DGR-09-01 : Phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce, à l'origine de la maladie du rabougrissement de la ronce

Cette page fait partie du répertoire des documents d'orientation (RDO).

Vous cherchez des documents connexes?
Recherche de documents connexes dans le répertoire des documents d'orientation.

Date d'émission : 2012-01-16

Préface

Comme il a été défini par la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), l'analyse du risque phytosanitaire (ARP) comprend trois phases: mise en route, l'évaluation du risque phytosanitaire et la gestion du risque phytosanitaire. L'initiation du processus de l'ARP implique l'identification d'organismes nuisibles et des voies d'entrée susceptibles et la définition de la zone ARP. L'évaluation des risques phytosanitaires établit le fondement scientifique de la gestion globale des risques. La gestion des risques phytosanitaires est le processus consistant à déterminer et évaluer les mesures d'atténuation pouvant être prises pour réduire les risques posés par l'organisme nuisible en cause à des niveaux acceptables et à sélectionner les mesures adéquates.

Le Document de gestion du risque (DGR) comprend un aperçu des résultats d'une évaluation des risques phytosanitaires et présente le processus de gestion des risques phytosanitaires suivi pour traiter du problème en cause. Il respecte les principes, la terminologie et les lignes directrices des normes de la CIPV pour l'analyse des risques phytosanitaires.

Table des matières

Résumé

Le présent document sur la gestion des risques (DGR) fait partie du processus d'analyse des risques qui examine le risque phytosanitaire du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce. Le présent DGR comprend un résumé des résultats de l'évaluation des risques phytosanitaires et définit et évalue des mesures d'atténuation dont l'adoption pourrait réduire les risques phytosanitaires à des niveaux acceptables. Le document présente et examine les différentes options possibles de gestion des risques et l'approche qui a été recommandée par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et appuyée par les intervenants canadiens au cours des consultations.

L'unité d'Évaluation des risques phytosanitaires de la Division des sciences de la protection des végétaux de l'ACIA a préparé le document ARP 2000-40 : Phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce à la demande de la Direction de la protection des végétaux et de la biosécurité de l'ACIA. L'objectif de l'ARP est de soutenir l'élaboration de politiques particulières d'importation pour prévenir l'entrée de ce phytoplasme au Canada. L'évaluation complète fournit des renseignements propres à ce phytoplasme en plus de la caractérisation et de l'estimation des risques associés pour chaque voie d'entrée de l'organisme.

Le matériel de propagation de l'espèce Rubus (sauf les semences) peut être hôte du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce. Ainsi le matériel hôte est une voie d'entrée potentiel pour introduire de phytoplasme au Canada si du matériel hôte infesté est importé au Canada de pays où le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce est présent.

Au Canada, l'organisme peur survivre partout où des hôtes acceptables ont poussé. Le principal vecteur insecte du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce en Europe est la cicadelle, M. fuscula. Cette cicadelle est également présente dans l'ouest de l'Amérique du Nord, y compris l'Ouest du Canada où on la trouve sur les mûres sauvages, particulièrement la ronce discolore R. procerus J.P. Müll.

Selon Van der Meer (1987), le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce peut avoir des répercussions économiques importantes, car les pertes de récoltes peuvent être immenses dans les régions où la maladie atteint le stage d'épidémie. Les signes visibles de l'infection sont les mêmes chez pratiquement tous les espèces et cultivars de Rubus. Parmi les symptômes les plus communs, citons la production de nombreuses petites cannes minces et droites à la base de la plante, un branchement latéral important de toute la plante (c.-à-d., des regroupements de 5 à 10 rameaux fructifères latéraux dans le même bourgeon, aussi connu sous le nom de « balai de sorcière »), la surproduction de fleurs et la phyllodie. Bon nombre de plantes de framboises cultivées infesté meurent durant la phase de choc de l'infection, car elles sont étouffées par des plantes en meilleure santé. Les framboises qui poussent à partir de la coupe de plantes malades et plantées à une bonne distance l'une de l'autre, ne meurent pas souvent et peuvent présenter des signes de régénération. Cependant, parmi le grand nombre de pousses qui se forment, certaines deviennent plus grosses que d'autres et portent des fruits normaux mais plus petits qui sont difficiles à cueillir. Parmi les mesures efficaces d'atténuation des risques, l'utilisation d'un traitement à l'eau chaude sur les boutures semble efficace pour éliminer le pathogène du matériel hôte.

En général, l'ACIA considère que le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce répond à la définition d'un organisme nuisible de quarantaine pour le Canada. Il est jugé comme présentant un risque MOYEN, selon le modèle de l'unité d'Évaluation des risques phytosanitaires (ERP) responsable des évaluations.

1.0 Objectif

Le présent document sert à consigner la décision relative à la gestion du risque et à informer les intervenants de la décision relative à la gestion du risque prise par l'ACIA relativement au statut réglementaire du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce au Canada.

2.0 Portée

Le présent document de gestion du risque examine les risques phytosanitaires avec l'entrée possible au Canada du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce et résume la décision de l'DGR relativement au statut réglementaire du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce au Canada.

3.0 Définitions

Les définitions des termes utilisés dans le présent document se trouvent dans le Glossaire des termes de la protection des végétaux ou dans le Glossaire des termes phytosanitaires de la CIPV.

4.0 Contexte

Le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce ne touche que Rubus spp. (framboise, mûre sauvage, mûre de Logan, etc.), causant ainsi la production d'un nombre considérable de pousses rabougries. Les États-Unis (É.-U.) réglementent l'importation du matériel de multiplication de la ronce (à l'exception des semences) en raison de cet organisme nuisible. Les restrictions de quarantaine des É.-U. s'appliquent au Canada, ce dernier n'ayant pas désigné le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce comme organisme de quarantaine au Canada. Le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce est susceptible d'avoir une incidence sur l'industrie de la ronce en réduisant de manière significative la production et en touchant directement le potentiel d'exportation du matériel de multiplication, sans compter les préoccupations actuelles d'accès aux marchés des É.-U.

5.0 Évaluation du risque phytosanitaire

L'information de la présente section est extraite de l'ARP 2000-40 : Phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce. L'évaluation du risque résume l'information disponible sur le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce et évalue la probabilité d'entrée, d'établissement et de propagation au Canada, ainsi que les conséquences économiques et environnementales potentielles. Le risque et l'incertitude généraux sont résumés en termes de probabilité et de conséquences.

5.1 Identité de l'organisme nuisible

Nom : Phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce

Synonymes : Phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce

Noms communs : balais de sorcière; Heksenbezen, dwergziekte; Rubus Stauche; Verzwergungskrankheit (Van der Meer, 1987).

5.2 Biologie de l'organisme nuisible

Le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce est une maladie sérieuse qui touche naturellement seulement les plantes du genre Rubus; aucun germoplasme Rubus immunisé n'a été rapporté (Converse, 1991). L'infection naturelle a été trouvée dans tous les principaux cultivars de framboises européens et dans plusieurs espèces de mûres sauvages (Van der Meer, 1987).
Murant et Roberts (1971) indiquent que les plus importantes éclosions dans le sud de l'Angleterre surviennent chez les mûres de Logan et les mûres.

Le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce se transmet naturellement par les cicadelles du genre Macropsis et peut également se transmettre au moyen d'une greffe. Le vecteur principal de la cicadelle en Europe est M. fuscula. Cette cicadelle est également bien établie dans l'Ouest du Canada et aux É.-U. chez les mûres sauvages. Il a été signalé que le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce est transmis par les semences.

Parmi les symptômes les plus communs d'infection on trouve la production de nombreuses petites cannes minces, de nombreux rameaux latéraux (aussi appelés balais de sorcière), la prolifération de fleurs et une réduction de la croissance. Les fruits produits peuvent être nombreux, mais plus petits et difficiles à cueillir. Très souvent les plantes infectées meurent après deux ans, possiblement étouffées par les plantes en meilleure santé.

Les plantes infectées ne démontrent habituellement pas de symptômes avant une année dans le processus d'infection. Certaines plantes infectées peuvent ne jamais démontrer les symptômes typiques de la maladie.

5.3 Répartition

Le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce n'a été détecté ni au Canada ni ailleurs en Amérique du Nord. Sa présence est avérée chez les ronces sauvages et cultivées en Europe, en Russie et au Moyen-Orient.

5.4 Probabilité d'introduction

Voies d'entrée potentielles : les plantes, les boutures et les tiges de Rubus spp. constituent les voies d'entrée qui présentent un risque élevé pour l'introduction du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce. Une fois que matériel infectée est introduit et cultiver, le phytoplasme serait susceptible de se propager localement, au sein et entre les champs voisins.

Le Canada a des restrictions quant à ses importations de germoplasme de ronces provennant de l'Europe en les limitant à un faible nombre de plantes qui ont été produites uniquement dans le cadre de programmes de certification et pour lesquels la souche parentale a été inscrite comme exempte du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce. Le risque d'introduction à partir de cette source est considéré faible. Cet organisme nuisible contamine seulement les espèces de ronce et n'est pas transmis par les semences. Le risque d'introduction par d'autres voies d'entrée, telles que les plantes non-hôtes ou les insectes vecteurs, reste négligeable.

5.5 Étendue de la répartition potentielle

À partir de la répartition connue, qui inclut le Danemark et le Royaume-Uni, le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce pourrait éventuellement s'établir là où se trouvent des hôtes et des vecteurs lui convenant. Au Canada, on trouve des espèces de ronces, y compris un nombre considérable d'espèces sauvages et cultivées dans toutes les provinces. La production commerciale des framboises est essentiellement effectuée en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec. Le vecteur principal de la cicadelle en Europe, Macropsis fuscula, est présent en Colombie-Britannique (et sa présence a également été avérée dans l'Ouest des É.-U.).

5.6 Conséquences

  1. Économiques - le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce peut causer des pertes économiques considérables en raison des mauvaises récoltes lorsque la maladie se transforme en une épidémie. Bon nombre de plantes malades meurent ou peuvent produire des fruits, mais les baies sont plus petites et difficiles à récolter. Les plantes qui sont déjà touchées par d'autres maladies sont plus sensibles au phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce et meurent en général dans l'espace d'une année après l'infection.
  2. Sociologiques - L'établissement du rabougrissement de la ronce chez les espèces de ronce sauvage au Canada pourrait avoir des répercussions sociologiques significatives sur les Canadiennes pour lesquelles les espèces de ronce sont importantes sur le plan culturel.
  3. Environnementales - Les espèces de ronce sauvage poussent dans toutes les provinces. La longévité de ces espèces de ronce sauvages sera probablement altérée dans les endroits où un vecteur de la cicadelle est présent. La présence du principal insecte vecteur en Europe, Macropsis fuscula, est avérée en Colombie-Britannique. L'établissement de l'organisme nuisible dans l'environnement naturel pourrait affecter la faune qui dépend des espèces sauvages de Rubus.
  4. Conclusion - Les preuves examinées dans cette évaluation de risque phytosanitaire démontrent qu'il existe un risque élevé que le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce soit introduit au Canada et un risque général moyen. Le virus causera probablement une production moins importante, une perte de qualité pour les cultivateurs et mènera probablement à la mort de la plante. Après avoir tenu compte de tous les facteurs, l'ACIA arrive à la conclusion que le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce est un organisme nuisible de quarantaine au Canada et est d'avis que des mesures phytosanitaires particulières sont nécessaires pour atténuer le risque associé à cet organisme nuisible.

6.0 Décision en matière de gestion du risque phytosanitaire

Les deux options suivantes ont été présentées à des fins de consultation aux parties prenantes qui s'est terminée le 24 juillet 2009. Les intervenants consultés comprenaient des gouvernements provinciaux, des groupes industriels nationaux et provinciaux ainsi que des individus. Les parties prenantes qui ont formulé des commentaires ont exprimé un soutien accru pour l'option B.

A. Maintenir le Status Quo

Continuer ainsi sans prendre de mesure règlementaire concernant le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce. En ne prenant pas de mesure réglementaire, le risque d'introduction du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce augmente. En outre, ne pas prendre de mesure réglementaire pourrait constituer une entrave continue à l'exportation du matériel de multiplication des ronces aux É.-U. en raison des craintes selon lesquelles le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce pourrait entrer au Canada en passant par d'autres pays.

L'objectif visé par cette option serait de permettre à chaque producteur de gérer le risque phytosanitaire eux-mêmes. Cette option ne faciliterait pas l'accès aux marchés du matériel canadien issu des espèces de ronce.

B. Réglementation du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce

Réglementer le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce en adoptant des exigences en matière d'importation sur l'importation du matériel végétal issu de la ronce (à l'exception des semences). Réviser les permis d'importation existants et toutes les nouvelles demandes d'importation des espèces de ronce afin d'inclure l'exigence d'un certificat phytosanitaire accompagné d'une déclaration supplémentaire certifiant que le matériel végétal a été produit conformément au régime de certification approuvé de l'organisation nationales de la protection des végétaux (ONPV) et a été jugé exempt du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce grâce à un examen visuel et un classement de la souche parentale.

Divers pays européens utilisent de régimes de certification pour les tests de dépistage des agents pathogènes de la ronce. Par conséquent, il est prévu que l'adoption d'une réglementation du phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce par l'ACIA n'ait qu'une incidence minime sur l'accès des importateurs au matériel végétal issu de la ronce et provenant d'Europe, autre qu'une augmentation possible des coûts qui serait justifiée par la réduction des risques potentiels. Les importateurs devraient être en mesure d'obtenir d'emblée un certificat phytosanitaire accompagné d'une déclaration supplémentaire tel qu'il a été montré ci-dessus. L'exigence régissant la production dans le cadre d'un régime de certification traitera également de la question de la lutte contre un certain nombre de ravageur de qualité de la ronce.

Les É.-U. exigent actuellement que les plantes de la ronce provenant du Canada soient certifiées comme ayant été cultivées en vertu d'un programme de certification approuvé par l'ACIA. Réglementer le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce à titre d'organisme nuisible de quarantaine au Canada pourrait fournir une occasion d'engager avec les É.-U. en vue d'apporter un changement à leurs exigences en matière d'importation concernant le matériel végétal de la ronce provenant du Canada.

L'objectif visé par cette option est de réduire le risque de voir cette maladie s'introduire et s'établir au Canada. La présente option faciliterait l'accès aux marchés en démontrant que le Canada prend des mesures en vue de réduire les risques de voir cet organisme nuisible s'introduire au Canada.

7.0 Décision réglementaire

D'après l'information scientifique et le soutien d'intervenants, l'ACIA a décidé d'ajouter le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce à la liste des organismes nuisibles réglementés du Canada et de préparer une directive de politique d'importations qui spécifie les exigences relatives à l'importation pour les hôtes de cet organisme nuisible.

8.0 Références

Garland, J.A., S.J. Miller & A.E. Stahevitch. 1995. PPD Request 95-34c Rubus Plants & Cuttings from Europe. Unité de l'Évaluation des risques phytosanitaires, Agence canadienne d'inspection des aliments, Ottawa.

MacLatchy, I. 2001. PHPD 00-40 Plant Health Risk Assessment Rubus Stunt Phytoplasma. Unité de l'Évaluation des risques phytosanitaires, Agence canadienne d'inspection des aliments, Ottawa.

Rubus Stunt Phytoplasma Pest Fact Sheet. 2001. Unité de l'Évaluation des risques phytosanitaires, Agence canadienne d'inspection des aliments, Ottawa.

9.0 Approbation

Approuvé par :

Dirigeant principal de la protection des végétaux

Date de modification :