DGR-14-03 : Déréglementation de Yponomeuta malinellus (hyponomeute du pommier)

21 août 2014

Preface

Comme il a été défini par la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), l'analyse du risque phytosanitaire (ARP) comprend trois phases: mise en route, l'évaluation du risque phytosanitaire et la gestion du risque phytosanitaire. L'initiation du processus de l'ARP implique l'identification d'organismes nuisibles et des filières susceptibles et la définition de la zone ARP. L'évaluation du risque phytosanitaire établit le fondement scientifique de la gestion globale du risque. La gestion du risque phytosanitaire est le processus consistant à déterminer et évaluer les mesures d'atténuation pouvant être prises pour réduire les risques posés par l'organisme nuisible en cause à des niveaux acceptables et à sélectionner les mesures adéquates.

Le Document de gestion du risque (DGR) comprend un aperçu des résultats d'une évaluation des risques phytosanitaires et présente le processus de gestion des risques phytosanitaires suivi pour traiter du problème en cause. Il respecte les principes, la terminologie et les lignes directrices des normes de la CIPV pour l'analyse des risques phytosanitaires qui se retrouve à le site de la Convention internationale pour la protection des végétaux.

Table des matières

Sommaire

Yponomeuta malinellus (hyponomeute du pommier) est présent en Colombie-Britannique (C.-B.), dans les États de l'Oregon et de Washington au nord-ouest des États-Unis, depuis le début des années 1980. Depuis 1988, des exigences régissant l'importation et le transport en territoire canadien ont été mises en place pour limiter la dissémination de cet organisme nuisible au Canada.

L'évaluation du risque phytosanitaire la plus récente (2009) de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) démontre que les populations d'Y. malinellus dans les régions tempérées du globe où pousse le pommier (Malus spp.) sont faibles et sous le seuil économique d'intervention. Selon cette information actualisée, Y. malinellus n'est plus considéré comme un organisme nuisible d'importance potentielle pour l'économie et ne satisfait donc plus à la définition d'un organisme de quarantaine au sens de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV).

Après avoir consulté les intervenants de l'industrie et analysé minutieusement leurs commentaires, l'ACIA procède à la déréglementation de Y. malinellus au Canada et communique la décision par l'intermédiaire du présent Document de gestion du risque.

1.0 Objet

Le présent document a pour objet d'informer les intervenants de l'industrie et de rendre publique une décision en matière de gestion du risque phytosanitaire concernant la déréglementation de Yponomeuta malinellus (hyponomeute du pommier).

2.0 Portée

Le présent Document de gestion du risque porte sur la réglementation et les politiques du Canada (importation et transport en territoire canadien) en ce qui a trait à Yponomeuta malinellus.

Des renseignements portant sur les exigences à l'importation actuelles relatives à des végétaux ou des produits végétaux précis sont offerts dans le Système automatisé de référence à l'importation de l'ACIA.

3.0 Définitions

Les définitions des termes employés dans le présent document se retrouvent dans le Glossaire de la protection des végétaux.

4.0 Contexte

Yponomeuta malinellus fut détecté en C.-B. sur l'île de Vancouver (1981), dans la vallée du Fraser (1989) et, dans la vallée de l'Okanagan et la vallée de la Similkameen (1994). Aux États-Unis, Y. malinellus fut découvert dans l'état de Washington et de l'Oregon en 1985. À ce jour, on le trouve à de faibles densités dans l'état de Washington et de l'Oregon, et en Colombie-Britannique.

À l'époque où Y. malinellus fut initialement signalé en C.-B., les spécialistes avaient considéré qu'il était susceptible de devenir un organisme nuisible d'importance pour les espèces du genre Malus. Depuis lors, des rapports provenant des régions côtières et intérieures de la C.-B. ont indiqué que sa présence et ses effets sont négligeables. En ce qui concerne les vergers commerciaux, les pratiques de gestion phytosanitaires utilisées pour maîtriser les autres parasites de la pomme ont réussi à maintenir les populations de Y. malinellus en dessous des niveaux dommageables économiquement.

Yponomeuta malinellus est présentement absent dans l'Est du Canada. Depuis 1988, le Canada a considéré Y. malinellus comme un organisme de quarantaine et par conséquent, des exigences visant le marché intérieur et les importations sont appliquées pour limiter la dissémination de cet organisme nuisible. Par contre, Y. malinellus ne fait l'objet d'aucune réglementation aux États-Unis. Il ne s'est pas établi à l'extérieur des États de Washington et de l'Oregon depuis qu'il a été détecté il y a 29 ans, en dépit de l'absence de moyen de contrôle en territoire américain pour prévenir la dissémination de cet organisme nuisible.

Une consultation organisée en 2001 par l'ACIA indique que même si la déréglementation de Y. malinellus était soutenue par de nombreux intervenants, un certain nombre d'entre eux n'étaient pas favorables à cette proposition. En 2009, l'évaluation du risque phytosanitaire lié à cet insecte a été révisée. De nouvelles données indiquaient que le risque global que l'on attribue à Y. malinellus pouvait passer de moyen à faible. Ceci suggère que cet organisme nuisible ne devrait plus être assujetti à des contraintes réglementaires puisqu'il ne satisfait plus à la définition d'un organisme de quarantaine au sens de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV). En juillet 2012, l'ACIA a entamé une nouvelle consultation dans le but d'obtenir les commentaires d'intervenants sur une proposition de déréglementation de Y. malinellus. Les commentaires reçus ont été étudiés dans le cadre du processus décisionnel et ont été pris en compte au moment de rédiger le document.

5.0 Sommaire de l'évaluation du risque phytosanitaire

Une évaluation du risque phytosanitaire (PRA 98-48) fut réalisée pour Y. malinellus en 1998 et a été mise à jour en 2009 (Dobesberger et Garland, 2009). Une mise à jour s'avérait nécessaire pour réévaluer le risque associé à cet organisme nuisible selon les publications scientifiques les plus récentes et les observations actuelles du statut et de l'incidence de cet organisme nuisible en Amérique du Nord. L'évaluation révisée du risque phytosanitaire indique que la probabilité d'introduction de cet organisme nuisible est jugée moyenne et que la conséquence d'une telle introduction pour l'ensemble des régions du Canada est jugée faible. Par conséquent, le risque global a été jugé faible.

5.1 Biologie du ravageur

5.1.1 Cycle vital

Yponomeuta malinellus a une génération par année. L'adulte est présent des mois de juin ou juillet jusqu'en septembre (Cossentine et Kuhlmann, 2000, 2001). Les femelles s'alimentent de nectar pendant environ une semaine avant d'atteindre leur maturité sexuelle, de se reproduire dans la couronne de l'arbre et de pondre des masses d'œufs sur de jeunes pousses âgées en général d'un an tout au plus, dans la couronne de l'arbre (Carter, 1984). Les masses d'œufs contiennent en moyenne 60 œufs (de 14 à 81 œufs par masse) et sont pondues sur l'écorce des jeunes pousses (Carter, 1984; Kuhlmann et al., 1998). L'éclosion des œufs a lieu au début de l'automne environ deux semaines après leur ponte; les larves hivernent sous la couche protectrice recouvrant la masse d'œufs (Humble et Humphreys, 1989; Kuhlmann et al., 1998). Au printemps, les larves émergent et commencent à s'alimenter des nouvelles feuilles se trouvant à leur portée. Alors que les larves poursuivent leur croissance et se développent, elles s'alimentent des feuilles se trouvant dans le périmètre de la tente de soie échafaudée sur les jeunes pousses (Carter, 1984; Kuhlmann et al., 1998). Les larves adultes tissent des cocons blancs suspendus par des fils de soie et disposés en rangées ou en grappes le long des pousses. Le stade nymphal dure de 10 à 14 jours, après quoi de nouveaux adultes émergeront.

5.1.2 Gamme d'hôtes

Les principaux hôtes de Y. malinellus sont les espèces du genre Malus. On a signalé la présence de Y. malinellus sur le genre Pyrus à quelques occasions.

5.1.3 Répartition

Yponomeuta malinellus est largement disséminé dans les zones tempérées du monde (Carter, 1984). Cela englobe l'Europe jusqu'à la région méditerranéenne, l'Afrique du Nord, l'Asie ainsi que le nord-ouest du Pacifique en Amérique du Nord (Zhang, 1994). En Amérique du Nord, on retrouve des niveaux de populations faibles de Y. malinellus dans les états de l'Oregon et de Washington, et en C.-B. (Cossentine et Kuhlmann, 2000, 2001). Une seule détection dans un pommier en Ontario, en 1957, a été confirmé comme étant éradiqué (Parker et Schmidt, 1985).

5.2 Filières

La seule filière viable et assistée par l'humain est le matériel de pépinière de Malus spp. en dormance. Les larves nouvellement émergées entrent en diapause et hivernent sous une couverture protectrice de la masse des œufs déposés sur des jeunes pousses des arbres hôtes, surtout de l'espèce Malus (Unruh et al., 1993). Les masses d'œufs sont cryptiques et donc difficiles à déceler et il est connu depuis longtemps qu'elles peuvent être transportées de cette manière d'un pays à un autre sur du matériel de pépinière en dormance (Hewitt, 1917).

5.2.1 Risque d'introduction

Le niveau des populations de Y. malinellus dans les régions tempérées du monde où on cultive la pomme (spp. Malus) est généralement faible et sous les seuils économiques. Le risque d'introduction par la filière du matériel de pépinière en dormance importé se trouve réduit en raison du faible niveau des populations à la source. La détection de Y. malinellus requiert une inspection visuelle détaillée étant donné que les œufs sont difficiles à repérer. Le potentiel d'introduction de Y. malinellus sur du matériel de pépinière du genre Malus est jugé moyen.

5.2.2 Risque d'établissement

Le pommier est cultivé en tant qu'arbre ornemental, et est exploité commercialement pour ses fruits en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau Brunswick et à l'Île-du-Prince Édouard. Les modèles climatiques indiquent que Y. malinellus pourrait s'établir dans le sud de l'Ontario et en Nouvelle-Écosse et, de manière moins probable, au Québec. Le potentiel d'établissement est jugé élevé.

5.2.3 Risque de dissémination

La dissémination naturelle de Y. malinellus est lente, car les adultes ne volent pas beaucoup et, le cas échéant, ne volent que dans leur voisinage immédiat. Le potentiel de dissémination naturel est jugé faible.

5.3 Incidences économiques et environnementales potentielles

Yponomeuta malinellus n'est pas considéré comme un organisme nuisible qui est particulièrement dommageable aux pommiers en Amérique du Nord et en Eurasie (Kuhlmann et al., 1998). En C.-B., les spécialistes de l'industrie décrivent Y. malinellus comme un organisme nuisible d'importance négligeable ou d'aucune importance tant pour les pépinières que pour les vergers de l'intérieur de la C.-B. et de la vallée du bas Fraser. L'expérience que l'on a de cet organisme nuisible en C.-B. et aux États-Unis démontre par ailleurs qu'il est rare dans le paysage

En milieu agricole, les populations de Y. malinellus sont maintenues sous les seuils de nuisibilité économique par l'action de nombreux agents de lutte biologique, du biopesticide Bacillus thuringiensis serovar kurstaki (B.t.k.) et indirectement, par l'application de différents pesticides chimiques pour lutter contre d'autres organismes nuisibles du genre Malus spp. (Cossentine et Kuhlmann, 2000, 2001; Unruh et al., 2003).

Il est connu qu'il existe partout au Canada des organismes qui agissent en tant qu'agent de régulation des populations de Y. malinellus. Par exemple, le Nemorilla floralis est un tachinaire qui s'attaque aux larves et aux pupes. L'ichneumonide, Itoplectis maculator, s'attaque également aux larves. Certaines espèces du genre Balaustium (acariens prédateurs) s'attaquent aux œufs de Y. malinellus et peuvent en tuer jusqu'à 35 % (Cossentine et Kuhlmann, 2007). Il peut également y avoir de la prédation naturelle des larves de Y. malinellus par des insectes comme le perce-oreille européen, la fourmi rouge, les coccinelles et les syrphes (Erven, 1979). Dans le nord-ouest du Pacifique, le parasitoïde Ageniaspis fuscicollis Dalman s'attaque aux œufs et aux jeunes larves et peut causer un taux de mortalité de plus de 40 %.

Il est improbable que Yponomeuta malinellus parvienne à causer des dommages économiques dans des milieux contrôlés, y compris pour la production de fruits biologiques. Ce ravageur n'a pas occasionné de dépenses additionnelles pour les milieux contrôlés ou cultivés puisque les pratiques présentement employées en pomiculture permettent de contrôler cet organisme nuisible. Le potentiel d'incidence économique est jugé faible.

Il est peu probable que la présence de Yponomeuta malinellus détériore l'environnement, modifie la composition des écosystèmes naturels ou cause des problèmes de santé pour les humains ou les animaux. Le potentiel d'incidence environnemental est jugé inexistant.

6.0 Considérations sur la gestion du risque

6.1 Règlement sur la protection des végétaux et directive D-96-02

Yponomeuta malinellus figure sur la liste des parasites réglementés par le Canada et dans l'annexe II (Circulation restreinte dans les limites du Canada) du Règlement sur la protection des végétaux. Les exigences particulières de circulation en territoire canadien et d'importation applicables aux zones infestées par Y. malinellus sont énoncées dans la directive D-96-02, Exigences phytosanitaires visant à empêcher l'introduction et la propagation de l'hyponomeute du pommier infestant des espèces de Malus. La circulation de végétaux appartenant aux espèces de Malus de la C.-B. vers le reste du Canada nécessite une inspection, des enquêtes phytosanitaires, des mesures de lutte chimique ainsi qu'un certificat de circulation. Dans le même ordre d'idées, l'importation de plants de Malus provenant de pays infestés est assujettie à l'une ou l'autre des trois options suivantes donnant lieu à une certification phytosanitaire : la provenance d'une zone exempte, la production dans le cadre d'un programme de lutte chimique ou l'application d'une solution horticole aqueuse ou huileuse après la récolte ou par fumigation.

6.2 Normes de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV)

La Commission des mesures phytosanitaires (CMP) de la CIPV a été désignée à titre d'instance supérieure pour l'établissement des normes au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Selon la CIPV, les parties contractantes ne pouvent demander l'application des mesures phytosanitaires dans le commerce international pour des organismes nuisibles non réglementés. La norme internationale pour les mesures phytosanitaires (NIMP) No 19, intitulée Directives sur les listes d'organismes nuisibles réglementés (IPPC, 2003), exige que les organismes nuisibles réglementés par les organisations nationales de protection des végétaux respectent les critères en ce qui a trait aux organismes de quarantaine ou aux organismes réglementés non de quarantaine.

Pour être considéré comme étant un organisme de quarantaine selon la définition de la CIPV, l'organisme nuisible visé doit avoir une importance potentielle pour l'économie de la zone menacée et ne pas y être présent, ou pouvant y être présent mais à distribution restreinte et faisant l'objet d'une lutte officielle.

Pour qu'un organisme nuisible aux végétaux soit considéré comme ayant une importance économique potentielle, les critères ci-dessous doivent être remplis :

  • potentiel d'introduction dans la zone ARP;
  • potentiel de dissémination post-établissement; et
  • incidence nuisible potentielle sur les végétaux, par exemple:
    • les cultures (p. ex. perte de rendement ou de qualité); ou
    • l'environnement, par exemple dégâts sur les écosystèmes, les habitats ou les espèces; ou
    • d'autres valeurs spécifiées, comme les loisirs, le tourisme ou l'esthétique (CIPV, 2012).

Bien que l'évaluation du risque phytosanitaire identifie que Y. malinellus a le potentiel d'être introduit et de se disséminer au Canada, elle n'a pas permis d'identifier des situations où cet organisme nuisible pourrait avoir une importance économique en ce qui a trait aux récoltes ou à l'environnement.

6.3 Statut de l'organisme nuisible et commerce avec les États-Unis

Les États-Unis ne réglementent pas Y. malinellus; la détection de cet organisme nuisible dans des chargements au moment de l'importation aux États-Unis ne donnerait pas lieu à des mesures réglementaires. Par ailleurs, il n'existe aucun règlement régissant le transport de végétaux hôtes provenant d'États du nord-ouest du Pacifique où l'organisme nuisible est établi vers d'autres États. Cette observation est importante, car le matériel de pépinière de pommiers et la production de fruits aux États-Unis dépendent du matériel de pépinière provenant des États de Washington et de l'Orégon où Y. malinellus est présent. Selon les enquêtes phytosanitaires officielles menées sous la supervision du département de l'Agriculture des États-Unis, à ce jour, Y. malinellus ne s'est pas disséminé et établi ailleurs que dans ces deux États.

6.4 Impacts commerciaux et économiques

L'évaluation du risque phytosanitaire indique que Y. malinellus n'est pas un organisme à incidence économique d'importance significative au Canada. La déréglementation de Y. malinellus ne devrait avoir aucune incidence sur le volume des plantes hôtes circulant dans le commerce. Présentement, il n'y a que très peu de plantes hôtes qui sont exportées vers des pays autres que les États-Unis, et la Nouvelle-Zélande est le seul partenaire commercial de matériel de pépinière du Canada qui réglementent Y. malinellus. En outre, il n'y a aucune exigence de certification pour Y. malinellus en ce qui a trait à l'exportation à destination des États-Unis.

Pour rencontrer les exigences réglementaires en lien avec Y. malinellus, des ressources de l'ACIA sont employées à la mise en œuvre du programme à l'égard de l'hyponomeute du pommier et à la surveillance du ravageur à l'extérieur de la zone réglementée de la C.-B. Les pépinières qui expédient des arbres appartenant au genre Malus de la C.-B. vers d'autres régions du Canada doivent appliquer le programme précité et payer les frais connexes.

7.0 Décision en matière de gestion du risque phytosanitaire

7.1 Consultation

Un document de Proposition de gestion du risque (PGR) proposant la déréglementation de l'hyponomeute du pommier a été diffusée auprès d'intervenants en horticulture dans le cadre d'une consultation qui a eu lieu du 27 juillet au 27 septembre 2012. Dans la PGR, l'ACIA recommandait la déréglementation de Y. malinellus en fonction des justifications suivantes :

  • Yponomeuta malinellus est présent en Amérique du Nord depuis près de 30 ans, et est considéré comme un organisme nuisible sans conséquence tant par les pomiculteurs conventionnels que biologiques;
  • Yponomeuta malinellus est présent aux États-Unis et ne fait l'objet d'aucune mesure réglementaire visant à en prévenir sa dissémination. Malgré cela, aucune dissémination donnant lieu à un établissement ne s'est produite aux États-Unis.
  • l'évaluation du risque phytosanitaire conclut que Y. malinellus ne pose, dans son ensemble, qu'un faible risque phytosanitaire à toutes les régions du Canada;
  • l'utilisation continue des ressources tant publiques que privées afin d'atténuer le risque lié à la dissémination de cet insecte n'est peut-être plus justifiée.

Quoique qu'un bon nombre d'intervenants de l'industrie étaient favorables à la déréglementation de Y. malinellus, certains intervenants en Ontario et au Québec ont exprimé des inquiétudes au sujet de la proposition de l'ACIA. Au printemps de 2014, l'ACIA a communiqué avec les intervenants préoccupés afin de répondre à leurs commentaires et à leurs inquiétudes et de les informer de données supplémentaires favorables à la déréglementation de Y. malinellus.

7.2 Décision

Après une analyse exhaustive de l'information scientifique, des obligations internationales et des commentaires des intervenants de l'industrie, l'ACIA annonce, au moyen du présent Document de gestion du risque, la déréglementation de Y. malinellus. Yponomeuta malinellus ne satisfait plus à la définition d'un organisme de quarantaine. L'analyse actuelle du risque démontre qu'il ne s'agit pas d'un organisme nuisible qui a une importance potentielle pour l'économie et qu'il est nécessaire de procéder à sa déréglementation afin de se conformer aux normes de la CIPV. La déréglementation de Y. malinellus est conforme à l'approche des États-Unis et sera favorable au commerce.

L'ACIA travaillera au retrait de Y. malinellus de l'annexe II du Règlement sur la protection des végétaux au cours du prochain processus de révision réglementaire.

Avant que cette modification au règlement ne soit faite et qu'elle n'entre en vigueur, l'ACIA annulera la directive D-96-02 : Exigences phytosanitaires visant à empêcher l'introduction et la propagation de l'hyponomeute du pommier infestant des espèces de Malus. L'annulation de la directive D-96-02 entrera en vigueur le 21 août 2014. De plus, l'ACIA ne prendra aucune mesure réglementaire afin d'appliquer l'article 35 (4) de l'annexe II du Règlement sur la protection des végétaux portant sur la circulation restreinte dans les limites du Canada des pommiers (Malus spp.) provenant de zones infestées par le Y. malinellus (hyponomeute du pommier) vers les autres régions du Canada.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la déréglementation, Yponomeuta malinellus sera supprimée de la liste des organismes nuisibles réglementés du Canada et le Système automatisé de référence à l'importation (SARI) sera mise à jour de sorte à tenir compte du fait que l'importation de pommiers (Malus spp.) n'est plus assujettie aux restrictions relatives à Y. malinellus. Une notification circulera auprès de nos partenaires commerciaux par l'intermédiaire de l'Organisation mondiale du commerce dans le but de les informer de la déréglementation de Y. malinellus au Canada.

8.0 Références

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