DGR-08-03 : Révision du statut de la cécidomyie du chou-fleur (Contarinia nasturtii) au Canada

Cette page fait partie du répertoire des documents d'orientation (RDO).

Vous cherchez des documents connexes?
Recherche de documents connexes dans le répertoire des documents d'orientation.

Date d'émission : 2009-02-24

Préface

Le Document de gestion du risque (DGR) comprend un aperçu des résultats d'une évaluation des risques phytosanitaires et présente le processus de gestion des risques phytosanitaires suivi pour traiter du problème en cause. Il respecte les principes, la terminologie et les lignes directrices des normes de la CIPV pour l'analyse des risques phytosanitaires.

1.0 But

L'objectif de ce document est de documenter une décision relative à la gestion du risque.

2.0 Portée

Ce document de gestion du risque résume la décision de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) de déréglementer la cécidomyie du chou-fleur, Contarinia nasturtii, au Canada.

3.0 Contexte

La cécidomyie du chou-fleur, Contarinia nasturtii, a été détectée pour la première fois en Ontario en 2000. Des pertes de rendements significatives, qui ont été attribuées en premier à des carences en éléments minéraux, avaient été observées dans des champs de brocoli de cette province depuis 1996. Lorsque la cécidomyie du chou-fleur a été confirmée en Ontario, il est apparu clair que ces pertes étaient plutôt dues à des dommages causés par la cécidomyie.

Suite au développement d'une Évaluation des risques phytosanitaires en 2002, l'ACIA a déclaré la cécidomyie du chou-fleur comme étant un ravageur de quarantaine pour le Canada. Les exigences phytosanitaires reliées à la cécidomyie, décrites dans la directive D-02-06 (Exigences phytosanitaires destinées à prévenir l'introduction et la propagation de la cécidomyie du chou-fleur (Contarinia nasturtii)) décrivent les mesures de prévention de l'entrée et de la dissémination de la cécidomyie des régions infestées vers les régions non infestées du Canada et des États-Unis. Les produits ayant été identifiés comme étant des vecteurs potentiels pour la dispersion de l'insecte, et qui sont par conséquent ciblés par les exigences à l'égard de la cécidomyie du chou-fleur, sont les transplants d'espèces hôtes (Brassicaceae), le matériel agricole usagé et le sol. Les semences d'espèces hôtes ne sont pas considérées comme étant un moyen de dispersion à haut risque de la cécidomyie, par conséquent, l'industrie du canola n'est pas touchée par les exigences à l'égard de l'insecte, puisque cette culture est propagée par les semences plutôt qu'avec des transplants.

L'ACIA a initié pour la première fois des enquêtes visuelles en Ontario et au Québec en 2002. Durant les années suivantes, l'ACIA a confirmé la présence de l'insecte dans la plupart des comtés/municipalités du sud de l'Ontario et du Québec où des crucifères sont cultivés. La disponibilité d'un piège à phéromone en 2005 a contribué à l'augmentation rapide du nombre de régions où la cécidomyie a pu être détectée.

Durant les enquêtes effectuées par l'ACIA en 2007 et 2008, la cécidomyie du chou-fleur a été identifiée pour la première fois au Manitoba, en Saskatchewan, à l'Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse.

La révision du statut de la cécidomyie du chou-fleur a été initiée durant l'été 2007, après que le département d'agriculture des États-Unis (USDA) ait contacté l'ACIA au sujet d'une approche harmonisée à l'égard de cet insecte. L'initiative de déréglementation de l'insecte entreprise aux États-Unis a été précipitée par l'observation de la situation au Canada: depuis la première identification de l'insecte en 2000, la cécidomyie s'est rapidement dispersée et a été détectée sur de vastes étendues et ce, malgré l'application d'exigences phytosanitaires visant à prévenir la dispersion par les activités humaines. Le USDA a déterminé que l'insecte ne représentait pas une menace pour l'industrie des crucifères et que l'application d'exigences phytosanitaires, similaires à celles en vigueur au Canada, ne suffirait pas à ralentir sa dispersion. De plus, la majorité des producteurs situés dans des régions réglementées considèrent la cécidomyie du chou-fleur comme étant un ravageur de qualité, plutôt qu'un ravageur justiciable de quarantaine, et incluent ainsi l'insecte dans leur programme régulier de protection des cultures. À la lumière de cette information, l'ACIA a initié le processus de déréglementation de ce ravageur au Canada.

4.0 Résumé de l'évaluation des risques phytosanitaire

Une évaluation des risques phytosanitaires a été effectuée en 2002 afin d'évaluer les risques potentiels reliés à l'introduction et l'établissement de la cécidomyie du chou-fleur. Une mise à jour de ce document a été complétée plus tard en 2002 afin d'inclure des informations et données nouvellement acquises grâce à une révision en profondeur de la littérature et à des consultations avec les experts européens sur le risque phytosanitaire de Contarinia nasturtii (Kieffer) (Diptera: Cecidomyiidae), la cécidomyie du chou-fleur, une cécidomyie galligène d'origine européenne s'alimentant sur les plantes de la famille des Brassicaceae. L'objectif de cette mise à jour était d'aider l'ACIA à :

  • définir les exigences phytosanitaires visant à prévenir l'entrée et la dissémination de l'insecte,
  • développer un programme de certification pour les transplants d'espèces hôtes de la cécidomyie du chou-fleur, et
  • élaborer davantage sur les protocoles d'enquêtes pour cet insecte.

Une seconde évaluation des risques phytosanitaires, initiées conjointement entre le Canada et les États-Unis, a été complétée en juin 2008 afin de déterminer la probabilité d'introduction et de dissémination de la cécidomyie du chou-fleur par les siliques et graines de canola, ainsi que les impacts potentiels de ce ravageur sur la culture du canola dans les deux pays. L'Unité d'évaluation de risques phytosanitaires de la Division des avis scientifiques de l'ACIA et son équivalent américain (Plant Epidemiology and Risk Analysis Laboratory of the Center for Plant Health Science and Technology, PPQ, APHIS, USDA) ont conjointement développé ce document afin d'assister l'ACIA et le USDA à déterminer si des mesures phytosanitaires sont requises pour protéger l'industrie du canola et ses producteurs dans les deux pays.

L'évaluation des risques phytosanitaires fournit de l'information spécifique à ce ravageur sur différentes plantes hôtes. Les risques phytosanitaires reliés à l'insecte ont été caractérisés et estimés. Les principaux éléments déterminant le risque sont résumés ci-dessous.

Biologie du ravageur - La cécidomyie du chou-fleur est une espèces envahissante indigène à l'Europe et l'Asie où, dans certaines régions, elle est considérée comme un ravageur considérable des crucifères - chou, chou-fleur, brocoli, etc. Elle a été rapportée pour la première fois en Amérique du Nord en Ontario en 2000. L'adulte est une petite mouche délicate ayant une longévité allant de un à quatre jours. La larve se développe à l'intérieur des tiges, feuilles et dans les fleurons des plantes crucifères, s'alimentant sur les tissus végétatifs et génératifs en croissance. Le cycle vital complet peut s'étendre, en moyenne, sur 26 jours. L'insecte passe l'hiver au stade larvaire, dans des cocons enfouis dans le sol. En Ontario, la cécidomyie du chou-fleur peut produire jusqu'à cinq générations par année selon les conditions climatiques.

Dommage - Les dommages suivants ont été observés sur les crucifères (autres que le canola) : formation de galles sur les feuilles et les fleurs, bourgeons floraux fermés et enflés, feuilles centrales tordues et déformées, cicatrices brunes sur les pétioles et les tiges, pétioles enflés, absence d'une tête chez le chou, destruction de l'inflorescence chez le brocoli et le chou-fleur, et absence d'une tige centrale remplacée par la formation de multiples pousses latérales ou secondaires. De la pourriture est souvent observée suite à l'attaque par la cécidomyie du chou-fleur.

En Ontario, des dommages au canola par la cécidomyie du chou-fleur ont été rapportés pour la première fois en 2005. Les dommages ont été observés sur du canola de printemps, particulièrement aux stades de jeune pousse et de rosette, mais ils sont devenus plus sévères durant les stades d'élongation des tiges et de formation des siliques. Les plantes affectées n'ont pu compléter l'élongation des tiges ainsi que la formation des fleurs et des siliques. Les dommages rapportés ont été significativement plus élevés sur le canola de printemps planté tardivement. Jusqu'à maintenant, aucun dommage dû à la cécidomyie du chou-fleur n'a été rapporté dans les prairies canadiennes ou ailleurs au pays. Une explication possible est que les traitement chimiques utilisés dans les programmes réguliers de gestion phytosanitaires contre d'autres insectes nuisibles, pourraient également contrôler les populations de cécidomyie du chou-fleur.

Distribution - En Amérique du Nord, des populations établies de cécidomyie du chou-fleur ont été rapportées sur des plantes appartenant à la famille des Brassicaceae en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec, en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard, ainsi que dans les états américains de New York, Connecticut, Massachusetts, New Jersey et Vermont.

Probabilité d'introduction

Potentiel d'introduction - Pour les cultures maraîchères appartenant aux Brassica, les transplants et le sol sont considérés comme étant les vecteurs présentant le plus de risques pour l'introduction de la cécidomyie du chou-fleur à partir de régions infestées vers des régions non infestées. Les produits frais représentent seulement un faible risque de contribution à la dissémination des différents stades de l'insecte. La culture du canola ne représente pas de risque d'introduction puisque cette culture est directement semée au champ au Canada et aux États-Unis. Les équipements agricoles contaminés par du sol peuvent toutefois contribuer au déplacement des larves et des pupes. La cécidomyie du chou-fleur peut également être disséminée de manière naturelle par le vent. L'insecte adulte peut voyager sur de courtes distances en « flottant » dans l'air, et ainsi, se disperser vers des champs adjacents non infestés si des plantes hôtes convenables sont disponibles. L'adulte peut également se disperser et survivre sur certaines espèces de mauvaises herbes servant d'hôtes alternatifs.

Étendue de la distribution potentielle - Des modèles bioclimatiques ont démontré que la cécidomyie du chou-fleur pourrait potentiellement s'établir dans toutes les provinces canadiennes, avec des risques supérieurs pour le Sud-Ouest de la Colombie-Britannique, le Sud de l'Ontario et du Québec, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard. Il est prédit que la croissance des populations serait importante dans l'Ouest du Canada, particulièrement durant les années où les précipitations sont au-dessus des moyennes. Il a également été prédit qu'un régime de climat plus chaud, dans le contexte des changements climatiques, pourrait contribuer à l'augmentation des régions propices à la cécidomyie du chou-fleur en Amérique du Nord.

Impacts

Économique - Des pertes économiques dues à la présence de la cécidomyie du chou-fleur ont été rapportées par des producteurs de l'Ontario et du Québec. Dans le canola, les pertes dépendent du synchronisme entre la phénologie de la plante hôte et de l'insecte. Les cultures de canola d'hiver et de printemps hâtif auront de meilleures chances d'échapper aux dommages causés par la cécidomyie, car leur stade vulnérable, la formation des bourgeons, est terminé quand les populations de l'insecte sont à leur plus haut.

Sociologique - Aucun impact sociologique n'est envisagé comme résultat des dommages causés aux crucifères par la cécidomyie du chou-fleur.

Environnemental - Il n'y a aucun impact direct de la cécidomyie du chou-fleur sur l'environnement. Il pourrait toutefois y avoir des impacts indirects, suite à l'augmentation des pesticides appliqués pour contrôler les infestations et satisfaire aux exigences phytosanitaires à l'égard de l'insecte, ce qui pourrait affecter les populations d'organismes non ciblés. L'utilisation de pesticides peut également contaminer les écosystèmes du sol et de l'eau.

Conclusion - En 2002, le risque global de la cécidomyie du chou-fleur pour les cultures maraîchères de Brassica avait été qualifié de moyen, ce qui impliquait que des mesures phytosanitaires pouvaient être requises afin de mitiger les risques reliés à l'insecte. L'évaluation des risques phytosanitaires portant sur le canola, complétée en 2008, a conclu que le risque global que représente l'insecte pour la culture du canola ainsi que les impacts économiques négatifs reliés à la cécidomyie du chou-fleur pouvaient être amoindris si un asynchronisme phénologique était créé et maintenu entre l'insecte et la plante hôte. Des pratiques de gestion phytosanitaire couramment utilisées contre d'autres insectes nuisibles du canola peuvent également s'avérer efficaces contre la cécidomyie du chou-fleur.

5.0 Considérations sur la gestion du risque

5.1 Accès aux marchés protégés

Les semences de canola (destinées à la propagation) et les graines de canola (destinées à la consommation humaine ou à la transformation) ne sont pas considérées comme des vecteurs favorisant la dissémination de l'insecte et ne sont par conséquent donc pas concernées par la réglementation de l'ACIA à l'égard de la cécidomyie du chou-fleur. L'établissement de la cécidomyie du chou-fleur dans les régions productrices de canola de l'Ouest du Canada n'aurait donc pas d'impact sur la mise en marché des semences ou graines de canola, tant au niveau domestique qu'international.

Le déplacement domestique et l'exportation de transplants de crucifères maraîchers et ornementaux canadiens, produits considérés par l'ACIA comme des vecteurs favorisant la dissémination de l'insecte, sont présentement ciblés par la réglementation de l'ACIA à l'égard de la cécidomyie du chou-fleur. Afin de permettre la circulation de transplants d'espèces hôtes à partir de régions infestées du Canada vers des régions non infestées du Canada ou des États-Unis, les producteurs canadiens doivent présentement satisfaire aux exigences spécifiées dans le Programme canadien de certification visant la cécidomyie du chou-fleur, développé par l'ACIA.

En 2007, l'ACIA a été avisée par le USDA qu'ils seraient intéressés à considérer la déréglementation de la cécidomyie du chou-fleur. Suite à ces discussions, l'ACIA et le USDA ont créé un groupe de travail afin d'évaluer cette option. Le USDA a récemment indiqué qu'ils sont prêts à aller de l'avant avec la déréglementation. Si l'ACIA procédait également à la déréglementation de l'insecte, les deux pays adopteraient ainsi une approche harmonisée à l'égard de la cécidomyie du chou-fleur et ainsi, les produits réglementés pourraient circuler librement entre les deux pays sans faire l'objet d'aucune restriction reliée à la cécidomyie du chou-fleur.

Une conséquence de la déréglementation, advenant sa réalisation par les deux pays, serait la libre circulation du matériel qui était au préalable réglementé à l'égard de la cécidomyie du chou-fleur: les transplants d'espèces hôtes, le matériel agricole usagé et le sol. De plus, l'ACIA éliminerait les exigences reliées à la participation obligatoire au Programme de certification visant la cécidomyie du chou-fleur pour les producteurs impliqués dans le déplacement de matériel végétal réglementé à partir de régions réglementées vers des régions non réglementées du Canada et des États-Unis. Ceci réduirait de manière importante les coûts pour les producteurs touchés. Des exigences supplémentaires reliées à d'autres ravageurs pourraient toujours s'appliquer, mais la déréglementation de la cécidomyie du chou-fleur résulterait en l'élimination des exigences phytosanitaires spécifiques à cet insecte.

5.2 Introduction de la cécidomyie du chou-fleur dans les régions non réglementées du Canada et impact sur les cultures de crucifères maraîchers et le canola.

Depuis que la cécidomyie du chou-fleur a été rapportée pour la première fois en Ontario en 2000, les enquêtes ont permis de détecter des populations établies dans la plupart des régions productrices de crucifères du Sud de l'Ontario et du Québec. Les enquêtes effectuées par l'ACIA en 2007 et 2008 ont permis de confirmer la présence de l'insecte dans plusieurs régions de la Saskatchewan, du Manitoba, de l'île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse. La rapide expansion de l'insecte vers de nouvelles régions depuis la toute première détection peut être attribuée: aux caractéristiques biologiques de l'insecte, qui permettent la dispersion naturelle et l'établissement dans la plupart des régions canadiennes où des Brassicaceae sont cultivés; à l'agrandissement de la zone où des enquêtes ont été menées au Canada; à l'amélioration du protocole d'enquête; à la disponibilité de pièges à phéromones efficaces; et au déplacement de transplants de crucifères, de sol et de machinerie agricole usagée.

La déréglementation de la cécidomyie du chou-fleur au Canada pourrait éventuellement contribuer à son introduction dans de nouvelles régions où elle n'a pas encore été rapportée. La voie d'introduction artificielle la plus probable serait le déplacement de transplants de crucifères, de matériel agricole usagé et de sol (pris seul ou en association avec des végétaux), de régions présentement réglementées vers des régions non réglementées. Toutefois, considérant la distribution de l'insecte dans les autres pays où il est établit, la modélisation climatique de son étendue géographique potentielle, et sa rapide dispersion malgré la mise en application de mesures phytosanitaires visant à prévenir sa dispersion, il est probable que l'insecte se disperserait naturellement vers des régions qui en sont exemptes présentement.

L'évaluation des risques phytosanitaires complétée en 2008 sur la cécidomyie du chou-fleur indique qu'elle pourrait avoir un impact économique sur les rendements de canola advenant une synchronisation phénologique entre l'insecte et la plante (c.-à-d. si un nombre suffisant d'adultes de la cécidomyie attaquent la plante à un stade hâtif, lorsqu'elle est le plus vulnérable). De l'information limitée existe au Canada à propos de l'ampleur de l'impact que la cécidomyie du chou-fleur pourrait avoir sur les rendements de canola de l'Ouest du Canada advenant une telle synchronisation phénologique. Les champs de canola de la Saskatchewan et du Manitoba où la cécidomyie a été détectée durant les enquêtes de l'ACIA ne présentaient pas de signes de dommages associés à des infestations de cécidomyie du chou-fleur. De plus, certains programmes de gestion des ravageurs, appliqués pour le contrôle de différents autres ravageurs du canola, peuvent également être indirectement efficaces pour réduire les populations de cécidomyie du chou-fleur et leurs impacts.

La cécidomyie du chou-fleur a causé des dommages importants aux cultures de crucifères maraîchers du Québec et de l'Ontario à la fin des années 1990. Toutefois, depuis les premières détections, les producteurs, en collaboration avec les conseillers agricoles provinciaux et les chercheurs, ont développé des stratégies de culture et de lutte intégrée minimisant les dommages associés à l'insecte. En particulier, la rotation des cultures, la désinfection des serres et des champs, et la synchronisation des traitements insecticides, sont des éléments clés recommandés en tant que bonnes pratiques agricoles pouvant contribuer à réduire les dommages causés par la cécidomyie.

5.3 Élimination des restrictions visant les détaillants et grossistes impliqués dans le déplacement domestique et l'exportation de transplants de crucifères produits au Canada

La déréglementation de la cécidomyie du chou-fleur au Canada permettrait d'éliminer les exigences domestiques et d'exportation qui restreignent présentement le déplacement de transplants de crucifères des zones réglementées vers les zones non réglementées du Canada et des États-Unis. La seule option permettant présentement le déplacement de transplants d'espèces hôtes de la cécidomyie du chou-fleur des zones réglementées vers les zones non réglementées est la participation au Programme de certification visant la cécidomyie du chou-fleur (PCCCF). Les exigences de participation pour ce programme sont énoncées dans la directive D-03-01. La déréglementation de la cécidomyie du chou-fleur, et par conséquent le retrait de la D-03-01, aurait pour conséquence d'éliminer les coûts associés à la participation au PCCCF. De plus, la déréglementation de l'insecte permettrait le libre déplacement des transplants de crucifères maraîchers non seulement au Canada, mais également vers les États-Unis.

6.0 Décision de gestion du risque

Depuis le début des enquêtes en 2002, la distribution géographique de la cécidomyie du chou-fleur n'a cessé d'augmenter. Le caractère laborieux de cette enquête et la très grande superficie à surveiller rendent son accomplissement très difficile dans les régions productrices de canola de l'Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. Toutefois, en se basant sur le nombre limité de sites surveillés ainsi que sur les détections positives déjà effectuées, ceci porte à croire que la cécidomyie du chou-fleur est largement présente dans ces provinces.

Compte tenu de l'expansion de la répartition de l'insecte au pays malgré les exigences strictes en place, l'ACIA est convaincue que le maintien des restrictions actuelles aurait un succès limité dans le ralentissement de la dissémination de l'insecte vers les zones où il n'a pas encore été détecté, tout en représentant d'importants coûts et défis pour l'industrie canadienne. Il est presque certain que la distribution actuelle de l'insecte est encore plus répandue que ce qui est présentement documenté.

De plus, selon les discussions récentes avec le USDA, une approche harmonisée dans la déréglementation de la cécidomyie du chou-fleur, résulterait en la libre circulation du matériel réglementé à l'égard de cet insecte entre les deux pays. Des exigences supplémentaires reliées à d'autres ravageurs pourraient toujours s'appliquer, mais la déréglementation de la cécidomyie du chou-fleur aurait comme résultat d'éliminer les exigences phytosanitaires qui lui sont spécifiques.

Les commentaires reçus de la part des intervenants canadiens ayant participé à la consultation reliée au document de gestion du risque de l'ACIA sur la cécidomyie du chou-fleur (DGR-08-03), distribué en novembre 2008, étaient majoritairement en faveur de la proposition de la déréglementation de l'insecte au Canada. D'autres discussions avec les intervenants intéressés auront lieu en février 2009 afin d'aborder les préoccupations potentielles de ces intervenants.

7.0 Prochaines étapes

En publiant ce document de décision de gestion du risque, l'ACIA annonce son intention de procéder à la déréglementation de la cécidomyie du chou-fleur au Canada. À compter du 31 mars, 2009, l'ACIA cessera d'appliquer la réglementation présentement en place pour la cécidomyie du chou-fleur, en ce qui concerne l'exportation, l'importation et la circulation domestique de produits réglementés à l'égard de l'insecte. De plus, les directives D-02-06 et D-03-01 seront retirées. L'ACIA avisera les intervenants canadiens et ses partenaires commerciaux que les exigences phytosanitaires à l'égard de la cécidomyie du chou-fleur ne seront dorénavant plus appliquées.

8.0 Références

Agence canadienne d'inspection des aliments. 2008 (1ère révision). D-02-06 Exigences phytosanitaires destinées à prévenir l'introduction et la propagation de la cécidomyie du chou-fleur (Contarinia nasturtii).

Agence canadienne d'inspection des aliments. 2008 (2ème révision). D-03-01 Programme de certification visant la cécidomyie du chou-fleur (SMCP).

Dumouchel, Louise. 2002. PRA 02-04 Contarinia nasturtii (Kieffer) - The swede midge (update). Unité d'évaluation des risques phytosanitaires, Agence canadienne d'inspection des aliments, Ottawa.

Smith, J.W., L. Dumouchel & A. Ameen. 2008. ERP conjointe Canada-U.S. PRA Contarinia nasturtii (Kieffer) (swede midge) on canola. Plant Epidemiology and Risk Analysis Laboratory, United States Department of Agriculture - Animal and Plant Health Inspection Service, North Carolina & Unité d'évaluation des risques phytosanitaires, Agence canadienne d'inspection des aliments, Ottawa.

9.0 Liste des intervenantes

  • Ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec
  • Association des jardiniers maraîchers du Québec
  • Fédération des producteurs maraîchers du Québec
  • Syndicat des producteurs en serre du Québec
  • Fédération interdisciplinaire d'horticulture ornementale du Québec
  • Ontario Ministry of Agriculture, Food and Rural Affairs
  • Canadian Nursery Landscape Association
  • Flowers Canada
  • Canadian Horticulture Council
  • British Columbia Ministry of Agriculture and Lands
  • BC Cole Crops Growers Association
  • Bevo Farms
  • Prince Edward Island Vegetable Growers Co-op
  • Prince Edward Island Horticultural Association
  • Prince Edward Island Department of Agriculture
  • Prince Edward Island Federation of Agriculture Farm Centre
  • AgraPoint Int. Inc.
  • Horticulture Nova Scotia
  • Nova Scotia Department of Agriculture and Food
  • Nova Scotia Federation of Agriculture
  • Agriculture and Agri-Food Canada
  • Bras D'or Producers Co-op Ltd.
  • Newfoundland & Labrador Horticultural Procuders Council Inc.
  • Landscape Newfoundland & Labrador
  • Department of Natural Resources
  • New Brunswick Agriculture and Aquaculture
  • Atlantic Organic Association
  • Canadian Canola Council
  • Ontario Canola Growers
  • Saskatchewan Agriculture and Food
  • Manitoba Agriculture and Food and Rural Initiatives
  • Insect Pest Management, Alberta

10.0 Plan de communication

Suite à l'adoption officielle d'une politique révisée sur la déréglementation de la cécidomyie du chou-fleur au Canada, l'ACIA avisera ses partenaires commerciaux et l'industrie canadienne des changements résultant de la déréglementation de l'insecte.

11.0 Approbation

Approuvé par :

Dirigeant principal de la protection des végétaux

Date de modification :