Soutenir la recherche et le développement novateurs ainsi que la création de partenariats

L'ACIA est toujours heureuse de pouvoir optimiser sa capacité scientifique grâce à la collaboration.

Pratiques exemplaires en salubrité des aliments

La science de la salubrité des aliments est complexe et les scientifiques de l'ACIA s'efforcent constamment de se tenir au courant de la nouvelle technologie, des nouveaux procédés et des nouvelles pratiques. La création de solides relations de travail à l'échelle nationale et internationale est un élément essentiel de ces efforts à faire. Les partenariats ainsi créés contribuent à la mise au point de méthodes d'analyse, au transfert des connaissances qui peuvent donner lieu à des applications utiles et à l'élaboration de règlements pour protéger les Canadiens.

La recherche concertée sur E. coli peut sauver des vies

L'infection causée par Escherichia coli vérotoxigénique (VTEC), dont l'E. coli O157:H7, peut causer un éventail de réactions allant de la diarrhée courante à de graves colites hémorragiques et au syndrome hémolytique et urémique (SHU) qui risque d'être fatal. Même si ce sont des produits du bœuf qui sont normalement associés aux éclosions de VTEC, d'autres produits, comme des fruits et légumes frais, ont également été mis en cause.

Des chercheurs de l'ACIA se sont associés à des collègues de Santé Canada, de l'Agence de la santé publique du Canada et d'Agriculture et Agroalimentaire Canada pour combler les lacunes importantes en matière de connaissances du VTEC et de la production alimentaire, ainsi que pour collaborer à l'élaboration de moyens de dépistage du VTEC tout au long de la filière d'approvisionnement alimentaire, de la ferme au consommateur. Chaque ministère possède des compétences et un point de vue uniques qui facilitent l'élaboration d'une méthode cohésive qui permettra de détecter des souches clés du VTEC dans les aliments. Les chercheurs espèrent qu'un modèle semblable pourra être utilisé dans d'autres dossiers nouveaux comme celui de la contamination par la bactérie Listeria.

Image - typage moléculaire
Typage moléculaire

Dans le cadre du programme de surveillance environnementale de l'ACIA, des écouvillons sont analysés pour y détecter la présence de Salmonella et de Listeria. Les isolats bactériens provenant d'échantillons positifs subissent une caractérisation plus poussée grâce au typage moléculaire (en médaillon).

Vers une nouvelle réglementation des allergènes

Il y a plusieurs années, Santé Canada et l'ACIA ont reconnu le besoin de créer une tribune qui favoriserait la discussion libre entre les laboratoires des aliments intéressés aux analyses des allergènes. Ces deux ministères ont donc constitué conjointement le Comité de méthodologies sur les allergènes. Ce comité sert de guide et de coordonnateur pour l'élaboration, l'exécution et l'avancement des programmes d'analyse et de recherche sur les allergènes. Il officialise les lignes directrices et les critères de rendement des méthodes concernant les allergènes et élabore des documents de référence et des normes qui serviront d'assise commune pour l'évaluation et l'application des méthodes dans nos laboratoires.

L'ACIA et Santé Canada s'emploient à réviser les dispositions réglementaires sur les allergènes. L'ACIA est chargée des nouvelles méthodologies d'analyse et elle a réalisé des progrès importants vers la validation d'une nouvelle méthode d'analyse des allergènes des protéines du soja dans ses laboratoires de Longueuil et de Burnaby. L'ACIA, ainsi que des laboratoires et des entreprises du secteur privé qui appliquent leurs propres programmes de contrôle des allergènes, utiliseront les trousses d'analyse. De plus, l'ACIA a récemment mis au point une trousse d'analyse pour la détection des noix. Ces trousses d'analyse, ainsi que des documents d'orientation comme le « Guide d'étiquetage et de publicité sur les aliments », aident l'industrie à se conformer aux exigences.

Soutien aux études supérieures en recherche sur la salubrité des aliments

En 2009, l'ACIA a établi un partenariat avec l'Université McMaster, afin de soutenir les travaux de deux chercheurs aux études supérieures — un étudiant à la maîtrise travaillant sur le mécanisme de formation de biofilms par Listeria monocytogenes et un étudiant au doctorat travaillant sur la mise au point d'une analyse diagnostique pour le dépistage d'agents pathogènes d'origine alimentaire dans un établissement de fabrication. Grâce à ce partenariat, l'ACIA obtiendra des connaissances utiles sur la production et le contrôle possible des biofilms, ainsi que des méthodes de dépistage plus sensibles et rapides en matière d'agents pathogènes comme Listeria.

L'ACIA et l'agrément de laboratoires

L'ACIA exécute des programmes qui comportent la réalisation d'analyses par d'autres laboratoires pour le compte de l'ACIA ou d'autres clients, afin de satisfaire aux exigences en matière de réglementation. Nous collaborons avec des organismes d'agrément reconnus comme le Conseil canadien des normes (CCN), dans la mesure du possible, afin d'agréer des laboratoires externes qui possèdent les compétences techniques nécessaires. Le CCN évalue les laboratoires alors que l'ACIA offre les services d'évaluateurs techniques compétents ayant reçu une formation pertinente. Ainsi, on a agréé plus de 70 laboratoires dont la majorité font des analyses d'aliments destinés aux humains ou aux animaux et d'engrais, mais dont plusieurs sont agréés pour mener des analyses phytosanitaires et zoosanitaires.

Dans certains cas, l'ACIA est chargée de coordonner l'agrément avec le CCN. Par exemple, grâce à une entente avec l'Institut canadien des semences, le laboratoire de l'ACIA à Saskatoon agrée des laboratoires d'analyse des semences, alors que l'Institut canadien des semences fait des vérifications de suivi. Dans d'autres cas, l'ACIA offre un programme d'approbation aux laboratoires qui réalisent certaines analyses zoosanitaires et phytosanitaires.

Miser sur les meilleures percées scientifiques pour favoriser la santé des animaux

Les scientifiques de l'ACIA travaillent en partenariat avec les universités, les ministères fédéraux et provinciaux et les chercheurs du secteur privé afin d'améliorer de façon continue le système d'alerte précoce et la capacité de diagnostic des zoonoses et des maladies animales du Canada.

Combler l'écart entre les connaissances scientifiques des maladies animales et humaines

Reconnaissant le besoin de coordonner leurs interventions en matière de surveillance de la santé animale et humaine, des dossiers chauds et des menaces possibles, l'ACIA et l'Agence de la santé publique du Canada travaillent ensemble sur plusieurs fronts. Les chercheurs collaborent entre eux tous les jours, qu'il s'agisse de solliciter des conseils scientifiques ou d'en prodiguer ou encore de mettre en commun leur capacité d'analyse en laboratoire. Un projet concerté d'importance porte sur la comparaison de l'efficacité des vaccins commerciaux classiques contre le virus de l'influenza H5N1 et le nouveau virus H1N1 pandémique.

L'ACIA et l'Agence de la santé publique du Canada ont également établi plusieurs groupes de travail conjoints — évaluation du risque, surveillance et échange d'information, sciences et recherche — qui sont chargés de proposer et de mettre en œuvre des solutions pour favoriser la collaboration dans le dossier des zoonoses. Dans ce contexte, plusieurs avancées positives en matière de prévention et d'état de préparation ont déjà été observées. Il s'agit notamment de l'évaluation intégrée du risque d'infection par le virus H1N1 pandémique chez les gens et les porcs et d'un module d'alerte aux zoonoses qu'utilisera le Réseau canadien de renseignements sur la santé publique.

Partenariats de l'ACIA ciblant la sécurité et la protection publiques

L'ACIA a participé à plusieurs projets financés par l' IRTC (p. ex., Réseau canadien de surveillance zoosanitaire, Prévisions scientifiques relatives à la santé animale). L' IRTC est l'un des programmes que gère le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada. Par exemple, en partenariat avec l'Agence de la santé publique du Canada, l'Université de Calgary, le département de l'Agriculture des États-Unis et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis, l'ACIA s'emploie à élargir la capacité de diagnostic de la fièvre de la vallée du Rift en médecine vétérinaire et humaine, en Amérique du Nord.

L'ACIA collabore également avec le Royaume-Uni et l'industrie à la mise au point d'un outil intégré automatisé et portatif qui permet de diagnostiquer des maladies bovines et aviaires pouvant avoir des conséquences très graves.

L'ACIA apporte une aide au laboratoire vétérinaire de Colombie pour la surveillance des maladies aviaires

Le Centre national des maladies animales exotiques de l'ACIA collabore avec le laboratoire national de diagnostic vétérinaire de Bogota, en Colombie, afin d'appliquer des méthodes de diagnostic en laboratoire en vue de la surveillance, de l'identification et de la caractérisation des virus de l'influenza aviaire et de la maladie de Newcastle. Des ateliers et de la formation pratique, notamment sur des méthodes d'analyse diagnostique, d'évaluation des résultats des analyses et de diagnostic d'anomalies, ainsi que sur l'assurance de la qualité, constitueront l'assise de ce projet de jumelage de trois ans.

Formation sur la reconnaissance des maladies animales exotiques

Chaque année, le Centre national des maladies animales exotiques offre un cours de reconnaissance des maladies animales exotiques ayant pour but d'aider les vétérinaires de première ligne qui peuvent avoir à prendre des décisions d'une grande importance sur le site même d'une éclosion potentielle d'une maladie animale exotique. Les participants assistent à des exposés présentés par des experts canadiens ou des experts de réputation mondiale ainsi qu'à des séances pluridisciplinaires. Ils reçoivent également de la formation sur les diagnostiques.

Réseau canadien de l'épidémiologie vétérinaire réglementaire

L'ACIA et le Collège vétérinaire de l'Atlantique collaborent à rehausser les compétences en épidémiologie vétérinaire réglementaire au Canada. Le nouveau Réseau canadien de l'épidémiologie vétérinaire réglementaire (CRVE-Net) établit un lien entre les cinq facultés vétérinaires et les organismes fédéraux et provinciaux du Canada.

Cette initiative appuie la surveillance épidémiologique, l'analyse du risque et la modélisation des maladies. Le partenariat attire d'autres investisseurs comme le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario et l'Agence de la santé publique du Canada, et offre également d'excellentes possibilités de formation aux médecins vétérinaires et aux étudiants. Le réseau renforce davantage la capacité du Canada de comprendre les défis associés aux maladies animales émergentes et aux zoonoses et d'intervenir.

Projets concertés pour la protection des végétaux

L'ACIA collabore avec plusieurs partenaires des universités, collèges et administrations publiques, au Canada et à l'étranger, à la réalisation d'initiatives de protection des végétaux. Elle agit comme chef de file en ce qui concerne l'application de la stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes (EEE) visant la gestion des végétaux et des phytoravageurs non indigènes.

Nouveaux outils de dépistage de la spongieuse asiatique

La spongieuse asiatique (Lymantria dispar), la spongieuse rose (L. mathura) et la nonne (L. monacha) sont des ravageurs destructifs des forêts, originaires de l'Asie, qui peuvent être transportés sur des navires et des conteneurs maritimes provenant de l'étranger. Il est essentiel, pour la prévention et l'éradication, de pouvoir compter sur des méthodes efficaces de dépistage de ces ravageurs exotiques. L'ACIA a versé des fonds à des scientifiques de l'Université Simon Fraser pour qu'ils entreprennent des études sur l'écologie sémiochimique des spongieuses, ainsi que sur l'attraction physiologique que les lumières exercent sur eux. Les chercheurs ont également amélioré les voies synthétiques de production de la phérormone de L. mathura et fourni à l'ACIA une quantité du produit chimique suffisante pour accroître l'efficacité des enquêtes de piégeage par phérormone. Ces travaux contribueront aux efforts plurilatéraux visant à concevoir de meilleurs systèmes de surveillance des ports en Asie et à réduire la probabilité que des spongieuses pondent leurs œufs sur des navires et des conteneurs.

Enquêtes sur le sirex en Ontario et au Québec

L'ACIA s'est associée au ministère des Richesses naturelles de l'Ontario et au ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec pour mener de vastes enquêtes de dépistage du sirex (Sirex noctilio). Les enquêtes, qui se fondaient sur les recommandations techniques de scientifiques du Service canadien des forêts, ont permis à l'ACIA de profiter des vastes compétences en matière de protection des forêts des ministères provinciaux des richesses naturelles. Ces enquêtes continues permettent de recueillir des renseignements utiles sur la distribution et de soutenir l'élaboration d'une politique de réglementation.

Le sirex a causé de graves dommages dans les plantations de pins après son introduction dans l'hémisphère Sud. Originaire de l'Eurasie, cette espèce a été détectée dans le Nord-Est des États-Unis en 2004.

Enquête sur les techniques canadiennes de piégeage du typographe de l'épinette

Depuis 1998, l'ACIA a mené des enquêtes nationales pour le dépistage du typographe de l'épinette (Ips typographus) — l'un des ravageurs des épinettes les plus destructeurs en Europe — et d'autres ravageurs exotiques des forêts. L'ACIA et le Centre forestier national de la Slovaquie ont collaboré à des essais sur le terrain visant à déterminer dans quelle mesure le typographe de l'épinette était attiré par les systèmes canadiens de piégeage dans leur environnement européen indigène. Comme le ravageur n'a pas été signalé en Amérique du Nord, tout essai visant à déterminer l'efficacité des techniques de piégeage doit se faire outre-mer. Les données obtenues lors de ces essais aideront à peaufiner les protocoles canadiens d'enquête et à accroître la probabilité de dépistage de l'I. typographus et d'autres ravageurs forestiers réglementés.

Biosurveillance de l'agrile du frêne

L'agrile du frêne est un ravageur très difficile à détecter parce que les infestations commencent habituellement au sommet du couvert forestier. Les méthodes classiques de dépistage du ravageur, dont les enquêtes visuelles, les levés au sol et les pièges collants, sont coûteuses et demandent une forte intensité de main-d'œuvre. Elles peuvent également être destructives ou peu pratiques.

L'ACIA et la province de l'Ontario ont offert un appui à une série d'études visant à déterminer si une espèce d'ammophiles qui se nourrit de buprestidés, Cerceris fumipennis, pourrait servir à détecter la présence de l'agrile du frêne. Les résultats des études qui ont été entreprises en collaboration avec l'Université de Guelph, le département de l'Agriculture des États-Unis et le Service des forêts des États-Unis ont révélé que les colonies naturelles de l'ammophile peuvent détecter l'agrile du frêne et que ses colonies mobiles sont plus sensibles que les outils de dépistage actuellement utilisés. La recherche a mené à la publication d'un guide sur C. fumipennis à l'intention des gouvernements provinciaux, des municipalités et des autres organismes intéressés à adopter cette méthodologie. Ces études se poursuivent afin d'optimiser la technique et de déterminer s'il est faisable, sur le plan opérationnel, de l'utiliser dans le cadre d'enquêtes de dépistage.

Image - des pièges spécialement conçus sont utilisés pour le dépistage de l'agrile du frêne
Des pièges spécialement conçus sont utilisés pour le dépistage de l'agrile du frêne

Photo : Ressources naturelles Canada


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