Les technologies restreignant l'utilisation génétique (GURT), que l'on appelle aussi parfois technologies « Terminator », sont des formes expérimentales de technologies de génie génétique qui permettent de restreindre soit l'utilisation d'une variété végétale, ou l'expression d'un caractère chez une variété végétale, en activant ou en désactivant un gène.
Les recherches portent actuellement sur deux types de technologie GURT. Le premier type, qui est propre à une variété (v-GURT), vise à agir sur la fertilité d'une plante ou sur le développement de ses semences. Il pourrait, par exemple, empêcher des graines de semence de germer après la récolte.
Quant au second type, dit propre à un caractère (t‑GURT), il permettrait à des plantes d'exprimer un caractère bénéfique (p. ex. la résistance à la sécheresse) seulement après avoir subi un traitement spécifique, comme l'application d'une pulvérisation spéciale. Sans le traitement, le caractère ne s'exprime pas. Ce type de GURT n'agirait pas sur la fertilité de la plante ni sur le développement de ses semences. Les végétaux possédant des caractères GURT se rangent dans la catégorie plus vaste des végétaux à caractères nouveaux (VCN).
Il importe de noter qu'aucune demande de dissémination, dans l'environnement, de végétaux ayant des caractères GURT n'a encore été présentée au Canada. Cette technologie n'en est encore qu'à l'étape expérimentale en laboratoire; aucun concepteur n'a tenu jusqu'ici au Canada des essais au champ en milieu confiné ni présenté de demande de culture commerciale de tels végétaux.
Les essais au champ en milieu confiné (essais au champ qui visent à limiter l'incidence des végétaux sur l'environnement jusqu'à ce que les évaluateurs de l'ACIA et de Santé Canada les aient pleinement étudiés en vue de la dissémination) ont pour objectif de permettre aux concepteurs de VCN d'étudier leurs végétaux dans l'environnement et de produire des données sur leur innocuité. En réglementant les essais au champ en condition confinée de tout VCN, l'ACIA ne permet la tenue de tels essais que si les données scientifiques appropriées justifient l'innocuité d'un essai pour l'environnement, les animaux, les végétaux et les humains. Elle appliquera la même approche à toute demande à venir de tenue d'essais au champ en milieu confiné pour des végétaux ayant des caractères GURT.
À l'instar de tous les végétaux à caractères nouveaux, il ne sera possible d'autoriser l'utilisation au Canada de tout nouveau végétal ayant des caractères GURT qu'une fois qu'il aura été soumis à une évaluation scientifique rigoureuse de son innocuité pour l'environnement et les aliments de consommation humaine et animale. Pour de plus amples renseignements sur l'évaluation de l'innocuité des végétaux à caractères nouveaux, voir les fiches de renseignements intitulées « Réglementation de la biotechnologie agricole au Canada : Questions liées à l'environnement » et « Processus d'évaluation de l'innocuité des aliments nouveaux et des produits agricoles issus de la biotechnologie ».
À l'instar d'autres technologies, les GURT risquent d'influer sur le secteur agricole de plusieurs façons. Il est vrai que certains types de GURT pourraient nuire à la capacité des agriculteurs de conserver des semences en vue de l'année suivante, mais, en revanche, les mêmes technologies pourraient empêcher la propagation indésirable de graines de semence et de pollen dans l'environnement et éliminer les pertes de qualité dues à la germination précédant la récolte ou ayant cours à l'entreposage.
Il existe d'autres façons de contrôler les semences dont on a déjà fait amplement usage en agriculture. Par exemple, chez des cultures comme le maïs, on active un mécanisme de stérilité naturel pour produire des semences hybrides. Cette technique permet d'accroître le rendement, mais limite la capacité des producteurs de conserver des semences et de les réutiliser. Le gros du maïs commercial produit au Canada est issu de semences hybrides.
Le gouvernement du Canada est conscient qu'à l'instar de toute nouvelle technologie, les GURT soulèvent des interrogations en matière de santé et de sécurité et sur le plan socioéconomique. Il faut faire preuve de prudence avant d'adopter cette technologie et évaluer pleinement tous les risques et les avantages qu'elle comporte. Cette démarche concorde avec la façon dont le Canada aborde toutes les demandes d'utilisation de biotechnologie dans l'environnement : une évaluation prudente et responsable de chaque nouveau produit au cas par cas.
En 2000, la Convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations Unies recommandait « qu'en l'absence de données fiables sur les technologies de réduction de l'utilisation des ressources génétiques, sans lesquelles il n'existe pas de base adéquate pour l'évaluation des risques potentiels, et conformément à l'approche de précaution, les produits comportant de telles technologies ne soient pas être approuvés par les Parties pour les essais sur le terrain jusqu'à ce que des données scientifiques appropriées puissent justifier de tels essais, ni pour l'exploitation commerciale jusqu'à ce que des évaluations autorisées et scientifiques concernant notamment leurs impacts écologiques et socio-économiques et tous les effets défavorables sur la diversité biologique, la sécurité alimentaire et la santé humaine aient été effectuées de manière transparente, et que les conditions permettant leur utilisation bénéfique et sans danger aient été validées. »
Toutes les parties, y compris le Canada, ont réitéré leur appui à la recommandation précitée à l'occasion de la huitième Conférence des parties à la CDB (CdP-8) qui a eu lieu à Curitiba (Brésil) du 20 au 31 mars 2006.