu.
« L'été, cet endroit est très occupé », dit Violet, qui prend plaisir à travailler avec des jeunes. « J'aime travailler avec les végétaux, j'aime avoir à relever le défi d'éradiquer cette maladie, et surtout, j'aime travailler avec mon équipe qui est motivée et débordante d'énergie; ces jeunes gens font de leur travail une véritable mission. »
Des ressources importantes
Violet se sent aussi investie d'une mission et bénéficie d'une enveloppe budgétaire de 85 millions de dollars pour l'éradication du virus de la sharka. Elle s'est toutefois habituée aux caprices d'une maladie qui se propage surtout par l'intermédiaire de minuscules pucerons.
« Nous pensions pouvoir vaincre la maladie d'ici 2010, mais nous continuons de trouver le virus dans des endroits inattendus. Nous espérons pouvoir finalement nous en débarrasser. Nous devons rester souples dans notre approche et continuer de collaborer étroitement avec nos partenaires. »
Un amour des plantes
L'engouement de Violet pour la protection des végétaux a pris forme à l'université, alors qu'elle y a obtenu un diplôme en horticulture. C'est en 1982 qu'a débuté sa carrière d'inspectrice chargée de la protection des végétaux. Au début des années 1990, grâce à un programme fédéral, elle a eu la chance d'obtenir sa maîtrise en phytologie, tout en continuant son travail d'agente du programme de protection des végétaux.
« Inspecter des végétaux est un travail idéal. Il est très varié et s'effectue surtout à l'extérieur, précise Violet. Pour réussir, mon approche est simple. Il faut continuer à apprendre. Il faut être constamment à la fine pointe de votre discipline. »
- Date de modification :