DGR-13-04 : Document de gestion des risques phytosanitaires consolidé pour les plantes phytoravageurs règlementées au Canada
Annexe 11B : Considérations sur la gestion des risques pour Persicaria perfoliata (renouée perfoliée)

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Gestion des organismes nuisibles

Persicaria perfoliata peut être contrôlée efficacement avec des herbicides en pré-émergence ou en post-émergence (McCormick et Hartwig, 1995). L'arrachage à la main, la culture et les herbicides peuvent aider à lutter contre Persicaria perfoliata à petite échelle. Toutefois, ces méthodes ne sont pas réalisables pour les grandes infestations ou les infestations dans des régions écologiquement sensibles (Mountain 1989; Hough-Goldstein et Lake 2008; Price et al. 2003). La lutte par des moyens mécaniques n'est pas efficace (Lehtonen 1994). Les semences restent viables dans le sol jusqu'à six années durant, si bien que réussir à gérer P. perfoliata dépend de traitements annuels (Hough-Goldstein et al. 2008). Un programme de lutte biologique classique pour P. perfoliata a commencé aux États-Unis, en 1996 (Hough-Goldstein et al., 2008) à l'aide du charançon de l'espèce Rhinoncomimus latipes, ennemi naturel introduit à partir de la Chine et qui s'attaque spécifiquement à la vigne; ce programme a commencé à donner des résultats en 2004 (Hough-Goldstein et Lake, 2008; Hough-Goldstein, 2008; Colpetzer et al., 2004).

Évaluations du risque phytosanitaire d'autres pays

Une évaluation du risque phytosanitaire pour Persicaria perfoliata a été effectuée par l'USDA-APHIS (Lehtonen, 1994). La cote globale de risque phytosanitaire potentiel dans l'évaluation de l'USDA-APHIS était « élevée », cote résultant des cotes « élevées » pour la probabilité de dispersion et la possibilité d'impact environnemental et d'une cote « moyenne » pour les conséquences économiques de l'établissement de l'espèce. Il a été déterminé que l'espèce ne répond plus à la définition de mauvaise herbe nuisible, définition nécessaire pour la répertorier dans la législation américaine sur les mauvaises herbes nuisibles de ressort fédéral. Parmi les recommandations proposées dans l'évaluation, on compte une enquête sur la lutte biologique contre l'espèce et la collaboration dans la gestion intégrée de l'espèce avec les autres organismes du gouvernement désireux de se partager les coûts de la lutte contre l'espèce.

On peut se procurer un rapport sur une évaluation du risque phytosanitaire pour Polygonum perfoliatum auprès de l'OEPP (OEPP, 2007). La conclusion globale de la portion évaluation du risque phytosanitaire de l'analyse était que le risque était inacceptable et qu'il fallait envisager des mesures pour l'atténuer; on a aussi signalé que la plante peut causer des dommages importants aux écosystèmes d'eau douce et aux zones forestières commerciales et à la régénération forestière. Le rapport a permis d'identifier comme principales voies d'introduction les végétaux comportant du milieu de culture, la terre vendue en marchandise et les importations de semences de Meliosma.

L'État de New York (É-U.) a rempli un formulaire relatif au classement du pouvoir envahissant des végétaux non indigènes pour P. perfoliata, et a conclu par un classement du pouvoir envahissant « très élevé ».

Programmes nationaux et provinciaux et autres programmes existants

Il n'existe pas de programmes au Canada relatifs à la gestion de P. perfoliata ou à la lutte contre l'espèce. Un plan de gestion de la lutte contre Persicaria perfoliata (mile-a-minute weed) a été élaboré par le ministère de l'Agriculture de la Pennsylvanie où la plante est une mauvaise herbe nuisible de ressort étatique. Il s'agit d'un programme de lutte conjoint entre l'USDA-APHIS PPQ et le ministère de l'Agriculture de la Pennsylvanie (Bravo, 2008). Persicaria perfoliata est considérée comme largement distribuée aux États-Unis et, à ce titre, ne répond pas à la définition de mauvaise herbe nuisible, nécessaire pour la répertorier dans le Federal Noxious Weed Act; l'éradication de l'espèce n'est plus faisable (Lehtonen, 1994). Au niveau étatique aux États-Unis, elle est répertoriée comme mauvaise herbe nuisible de classe A en Caroline du Nord, comme mauvaise herbe nuisible interdite en Ohio et comme mauvaise herbe nuisible en Pennsylvanie et en Alabama.(Kumar et Ditommaso 2005).

Persicaria perfoliata peut contaminer le foin par voie non intentionnelle (Castro, 2008). Les programmes de fourrage sans mauvaise herbe peuvent aider à prévenir la dissémination de plantes envahissantes. Le gouvernement de l'Alberta, Développement agricole et rural, administre le Programme albertain de foin certifié exempt de mauvaises herbes (disponible en anglais seulement). Les objectifs du programme en question consistent à fournir un produit de première qualité reconnu comme commercialisable et transportable afin d'empêcher la dissémination des mauvaises herbes restreintes et nuisibles et de protéger les terres publiques et privées d'espèces végétales envahissantes non indigènes. Persicaria perfoliata n'est pas désignée actuellement comme plante indésirable sur cette liste.

Industrie canadienne des sapins de Noël

Persicaria perfoliata est connue pour avoir des conséquences économiques délétères sur la production de sapins de Noël (Castro, 2008). Elle pousse rapidement et peut supplanter les semis de sapins de Noël. En 2007, le Canada a exporté 2,5 millions de sapins de Noël pour une valeur de 29,8 millions de dollars (Tableau 1). Les régions des provinces maritimes qui exportent des sapins de Noël et dont les conditions climatiques sont propices au développement de Persicaria perfoliata (voir annexe 11A, Figure 3), seraient exposées à un risque certain si Persicaria perfoliata s'établissait au Canada.

Mesures d'atténuation potentielles pour les voies de dispersion naturelles

L'expansion de l'aire de distribution naturelle constitue une voie d'introduction potentielle. Persicaria perfoliata produit de nombreux fruits et comporte un taux élevé de grenaison qui contribue à la dispersion naturelle (Oliver, 1996). Une fois établie, l'espèce peut être disséminée dans les habitats environnants et les bassins hydrologiques par les oiseaux, les autres animaux et l'eau (Lehtonen, 1994). Les oiseaux et les rongeurs dispersent les semences comme les rivières et les ruisseaux, en particulier après les inondations (Mountain, 1989; Gerlach Okay et al., 2007). Les oiseaux sont reconnus comme agents de propagation à longue distance et les fourmis comme des agents de transport à courte distance (Kumar et Ditommaso, 2005; Gerlach Okay et al., 2007). Les semences peuvent passer dans les voies digestives des oiseaux sans perdre leur viabilité (Okay, 1997 dans Kumar et Ditommaso, 2005). La dispersion et la germination des semences de Persicaria perfoliata peuvent aussi être facilitées par le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) (Hough-Goldstein et al. 2008).Une fois établies dans un nouvel endroit, les nouvelles populations de Persicaria perfoliata peuvent se reproduire sans pollinisation croisée (Kumar et Ditommaso, 2005).

La gestion du risque de dispersion naturelle est difficile. Toutefois, la réglementation exigerait des enquêtes qui décèleraient toute nouvelle incursion établie par les voies de dispersion naturelles. Les programmes d'éducation et de sensibilisation, de même que la formation des inspecteurs à l'identification des parasites soutiendraient aussi la détection précoce des nouvelles incursions qui peuvent résulter de la dispersion naturelle et la réponse rapide aux incursions en question.

Tableau 2 : Résumé des arbres de Noël exportés par province canadienne et année

Valeur en millions de dollars
Province 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Nouvelle -Écosse9,49,09,611,011,19,910,810,910,68,5
Nouveau-Brunswick5,24,65,76,36,45,75,34,84,84,8
Québec19,620,622,625,725,521,919,418,118,715,7
Autres provinces2,00,80,70,80,90,60,71,00,80,8
Canada36,235,038,643,843,938,036,234,834,929,8

Source : AAC 2008

Mesures d'atténuation recommandées pour les voies d'introduction intentionnelles et non intentionnelles

Mesures d'atténuation du risque recommandées

Mesures réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux

Il est recommandé que le Canada réglemente P. perfoliata comme organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux (1990, c.22) Note de bas de page 1, et ajoute cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009). Ces mesures empêcheraient l'importation, le déplacement ou la culture intentionnelles de l'espèce au Canada. L'ACIA n'approuverait pas les demandes de permis d'importation pour P. perfoliata.

L'ACIA aurait à annuler tous les permis d'importation délivrés pour Persicaria perfoliata. Toute plante de Persicaria perfoliata établie soit à l'extérieur, soit à l'intérieur des cultures devrait être assujettie à une lutte officielle.

Pour soutenir la réglementation, une exigence générale ferait en sorte que les importateurs seraient tenus d'inscrire les noms scientifiques complets des espèces sur toutes les demandes de permis d'importation, étant donné qu'il y a beaucoup d'espèces du genre Persicaria.

Les exemptions réglementaires pour l'importation de parties végétales vivantes ou séchées de Persicaria perfoliata à des fins spéciales comme la recherche, l'alimentation ou la médecine seraient étudiées au cas par cas par l'ACIA.

Mesures réglementaires en vertu de la Loi sur les semences

Il est recommandé que le Canada réglemente P. perfoliata comme mauvaise herbe nuisible interdite de classe 1 en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes (DORS/2005-220) de la Loi sur les semences (R.S., 1985, c. S-8) Note de bas de page 2. Cette espèce satisfait la définition d'une espèce de Catégorie 1 Note de bas de page 3 en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes. Toutes les semences canadiennes ou importées doivent être exemptes de graines de mauvaises herbes nuisibles interdites. Avant qu'ils ne soient importés, les lots de semence doivent être accompagnés d'un certificat d'analyse certifiant que P. perfoliata en est absent.

L'objet de la Loi sur la protection des végétaux est de protéger la vie des végétaux et les secteurs agricole et forestier de l'économie canadienne, en empêchant l'importation, l'exportation et la dissémination des parasites et en recourant à des mesures de lutte ou d'éradication au Canada.

Mesures non réglementaires

Les programmes d'éducation et de sensibilisation visant à renseigner la population sur Persicaria perfoliata sont recommandés. Ils soutiendraient les mesures réglementaires, de même que les activités de prévention et de détection précoce. L'industrie pourrait aussi mettre en œuvre des mesures volontaires pour mettre fin à la vente et à la distribution de plantes envahissantes connues au moyen de catalogues de commande par la poste ou par Internet.

Répercussions commerciales

Loi sur la protection des végétaux

La réglementation de P. perfoliata en vertu de la Loi sur la protection des végétaux aura des répercussions sur le commerce étant donné que les marchandises devront être certifiées exemptes de l'espèce et assujetties à de nouvelles exigences sur l'importation de végétaux au Canada. Le commerce international de l'espèce comme végétal destiné à la plantation est toutefois limité, étant donné qu'elle n'est pas réputée avoir une valeur économique au Canada et que la plupart des pays considèrent Persicaria perfoliata comme une plante envahissante (Oliver, 1996).

Loi sur les semences

La réglementation de P. perfoliata en vertu de la Loi sur les semences aura des répercussions sur le commerce, étant donné que les pays exportateurs devront consacrer des ressources à l'inspection des lots de semences et à la délivrance de certificats phytosanitaires étrangers en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. Les laboratoires des pays étrangers devront être en mesure d'identifier les semences de P. perfoliata au sein d'un échantillon de semences. Les exportateurs devront attester que les lots de semences sont exempts de P. perfoliata, en défaut de quoi l'ACIA peut refuser leur entrée au Canada.

Rentabilité et faisabilité

Il faudrait des ressources supplémentaires pour que l'ACIA puisse « rappeler » tous les permis existants délivrés pour les espèces de Persicaria, afin de déterminer si l'espècePersicaria perfoliata a été importée d'une manière intentionnelle Le cas échéant, un programme de lutte officielle serait requis.

Il faudrait des ressources pour étendre les efforts d'enquête de l'ACIA. Des dépenses mineures pourraient être engagées pour la formation des inspecteurs et du personnel enquêteur à l'identification des parasites.

Il faudrait des ressources pour un programme d'éducation et de sensibilisation visant à renseigner le grand public, les jardiniers et l'industrie horticole sur P. perfoliata comme plante envahissante et organisme de quarantaine éventuel.

L'ACIA exige actuellement des déclarations d'importation et des certificats d'analyse pour les semences importées au Canada Note de bas de page 4. Les ressources supplémentaires requises pour réglementer P. perfoliata par la voie semencière seraient minimales.

Il faudrait des ressources pour étendre les efforts de l'ACIA en matière d'échantillonnage des semences et des dépenses mineures seraient engagées pour la formation des inspecteurs à l'identification des semences. Les semences de l'espèce ont la forme d'akènes sphériques de couleur noir vif et couverts d'un périanthe blanc ou rose, qui tourne au bleu et devient charnu lorsqu'il est mûr. Ces akènes forment des « fruits » aux allures de bleuet, chacun ayant 5 mm de diamètre, arrangés en grappes (Wu et al., 2002). Les inspecteurs doivent être capables de déceler les semences de l'espèce dans toute marchandise importée.

L'industrie horticole devra être formée à reconnaître les semences et les plantes de P. perfoliata, dans le cadre d'une approche préventive. Le Programme des semences de l'ACIA est déjà en place pour empêcher l'entrée de mauvaises herbes nuisibles interdites. L'ACIA surveille la conformité aux normes canadiennes au moyen du Programme de surveillance du marché Note de bas de page 5.

Les pays exportateurs auraient à consacrer des ressources à l'inspection des marchandises que constituent le foin et la paille et à la délivrance de certificats phytosanitaires. Les inspecteurs des pays étrangers doivent pouvoir identifier les semences et les plantes de P. perfoliata qui pourraient s'accrocher au foin et à la paille et s'y enchevêtrer avec des semences viables de l'espèce. Les pays exportateurs devraient s'assurer que le foin et la paille sont exempts de P. perfoliata, sinon l'ACIA refuserait l'importation.

Le personnel d'inspection de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) devrait être formé à la manière d'identifier les semences de P. perfoliata accrochées aux véhicules ou à d'autres machines entrant au Canada. Les inspections devraient porter sur tous les véhicules et les autres machines entrant au Canada à partir d'États infestés du nord-est des États-Unis (voir annexe 11A, Figure 2).

Voies d'introduction incriminées

Voies d'introduction intentionnelles

Végétaux destinés à la plantation
Les végétaux destinés à la plantation sont reconnus comme voie d'introduction potentielle pour P. perfoliata au Canada.Toutefois, la plante présente peu de valeur ornementale (Castro, 2008). Des espèces du genre Persicaria ont été importées intentionnellement au Canada. En effet, entre 2006 et 2009, l'ACIA a délivré 25 permis d'importation pour des espèces du genre Persicaria, et onze autre permis d'importation entre 2004 et 2005. Toutefois, on ignore si P. perfoliata a été expressément importée au Canada étant donné que les données à l'échelon de l'espèce n'étaient pas mentionnées sur les permis d'importation. Les permis d'importer les espèces du genre Persicaria ont été délivrés à des importateurs au Québec (importations des Pays-Bas, de France, du Japon et du Royaume-Uni), en Ontario (importations des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis), au Manitoba (importations des Pays-Bas), en Alberta (importations des Pays-Bas) et en Colombie-Britannique (importations des Pays-Bas).
Semences
Il est improbable que les importateurs importent des lots purs de semences de P. perfoliata. Toutefois, les personnes désireuses d'importer l'espèce intentionnellement pourraient choisir la voie semencière.Persicaria perfoliata pourrait aussi entrer au Canada sans être décelée, dans des paquets de semences de plantes ornementales, comme les mélanges de semences de plantes sauvages (Castro, 2008).

Voies d'introduction non intentionnelles

Déplacement de semences ou de plantes associées au matériel de pépinière
Parmi les voies d'introduction non intentionnelles possibles, on compte l'importation de matériel de pépinière ou de plantes contaminés avec les semences ou le matériel végétal de P. perfoliata. La plante est bien adaptée à la dispersion de pépinière en pépinière ou de pépinière en plates-bandes (Hill et al., 1981). Les semences sont susceptibles de survivre pendant tout le transport du matériel de pépinière (Castro, 2008). Les semences ou les plantes de Persicaria perfoliata associées à du matériel de pépinière enraciné dans de la terre constituent une voie d'introduction potentielle seulement à partir des États-Unis (Castro, 2008). L'introduction de l'espèce au Canada par la voie de marchandises semencières contaminées est une possibilité (Castro, 2008). Persicaria perfoliata a été signalée comme introduite intentionnellement par des semences associées à des semences du genre Meliosma importées de Chine aux États-Unis, et à des semences du genre Ilex importées du Japon (Lehtonen, 1994). Elle a aussi été signalée comme contaminant du matériel de pépinière du genre rhododendron importé d'Asie orientale (Hill et al. 1981). Les semences peuvent rester viables jusqu'à sept années durant et supporter un éventail assez grand de températures (Castro, 2008).
On ignore si du matériel de pépinière contaminé avec des semences ou des plantes de Persicaria perfoliata a été importé au Canada. La section Sciences et technologies des semences du laboratoire de l'ACIA à Saskatoon tient un registre des contaminants constatés dans les semences nationales et importées. Persicaria perfoliata n'a pas été décelée précédemment comme contaminant des semences.
Les semences de Persicaria perfoliata peuvent contaminer du matériel de pépinière importé présent soit dans de la terre ou adhérant à des plantes (p. ex., Persicaria perfoliata peut s'enrouler autour du matériel de pépinière et les fruits de l'espèce sont connus pour rester sur les plantes longtemps après que la plante a vieilli) (Kumar et Di Tommaso, 2005). L'importation de plantes avec de la terre ou des matières connexes est interdite, à l'exception des envois provenant des États de la partie continentale des États-Unis qui exigent un certificat phytosanitaire (voir la Directive de l'ACIA numéro D-02-02 : Exigences phytosanitaires régissant l'importation de végétaux avec ou sans racines, de parties de végétaux et de végétaux en culturein vitrodestinés à la plantation). Les envois de plantes enracinées dans de la terre ou des matières connexes avec ou sans terre seraient tenus d'être exempts de P. perfoliata.
Foin et paille
Le foin constitue une voie réalisable pour le déplacement de P. perfoliata, même si on dispose de peu d'information à ce sujet dans la littérature (Castro, 2008). L'industrie du fourrage est importante au Canada du point de vue économique (Tableau 24). On ignore si P. perfoliata a été importée non intentionnellement au Canada comme contaminant du foin ou de la paille (p. ex., cultures fourragères).

Résumé des importations et exportations de fourrage, vers le ou hors du Canada, entre 2003 et 2007

Tableau 2a : Importations
Année Quantité
(en milliers de tonnes)
Valeur
(en milliers de dollars canadiens)
20070,2535 710
20060,2685 723
20050,4027 814
20040,4578 349
20031,1689 836
Tableau 2b : Exportations
Année Quantité
(en milliers de tonnes)
Valeur
(en milliers de dollars canadiens)
2007746198 381
2006677172 826
2005616162 790
2004679171 515
2003450136 272

Source : Statistique Canada 2008

Véhicule et autres machines - Persicaria perfoliata peut être introduite au Canada par voie non intentionnelle comme contaminant des voitures des chemins de fer, des véhicules et des machines similaires (p. ex., faucheuse) entrant au Canada à partir de régions infestées. Par exemple, Persicaria perfoliata peut avoir été introduite en Virginie (É.-U.) comme contaminant des voitures de chemins de fer ou dans la boue adhérant à de l'équipement destiné au forage de puits de gaz (Lehtonen, 1994). L'espèce peut aussi être dispersée par l'équipement d'exploitation forestière (McCormick and Hartwig 1995) et par les faucheuses d'accotement (Oliver 1996).

En 2003, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a endossé la responsabilité d'effectuer l'inspection initiale des importations aux postes frontaliers canadiens applicables, suivant les lois et règlements administrés par l'ACIA. L'inspection des biens pouvant être contaminés par la terre est parmi les responsabilités qui ont été transférées à l'ASFC en 2003. L'Unité de programme sur les aliments, les plantes et les animaux de l'ASFC finalise présentement la procédure opérationnelle normalisée (PON) qui concerne l' « Inspection des produits importés potentiellement contaminés par la terre ». Les agents des services frontaliers y trouvent les procédures officielles à suivre lors de l'inspection et de la disposition des biens pouvant être contaminés par la terre, incluant les véhicules et la machinerie agricole usagés.

Les mesures réglementaires comprendraient l'application de la directive en matière de politiques de l'ACIA numéro D-95-26 (ACIA, 2008), qui énonce les exigences phytosanitaires régissant l'importation et le transport au pays de terre et de matières connexes. Elle comprend des exigences pour la terre et les matières connexes prises isolément ou en association avec des végétaux, du matériel végétal ou d'autres choses, comme les véhicules, les autres machines, les semences, le foin et les conteneurs. Cette directive précise aussi les normes en vertu desquelles l'Agence canadienne d'inspection des aliments ou l'Agence des services frontaliers du Canada peut inspecter, certifier ou libérer les articles en question. Si l'espèce était ajoutée à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA, 2009), les objets comme les véhicules, les autres machines et les conteneurs pourraient se voir refuser l'entrée au Canada s'ils étaient contaminés avec Persicaria perfoliata.

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