ARCHIVÉE - Reconnaissance des systèmes de salubrité des aliments d'autres pays : cadre proposé

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Dans le cadre de la consultation qui a pris fin le 29 août 2014, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a développé le Cadre visant la reconnaissance des systèmes étrangers de sécurité sanitaire des aliments afin d'appuyer l'approche canadienne cherchant à établir la confiance dans les systèmes de sécurité sanitaire des pays étrangers.

Introduction et contexte

Tout en disposant d'un système de salubrité des aliments bien développé, le Canada reconnaît la nécessité d'une amélioration constante pour assurer aux Canadiens un accès continu à des aliments salubres. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a entrepris un programme de changement conçu pour renforcer la façon dont les produits alimentaires sont réglementés au Canada. Les initiatives de changement comprennent la nouvelle Loi sur la salubrité des aliments au Canada (LSAC), les règlements à établir en vertu de la Loi et le Modèle intégré d'inspection de l'Agence. La LSAC, lorsqu'elle sera pleinement en vigueur, établira un cadre législatif moderne en matière de salubrité des aliments. Tenant compte de la difficulté de l'environnement d'importation, la LSAC renforcera de façon significative les autorités de surveillance des importations.

Le Canada utilise actuellement un éventail d'outils et d'approches de contrôle des importations, et ce, en fonction de son cadre réglementaire et législatif, afin de cibler les ressources d'inspection et de vérifier la conformité aux exigences, notamment : avant le passage à la frontière (p. ex. : ententes avec un pays exportateur; certification), au passage à la frontière (p. ex. : admissibilité des expéditions) et les activités suivant le passage à la frontière (p. ex. : inspections, échantillonnages et essais), ou une combinaison de ces éléments.

Comme l'ACIA modernise actuellement son système de réglementation de la salubrité des aliments, elle a l'occasion de mettre davantage à profit les outils qui pourraient optimiser ses activités de gestion des risques liés aux importations. Bon nombre des partenaires commerciaux du Canada disposent de systèmes éprouvés de contrôle de la salubrité des aliments qui présentent des résultats en matière de santé publique qui sont largement comparables au système du Canada. D'autres ont recours à des systèmes de contrôle des exportations spécifiques à des produits qui garantissent le respect des exigences canadiennes. L'ACIA peut mieux mettre à profit ces systèmes dans le cadre de ses approches de gestion des risques liés aux importations en utilisant des outils tels que la reconnaissance des systèmes.

Ce document explique l'utilisation de la reconnaissance des systèmes de salubrité des aliments comme outil de contrôle des importations.

Objectif

Ce cadre décrit la reconnaissance des systèmes de salubrité des aliments d'autres pays (RSSAAP) et en dégage les avantages et les lignes directrices, et définit un processus d'orientation pour sa mise en œuvre.

Qu'est-ce que la reconnaissance des systèmes de salubrité des aliments d'autres pays?

La RSSAAP est la reconnaissance que les systèmes de contrôle de salubrité des aliments de deux pays peuvent atteindre des résultats comparables en matière de santé publique en fonction de cadres législatifs complets, de programmes de mise en œuvre et de surveillance et d'un contrôle du rendement réglementaire.

Comment la reconnaissance des systèmes peut-elle être utilisée?

La Loi sur l'Agence canadienne d'inspection des aliments habilite l'ACIA à conclure des accords internationaux ayant trait à son mandat. De plus, quelques lois existantes telles que la Loi sur l'inspection des viandes et la Loi sur l'inspection du poisson posent la reconnaissance des systèmes comme condition préalable à l'importation au Canada. Par exemple, la Loi sur l'inspection des viandes interdit l'importation d'un produit de viande au Canada à moins qu'il ne provienne d'un pays doté de systèmes d'inspection des viandes et que les établissements concernés dans le pays sont approuvés avant l'importation.

La RSSAAP est également utilisée lorsque l'expérience, les connaissances et la confiance entre les pays importateur et exportateur sont reconnues, vu l'historique des échanges et le haut niveau de conformité. Par exemple, une initiative de reconnaissance réciproque des systèmes de salubrité des aliments d'autres pays est en cours d'élaboration entre le Canada et la Food and Drug Administration des États-Unis.

Le Canada consolidera ces textes de loi et exigences existantes en adoptant sa nouvelle législation sur la salubrité des aliments. En vertu du cadre proposé de réglementation de la LSAC de l'ACIA, la reconnaissance des systèmes continuera d'être utilisée comme outil de contrôle des importations. La LSAC prévoit le pouvoir réglementaire requis pour « régir la reconnaissance de systèmes d'inspection, de certification, de fabrication, de conditionnement, d'entreposage, d'emballage, d'étiquetage ou d'examen ».

La reconnaissance du système d'inspection des viandes d'un pays exportateur continuera d'être une condition préalable au commerce. Les importations d'autres produits peuvent également être désignées comme nécessitant une reconnaissance fondée sur les risques des systèmes avant leur admissibilité (p. ex. les crustacés).

De plus, la reconnaissance des systèmes peut être développée chez un pays exportateur doté de systèmes éprouvés de contrôle en matière de salubrité des aliments (ce qui comprend les autorités de surveillance des importations et des exportations), ou si le système national de contrôle de la salubrité des aliments du pays exportateur est en cours de développement, mais qu'il a établi des systèmes de contrôle des exportations spécifiques à des produits, avec des éléments d'infrastructure et de surveillance qui garantissent le respect des exigences canadiennes.

Les exigences d'importation applicables à la santé publique et/ou aux animaux ne sont pas visées par la portée d'un cadre de reconnaissance de systèmes et doivent être respectées pour que les produits alimentaires soient importés au Canada.

Avantages de la RSSAAP

La RSSAAP n'est qu'un outil dans la boîte à outils de contrôle des importations de l'Agence. La reconnaissance d'un système de salubrité des aliments d'un pays exportateur peut procurer des avantages au Canada à titre de pays importateur. Elle signale la confiance du Canada dans le système de contrôle de la salubrité des aliments de ce pays et permet à l'ACIA de prendre en considération la surveillance de l'autorité compétente du pays exportateur et de prioriser les activités d'inspection à l'importation, facilitant ainsi la répartition des ressources d'inspection fondée sur les risques.

La reconnaissance des systèmes peut aussi faire avancer la coopération et établir la confiance entre les autorités réglementaires, en favorisant, notamment, le partage des meilleures pratiques et la mise à profit des ressources (p. ex. : les audits conjoints, la confiance en les audits de l'autre) afin d'orienter les activités de gestion des risques liés à la salubrité des aliments et d'améliorer la salubrité des aliments dans les marchés.

En ce qui concerne l'industrie, cette approche pourrait fournir des moyens supplémentaires aux importateurs canadiens pour effectuer des activités de vérification lorsqu'ils importent d'un pays avec lequel l'ACIA a conclu une entente de reconnaissance des systèmes. En outre, en vertu du cadre proposé de la LSAC, l'ACIA envisage de permettre aux importateurs disposant pas d'un lieu d'affaires fixe au Canada d'obtenir une licence d'importation s'ils opèrent à partir du pays avec lequel l'ACIA a conclu un accord de RSSAAP et s'ils importent des aliments de ce pays au Canada. Dans les deux cas, les aliments importés ne doivent pas dépasser la portée de l'accord de reconnaissance, et l'importateur doit avoir un historique de conformité satisfaisant.

Lignes directrices

Voici les lignes directrices que l'ACIA appliquerait dans le cadre de son approche relative à la RSSAAP :

  1. Salubrité des aliments - la RSSAAP devrait contribuer aux objectifs du Canada en matière de salubrité des aliments et de surveillance renforcée de la salubrité des aliments.
  2. Fondées sur les résultats - divers systèmes de salubrité des aliments peuvent atteindre des résultats similaires en matière de santé publique.
  3. Fondées sur des données probantes - la RSSAAP repose sur une évaluation rigoureuse de la législation, des programmes, de la mise en œuvre et des résultats en matière de santé publique en général d'un pays exportateur. Les normes relatives à la salubrité des aliments du pays importateur, par exemple les critères microbiologiques et les limites maximales de résidus, doivent toujours être respectées.
  4. Confiance - la RSSAAP devrait établir une confiance en la surveillance d'un pays exportateur, notamment dans le fait qu'il prendra des mesures proactives lorsque des problèmes de non-conformité seront relevés et qu'il fournira des renseignements qui pourraient aider à renforcer les activités de gestion des risques liés aux importations du pays importateur.
  5. Souplesse - au fur et à mesure que les systèmes de salubrité des aliments continuent d'évoluer, le dialogue permanent, l'échange de renseignements entre le pays importateur et le pays exportateur ainsi que les examens réguliers devraient assurer le maintien de la reconnaissance des systèmes.
  6. Transparence - la justification et les critères de l'approche de la RSSAAP devraient être documentés et être transparents.
  7. Cohérence internationale - l'approche de l'ACIA sera fondée sur les normes, les lignes directrices et les recommandations internationales, s'il y a lieu, relatives à l'élaboration et la mise en œuvre des accords de reconnaissance des systèmes, conformément aux droits et obligations internationaux.
  8. Réciprocité - l'ACIA conclura des accords de RSSAAP réciproques lorsque ce sera d'intérêt commun et avantageux pour les homologues réglementaires.
  9. Approches de parties tierces - la reconnaissance d'un système de contrôle de salubrité des aliments d'un pays exportateur peut comprendre des fournisseurs tiers lorsque ceux-ci sont officiellement reconnus par l'autorité compétente en ce qui concerne la mise en œuvre de la réglementation officielle (p. ex. : pour les essais et les inspections).

Processus de RSSAAP

La portée d'une proposition en vue de la détermination de la reconnaissance des systèmes devrait être convenue entre le Canada et le pays exportateur. La portée devrait comprendre tous les éléments qui composent le système de contrôle de la salubrité des aliments et tous les aliments, ou pourrait être limitée à des éléments spécifiques d'un système (p. ex. : contrôle des exportations) ou à des produits alimentaires spécifiques.

Les discussions à propos de la RSSAAP peuvent être engagées par l'ACIA ou le pays exportateur, d'une façon réciproque ou à sens unique. L'ACIA s'engagera auprès de ses partenaires (p. ex. : services et agences du gouvernement du Canada), s'il y a lieu, à convenir d'un accord de RSSAAP. De plus, la capacité de conclure un accord de RSSAAP est tributaire des ressources.

Pour engager des discussions sur la reconnaissance des systèmes, il faut exécuter les démarches suivantes:

La pré-évaluation

  • Une pré-évaluation fondée sur des critères clairement établis est menée afin de déterminer s'il existe une base suffisante pour engager des discussions en vue d'une reconnaissance d'un système de contrôle de la salubrité des aliments d'un pays exportateur.
  • Les critères comprennent :
    • un commerce substantiel entre les pays exportateur et importateur en ce qui concerne les produits visés par la portée de l'accord;
    • le niveau d'expérience, les connaissances et la confiance en un système de contrôle des aliments du pays exportateur;
    • la possibilité d'optimiser des ressources par suite de l'accord;
    • l'historique de conformité du pays exportateur.

L'évaluation

  • Si le Canda et le pays exportateur décident d'aller de l'avant avec la RSSAAP, le processus implique un examen de la documentation, des échanges itératifs avec l'autorité compétente étrangère afin d'assurer la compréhension et l'intégralité de la preuve documentaire ainsi que des évaluations dans le pays du pays exportateur afin de vérifier la mise en œuvre du système de salubrité des aliments. L'évaluation est axée sur les conditions préalables qui composent un système réglementaire de contrôle de la salubrité des aliments solide, incluant :
    • le fondement législatif/réglementaire du système;
    • les détails organisationnels (p. ex. : la structure des autorités compétentes);
    • les programmes d'inspection des aliments;
    • les programmes de conformité et d'application;
    • l'évaluation des programmes et la vérification d'inspection;
    • les maladies et éclosions d'origine alimentaire;
    • la capacité scientifique, incluant les laboratoires, les renseignements sur la capacité, le personnel, les systèmes, les évaluations et/ou l'accréditation;
    • les compétences et la formation du personnel;
    • les ressources affectées au programme;
    • la transparence et l'engagement auprès des intervenants;
    • les communications internationales et l'harmonisation; et/ou
    • tout autre élément déterminé par le ministre.
  • Pour les produits de viande et de volaille, où la reconnaissance du système étranger est une condition préalable à l'importation au Canada, les processus d'évaluation et de reconnaissance sont décrits au chapitre 10 du Manuel des méthodes de l'hygiène des viandes.

Maintien de la RSSAAP

  • La RSSAAP avec les autorités compétentes sera maintenue en fonction des examens réguliers du système étranger de salubrité des aliments afin de vérifier son efficacité continue et son rendement, ainsi que des échanges de renseignements avec l'autorité compétente étrangère.
  • Dans l'éventualité où la RSSAAP avec une autorité compétente étrangère n'aurait plus d'effet ou que l'ACIA n'aurait plus confiance dans le fait que la RSSAAP atteigne ses objectifs prévus, l'état de la reconnaissance serait réévalué.

Rétroaction des intervenants

Nous vous demandons de bien vouloir nous transmettre votre rétroaction sur le cadre proposé, ainsi que tout autre commentaire d'importance pour l'ACIA dans le contexte de son approche relative à la reconnaissance des systèmes de salubrité des aliments, en nous écrivant à l'adresse Modernisation ACIA.

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