Normes de confinement pour les laboratoires, les installations vétérinaires et les salles de nécropsie qui manipulent des prions

Ces normes seront harmonisées dans les Normes et lignes directrices canadiennes sur la biosécurité en collaboration avec l'Agence de la santé publique du Canada. Entre-temps, les normes actuelles s'appliquent toujours.


Table des matières

Glossaire

Chapitre 1 - Introduction

Chapitre 2 - Exigences physiques

  • 2.1 Endroit et accès
  • 2.2 Revêtements de finition des surfaces
  • 2.3 Périmètre de confinement
  • 2.4 Système de traitement d'air
  • 2.5 Réseaux du bâtiment

Chapitre 3 - Isolement ou confinement des gros animaux

  • 3.1 Conditions d'isolement
  • 3.2 Confinement ou isolement

Chapitre 4 - Pratiques opérationnelles

  • 4.1 Exigences générales
  • 4.2 Laboratoire
  • 4.3 Installations pour le confinement des petits animaux
  • 4.4 Installations pour le confinement des gros animaux
  • 4.5 Salles de nécropsie pour les gros animaux

Chapitre 5 - Décontamination

  • 5.1 Méthodes de décontamination recommandées
  • 5.2 Produits chimiques

Chapitre 6 - Certification des installations

  • 6.1 Certification
  • 6.2 Renouvellement de la certification
  • 6.3 Essais de vérification et de performance

Remerciements


Glossaire

CBS: Confinement des biorisques et de la sécurité

Confinement des gros animaux : Les exigences physiques et les pratiques opérationnelles énoncées dans le présent document permettent le prélèvement et l'élimination appropriée des excrétas des gros animaux infectés par l'EST et minimisent le contact avec ces animaux.

Isolement des gros animaux : Lors de certaines périodes, les excrétions naturelles et les contacts accidentels avec des animaux infectés par l'EST ne poseraient aucun risque pour la transmission de l'agent pathogène. Ainsi, bien que les animaux doivent demeurer isolés de façon adéquate, il n'est pas nécessaire de les garder dans un environnement qui limite les contacts ainsi que le prélèvement et l'élimination des excrétats.

Déchets : toute matière solide ou liquide à éliminer qui est produite par les activités menées à l'intérieur de l'établissement

EB : enceinte de biosécurité

EPI : équipement de protection individuelle

ESB : encéphalopathie spongiforme bovine

EST : encéphalopathie spongiforme transmissible; maladies neurodégénératives fatales qui affectent les humains et les animaux.

Filtre HEPA : filtre à particules à haute efficacité

Gros animaux : ce terme désigne le type de cage plutôt que la taille de l'animal. Les gros animaux sont hébergés de façon à ce que la pièce serve de barrière principale de confinement.

MDC : maladie du dépérissement chronique

MCJ : maladie de Creutzfeldt-Jakob

NC : niveau de confinement

Petits animaux (PA) : ce terme renvoie au type de cage et non à la taille de l'animal. Les petits animaux sont hébergés dans des micro-isolateurs ou d'autres installations de confinement primaire.

Périmètre de confinement : la limite entre le laboratoire, l'installation vétérinaire, ou la salle de nécropsie et les pièces se trouvant à l'extérieur de la zone de confinement. Dans le cas où l'entrée se fait par un sas, celui-ci se situe dans le périmètre de confinement.

Prion : petite particule protéique jugée responsable des maladies encéphalopathie spongiforme transmissible (EST).

Salle de nécropsie : zone où les animaux sont autopsiés. La pièce sert de principale barrière de confinement.

Sas : une pièce séparant le laboratoire, l'installation vétérinaire, ou la salle de nécropsie du couloir de façon à assurer une séparation entre les vêtements personnels et les vêtements dédiés à cet établissement.

vMCJ : variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob

VPH : Vaporisation de peroxyde d'hydrogène


Chapitre 1 Introduction

Il existe diverses maladies causées par les prions, aussi connues sous le nom d'encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), qui touchent les animaux et les humains. L'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la maladie débilitante chronique, l'encéphalopathie spongiforme féline, l'encéphalopathie transmissible du vison et la tremblante sont des maladies à prions qui touchent les animaux. La maladie de Creutzfeldt-Jakob, la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le syndrome Gerstmann-Straussler-Scheinker, l'insomnie familiale fatale et le kuru sont des exemples de maladies à prions qui touchent les humains.

Jusqu'à présent, ni les Normes sur le confinement des installations vétérinaires(1) , ni les Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire(2) n'ont traité des exigences particulières aux maladies à prions. Les Normes sur le confinement des installations vétérinaires(1) formulent des recommandations sur la conception et les besoins opérationnels des établissements (c.-à-d., les laboratoires, les installations pour les petits et les gros animaux et les salles de nécropsie vétérinaire) qui manipulent des agents zoopathogènes. Les Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire(2) donnent également des conseils sur la conception et les exigences opérationnelles des laboratoires qui manipulent des agents anthropopathogènes. Il faut se reporter à ces documents pour les installations qui manipulent des agents pathogènes autres que des agents responsables de l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST), car d'autres exigences peuvent être nécessaires. Le Guide de prévention des infections de Santé Canada, intitulé La maladie de Creutzfeldt-Jakob classique au Canada(3), constitue une référence utile pour les établissements de santé qui examinent des patients et effectuent des interventions chirurgicales et des autopsies.

Les Normes de confinement pour les laboratoires, les installations gouvernementales, universitaires, industrielles ou tout autre établissement au Canada qui manipulent des prions portent sur les exigences minimales pour les installations qui manipulent des matières et des animaux testés positifs pour l'EST.

Aucune preuve n'est disponible à ce jour permettant de croire que les maladies à prions se transmettent par inhalation(4). Rien n'empêche cependant de limiter toute exposition possible lorsqu'on effectue des interventions qui produisent des aérosols ou des éclaboussures. Les conséquences à court et à long termes de la contamination de la muqueuse des cavités nasales, olfactives et buccales et de l'ingestion secondaire possible ne sont toujours pas connues. Il est primordial de former le personnel oeuvrant dans de telles installations. Ce dernier doit connaître les risques associés à la manipulation d'agents responsables de l'EST. L'ingestion et l'inoculation constituent les voies les plus probables de transmission des agents responsables des maladies à prions aux humains. Les meilleures approches pour protéger les travailleurs consistent à se doter de procédures pour éviter les coupures et les piqûres accidentelles à insister sur une hygiène appropriée. Il est nécessaire d'utiliser un équipement de protection individuelle (EPI), tel que des gants résistants aux coupures, et de faire attention aux ponctions.

Les laboratoires de diagnostic de l'EST doivent respecter au minimum les exigences physiques du niveau de confinement 2, conformément aux Normes sur le confinement des installations vétérinaires(1) ainsi que les exigences physiques suivantes. L'entrée du laboratoire devrait permettre la séparation des vêtements de protection et des vêtements des employés, préférablement dans un sas séparé. Dans une nouvelle construction, il faudrait tenir compte des exigences relatives aux revêtements de finition des surfaces énoncées à la section 2.2. Ainsi, les surfaces doivent être non poreuses, lavables et résister aux produits chimiques utilisés lors de la décontamination. Toutes ouvertures dans les zones de confinement où le risque de déversements est présent devraient être scellées (c.-à-d., calfeutrer) pour permettre une décontamination complète des surfaces. Nous recommandons des enceintes de biosécurité (EB) à filtre HEPA avec sac à gant. En l'absence de telles enceintes, une procédure pour assurer le retrait des filtres HEPA en milieu fermé doit être en place. Idéalement, l'autoclave devrait se situer dans le laboratoire. Si elle se situe ailleurs dans les installations, établir des protocoles afin d'identifier correctement les déchets (y compris les paramètres de traitement) et d'assurer le transport sécuritaire dans l'immeuble. Les procédures opérationnelles énoncées au chapitre 4 des Normes de confinement pour les laboratoires, les installations vétérinaires et les salles de nécropsie qui manipulent des prions devront être suivies. Dans la mesure du possible, le laboratoire et l'équipement utilisé pour la manipulation des prions devraient être réservés à cette fin. S'il est impossible d'utiliser de l'équipement réservé à cette fin, établir un protocole de décontamination efficace.

Les systèmes de traitement des effluents ne sont pas nécessaires pour les salles de nécropsie où les animaux ne sont pas infectés par l'EST. Cependant, des procédures opérationnelles pour recueillir et traiter les déchets liquides lors de la découverte d'un animal infecté devraient être en place. Par exemple, l'utilisation des tampons de plastique ou des tampons absorbants pour retenir les liquides durant la nécropsie des animaux qui présentent des signes de maladie neurologique peut être considérée. Les tissus doivent être incinérés et les surface décontaminées.

L'unité du confinement des biorisques et de la sécurité (CBS) examine les demandes de permis pour l'importation d'agents zoopathogènes et zoonotiques, évalue les installations de confinement et émet des permis d'importation. L'obtention de ce permis est nécessaire à l'importation de tous agents zoopathogènes au Canada. La Loi sur la santé des animaux(5) et son règlement(6), fournissent l'assise législative nécessaire pour contrôler l'utilisation d'agents zoopathogènes importés et de pathogènes associés à des maladies animales à déclaration obligatoire. Le Bureau de la sécurité des laboratoires de l'Agence de Santé Publique du Canada examine les demandes de permis pour l'importation d'agents anthropopathogènes et zoonotiques, évalue les installations de confinement aux fins d'importation et délivre des permis d'importation. Le Règlement sur l'importation des agents anthropopathogènes(7) (DORS/94-558) réglemente l'importation et l'exportation des agents anthropopathogènes au Canada.

Références

  1. Normes sur le confinement des installations vétérinaires. Ottawa : Agriculture et Agro-alimentaire Canada, ministre des Approvisionnements et Services Canada, no 1921/F, 1996.
  2. Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire. Ottawa : Agence de santé publique du Canada, ministre de la Santé, 2004.
  3. Guide de prévention des infections : La maladie de Creutzfeldt-Jakob classique au Canada. Ottawa : Agence de santé publique du Canada, volume : 28S5, novembre 2002.
  4. Prusiner, S.B. Prion Biology and Diseases. Cold Spring Harbor, New York : Cold Spring Harbor Laboratory Press, 2004; 189-190.
  5. Loi sur la santé des animaux. (1990, ch.21)
  6. Règlement sur la santé des animaux. DORS/91-525, s. 2.
  7. Règlement sur l'importation des agents anthropopathogènes (DORS/94-558)

Chapitre 2 Exigences physiques

Les exigences physiques décrites ci-après s'appliquent au confinement des agents responsables de l'EST chez les humains et les animaux. Elles s'inspirent à la fois des Normes sur le confinement des installations vétérinaires(1) et des Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire(2).

En plus de ces exigences en matière de bioconfinement, le travail auprès d'animaux doit respecter toutes les lois et lignes directrices applicables de la province où se s'effectuera la recherche, y compris les lignes directrices du Conseil canadien de protection des animaux et les lois provinciales en matière de bien-être des animaux expérimentaux.

Puisque les bovins infectés par l'agent responsable de l'ESB ou les moutons atteints de la tremblante n'excrètent pas l'agent infectieux pendant un certain temps après une inoculation expérimentale, il est donc possible de les garder dans une zone isolée. Le chapitre 3 traite des exigences d'isolement. Le mode de transmission de la MDC entre animaux reste incompris. Ainsi, pour protéger l'environnement, les mesures de confinement suivantes s'appliquent aux essais sur de gros animaux atteints de la MDC durant toute la durée de l'expérience. Les expériences relatives à l'EST chez des espèces non hôtes doivent également respecter les exigences en matière de confinement énoncées dans le présent chapitre.

Légende :
Obligatoire - Obligatoire
Recommandé - Recommandé

2.1 Endroit et accès

2.1 Endroit et accès Laboratoire Installation pour petits animaux Installation pour gros animaux Salle de nécropsie
1 Séparé des zones publiques par une porte. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
2 Accès limité au personnel autorisé. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
3 Portes pour restreindre l'accès au moyen d'un système de contrôle d'accès (p. ex., carte-clé, dispositif de verrouillage) ou l'équivalent. Cela ne s'applique pas aux zones à l'intérieur de l'établissement. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
4 Les portes des salles doivent être munies d'affiches appropriées (c.-à-d., désignation du risque biologique, niveau de confinement, coordonnées de la personne-ressource, conditions d'entrée). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
5 L'entrée doit se faire par un sas. Recommandé Obligatoire Obligatoire Obligatoire
6 L'entrée doit se faire par une aire de changement de vêtements conçue pour assurer une séparation entre les vêtements personnels et les vêtements dédiés au laboratoire (c.-à-d., aire de changement non contaminée isolée de l'aire contaminée). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
7 Les bureaux doivent être situés à l'extérieur du périmètre de confinement. Les postes de travail pour la collecte de données peuvent être installés à l'intérieur de la zone de confinement à condition qu'ils soient situés à l'écart des aires réservées au travail de laboratoire. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
8 Les portes doivent être assez grandes pour permettre le passage de l'équipement requis (c.-à-d., peuvent être sur dimensionnées en hauteur et en largeur en fonction de la taille de l'équipement). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire

2.2 Revêtements de finition des surfaces

2.2 Revêtement de finition des surfaces (c.-à-d., planchers, murs - au niveau et au-dessous de la surface de travail; tables de travail) Laboratoire Installation pour petits animaux Installation pour gros animaux Salle de nécropsie
1 Les portes et leur bâti doivent être en matériaux non absorbants et leurs revêtements de finition doivent être pleins (le bois naturel sans couche de finition n'est pas acceptable); les portes à âme creuse doivent être scellées. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
2 Les surfaces intérieures (p. ex., planchers, murs, encadrements, plafonds, etc.) doivent être non absorbantes et résister aux méthodes de décontamination (p. ex. eau de Javel ou NaOH). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
3 Les revêtements intérieurs doivent pouvoir être nettoyés. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
4 Les surfaces intérieures doivent être continues (les revêtements de sol avec joints soudés sont acceptables). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
5 Les surfaces intérieures doivent offrir une résistance aux chocs correspondant à la fonction des installations. Recommandé Obligatoire Obligatoire Obligatoire
6 Les matériaux contigus des surfaces intérieures de même que les matériaux qui se recouvrent doivent être compatibles pour qu'ils restent adhérents et que la continuité du périmètre soit maintenue. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
7 La continuité de l'étanchéité doit être maintenue entre le sol et les murs (une plinthe à gorge sur le mur est recommandée). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
8 Les planchers doivent être antidérapants. Recommandé Obligatoire Obligatoire Obligatoire
9 La surface des tables de travail ne doit comprendre aucun joint ouvert. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
10 Les surfaces des tables de travail doivent pouvoir contenir les déversements de matériel (p. ex., être munies de rebords et d'arrêts d'écoulement). Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé

2.3 Périmètre de confinement

2.3 Périmètre de confinement Laboratoire Installation pour petits animaux Installation pour gros animaux Salle de nécropsie
1 Toutes les traversées de réseaux électriques, mécaniques et autre services dans le périmètre de confinement doivent être scellées au niveau et au-dessous de la surface de travail. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
2 Les fenêtres placées sur le périmètre de confinement doivent être scellées; le vitrage utilisé doit fournir le niveau de sécurité requis. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
3 L'autoclave doit être capable d'atteindre au moins 134 °C ou 121 °C si un processus à deux étapes (traitement chimique puis thermique) est utilisé. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
4 L'autoclave à double porte doit être située au périmètre de confinement ou à l'intérieur du périmètre de confinement. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
5 S'il est impossible d'installer l'autoclave au périmètre de confinement ou à l'intérieur, il faut adopter des procédures strictes de contrôle des déchets pour le transport des déchets et de l'équipement dans des contenants étanches et résistants aux chocs vers une autoclave appropriée à l'intérieur de l'établissement. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
6 Le corps de l'autoclave doit être situé à l'extérieur de la zone de confinement pour faciliter l'entretien. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
7 L'autoclave installée au périmètre de confinement doit être équipée d'un mécanisme d'interverrouillage afin d'empêcher que les deux portes ne s'ouvrent en même temps. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
8 L'autoclave doit être équipée d'un enregistreur de cycle (c.-à-d., indiquant la durée, la température et la pression). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
9 Une aire disponible pour la décontamination chimique du matériel et de l'équipement. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
10 D'autres techniques acceptées pour la décontamination (p. ex., incinération, traitement chimique en cuve d'immersion, hydrolyse alcaline) doivent être accessibles au périmètre de confinement. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
11 S'il est impossible de mettre en place d'autres techniques acceptées au périmètre de confinement ou à l'intérieur, il faut adopter des procédures strictes de contrôle des déchets pour le transport des déchets vers ces systèmes. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire

2.4 Système de traitement d'air

Rien n'indique que les prions se transmettent par inhalation, mais il est tout de même fortement recommandé d'avoir un écoulement d'air directionnel vers l'intérieur pour prévenir la propagation de contaminants atmosphériques vers d'autres zones occupées de l'établissement. Le contrôle des odeurs et des allergènes provenant des animaux et des produits chimiques représente un autre incitatif pour le maintien d'un écoulement d'air directionnel vers l'intérieur de la zone de confinement. En général, lorsqu'une intervention produisant des aérosols est effectuée à l'extérieur d'un dispositif de confinement primaire (tel qu'une EB), il est prudent de s'assurer que les aérosols produits ne se propagent pas vers d'autres zones occupées (p. ex., couloirs et bureaux).

Lorsqu'il est jugé essentiel que l'air s'écoule vers l'intérieur suite à une évaluation des risques ou selon les codes applicables, une jauge de pression de type Magnehelic peut être installer pour s'assurer que la pression voulue soit maintenue(6). Les utilisateurs devraient en vérifier visuellement le fonctionnement au moyen d'une poire à fumée ou d'une autre aide visuelle. Des sas (antichambres munies de deux portes à chaque extrémité et de mécanismes de fermeture des portes empêchant que les deux portes ne soient ouvertes en même temps) peuvent être utilisés pour réduire au minimum l'apport d'air requis(6).

Avant de choisir une EB, il faut évaluer le type de travail qui y sera effectué (c.-à-d., déterminer si des produits chimiques volatils ou des radionucléotides seront manipulés). À l'installation d'une EB, il faut considérer la possibilité de retirer le filtre HEPA de l'EB en toute sécurité, la décontamination de l'EB pour son entretien ainsi que l'emplacement de l'EB dans le laboratoire. Pour plus d'information sur les EB, les Normes sur le confinement des installations vétérinaires(2) ou les Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire(2) de Santé Canada peuvent être consultées.

L'usage de vapeur de paraformaldéhyde n'est pas efficace pour inactiver les prions. Lorsque des établissements choisissent cette méthode de décontamination pour d'autres raisons, ils peuvent choisir d'installer des dispositifs de prévention de refoulement d'air sur les conduits de soufflage et d'extraction pour isoler les installations.

2.4 Système de traitement d'air Laboratoire Installation pour petits animaux Installation pour gros animaux Salle de nécropsie
1 Il faut prévoir une ventilation suffisante en cas d'utilisation de produits chimiques caustiques. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
2 Le laboratoire devrait être équipé d'une EB. Obligatoire Obligatoire    
3 Une évaluation du risque doit être effectuée pour le type d'EB requise (c.-à-d., à jonction rigide ou à recirculation). Obligatoire Obligatoire    
4 Les EB doivent avoir des filtres HEPA avec sac à gant. Recommandé Recommandé    
5 Lorsqu'on ne dispose d'EB à filtre HEPA avec sac à gant, prévoir une procédure pour l'enlèvement sécuritaire des filtres HEPA.* Obligatoire Obligatoire    
6 Les diffuseurs d'alimentation et d'évacuation ne doivent pas nuire au fonctionnement des EB ou des hottes. Obligatoire Obligatoire    
7 Le système d'évacuation de l'air doit être indépendant de celui d'autres zones. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé

*Les filtres HEPA avec sac à gant sont recommandés puisque la fumigation au formaldéhyde est inefficace contre les prions. Une étude récente a démontré que la vaporisation de peroxyde d'hydrogène (VPH) entraîne une réduction significative de l'infectiosité (6). La décontamination des filtres HEPA par la méthode de VHP suivie de l'incinération représente une option acceptable pour l'enlèvement et l'élimination sécuritaire des filtres.

2.5 Réseaux du bâtiment

Les salles de nécropsie où sont examinés les animaux qui ne sont présumément pas infectés par les agents responsables de l'EST, ne doivent pas nécessairement être équipées de systèmes de traitement des effluents, mais des procédures doivent avoir été élaborées pour la collecte et le traitement des déchets liquides dans le cas où un animal soit trouvé positif.

2.5 Réseaux du bâtiment (eau, gaz comprimés, électricité) Laboratoire Installation pour petits animaux Installation pour gros animaux Salle de nécropsie
1 Les évacuations et la tuyauterie connexe (y compris l'évacuation des condensats de l'autoclave) doivent être isolées des zones à niveau de confinement inférieur (c.-à-d., être connectées à un système de traitement des effluents liquides s'il y a lieu). Recommandé Recommandé Obligatoire Obligatoire
2 Si les effluents sont traités, les évacuations connectées au système de traitement des effluents devraient être disposées en pente vers le système de traitement pour favoriser l'écoulement par gravité; l'installation de valves afin de pouvoir isoler des tronçons de l'évacuation aux fins de la décontamination peut être considérée; la tuyauterie doit résister à la chaleur et aux produits chimiques, en fonction du type d'utilisation; les joints doivent être réalisés par fusion thermo-chimique ou par soudage afin de garantir l'étanchéité du réseau (au moyen d'essais de perte de pression spécifiés dans les Normes sur le confinement des installations vétérinaires(1)). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
3 Des siphons de sol devraient être installés où déterminé essentiel. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
4 Les dispositifs de commande d'alimentation en eau doivent être situés à l'extérieur de l'établissement. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
5 La canalisation d'alimentation en eau potable doit être pourvue de dispositifs antirefoulement installés conformément au document CAN/CSA-B64.10- 01/B64.10.1-01(7), et la valve d'isolement doit être située à proximité du périmètre de confinement. Recommandé Recommandé Obligatoire Obligatoire
6 Les bouteilles de gaz comprimé (à l'exception des extincteurs d'incendie) doivent être situées à l'extérieur du périmètre de confinement. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
7 Au besoin, une pompe à vide portative doit être munie d'un dispositif pour réduire au minimum la contamination interne de la pompe (p. ex., installation de l'équivalent de filtres HEPA sur la canalisation de vide, utilisation de siphons de désinfectant). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
8 Prévoir des lavabos situés près de la sortie ou dans le sas pour le lavage des mains. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
9 Prévoir des installations « mains libres » pour les lavabos. Recommandé Obligatoire Obligatoire Obligatoire
10 Des postes de rinçage oculaire d'urgence doivent être installés dans la zone de confinement en fonction des activités qui y sont effectuées et conformément au règlement applicable (c.-à-d., ANSI Z358.1-1998(8) ). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
11 Une douche d'urgence doit être installée dans la zone de confinement en fonction des activités qui y sont effectuées et conformément au règlement applicable (c.-à-d., ANSI Z358.1-1998(8) ). Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
12 Les joints hydrauliques doivent être maintenus en bon état dans les siphons par l'usage régulier des lavabos (amorceur de garde d'eau) ou le remplissage des siphons dans les zones non utilisées). Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
13 Les canalisations d'évent de la plomberie doivent résister à la chaleur et aux produits chimiques suivant l'utilisation à laquelle elles sont soumises. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
14 Les conduits d'alimentation et le câblage doivent être scellés au niveau et au-dessous de la surface de travail pour permettre une décontamination des surfaces. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
15 Les disjoncteurs du circuit d'alimentation électrique doivent être installés à l'extérieur du périmètre de confinement. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
16 Les systèmes de sécurité, l'éclairage, les EB et tout autre équipement essentiel doivent être raccordés à une alimentation de secours. Recommandé Recommandé Recommandé Recommandé
17 Un système doit permettre la communication entre l'intérieur du périmètre de confinement et l'extérieur. Obligatoire Obligatoire Obligatoire Obligatoire
18 Un système (p. ex., télécopieur, ordinateur) doit assurer le transfert électronique des données et de l'information vers l'extérieur de la zone de confinement. Recommandé      

Références

  1. Normes sur le confinement des installations vétérinaires. Ottawa : Agriculture et Agro-alimentaire Canada, ministre des Approvisionnements et Services Canada, no 1921/F, 1996.
  2. Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire. Ottawa : Santé Canada, ministre de la Santé, 2004.
  3. Standard for Laboratory Ventilation. ANSI/AIHA Z9.5-1992, Arlington, Virginia: American National Standards Institute, Inc., 1992
  4. Guide de sélection et d'installation des dispositifs antirefoulement/Guide d'entretien et de mise à l'essai à pied d'oeuvre des dispositifs antirefoulement, CAN/CSA-B64.10-01/B64.10.1-01, Toronto, Ontario, Association canadienne de normalisation, 2001.
  5. American national standard for emergency eyewash and shower equipment. ANSI Z358.1-1998. Arlington, Virginia: American National Standards Institute, Inc., 1998.
  6. Fichet G., Comoy E., Duval C., Antloga K., Dehen C., Charbonnier A., McDonnell G., Brown P., Lasmézas C., Deslys JP., Novel Methods for disinfection of prion-contaminated medical devices. Lancet 2004; 364:521-26.

Chapitre 3 Isolement ou confinement des gros animaux

S'il est vrai que la tremblante est décrite comme une maladie des moutons et des chèvres depuis les années 1700, l'immense effort de recherche consacré aux EST depuis la découverte de l'ESB en Grande-Bretagne a fait énormément progresser notre compréhension de l'épidémiologie de l'ESB comme de la tremblante. Bien que la susceptibilité génétique semble jouer un rôle important dans la distribution de la tremblante dans les populations ovines, la possibilité de transmission horizontale a été confirmée. Des études récentes montrent que la gestation déclenche la migration de la protéine prion anormale vers l'appareil reproducteur. Les liquides et les tissus évacués au moment de la mise bas, tels que le placenta, chez les femelles infectées contiennent de grandes quantités de l'agent responsable de la tremblante. Les animaux en santé contractent l'infection en mangeant ou en léchant le matériel contaminé dans l'enclos d'agnelage ou de mise bas(1, 2).

Par contre, rien n'indique qu'il y ait transmission horizontale de l'agent responsable de l'ESB. Des études de longue durée en cours au Royaume-Uni ont aussi révélé que l'ESB n'était pas transmise aux petits(3, 4). L'ingestion de tissus infectés par l'agent responsable de l'ESB (aliments pour animaux - viande, farine d'os) demeure la seule voie de transmission documentée pour l'ESB.

Bien que la maladie du dépérissement chronique (MDC) des cervidés se transmette horizontalement, d'animal à animal de même que par contact avec un environnement fortement contaminé, la voie par laquelle le prion anormal est excrété de l'organisme reste toujours inconnue. Jusqu'à ce qu'on dispose de cette information essentielle concernant l'épidémiologie de la MDC, tous les produits d'excrétion des cerfs et des wapitis infectés doivent être considérés comme potentiellement infectieux (5, 6).

En raison des longues périodes d'incubation des EST chez les espèces hôtes (plusieurs années), il est logique de prendre en compte la durée prolongée de captivité pour déterminer si l'animal de laboratoire pose le même risque de transmission de prions durant toute cette période. À la lumière des progrès récents dans la compréhension de l'épidémiologie de l'ESB et de la tremblante, il a été établi que ces pathogènes inoculés chez des espèces hôtes ne présentent un risque important de transmission de pathogènes que durant des périodes déterminées qui sont définies dans le tableau ci-dessous. Durant ces périodes, les animaux infectés doivent être confinés comme il se doit de façon à permettre le prélèvement et l'élimination adéquate des excrétats tout en réduisant au minimum le contact avec ces animaux. Durant les périodes restantes, les déjections naturelles produites par ces animaux et les contacts occasionnels avec les animaux ne présenteraient pas de risque de transmission de pathogènes. Ainsi, bien que les animaux doivent demeurer bien isolés, il n'est pas obligatoire de les garder d'une manière ou dans un lieu qui limite les contacts et facilite le prélèvement et l'élimination des excrétats.

3.1 Conditions d'isolement

Les exigences énumérées ci-dessous représentent les conditions minimales pour l'isolement des hôtes naturels infectés par l'agent responsable de l'ESB ou de la tremblante. Le plan expérimental ou d'autres facteurs (p. ex., valeur des animaux) peuvent appeler l'adoption de mesures plus strictes de contrôle pour l'hébergement.

  1. Les animaux isolés doivent être observés chaque jour. Le nombre d'animaux doit être enregistré tous les jours.
  2. Le contrôle d'accès centralisé doit être adéquat pour l'environnement local afin d'empêcher le personnel non autorisé ou les animaux de pénétrer dans la zone et pour isoler les animaux expérimentaux. L'accès doit être vérifié pour s'assurer qu'il fonctionne tel que prévu.
  3. Un double système d'identification des animaux doit être en place et une vérification de l'identité doit se faire tous les jours. Si une étiquette ou un autre dispositif d'identification est manquant, il doit être remplacé immédiatement.
  4. Les matières (fumier et litière) des enclos peuvent faire l'objet d'un compostage et d'une élimination normale.
  5. Les pâturages doivent faire l'objet d'une gestion normale des pâturages.

3.2 Confinement ou isolement

Le tableau qui suit indique la période pendant laquelle les hôtes naturels des maladies correspondantes doivent être hébergés dans une zone de confinement, conformément au chapitre 2, ou peuvent être isolés moyennant la prise des précautions énumérées au chapitre 3.

Étape expérimentale ESB Tremblante MDC
après l'inoculation confiner (EST) - pendant au moins 4 semaines confiner (EST) - pendant au moins 4 semaines confiner (EST)
incubation isoler isoler confiner (EST)
clinique* confiner (EST) confiner (EST) confiner (EST)
mise bas isoler confiner (EST) confiner (EST)

* Au premier signe de maladie clinique, les animaux doivent être confinés et les déchets doivent être traités. Les femelles gestantes ruminantes devraient être confinées après 140 jours de gestation. Le placenta et les litières contaminés par le liquide placentaire doivent être rassemblés et décontaminés.

Références

  1. S. Ryder, G. Dexer, S. Bellworthy, S. Tongue Demonstration of lateral transmission of scrapie between sheep kept under natural conditions using lymphoid tissue biopsy. Research in Veterinary Science 76 (2204) 211-217.
  2. Baylis M, Houston F, Kao RR, McLean AR, Hunter N, Gravenor MB. BSE - a wolf in sheep's clothing? Trends Microbiol. 2002 Dec;10(12):563-70. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&
    db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=12564992
  3. Wrathall AE, Brown KF, Sayers AR, Wells GA, Simmons MM, Farrelly SS, Bellerby P, Squirrell J, Spencer YI, Wells M, Stack MJ, Bastiman B, Pullar D, Scatcherd J, Heasman L, Parker J, Hannam DA, Helliwell DW, Chree A, Fraser H. Studies of embryo transfer from cattle clinically affected by bovine spongiform encephalopathy (BSE). Vet Rec. 2002 Mar 23;150(12):365-78. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&
    db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=11936410
  4. Wilesmith JW, Ryan JB. Absence of BSE in the offspring of pedigree suckler cows affected by BSE in Great Britain. Vet Rec. 1997 Sep 6;141(10):250-1.
  5. Michael W. Miller, Elizabeth S. Williams, N. Thompson Hobbs, and Lisa L. Wolfe Environmental Sources of Prion Transmission in Mule Deer. Emerging Infectious Diseases. 2004 Jun; Vol 10, No 6.
  6. Sigurdson CJ, Miller MW. Other animal prion diseases. Br Med Bull. 2003;66:199-212.

Chapitre 4 Pratiques opérationnelles

Le personnel des installations, les préposés aux soins des animaux et les pathologistes qui manipulent des tissus infectés ou potentiellement infectés peuvent être exposés à des prions infectieux à la suite d'une inoculation, d'une coupure et d'une piqûre accidentelle causées par des instruments contaminés, d'un contact avec des plaies ouvertes, d'un contact avec les muqueuses et d'une ingestion accidentelle. L'ingestion et l'inoculation constituent les voies de transmission aux humains les plus probables des agents responsables des maladies à prions. La meilleure approche pour protéger les travailleurs consiste à se doter de procédures pour éviter les coupures et les piqûres accidentelles de même qu'à insister sur une hygiène appropriée. Il est nécessaire d'utiliser un EPI, tel que des gants résistants aux coupures, et de faire attention aux piqûres.

Des pratiques en matière de biosécurité devraient être établies par écrit et appliquées dans les installations qui manipulent des animaux, des tissus, du sang et des liquides organiques infectés afin de prévenir la transmission des agents infectieux et l'exposition des travailleurs à du matériel contaminé par des agents de responsables de l'EST.

D'autres pays, comme le Royaume-Uni(3), l'Allemagne(4, 5) et l'Australie(6, 7). disposent de lignes directrices pour la manipulation des tissus infectés par des agents responsables de l'EST. Santé Canada(8) et l'Organisation mondiale de la Santé (9) ont également produit des guides de prévention des infections pour les établissements de santé qui reçoivent des patients et des tissus infectés par des agents responsables de l'EST.

4.1 Exigences générales

Des pratiques générales doivent être observées dans tous les laboratoires de confinement ou installations vétérinaires. Se reporter également aux Normes sur le confinement des installations vétérinaires(1) pages 45-46, et aux Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire(2).

4.2 Laboratoire

En plus des exigences générales énumérées dans les Normes sur le confinement des installations vétérinaires et les Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire, la section suivante décrit les pratiques opérationnelles minimales qui doivent être observées pour le confinement des laboratoires qui s'intéressent aux EST.

  1. Le personnel doit avoir démontré qu'il maîtrise parfaitement manipuler les tissus et le matériel infectieux.
  2. Tous les protocoles s'appliquant au fonctionnement des laboratoires doivent être élaborés, lus et compris par le personnel. Les employés doivent attester par écrit qu'ils ont compris le contenu des protocoles. Ceux-ci devraient comprendre les procédures d'entrée et de sortie pour les personnes, le matériel, les échantillons et les déchets. Des protocoles généraux doivent être complétés par des protocoles particuliers pour chaque projet en cours.
  3. Des protocoles doivent avoir été élaborés pour la décontamination efficace de tous les déchets, de tout l'équipement réutilisable et l'espace de laboratoire. Dans le cas où des matériels ou liquides contaminés (tels que les réactifs pour le lavage, la coloration, etc.) doivent être déversés dans les égouts pour eaux usées, il est nécessaire de les décontaminer au préalable.
  4. En plus d'avoir reçu une formation, le personnel de laboratoire doit utiliser de manière sûre l'équipement de laboratoire, les EB, les procédures pour réduire la production d'aérosols, les procédures de décontamination et d'intervention d'urgence.
  5. Il faut élaborer, afficher et communiquer au personnel un protocole en cas d'exposition dans l'éventualité où une inoculation accidentelle ou un éclaboussement se produisait dans la bouche ou les yeux. La formation concernant l'application de ce protocole doit être documentée.
  6. Les blessures, les coupures, les égratignures et les éraflures ouvertes doivent être couvertes de pansements à l'épreuve de l'eau.
  7. Il est interdit de manger, de mâcher, de boire, de fumer, de ranger des aliments et de se maquiller dans la zone de confinement.
  8. Les effets personnels comme les sacs à main et les vêtements de ville doivent être laissés à l'extérieur du laboratoire de confinement.
  9. Les cheveux longs doivent être attachés à l'arrière de façon à ne pas venir en contact avec les mains, les échantillons, les contenants ou l'équipement de laboratoire.
  10. Les portes du laboratoire doivent rester fermées afin d'en contrôler l'accès. L'entrée au laboratoire devrait être documenté (p. ex. carnet de bord)
  11. Dans la mesure du possible, le laboratoire devrait être une installation à fonction unique.
  12. L'équipement utilisé pour travailler avec des agents responsables de l'EST devrait, si possible, être réservé à cet usage. En l'absence de cet équipement, il doit y avoir en place un protocole de décontamination efficace. L'utilisation d'équipement jetable devrait être envisagée.
  13. Les vêtements personnels doivent être séparés des vêtements spéciaux de l'établissement.
  14. Le choix de l'EPI dépendra de la quantité et de la nature des matières infectieuses ainsi que des procédures utilisées. Il faudrait effectuer une analyse du risque professionnel aux installations pour examiner chaque procédure, cerner les risques et élaborer des pratiques de travail sécuritaires qui incluent l'EPI approprié.
  15. Le personnel qui entre dans le laboratoire doit retirer ses bijoux et devrait enfiler une blouse sans ouverture sur le devant et munie de poignets bien ajustés, des gants, des couvre-chaussures ou des chaussures spéciales. De façon générale, les blouses sans ouverture sur le devant sont préférables aux sarraus de laboratoire pour empêcher la contamination des vêtements. l'utilisation de vêtements de laboratoire jetables devrait être envisagée. Des gants doubles (p. ex. vinyle ou latex intact) doivent être portés par le personnel qui manipule des matières infectieuses. Le port de protège-manches jetables est recommandé pour la manipulation de tissus infectieux.
  16. Une protection complète du visage - telle que des verres ou des protecteurs oculaires spéciaux avec masque ou un écran facial - doit être portée pour toute procédure qui peut exposer les employés à des éclaboussures ou à des projections dangereuses. Si un respirateur est utilisé, un programme de protection respiratoire doit être en place, conformément aux règlements provinciaux et fédéraux applicables (p. ex., le le Code canadien du travail).
  17. Dans le cas d'une éclaboussure, les écrans faciaux et les protecteurs oculaires spéciaux devraient être décontaminés après leur utilisation.
  18. Il faut éviter les coupures et les piqûres en réduisant au minimum l'utilisation de couteaux, de scalpels et de lames acérées, en portant des gants résistant aux coupures, en remplaçant les aiguilles par des canules à bout arrondi et la verrerie par des articles en plastique, si possible. Les gants résistant aux coupures ne protègent pas contre les piqûres.
  19. Toutes les activités qui produisent ou risquent de produire des aérosols ou des éclaboussures (p. ex., homogénéisation, sonication, titration, centrifugation et micro-centrifugation, préparation de dilutions d'inoculum, mélange, pipetage (avec tampons ouatés de préférence), tri des cellules, découpage de tissus, méthodes de nécropsie) doivent être effectuées dans une EB; si c'est impossible, d'autres dispositifs de confinement primaire doivent être utilisés en association avec des vêtements et de l'EPI. Il faut veiller à ne pas obstruer les grillages des EB, afin de permettre un débit d'air approprié.
  20. Les systèmes clos d'homogénéisation peuvent être placés, si possible, dans une EB.
  21. La centrifugation de substances infectieuses doit être effectuée dans des godets de sécurité ou des agitateurs scellés qui sont chargés et déchargés dans une EB.
  22. Pour réduire au minimum la contamination du plan de travail, le travail dans l'EB devrait se faire dans un plateau ou un contenant ou encore sur du matériel absorbant à la condition qu'il ne nuise pas au fonctionnement de l'EB. L'utilisation de matériel absorbant qui peut être incinéré après usage peut être considérée.
  23. Lors de la manipulation de matières positives, l'utilisation de fournitures de laboratoire jetables peut être considérée (p. ex., forceps, moules d'inclusion).
  24. Les gants externes doivent être retirés avant la sortie de l'EB.
  25. Les plans de travail doivent être décontaminés une fois le travail avec des matières contaminées terminé. Lorsque du matériel absorbant est utilisé, il doit décontaminé avant d'être jeté.
  26. Le travail au microtome devrait se faire dans une aire réservée à faible circulation. La surface de plancher située autour du microtome devrait être délimitée par des rubans adhésifs. Des couvre-chaussures jetables devraient être portés dans la zone et enlevés à la sortie, ou d'autres mesures efficaces doivent être prises pour prévenir la dissémination des copeaux de cire. Des auges peuvent être installées sur le bord de la table de travail pour recueillir les copeaux de cire en trop.
  27. Le nettoyage régulier du laboratoire doit être fait par le personnel qui utilise les installations de confinement ou par du personnel affecté à cette tâche et formé en conséquence.
  28. La zone de travail doit être vidée de tout matériel non nécessaire et difficile à décontaminer (p. ex., journaux, livres, correspondance).
  29. Les rapports écrits et autres documents doivent être gardés à l'extérieur de ces zones de travail, et le transfert de données devrait se faire par voie électronique.
  30. Tout le matériel contaminé doit être transporté dans des portoirs fermés et résistants aux bris lorsqu'il ne se trouve pas dans une EB.
  31. Les agents infectieux devraient être conservés à l'intérieur de la zone de laboratoire dans des contenants étanches. Les agents entreposés à l'extérieur du laboratoire doivent être conservés dans des contenants étanches et placés dans un congélateur verrouillé à l'intérieur d'une zone sûre.
  32. Les mains devraient être lavées après avoir retiré les gants intérieurs et avant de quitter le laboratoire.
  33. Les vêtements contaminés doivent être décontaminés avant le blanchissage dans le cas où le l'employé ne porte pas de blouse jetable.
  34. Un contrôle d'efficacité des autoclaves peut être effectué avec un indicateur approprié de température ou une sonde pour la charge interne, pour chaque charge. Les résultats de ce contrôle doivent être conservés en dossier, de même que les registres des cycles (c.-à-d., durée, température et pression).
  35. Les matières thermosensibles qui ne peuvent être passées à l'autoclave doivent être décontaminées au périmètre de confinement (p. ex., à l'aide de produits chimiques liquides ou d'une autre technique efficace).
  36. Un inventaire du matériel témoin positif doit être tenu et rempli. L'accès à ce matériel doit également être contrôlé.

4.3 Small Animal Containment Facility

Le travail auprès de petits animaux comporte tout un éventail de dangers particuliers, notamment l'exposition à des morsures et à des griffures d'animaux.

Des conditions allergènes peuvent être créées par le contact avec le pelage ou le poil des animaux, avec les litières et avec les déjections animales(1).

Au moins un cinquième des personnes qui manipulent des rongeurs, des cobayes et des lapins de laboratoire développent des allergies. Il faut assurer une protection contre les allergènes par des mesures de contrôle techniques, par la ventilation, l'utilisation d'isolateurs et de cages à couvercle filtrant et l'utilisation appropriée de dispositifs de protection respiratoire.

Les animaliers doivent posséder des connaissances sur les caractéristiques générales des espèces, par exemple le tempérament, les instincts et les attributs physiques. Ils doivent également tenir compte des ectoparasites et endoparasites naturels des animaux et des zoonoses auxquelles ceux-ci sont susceptibles, y compris la voie possible d'excrétion et de dissémination.

Le confinement des petits animaux renvoie au type de cage et non à la taille de l'animal. Les petits animaux sont hébergés dans des micro-isolateurs ou d'autres installations de confinement primaire.

Les paragraphes qui suivent, en plus des sections 4.1 et 4.2, décrivent les pratiques opérationnelles minimales qui doivent être observées dans les installations pour petits animaux.

  1. Le personnel qui entre dans les installations doit retirer ses bijoux et enfiler des vêtements de laboratoire dédiés tels qu'une tenue de chirurgien, une blouse sans ouverture sur le devant et munie de poignets bien ajustés (jetables si possible), un couvre-chef, des couvre-chaussures ou des chaussures dédiées.
  2. Des gants doubles doivent être portés lorsqu'on manipule des animaux ou du matériel infecté. Il faut retirer les gants externes après avoir manipulé des animaux.
  3. Une protection faciale complète - telle qu'un écran facial ou un protecteur oculaire et un masque - doit être utilisée lorsqu'on manipule des animaux et que des aérosols, des éclaboussures ou des projections de matières infectieuses sont possibles.
  4. Chaque salle animalière doit porter une inscription où sont indiqués les risques particuliers de même que les exigences à observer à l'entrée.
  5. Les portes des salles animalières doivent demeurer fermées afin d'en contrôler l'accès.
  6. Les cages hébergeant des animaux infectés doivent être clairement identifiées.
  7. Des systèmes de cages de confinement doivent être utilisés pour confiner toutes les matières et tous les aérosols (p. ex. cages à murs et plancher pleins avec couvercle filtrant).
  8. Des procédures de manipulation sécuritaires doivent être observées afin de réduire la production d'aérosols et la dissémination de poussière à partir des cages, des résidus et des animaux eux-mêmes.
  9. Des méthodes appropriées d'immobilisation doivent être utilisées pour réduire les risques de griffure, de morsure et d'auto-inoculation accidentelle.
  10. L'inoculation et l'autopsie des animaux infectés doivent se faire dans une EB; le transport des animaux vers l'EB doit s'effectuer de manière sécuritaire.
  11. Pour enlever la litière, une méthode qui réduit au minimum la production d'aérosols et de poussière doit être employée; il faut décontaminer les cages avant de retirer la litière (habituellement à l'autoclave) ou retirer la litière dans un poste ventilé pour le changement des cages ou dans une EB.
  12. Les cages des animaux doivent être décontaminées avant leur lavage.
  13. Les carcasses, les tissus et les litières contaminés des animaux doivent être incinérés ou traités à l'aide d'autres techniques efficaces. Le matériel transporté de la salle animalière au lieu d'élimination doit être placé dans des contenants étanches, résistants au bris qui sont bien étiquetés.

4.4 Installations pour le confinement des gros animaux

Le travail auprès de gros animaux comporte tout un éventail de dangers particuliers, notamment les ruades, l'écrasement, la lutte ou la fuite (selon l'espèce) et/ou l'auto-inoculation accidentelle. Les gros animaux devraient être acclimatés à leur nouvel environnement avant le début d'un essai.

Les animaliers doivent posséder des connaissances sur les caractéristiques générales des espèces, par exemple le tempérament, les instincts et les attributs physiques. Ils doivent également tenir compte des ectoparasites et endoparasites naturels des animaux et des zoonoses auxquelles ceux-ci sont susceptibles, y compris la voie possible d'excrétion et de dissémination.

Le confinement des gros animaux renvoie au type de cage plutôt qu'à la taille de l'animal. Les gros animaux sont hébergés soit dans une salle, une grange ou une cage, où la pièce sert de principale barrière de confinement.

Les paragraphes qui suivent, en plus des sections 4.1 et 4.2, décrivent les pratiques opérationnelles minimales à observer dans les installations pour gros animaux.

  1. Le personnel qui entre dans l'installation doit retirer ses vêtements de ville et ses bijoux et enfiler les vêtements de protection, l'équipement et les chaussures dédiées (p. ex., une protection faciale telle qu'un écran facial ou des lunettes de sécurité avec masque, des bottes de caoutchouc, des gants externes, des combinaisons jetables); cette couche de vêtements doit être retirée à la sortie de la zone contaminée. Lorsqu'un employé doit porter des vêtements dédiées aux installations (p. ex., survêtement ou salopette), il pourrait ne pas avoir à changer tous ses vêtements s'il porte une deuxième épaisseur de vêtements spécifiques au travail dans l'installation animalière.
  2. Il n'est pas recommandé d'entrer dans plus d'un box à partir d'un corridor propre, sauf si les mesures de décontamination appropriées ont été prises ou si les vêtements de protection, l'équipement et les chaussures ont été changés entre la zone propre et la zone contaminée; il est acceptable, selon le projet, d'entrer dans plus d'un box par le corridor contaminé (p. ex. déplacement entre zones contaminées de même niveau).
  3. Les écrans faciaux ou les lunettes de sécurité devraient être décontaminés après leur emploi.
  4. Il faut se laver les mains après avoir retiré les gants et avant de quitter les installations.
  5. Lorsqu'on ne porte pas de lunettes réservées pour cette tâche, les lunettes doivent être décontaminées au périmètre de confinement.
  6. Les portes des box doivent demeurer fermées pour contrôler l'accès.
  7. Chaque box doit porter une inscription où sont indiqués les risques présents de même que les exigences à observer à l'entrée (p. ex., EPI additionnel ou autres exigences).
  8. Des méthodes appropriées d'immobilisation doivent être utilisées pour réduire les risques de ruade, d'écrasement et d'auto-inoculation accidentelle.
  9. Les surfaces extérieures des contenants d'échantillons biologiques qui doivent être retirés des salles animalières contaminées doivent être décontaminées; les échantillons sensibles à la chaleur peuvent être décontaminés au moyen de produits chimiques (p. ex., immersion dans du désinfectant au périmètre).
  10. À la fin de l'expérience, tout le matériel resté à l'intérieur du box doit être retiré et décontaminé. Les aliments pour animaux qui restent à l'intérieur du box doivent être décontaminés et détruits de manière appropriée.
  11. Les carcasses et les tissus d'animaux doivent être incinérés ou traités à l'aide d'autres techniques efficaces; les carcasses doivent être transportées du box en passant par le corridor contaminé (on peut aussi utiliser des contenants étanches pour le transport).
  12. Une fois l'expérience terminée, les box ainsi que le corridor contaminé doivent être nettoyés puis décontaminés au moyen d'une technique appropriée.
  13. Les déjections et les litières des animaux doivent être décontaminées au moyen des méthodes appropriées.
  14. Les moutons utilisés dans les expériences sur la tremblante doivent être confinés pendant l'agnelage. La litière, le liquide placentaire et tout autre déchet doivent être recueillis et décontaminés. La zone d'agnelage doit être décontaminée au moment du retrait de la brebis et de l'agneau.

4.5 Salles de nécropsie pour les gros animaux

Comme pour les autres types d'installations, il faut établir des protocoles, une formation et une documentation pour les salles de nécropsie. Les dangers dans la salle de nécropsie ne se limitent pas aux éclaboussures et aux aérosols de matières infectieuses. Des accidents peuvent aussi être causés par des instruments coupants, les extrémités acérées des os cassés, des planchers glissants, le matériel électrique, des fixateurs chimiques et des désinfectants.

En plus des exigences décrites dans les Normes sur le confinement des installations vétérinaires(1), les pratiques opérationnelles suivantes doivent être observées dans les salles de nécropsie.

  1. Les personnes pouvant être exposées à des agents responsables de l'EST dans leur travail doivent porter à tout le moins des vêtements de protection complète (p. ex. tenue de chirurgien et ensemble imperméable jetable, tablier imperméable, couvre-chef, chaussures dédiées ou chaussures imperméables jetables et des gants doubles (lors de l'utilisation d'objets pointus ou coupants, des gants résistants aux coupures doivent être portés). Il faut prévenir les expositions muqueuses ou l'ingestion accidentelle de tissus contaminés en utilisant un écran facial complet ou des lunettes de sécurité et un masque chirurgical. Un respirateur n'est pas exigé, mais si des respirateurs sont utilisés, un programme de protection respiratoire doit être en place, conformément aux règlements provinciaux et fédéraux applicables (p. ex., le Code canadien du travail).
  2. Si une salle de nécropsie n'est pas équipée d'un système de traitement des effluents, le travail avec des tissus infectés doit alors être effectué dans une zone isolée où les liquides et les tissus peuvent être confinés et traités convenablement avant d'être rejetés.
  3. Il est préférable d'utiliser de l'équipement qui réduira au minimum la production d'aérosols (p. ex., scies manuelles).
  4. La contamination grossière de l'équipement et des surfaces doit être enlevée et traitée convenablement avant la décontamination des surfaces. Les instruments devraient demeurer humides jusqu'à la décontamination.
  5. Des procédures doivent être en place lors de la décontamination du personnel est exigée. La douche ne doit pas servir de méthode de décontamination lorsque les effluents liquides ne sont pas traités.

Références

  1. Normes sur le confinement des installations vétérinaires. Ottawa : Agriculture et Agro-alimentaire Canada, ministre des Approvisionnements et Services Canada, no 1921/F, 1996.
  2. Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire. Ottawa : Santé Canada, ministre de la Santé, 2004.
  3. Guidance from the Advisory Committee on Dangerous Pathogens and the Spongiform Encephalopathy Advisory Committee. Transmissble Spongiform Encephalopathy Agents: Safe Working and the Prevention of Infection.Part 3. December 15, 2003, Recommendations of the Federal Animal Viral Diseases Research Institute for the taking of samples and conduct of diagnostic procedures under the BSE and scrapie epidemiological monitoring program and the examination of the actual suspects. Decision of the Biological Agents Board, ABAS 603. February 2001; Federal Labour Gazette, 2001-02, p. 97
  4. Special measures for the protection of employees against infection by BSE or scrapie pathogens. Decision of the Biological Agents Board, ABAS 602. Federal Labour Gazette, 2002-12, p. 92.
  5. AUSVETPLAN: Disease Stratagey; Bovine Spongiform Encelalopathy - PDF (152 ko). Version 3, 2003.
  6. Creutzfeldt-Jakob Disease and Other Human Transmissible Spongiform Encephalopathies: Guidelines on patient management and infection control. Commonwealth of Australia. 1995.
  7. Guide de prévention des infections : La maladie de Creutzfeldt-Jakob classique au Canada. Ottawa : Agence de santé publique du Canada, volume : 28S5, novembre 2002.
  8. WHO Infection Control Guidelines for Transmissible Spongiform Encephalopathies. Report of a WHO consultation. Geneva, Switzerland, 23-26 March 1999.

Chapitre 5 Décontamination

Les agents responsables de l'EST sont particulièrement résistants aux méthodes physiques et chimiques conventionnelles de décontamination(1). L'inactivation complète n'est pas toujours possible, mais il faut veiller par tous les moyens à ce que la décontamination soit adéquate. Ce chapitre décrit les méthodes de décontamination acceptées à l'échelle internationale (p. ex., WHO Infection Control Guidelines for Transmissible Spongiform Encephalopathies - PDF (194 ko). Ces recommandations pourraient changer à mesure que de nouveaux renseignements sont disponibles. Les technologies de traitement décrites dans ce document sont limitées à celles visant à décontaminer les déchets des laboratoires, des installations vétérinaires et des salles de nécropsie qui manipulent des agents pathogènes de maladies à prions. De ce point de vue, les nouvelles technologies nécessiteront une plus grande évaluation, y compris des preuves de l'inactivation des prions publiées dans des journaux scientifiques examinés par des pairs.

Santé Canada évalue les désinfectants chimiques liquides pour en assurer la sécurité, l'efficacité et la qualité. Il n'existe présentement aucune méthode certifiée pour analyser les « désinfectants » efficaces contre les prions. Les fabricants qui désirent apposer une étiquette alléguant l'efficacité contre les prions devraient communiquer avec la Direction des produits thérapeutiques, dont l'adresse du site Web est la suivante : http://www.hc-sc.gc.ca/dhp-mps/prodpharma/index-fra.php.

Voir le Guide de prévention des infections : La maladie de Creutzfeldt-Jakob classique au Canada de Santé Canada(2) pour prendre note des méthodes de décontamination appropriées aux établissements de santé destinés aux humains.

5.1 Méthodes de décontamination recommandées

Tissus et carcasses d'animaux infectés :

  • Incinération à 850°C(1, 3)
  • Hydrolyse alcaline(3), consulter les règlements environnementaux municipaux, provinciaux et fédéraux.

Litières et déchets contaminés de petits animaux :

  • L'incinération à 850°C est fortement recommandée (3).
  • Il faut passer à l'autoclave à 134°C pendant une heure(5).

Litières et déchets contaminés de gros animaux :

  • ESB chez les bovins : Les déchets et les litières doivent être décontaminés pendant au moins quatre semaines après l'inoculation et davantage si des signes cliniques sont observés. L'incinération à 850°C(3) est recommandée. Le traitement des effluents liquides à 134 °C pendant une heure est acceptable.
  • Tremblante du mouton : Les déchets et les litières doivent être décontaminés pendant au moins quatre semaines après l'inoculation et davantage si des signes cliniques sont observés. L'incinération à 850°C(3) est recommandée. Le traitement des effluents liquides à 134 °C pendant une heure est acceptable. Isoler les brebis gestantes afin d'incinérer les matières placentaires et de décontaminer les fluides placentaires.
  • MDC chez les cerfs : Tous les déchets et les litières doivent être incinérés à 850°C(3).
  • En ce qui a trait aux espèces non hôtes inoculées avec un agent d'une maladie à prions, l'excrétion du virus dans les déchets (p. ex., MDC chez des bovins ou ESB chez des cerfs peut être incertaine). Tous les déchets et litières d'animaux doivent donc être incinérés à 850°C(3).

Déchets solides (EPI jetable, ordures, etc.)

  • L'incinération à 850°C est fortement recommandée(3, 4, 5).
  • Il faut passer à l'autoclave à 134 °C pendant une heure(5)
  • Le traitement chimique à l'hydroxyde de sodium (NaOH) ou à l'hypochlorite de sodium (NaOCl)puis transférer à un bassin d'eau avant le traitement à l'autoclave à 121 °C.

Instruments qui doivent être jetés

  • L'incinération à 850°C(2, 3, 5) (peut ne pas être indiquée pour certains matériaux, p. ex., plastiques).
  • Nettoyage à l'essuie-tout, trempage dans une solution de chlore disponible à 2 % pendant une heure à 20 °C (5), puis élimination.
  • Nettoyage à l'essuie-tout, trempage dans une solution de NaOH 2M pendant une heure à 20 °C(5), puis élimination.
  • Nettoyage à l'essuie-tout, passage à l'autoclave à charge poreuse (134-138 °C pendant une heure)(5), puis élimination.

Les essuie-tout utilisés pour nettoyer les instruments doivent être traitées comme des déchets solides.

Instruments qui doivent être réutilisés

Les instruments et le matériel réutilisables doivent demeurer humides entre le moment où ils sont exposés à du matériel infectieux et leur nettoyage et leur décontamination ultérieurs(4).

  • Bien nettoyer à l'essuie-tout, puis faire tremper dans une solution de chlore disponible à 2 % pendant une heure à 20 °C(5)
  • Bien nettoyer à l'essuie-tout, puis faire tremper dans une solution de NaOH 2M pendant une heure à 20 °C(5) bien rincer à l'eau puis passer à l'autoclave à charge poreuse (134-138 °C pendant 18 minutes)(5)
  • Bien nettoyer à l'essuie-tout, immerger dans une solution de NaOH 1N ou de chlore disponible à 2 % pendant une heure, bien rincer à l'eau, transférer dans l'eau, chauffer à l'autoclave à DG à 121 °C(7) pendant une heure(5).

Les essuie-tout utilisés pour essuyer les instruments doivent être traités comme des déchets solides.

Liquides

  • Traitement à l'autoclave à charge poreuse à 134 °C pendant une heure.
  • Incinération à 850°C(3).
  • Mélange avec de l'eau de Javel pour une concentration finale de 2 % de chlore disponible pendant une heure.

Surfaces

  • Bien nettoyer, puis asperger les surfaces d'une solution de 2 % de chlore disponible pendant une heure à 20 °C(1), puis rincer à l'eau.
  • Bien nettoyer, puis asperger les surfaces d'une solution de NaOH 2M pendant une heure à 20 °C (1,5).

5.2 Produits chimiques

Le personnel devrait bien connaître (et observer) les lignes directrices en matière de sécurité pour le travail avec des produits chimiques. Il faut lire soigneusement les étiquettes et les fiches signalétiques. Il convient de porter l'EPI approprié pour prévenir les expositions à des produits chimiques. Le NaOH réagit avec le CO2 pour former des carbonates qui neutralisent le NaOH et diminuent son efficacité comme décontaminant.

L'exposition des solutions de NaOCl à l'air et à la lumière amplifie la perte de chlore disponible. Il est donc recommandé de :

  • conserver ces solutions dans des contenants fermés à l'abri de la lumière;
  • préparer des solutions fraîches avant chaque utilisation;
  • étiqueter adéquatement les contenants.

Les exemples qui suivent montrent comment préparer des solutions qui serviront à la décontamination chimique.

Préparation d'une solution de chlore disponible à 2 % (20 000 ppm)

La concentration de NaOCl dans l'eau de Javel vendue dans le commerce varie. Il faut donc vérifier la garantie sur l'étiquette du produit avant de calculer le facteur de dilution.

Exemple 1 Exemple 2
L'eau de Javel domestique contient en général 5,25 % de NaOCl

2/5 X 5,25 % = 2,1 % NaOCl

Ajouter 2 parties d'eau de Javel domestique pour 3 parties d'eau.

L'eau de Javel vendue pour les piscines contient de 10 à 12 % de NaOCl

1/5 X 10 % = 2 % NaOCl

Ajouter 1 partie d'eau de Javel du commerce pour 4 parties d'eau.

Préparation d'une solution de NaOH 2M :

La molarité (M) et la normalité (N) du NaOH sont égales. Autrement dit, une solution de NaOH 2N équivaut à une solution de NaOH 2M (M = ,mol/L, 1 mol de NaOH = 40 g).

Exemple

Préparer un litre d'une solution de NaOH 2M.

2M NaOH (aq) = 2 mol de NaOH / L eau
= 2 (40 g)/L
= 80 g/L

Ajouter 80 g de NaOH par litre d'eau.

Mise en garde : Il faut être prudent lorsqu'on mélange du NaOH et de l'eau, car une réaction exothermique se produit et libère de la chaleur

Références

  1. Guidance from the Advisory Committee on Dangerous Pathogens and the Spongiform Encephalopathy Advisory Committee. Transmissble Spongiform Encephalopathy Agents: Safe Working and the Prevention of Infection . Part 3. December 15, 2003,
  2. Guide de prévention des infections : La maladie de Creutzfeldt-Jakob classique au Canada. Ottawa : Agence de santé publique du Canada, volume : 28S5, novembre 2002.
  3. Animal Health Risk Assessment Unit (AHRA). (2005). Disposal of Specified Risk Materials Through Controlled Incineration - Draft, N5, Canadian Food Inspection Agency, Ottawa.
  4. European Commission, Scientific Steering Committee. Final Opinion and Report on: A Treatment of Animal Waste by Means of High Temperature(150°C, 3 hours) and High Pressure Alkaline Hydrolysis. April 10-11, 2003.
  5. World Health Organization Communicable Disease Surveillance and Control. WHO Infection Control Guidelines for Transmissible Spongiform Encephalopathies; Report of a WHO Consultation Geneva, Switzerland, 23-26 March 1999. http://www.who.int/emc
  6. Guidance from the Advisory Committee on Dangerous Pathogens and the Spongiform Encephalopathy Advisory Committee. Decontamination and Waste Disposal. Appendix C. December 15, 2003.
  7. Taylor DM. Inactivation of prions by physical and chemical means. J Hosp Infect. 1999 Dec;43 Suppl:S69-76. Review.

Chapitre 6 Certification des installations

6.1 Certification

L'établissement sera certifié par l'agence canadienne d'inspection des aliments (ESB, MDC, la tremblante du mouton) ou par l'agence de la fonction publique du Canada (MCJ) en fonction des pathogènes qui seront manipulés dans cet établissement.La section 6.3 donne un aperçu des éléments critiques du système de confinement qui doivent être vérifiés dans le cadre de la certification initiale. Un plan d'étage des installations avec des précisions concernant les surfaces doit être présenté. Des protocoles opérationnels doivent également être établis et soumis avant que le travail avec des agents responsables de l'EST ne puisse être effectué. La formation du personnel est un aspect critique de ce processus et peut comporter un travail initial sur des tissus non infectés. Les utilisateurs doivent comprendre les systèmes de confinement et leur fonctionnement en plus de connaître les méthodes scientifiques. Des registres détaillés du processus de certification et des rapports des tests doivent être tenus. Une inspection de l'établissement peut être nécessaire avant sa certification.

6.2 Renouvellement de la certification

La certification devrait également être renouvelée tous les deux ans. Des registres détaillés du processus de re-certification et des rapports des tests doivent être tenus. Avant de faire des changements au programme, il faudrait soumettre les procédures opérationnelles en vue d'un examen.

6.3 Essais de vérification et de performance

Finition des surfaces de travail

Les tables de travail, les encadrements, les murs et les planchers doivent être inspectés visuellement pour déterminer s'ils sont lavables et s'ils peuvent résister aux méthodes de décontamination. Les surfaces devraient être continues, sans joint. Les ouvertures au niveau et au-dessous de la surface de travail devraient être scellées pour permettre un nettoyage et une décontamination en profondeur.

Dispositifs de communication

Les systèmes de communication et de transfert électronique sur papier (p. ex., intercom, téléphone, télécopieur) doivent être vérifiés pour s'assurer qu'ils fonctionnent tel que prévu.

Dispositifs de contrôle d'accès/sécurité

Les systèmes de sécurité (p. ex., accès contrôlé) doivent être vérifiés pour s'assurer qu'ils fonctionnent tel que prévu.

Autoclaves et systèmes de décontamination

Il faut vérifier le bon fonctionnement de tous les systèmes de stérilisation (p. ex., autoclaves, systèmes de traitement des effluents liquides) et utiliser des charges représentatives au moment des essais.

Les indicateurs biologiques sont inactivés à des températures inférieures à celles requises pour les agents de maladies à prions (c.-à-d., de 134 à 138°C). L'utilisation d'indicateurs biologiques pourrait donc donner une fausse assurance d'inactivation de prions. Il faudrait par conséquent utiliser des indicateurs chimiques spécialement conçus pour les prions ou une température de charge interne pour confirmer les paramètres du traitement. Pour les techniques faisant appel aux produits chimiques, les recommandations du chapitre 5 doivent être suivies. Fournir assez de documentation pour les produits nouveaux pour permettre la vérification de l'inactivation des prions. Tous les autres systèmes de décontamination (p. ex., cuves d'immersion) doivent être vérifiés afin de s'assurer qu'ils fonctionnent selon les spécifications. Il faut fournir une description de la méthode à suivre.

Enceintes de biosécurité

Les essais et la certification des EB doivent se faire conformément à la norme CSA Z316.3-95(1) ou à la norme pertinente du NSF(2).

Les dispositifs d'interverrouillage (p. ex., ventilateur de soufflage et ventilateur d'extraction de classe II type B2) doivent faire l'objet d'essais conformément à la norme pertinente du NSF(3).

On doit simuler des conditions d'alarme afin de vérifier si les pannes des EB et/ou des ventilateurs d'extraction sont effectivement détectées.

Hottes de laboratoire

Toutes les hottes de laboratoire de même que leurs systèmes connexes d'extraction et d'évacuation doivent être soumis à des essais sur place conformément aux exigences de la norme CSA Z316.5-94, Fume Hoods and Associated Exhaust Systems (1994)(4).

Clapets de non-retour

Les dispositifs de prévention du refoulement de l'eau doivent être soumis à des essais conformément à la norme CAN/CSA-B64.10-94(5).

Bassins oculaires et douches d'urgence

Le débit et la température de l'eau des bassins oculaires et des douches d'urgence doivent être vérifiés conformément à la norme ANSI Z3858.1(6).

Génératrice de secours

La génératrice électrique de secours doit être soumise à des essais dans des conditions de charge appropriées pour s'assurer que les systèmes fonctionneront selon les spécifications.

Traitement des effluents (au besoin)

Les tuyaux d'évacuation et les conduites connexes reliées aux systèmes de traitement des effluents (y compris les conduits de ventilation connexes) doivent être soumis à des essais conformément à la section 3.6, Essais des réseaux d'évacuation de ventilation (1990) du Code canadien de la plomberie(7); la pression au cours de l'essai à l'air du réseau d'évacuation devant dépasser par un facteur de sécurité la pression établie par le Code, qui est de 35 kPa (p. ex., correspondre au double de la pression prescrite par le Code).

Le traitement des effluents doit être adéquat pour les prions.

Procédures opérationnelles

Les procédures opérationnelles pour les installations EST doivent faire l'objet d'un examen.

Références

  1. Biological containment cabinets: installation and field testing. CSA Z316.3-95. Toronto, ON: Canadian Standards Association, 1995.
  2. Class II (laminar flow) biohazard cabinetry. Standard 49. Ann Arbor, Michigan: NSF International, 2002.
  3. Class II (laminar flow) biohazard cabinetry. Standard 49. Ann Arbor, Michigan: NSF International, 2002.
  4. Guide de sélection et d'installation des dispositifs antirefoulement/Guide d'entretien et de mise à l'essai à pied d'oeuvre des dispositifs antirefoulement, CAN/CSA-B64.10-01/B64.10.1-F01, Toronto, Ontario, Association canadienne de normalisation, 2001.
  5. Code national de plomberie du Canada, Ottawa, Ontario, Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention des incendies, Conseil national de recherches du Canada, 1995.

Remerciements

Ce document a été rédigé par l'unité du confinement des biorisques et de la sécurité de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Un comité formé d'un groupe consultatif scientifique et de spécialistes en biosécurité a passé en revue le document. Le groupe était composé des personnes suivantes.

Dr Aruguma Balachandran
Pathologiste vétérinaire, Encéphalopathies spongiformes transmissibles
Laboratoire d'Ottawa (Fallowfield)
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)

Dre Catherine Bergeron, MD, FRCPC
Professeure agrégée et neuropathologiste
Centre for Research in Neurodegenerative
Diseases
Université de Toronto
Toronto (Ontario)

Andréanne Bonhomme
Spécialiste en confinement biologique
Bureau de la sécurité en laboratoire
Agence de santé publique du Canada
Ottawa (Ontario)

Dr Peter Cairns
Agent de biosécurité
Centre national des maladies animales exotiques
Agence canadienne d'inspection des aliments
Winnipeg (Manitoba)

Dr Neil Cashman
Professeur, Department of Medicine and Medical Biophysics
Centre for Research in Neurodegenerative Diseases
Université de Toronto
Toronto (Ontario)

Dr Mike Coulthart
Chef, Laboratoire national pour les
maladies à prions
Laboratoire national de génétique de
l'hôte et des maladies à prions
Santé Canada
Winnipeg (Manitoba)

Dre Catherine Curtis
Pathologiste vétérinaire
Laboratoire de Lethbridge
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)

Dre Stefanie Czub
Chef, Pathologie
Centre national des maladies animales exotiques
Agence canadienne d'inspection des aliments
Winnipeg (Manitoba)

Mary Louise Graham
Chef, Division de la biosécurité
Bureau de la sécurité en laboratoire
Agence de santé publique du Canada
Ottawa (Ontario)

Dre Penny Greenwood
Vétérinaire principale
Contrôle des maladies, Tremblante/encéphalopathie
spongiforme bovine
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)

Dr Gary Little
Vétérinaire principal
Contrôle des maladies, Encéphalopathie spongiforme bovine
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)

Lisa Manning
Biologiste, Histologie
Centre national des maladies animales exotiques
Agence canadienne d'inspection des aliments
Winnipeg (Manitoba)

Stephen Norman
Chef, Programme des services de biosécurité
Unité du confinement des biorisques et de la sécurité
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)

Dr Shane Renwick, DMV, MSc
Directeur, Services de laboratoire en santé animale
Direction des laboratoires
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)

Shirley Paton
Chef, Section des infections nosocomiales
et professionnelles
Santé Canada
Ottawa (Ontario)

Dr Brian Peart
Vétérinaire principal
Contrôle des maladies, Maladie du dépérissement chronique
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)

Dr Yves Robinson
Pathologiste
Laboratoire de St-Hyacinthe
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)

Ken Ugwu
Ingénieur principal, Confinement
biologique
Bureau de la sécurité en laboratoire
Agence de santé publique du Canada
Ottawa (Ontario)

Dr David Westaway
Professeur agrégé
Centre for Research in
Neurodegenerative Diseases
Université de Toronto
Toronto (Ontario)

Lisa Young
Chef, Programme de bioconfinement
et de certification
Unité du confinement des biorisques et de la sécurité
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)

Viviane Bergevin
Chef intérimaire, Programme de bioconfinement et de certification
Unité du confinement des biorisques et de la sécurité
Agence canadienne d'inspection des aliments
Ottawa (Ontario)