DGR-10-28 : Anthonomus eugenii (charançon du poivron)

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Date d'émission : 2011-02-15

Préface

Comme il a été défini par la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), l'analyse du risque phytosanitaire (ARP) comprend trois phases: mise en route, l'évaluation du risque phytosanitaire et la gestion du risque phytosanitaire. L'initiation du processus de l'ARP implique l'identification d'organismes nuisibles et des voies d'entrée susceptibles et la définition de la zone ARP. L'évaluation des risques phytosanitaires établit le fondement scientifique de la gestion globale des risques. La gestion des risques phytosanitaires est le processus consistant à déterminer et évaluer les mesures d'atténuation pouvant être prises pour réduire les risques posés par l'organisme nuisible en cause à des niveaux acceptables et à sélectionner les mesures adéquates.

Le Document de gestion du risque (DGR) comprend un aperçu des résultats d'une évaluation des risques phytosanitaires et présente le processus de gestion des risques phytosanitaires suivi pour traiter du problème en cause. Il respecte les principes, la terminologie et les lignes directrices des normes de la CIPV pour l'analyse des risques phytosanitaires.

Table des matières

Sommaire

L'Anthonomus eugenii (charançon du poivron) est un organisme nuisible natif d'Amérique du Nord. Le charançon du poivron est originaire du Mexique, mais s'est disséminé partout en Amérique centrale et au Sud des États-Unis (É.-U.). Cet organisme nuisible attaque principalement les plantes de la famille des Solanacées, mais il est reconnu partout au monde comme étant un phytoravageur majeur de la culture du poivron.

Le Canada importe d'importantes quantités de poivrons destinés au marché frais en provenance des É.-U. et du Mexique, où le charançon du poivron est très répandu. Le charançon du poivron n'est pas réglementé par les É.-U. ni par le Mexique et le département de l'Agriculture des É.-U. (USDA) n'impose aucune exigence nationale en vue de restreindre sa dissémination aux É.-U.

Bon nombre de producteurs serricoles canadiens importent des poivrons des É.-U. et du Mexique et on pense que cela constitue la principale voie d'entrée pour cet organisme nuisible dans les serres canadiennes de poivron. Présentement, le Canada ne dispose d'aucune exigence phytosanitaire à l'importation pour le poivron en lien avec le charançon du poivron. Les exportations canadiennes de poivron frais cultivé en serre et en champ vers les É.-U. représentent environ 99 % des exportations totales de poivron.

Le charançon du poivron a été détecté pour la première fois au Canada en 1992. À cette époque, de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a décidé de ne pas réglementer cet insecte. Pour prendre cette décision, on s'est basé sur le fait que le charançon du poivron est un organisme nuisible tropical et qu'on ne s'attendait pas à ce qu'il survive toute l'année au Canada. On a déterminé à cette époque que ce phytoravageur pouvait être géré par l'industrie. Plusieurs mesures de contrôle sont disponibles et des éléments probants montrent qu'il est possible d'éradiquer cet organisme nuisible des serres. De plus, les producteurs serricoles qui n'emballent pas les poivrons importés à proximité de leurs cultures serricoles de poivron ne risquent pas d'introduire cet organisme nuisible dans leur aire de production. Toutefois, il est possible que l'infestation puisse se propager à partir de serres infestées vers des cultures des champs ou dans d'autres serres, en particulier pendant les mois d'été. Les serres au Canada ont des ouvertures de ventilation qui ne sont pas grillagées, donc il n'y a aucune barrière physique pour empêcher les insectes de s'introduire dans les serres et d'en sortir.

En 2010, le charançon du poivron a été repéré dans plusieurs serres de poivron en Ontario. L'ACIA a décidé qu'il serait prudent d'examiner de près le risque que pose cet organisme nuisible, de documenter la décision réglementaire et d'améliorer la transparence relative à cette situation. En mai 2010, une Catégorisation de l'organisme nuisible a été complétée. Quoique la Catégorisation de l'organisme nuisible a déterminé que l'Anthonomus eugenii Cano, le charançon du poivron, rencontre les critères de base d'un organisme de quarantaine, l'évaluation de diverses autres considérations relative à la gestion du risque ont menées l'ACIA a déterminé qu'aucune mesure réglementaire n'est nécessaire en ce qui concerne cet organisme nuisible au Canada.

L'ACIA a rédigé ce document de gestion du risque (DGR) pour documenter la décision à l'égard du charançon du poivron. Quoique cet insecte a de nombreuses caractéristiques d'un organisme de quarantaine, l'application de pratiques exemplaires de gestion permettra de prévenir l'introduction de cet organisme nuisible. De plus, des mesures de lutte antiparasitaire intégrées sont disponibles pour lutter contre cet organisme nuisible advenant sa détection. La réglementation de cet organisme nuisible n'est pas dans l'intérêt de l'industrie canadienne ou de l'ACIA.

1.0 Objectif

L'objectif de ce document est de :

  • demander l'avis des intervenants
  • informer les intervenants
  • enregistrer une décision relative à la gestion du risque
  • autre (fournir une explication)

2.0 Portée

Ce document de gestion des risques résume la décision ACIA qui consiste à ne pas réglementer le charançon du poivron, Anthonomus eugenii Cano, au Canada.

3.0 Définitions

Les définitions des termes utilisés dans le présent document se trouvent dans le Glossaire de la Division de la protection des végétaux ou dans le Glossaire des termes phytosanitaires de la CIPV.

4.0 Contexte

La Catégorisation des organismes nuisibles de l'ACIA à l'égard du charançon du poivron a été effectuée en mai 2010. Elle montre que le charançon du poivron est un organisme nuisible important des poivrons, mais qu'il ne peut pas survivre à l'extérieur pendant l'hiver canadien. Il est donc improbable que le charançon du poivron puisse se disséminer parmi les serres au Canada pendant l'hiver sans intervention humaine. Pendant la saison chaude, il est possible que cet organisme nuisible puisse se disséminer d'établissement serricoles infestées vers d'autres serres avoisinantes ou a des champs de culture de poivron.

On pense que le charançon du poivron est indigène au Mexique. Il s'est disséminé presque partout en Amérique centrale, dans les Caraïbes et dans le sud des États-Unis (É.-U). On juge qu'il est absent dans les pays de l'Union européenne (U.E.).

Les É.-U. ne réglementent pas l'A. eugenii puisque cette espèce s'est établit dans le Sud des É.-U. De plus, il ne fait pas l'objet d'une lutte officielle et n'est donc pas considérée comme étant un organisme de quarantaine. L'A. eugenii a récemment été ajouté à la liste des organismes de quarantaine A1 de l'Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP), mais aucune autre Organisation régionale de la protection des végétaux ne le considère comme étant un organisme de quarantaine.

Il y a un grand nombre d'échanges commerciaux de poivron frais entre le Canada et les É.-U. Le Canada importe également une quantité importante de poivron en provenance du Mexique.

5.0 Sommaire de l'évaluation du risque phytosanitaire

Une Catégorisation des organismes nuisibles pour déterminer si l'Anthonomus eugenii Cano, le charançon du poivron, répond aux critères de la définition d'un organisme de quarantaine a été effectuée en mai 2010. Une fiche technique préparée par l'OEPP portant sur le charançon du poivron a également été examinée. Les parties suivantes présentent un résumé de ces travaux.

5.1 Biologie du ravageur

5.1.1 Cycle vital

La durée du développement de l'œuf pour devenir un insecte adulte à une température de 26 à 28 °C est d'environ 14 jours chez Capsicum annuum et Solanum americanum (Patrock and Schuster, 1992). Dans un laboratoire, le stade de développement de l'œuf prend 3,6 jours, le stade larvaire prend 9,5 jours, le stade nymphal dure 3,3 jours et le stade adulte 3,14 jours (œuf à adulte : 16,4 jours) (Gordon et Armstrong, 1990). En Floride, le développement de l'œuf jusqu'à l'âge adulte de l'insecte prend environ 21 jours et on trouve les insectes adultes durant tous les mois de l'année sauf aux mois de décembre et de janvier. Ce phytoravageur passe habituellement l'hiver dans de mauvaises herbes ou dans de vieilles plantes de poivron. Aucune diapause n'est observée (Elmore et aliae, 1934). Les adultes hivernants ont une durée de vie de dix mois, mais ils peuvent survivre seulement 2-3 mois en été.

5.1.2 Gamme d'hôtes

Le charançon du poivron est un insecte nuisible des plantes de la famille des solanacées. Même si les adultes préfèrent pondre sur des plantes du genre Capsicum et Solanum, ils peuvent s'alimenter des autres solanacées telles que ceux des genres Physalis, Lycopersicon, Datura, Petunia et Nicotiana. Toutes les variétés de poivron sont susceptibles d'être attaquées. Plusieurs espèces de la famille des solanacées peuvent héberger le charançon du poivron, notamment la morelle noire, Solanum nigrum, la morelle jaune, S. elaeagnifolium, la morelle de Caroline, S. carolinense, la morelle rostrée, S. rostratum, et le cerisier d'amour, S. pseudocapsicum.

5.1.3 Symptômes

Les charançons du poivron adultes s'alimentent de fruits et de bourgeons à feuilles et pondent leurs œufs sur des fleurs, des bourgeons et des fruits. Les signes précurseurs qui indiquent la présence de l'insecte inclus de petits trous dans les fruits immatures et de petits trous circulaires (2-5 mm) sur les feuilles. Les larves s'alimentent de graines et d'autres tissus du fruit en développement (Costello and Gillespie, 1993). Leur alimentation fait tomber le fruit prématurément. Les charançons de poivron adultes s'alimentent également de bouton en fleurs et de jeune fruit. Toutefois, les insectes adultes ne causent pas autant de dommages que les larves qui s'alimentent à l'intérieur des bourgeons et des fruits. Les bourgeons infestés tombent de la plante. Les larves s'alimentent habituellement des graines se trouvant au cœur du fruit, mais creusent parfois un tunnel dans la paroi du fruit. Le poivron infesté est noir à l'intérieur et rempli d'excréments. On ne remarque en général pas l'infestation jusqu'à ce que les tiges des jeunes poivrons deviennent jaunes, dépérisse et que le fruit commence ensuite à tomber. Lorsqu'on constate que quelques fruits en développement sont tombés, cela signifie que la plante est déjà gravement touchée et on peut s'attendre à voir de nombreux autres fruits tomber dans les dix jours suivants. Certains fruits infestés deviennent rouge ou jaune prématurément et peuvent se déformer avant de tomber à terre. Dans les endroits où l'insecte est endémique et que les pratiques exemplaires de gestion ne sont pas utilisées, les champs de poivron qui sont infestés sont parfois labourés puisqu'il ne reste pas assez de fruits pour valoir la peine de les récolter et l'infestation pourrait constituer une menace pour la plantation ultérieure du poivron.

5.2 Répartition

Le charançon du poivron serait originaire du Mexique, mais s'est propagé partout en Amérique centrale et au Sud des É.-U. La présence de cet insecte a été enregistrée dans les États de l'Arizona, la Californie, la Floride, la Géorgie, la Louisiane, le Nouveau-Mexique et le Texas.

Les populations de charançon du poivron persiste seulement dans les endroits où sont cultivées les plantes hôtes tout au long de l'année, restreignant ainsi sa dissémination aux États du Sud des É.-U., où le poivron est cultivé dans les champs toute l'année. Toutefois, on a enregistré la présence de ce charançon à quelques reprises dans certaines régions au Nord des É.-U., comme la Virginie (Shultz & Kuhar 2008), car des plants à repiquer sont expédiés vers le Nord chaque printemps. Le charançon du poivron peut s'implanter dans des environnements intérieurs même dans des régions où les conditions climatiques ne permettre pas sa survie à l'extérieur.

5.3 Voies d'entrée

Le charançon du poivron pourrait être introduit au Canada par l'importation de poivron infesté, des plants à repiquer de poivron et des caisses à claire-voie ou contenants d'emballages usagés. L'ACIA interdit présentement les plantes de poivron en provenance de tous les pays sauf la zone continentale des É.-U.. . Le risque d'introduction de cet organisme nuisible en association avec l'importation d'autres espèces de solanacées est inconnu, mais il est vraisemblablement significativement plus faible que celui associé à l'importation de fruits ou de plantes de poivron.

5.3.1 Risque d'introduction

5.3.1.1 Poivrons frais destinés à la consommation

Les poivrons frais sont considérés comme étant une voie à risque élevé pour la dissémination du charançon du poivron. La probabilité que cet organisme nuisible soit associé sous forme de larves ou d'oeufs à cette voie d'entrée au point d'origine est élevée dans le cas des É.-U., du Mexique et des pays des infestés des caraïbes. Près de 78 % des poivrons importés au Canada proviennent des É.-U. (81 millions de dollars) et du Mexique (87 millions de dollars), deux pays dans lesquels cet insecte est établit.

Il est pratique courante pour les établissements canadiens de production de réemballer ou de distribuer des poivrons importés. Cette activité présente un risque très élevé si les fruits importés proviennent d'un pays infesté et est une voie d'entrée potentielle pour l'introduction de cet organisme nuisible dans les serres canadiennes. Les marchés extérieurs qui vendent des poivrons provenant des pays infestés et qui sont situés dans des régions où les conditions climatiques estivales permettent la survie du charançon du poivron, présentent un risque pour les plantes hôtes cultivés en champs.

Même si cet organisme nuisible ne peut se propager que sur de courte distance, les insectes adultes seraient en mesure de se déplacer entre des serres contiguës. Les fruits du genre Capsicum et potentiellement les aubergines, infesté par des larves de charançon constitue la voie principale de dissémination sur de longue distance. Le charançon peut aussi se disséminer lorsqu'il est transporté par inadvertance sur des plantes ayant de petits fruits ou sur des sacs de récoltes des régions à prévalence élevée d'insectes. Les insectes adultes peuvent survivre à des températures basses (2-5 °C) pour plus de trois semaines et pourraient donc survivre au cours d'un voyage à longue distance dans un réfrigérateur.

5.3.2 Risque d'établissement

Le charançon du poivron pourrait s'établir dans des environnements intérieurs au Canada, y compris dans les serres. Le climat canadien ne permet pas son établissement permanent à l'extérieur, car il est incapable de survivre aux rigueurs de l'hiver. Toutefois, s'il parvenait à s'établir dans un environnement intérieure, il pourrait s'en échapper durant la saison chaude et s'établir temporairement à l'extérieur.

Le charançon du poivron s'est établi dans des serres canadiennes à maintes reprises. À l'été 1992, on a découvert une population de charançon du poivron établie dans une serre en Colombie-Britannique. La population a été par la suite éradiquée (Costello & Gillespie, 1993). À l'automne 2009, le charançon du poivron a été repéré dans six serres de poivron dans la région de Leamington en Ontario. Le poivron frais importé est la voie d'entrée suspectée, mais cela n'a pas été démontré.

De nombreux pesticides ont été utilisés pour lutter contre les infestations. Les panneaux jaunes adhésifs peuvent être utilisées pour lutter contre ces populations (Riley & Schuster, 1994). Des extraits de phéromone sont utilisés comme appât dans les pièges de détection. Au Canada, on a réussi à éradiquer cet insecte en nettoyant les serres de tous les résidus de cultures, en répandant de l'hydroxyde de calcium, en enlevant toute l'eau stagnante, en maintenant la température à 20 °C ou plus durant au moins dix jours et en employant avec divers fumigeant (Costello & Gillespie, 1993).

Les populations établies à l'extérieur ne devraient pas survivre aux rigueurs des hivers canadiens. Le niveau de risque relatif au risque l'établissement est par conséquent élevé à l'intérieur négligeable à l'extérieur.

5.3.3 Risque de propagation

Le risque de propagation est jugé moyen puisque le charançon du poivron pourrait éventuellement se propager et infester des serres situées à proximité d'autres serres ou de champs infestés durant la saison chaude. Les pratiques de gestion susceptibles de prévenir l'introduction du charançon du poivron dans les serres, comme l'installation de moustiquaires sur les ouvertures de ventilation et autres ouvertures, ne sont pas couramment appliquées par l'industrie serricole canadienne.

De nombreux producteurs serricoles canadiens réemballent et distribuent également les poivrons produits dans d'autres serres canadiennes ou importés des pays infestés. On suspecte que la source des infestations antérieures par cet organisme nuisible au Canada est attribuable à l'importation de poivron frais en provenance des pays infestés. Les serres qui importent des poivrons des régions infestées sont susceptibles de détecter le charançon du poivron dans leurs cultures.

5.4 Incidences économiques et environnementales potentielles

Nous ne prévoyons pas de dommages environnementaux dans l'éventualité où le charançon du poivron s'établirait à l'extérieur au Canada. Toutefois, s'il s'établit dans des serres, il faudra engager des coûts pour pouvoir lutter contre ce phytoravageur. La seule méthode d'éradication qui est actuellement jugée efficace est la destruction complète des cultures touchées et le nettoyage en profondeur des serres infestées. Les serres infestées par le charançon du poivron qui suivent des pratiques exemplaires de lutte antiparasitaire peuvent réduire le risque d'introduction de cet organisme nuisible, utiliser des mesures intégrées pour lutter contre cet organisme nuisible et continuer la production du poivron. Il n'y aurait pas de répercussions importantes sur l'accès au marché si une population transitoire s'établirait de manière saisonnière au Canada puisqu'il n'y aurait aucune intervention de la part des É.-U. qui aurait une incidence sur leur commerce avec Canada.

6.0 Considérations relatives à la gestion du risque

Le poivron de serre est une industrie importante au Canada. En 2009, les exportations de poivron ce sont chiffré à plus de 173 millions de dollars (Statistiques Canada, 2009) dont environ 99 % était destiné aux É.-U. (Agriculture and Agroalimentaire Canada [AAC], 2009). La même année, les producteurs canadiens ont également exporté pour 12 millions de dollars de poivron de champ aux É.-U.

En 2009, le Canada a importé des poivrons de champ et de serre pour une valeur de 79 millions de dollars des É.-U. et 85 millions de dollars du Mexique. Les É.-U. et le Mexique sont tous les deux des pays infestés par le charançon du poivron. Si le Canada décidait de réglementer les poivrons, cela aurait des répercussions importantes sur les importations provenant des É.-U. et du Mexique Les autorités des deux pays devraient émettre des certificats phytosanitaires et les chargement devrait être soumis à des inspections à l'importation.

L'introduction du charançon du poivron aurait une incidence sur les serres affectées. Il existe des stratégies de lutte antiparasitaire pour éradiquer cet insecte. Toutefois, la gestion des cultures dans les serres de poivron repose principalement sur l'utilisation d'agents de lutte biologique. L'utilisation des pesticides est souvent limitée à des situations particulières dans lesquelles les agents de lutte biologique sont inefficaces pour lutter contre un organisme nuisible. L'utilisation limitée des pesticides est nécessaire pour la survie des agents de lutte biologique. Si le charançon du poivron est introduit dans une serre, les agriculteurs devront modifier leur pratique de production pour lutter contre cet organisme nuisible, ce qui serait au détriment des agents de lutte biologique.

Il est clair que les poivrons provenant des régions infestées constituent une voie d'entrée pour la dissémination du charançon du poivron dans les serres canadiennes. Une fois introduit, cet organisme nuisible pourrait migrer vers les serres ou les cultures en champ avoisinantes pendant l'été. L'industrie a cependant montré qu'elle peut utiliser avec succès des pratiques exemplaires de gestion en vue d'empêcher l'introduction de ce phytoravageur et d'atténuer les dommages que subissent les cultures infestées. Il est également important de noter que certains producteurs effectuent une désinfection de leurs serres entre les cultures et que récemment, des serres canadiennes infestées ont contrôler efficacement la population de charançon du poivron et ont ainsi pu poursuivre leur production.

Si l'ACIA décidait de réglementer cet organisme nuisible, la réglementation des poivrons provenant de tous les pays infestés serait nécessaire. L'exigence d'une certification phytosanitaire aurait des répercussions économiques sur le commerce et nécessiterait des ressources supplémentaires de l'ACIA.

7.0 Décision en matière de gestion du risque

Dans les années 1990, l'ACIA a décidé de ne pas réglementer le charançon du poivron en raison du fait qu'il ne soit pas en mesure de s'établir à l'extérieur au Canada, qu'il soit présent et répandu au Sud de l'Amérique du Nord et qu'il ne soit réglementé ni aux É.-U., ni au Mexique. La décision est conforme à l'approche prise par les partenaires du Canada membre de l'organisation nord-américaine pour la protection des plantes (NAPPO). L'ACIA a examiné les renseignements scientifiques et économiques actuellement disponibles et a décidé de maintenir sa décision qui consiste à ne pas réglementer le charançon du poivron. Le présent DGR vise à documenter cette décision et d'informer les intervenants internes et externes de la décision de ne pas réglementer cet organisme nuisible.

L'ACIA encouragera les intervenants à adopter des pratiques appropriées de gestion de la production en vue de réduire les risques et les répercussions relatifs à l'introduction de cet insecte. On avisera les importateurs d'éviter de placer les poivrons importés en provenance des pays infestés près des aires de production.

L'ACIA continuera d'autoriser l'importation des poivrons en provenance des pays infestés et ne mettra en place aucune exigence phytosanitaire particulière à l'importation en vue d'empêcher l'introduction du charançon du poivron au Canada.

L'industrie de la distribution des légumes continuera d'avoir un accès illimité au marché d'importation de poivron frais provenant des pays où le charançon du poivron est présent. On ne s'attend pas à ce que le commerce d'exportation avec le marché américain, principal importateur de poivrons canadiens, soit touché par cette décision qui consiste à ne pas réglementer le charançon du poivron. La détection du charançon du poivron au Canada n'entraînera pas la mise en place de mesure de quarantaine par l'ACIA.

8.0 Communication aux intervenants

Les intervenants suivants seront avisés de la décision relative à la gestion des risques phytosanitaires qui a été prise pendant les années 1990 et confirmée au cours de la présente analyse.

  • Agents de programme de l'ACIA, personnel d'inspection, etc.);
  • Autres organismes gouvernementaux (p.ex. Ministère de l'agriculture de l'alimentation et des affaires rurales de l'Ontario (MAAARO), Ministère de l'agriculture des pêcheries et de l'alimentation du Québec (MAPAQ), Ministère de l'agriculture et des teres de la Colombie-Britannique (MATCB));
  • Les associations des producteurs des légumes de serre et
  • Les intervenants de l'industrie.

L'ACIA entend également collaborer avec les ministères provinciaux de l'agriculture et les industries concernées en vue d'encourager la mise en place de pratiques exemplaires de gestion des risques phytosanitaires afin d'atténuer le risque d'introduction de cet organisme nuisible dans les serres canadiennes et de mettre au point des stratégies pour gérer cet insecte dans le cas où on le détecterais.

9.0 Références

Agriculture et Agroalimentaire Canada. 2009. Rapport de l'industrie du poivron au Canada.

Ameen, A. 2010. Catégorisation des risques phytosanitaires, Anthonomus eugenii, charançon du poivron. Unité de l'évaluation des risques phytosanitaires, Agence canadienne d'inspection des aliments.

Auteur anonyme. 1995. The pepper weevil and its Management. Publication L-5069. Préparé par Riley D. G. & A. N. Sparks. Texas Agricultural Extension Service. Texas A & M University.

Auteur anonyme. 2006. Profil de la culture du poivron de serre au Canada. Préparé dans le cadre du Programme de réduction des risques liés aux pesticides, Centre de la lutte antiparasitaire, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ottawa, Ontario.

Capinera, J. L. 2008. Pepper weevil, Anthonomus eugenii Cano (Insecta: Coleoptera: Curculionidae). Ce document est EENY-278 (IN555), fait partie de la série « Featured Creatures » préparée par Entomology and Nematology Department, Florida Cooperative Extension Service, Institute of Food and Agricultural Sciences, University of Florida. Publié en novembre 2002. Révisé en septembre 2008.

Costello, R.A.; Gillespie, D.R. (1993) The pepper weevil, Anthonomus eugenii as a greenhouse pest in Canada. Bulletin SROP 16, 31-34.

Elmore, J.C.; Davis, A.C.; Campbell, R.E. (1934) The pepper weevil. USDA Technical Bulletin no. 447.

Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP). Fiches informatives sur les organismes de quarantaine. Anthonomus eugenii Cano - charançon du poivron

Gordon, R., Armstrong, A.,M. (1990) Biology of the pepper weevil, Anthonomus eugenii à Puerto Rico. Journal of the University of Puerto Rico 74, 69-73.

CIPV. 2006. Normes internationales pour les mesures phytosanitaires 1 à 27 (Édition 2006). Secrétariat de la Convention internationale pour la protection des végétaux, Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, Rome, Italie.

Patrock, R. J.; Schuster, D. J. (1992) Feeding, oviposition and development of the chpepper weevil (Anthonomus eugenii) on selected species of Solanaceace. Tropical Pest Management 38, 65-69.

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Shultz, P. B. & T. P. Kuhar. 2008. First Record of pepper weevil Infestation in Virginia. Plant Management Network. Publié en ligne à l'adresse : http://www.plantmanagementnetwork.org/pub/php/brief/2008/pepper/, consulté le 11 mai 2010.

Triplehorn, C. A. & N. F. Johnson. 2005. Borror and DeLong's Introduction to the Study of Insects, 7th Edition. Brooks Cole Publishing, Canada. 864 pages

10.0 Approbation

Approuvé par :

Dirigeant principal de la protection des végétaux

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