Femmes en sciences

Entrevues audio avec des femmes travaillant dans le domaine des sciences à l'ACIA

Dre Catherine Brisson

Dre Catherine Brisson – Balado

Dre Catherine Brisson – Transcription audio

Bonjour à nos auditeurs. Nous sommes rejoints aujourd'hui par Catherine Brisson, directrice du laboratoire de santé animale d'Ottawa à l'Agence canadienne d'inspection des aliments. En plus d'être directrice, Catherine est vétérinaire et elle est spécialisée dans les maladies animales. Bonjour, Catherine.

Bonjour.

En tant que directrice de laboratoire, quels sont les domaines de la santé animale que votre équipe appuie?

Notre laboratoire effectue des tests pour dépister des maladies à déclaration obligatoire au Canada. Par exemple, la rage, la tuberculose, la brucellose. On teste aussi pour des maladies qui sont exigées par les pays qui importent nos animaux. Par exemple, un pays peut décider d'importer des bovins mais exiger qu'ils soient testés pour certaines maladies que nous n'avons pas au Canada, comme la brucellose mais aussi pour des maladies qui sont présentes au pays, comme la paratuberculose qui est une maladie qui crée des baisses de production. Alors, on effectue aussi des tests chez des animaux qui sont importés au Canada pour des maladies qui ne sont pas présentes au Canada. Un exemple est la morve chez le cheval. L'objectif de faire ces tests est de s'assurer que les animaux qui arrivent au Canada ne contaminent pas nos animaux. Le laboratoire effectue aussi de la recherche sur ces maladies pour qu'on soit toujours en mesure d'utiliser les meilleures méthodes pour détecter les maladies. Le laboratoire comprend sept chercheurs, quatre professionnels et plusieurs techniciens directement impliqués en recherche. En plus de nos services en recherche et en diagnostic, nos professionnels donnent des conseils scientifiques et travaillent avec des partenaires nationaux et internationaux au bien-être des animaux.

C'est très intéressant, surtout que ça affecte les canadiens ainsi que d'autres pays. Votre laboratoire est spécialisé dans l'étude de la tuberculose bovine. Pourriez-vous nous en parler? Qu'est-ce que c'est?

Notre laboratoire, c'est le laboratoire national de référence pour la tuberculose au Canada. Tous les échantillons soumis pour tester la tuberculose bovine au Canada sont envoyés à notre laboratoire. La tuberculose bovine c'est une maladie tellement rare au Canada que nous sommes considérés comme exempt. C'est une maladie d'origine bactérienne qui est chronique et que l'on retrouve chez les bovins. La maladie peut aussi se présenter chez d'autres espèces de mammifères comme les humains ou les animaux domestiques.

Pourquoi est-ce que le travail de votre laboratoire est si important? Quel effet a-t-il sur la vie des canadiens?

Au Canada, l'Agence a mis en place un système de dépistage de la tuberculose. Alors, la tuberculose c'est une maladie chronique donc qui peut rester dormante pendant des années sans que l'animal démontre des symptômes. Le système de dépistage permet de détecter les cas de manière précoce, c'est-à-dire avant que l'animal démontre des signes de perte de poids, de faiblesse ou de toux. Être reconnu internationalement comme un pays qui a un bon système de détection pour une maladie comme la tuberculose permet de maintenir les exportations d'animaux ou de produits d'animaux, ce qui contribue grandement à notre économie. Mais à l'intérieur du système de dépistage de la tuberculose, les échantillons sont envoyés au laboratoire où on procède à une série d'analyses qui permet de confirmer l'absence de tuberculose.

Alors c'est très, très important ce travail. Pourriez-vous expliquer un peu plus comment votre travail est important pour aider les enquêtes de tuberculose bovine?

Alors, pendant l'investigation de tuberculose, que ce soit une en particulier ou en général, le laboratoire de santé animale d'Ottawa est directement impliqué dans tous les tests de dépistage et de confirmation. On possède des experts en sérologie qui sont responsables d'effectuer les tests sur des spécimens de sang. Ici, les experts en pathologie examinent au microscope des échantillons de tissue reçu des abattoirs afin de détecter des lésions ou des bactéries qui pourraient être compatibles avec la tuberculose. On a aussi des experts en microbiologie. Eux sont responsables de faire croître les bactéries qui causent la tuberculose et on a aussi des experts en biologie moléculaire qui se penchent sur l'identification des bactéries et qui peuvent même identifier la souche de la bactérie. Dans certains cas, on collabore avec d'autres laboratoires de l'Agence. Par exemple, un des tests nécessite que l'échantillon soit soumis à une phase préparatoire dans les plus brefs délais après la collecte de l'échantillon. On travaille ainsi à mettre en place cette phase préparatoire dans un laboratoire situé près du lieu de la collecte des échantillons.

Alors, c'est un travail qui nécessite les expertises des scientifiques de plusieurs domaines.

Effectivement.

Votre laboratoire a beaucoup d'expertise et est reconnu mondialement.

Oui, nous avons une très bonne réputation pour nos services de laboratoire pour la tuberculose. Mais nous sommes reconnus mondialement à l'Office international des épizooties comme laboratoire de référence pour la rage, pour la maladie débilitante des cervidés et pour la tremblante. On est aussi reconnu comme un centre collaborateur pour la rage.

Merci. Où pouvons-nous obtenir plus d'information sur la santé animale et les moyens d'assurer la sécurité du Canada?

Je suggère aux canadiens et aux canadiennes intéressés par la sécurité du Canada de consulter le site de l'Agence à inspection.gc.ca pour en connaître plus sur l'Agence et sur la tuberculose en particulier. On peut aussi consulter d'autres sites du gouvernement du Canada, comme Santé Canada, l'Agence canadienne de la santé publique et l'Agence des services frontaliers du Canada. Il existe aussi de très bonnes revues scientifiques reliées à la santé animale tant en anglais qu'en français. Les bibliothèques et le web sont de très bonnes sources d'informations scientifiques adaptées selon l'âge et les connaissances des lecteurs.

Et puis, revenir un peu plus à vous-même, qu'est-ce qui vous a inspiré à poursuivre une carrière comme scientifique?

À l'école, mes matières préférées étaient toujours liées aux sciences, que ce soit les mathématiques, la physique ou la chimie. Je n'aimais pas beaucoup les cours de sciences sociales, de français ou d'histoire.

Et est-ce que vous avez des conseils pour les jeunes femmes et les filles pour les encourager à étudier dans le domaine des sciences?

J'aurais quelques conseils à donner à quiconque désire s'orienter dans un domaine scientifique. Si la personne aime les sciences et désire travailler dans un domaine scientifique, je lui conseillerais d'aller faire du bénévolat dans le domaine qui l'intéresse. Par exemple, j'ai été propriétaire d'un hôpital vétérinaire pendant 13 ans et on a eu pendant ces 13 années de jeunes bénévoles qui étaient intéressés par la médecine vétérinaire. Une d'entre elles en particulier venait tous les samedis pour nous aider. Elle avait 14 ans et elle est venue pendant au moins un an. Arrivée à 17 ans, et là il était temps pour elle de faire un choix de carrière, elle a décidé de s'orienter vers la psychologie et non vers la médecine vétérinaire. Je conseillerais aussi à cette personne de faire de son mieux et en tout temps dans ses études. Le domaine des sciences est compétitif et les critères de sélection sont parfois élevés dans certaines professions ou techniques au niveau académique. Pensez aux médecins, aux dentistes, aux pharmaciens, aux inhalothérapeutes et aux radiologues. Ce sont tous des sujets qui sont très, très contingentés au CEGEP ou à l'université. Je lui conseillerais aussi de poursuivre ses rêves car il existe plusieurs chemins pour arriver à ses fins. Par exemple, si on désire être vétérinaire, et ses résultats académiques ne sont pas suffisamment bons, on peut se diriger vers une technique de santé animale, en zoothérapie ou dans d'autres domaines connexes à la médecine vétérinaire.

Merci beaucoup. Ce sont de bons conseils aux choix de carrière. Est-ce qu'il y a une femme scientifique en particulier qui vous a influencée?

Oui, beaucoup. Je suis devenue vétérinaire grâce à ma mère. Ma mère est infirmière et lorsque j'avais 14 ans, je n'aimais pas la biologie du tout et je n'avais pas de très bonnes notes. Alors, ma mère m'a offert comme cadeau de Noël un dictionnaire médical et elle m'obligeait à le lire avec elle tous les soirs. Alors, ça a augmenté beaucoup mes notes en biologie. Ça a contribué à me faire aimer la biologie et puis, c'est grâce à elle sincèrement que j'ai été accepté en médecine vétérinaire parce que sans elle, je n'aurais pas continuer dans un domaine vers la biologie.

C'est inspirant. Moi aussi j'aimais regarder les livres médicaux de ma mère qui, elle aussi, était infirmière. C'est toujours intéressant. Avez-vous un fait amusant scientifique favori? Il peut s'agir de n'importe quoi, qu'il soit relié ou pas à votre domaine d'expertise.

Bien, quand j'étais nouvellement graduée - quand je dis nouvellement graduée, ça faisait peut-être un mois que j'étais graduée vétérinaire--j'avais rencontré un urgentologue à l'hôpital local où je travaillais et il m'a comparé à un pédiatre et j'ai trouvé ça étonnant lorsque je l'ai rencontré. J'étais surprise mais à y repenser, on a beaucoup de similitudes entre les vétérinaires et les pédiatres parce que nos patients ne parlent pas, les propriétaires d'animaux sont comme les parents d'enfants malade, ils sont préoccupés par la maladie, par leur progéniture, alors j'ai trouvé ça intéressant. J'ai été surprise sur le coup mais j'ai trouvé ça intéressant par la suite et j'étais finalement d'accord avec cet urgentologue-là.

Bon, je n'aurais pas pensé non plus à faire cette comparaison. Mais c'est intéressant.

Oui.

Merci beaucoup, Catherine d'avoir parlé avec nous aujourd'hui de votre travail et de la tuberculose bovine et les autres maladies animales. Comme vous dites, il est très important d'identifier la tuberculose bovine pour éviter qu'elle se transmette, pour protéger les troupeaux et garder ouvert nos marchés. Et j'espère que votre histoire et vos conseils de carrière vont inspirer à leur tour d'autres personnes. Merci encore.

Ça fait plaisir.

Poursuivez vos rêves, car il y a plusieurs façons d'atteindre ses objectifs. Par exemple, vous souhaitez devenir vétérinaire, mais vos résultats scolaires ne sont pas assez bons? Vous pouvez suivre un programme de technique de santé animale ou étudier la zoothérapie ou d'autres domaines liés à la médecine vétérinaire.

Dre Catherine Brisson
Directrice, Laboratoire d'Ottawa, santé des animaux

Bree-Ann Lightfoot et Dre Lisa Hodges

Bree-Ann Lightfoot et Dre Lisa Hodges – Balado

Bree-Ann Lightfoot et Dre Lisa Hodges – Transcription audio

Aujourd'hui, nous avons la chance d'avoir deux invitées qui vont nous parler de leur travail à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Veuillez accueillir Bree-Ann Lightfoot et Lisa Hodges qui se joignent à nous depuis le laboratoire de Dartmouth en Nouvelle-Écosse où elles appuient les programmes de salubrité alimentaire de l'ACIA. Je vous remercie de venir nous parler aujourd'hui de votre travail et des sciences.

Bree : C'est un plaisir, merci de nous recevoir.

Pouvez-vous nous parler un peu du laboratoire de Dartmouth et de vos rôles? Par exemple, quel genre de travail y faites-vous?

Bree : Comme vous l'avez dit, nous travaillons au laboratoire de l'ACIA à Dartmouth qui est l'un des laboratoires de salubrité alimentaire de l'ACIA qui sont présents partout au pays. Je suis moi-même (Bree-Ann) gestionnaire de la Section de microbiologie, et le rôle principal de la section que je dirige et celui d'autres microlaboratoires alimentaires de l'ACIA est de vérifier la présence d'agents pathogènes d'origine alimentaire dans les produits, ce qui appuie le programme de salubrité alimentaire de l'Agence. De même, nous développons, validons et mettons en œuvre des méthodes pour ces essais. À Dartmouth, nous sommes également responsables des essais d'identification des espèces de poissons et de produits de la pêche. Il s'agit de vérifier le respect des exigences en matière d'étiquetage et que celui-ci n'est pas erroné, ce qui serait considéré comme une fraude alimentaire. Ces essais sont la caractéristique de notre laboratoire de Dartmouth, car nous sommes les seuls au sein de l'ACIA à les réaliser.

J'ai cru comprendre que vous étiez la spécialiste de microbiologie du laboratoire.

Lisa : Oui. Je suis l'une des chercheuses en microbiologie du laboratoire. Mes recherches portent principalement sur la mise au point de nouvelles méthodes permettant de détecter plus rapidement et de meilleure manière les pathogènes bactériens des aliments tels que les bactéries E. coli, la listeria et le campylobacter. Certaines de ces recherches visent également à comprendre la biologie de ces organismes, ce qui nous permettra d'élaborer de meilleures stratégies d'atténuation et d'aider à déterminer une source possible d'éclosion.

Bree : Je voulais aussi mentionner que Lisa est la spécialiste de microbiologie qui a mis en œuvre notre méthode actuelle d'identification des espèces de poissons au laboratoire il y a quelques années et que nous utilisons actuellement pour nos méthodes.

Pouvez-vous me dire ce qu'est l'identification des espèces de poissons?

Lisa : À l'ACIA, la spéciation des poissons se fait à l'aide de codes à barres d'ADN pour appuyer les essais de routine et les enquêtes sur les erreurs d'étiquetage frauduleuses. Ce que nous faisons, c'est que nous utilisons une courte région de l'ADN d'un poisson qui, lorsque nous la séquençons, génère ce que nous appelons un code à barres. Ce code à barres que nous échantillonnons peut ensuite être comparé à une base de données de codes à barres d'espèces de poissons connues. Si nous trouvons une correspondance dans la base de données, l'échantillon est considéré comme provenant de cette espèce de poisson. Nous utilisons cette identification pour confirmer que les entreprises étiquettent avec précision le type de poisson qu'elles importent ou exportent. L'avantage de ce type de méthode, qui n'utilise qu'une région courte par rapport à l'ensemble du génome, est que les essais sont beaucoup plus rapides et moins coûteux.

Les essais en laboratoire ciblent généralement des poissons de grande valeur comme le thon, le vivaneau rouge et le flétan.

Pouvez-vous me donner quelques exemples de la façon dont les essais réalisés au laboratoire de Dartmouth peuvent avoir une incidence sur la vie quotidienne des Canadiens?

Lisa : Pour les espèces de poissons, par exemple, les essais nous aident à surveiller l'authenticité des produits de la pêche que les Canadiens achètent. Nous veillons à ce que les Canadiens ne paient pas pour un produit de remplacement, et nous nous assurons également que les personnes souffrant de sensibilités alimentaires puissent avoir davantage confiance en ce qu'elles mangent réellement, ce qui est important.

Bree : Les résultats de nos essais sur les agents pathogènes alimentaires au laboratoire de microbiologie peuvent aussi déclencher des enquêtes, auquel cas nous réaliserions des essais supplémentaires qui pourraient entraîner des rappels de produits alimentaires. La surveillance que nous menons peut aider les Canadiens à avoir confiance en la salubrité des aliments qu'ils consomment, et le travail effectué à l'ACIA, y compris dans notre laboratoire, nous permet d'être toujours prêts à participer aux enquêtes en cas de maladies d'origine alimentaire et d'épidémies au pays.

Vous avez assurément de nombreuses responsabilités. Cela est très intéressant quand on pense au nombre important de rappels qui existent. Sur ce point, pouvez-vous me donner un exemple de succès significatif pour votre laboratoire?

Bree : Il est difficile de cerner un succès pour les laboratoires. L'une des raisons, c'est que les bactéries que nous traitons évoluent toujours beaucoup plus vite que les animaux ou les plantes. Elles sont capables de s'adapter à de nouveaux environnements, de développer des résistances à des mesures contrôlées comme les désinfectants, les sels ou les antibiotiques, ou de développer soudainement la capacité de provoquer des maladies. En tant que laboratoire individuel et en tant qu'agence, non seulement nous nous efforçons d'accroître continuellement nos capacités de dépistage de ces pathogènes d'origine alimentaire, de façon plus rapide et précise, mais aussi d'être prêts à adopter de nouvelles approches lorsque ces bactéries évoluent.

Un exemple de réussite serait la mise en œuvre des méthodes fondées sur l'ADN que nous utilisons actuellement au laboratoire; pas seulement le codage à barres de l'ADN qui a été mentionné pour les espèces de poissons, mais aussi le séquençage génétique complet des bactéries lorsque la culture est isolée d'un produit alimentaire, ce qui nous sert également pour nos essais quotidiens. Nous examinons davantage de méthodes de dépistage fondées sur l'ADN afin d'obtenir des résultats plus rapides, à mesure que la technologie progresse, ce qui permet de raccourcir les délais d'exécution pour des bactéries comme E. coli, la salmonelle et la listéria.

Lorsqu'on y réfléchit, je dirais que c'est une grande responsabilité qui incombe au laboratoire, car c'est évidemment l'alimentation des gens et le système alimentaire du Canada dont vous vous occupez. Qu'est-ce qui vous a motivées pour poursuivre des études scientifiques et que diriez-vous aux jeunes femmes pour les encourager à faire de même?

Bree : En ce qui me concerne, j'ai toujours aimé les sciences. Les sciences dans tous les domaines me fascinent depuis l'école secondaire : la chimie, le corps humain, la biologie de tous les organismes vivants, et c'est ce qui m'a amenée à mon domaine d'études, la science alimentaire. J'ai toujours été intriguée par la manière dont les organismes évoluent, comme je l'ai mentionné dans ma dernière réponse, et dont ils continuent de s'adapter et, honnêtement, je suis encore étonnée de tous les progrès qui ont été réalisés dans l'identification microbiologique et par le fait que la méthodologie peut maintenant déterminer la séquence complète du génome de nos isolats dans notre laboratoire. Nous pouvons utiliser ces renseignements pour mieux comprendre les bactéries. C'est la raison principale qui m'a poussée à me diriger vers les sciences.

Mon conseil pour les jeunes femmes serait de dire que si elles aiment les sciences, elles devraient s'assurer de continuer dans cette voie. Ne laissez rien vous barrer la route. Il y a tant de domaines à étudier et dans lesquels on peut s'impliquer. Si vous êtes comme moi, vous en trouverez un qui vous plaira vraiment et qui continuera de vous étonner tout au long de votre carrière.

Et vous? Qu'est-ce qui vous a poussée à poursuivre une carrière scientifique?

Lisa : J'ai toujours aimé la biologie, surtout l'anatomie. Je me suis intéressée à la médecine. Mais quand j'ai commencé mon baccalauréat, j'ai aussi trouvé la microbiologie très intéressante. Il y a tout cet univers que nous ne pouvons pas voir, mais qui pourtant a un impact sur notre vie quotidienne. Lorsque j'ai entamé mes études supérieures, je savais que je voulais travailler sur les bactéries, afin de répondre à certaines des nombreuses inconnues sur ces organismes. Avec la microbiologie alimentaire, trouver une réponse à ces questions pourrait aussi avoir un impact direct sur les gens qui m'entourent. Mon conseil pour se lancer dans les sciences serait de ne pas avoir trop peur ou de ne pas trop se cantonner à une seule voie, mais plutôt d'essayer différents sujets. C'est un domaine si vaste que vous pourriez être surpris de voir ce qui vous intéresse le plus.

Je comprends qu'il y a quelque chose d'intéressant dans votre laboratoire en ce qui concerne les femmes et les sciences.

Bree : Tous les jours au laboratoire, nous sommes entourées de nombreuses scientifiques qui font beaucoup de choses différentes. Il y en a en chimie, en microbiologie. D'autres dans le laboratoire d'essais. Nous avons des chercheuses. Nous avons des femmes qui occupent des postes de directrice et de gestionnaire. Il y a beaucoup de femmes dans le domaine des sciences avec lesquelles nous travaillons tous les jours et qui apportent toutes une contribution différente, qui ont des antécédents différents et qui travaillent ensemble pour que l'ACIA fonctionne jour après jour.

Tout cela est une véritable source d'inspiration pour quelqu'un comme moi qui, plus jeune, avais un peu peur des sciences. Mais maintenant que je vous entends parler et que je vois toutes ces femmes assumer ces différents rôles, je pense que cela montre qu'il y a beaucoup de possibilités pour les femmes et les filles à mesure qu'elles avancent et j'espère qu'elles n'auront pas peur des sciences, contrairement à certaines d'entre nous dans le passé.

Pouvez-vous citer l'un des faits scientifiques que vous préférez, que vous trouvez intéressant et qui, à votre avis, pourrait intéresser d'autres personnes?

Bree : L'un des faits intéressants que je préfère, mais encore une fois, si vous n'êtes pas microbiologiste, vous ne trouverez peut-être pas ça amusant, c'est que le clostridium perfringens, une bactérie qui peut causer des maladies d'origine alimentaire, a l'un des temps de reproduction les plus rapides connus de tout organisme, ce que j'ai découvert il y a longtemps; elle peut commencer un nouveau bourgeonnement cellulaire, ou reproduction, toutes les dix minutes. Cela me fascine tout le temps lorsque je pense à la vitesse à laquelle elle peut grandir et se reproduire.

Ça a l'air difficile de suivre le rythme, effectivement.

Bree : Oui, c'est incroyable de voir qu'on peut avoir un clostridium perfringens partout, mais attention, pas dans la nourriture.

Et vous? Y a-t-il un fait scientifique que vous préférez et que vous aimeriez partager?

Lisa : Les mitochondries sont des organites présents dans les cellules animales qui génèrent l'énergie utilisée pour alimenter ces dernières. On pense en fait qu'il s'agit de bactéries qui ont été absorbées par des micro-organismes il y a des millions d'années et qui ne sont pas mortes. Elles sont devenues une partie intégrante de la cellule.

N'est-ce pas fascinant de penser que nos cellules existaient peut-être il y a des millions et des millions d'années, presque comme elles le sont aujourd'hui?

J'aimerais profiter de cette occasion pour vous remercier toutes les deux de vous être jointes à moi aujourd'hui et d'avoir eu cette discussion sur ce que vous faites au laboratoire de Dartmouth et sur la microbiologie, et bien sûr, d'assurer la sécurité de nos aliments.

Bree : Bienvenue. C'était un plaisir de parler avec vous.

[Fin de l'enregistrement]

Mon conseil pour se lancer dans les sciences serait de ne pas avoir trop peur ou de ne pas trop se cantonner à une seule voie, mais plutôt d'essayer différents sujets. C'est un domaine si vaste que vous pourriez être surpris de voir ce qui vous intéresse le plus.

Bree-Ann Lightfoot et Dre Lisa Hodges
Scientifiques, Laboratoire de Dartmouth

Dre Mireille Marcotte

Mireille Marcotte – Balado

Dre Mireille Marcotte – Transcription audio

La docteure Mireille Marcotte qui travaille à l'Agence canadienne d'inspection des aliments dans le domaine de la protection de végétaux se joint à nous aujourd'hui. Mais Mireille n'étudie pas que les plantes, elle étudie également les insectes et les parasites qui peuvent nous affecter. Merci Mireille d'avoir parlé avec nous aujourd'hui.

Bienvenue.

Mireille, quel est votre domaine d'étude et votre rôle à l'ACIA?

J'ai fait mes études en biologie et je suis la gestionnaire nationale pour l'équipe de surveillance phytosanitaire.

Et puis, est-ce que vous participez dans certains programmes d'enquêtes nationales?

Mon équipe est responsable du programme d'enquête nationale de la protection des végétaux qui fournit de l'information à l'appui de tous les programmes règlementaires touchant l'importation, l'exportation et le commerce intérieur et permet de décider rationnellement des mesures règlementaires à prendre.

Donc, en tant que scientifique responsable des activités nationales de surveillance des espèces exotiques envahissantes au Canada, quels sont actuellement les grandes menaces pour les végétaux et les cultures du Canada?

Je dirais que la plus grande menace actuelle pour les forêts est le longicorne asiatique. Il s'agit d'un insecte originaire d'Asie qui s'attaque principalement aux érables mais aussi à plusieurs autres espèces de feuillus, incluant les bouleaux, les saules et les peupliers. S'il s'établissait au Canada, les conséquences seraient énormes pour notre économie et notre environnement. Une autre grande menace est le fulgore tacheté. Aussi originaire d'Asie, il est considéré comme une menace importante pour les industries viticoles, forestières et les arbres fruitiers au Canada. Sa présence en Amérique du Nord a été signalée pour la première fois en Pennsylvanie en septembre 2014 et depuis son aire de répartition s'agrandit approchant la frontière canadienne.

Ça c'est assez important. Que peuvent faire les canadiens pour prévenir ou limiter les effets des espèces envahissantes?

Acheter et brûler le bois de chauffage localement est probablement la meilleure chose que les canadiens peuvent faire pour limiter la dispersion des espèces envahissantes. Le déplacement du bois de chauffage pose un risque considérable pour l'économie et l'environnement du Canada. Le déplacement du bois de chauffage non-traité depuis ou vers le terrain de camping ou le chalet peut propager des espèces envahissantes et des maladies qui sont cachées sous l'écorce et que nous ne voyons pas. Oui, ce bois sera éventuellement brûlé mais entre-temps des insectes peuvent émerger du bois de chauffage puis s'établir dans les arbres environnants, certains apportant avec eux des maladies. Peu de gens sont au courant mais l'industrie forestière est déjà réglementée en ce qui concerne le déplacement des billots de bois afin justement d'éviter la dispersion de ravageurs forestiers. Chacun doit faire sa part. Les canadiens doivent aussi s'informer au sujet des exigences à l'importation pour les végétaux et les produits à base de végétaux, incluant les souvenirs fait en bois. Il est très important que ces produits soient déclarés aux douanes canadiennes afin que les agents du service frontalier s'assurent que nos souvenirs ne posent pas de risque pour notre environnement.

Bon, si les canadiens doivent aussi s'informer au sujet des exigences, où est-ce que les canadiens peuvent-ils en apprendre davantage sur les espèces envahissantes et les façons de les réparer?

Bien, le site web de l'ACIA contient de nombreux feuillets d'information sur les espèces exotiques envahissantes. La page liée à la surveillance phytosanitaire par exemple fournit de nombreux outils aidant à reconnaitre les signes et les symptômes associés avec les espèces envahissantes. Les divers conseils provinciaux d'espèces envahissantes sont aussi de bonnes sources d'information.

Donc, l'ACIA a un gros mandat pour ce sujet-là. Quel est un exemple de mesures que l'ACIA a pris pour réduire au minimum ou éradiquer une espèce envahissante?

Il y a vraiment plusieurs choses que l'ACIA fait pour minimiser ou éradiquer les espèces envahissantes. Un exemple c'est ce qui s'est passé avec le longicorne asiatique dans les dernières années. En 2003, le longicorne asiatique a été détecté dans une petite zone de Toronto, en Ontario. Il a fallu 10 ans d'efforts à l'ACIA et ses partenaires pour éradiquer cette infestation. Malheureusement, en 2013, une nouvelle infestation a été détectée dans une autre zone de Toronto, près de l'aéroport international. Encore une fois, des mesures d'éradication ont été prises et si tout continue comme prévu, l'ACIA devrait pouvoir déclarer le Canada exempt de ce ravageur dans environ un an. Au début des années 2000, il a été reconnu que les ravageurs des végétaux, comme le longicorne asiatique, se déplaçait souvent par le déplacement de matériaux d'emballage en bois utilisé pour soutenir la marchandise dans les conteneurs ou pour l'empêcher de bouger durant le transport. Pour cette raison, la norme internationale pour les mesures phytosanitaires numéro 15, une norme qui régit le traitement des matériaux d'emballage en bois qui sont utilisés dans le commerce international a été mis en place en 2006. Cette norme exige que les matériaux d'emballage en bois soient traités de façon à tuer tous les insectes qui pourraient se cacher dans le bois. L'ACIA a joué un rôle clé dans le développement et la mise en œuvre de cette norme internationale.

C'est vraiment certain que vous êtes passionnée. Qu'est-ce qui vous a incité à étudier l'entomologie?

Vous savez, à ce jour les scientifiques ont répertorié environ 1,5 millions d'espèces d'organismes sur la planète. Les insectes représentant environ les deux tiers de cette richesse. Ce monde de petites créatures me passionne tout simplement.

Et puis, comme scientifique vous-même, que diriez-vous aux jeunes femmes ou aux filles pour les encourager à étudier dans les domaines de sciences?

Je leur dirais de se faire confiance, d'aller vers un domaine qui les passionne. Si elles aiment découvrir de nouvelles choses, explorer des nouveaux sujets, comprendre comment fonctionne les choses, la science est définitivement pour elles. Les possibilités de carrière en sciences sont très nombreuses et variées.

Et pour vous avec toute cette information et vos études, c'est quoi votre fait favori scientifique?

Je ne sais pas si le monde le save mais j'ai lu que les moustiques piquent d'avantage quand la lune est pleine. Les scientifiques n'ont pas encore déterminé exactement pourquoi mais il y a des études qui montrent que les moustiques sont plus actifs pendant la pleine lune. En fait, ils pourraient piquer jusqu'à 500 fois de plus ces journées-là. Donc, quelque chose peut-être à prendre en considération lors de la réservation d'un prochain voyage de camping.

Certainement. Merci, Mireille, d'avoir parlé avec nous aujourd'hui de votre travail et des espèces envahissantes. Pour plus d'informations sur les espèces envahissantes au Canada, veuillez visiter le site web de l'ACIA et pour plus d'informations sur Mireille et son travail, consultez son profil scientifique sur le portail du gouvernement ouvert. Merci.

[Fin de l'enregistrement]

À ce jour, les scientifiques ont répertorié environ 1,5 million d'espèces d'organismes sur la planète, les insectes représentant environ les deux tiers de cette richesse. Ce monde de créatures souvent très petites me fascine tout simplement.

 
Dre Mireille Marcotte
Gestionnaire nationale, Enquêtes phytosanitaires

Dre Susan Nadin-Davis

Susan Nadin-Davis – Balado

Dre Susan Nadin-Davis – Transcription audio

Aujourd'hui, nous discutons avec Susan Nadin-Davis, une chercheure scientifique au Laboratoire d'Ottawa de l'ACIA. Merci de vous joindre à nous aujourd'hui pour discuter de votre rôle à l'ACIA et nous faire part de votre passion pour les sciences.

Je suis heureuse de m'entretenir avec vous aujourd'hui.

Susan, j'ai eu l'occasion de passer en revue votre curriculum vitæ et biographie, et vous êtes manifestement une scientifique très accomplie. Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre rôle en tant que chercheure scientifique à l'ACIA?

Oui, bien sûr. En tant que chercheure scientifique spécialisée en santé animale, mon rôle principal est de mettre au point de nouvelles épreuves améliorées pour la détection des bactéries et des virus qui touchent l'ensemble de l'industrie canadienne de l'élevage.

Une bonne partie de mon travail consiste à effectuer le séquençage des gènes ou même de génomes entiers de diverses bactéries; celles-ci peuvent comprendre Salmonella, Campylobacter, Brucella et plusieurs autres bactéries ainsi qu'un certain nombre de virus. À l'aide de ces données sur les séquences, je suis en mesure d'élaborer des méthodes fondées sur une technique qui est mieux connue sous le nom de « réaction en chaîne de la polymérase » ou « PCR » dans le domaine des sciences. Cette technique permet d'accentuer de façon très sélective des portions précises d'un génome pour qu'elles soient facilement détectables.

Une des maladies sur lesquelles j'ai travaillé durant de nombreuses années est la rage. Dans le cadre de mes travaux ici, j'ai élaboré une base de données exhaustive sur les diverses variantes de ce virus qui est véhiculé par les différentes espèces d'animaux sauvages. Ces données nous renseignent sur la source de l'infection chez un animal domestique, ce qui est très important pour déterminer la source des épidémies de rage.

Je crois pouvoir affirmer en toute confiance que la plupart des Canadiens connaissent la rage, alors il va sans dire que vos travaux sur la rage sont certainement très précieux et utiles à la population canadienne, mais savez-vous de quelle autre façon vos travaux peuvent l'aider?

Et bien bon nombre des organismes sur lesquels portent mes travaux sont zoonotiques, c'est-à-dire qu'ils peuvent infecter à la fois les animaux et l'être humain. L'amélioration de nos capacités d'analyse pour le dépistage d'un certain nombre de maladies animales, comme la salmonellose, la rage, etc., permet non seulement d'aider à réduire les répercussions de ces maladies sur les populations animales, mais aussi de limiter les risques de transmission chez l'être humain.

En ce qui concerne votre formation scientifique, vous avez mentionné que vous avez étudié la biologie et la microbiologie. Quand avez-vous su que vous vouliez travailler dans le domaine des sciences?

Je pense à un âge relativement jeune. J'ai grandi dans une ville côtière au nord du pays de Galles, et le fait de vivre juste à côté de la mer a, très tôt, éveillé naturellement en moi un intérêt pour la mer et ses créatures. Lorsque j'étais jeune, je me rendais à la plage pour y trouver des crabes ou des créatures intéressantes dans des bassins rocheux exposés à marée basse. De plus, j'ai toujours aimé les sciences à l'école, surtout la biologie. Je pense que j'ai eu de la chance d'avoir eu une excellente enseignante en biologie au niveau secondaire qui m'a vraiment encouragée à faire carrière en sciences biologiques. Je pense que c'était en grande partie grâce à elle que j'ai décidé de m'inscrire à l'Université de Cambridge où ma carrière en sciences a réellement démarré.

Croyez-vous que la biologie était votre seule option d'étude ou avez-vous envisagé d'autres options pour vos études en sciences?

Je pense que la biologie a toujours été ma principale passion scientifique. Je veux dire, bien entendu, j'ai étudié toutes les sciences à l'école : chimie, physique, mathématiques, biologie, etc. En fait, lorsque j'ai commencé mon baccalauréat à l'Université de Cambridge, j'ai dû, comme tout le monde, suivre l'ensemble des cours relatifs aux principaux sujets scientifiques. C'est au cours des années suivantes que j'ai commencé à me spécialiser davantage dans des domaines d'intérêt particulier. À mesure que je progressais dans mes études universitaires de premier cycle, je me suis sentie de plus en plus attirée par des sujets comme la physiologie, la pharmacologie et plus particulièrement la biochimie. Cela m'a donc conduit à faire des études supérieures à la maîtrise et au doctorat en biochimie dans des universités canadiennes.

En vous parlant, j'ai vraiment l'impression de comprendre votre passion pour les sciences, et comme vous l'avez mentionné, vous travaillez dans le domaine depuis 30 ans. Qu'aimez-vous de la science?

Je crois que ce qui me stimule, c'est le fait que notre compréhension du monde biologique ne cesse d'évoluer et de s'améliorer. Au cours de l'évolution, de nombreux organismes ont évolué pour s'adapter à une niche écologique précise, et nous commençons vraiment tout juste à comprendre les liens très complexes qui existent entre les différents habitats.

Dans mon domaine également, je me demande toujours comment ces choses aussi simples que sont les virus, et qui ne possèdent qu'une poignée de gènes, peuvent causer des maladies aussi dévastatrices, comme chez les hôtes que le virus de la rage parasite, et quels sont les mécanismes responsables au niveau moléculaire. En ce moment, je pense qu'il s'agit d'une période passionnante pour faire partie des sciences biologiques, car nos technologies évoluent tellement rapidement. On observe une grande amélioration de la capacité de séquençage de l'ADN à l'heure actuelle. En tant que scientifique, j'apprends constamment de nouvelles méthodes et techniques. Selon moi, on ne s'ennuie jamais en sciences. Vous êtes toujours en présence de défis nouveaux et différents.

Nous savons que vous avez commencé à cultiver une passion pour les sciences lorsque vous étiez enfant aux pays de Galles et que vous avez eu l'occasion de mener des études sur de différentes espèces dans divers milieux. Selon vous, quel serait le fait scientifique le plus génial?

Je dirais le fait que tous les organismes sur Terre, malgré la grande diversité, reposent sur le dogme central de la biologie moléculaire. Essentiellement, il a été établi que l'information génétique est contenue dans l'ADN, qui est converti en une molécule associée que nous appelons l'ARN. L'ARN oriente ensuite la synthèse des protéines, qui sont responsables de la formation et de la création des composantes pour l'ensemble des cellules et des tissus du corps. Tous les organismes ont recours à au moins une partie de ce processus de transfert de l'information, et je pense que ce concept indique clairement que toute forme de vie sur Terre a évolué depuis la même source générale. Toutefois, ce processus est un peu plus simplifié chez certains organismes.

Quel type de percée scientifique espérez-vous voir au cours des cinq prochaines années?

Je souhaite réellement une percée dans le domaine des énergies renouvelables qui nous permettra de cesser l'utilisation de combustibles fossiles le plus tôt possible. Les changements climatiques ne sont plus une théorie, mais un fait établi assurément, et l'activité humaine est sans contredit l'un des principaux facteurs déterminants de ces changements. Les changements climatiques ont d'énormes répercussions négatives sur de nombreux végétaux et espèces animales partout dans le monde.

Mais même plus près de chez nous, la tendance au réchauffement dans le Nord du Canada entraîne d'importantes répercussions qui prennent parfois des tournures inattendues et surprenantes. Par exemple, nous savons que les renards roux sont responsables du déplacement des renards arctiques dans de nombreuses régions nordiques, car l'aire de répartition des renards roux s'étend de plus en plus vers le nord. Les renards arctiques continuent d'être porteurs de la rage, mais nous savons que le renard roux est également un hôte permissif de ce virus. Bon nombre d'entre nous qui menons des travaux sur la rage se demandent si ce changement démographique des populations de renards accroîtra les risques de propagation de la maladie vers le sud uniquement à cause de l'agrandissement de l'aire de répartition du renard roux dans une bonne partie de l'Amérique du Nord.

À l'évidence, comme vous le dites, nous sommes très chanceux d'être à une époque où les gens sont conscients des défis que présente le réchauffement climatique et tentent de trouver de nouvelles solutions pour lutter contre celui-ci. Cela dit, vous savez, nous devons nous tourner vers l'avenir et nourrir des espoirs concernant l'avenir. Que diriez-vous aux jeunes filles et aux jeunes femmes pour les encourager à choisir les sciences et à contribuer à changer les choses?

Je leur dirais, d'abord et avant tout : « Ne soyez pas intimidées par les sciences ». Je crois que tout le monde doit s'efforcer d'éviter les stéréotypes et que chacun de nous devrait pouvoir réaliser ses rêves et faire ce qu'il veut faire. En fait, je pense que dès qu'on leur donne la chance, les filles réussissent souvent aussi bien, ou parfois même mieux, à comprendre les théories scientifiques et à les mettre en pratique que les garçons.

Je pense qu'il vaut la peine de mentionner que l'été dernier, j'ai assisté à une réunion de l'American Society for Cell Biology, qui est un événement annuel où les plus récentes avancées scientifiques concernant l'étude des virus sont présentées, et il était très apparent que de nombreux discours principaux ont été donnés par des femmes. J'ai été vraiment impressionnée par une présentation en particulier; elle a été donnée par une femme, Agbandje-McKenna, qui a fait le récit de sa vie. C'était très fascinant. Elle a grandi dans une famille pauvre dans un petit village nigérian, mais grâce au travail acharné et à ses études, elle est devenue aujourd'hui une scientifique réputée ainsi que directrice du Centre for Structural Biology de l'Université de la Floride. Je pense que son expérience démontre que si vous êtes prêts à travailler fort et à persévérer, tout est possible!

Et bien, je pense que vous en êtes probablement un très bon exemple aussi. J'aimerais vous remercier d'avoir été des nôtres aujourd'hui et de nous avoir fait part de renseignements sur votre carrière ainsi que des raisons pour lesquelles vous aimez la science. Sans aucun doute, je pense que tous seront d'accord pour dire que vous avez une passion réelle pour la science. J'espère que vous propos pourront inciter les jeunes filles à poursuivre une carrière en sciences également.

Je vous remercie grandement de m'avoir donné l'occasion de discuter avec vous aujourd'hui. J'espère sincèrement que mes quelques paroles de sagesse encourageront les jeunes filles à prendre part à la science.

Merci.

Merci.

[Fin de l'enregistrement]

Ne soyez pas intimidées par les sciences. Je crois que tout le monde doit s'efforcer d'éviter les stéréotypes et que chacun de nous devrait pouvoir réaliser ses rêves et faire ce qu'il veut faire.

 
Dre Susan Nadin-Davis
Chercheure scientifique, Laboratoire d'Ottawa

Dre Ruojing Wang

Ruojing Wang – Balado

Dre Ruojing Wang – Transcription audio

Nous parlons aujourd'hui avec Ruojing Wang, chef de la Collection nationale de semences au laboratoire de l'ACIA à Saskatoon, en Saskatchewan.

Ruojing, merci de vous être jointe à nous aujourd'hui pour parler de votre rôle à l'ACIA et de votre passion pour la science.

D'accord.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle à l'ACIA?

Bien sûr. Alors, je m'appelle Ruojing. Je travaille à l'ACIA depuis plus de 10 ans. Je suis la chef de la Collection nationale de semences. Mon rôle, plus précisément, consiste à mener des activités de recherche sur les analyses en laboratoire, ainsi qu'à valider les méthodes pour les laboratoires du secteur privé qui utilisent les épreuves de diagnostic comme méthode standard. De plus, je rédige du matériel de formation sur l'accès aux spécimens fiables de la collection nationale pour les laboratoires privés, que ce soit à des fins de formation ou d'épreuves diagnostiques. En dernier lieu, je représente l'ACIA à l'Association nationale d'essais de semences et à l'Association internationale d'essais de semences, et je participe à d'autres comités techniques chargés d'élaborer des protocoles et des méthodes, ou de normaliser les méthodes.

Évidemment, vous avez beaucoup de responsabilités, surtout en ce qui concerne l'analyse des semences. Selon vous, comment votre travail aide-t-il les Canadiens?

En fait, nous vérifions l'identité de toute semence qui arrive au laboratoire. Parmi les règlements de l'ACIA, nous avons la Loi sur les semences et la Loi sur la protection des végétaux. Ces lois visent à empêcher la propagation des graines de mauvaises herbes. Voilà donc le but premier de l'identification des semences. Le laboratoire peut recevoir un produit sous forme de semence ou de grain… nous recevons parfois des semences ou d'autres matières agricoles. Si le produit contient des semences, nous devons les identifier, déterminer s'il s'agit d'une graine de mauvaise herbe. Ensuite, nous devons déterminer si la graine de mauvaise herbe est réglementée. Si elle est réglementée, l'ACIA peut prendre des mesures selon le type de mauvaise herbe. De plus, nous détectons parfois des graines de mauvaises herbes dans les importations, qu'il s'agisse d'une nouvelle espèce dans l'environnement canadien ou d'une nouvelle espèce pour ce produit en particulier. Ces renseignements sont utilisés à l'ACIA pour la protection des végétaux, l'élaboration des politiques et la référence réglementaire.

Pouvez-vous donner un exemple de graine de mauvaise herbe?

Il y a, par exemple, l'égilope cylindrique. On peut dire que cette mauvaise herbe est très nuisible et envahissante. Cela peut être très problématique lorsqu'on plante une culture particulière qui contient de l'égilope cylindrique. Cette graine de mauvaise herbe ressemble au blé de par sa taille et son apparence. Lorsque la mauvaise herbe est vendue en tant que blé – sous forme de semence ou de grain – et qu'elle est soumise au processus de nettoyage ou de récolte, elle ne peut pas être complètement retirée du blé, car elle est de taille semblable. Les mauvaises herbes se retrouvent parfois dans nos produits. Au laboratoire, nous devons déterminer si le lot ou le produit en question contient de l'égilope cylindrique. Si oui, conformément à la réglementation, il doit être rejeté et ne peut être ni planté ni transporté.

Nous savons ce qu'est une mauvaise herbe, mais ce qui constitue une graine de mauvaise herbe, ce n'est pas toujours clair pour les non spécialistes comme moi.

Oui, je crois que, pour le public, les mauvaises herbes se trouvent généralement dans les champs. Nous sommes la première ligne de détection des graines de mauvaise herbe avant même qu'elles se propagent et apparaissent dans le champ. Nous les détectons au tout début, au stade de la semence.

Dans quel domaine scientifique avez-vous étudié? Avez-vous toujours étudié dans le même domaine?

Oui, la biologie a toujours été ma passion; cela m'intéresse depuis un très jeune âge… j'aime ce qui est vivant, surtout les plantes. Elles sont tellement variées et intéressantes. Quand j'étais jeune, je regardais voler les abeilles et les oiseaux autour des plantes. Mes études ont toujours été centrées sur les plantes. J'ai d'abord étudié en horticulture. J'ai aussi étudié la sélection des cultures maraîchères ainsi que la protection des semences – ce genre de choses. J'ai ensuite décidé de poursuivre mes études. Je suis allée à l'Université de la Saskatchewan, où j'ai fait un doctorat en écologie végétale. Mes études en écologie végétale m'ont vraiment permis d'approfondir mes connaissances et de mieux comprendre les plantes, et comment elles interagissent entre elles et avec leur milieu. J'ai toujours étudié dans le domaine des plantes, mais dans des directions différentes. [rire]

Je sais que vous avez fait beaucoup d'études. Vous avez aussi beaucoup publié. Je sais que vous avez étudié ailleurs, pas juste en Saskatchewan. Qu'est-ce que vous aimez de la science selon toutes vos expériences?

La science a une énorme incidence sur la vie des humains. Je crois que la science rend nos vies meilleures et nous aide à mieux comprendre notre environnement. De plus, la science est généralement impartiale. Elle fournit des preuves factuelles lorsqu'il faut prendre une décision. L'ACIA dirait que nous sommes un organisme de réglementation à vocation scientifique. Nous utilisons la science pour nous renseigner afin de prendre une décision plus éclairée.

Je pense que c'est pour cela que la science est si puissante et que les êtres humains sont puissants. Sans la science, nous ne pourrions pas sortir de notre espace. Sans la science, il n'y aurait pas l'interaction que nous avons aujourd'hui, comme les appels interurbains. Je me souviens la première fois que j'ai quitté la Chine pour le Japon, à ce moment-là, je ne pouvais faire qu'un appel par mois ou par semaine parce que ça coûtait trop cher. Mais maintenant, en quelques minutes, ou en quelques secondes, on peut envoyer des photos. On peut se parler. On peut diffuser nos activités en direct grâce à la technologie numérique.

Vous avez soulevé de très bons points concernant les possibilités que nous offre la science et, comme vous dites, vous avez eu l'occasion d'étudier dans différents domaines scientifiques. D'après vous, quel est le fait scientifique le plus intéressant que vous connaissez?

Il y a bien des choses intéressantes en sciences. Mais ce qui me vient à l'esprit… je regardais les nouvelles hier, et on disait qu'Amazon a ouvert un nouveau magasin sans caissiers, sans file d'attente. Vous choisissez ce que vous voulez, vous quittez le magasin et l'ordinateur enregistre vos achats. La technologie numérique et l'informatique sont très fascinantes. Elles ont vraiment changé nos vies, la façon dont les gens interagissent, la façon dont l'information est transmise et… peut-être dans quelques années, il y aura des voitures automatiques. Ces récents progrès scientifiques découlent de la technologie numérique. Je trouve cela très fascinant, ça change tous les aspects de nos vies.

Vous parlez de votre passion pour la science et de l'effet positif de la science sur la vie humaine. Encore, vous parlez de vos études en biologie et de votre passion pour les plantes et, bien entendu, l'horticulture. Vous mentionnez également les occasions que présente pour nous l'informatique. Quel scientifique ou quel aspect de la science vous inspire et pourquoi?

Quand j'étais très jeune, j'ai lu l'histoire de Marie Curie. C'était une femme scientifique. Elle a découvert le radium et elle est morte, peut-être à cause d'une longue exposition à la radiation. Elle m'a inspirée, tout d'abord, parce c'était les années 1920 – il y a longtemps. Les femmes peuvent accomplir des choses remarquables en sciences, même lorsqu'elles ne bénéficient pas du même statut écosocial que les hommes. Marie Curie a fait des choses aussi exceptionnelles que les hommes. Elle a reçu le prix Nobel deux fois. Il y avait aussi son dévouement – elle a consacré toute sa vie à la science. Malgré les défis qu'elle a connus, elle a continué de suivre sa passion. Son courage, sa persévérance et son dévouement à la science sont une source d'inspiration pour bien des jeunes filles.

La science avance tous les jours et, comme vous dites, Marie Curie, évidemment, a connu beaucoup de succès et elle est très reconnue. Que diriez-vous aux filles et aux jeunes femmes pour les encourager à choisir la science, comme vous l'avez fait?

Je leur dirais, « Faites ce qui vous passionne et vous intéresse. Si quelque chose vous intéresse, ne vous limitez pas tout simplement parce que vous êtes une femme ou que vous avez des obstacles différents à surmonter, ou bien parce que vous croyez que le rêve est trop grand. Plus il y a de défis, plus il y a de possibilités. »

Cela dit, vous savez, encore une fois, la science progresse très rapidement et nous voyons de plus en plus de femmes, comme vous, dans un domaine scientifique. En fait, 54 pour cent des scientifiques ici à l'ACIA sont des femmes. Quelle percée scientifique souhaitez-vous pour les cinq prochaines années?

J'espère bien qu'au cours des cinq prochaines années, l'intelligence artificielle, ou la technologie numérique en général, améliorera l'exactitude de nos analyses de semences et beaucoup plus… nous pourrions accroître l'accessibilité de notre formation et de nos ressources grâce à la technologie numérique. La technologie numérique peut aussi faciliter les diagnostics à distance, alors j'espère que nous pourrons utiliser cette technologie. Nous pourrions non seulement améliorer les analyses dans notre laboratoire, mais aussi rendre cette technologie… nous pourrions nous en servir pour renforcer nos frontières, aider nos inspecteurs, aider les laboratoires du secteur privé à rendre des diagnostics en temps réel grâce à la technologie numérique.

Merci beaucoup de vous être jointe à moi aujourd'hui et de m'avoir parlé de votre passion pour la science.

Je vous remercie de cette occasion de dialoguer avec vous.

Merci.

[Fin de l'enregistrement]

Plus il y a de défis, plus il y a de possibilités.

 
Dre Ruojing Wang
Chef de la Collection nationale de semences, Laboratoire de Saskatoon

Dre Hana Weingartl

Hana Weingartl – Balado

Dre Hana Weingartl – Transcription audio

Aujourd'hui, nous nous entretenons avec Hana Weingartl, chef de l'Unité des pathogènes spéciaux du Centre national des maladies animales exotiques de Winnipeg. Hana, merci d'être avec nous aujourd'hui pour parler de votre rôle à l'ACIA et nous expliquer pourquoi vous aimez les sciences.

Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de votre rôle de chef de l'Unité des pathogènes spéciaux du Centre national?

Je crois que mon titre, soit celui de chef de l'Unité des pathogènes spéciaux, décrit parfaitement mon rôle! Nous travaillons sur des maladies qui pourraient être transmises aux humains par les animaux – en particulier les animaux d'élevage – et pour lesquelles il n'existe aucun traitement ni vaccin pour l'humain. Donc, mon rôle est de diriger l'Unité, d'en établir le programme et de mener des activités de recherche et de développement incluant des essais diagnostiques pour ces maladies, comme les virus Nipah ou Ebola.

Il s'agit de deux virus qu'il est très important de combattre, c'est certain. Alors, compte tenu de l'importance de votre travail, pouvez-vous nous dire un mot au sujet des projets que vous menez et qui contribuent à sauver la vie de Canadiens et de Canadiennes?

D'accord. Dans notre laboratoire, qui est un laboratoire de biosécurité, nous travaillons avec des virus assez dangereux, comme Ebola et Nipah. Nous tentons de mettre au point des méthodes de diagnostic permettant de les détecter le plus rapidement possible au cas où ils seraient introduits au Canada, accidentellement ou délibérément. Nous nous concentrons au niveau vétérinaire, car nos collègues de l'Agence de la santé publique du Canada ont des capacités diagnostiques; en fait, ils effectuent très souvent des épreuves diagnostiques pour dépister ces maladies chez l'humain. Voilà pourquoi nous nous concentrons sur les aspects vétérinaires et que notre travail est surtout axé sur la prévention. Dans l'éventualité d'une éclosion, nous travaillons aussi à la mise au point de vaccins vétérinaires, car ceux-ci permettraient de mettre fin à la transmission de virus aux humains par les animaux d'élevage. Par exemple, nous savons que le virus Nipah se transmet très facilement du porc à l'humain. Aussi, nous voulons être en mesure de détecter immédiatement ou du moins très rapidement la présence de virus chez le porc afin d'empêcher qu'il ne soit transmis à l'humain. Nous sommes donc plutôt du côté de la prévention, donc peut-être moins visibles, mais nous sommes définitivement prêts à agir.

Alors, quand avez-vous su que vous vouliez travailler en science?

Je crois que je l'ai compris en sixième année. Notre professeur de mathématique était fantastique. À cette époque, je fréquentais une école expérimentale qui n'a été ouverte que pendant environ un an. Cette femme enseignait à l'université, mais était bénévole pour enseigner aux enfants dans cette école spéciale. Elle était très inspirante! C'est là que je me suis dit : « La science? Oui, c'est bien, c'est intéressant ».

Donc, saviez-vous dans quel domaine scientifique vous souhaitiez étudier exactement, mis à part votre intérêt manifeste pour les mathématiques?

En effet, j'aimais les mathématiques, puis j'ai aussi aimé la physique, mais en fin de compte, je me suis tournée davantage vers la biologie, parce que je voulais connaître l'origine de la vie, je voulais savoir comme cela fonctionnait. Vous savez, les virus sont très intéressants, car d'un côté ils ne sont pas vivants, mais d'un autre côté, ils le sont! Cela m'intriguait beaucoup. Ensuite, j'ai étudié en biologie générale à l'Université Charles de Prague. Bon nombre de nos cours étaient en fait à la limite entre la physique et la biologie. Nous avions des cours de biophysique. Nous devions étudier la chimie biophysique. Nous avions des modélisations mathématiques des systèmes biologiques. Mais j'ai commencé principalement avec les mathématiques et la physique, puis je me suis lentement tournée vers la biologie puis vers la virologie.

Alors, selon vous, pourquoi aimez-vous autant la science? Qu'est-ce que vous aimez le plus au sujet de la science?

Et bien, j'aime résoudre des mystères et des casse-tête. Et je crois qu'en science, il y a du nouveau tous les jours. Vous posez des questions, puis vous cherchez des réponses, ou bien on vous donne les pièces d'un casse-tête, et vous les réassemblez. Autrement dit, c'est un défi constant et votre travail est toujours intéressant! C'est une façon de travailler qui est réellement passionnante.

Quel est le fait scientifique le plus intéressant que vous connaissez? Ce peut être une chose, n'importe quoi, que vous avez étudiée par le passé, ou que vous étudiez maintenant.

En bien en fait, les théories et les hypothèses me fascinent davantage que les faits. La théorie la plus intéressante, à mon avis, n'est pas dans mon domaine. Il n'y a pas si longtemps, j'ai lu dans une revue qu'il semblerait qu'il y a une bosse sur notre univers parce qu'un autre univers aurait percuté le nôtre. J'adore ce genre de théories! Je les trouve très intéressantes!

Manifestement, vous avez eu une belle carrière; vous avez eu la chance d'étudier plusieurs facettes des sciences et, bien sûr, des mathématiques et de la physique. Pouvez-vous nous nommer un ou une scientifique qui vous inspire et nous dire pourquoi?

Depuis l'enfance, j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour Marie Skłodowska Curie. C'est une pionnière de la recherche sur la radioactivité. Elle a découvert, en collaboration avec son mari, deux éléments radioactifs. Elle est plus grande que nature. Elle est la première femme à avoir reçu un Prix Nobel. Elle est aussi la première personne à en avoir reçu deux, et la seule à posséder un Prix Nobel dans deux disciplines scientifiques, soit en physique et en chimie. Aussi, pendant la Première Guerre mondiale, elle a assemblé un petit laboratoire de radiographie mobile, et elle a été parmi les premières femmes à obtenir un permis de conduire afin de pouvoir se déplacer d'un hôpital à l'autre pour venir en aide aux soldats blessés qui revenaient du front. Elle faisait ça avec sa fille. Bref, c'était vraiment une femme extraordinaire.

Vous savez, à voir autant de personnes qui sont comme ça, comme Marie Curie – parce que j'ai entendu parler d'elle moi aussi, j'ai vu le film – c'est intimidant n'est-ce pas? C'est intimidant, mais c'est aussi inspirant de penser que nous pouvons et devrions en faire plus. À quelle percée scientifique souhaitez-vous assister au cours des cinq prochaines années? Je sais que vous êtes aussi professeure, alors vous voyez sans doute beaucoup de possibilités.

Je prends ma retraite cette année. Alors en fait, ce que je souhaite, c'est de voir mes deux étudiants obtenir leur diplôme. Je supervise aussi trois boursiers postdoctoraux en ce moment. En fait, les cinq ont fait des découvertes très intéressantes. Alors j'espère faire publier le fruit de leur travail, dans des revues scientifiques importantes espérons‑le, parce que je crois que leurs découvertes sont assez excitantes.

Alors donc, vous êtes professeure, vous avez eu une longue carrière. Vous êtes au bord de la retraite. Vous avez étudié différentes facettes de la science et, manifestement, vous avez un énorme bagage à partager. Que diriez-vous aujourd'hui aux filles et aux jeunes femmes pour les encourager à choisir les sciences?

Et bien, je crois que je leur dirais qu'une vie très intéressante s'offre à elles. Travailler en science, c'est passionnant. Si ce domaine les attire, elles devraient foncer et ne laisser personne leur dire qu'elles ne peuvent pas y arriver parce qu'elles sont des filles ou des jeunes femmes.

Et bien merci beaucoup de votre présence avec nous aujourd'hui. Nous apprécions beaucoup que vous ayez partagé votre amour des sciences avec nous, et nous vous souhaitons la meilleure des chances dans le prochain chapitre palpitant de votre vie : la retraite?

[rires] Et bien, merci beaucoup. Ce fut avec plaisir.

Merci.

[Fin de l'enregistrement]

Nous travaillons à la mise au point de vaccins vétérinaires, car ceux-ci permettraient de mettre fin à la transmission de virus aux humains par les animaux d'élevage. Peut-être que c'est moins visible, mais nous sommes définitivement prêts à agir.

 
Dre Hana Weingartl
Chef de l'Unité des pathogènes spéciaux, Laboratoire de Winnipeg

Dre Émilie Larocque

Émilie Larocque – Balado

Dre Émilie Larocque – Transcription audio

Nous parlons aujourd'hui avec Émilie Larocque, virologiste au laboratoire de Saint-Hyacinthe. Émilie, merci de vous être jointe à nous aujourd'hui pour parler de votre rôle à l'ACIA et de ce que vous aimez du domaine scientifique.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle en tant que virologiste à l'ACIA?

Oui, mon rôle consiste principalement à mener des activités de recherche dans le domaine de la salubrité des aliments. Les maladies d'origine alimentaire sont non seulement provoquées par des bactéries et des parasites, mais aussi par des virus. Les virus sont d'ailleurs responsables de la plupart de ces intoxications alimentaires. Concrètement, mon travail consiste à développer des méthodes de détection et d'identification de ces virus, en particulier les norovirus et virus de l'hépatite A, dans des échantillons alimentaires. Ces échantillons peuvent être de la laitue, des fines herbes, des fruits frais ou congelés ou quelque chose de ce genre. Notre but ultime est d'améliorer la capacité du [service diagnostique des laboratoires en virologie alimentaire de] l'ACIA et aussi d'appuyer les enquêtes des organismes de santé publique lors d'une éclosion d'origine alimentaire.

Cela semble très, très important. Quand avez-vous su que vous vouliez travailler dans le domaine scientifique ?

Je me rappelle petite, peut-être à 6 ou 7 ans, que lorsque les gens me demandaient ce que je voulais faire plus tard, je leur répondais « biologiste de la vie marine ». J'ai toujours adoré mes cours de biologie en grandissant, et je réussissais bien en sciences. Aujourd'hui, je ne suis pas biologiste de la vie marine, mais j'ai quand même un baccalauréat en biologie.

Vous avez donc un baccalauréat en biologie, vous vouliez être biologiste de la vie marine et vous êtes aujourd'hui virologiste. Avez-vous étudié dans d'autres domaines scientifiques?

En fait, oui. Lorsque j'ai fait mon baccalauréat, je me suis spécialisée en biologie moléculaire et biotechnologie, ensuite lors de mes études graduées, j'ai fait de la recherche fondamentale sur les rétrovirus en virologie moléculaire.

Il est évident que vous consacrez beaucoup de temps à l'étude des humains et des virus d'origine alimentaire. Qu'est-ce que vous aimez de la science?

Je dois dire que j'aime toutes les étapes de la démarche scientifique, c'est-à-dire la formulation d'une question, les recherches sur le sujet, la formulation d'une hypothèse, la création d'un design expérimental permettant de tester cette hypothèse. Évidemment, j'aime aussi exécuter les expériences, analyser les données recueillies et enfin trouver des explications. J'aime aussi le fait que cette démarche permette de développer de nouvelles connaissances, et c'est ce qui rend la science très exaltante.

Étant donné toutes vos études et votre passion pour la science, quel est le fait scientifique le plus intéressant que vous connaissez?

Eh bien, c'est le fait que des rétrovirus auraient intégré le génome de primates il y a environ 25 millions d'années et maintenant, environ 8 % du génome humain contient des séquences rétrovirales ancestrales. Bien que ces séquences virales soient actuellement inactives, certaines peuvent encore produire des protéines et être bénéfiques pour l'humain.

Lorsque je vous écoute parler, je me rends compte que vous adorez la science et que cela fait partie de vous et de vos études depuis longtemps. Que diriez-vous aux filles et aux jeunes femmes aujourd'hui pour les encourager à choisir la science?

Je leur dirais tout d'abord, « soyez fidèle à vous-même ». Si vous êtes passionnée par la science, si c'est ce qui vous rend heureuse et fière, alors n'hésitez pas, lancez-vous!

Merci de nous avoir fait part de votre expérience, Émilie. Nous sommes très heureux d'avoir dialogué avec vous aujourd'hui.

Ça m'a fait plaisir.

Merci.

Merci.

[Fin de l'enregistrement]

J'aime le fait que le processus mène à de nouvelles connaissances. C'est d'ailleurs ce qui rend le domaine des sciences si excitant.

 
Dre Émilie Larocque
Virologiste, Laboratoire de Saint-Hyacinthe

Anna-Mary Schmidt

Anna-Mary Schmidt – Balado

Anna-Mary Schmidt – Transcription audio

Aujourd'hui, nous parlons avec Anna-Mary Schmidt, responsable des contrôles diagnostiques sur la vigne, au Laboratoire de Sidney de l'ACIA, Centre de protection des végétaux, à Sidney, en Colombie-Britannique. Merci de vous joindre à nous aujourd'hui pour nous parler de votre rôle à l'ACIA et de votre passion pour les sciences.

C'est un grand plaisir!

Anna-Mary, expliquez-nous votre rôle en tant que responsable des contrôles diagnostiques sur la vigne, à l'ACIA.

Bien sûr. Mon rôle principal consiste à gérer les programmes de contrôle virologique des vignes et des petits fruits ainsi que les programmes d'élimination des virus qui s'attaquent à ces plantes. Par « petits fruits », je veux dire les baies, les fraises, les framboises, les canneberges, etc. J'offre aussi des conseils scientifiques au personnel des programmes de protection des végétaux de l'ACIA, aux autres ministères, aux gouvernements étrangers et, au besoin, à des organismes internationaux de protection des végétaux. Je gère des projets de recherche et de développement technologique touchant les vignes et les petits fruits, auxquels il arrive aussi que je participe.

Vous avez donc beaucoup de responsabilités. Comment vous sentez-vous de savoir que votre travail contribue à aider les Canadiens?

Eh bien, une des tâches principales du Laboratoire de Sidney est d'assurer que le matériel végétal qui entre au Canada soit introduit de manière sécuritaire et de prévenir l'introduction d'organismes nuisibles et de pathogènes. Ces pathogènes et organismes nuisibles pourraient sérieusement nuire à l'économie canadienne, endommager l'environnement et menacer la sécurité sanitaire de notre approvisionnement alimentaire. Mon rôle est de gérer l'analyse de certaines denrées importées et de déterminer l'état de santé ou l'état phytosanitaire des plantes en question avant de décider si elles peuvent être libérées ou non.

Y a-t-il un ravageur en particulier qui vous a causé plus de problèmes que d'autres?

Eh bien, les virus sont problématiques. Au Laboratoire de Sidney, si nous nous concentrons surtout sur les maladies virales et celles qui leur ressemblent, c'est parce que lorsque ces virus infectent une plante hôte, la plante est infectée pour toute sa vie. Quand une plante est infectée par un virus, on ne peut pas la traiter comme on pourrait traiter une infection fongique. Si une plante est infectée par un virus dans un verger ou un vignoble, la seule chose que l'on puisse faire, c'est d'enlever la plante infectée. Il existe des méthodes pour éliminer des virus dans des plantes dans des conditions contrôlées, mais pas si la plante se trouve dans un champ, un vignoble ou un verger. En fait, les virus représentent vraiment un défi.

Vous dites que votre travail concerne spécifiquement les vignes et les fruits, et évidemment ces plantes jouent un rôle très important dans l'économie de la Colombie-Britannique. Qu'est-ce qui vous a poussée vers les sciences?

Cela s'est fait de manière plutôt graduelle. Quand j'étais jeune, toutes sortes de choses m'intéressaient, et pendant longtemps, je voulais devenir détective, ce qui est amusant, parce qu'en science, il faut aussi faire des enquêtes et rassembler les renseignements comme s'il s'agissait d'un casse-tête. Et puis, j'adorais être dehors, et la nature m'inspirait. Je pense que la nature nous renseigne beaucoup sur la science, la beauté, la créativité et la spiritualité. Ce sont surtout les aspects de la beauté et de la créativité de la nature qui m'ont accrochée, et très jeune, je suis tombée en amour avec la photographie. J'ai reçu mon premier appareil 35 mm pour mes quatorze ans. Naturellement, c'était bien avant l'ère numérique, alors j'ai appris à développer les films et à imprimer les photos, et j'adorais ça. Avant d'étudier en sciences, je me suis intéressée aux arts, et j'ai obtenu un diplôme en art photographique. Plus tard, je me suis rendu compte que je devais retourner aux études étant donné mon intérêt pour la nature et les sciences, j'ai choisi une science biologique.

Vu que vous aviez étudié en arts, avez-vous senti que la transition vers les sciences a été facile?

Eh bien non, pas au début. Vous savez, les deux premières années en sciences, on semble voir surtout des concepts de base et il y a beaucoup de choses à mémoriser. Mais en troisième et en quatrième année, on arrive aux choses plus intéressantes, et c'est là que j'ai vu que la science était vraiment un processus très créatif.

Et maintenant que vous en faites depuis quelques années et que vous avez touché à tellement de sciences différentes, quel est le fait scientifique qui vous fascine le plus?

Je me souviens d'un cours de microbiologie de deuxième année où j'ai eu une véritable révélation : nous apprenions que les virus se trouvent dans une zone grise en ce qui a trait au vivant et au non-vivant. En effet, ils ne peuvent pas se répliquer par eux-mêmes : ils ont besoin, pour cela, d'une cellule hôte, et en fait ils détournent la machinerie de réplication de la cellule hôte pour se répliquer. Mais ce faisant, ils peuvent gravement nuire à leur hôte. Voilà un élément qui me fascine!

En tant que scientifique, diriez-vous que c'est quelque chose qui vous inspire? Ou alors qu'est-ce qui vous inspire en tant que scientifique? Ou encore qui est-ce qui vous inspire en tant que scientifique?

Eh bien, je suis passionnée par le fait que la science ne soit pas entièrement découpée en noir et blanc. En ce qui concerne les gens qui m'inspirent, je dois dire que Rosalind Franklin est une grande source d'inspiration pour moi. Nous la connaissons naturellement comme chimiste, spécialiste de la cristallographie aux rayons X qui a contribué de manière importante à la découverte de la structure en double hélice de l'ADN. Malheureusement, elle n'a pas partagé avec ses collègues James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins le prix Nobel pour cette découverte. Je pense que nous connaissons tous les noms de Watson et Crick, mais malheureusement celui de Rosalind Franklin est moins connu. Elle est inspirante parce qu'elle a dû lutter pour sa place en sciences, étant une femme dans un monde d'hommes, mais elle a vraiment persévéré. Je pense que cela se voit quand on lit au sujet de… ceux qui n'étaient pas intimidés par sa présence ont vu une femme extrêmement intelligente et compétente, pleine d'esprit et très sportive. Elle aimait voyager et découvrir d'autres cultures. Elle avait un esprit très, très curieux. Plus tard, elle a utilisé la cristallographie pour étudier la structure des virus des plantes, ce qui est plutôt cool, compte tenu de mon champ de travail actuel.

Quelle est la percée scientifique que vous espérez au cours des cinq prochaines années?

Eh bien, j'aimerais voir de meilleurs traitements contre le cancer et, bien sûr, un remède. Vous savez, je pense que le cancer c'est quelque chose qui a touché presque chacun d'entre nous. Je dois dire que j'aimerais beaucoup voir des progrès dans ce domaine.

Avec la carrière que vous avez, vos études universitaires et, bien sûr, votre intérêt pour les scientifiques comme Rosalind Franklin, que diriez-vous aux filles et aux jeunes femmes pour les encourager à choisir les sciences?

Je leur dirais : « Faites ce que vous aimez, croyez en vos capacités et essayez de ne pas être intimidées ou effrayées. » Je suis sûre que les filles ont ce qu'il faut, et je pense qu'il est vraiment important que tout le monde, et pas seulement les jeunes femmes, comprenne ce que font les scientifiques. Si vous le pouvez, inscrivez-vous à un programme d'observation des scientifiques. Si vous aimez la physique, le génie mécanique ou l'entomologie – les insectes – essayez d'observer et de suivre quelqu'un dans ce domaine pour vous faire une idée de ce qu'il fait. Je pense que cela peut être très instructif pour les jeunes. Je pense également que je recommanderais de ne pas se limiter à un seul intérêt et de comprendre que différentes disciplines peuvent très bien aller de pair. Si vous commencez dans une voie et que vous vous rendez compte que ce n'est pas tout à fait ce que vous vouliez, n'ayez pas peur d'essayer quelque chose de nouveau, et prenez votre temps pour choisir la carrière que vous voulez mener. Permettez-vous de mieux comprendre comment le monde fonctionne avant de prendre de grandes décisions comme celle-ci.

Je suis d'accord, ce serait bien de voir plus de filles poursuivre tous leurs intérêts.

Mais oui! Et pourquoi pas?

En effet, et pourquoi pas? Merci beaucoup de nous avoir accordé du temps aujourd'hui. Nous vous sommes reconnaissants d'avoir partagé votre expérience avec nous.

Je vous en prie. Je suis contente d'avoir eu l'occasion de le faire.

Merci.

Merci.

[Fin de l'enregistrement]

Quand j'étais petite, je voulais devenir détective. Le travail du scientifique est assez semblable à celui du détective quand on y pense; il enquête aussi sur l'inconnu et il doit rassembler les pièces d'un casse-tête.

 
Anna-Mary Schmidt
Chef de section diagnostique, vigne, Laboratoire de Sidney
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