DGR-16-02 : Document de gestion du risque phytosanitaire pour Arundo donax (canne de Provence) au Canada

Janvier 2017

À vous la parole sur les options en matière de gestion du risque pour Arundo donax. Transmettre vos commentaires à l'ACIA par le 11 mars.

Table des matières

Sommaire

Ce document de gestion du risque (DGR) fait partie du processus d'analyse des risques visant à examiner le risque associé à l'importation, la culture et le commerce de Arundo donax (canne de Provence) au Canada. Le DGR comprend l'évaluation du risque phytosanitaire, les éléments à considérer pour la gestion des risques et les mesures potentielles de gestion des risques qui peuvent être mises en place pour réduire le risque indiqué à des niveaux acceptables. Il indique les approches potentielles de gestion du risque, examine les options de politique réglementaire et est utilisé pour obtenir des suggestions d'une variété d'intervenants potentiellement touchés.

Arundo donax est une grande canne (roseau) pluriannuelle à croissance rapide, native des climats tempérés et des régions subtropicales de l'Ancien Monde. On l'a cultivée pour différentes raisons, y compris pour l'industrie du biocarburant, les pâtes et papiers, comme matériau de construction léger, comme fourrage pour les animaux, pour la fabrication de tuyaux et de roseaux, comme brise-vent, pour le contrôle de l'érosion et pour une utilisation médicinale et ornementale. Par contre, elle est devenue hautement envahissante dans les zones riveraines et marécageuses de certains pays à l'extérieur de sa zone natale, y compris aux États-Unis et au Mexique. Elle est reconnue par certains scientifiques comme étant parmi les 100 plantes les plus envahissantes au monde . Elle n'est pas connue pour s'être naturalisée au Canada et sa distribution pourrait se limiter aux jardins et aux plantations de recherche à petite échelle.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a effectué une évaluation des risques en 2006. Cette évaluation a permis de conclure que A. donax présente un risque phytosanitaire pour le Canada. Une consultation préliminaire auprès des intervenants a été menée par l'ACIA en 2007. On a réexaminé son statut réglementaire à la suite d'un regain d'intérêt pour sa plantation.

Deux options en matière de gestion du risque sont présentées dans ce DGR. La première option propose de réglementer A. donax à titre de parasite en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. L'importation et l'utilisation à des fins domestiques seraient interdites. La deuxième option propose de ne pas réglementer cette plante en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. L'importation et l'utilisation au Canada seraient donc permises. Par contre, des exigences pourraient s'appliquer afin d'atténuer le risque que A. donax soit une voie d'introduction potentielle pour d'autres ravageurs. L'ACIA recommande l'option 1. L'ACIA étudie également la possibilité de réglementer A. donax sous la Loi sur la protection des végétaux, tout en permettant son importation et sa production comme matière première pour les biocarburants sous de strictes conditions. Il s'agit d'une considération à long terme qui nécessiterait une collaboration avec d'autres organisations et juridictions (p. ex. : les provinces). L'ACIA ne considère pas cette approche présentement.

On demande le point de vue des intervenants à propos des options en matière de gestion du risque. Tout renseignement supplémentaire sur A. donax, ses conséquences environnementales et économiques, ainsi que les options de gestion sera considéré dans l'analyse définitive de son statut réglementaire.

Préface

Le Canada est signataire de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) et il est un membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La CIPV est officiellement nommée dans l'Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) de l'OMC comme étant l'organisme d'établissement des normes internationales pour les mesures phytosanitaires. La CIPV est un traité international visant à empêcher la propagation et l'apparition de ravageurs dans les végétaux et les produits végétaux (y compris les plantes en tant que ravageurs) ainsi que la promotion des mesures de lutte parasitaire appropriées. La CIPV reconnaît l'ACIA comme étant l'organisme national officiel de protection des végétaux, et, par conséquent, elle est responsable d'effectuer des analyses du risque phytosanitaire afin de soutenir les décisions à propos de la gestion du risque phytosanitaire.

L'analyse du risque phytosanitaire (ARP) comprend trois processus : l'évaluation du risque, la gestion du risque et la communication du risque. L'évaluation du risque phytosanitaire fournit le fondement scientifique pour la gestion globale du risque. Elle comprend la détermination des dangers et la caractérisation des risques associés à ces dangers en estimant la probabilité d'introduction et d'établissement ainsi que la gravité des répercussions économiques. La gestion du risque phytosanitaire est le processus de détermination et d'évaluation des mesures d'atténuation potentielle qui peuvent être utilisées pour réduire le risque phytosanitaire déterminé à des niveaux acceptables et pour choisir les mesures appropriées. La communication du risque phytosanitaire est une composante supplémentaire de l'analyse du risque phytosanitaire (ARP) qui est commune à toutes les étapes du processus de l'ARP.

Cette analyse du risque respecte le format et la terminologie utilisée par la CIPV. Pour de plus amples renseignement sur les normes de la CIPV pour l'ARP, consulter les Mesures phytosanitaires pour les normes internationales.

1.0 Objectif

Ce document de gestion du risque (DGR) examine les risques phytosanitaires associés à l'introduction de Arundo donax au Canada et décrit les options de gestion des risques potentielles.

2.0 Portée

Ce DGR porte sur les risques phytosanitaires associés à la plante elle-même. Une analyse du risque phytosanitaire examinant tout organisme nuisible qui peut être associé à la plante est exclue de la portée de ce document.

Les renseignements concernant les exigences actuelles d'importation de plantes ou produits végétaux spécifiques peuvent être obtenus à l'aide du Système automatisé de référence à l'importation (SARI) de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

Autres points à prendre en considération :

  1. Avant d'être utilisé comme aliment destiné à la consommation humaine, les nouvelles plantes et leurs produits dérivés correspondant à la définition d'aliment nouveau doivent être approuvés par Santé Canada en vertu de la Loi sur les aliments et drogues.
  2. Avant de les utiliser comme aliment du bétail, les nouvelles plantes et leurs produits dérivés doivent être évalués et approuvés par l'ACIA en vertu de la Loi relative aux aliments du bétail et son Règlement. On trouvera une liste des ingrédients approuvés aux annexes IV et V du Règlement sur les aliments du bétail, 1983.
  3. La dissémination (p. ex., la culture) de nouvelles plantes dans l'environnement canadien doit être évaluée et approuvée par l'ACIA et peut nécessiter une approbation en vertu de la Loi sur les semences et du Règlement sur les semences ainsi que la Loi sur la protection des végétaux et son règlement d'application.
  4. L'importation et la vente de semences au Canada doit respecter les exigences de la Loi sur les semences, du Règlement sur les semences et de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes.
  5. Toute importation doit respecter les exigences phytosanitaires pour les autres organismes réglementés, tel que stipulé dans les directives sur la protection des végétaux de l'ACIA et dans le SARI.

3.0 Définitions

Les définitions des termes utilisés dans ce document se trouvent dans le Glossaire de la protection des végétaux et le Glossaire des termes phytosanitaires de la CIPV.

4.0 Contexte pour les documents de gestion du risque

Ce DGR décrit le risque environnemental, économique et social associé à A. donax et les options de gestion disponibles pour atténuer ce risque.

  • L'ACIA évalue et, le cas échéant, restreint l'importation et la propagation de plantes envahissantes dans le cadre de son mandat de protection des ressources végétales du Canada et de son engagement à limiter l'introduction et la propagation de plantes envahissantes conformément à la Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes (gouvernement du Canada 2004). La Stratégie vise à réduire le risque posé par les espèces envahissantes à l'environnement, à l'économie et à la société en plus de protéger les valeurs environnementales comme la biodiversité et la durabilité.
  • L'ACIA aide à prévenir l'introduction et la propagation de plantes envahissantes au Canada, y compris celles qui sont réglementées à titre d'organismes nuisibles en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et celles désignées comme étant des mauvaises herbes nuisibles interdites en vertu de la Loi sur les semences.
  • En vertu des exigences relatives à l'importation du Règlement sur la protection des végétaux (paragraphe 29.1) « … nul ne peut importer au Canada une chose qui soit est un parasite, soit est parasitée ou susceptible de l'être, soit encore constitue ou peut constituer un obstacle biologique à la lutte antiparasitaire, à moins d'avoir obtenu et d'avoir fourni à l'inspecteur le numéro d'un permis valide et un certificat phytosanitaire étranger ou un certificat phytosanitaire étranger pour réexportation, selon le cas. »
  • L'ACIA exige que certaines mesures soient prises autant pour l'importation que pour les déplacements domestiques afin d'éviter l'introduction ou la propagation de végétaux qui sont considérés comme étant des organismes nuisibles au Canada. La Directive D-12-01 : Exigences phytosanitaires visant à prévenir l'introduction de végétaux réglementés comme étant des organismes nuisibles au Canada décrit les exigences phytosanitaires générales pour éviter l'introduction ou la propagation de ces plantes au Canada en vertu de la Loi sur la protection des végétaux.

Il est bien établi que le risque posé par les espèces envahissantes au Canada est un risque partagé et qu'il s'agit donc d'une responsabilité partagée entre les instances gouvernementales et les intervenants. Lorsqu'on détermine qu'une plante en particulier est un organisme nuisible, l'ACIA élabore et applique des mesures réglementaires nationales afin d'atténuer les risques associés à l'espèce végétale. L'approche réglementaire de l'ACIA est fondée sur les principes scientifiques les plus à jour au moment de l'analyse du risque phytosanitaire, la consultation et l'examen régulier.

5.0 Évaluation du risque phytosanitaire

L'évaluation du risque phytosanitaire fournit le fondement scientifique pour la gestion globale du risque que présente un ravageur potentiel. Cette section traite de la probabilité d'introduction, d'établissement et de propagation de A. donax au Canada, ainsi que les répercussions économiques et environnementales potentielles.

Les renseignements suivants sont fondés sur l'évaluation du risque phytosanitaire pour A. donax débuté en 2006 (ACIA 2006) et mise à jour en 2011 (ACIA 2011), 2014 et en 2016.

Les lignes directrices pour classer l'évaluation du risque et les éléments d'incertitudes sont disponibles sur demande.

5.1 Identité de l'organisme

Nom : Arundo donax L. (Poaceae)

Noms usuels en français : canne de Provence, grand Roseau (USDA-ARS 2016).

Noms usuels en anglais : giant reed, bamboo reed, giant cane, Spanish reed, wild cane (Rojas-Sandoval et coll. 2014).

Description de l'organisme : L'Arundo donax est une herbe pluriannuelle qui a de solides rhizomes charnus, de grandes racines fibreuses qui pénètrent profondément dans le sol et de longues tiges (de 2 à 10 m) (Rojas-Sandoval et coll. 2014). C'est la plus grande et la plus grosse espèce d'herbe ornementale après le bambou (GISD, 2016). Les tiges individuelles (chaumes) sont habituellement dressées, d'une épaisseur allant de 1 cm à 3,5 cm et elles ont des nœuds glabres ainsi que des entrenœuds creux (Backworth et coll. 2003). Le tissu de la tige externe est dur, cassant et brillant (Rojas-Sandoval et coll. 2014). Les feuilles sont bleu-vert, mesurent de 30 à 100 cm de longueur et sont disposées alternativement en deux rangs verticaux sur des côtés opposés de la tige (Barkworth et coll., 2003). Les inflorescences sont des panicules qui ressemblent à des plumes, d'une longueur allant de 30 à 65 cm situées dans les parties supérieures des tiges (Rojas-Sandoval et coll. 2014; Barkworth et coll. 2003). L'unité florale est un épillet de 10 à 15 mm de longueur agrémentée de deux à quatre fleurettes. Les semences sont des caryopses allongés bruns pâles de trois à quatre mm de long (Barkworth et coll. 2003).

Les souches panachées proviennent des variations au niveau des bourgeons qui ont été isolées et propagées davantage (Shamel 1917). La sélection de ce genre de branches gourmandes a mené à la propagation d'un certain nombre de formes panachées qui, à l'exception des feuilles panachées, ne diffèrent pas de manière importantes de la forme verte (Rojas-Sandoval et coll. 2014; Perdue 1958). Les variétés et les cultures panachées habituelles sont actuellement disponibles sur le marché horticole sous les noms de A. donax var. versicolor, « bâton de menthe poivrée » et de « cytise faux-ébénier. » La majorité des variétés et des cultures ont des feuilles blanches rayées vertes et sont plus courtes (c.-à-d. de 1 à 5 m de hauteur comparativement à 3 à 10 m de hauteur) que la forme verte habituelle. Dans le cas du cytise faux-ébénier, les feuilles sont jaunes rayées vertes. À l'exception de la plus petite hauteur et du feuillage panaché, la plante hétérogène est identique au niveau de la forme, de la texture et de l'habitude de croissance vers la forme verte de la plante. Une culture ornementale supplémentaire qui a de larges feuilles est connue sous le nom de A. donax « Macrophylla ». Cette culture a des feuilles allant de gris-vert à bleu-vert qui sont plus larges que celles de la forme verte (c.-à-d. 100 cm par 9 cm comparativement à 60 cm par 6 cm).

La 'Nile Fiber' est un cultivar breveté de A. donax cultivé pour l'aménagement du paysage et la production de biomasse (Caroll et Volontin 2014). Il provient d'un roseau de A. donax et on peut le différencier des écotypes standards puisqu'il a une bande mauve en dessous de chaque section de nœud et qu'il ne possède pas les marges de feuille dentelées (Caroll et Volontin 2014). Ce cultivar est aussi caractérisé par une croissance accélérée, une plus grande épaisseur des parois, des taux de germination plus élevés des propagules, une vigueur extrême et une fibre supérieure pour les pâtes et papiers lorsqu'on la compare aux écotypes standards de cette espèce. La plante peut atteindre une hauteur de 15 m en deux ou trois ans (Caroll et Volontin 2014).

Le clone Bio-G est un écotype amélioré, également élaboré pour la production de biomasse (Galiltec 2014). Il est produit uniformément à l'aide de la technologie de culture des tissus et il est décrit comme étant une culture résistante et à haut rendement qui « augmente les qualités positives de A. donax » (Galiltec 2014). Ce clone fait l'objet d'une promotion pour la production de biomasse au Honduras (La Prensa 2013).

5.2 Statut de l'organisme

On ne signale pas la présence de Arundo donax dans les écosystèmes naturels du Canada (Brouillet et coll. 2010; Barkworth et coll. 2003; Scoggan 1979). Elle est disponible dans certains centres de jardinage et pépinières dans le sud de la Colombie-Britannique, le sud de l'Ontario, le Québec, la Nouvelle-Écosse et possiblement ailleurs au Canada. Dans un inventaire des plantes ornementales de l'ACIA de 2009, A. donax était disponible dans l'une des 42 pépinières canadiennes visitées. Cette espèce est également cultivée dans les jardins botaniques au Canada (p. ex., à Vancouver en Colombie-Britannique, à Niagara Falls en Ontario et à Montréal au Québec). Au cours des dernières années, plusieurs cultures d'essai de recherche à petite échelle pour la production de biomasse ont également été plantées en Nouvelle-Écosse et en Ontario. De plus, on a produits des propagules dans des serres en Ontario aux fins d'exportation. En fonction de ces renseignements, on considère qu'elle est présente au Canada dans les cultures seulement et non dans les écosystèmes naturels.

On la retrouve dans l'ensemble du sud des États-Unis accompagnées de quelques occurrences parsemées dans le centre et le nord de ce pays (USDA-NRCS, 2016). Les signalements les plus au nord proviennent des États de Washington, de l'Oregon, du Nebraska, de l'Indiana, de la Virginie occidentale, du Maryland et du Delaware (Kartesz 2015).

5.3 Statut réglementaire actuel

Cette plante n'est pas réglementée au niveau fédéral au Canada. Par contre, puisqu'elle est soumise à un processus d'analyse du risque, il y a des mesures réglementaires en place pour éviter les nouvelles introductions jusqu'à ce que le processus soit complété. Elle n'est pas réglementée au niveau provincial. Par contre, la province de la Colombie-Britannique propose de l'ajouter à sa liste des mauvaises herbes nuisibles (BCIMISWG, 2015).

Aux États-Unis, elle n'est pas réglementée comme étant une mauvaise herbe nuisible au niveau fédéral. Par contre, elle est répertoriée comme étant une mauvaise herbe nuisible en Californie, au Colorado, au Nevada et au Texas (USDA-NRCS, 2016, CWMA, 2016, CDFA, 2015 et l'État du Nevada, 2003). Elle se trouve également, à l'exception des cultures panachées, sur la liste de quarantaine du département de l'Agriculture de l'État de Washington (2015), et elle se trouve sur la liste de surveillance du Washington State Noxious Weed Control Board (WSNWCB, 2010). En Oregon, elle a été désignée espèce de quarantaine. Par contre, on a établi des règles qui permettent de la cultiver à titre de biocarburant conformément aux conditions d'un permis et les variétés panachées à des fins ornementales (Oregon Secretary of State, 2013). De plus, elle est sur la liste en tant que possible espèce aquatique envahissante de la Nebraska Game and Parks Commission (NGPC, 2015).

5.4 Probabilité d'introduction

La voie d'introduction jugée la plus importante est l'importation intentionnelle des plantes destinées à la plantation. Il y a des rapports à l'effet qu'elle a déjà été importée au Canada et cultivée à des fins ornementales et de biocarburant (par ex. Peters et coll. 2016). Il y a également un intérêt dans la culture pour la production de pâtes et papiers au Canada.

L'importation intentionnelle de parties de plante pour usage autre que la propagation est également une voie d'introduction puisque ces parties de plantes sont utilisées à plusieurs fins (p. ex., le biocarburant, la fabrication de roseaux musicaux, la fabrication de paniers, les arrangements décoratifs et les médicaments). Le risque posé par cette voie d'introduction serait lié à l'importation de matériel végétal frais plutôt que du matériel séché.

La majorité des autres voies d'introduction de la plante, y compris les voies d'introduction non intentionnelles et les voies naturelles de propagation, sont peu probables puisqu'il n'y a pas de population près de la frontière canadienne (USDA-NRCS, 2016) et parce que cette espèce ne semble pas produire de semences viables dans la majorité des lieux où elle s'est apparemment bien adaptée (Perdue 1958). Elle n'est pas connue pour produire des semences viables aux États-Unis (Bell 1997; Else 1996).

Niveau de risque pour la probabilité d'introduction : La probabilité d'introduction est « élevée » puisque A. donax a déjà été introduite au Canada et que la principale manière de le faire est l'importation intentionnelle de végétaux aux fins de plantation.

Incertitude et lacunes en matière d'information : On considère l'incertitude comme étant « Négligeable » puisque l'on sait que la plante est présente au Canada de manière limitée pour la culture.

5.5 Probabilité d'établissement

Arundo donax est native des régions subtropicales et tempérées chaudes de l'Ancien Monde. Son centre d'origine est probablement l'Asie (Mariani et coll. 2010) ou la Méditerranée (Perdue 1958). Elle a été cultivée pendant des millénaires dans le sud de l'Europe, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie (Lambert et coll. 2010; Perdue 1958). Elle a également été largement introduite dans le Nouveau Monde, où elle s'est naturalisée dans de nombreux pays allant du sud des États-Unis jusqu'à l'Argentine et le Chili (Rojas-Sandoval et coll. 2014). Elle a aussi été introduite en Afrique du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans de nombreuses îles des océans Pacifique et Atlantique (Rojas-Sandoval et coll. 2014). Aux États-Unis, elle s'est naturalisée en dessous du 40 °N (USDA-NRCS, 2016). Les infestations les plus denses dans ce pays se trouvent le long des côtes riveraines du sud de la Californie et du fleuve Rio Grande au Texas (Yang et coll. 2011). Une plantation située à Prosser, dans l'état de Washington (46 °N) a réussi à hiverner (S. Fransen, pers. comm.) Au Canada, A. donax a survécu aux hivers dans des jardins à Niagara Falls, en Ontario, et à Vancouver, en Colombie-Britannique. Les plantes sont en mesures de survivre à des températures très basses lorsqu'elles sont dormantes (Perdue 1958), mais elles préfèrent les zones où des périodes de gel régulières ou prolongée ne surviennent pas (Rojas-Sandoval et coll. 2014; DiTomaso et Healey 2007). Dans les climats plus froids, les plantes sont tuées au niveau du sol, mais de nouvelles tiges émergent des couronnes le printemps suivant (Oakes, 1990). En Virginie, dans less zones de rusticité des plantes 6 ou 7 du département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), les chaumes entrent en période de dormance en hiver et font pousser de nouveaux chaumes à partir de leurs nœuds situés au-dessus du sol au printemps (Barney 2014; Mann et coll. 2013).

Arundo donax est une hydrophyte qui pousse le mieux dans des sols humides, bien drainés, le long des fossés, des ruisseaux, des rivières, des lacs et des plaines inondables GISD 2016; Weber 2003). Par contre, elle tolère une grande variété de conditions environnementales, y compris une faible luminosité, les sols salins et les zones touchées par la sécheresse (Quinn et Holt 2008; Hoshovsky 1986; Perdue 1958). Les autres habitats de cette espèce comprennent les zones agricoles, les forêts ouvertes, les prairies, les broussailles, les côtes, les déserts, les bords de route et les zones urbaines (Rojas-Sandoval et coll. 2014). Elle pousse bien en culture. Au Canada, la disponibilité des habitats appropriés ne sera probablement pas un facteur limitant à son établissement.

On trouvera à la Figure 1 une carte de sa distribution potentielle en Amérique du Nord. La carte a été produite pour l'évaluation phytosanitaire du risque pour l'USDA-APHIS (2012) et elle est fondée sur la distribution de l'espèce ailleurs dans le monde, y compris les dossiers d'incidents de la Global Biodiversity Information Facility (GBIF, 2011). Elle représente la distribution conjointe des zones de rusticité des plantes de l'USDA 6 à 13, des zones qui reçoivent entre 0 et plus de 100 pouces de précipitations annuelles, ainsi que les classes de climat Köppen-Geiger suivantes : la forêt tropicale humide, la savane tropicale, la steppe, le désert, le climat méditerranéen, le climat subtropical humide, les étés chauds et humides continentaux, les étés frais et humides continentaux et la côte ouest marine (USDA-APHIS, 2012). Les zones de rusticité des plantes sont basées sur des moyennes de 10 ans et suivent les procédures décrites dans Magarey et al. (2008). Selon la carte, on estime qu'environ 2 % du Canada et 57 % des États-Unis ont un climat propice à son établissement. Au Canada, les zones propices comprennent le sud et la côte de la Colombie-Britannique, le sud de l'Ontario, la majorité de la Nouvelle-Écosse et certaines parties de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador (Figure 1). On signale que le cultivar de la « Nile Fiber » est rustique pour la zone 4 (Carroll et Volotin 2014), ce que comprend la majorité des terres agricoles du sud du Canada, y compris les provinces des Prairies. Par conséquent, ce cultivar peut présenter une plus grande probabilité d'établissement au Canada que la plupart des écotypes standards de cette espèce.

Figure 1. Distribution prévue de Arundo donax au Canada et aux États-Unis (les cartes en médaillon pour Hawaii et Puerto Rico ne sont pas à l'échelle) (USDA-APHIS, 2012).
Figure 1. Predicted distribution of Arundo donax in Canada and the United States. Description follows.
Description de la photo - Figure 1. Distribution prévue de Arundo donax au Canada et aux États-Unis

Cette figure est une carte de l'Amérique du Nord et présente en rouge les zones où Arundo donax pourrait survivre au Canada et aux États-Unis. Les zones du Canada incluent les portions des provinces de la Colombie-Britannique, de l'Ontario, de Terre-Neuve-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard. Une grande partie des États-Unis est incluse, à l'exception de l'Alaska, la région continentale intérieure plus froide, et des parties du nord-est.

Dans les années à venir, les changements climatiques peuvent avoir un effet sur la distribution potentielle de A. donax. Le réchauffement des températures, surtout en hiver, peut augmenter la probabilité de son établissement dans des zones qui où les températures froides présentement trop dures et améliorer sa croissance et sa compétitive dans des zones qui sont présentement tolérables (Glaser et Glick 2012; Hellmann et coll. 2008). On s'attend à ce que les températures hivernales au Canada augmentent de manière importante d'ici le milieu de ce siècle (gouvernement du Canada, 2013). Dans la plupart des provinces actuellement considérées comme adaptées pour A. donax (C.-B., Ont., T.-N.-L., N.-É., Î.-P.-É.), les températures estivales, ainsi que les précipitations hivernales et estivales, devraient également augmenter (Environnement et Changements climatiques Canada, 2016). Ces changements représentent une transition vers des conditions climatiques plus favorables pour A. donax. De plus, cette plante répond de manière favorable à l'augmentation des concentrations de CO2 dans l'atmosphère par une augmentation de la production de biomasse et l'amélioration de l'utilisation efficace de l'eau (Nackley et coll. 2014).

Niveau de risque pour la probabilité d'établissement : La probabilité d'établissement est classée « Moyenne » puisque la plante a le potentiel de s'établir dans cinq zones de rusticité des plantes au Canada (c.-à-d., les zones 6 à 10 de rusticité des plantes du département de l'Agriculture (USDA)). À noter que certains cultivars peuvent avoir un potentiel plus élevé d'établissement que les écotypes standards (p. ex., on signale que la « Nile Fiber » est rustique à la zone 4) (Carroll et Volotin, 2014).

Incertitude et lacunes en matière d'information : On considère que le niveau d'incertitude est « Faible » en raison de la distribution qui est bien étudiée et documentée dans des sources fiables.

5.6 Probabilité de propagation

Dans le territoire où la plante est indigène, on signale que A. donax produit des semences, qui se développent sur les grandes inflorescences qui ressemblent à des plumes, et sont par la suite dispersées par le vent (Rojas-Sandoval et coll. 2014). Par contre, elle ne semble pas produire des semences viables aux endroits où elle a été introduite et s'est apparemment bien adaptée (Weber, 2003; Perdue, 1958). La propagation la plus naturelle est végétative et survient à l'aide des morceaux de tige et de rhizome, du marcottage et de l'expansion des bouquets (touffes). Les morceaux de tige et de rhizome sont prolifiques tant qu'ils contiennent un bourgeon (Witje et coll. 2005; Boose et Holt 1999; Else 1996) et peuvent croître à n'importe quel moment de l'année (Mann et coll. 2013). Les fragments de tige et de rhizome se dispersent en aval le long des cours d'eau à la suite d'une perturbation et ils établissent de nouvelles colonies (Bell 1997). Chez les plantes établies, les rhizomes croient d'environ 0,5 m par année (Rojas-Sandoval et coll. 2014). Le marcottage survient lorsqu'une tige, toujours attachée à la plante mère, développe des racines puis se détache pour devenir une plante indépendante. On a observé des cas de marcottage dans les zones inondables, ce qui peut entraîner une expansion plus rapide (7,4 fois plus rapide dans une étude californienne ou 3,7 m par année) (Boland 2006). L'Arundo donax présente également un taux de croissance remarquable, accompagné d'un taux de photosynthèse similaire à celui d'une espèce C4, bien qu'elle soit une espèce C3 (Rossa et Tueffers 1998). Sous des conditions favorables, elle peut croître jusqu'à 10 cm par jour (Perdue 1958). Dans une étude californienne, A. donax a poussé de trois à quatre fois plus rapidement que des plantes riveraines ligneuses indigènes, qui, combinée à sa capacité de repousser rapidement après un feu et de répondre favorablement à l'enrichissement nutritionnel, a encouragé sa propagation et sa dominance après des feux de friche (Coffman et coll. 2010). Elle n'est pas reconnue pour sa capacité d'hybridation (Gordon et Gantz 2008.

La dispersion par l'humain a été le facteur le plus important ayant contribué à son introduction et à sa propagation dans de nombreuses parties du monde. Elle est plantée intentionnellement pour différents usages, ce qui augmente les occasions de propagation à l'extérieur de la culture. Une des principales préoccupations concerne sa culture près de sources d'eau. La propagation involontaire des fragments de tige ou de rhizome peut provenir d'une perturbation d'origine humaine ou de dommages mécaniques dans les cours d'eau et les marécages ou autours d'eux, comme à l'aide de bateaux à moteur et d'autres équipements aquatiques ainsi que des bulldozeurs et de l'équipement lourd utilisés pour son élimination (Rojas-Sandoval et coll. 2014; Saltonstall et coll. 2010; Boland 2008).

Arundo donax se propage moins dans les hautes terres plus sèches que dans des habitats riverains ou marécageux puisqu'elle est limitée à une propagation latérale lente par expansion du bouquet (Barney 2014; Boland 2006) et un manque d'humidité peut être une mesure de contrôle naturelle visant à prévenir la propagation de l'espèce. Par exemple, elle n'est pas susceptible de se propager au-delà des zones irriguées dans des sols secs qui manquent d'irrigation (Steve Fransen, comm. pers.). Dans une étude de Smith et coll. (2015a), on n'a pas observé de propagation par marcottage sur une terre agricole en Virginie. Par contre, dans des zones cultivées, l'espèce peut toujours se propager lorsque des fragments de plantes se retrouvent dans des déchets de jardinage, du sol ou de la machinerie agricole et qu'ils sont transportés dans des endroits plus favorables (Rojas-Sandoval et coll. 2014). La propagation rapide par de l'équipement de terrassement est évidente en raison de sa prolifération sur les chantiers de construction et les zones restaurées nouvellement classées, même dans certaines régions qui sont éloignée de la nappe phréatique (Rieger et Kreager 1989). Phragmites australis, une sous-espèce introduite, offre un parallèle intéressant puisqu'elle est une proche parente de Arundo donax, présente une faible production de semence et s'est propagée dramatiquement dans l'ensemble de l'est du Canada, le long des routes où il y a des travaux de construction et d'entretien (S. Darbyshire, comm. pers.). De manière similaire, A. donax a colonisé plusieurs kilomètres de bord de route dans des endroits comme la Californie et le sud de l'Europe (Pilu et coll. 2013).

Niveau de risque pour la probabilité de propagation : On a déterminé la probabilité de propagation pour A. donax à un niveau « Moyen ». Son potentiel de propagation naturel est limité (c.-à-d. que cette plante ne produira probablement pas de semences au Canada, l'expansion du bouquet est local et la propagation des propagules est limitée à des habitats riverains et elle dépend des perturbations). Par contre, son potentiel pour une propagation par les humains est beaucoup plus élevé (c.-à-d. par la culture intentionnelle et les déplacements involontaires des morceaux de la plante au moyen d'activités de construction, d'entretien et agricoles).

Incertitude et lacunes en matière d'information : On considère que l'incertitude pour la probabilité de propagation est « Moyenne » puisque l'on ne connaît pas l'étendue de la propagation par les humains au Canada et qu'elle dépend de nombreux facteurs (p. ex., combien de plants et où seraient-ils plantés)

5.7 Conséquences économiques et environnementales potentielles

Arundo donax est devenue une plante envahissante dans de nombreuses parties du monde, y compris dans le sud de l'Afrique, en Espagne, au Portugal, en Italie, dans le sud des États-Unis, au Mexique, dans les Caraïbes, en Amérique du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans de nombreuses îles du Pacifique (Rojas-Sandoval et coll. 2014; Mascia et coll. 2013; Holmes et coll. 2005; Wittenberg 2005; Weber 2003). Elle est classée dans un sous-ensemble de plantes envahissantes connues comme étant des espèces dites « transformatrices », qui se sont non seulement naturalisées et propagées en dehors de leurs aires de répartition indigène, mais qui entrainent également des répercussions sur l'écosystème et change les écosystèmes sur de grandes superficies (Csurhes 2009; Spencer 2005; Richardson et coll. 2000). A. donax respecte ces critères puisqu'elle est un utilisateur excessif des ressources (eau, lumière) et parce qu'elle modifie l'hydrologie, le cycle nutritionnel, le régime des incendies, la structure communautaire et la biodiversité des zones riveraines et marécageuses (GISD 2016, USDA-APHIS 2012; McWilliams 2004; Bell 1997). Elle forme de grandes monocultures denses qui peuvent couvrir des centaines d'acres (Rojas-Sandoval et al. 2014; Weber 2003) ou des dizaines de milliers d'acres (p. ex., le sud de la Californie) (Bell 1997). On estime que les peuplements consomment jusqu'à 2 000 litres d'eau par mètre carré de plantes par année, ou trois fois plus d'eau que les plantes indigènes, ce qui réduit potentiellement la disponibilité de l'eau souterraine (DiTomaso et Healy 2007; McWilliams 2004; Bell 1997; Iverson 1994). Ses importantes masses de racines capturent les sédiments et modifient les régimes d'écoulement (Bell 1997). Les zones qu'elle domine tendent à avoir des températures de l'eau plus chaudes, des concentrations en oxygènes moins élevées et un pH plus élevé (Bell 1997). Les pousses mortes sont très inflammables, ce qui augmente la susceptibilité des corridors riverains de s'enflammer et permet aux incendies de se propager rapidement (Giessow et coll. 2011; Coffman et coll. 2010; DiTomaso et Healy 2007; Weber 2003). Elle agit en tant que « échelle à carburant » en fournissant une continuité verticale au carburant, passant de la surface jusqu'à la cime des arbustes et des arbres et facilite la propagation des incendies d'une couche à l'autre (Brooks et coll. 2004).

Les répercussions sur la biodiversité végétale dans les zones riveraines et marécageuses sont importantes. Arundo donax forme des monocultures qui étouffent les plantes indigènes (GISD 2016; Csurhes 2009). En Californie, elle déplace souvent les forêts de peupliers et de saules (Bell 1997). En Italie (Sardaigne), elle menace les populations d'une espèce congénère rare, Arundo micrantha (Mascia et coll., 2013). En Espagne, on a observé que les caractéristiques de l'habitat étaient différentes entre les zones envahies et celles qui ne l'étaient pas, en raison de sa plus grande disposition de litière de feuilles et de la réserve de carbone dans le sol dans les zones envahies, ainsi que le sous-étage herbacé plus pauvre (Maceda-Veiga et coll. 2016).

Les colonies densément peuplées offrent peu de nutriments ou d'habitats à la faune indigène. Dans le sud de la Californie, A. donax est responsables de la perte d'habitat pour les oiseaux comme le Petit Viréo de Bell, une espèce en danger, et le moucherolle des saules, une espèce menacée (Bell 1997). De plus, son envahissement est associé à la réduction de la diversité et de l'abondance des oiseaux en général (D'Antonio et coll. 2011). Cette espèce a également réduit l'habitat de l'Anaxyrus californicus, une espèce en danger en Californie (Lawson et coll. 2005). De plus, elle est associée à la réduction de l'abondance et la diversité des arthropodes aériens dans les systèmes riverains du centre de la Californie (Herrera and Dudley 2003). La croissance des insectes aquatiques vit également des répercussions négatives par la litière laissée par A. donax, comparativement à la litière indigène, puisqu'elle est caractérisée par un contenu élevé en silice, la présence de composés toxiques (alcaloïdes), et une faible qualité nutritionnelle (D'Antonio et coll. 2011; Going et Dudley 2008). En Espagne, on a démontré une relation négative entre la présence et la diversité, l'abondance et la taille du corps des macro-arthropodes du sol (Maceda-Veiga et coll. 2016). En raison des effets de l'Arundo donax sur la qualité de l'eau, les zones riveraines envahies ont également une plus faible diversité d'animaux aquatiques, y compris de poissons (Bell 1997; Dunne et Leopold 1978).

Plusieurs auteurs fournissent une estimation des coûts liée aux infestations. Par exemple, on a dépensé plus de 2 M$ pour l'éliminer d'un barrage dans le comté de Ventura, en Californie, avant la destruction du barrage (D'Antonio et coll. 2011). Les coûts d'élimination varient, mais ils peuvent dépasser 10 000 $ (US) par hectare et peuvent menée à un nouvel envahissement rapide si les efforts ne sont pas poursuivis pendant de nombreuses années (Rojas-Sandoval et coll. 2014). Dans le système fluvial de Santa Margarita en Californie, il en a coûté près de 10 000 $ (US) pour le traitement à l'aide d'une pulvérisation foliaire de glyphosate au cours de la première année seulement et a nécessité 150 heures par hectare de travail (Lawson et coll. 2005). Les coûts ont diminué au cours des années qui ont suivi, de manière telle que sur une période de quatre ans, le coût des traitements a totalisé 13 550 $ par hectare et ont nécessité un peu moins de 200 heures de travail par hectare (Lawson et coll. 2005). Ces coûts ne comprennent pas la manipulation ou l'élimination de grandes quantités de biomasse morte résultant du traitement, ni les coûts associés à la gestion du programme et à la production de rapports (Lawson et coll. 2005). Un rapport de Giessow et coll. (2011) stipule que sur une période de 15 ans, on a dépensé 71 M$ (US) pour le contrôle de Arundo donax dans une zone d'étude de 2 863 acres (1 158 ha) située entre Monterey et San Diego, en Californie, ce qui indique un coût d'environ 25 000 $ par acre ou 61 300 $ par hectare pour cette période.

De nombreuses études ont examiné les avantages économiques nets potentiels des programmes de contrôle de Arundo donax et tous les avantages par rapport au ratio des coûts qui en résultent sont positifs (Giessow et coll. 2011). Dans la plus intensive de ces analyses, Seawright et coll. (2009) estime qu'il y a un rapport avantages-coûts de 4,38 $ (US) pour chaque dollar investi dans un projet de contrôle biologique et Arundo donax sur une section de 170 miles de rivière dans la basse vallée du Rio Grande, au Texas. L'analyse a estimé les avantages de l'eau sauvegardée en réduisant l'infestation de cette plante et en l'utilisant à des fins agricoles.

Elle peut également avoir des répercussions négatives sur le tourisme, les activités récréatives extérieurs, la pêche, l'irrigation, la production hydroélectrique, la valeur des propriétés et l'application de la loi. Cette espèce a une incidence sur l'usage de l'eau lié à un grand nombre de ces industries et de ces activités en restreignant ou en obstruant les voies d'eau, en détournant les déversoirs, en réduisant la visibilité et en asséchant les canaux fluviaux (Rojas-Sandoval et coll. 2014; USDA-APHIS, 2012). Pendant les orages, de gros amas de racines interconnecté s'accumule derrière les ponts et les ponceaux, ce qui a une incidence sur leur fonction et, parfois, causent des dommages ou même, la perte de la structure (GISD 2016; Csurhes 2009; Coffman et al. 2004). Les dommages ou les pertes peuvent être infligés aux propriétés lorsque l'eau de ruissellement est détournée sur de nouveaux parcours par les peuplements qui retiennent les sédiments et font en sorte que la surface sédimentaire remonte (Rojas-Sandoval et coll. 2014). Le long de la frontière américano-mexicaine, de grands peuplements impénétrables interfèrent également avec les activités d'application de la loi (Goolsby et coll. 2016). La majorité de ces répercussions sont liées aux infestations Arundo donax dans les zones riveraines et dans les marécages, bien que la présence de cette espèce puisse potentiellement soulever des inquiétudes le long des routes et dans d'autres zones perturbées où les conditions sont favorables.

Cette plante, qui est souvent cultivée, n'est, en général, pas considérée comme étant une mauvaise herbe agricole. La production agricole peut être touchée indirectement par l'envahissement des fossés et des canaux d'irrigation, où le débit d'eau est restreint ou que la quantité d'eau est réduite par la prise en charge de la plante. Les coûts de l'herbicide ou du contrôle mécanique dans les bordures de champ et les fossés peuvent menés à de plus faibles récoltes. En alimentant les feux de friche, elle peut également représenter un danger pour les biens à proximité et entraîner des pertes économiques importantes. Elle peut potentiellement envahir les cultures de riz sauvage, qui poussent au Canada dans les lacs et les rivières peu profonds (Oelke 1993). Puisqu'elle n'est pas susceptible de produire des semences au Canada, il y a peu de risque qu'elle contamine les semences ou le grain canadiens. Elle n'est pas toxique pour le bétail (Cheatham and Johnston 1995). Le long du fleuve Rio Grande au Texas, les infestations facilitent l'introduction des tiques qui transmettent la fièvre des bovins qui proviennent du Mexique (Gooslby et coll. 2016; Esteve-Gassent et coll. 2014).

Niveau de risque pour les conséquences économiques et environnementales potentielles : On classe les conséquences économiques et environnementales potentielles comme étant « Élevées » puisque la plante a le potentiel de causer des dommages importants à l'environnement (c.-à-d., des changements aux processus de l'écosystème, la structure et la fonction communautaires, la perte de la biodiversité), elle est difficile et onéreuse à contrôler, et elle peut avoir des répercussions négatives pour différentes industries hydriques.

Incertitude et lacunes : On considère le niveau d'incertitude comme étant « Faible » puisque l'on a bien étudié l'espèce et qu'il y a des preuves scientifiques directes sur les effets environnementaux de cette espèce provenant des États-Unis et d'autres pays où elle a été introduite.

5.8 Sommaire

Le tableau suivant résume les niveaux de risque et d'incertitude pour Arundo donax, qui sont assignés dans chaque section de l'évaluation du risque, ci-dessus.

Tableau 1 Les niveaux de risque et d'incertitude pour l'évaluation du risque phytosanitaire pour A. donax
Évaluation du risque Incertitude
Probabilité d'introduction Élevée Négligeable
Probabilité d'établissement Modérée Faible
Probabilité de propagation Modérée Modérée
Probabilité globale d'introduction et de propagation Modérée Faible
Conséquences économiques et environnementales potentielles Élevée Faible

5.9 Problèmes techniques à étudier

  • Arundo donax n'est pas connue pour produire des semences viables en Amérique du Nord (Weber 2003). Par contre, elle peut produire des semences dans son aire de répartition indigène (Rojas-Sandoval et coll. 2014). Les renseignements provenant de l'Herbier national des semences indiquent que les fleurettes sont suffisamment uniques et devraient être facile à différencier des fleurettes d'autres graminées exotiques, mais certaines ont une apparence similaire. L'Herbier national des semences de l'ACIA a fourni les descriptions suivantes :
    • Arundo donax : Les lemmas membraneuses sont regroupées en une longue pointe pouvant atteindre 12 mm. Le « corps » de la fleurette, qui comprend la graine et la paléa, fait habituellement 7 mm, et de 1,5 à 2 mm de largeur. La lemma est mince, elle a trois nervures proéminentes et elle a de longs poils soyeux sur le tiers inférieur. Le cal a la forme d'une pointe et il a une cicatrice ronde sur le côté ventral. Le rachéole est long et pressé contre la paléa. On n'a trouvé aucun spécimen de caryopse dans l'Herbier national des semences.
    • Espèces semblables :
      • Les fleurettes de Cortaderia selloana ont une forme et une couleur similaires à celles d'A. donax, mais elles ne font que 1 mm de largeur et leur « corps » n'est que de 3 mm de longueur, même si la lemma peut aller jusqu'à 10 mm. Les longs poils soyeux s'étendent le long de la lemma et le rachéole ressemble à une souche, mais beaucoup plus courte que celui d'A. donax. Les nervures de la lemma sont sombres.
      • Les fleurettes de Phragmites australis ont une forme et une couleur similaires à A. donax, mais elles sont beaucoup plus minces et courtes (5 mm). Les longs poils soyeux proviennent du cal et du tiers inférieur de la lemma, mais le cal ressort en une structure linéaire accompagné d'une extrémité tronquée, comparativement au cal court d'A. donax. Les dents de P. australis sont larges et épaisses; celles d'A. donax et de C. selloana sont minces et ressemblent à des poils.

5.10 Conclusions

Arundo donax est une grande glycérie pluriannuelle à croissance rapide native des régions tempérées chaudes et subtropicales de l'Ancien Monde. Cette espèce a un historique de culture et elle a été utilisée pour une vaste gamme d'usages. Sa croissance rapide la rend attrayante pour la production de biocarburant, de fibres et de pâte. Elle est actuellement présente au Canada dans des zones limitées de culture. Les données probantes examinées dans cette évaluation du risque suggèrent que Arundo donax a le potentiel pour s'établir et se propager dans certaines parties du Canada, en particulier dans des zones de la Colombie-Britannique, de l'Ontario, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador. Dans ces provinces, les zones riveraines et marécageuses situées dans les zones 6 de rusticité des plantes de la USDA et au-dessus sont particulièrement à risque. Certains cultivars, qui sont plus robustes que les écotypes standards, peuvent mettre certaines parties supplémentaires du Canada à risque (p. ex., on signale que le cultivar « Nile Fiber » est plus robuste dans les zones 4 et au-delà). Les répercussions économiques et environnementales sont élevées. Elle a un historique d'envahissement dans d'autres pays, aux États-Unis, en Australie, en Afrique du Sud et en Europe. On l'a décrite comme étant une espèce « transformatrice » puisqu'elle est une grande utilisatrice des ressources et qu'elle a le potentiel de modifier de manière dramatique les habitats et les processus écologiques. Elle est difficile et onéreuse à contrôler.

6.0 Facteurs à Considérer pour la gestion du risque

6.1 Évaluations du risque phytosanitaire effectuées par d'autres administrations

On a également effectué des évaluations du risque de mauvaises herbes au niveau fédéral pour les États-Unis et au niveau de l'État ou à un niveau administratif similaire pour l'Oregon, la Floride et Hawaii (É.-U.), le Queensland (Australie) et les îles Bonin (Japon).

Voici les résultats ou les conclusions des différentes évaluations du risque phytosanitaire :

  • États-Unis – « Risque élevé » (USDA-APHIS, 2012)
    • Oregon
      • a obtenu une note de 41/90 ou un B-modéré à l'aide d'un système de cotation de la USDA-APHIS.
      • a obtenu une note de 16/25 ou un A-faible à l'aide du système de cotation des mauvaises herbes nuisibles de l'Oregon Department of Agriculture (ODA).
      • Le programme de contrôle des mauvaises herbes nuisibles recommande que Arundo donax demeure sur la liste de surveillance de l'ODA (Miller et Forney 2011).
    • Floride – « Rejeté » (Gordon et coll. 2011)
    • Hawaii – « Risque élevé » (HPWRA 2006)
  • Japon
    • Îles Bonin – « Rejeté » (Kato et coll. 2006)
  • Australie
    • Queensland – « A. donax peut potentiellement devenir une mauvaise herbe importante dans certains habitats riverains du Queensland » (Csurhes 2009)

6.2. Répercussions environnementales

Les valeurs potentiellement à risque en raison de la présence de Arundo donax au Canada comprend la diversité végétale et animale dans les zones riveraines et marécageuses, la qualité de l'eau, l'utilisation de l'eau pour des activités récréatives (p. ex., le tourisme, le bateau, la pêche), l'irrigation, la navigation, la production d'hydroélectricité, la valeur des propriétés dans les zones envahies, la visibilité le long des routes, le contrôle des inondations et le contrôle des incendies (voir la section 5.7). La production commerciale pourrait potentiellement toucher l'utilisation des terres par la transformation de grandes parcelles de terre marginale en monocultures.

Selon l'évaluation du risque phytosanitaire, il est apparent que cette plante pose le plus grand risque aux écosystèmes riverains et marécageux. Les écosystèmes riverains sont « parmi les plus riches et les plus productifs en matière de biodiversité au monde » (Coote et Gregorich 2000). Ils consistent en des zones de végétation le long de cours d'eau qui forment des transitions entre les cours d'eau et les hautes terres (Hilliard et Reedyk 2014). Bien que l'on n'a pas trouvé le pourcentage approximatif que représentent les zones riveraines au Canada, ces zones se trouvent communément dans l'ensemble du Canada le long des fossés, des canaux, des criques, des rivières, des mares, des lacs, des terres humides et dans les coulées (Coote et Gregorich 2000). Elles servent à effectuer de nombreuses fonctions écologiques, comme la réduction de l'incidence des inondations, la réduction de l'écoulement des sédiments et des nutriments, la facilitation de l'alimentation et du déversement des eaux souterraines, l'apport de nourriture, d'abris et de corridors de déplacements pour de nombreuses espèces sauvages et organismes aquatiques, et à l'amélioration de la qualité de l'eau en générale (Hilliars et Reedyk 2014; Coote et Gregorich 2000). Les terres humides consistent en des zones très productives couvertes d'eau peu profonde de manière saisonnière ou permanente, et elles remplissent de nombreuses fonctions similaires à celles des zones riveraines (Coote et Gregorich 2000). Les terres humides comprennent les marais, les marécages, les tourbières, les tourbières alcalines et les autres étendues d'eau peu profonde (Coote et Gregorich 2000). Elles sont caractérisées par des plantes hygrophiles comme les roseaux, les quenouilles, les joncs, les carex et les saules, en plus de soutenir une abondance d'animaux sauvages, y compris la sauvagine, des amphibiens, des reptiles, des poissons, des mammifères et des milliers d'invertébrés (Coote et Gregorich 2000).

Plus de 14 % de la superficie du Canada, ou plus de 127 millions d'hectares, est composé de terres humides (Coote et Gregorich 2000). Si elle est introduite au Canada, cette plante a le potentiel de mettre en péril des habitats riverains et marécageux situés dans des zones ayant un climat appropriée (c.-à-d. les zones de rusticité des plantes 6 et au-delà).

6.3 Possibilités économiques

Malgré ses répercussions économiques et environnementales potentielles, Arundo donax pourrait également offrir des possibilités économiques pour le Canada puisqu'elle est cultivée pour une variété d'utilisations, y compris comme biocarburant, pour les pâtes et papiers, comme matériau de construction léger, comme fourrage pour animaux, pour la fabrication de roseaux et de tuyaux, comme brise-vents, pour le contrôle de l'érosion et à des fins médicinales et ornementales (Mack 2008, Coelho et coll. 2007; Barkworth et coll. 2003, Perdue 1958).

Ce document est axé sur l'utilisation de cette plante dans les industries des biocarburants et horticoles puisque c'est dans ces dernières que se trouve le plus grand intérêt actuellement pour sa culture au Canada.

6.3.1 Biocarburant

L'incertitude concernant les réserves de carburant fossile et l'augmentation des émissions de dioxyde de carbone a généré un intérêt dans d'autres sources de carburants comme les biocarburants. Le Canada est signataire des accords internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Les biocarburants comme l'éthanol sont promus comme étant une autre solution aux carburants fossiles et sont perçus comme étant une des mesures pour réduire les émissions de GES au Canada et atteindre les cibles nationales et internationale (voir Ngo et coll. 2008 pour obtenir un aperçu). Il y a de nombreuses cultures de biocarburant actuellement disponibles au Canada.

Le Règlement sur les carburants renouvelables (gouvernement of Canada, 2010) est un des principaux composants de l'ensemble de la stratégie sur les carburants renouvelables du gouvernement, qui vise à réduire les émissions de GES des carburants pétrolifères liquides. Le Règlement sur les carburants renouvelables nécessite un contenu renouvelable moyen dans l'essence de 5 % dans l'ensemble du Canada. Le gouvernement du Canada a mis en place un certain nombre de programmes qui offrent des incitatifs financiers à l'industrie afin de les aider à développer des biocarburants qui comprend la prochaine génération de graminées cellulosiques à croissance rapide (voir Ngo et coll. 2008 pour obtenir un aperçu). Au cours des dernières années, on s'intéresse à l'importation et à la culture de Arundo donax afin de l'utiliser comme charge d'alimentation du biocarburant. Arundo donax a une biomasse et un rendement bioénergétique plus élevés ou similaires au miscanthus commun, une culture bioénergétique C4 bien connue (Ge et coll. 2016; Smith et coll. 2015b). Son taux de croissance rapide; sa tolérance aux organismes nuisibles, à la sécheresse et aux conditions salines; son caractère approprié pour les terres marginales; sa capacité à décontaminer les sols; sa production de biomasse au-dessus du sol à haut rendement; et son équilibre énergétique positif en fait une candidate attrayante pour la production de biocarburant (Accardi et coll. 2015; Lemons e Silva et coll. 2015; Angelini 2009; Barney et DiTomaso 2008). Un grand nombre de ces mêmes attributs sont également caractéristiques des espèces envahissantes (Barney et DiTomaso 2008). Toute nouvelle culture potentielle devrait être introduite de manière responsable au niveau environnemental afin de réduire le risque d'envahissement au minimum en évitant de cultiver la plante dans des habitats à risque élevé ou près d'eux et en ayant des plans de gestion en place afin d'éviter une évasion potentielle dans l'environnement.

En 2013, l'Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis (EPA des É.-U.) a émis une décision qui approuve l'utilisation de Arundo donax en tant que biocarburant cellulosique (EPA des É.-U., 2013) malgré le fait que le département de l'Agriculture des États-Unis l'a évalué comme étant une espèce à risque élevée (USDA-APHIS, 2012) et qu'il travaille à élaborer des agents de lutte biologique afin de gérer les envahissements (Quinn et coll., 2015; USDA-APHIS, 2010). Selon cette décision, la culture de cette plante est assujettie à un ensemble de critères, dont l'enregistrement, la tenue de dossiers et des exigences de déclaration afin de réduire le risque qu'elle se comporte comme étant une espèce envahissante (EPA des É.-U., 2013). Les producteurs de carburants renouvelables doivent démontrer que la culture ne posera pas une forte probabilité de propagation au-delà de la zone de culture, ou que ce genre de risque sera réduit au minimum par un plan d'atténuation du risque (PAR) approuvé par l'EPA. Le PAR comprend des pratiques exemplaires de gestion, de production, de surveillance, de gestion, de transport, de collecte et de traitement de la matière première, ainsi que des stratégies d'atténuation du risque visant à réduire au minimum les risques de fuite dans l'environnement et permettant une détection précoce et des plans d'intervention rapide en cas de propagation inattendue. Le PAR comprend également des plans pour la fermeture du site et identifie un tiers vérificateur qui évalue le rendement du PAR annuellement. Les producteurs de biocarburants qui utilisent A. donax doivent également fournir des renseignements sur les ressources financières ou les mécanismes financiers disponibles pour couvrir les coûts de restauration si Arundo donax se propage au-delà de la zone de culture prévue (EPA des É.-U., 2013).

En 2010, la Rural Industries Research and Development Corporation du gouvernement de l'Australie a publié un rapport sur le potentiel commercial de cette plante pour la production de pâtes, de papiers et de biocarburant (Williams et Biswas 2010). Les résultats du projet indiquent que Arundo donax « produit plus de biomasse cellulosique et emprisonne plus de carbone par année, utilise moins de terre et de pesticides que tout autre type de culture présentée dans la littérature, pour les environnements tempérés chauds et subtropicaux et pour les terres marginales sous des régimes d'alimentation hydrique similaires (soient que les terres sont irriguées avec des eaux usées ou qu'elles poussent sur des terres non irriguées qui reçoivent plus de 450 mm de précipitations annuelles) ». Dans le rapport, les terres marginales font référence aux terres qui ont été touchées par l'eau souterraine saline. De manière similaire, cette plante produit des quantités avantageuses de pulpe sèche lorsqu'elle est cultivée sur des terres irriguées. Les auteurs estiment qu'il y a un taux de rendement interne annuel de 22 % pour les fonds employés pour la production de bioéthanol et un taux de 18 % pour la production de pâtes et papiers. Une évaluation du risque phytosanitaire comprise dans le rapport conclue que cette plante pose un risque de mauvaises herbes négligeable aux écosystèmes naturels terrestres en Australie, mais qu'elle pose un risque très élevé pour les zones riveraines et qu'elle ne devrait pas être cultivée ou autorisée à se propager dans ces zones (Virtue et coll. 2010).

En Europe, Arundo donax est considérée comme étant l'une des espèces les plus prometteuses pour la production de biocarburant (Cavallaro et coll. 2014). En Italie, par exemple, il y a un puissant intérêt dans sa culture, puisque les producteurs de biocarburant ont accès au double des incitatifs provenant du gouvernement comparativement à ceux qui cultivent le blé ou le maïs (AEEG, 2015, cité dans TCS, 2016). Arundo donax est l'une des charges d'alimentation de l'établissement de production de biocarburant Crescentino en Italie, un établissement qui est la plus grande usine de biocarburants cellulosiques au monde et la première à produire de l'éthanol à l'échelle commerciale à l'aide de la transformation enzymatique des résidus de cultures et des cultures énergétiques (McGrath 2014; Lane 2013). Bien que l'on n'ait pas encore réalisé de culture à grande échelle en raison de la propagation végétale et de la propagation in vitro qui est très onéreuse et longue, la recherche sur propagation in vitro est en cours pour surmonter ces limites (par ex., Cavallaro et coll. 2014).

6.3.2 Horticulture

L'industrie horticole a à sa disposition plusieurs cultivars panachés et un cultivar à grandes feuilles. Ils sont cultivés en tant que plantes spécimens ou pour accentuer les bordures dans les jardins. Une recherche des listes et des catalogues de plantes en ligne des centres de jardinages et des pépinières dans l'ensemble du Canada suggère que ces plantes sont disponibles dans un nombre limité de ces établissements, principalement ceux situés dans les parties les plus chaudes du pays, y compris la Colombie-Britannique, le sud de l'Ontario, le Québec et la Nouvelle-Écosse, mais qu'elles ne sont pas offertes à grande échelle. Les cultivars ornementaux sont également cultivés dans les jardins botaniques en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec et possiblement ailleurs.

On n'a pas testé l'envahissement des cultivars ornementaux. Par contre, les cultivars panachés de Arundo donax sont plus courts et considérés moins rustiques que la forme verte régulière de cette espèce (Huxley et coll. 1999; Perdue 1958; Shamel 1917). Malgré cela, la forme panachée ne semble pas présenter de différence dans la forme de sa croissance, dans sa capacité de propagation et dans ses effets écologiques par rapport à la forme normale. On a observé des plantes panachées dans les systèmes fluviaux dans le sud de la Californie, surtout près des zones résidentielles où elles ont été plantées et d'où elles se sont échappées (A. Lambert, pers. comm.). Au Canada, le cultivar panaché est reconnu pour avoir hiverné à Niagara Falls, en Ontario, et à Vancouver, en Colombie-Britannique, des villes qui se trouvent dans les zones de rusticité des plantes 6 et 8, respectivement.

La probabilité que des plantes panachées, ou du moins des parties de la plante, retournent à la forme verte normale au fil du temps est élevée. En général, on conseille aux jardiniers de tailler les parties vertes des plantes afin de conserver une plante panachée. Sinon, les parties vertes ont tendance à dominer.

6.4 Contrôle

L'efficacité des mesures de contrôle n'a pas été analysée au Canada. Arundo donax est extrêmement difficile et onéreuse à contrôler dans les zones où elle est devenue envahissante. Bien que l'utilisation d'herbicides soit la technique de gestion la plus utilisée habituellement aux États-Unis, la législation fédérale et provinciale au Canada restreint leur utilisation dans les zones aquatiques, les fossés, etc., ou près de ceux-ci. L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) a enregistré plusieurs produits comme étant à usage restreint dans les zones aquatiques ou près de celles-ci. Par contre, ces produits doivent également être conformes avec d'autres lois fédérales et provinciales applicables, comme la Loi sur les pêches. De plus, il peut être nécessaire d'avoir des permis du gouvernement provincial pour utiliser ces produits. Le contrôle par des méthodes manuelles, y compris l'arrachage à la main, l'excavation, le hachage, la coupe ou la tonte, ou une combinaison de ces méthodes, est souvent inefficace puisque les fragments de rhizomes repoussent et qu'il est extrêmement difficile de tous les enlever. On fournit un bref aperçu des principales méthodes de contrôle ci-dessous. Comme pour de nombreuses autres espèces envahissantes, le contrôle intégré qui comprend un ensemble de méthode peut être plus efficace qu'une seule méthode (Rojas-Sandoval et coll. 2014).

6.4.1 Herbicides

Les herbicides constituent la technique de contrôle la plus commune pour contrôler les populations envahissantes de Arundo donax et ils peuvent nécessiter des applications continuelles pendant plusieurs années. La clé pour éradiquer cette plante est de tuer la masse racinaire à l'aide d'herbicides systémiques (Bell 1997). La pulvérisation foliaire ou le traitement des tiges coupées à l'aide de glyphosate ou de fluaziprop sont efficaces (DiTomaso et Healy 2007; Weber 2003). Dans un projet d'élimination en Californie, les traitements foliaires et des tiges coupées ont été difficiles à effectuer en raison des peuplements très grands et denses qui rendaient l'accès difficile et qui ont engendré d'énormes quantités de biomasse morte (Lawson et al. 2005). L'application aérienne d'herbicides à l'aide d'hélicoptères pourrait être la méthode d'application la plus efficace lorsqu'on fait face à de grands peuplements purs (Bell 1997). Les évaluations et les traitements de suivi sont nécessaires pour tuer toute nouvelle repousse. Au Canada, ces types de traitement et d'applications pourraient ne pas être pratiques ou faisables.

Les options d'herbicide pour les sources d'eau ou pour les zones près de ces dernières peuvent être plus restreintes que dans les zones de hautes terres en raison des préoccupations touchant l'environnement et la qualité de l'eau. En Espagne, Puértolas et coll. (2010) ont étudié l'effet du glyphosate sur la structure et la fonction d'un écosystème fluvial à la suite de son utilisation dans le cadre d'un programme de contrôle de Arundo donax. L'abondance et le nombre d'espèces macro-invertébrées tolérant la pollution n'ont pas changé après l'application de l'herbicide dans l'écosystème déjà endommagé. Par contre, on a observé des effets toxiques particuliers, comme une inhibition de l'alimentation et un stress oxydant chez deux espèces d'invertébrés.

6.4.2 Contrôle mécanique

Le contrôle mécanique à l'aide d'un excavateur ou d'un bulldozeur dans de grandes zones est excessivement coûteux et soulève des préoccupations à propos des fragments de rhizome et de hampe viables laissés sur le site de contrôle ou accidentellement transportés avec les véhicules et l'équipement (USDA-APHIS 2010; Mack et coll. 2008; Lawson et coll. 2005). Dans un projet en Californie, le coût de l'enlèvement mécanique de Arundo donax était d'environ 20 000 $ par ha-1 (Lawson et coll. 2005).

Pour les petites infestations, les plantes peuvent être retirées à la main ou déterrées minutieusement afin de retirer tous les rhizomes (DiTomaso et Healy 2007; Weber 2003). La coupe ou le brûlage des hampes jusqu'au sol seuls ne sont pas des méthodes efficaces puisqu'elles ne tuent pas les rhizomes (Weber 2003).

6.4.3 Contrôle biologique

Le contrôle biologique peut être la seule solution réalisable et globale pour les envahissements étendus (Mack et coll. 2008). Il s'agit d'un outil de gestion qui peut être considéré si les efforts d'éradication ont échoué. Aux États-Unis, on a établi un programme de contrôle biologique de Arundo donax dans lequel le USDA Agricultural Research Service évalue quatre insectes, y compris la guêpe, Tetramesa romana (Hymenoptera : Eurytomidae), la cochenille, Rhizaspidiotus donacis (Hemiptera: Diaspididae), la mouche, Cryptonevra sp. (Diptera: Chloropidae), et la Cécidomyie des gaines foliaires de la Canne de Provence, Lasioptera donacis (Diptera: Cecidomyiidae) (Seawright et coll. 2009).

On a libéré la guêpe, Tetramesa romana, en 2009 et la cochenille, Rhizaspidiotus donacis en 2011 (Goolsby et coll. 2016; 2013; 2011). On croit que les répercussions de ces deux organismes pourraient être complémentaires (Cortes et coll., 2011). Une récente évaluation de la guêpe indique que la biomasse au-dessus du sol a diminué de 22 % dans 10 sites (Gooslby et coll. 2016). On signale que les populations de cochenilles ont augmenté en 2013, bien qu'elles n'aient pas été également efficaces sur les différents génotypes de Arundo donax (Gooslby et coll. 2013). On prévoit libérer Lasioptera donacis en 2016 (J. Gooslby, comm. pers.).

Le programme de contrôle biologique en Amérique du Nord pourrait éventuellement nuire aux efforts pour mettre sur pied des plantations pour les matières premières d'alimentation de biocarburant.

6.5 Introduction par propagation naturelle

Cette plante se propage naturellement à l'aide de l'eau, qui transporte les fragments de rhizomes et de tiges en aval, et, dans une moindre mesure, par une expansion des bouquets. Elle n'est pas connue pour produire des semences viables en Amérique du Nord.

Il n'y a présentement aucune population adjacente à la frontière canadienne (USDA-NRCS 2016; Barkworth et al. 2003). Par conséquent, en raison de sa portée actuelle, la propagation naturelle représente une voie d'introduction peu probable au Canada, et aucune mesure d'atténuation n'est nécessaire pour cette voie d'introduction en ce moment.

6.6 Introduction par importation intentionnelle

Cela est considéré comme la voie d'introduction la plus probable en raison de l'intérêt qui est porté à Arundo donax pour les cultures commerciales et les plantes ornementales.Des essais de recherche portant sur la production de biocarburants ont eu lieu en Nouvelle-Écosse et en Ontario et la culture aux fins ornementales a eu lieu au Canada dans une mesure limitée. En attente d'une décision réglementaire, l'ACIA a imposé des conditions à l'importation, à la culture et à l'utilisation dans le but de prévenir la dissémination dans l'environnement.

6.6.1 Importations antérieures

L'ACIA a délivré plusieurs permis d'importation pour l'espèce Arundo. Les données disponibles permettent difficilement de déterminer exactement les espèces qui sont importées au Canada, puisque seuls les renseignements sur le genre sont requis sur les permis d'importation. La majeure partie des permis d'importation sont pour une utilisation en horticulture où les plantes à racines servent à la plantation, et quelques-uns sont pour des recherches scientifiques ou pour une utilisation personnelle pour la forme de fibres végétales, le rhizome ou in vitro (culture de tissus). Basé sur les renseignements relatifs aux importations antérieures et sur les catalogues de jardinage et de pépinières en ligne, il semble y avoir peu d'intérêt pour les espèces de Arundo à des fins ornementales au Canada.

6.7 Voies d'introduction par importation non intentionnelle

L'évaluation des risques phytosanitaires concernant Arundo donax a indiqué qu'une introduction non intentionnelle était peu probable. Par conséquent, on n'a pas cerné de mesures d'atténuation des risques relatives aux voies d'introduction non intentionnelles. En vertu du Règlement sur la protection des végétaux, la mesure générale à l'effet que les marchandises importées ne doivent contenir aucune des espèces figurant dans la Liste des parasites réglementés par le Canada, s'appliquera à A. donax si elle est ajoutée à la Liste des parasites réglementées par le Canada

7.0 Options en matière de gestion du risque

La gestion du risque comprend la détermination d'options appropriées de gestion ou d'atténuation afin de réduire le risque indiqué à l'étape de l'évaluation à un niveau acceptable. On discute de l'efficacité et la faisabilité de chaque option, y compris l'aspect pratique de la mise en œuvre, les répercussions sur les intervenants canadiens, les répercussions sur l'ACIA, les répercussions sur les relations commerciales et la durabilité à court terme et à long terme.

La section qui suit traite de chaque voie d'introduction potentielle de Arundo donax et présente les options potentielles en matière de gestion.

7.1 Résumé des options en matière de gestion du risque

Le tableau 2 résume les options de gestion des risques qui ont été étudiées pour Arundo donax.

Tableau 2. Résumé des options de gestion des risques et des exigences
Option Justification Répercussions et exigences

Option 1 : Réglementer l'espèce en tant que parasite en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement d'application.

Ajouter A. donax à la Liste des parasites réglementés par le Canada

L'ACIA interdirait l'importation de plantes vivantes, de parties de plante et de semences appartenant à l'espèce A. donax, de toutes les sources.

A. donax serait considérée comme présente au Canada, en faisant toutefois l'objet d'une distribution limitée et d'un contrôle officiel.

  • Cette option offrirait au Canada le plus haut niveau de protection fondé sur les risques.
  • Il est plus économique de prévenir l'introduction et la propagation d'une espèce envahissante que de la contrôler une fois qu'elle s'est établie.
  • L'importation ne serait permise qu'en vertu de permis visés à l'article 43 à des fins éducatives, industrielles ou à des fins d'exposition, de recherche scientifique ou pour la transformation. Toutefois, la production commerciale à grande échelle ne serait pas permise.
  • L'ACIA exercerait un contrôle juridictionnel sur toutes les voies d'introduction et sur tout le transport intérieur.
  • L'ACIA aurait le pouvoir d'intervenir en cas d'incursion ou en présence de plantes ou populations existantes en appliquant des mesures de contrôle officielles
  • Cette option permettrait de protéger les écosystèmes naturels (c.-à-d. les milieux riverains et humides), la biodiversité biologique et les espèces en péril.

Répercussions sur l'ACIA

  • L'ACIA ajouterait Arundo donax à ses efforts continus de surveillance des plantes envahissantes.
  • En cas de détection, l'ACIA mettrait en œuvre des mesures de contrôle réglementaires.
  • Les populations connues seraient assujetties à un contrôle officiel (p. ex. éradication, confinement) et surveillées.
  • L'ACIA élaborerait un programme d'éducation et de sensibilisation ciblant le commerce ornemental et les cultures destinées aux biocarburants.

Répercussions sur les intervenants

  • Les parcs et les utilisateurs récréatifs, les producteurs, les propriétaires fonciers et le grand public seraient protégés contre une potentielle propagation incontrôlée de cette espèce.
  • On ne permettrait pas la culture commerciale de A. donax en tant que biocarburant et autres usages au Canada, entraînant de possibles pertes pour ces industries.
  • On interdirait l'importation de toutes les variétés horticoles, entraînant de possibles pertes pour l'industrie de l'horticulture.
  • La réglementation fédérale permettrait d'éviter les approches législatives disparates entre les provinces. Lorsque plusieurs approches réglementaires différentes existent, il devient plus difficile pour les canadiens de les comprendre et de s'y conformer.

Option 2 : Ne pas réglementer l'espèce en tant que parasite en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement d'application.

Aucune restriction phytosanitaire ne serait imposée aux matières végétales importées au Canada ou transportées à l'intérieur du pays, indépendamment de l'utilisation finale.

  • Cette option offrirait des possibilités d'utiliser A. donax comme matière première pour la production commerciale de biocarburants.
  • L'ACIA n'exercerait aucun contrôle juridictionnel sur les voies d'introduction ou le transport intérieur.
  • L'ACIA ne disposerait d'aucun pouvoir d'intervention en cas d'incursions ou en présence de plantes ou populations existantes.
  • Cette option ne permettrait aucune protection fédérale des écosystèmes naturels (c.-à-d. les milieux riverains et humides), de la diversité biologique ou des espèces en péril contre les introductions de l'A. donax.

Répercussions sur l'ACIA

  • Aucun impact puisque l'ACIA n'aurait pas d'autorité relativement à Arundo donax

Répercussions sur les intervenants

  • Les parcs et les utilisateurs récréatifs, les producteurs, les propriétaires fonciers et le grand public pourraient être affectés négativement par la propagation incontrôlée potentielle de cette espèce.
  • On permettrait la culture commerciale de l'Arundo donax en tant que biocarburant et autres usages au Canada. D'autres intervenants et administrations seraient responsables de contrôler et de gérer les nouvelles populations de l'Arundo donax, au besoin.
  • L'importation de toutes les variétés horticoles serait permise.

7.2 Considérations

Si la décision prise est de réglementer Arundo donax, l'ACIA pourrait envisager d'autoriser l'importation et la production de plantes vivantes, parties de plantes et semences pour des utilisations spécifiques et conformément à des exigences phytosanitaires strictes. À titre d'exemple, la production (et l'entreposage) de cultures pourrait être permise dans le but d'être utilisées comme matière première pour les biocarburants sous certaines conditions, telles que le développement et le respect d'un plan de gestion du risque acceptable et la mise en place de zones tampons près des aires à haut risque (p. ex. : près des cours d'eau, zones riveraines ou humides).

Des mesures visant à prévenir l'introduction intentionnelle de ravageurs sont déjà en place. Toutefois, permettre l'importation et certaines activités au Canada pour des usages précis et sous certaines exigences nécessitera des ressources supplémentaires pour l'ACIA afin de :

  • surveiller les sites où Arundo donax a été importé ou déplacé au niveau national pour vérifier que les conditions d'importation ou d'usage domestique sont respectées;
  • élaborer et mettre en œuvre un programme éducatif de sensibilisation des intervenants; et
  • élaborer et mettre en œuvre un plan national de surveillance.

En conséquence, ces activités devraient être livrées en collaboration avec d'autres organisations et administrations (par exemple les provinces, les municipalités). Il s'agit donc de considérations à plus long terme, tributaires du développement d'un programme qui nécessiterait des accords de collaboration formels qui ne sont pas encore en place entre l'ACIA et ses partenaires. En ce moment, l'ACIA ne considére pas cette approche.

7.3 Recommandation de l'ACIA

L'ACIA recommande Option 1: Réglementer Arundo donax en tant que parasite en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement d'application.

8.0 Décision liée à la gestion des risques

8.1 Prise de décision et consultations

L'ACIA prendra une décision réglementaire après avoir consulté les intervenants et passé en revue les commentaires. L'ACIA mobilisera ses partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux, les intervenants canadiens touchés, le milieu scientifique et le grand public au cours du processus de consultation.

8.2 Mise en œuvre de nouvelles exigences phytosanitaires

La mise en œuvre de nouvelles exigences règlementaires nécessiterait de suivre les étapes suivantes :

  • un avis à l'Organisation mondiale du commerce (OMC);
  • des changements à la Liste des parasites réglementés par le Canada;
  • des modifications aux directives d'importation existantes ou l'élaboration de nouvelles directives d'importation;
  • des modifications au Système automatisé de référence à l'importation (SARI).

8.3 Période de réévaluation d'une décision liée à la gestion des risques

L'ACIA réévaluera la décision liée à la gestion des risques au fur et à mesure que de nouveaux renseignements seront disponibles, et ce, afin de s'assurer que la mesure prise demeure appropriée. Cette décision liée à la gestion des risques peut être réévaluée si :

  • de nouveaux renseignements sont connus au sujet du pouvoir envahissant de l'espèce,
  • de nouvelles incursions ont lieu au Canada,
  • la distribution de l'espèce change ou
  • la structure canadienne de commerce international change.

L'ampleur de la réévaluation et des modifications possibles sera déterminée par la nature des nouveaux renseignements. Dans certains cas, il faudra mener d'autres consultations auprès des intervenants.

9.0 Références

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