Essences recommandées pour remplacer les frênes

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Note : Développé pour le comté d'Essex

Ces recommandations ont été mises sur pied pour le comté d'Essex et ses conditions de croissance.
Il se peut qu'elles ne conviennent pas parfaitement aux autres régions.

Paul Giroux
Ingénieur forestier, Office de protection de la nature de la région d'Essex

Le Projet agrile du frêne de l'Agence canadienne d'inspection des aliments vise entre autres à encourager le remplacement des arbres détruits par l'agrile du frêne. La plantation d'essences diverses bien adaptées aux conditions locales ne peut que présenter des avantages pour la population de la région. Regardez quelles essences poussent actuellement autour de chez vous pour savoir ce qui manque, puis reportez-vous à la liste que vous propose l'Office de protection de la nature.

Érable argenté
Acer saccharinum L.

L'érable argenté, aussi appelé plaine de France ou plaine blanche, est un arbre de moyenne à grande taille qui atteint généralement à maturité 20 à 30 mètres de hauteur et un mètre ou plus de diamètre. C'est une essence à croissance rapide, surpassée, à ce point de vue, seulement par le frêne. Souvent, l'érable argenté a des tiges multiples; c'est surtout le cas lorsque le semis est étêté par le broutage des chevreuils. En automne, l'érable argenté n'est pas aussi flamboyant que l'érable rouge ou l'érable à sucre, mais il nous offre une magnifique gamme de jaunes.

L'érable argenté est une essence intéressante en raison de la très grande diversité d'habitats où il peut pousser. Il se plaît dans toutes sortes de terrains, notamment les plaines inondables, les berges des cours d'eau et les rives des lacs, de même que dans les sols humides mais mieux drainés. L'érable argenté est un choix heureux pour les projets de restauration ou l'aménagement d'un rideau brise-vent dans les sols argileux difficiles à boiser du sud-ouest de l'Ontario.

L'érable argenté produit des graines en abondance dont écureuils et oiseaux se régalent; souvent, les semis attirent des chevreuils, friands des savoureuses tiges rouges de ces jeunes plants.

L'érable argenté n'est toutefois pas sans poser quelques inconvénients, et il y a lieu d'en tenir compte lorsqu'on envisage de planter cette essence. Comme c'est un arbre à bois mou, il est tout à fait possible que ses branches se cassent sous le poids de la glace ou sous l'action des grands vents. En outre, ses racines fibreuses ont la fâcheuse habitude de boucher les canalisations de drainage souterraines mal scellées.

Érable à sucre
Acer saccharum Marsh

L'érable à sucre, parfois aussi appelé érable franc, érable franche, érable dur, érable piqué, érable moiré ou érable ondé, peut devenir assez grand lorsque le terrain lui convient particulièrement, sa hauteur à maturité pouvant atteindre 20 à 30 mètres. Il vit longtemps, jusqu'à 200 ans, voire plus. L'érable à sucre se distingue principalement de l'érable argenté par son tronc, la forme de ses feuilles et ses coloris d'automne. À maturité, il a une écorce en longues plaques rigides, et ses feuilles sont moins profondément échancrées que celles de l'érable argenté; les ors et les pourpres de son feuillage automnal sont inoubliables.

L'érable à sucre ne tolère pas les sols mal drainés, autre grande différence qui le distingue de l'érable argenté. Il est beaucoup plus à l'aise dans les sols loameux bien drainés, mais il peut toutefois prospérer dans des sols sableux loameux ou les loams silteux. Comme ces types de sols assez rares dans les comtés d'Essex, de Chatham-Kent et de Lambton, l'emploi qu'on peut faire de l'érable à sucre dans la région est limité.

Quoi qu'il en soit, comme l'érable à sucre s'accommode bien de l'ombre, il peut être le choix idéal comme essence de sous-bois dans un terrain déjà boisé. L'érable à sucre est apprécié par une faune variée, dont divers oiseaux et petits mammifères, en plus des écureuils et des chevreuils. Les écureuils sont particulièrement friands de ses bourgeons, qui, au printemps, font leur régal lorsque le dégel fait monter la sève dans l'arbre.

L'érable à sucre est un arbre robuste, au bois très résistant, qui n'a pas vraiment de grands ennemis. Les bords de route ne lui conviennent pas à cause du salage de la chaussée, le sel pouvant atteindre les arbres au moment de l'épandage ou se retrouver dans l'eau qu'absorbent leurs racines.

Érable rouge
Acer rubrum L.

L'érable rouge est un arbre de moyenne à grande taille qui peut atteindre 25 mètres ou plus. Souvent appelé plaine ou plaine rouge, cet érable peut perdre son port et présenter beaucoup d'imperfections s'il est planté dans un terrain qui ne lui convient pas. Par contre, lorsque les conditions lui sont favorables, par contre, il se développe bien et peut avoir une croissance rapide.

L'écorce du jeune érable rouge est lisse et rappelle celle du hêtre américain; elle se durcit et devient écailleuse à mesure que l'arbre vieillit. Les feuilles ont trois à cinq lobes, avec des échancrures peu profondes et des bords acérés. En automne, elles deviennent rouge vif.

Les sols humides et bien drainés ou moyennement drainés sont parmi les plus favorables à l'érable rouge. Il tolère bien la sécheresse, sa croissance s'interrompant jusqu'à ce que les conditions s'améliorent. Ainsi, il peut avoir une deuxième poussée de croissance, même lorsque sa croissance s'est interrompue deux semaines.

Comme les autres érables, l'érable rouge est une source de nourriture importante pour les animaux, notamment pour les chevreuils. Lorsque le broutage est intense parce que populations animales sont denses, sa reproduction peut s'arrêter complètement. De plus, il est sensible à toutes sortes d'insectes défoliateurs dont les cicadelles, ravageurs qui peuvent sérieusement réduire sa production de feuilles.

Micocoulier occidental
Celtis occidentalis L.

Le micocoulier occidental est un arbre de petite à moyenne taille qui atteint 12 à 25 mètres de hauteur. Son écorce grise est très caractéristique, car elle est parsemée d'excroissances et de crêtes liégeuses ainsi que de plaques écailleuses. On peut voir de nombreux spécimens de micocoulier occidental au Parc national de la Pointe-Pelée où cette essence prospère.

Le micocoulier occidental pousse dans toutes sortes de terrains, mais il préfère les sols calcaires. Assez résistant à la sécheresse, il peut survivre après des périodes de temps extrêmement sec. Par contre, il ne tolère pas les inondations périodiques et, habituellement, dans de telles conditions, il ne vit pas au-delà de la deuxième saison de croissance.

Une bonne partie des graines du micocoulier occidental sert de nourriture à des oiseaux divers, dont le faisan, le pic maculé, le merle et d'autres passereaux.

Les insectes défoliateurs, perceurs et suceurs sont communs sur le micocoulier occidental mais ils ne font généralement pas de grands ravages. Par ailleurs, le micocoulier occidental peut pousser dans un lieu moyennement ombragé, mais son port laisse alors à désirer. Essentiellement, dans le sud-ouest de l'Ontario, il faut surtout se soucier d'éviter de le planter dans un terrain qui peut être inondé ou qui est mal drainé.

Févier épineux
Gleditsia triacanthos L.

À l'état sauvage, le févier épineux est très rare dans le sud-ouest de l'Ontario, région où il n'est indigène que dans une petite zone du sud du comté d'Essex. Pour se faciliter la tâche, les paysagistes utilisent habituellement des variétés inermes, c'est-à-dire sans épines. Le févier épineux atteint généralement 15 à 20 mètres de hauteur et peut vivre 150 ans. Par son aspect très particulier, le févier épineux rappelle les acacias de la savane africaine. Il a une ramure très étalée dont les branches sont ramifiées en zig-zag. Les feuilles et les folioles sont petites et courtes. L'écorce, lisse et luisante chez le jeune arbre, est grise et parcourue de sillons profonds avec des crêtes écailleuses chez l'arbre mature.

Là où il est indigène, le févier épineux pousse surtout en terrain sableux ou dans les sols loameux et argileux humides. Son développement peut être déficient s'il se trouve dans un sol graveleux ou dans un lourd sol argileux. Même s'il lui faut un sol assez humide, il est très résistant à la sécheresse.

Le fruit du févier épineux, une longue gousse tordue qui renferme 10 à 20 graines en forme de fèves, attire beaucoup le lapin à queue blanche, l'écureuil gris, le chevreuil, l'opossum et divers oiseaux. Le févier épineux est un excellent choix pour l'aménagement de rideaux brise-vent; il convient aussi pour les bords de route, car il a une grande tolérance pour les sels de voirie. Comme il n'a pour ainsi dire ni ennemis, ni problèmes, c'est une essence tout à fait indiquée pour la région.

Noyer noir
Juglans nigra L.

Dans la région, le noyer noir est au nombre des essences indigènes à bois dur parmi les plus recherchées par l'industrie du bois d'oeuvre. C'est un grand arbre qui peut atteindre 20 à 30 mètres de hauteur. Il demande de l'entretien à cause des grosses noisettes qui tombent au sol et parce qu'il perd souvent ses feuilles tôt en automne.

Dans le sud-ouest de l'Ontario, le noyer noir pousse dans toutes sortes de terrains. Il est surtout à l'aise dans les sols neutres et bien drainés qui sont généralement humides et fertiles. Dans les zones à sol lourd, il se plaît en terrain surélevé et sur les pentes qui surplombent les plaines inondables. Le fruit du noyer noir est très apprécié par les écureuils et autres petits rongeurs ainsi que par les chevreuils.

Le noyer noir ne tolère pas l'ombre, et la compétition des graminées et les mauvaises herbes peut nuire à son développement. Il est très sensible à l'anthracnose, maladie qui commence durant les jours humides du printemps et qui se manifeste en juillet et en août par la chute de presque toutes les feuilles de l'arbre; toutefois, il est rarement gravement atteint. Le jeune noyer noir attire les chevreuils, qui viennent frotter leurs bois sur son tronc, ainsi que les souris et les lapins, qui rongent ses tiges en hiver.

Genévrier de Virginie
Juniperus virginiana L.

Si l'on excepte le pin blanc, qu'on trouve un peu partout en petits groupes isolés, le genévrier de Virginie est le principal conifère indigène dans les comtés d'Essex, de Chatham-Kent et de Lambton. Cet arbre, qui peut atteindre 20 mètres, met un peu de vie dans un paysage qui autrement serait dénudé durant les longs mois d'hiver. En été, ses feuilles sont vert foncé, presque noires, et en hiver, son feuillage peut avoir une nuance violette.

Le genévrier de Virginie pousse dans toutes sortes de terrains, depuis l'affleurement rocheux sec jusqu'au sol humide des zones marécageuses. Dans le comté d'Essex, il a d'abord été confiné aux zones sableuses du littoral du lac Érié, mais, après s'être acclimaté, il a gagné l'intérieur des terres et se voit maintenant partout, dans les champs abandonnés et les prés, parfois intercalé dans une haie. Il tolère vraiment très mal l'ombre, de sorte que même une ombre peu épaisse le fait dépérir. Le genévrier de Virginie est un arbre de choix pour l'aménagement de brise-vent. Il est aussi très utile pour protéger le sol de l'érosion éolienne et réduire l'action desséchante du vent. Il peut aussi résister à la sécheresse, ainsi qu'à la chaleur et au froid extrêmes, ce qui en fait le conifère par excellence pour le sud-ouest de l'Ontario.

Le genévrier de Virginie est une essence très importante pour la faune. Sa ramure est un bon habitat de nidification pour bien des oiseaux. Ses fruits, de petites baies, figurent au menu des faisans, lapins, renards, mouffettes et opossums. Le genévrier de Virginie est le principal hôte de la rouille-tumeur; cette maladie, qui touche à la fois les genévriers et les pommiers, est bénigne chez le genévrier, mais peut être dangereuse pour le pommier. Le genévrier de Virginie est donc déconseillé à proximité des vergers de pommiers.

Tulipier de Virginie
Liriodendron tulipifera L.

Le tulipier de Virginie, aussi appelé bois-jaune, est l'un des plus grands et des plus beaux feuillus de l'est. Quand les conditions lui sont favorables, il peut dépasser 30 mètres. Ses feuilles ont un découpage très particulier qui rappelle un peu le profil d'une tulipe. Les fleurs jaunes qui apparaissent dans le feuillage en juin sont le principal caractère distinctif du tulipier de Virginie.

Le tulipier de Virginie préfère les sols sableux ou loameux légèrement acides. Ce sont des sols bien drainés, à texture légère, ce qui signifie que peu de terrains lui sont propices dans le sud-ouest de l'Ontario. Le tulipier de Virginie ne prospère pas dans les lieux très humides ou très secs.

Les ramilles et les branches du jeune tulipier de Virginie attirent les chevreuils; les lapins mangent l'écorce et les bourgeons des semis et des jeunes arbres. Le bois du tulipier de Virginie n'est pas très résistant et peut être cassé par le verglas et les grands vents.

Pin blanc
Pinus strobus L.

Le pin blanc, l'une des essences les plus exploitées par l'industrie du bois d'oeuvre nord-américaine, est le plus grand de nos conifères indigènes; il peut atteindre 60 mètres, mais dans la région, il n'atteint pas la moitié de cette hauteur. Entre autres, on le distingue des autres pins entre autres par ses aiguilles, longues et fines, qui sont groupées par cinq. Les cônes du pin blanc sont longs et incurvés et renferment de très nombreuses graines.

Dans son aire de distribution naturelle, le pin blanc pousse dans toutes sortes de terrains, mais en général, il est plus à l'aise dans les sols sableux bien drainés, de faible à moyenne qualité. Il peut aussi pousser dans les terrains à loam sableux fin où le drainage est bon ou même déficient. Fait étonnant, il se voit dans les terrains à sol argileux ou mal drainé dont le relief présente des buttes, mais, en général, il vaut mieux éviter de le planter dans un sol argileux lourd.

Les graines que renferment les cônes du pin blanc servent de nourriture aux oiseaux et aux petits animaux. Le chevreuil aime brouter les tiges et le feuillage. Le pin blanc tolère moyennement l'ombre, caractéristique dont il faut tenir compte si l'on veut s'en servir dans un aménagement.

Peuplier faux-tremble
Populus tremuloides Michx.

Le peuplier faux-tremble est l'essence la plus répandue en Amérique du Nord. Dans la région, c'est un arbre de taille moyenne qui peut atteindre 20 mètres ou plus. Son nom lui vient du « tremblement » qui agite son feuillage lorsque le vent, ou même une brise légère, souffle : ses feuilles, dont le pétiole, plat, est très souple, se retournent alors, montrant leur face inférieure vert pâle. L'écorce, lisse et vert pâle à blanche chez le jeune peuplier faux-tremble, est foncée et parcourue de crêtes et de sillons avec des marques en losange chez l'arbre mature.

Le peuplier faux-tremble peut pousser dans divers types de sols, sur les terrains en pente sableux et graveleux jusqu'aux sols rocheux peu épais en passant par les terrains au lourd sol argileux. Dans nos régions, il préfère les sols les plus légers, c'est-à-dire les loams humides. Les argiles lourdes ne lui sont pas des plus favorables, parce que l'apport d'eau y est limité et l'aération déficiente. Le peuplier faux-tremble ne tolère pas l'ombre; par contre, c'est un valeureux pionnier qui envahit les terrains incultes comme les champs laissés à l'abandon, les prairies et la lisière des bois.

Le peuplier faux-tremble est une ressource précieuse pour la faune. Les chevreuils aiment brouter ses feuilles, tandis que les lapins et les souris préfèrent son écorce, au point de la ronger sur tout le pourtour de la tige, ce qui peut tuer les jeunes arbres. En automne, avec la teinte claire de son écorce et le beau coloris de son feuillage, le peuplier faux-tremble fait un bel effet sur l'arrière-plan que forment les champs dénudés.

Malheureusement, le peuplier faux-tremble n'est pas sans problèmes. Il peut souffrir de maladies comme la brûlure, le chancre et la carie, surtout s'il n'est pas planté dans un terrain qui lui est propice. Quelques insectes comme la livrée des forêts et l'agrile du peuplier peuvent lui faire grand tort. Enfin, comme son bois n'est pas résistant, ses branches peuvent être cassées par les grands vents et le verglas.

Chêne bicolore
Quercus bicolor Willd.

Le chêne bicolore est répandu dans la région et peut se voir partout où le sol est saturé une partie de l'année. Cet arbre de taille moyenne atteint 15 à 23 mètres de hauteur. Il se distingue du chêne blanc par ses glands à long pédoncule et ses feuilles aux échancrures peu profondes. Son feuillage présente la différence la plus remarquable car les feuilles, dont le dessous est légèrement pubescent et blanchâtre, produisent un bel effet de contraste lorsqu'elles sont retournées par une brise légère.

Le chêne bicolore peut pousser dans divers types de terrains, mais il est particulièrement adapté pour les lieux où la nappe phréatique est élevée et où le sol est mal aéré. Il ne supporte cependant pas l'inondation permanente. Il tolère moyennement l'ombre, mais les semis peuvent s'établir dans des lieux moyennement ombragés.

Tous les deux ou trois ans, le chêne bicolore produit de grandes quantités de glands sucrés, au grand régal des canards colverts, chevreuils, écureuils et autres rongeurs. Le chêne bicolore est un arbre robuste, qui résiste à de nombreux stress environnementaux comme le tassement du sol, le sel, la chaleur, la sécheresse et l'inondation temporaire.

Chêne à gros fruits
Quercus macrocarpa Michx.

Le chêne à gros fruits est un grand arbre qui peut atteindre 18 à 30 mètres de hauteur. Comme son nom l'indique, il produit de gros fruits, les plus gros parmi ceux des chênes indigènes. Ses feuilles, en forme d'éventail, sont découpées en lobes par de profondes échancrures et sont étroites et effilées dans le bas. Dans nos régions, le chêne à gros fruits peut vivre 200 ou 300 ans, mais sa croissance est lente. Son tronc est court et très imposant, et ses branches, qui s'étalent à l'horizontale, sont énormes.

Le chêne à gros fruits est surtout à l'aise dans les sols neutres ou de pH légèrement supérieur au point neutre qui caractérisent les terrains argileux de la région. Il tolère l'inondation saisonnière, ce qui ne l'empêche pas d'être le chêne qui résiste le mieux à la sécheresse. Il tolère moyennement l'ombre.

Comme le chêne bicolore, le chêne à gros fruits produit une bonne quantité de glands tous les deux ou trois ans. Les glands du chêne à gros fruits prédominent dans l'alimentation des écureuils, des canards et des chevreuils. Comme bon nombre de ses congénères, le chêne à gros fruits est attaqué par de nombreux insectes et peut être atteint de diverses maladies, mais sans qu'il y ait vraiment de danger pour cet arbre.

Chêne des marais
Quercus palustris Muenchh.

Le chêne des marais est un arbre de taille moyenne à croissance rapide qui atteint 15 à 25 mètres de hauteur. Ses feuilles, larges et étalées, sont découpées en cinq ou sept lobes par de larges échancrures en forme de U. L'écorce, grise et fine chez le jeune chêne, est parcourue de sillons peu profonds et de crêtes chez l'arbre mature.

Le chêne des marais pousse surtout dans les terrains mal drainés comme les marécages, les plaines inondables et les sols argileux. En général, le chêne des marais peut s'adapter à un terrain humide, mais il lui faut un sol acide. Il ne peut pas pousser là où de l'eau stagne pendant la plus grande partie de la saison de croissance. Le chêne des marais ne tolère pas l'ombre.

En automne, les glands du chêne des marais sont un important élément de l'alimentation du canard branchu et du canard colvert en migration. Ils occupent aussi une grande place sur le menu du chevreuil, de l'écureuil et des autres petits rongeurs ainsi que du geai bleu et du pic. Comme les autres chênes, le chêne des marais produit des glands en quantité tous les deux ou trois ans.

Lorsqu'on choisit un endroit où planter le chêne des marais, il faut avant tout s'assurer que le pH y est adéquat. Dans un sol au pH trop élevé, c'est-à-dire un sol alcalin, la chlorose pourrait nuire à son développement. Le chêne des marais est atteint par les mêmes insectes et maladies que les autres chênes, mais sans qu'il y ait un véritable danger pour lui.

Chêne rouge
Quercus rubra L.

Le chêne rouge est un arbre à croissance moyennement rapide à rapide qui peut atteindre 20 à 30 mètres de hauteur. Il doit son nom à la teinte rougeâtre de son bois. Son écorce, d'épaisseur moyenne, est grise et lisse. Ses feuilles, dont les sept à neuf lobes se terminent par une pointe aiguë, sont d'un vert jaunâtre terne sur le dessus et d'un ton plus pâle sur le dessous.

Le chêne rouge préfère les sols loameux humides et les loams argileux. Il ne tolère ni la compétition d'autres arbres, ni l'ombre, mais il peut moyennement supporter l'ombre lorsqu'il est jeune.

Les glands du chêne rouge servent de nourriture aux insectes, aux écureuils et à d'autres petits rongeurs ainsi qu'aux chevreuils et aux oiseaux. Les années de bonne production, plus de 80 % des glands produits servent à nourrir ces consommateurs; les années de faible production, c'est 100 % de la récolte qui sert à leur alimentation.

Le chêne rouge tolère la pollution et le sel, mais est sensible au tassement du sol. Comme les autres chênes, il est sensible à toute une variété de maladies et de parasites, dont la célèbre spongieuse.

Tilleul d'Amérique
Tilia americana L.

Le tilleul d'Amérique est un arbre à croissance rapide, de moyenne à grande taille, qui peut atteindre 17 à 25 mètres. Il a un bois blanc et mou qui se travaille très facilement. Son écorce est lisse et gris foncé lorsqu'il est jeune, et se creuse de profonds sillons à mesure qu'il vieillit. Ses feuilles sont caractéristiques : elles ont la forme d'un coeur et leur bord est découpé de dents acérées. Le tilleul d'Amérique fleurit de la mi-juin à la mi-juillet, et ses fleurs dégagent un parfum assez prononcé.

Le tilleul d'Amérique est commun dans les ravins, les littoraux, les marécages, les rideaux d'arbres, les plaines inondables et au bord des cours d'eau. Il se plaît dans les terrains humides, mais peut aussi pousser dans les loams sableux. Il pousse bien dans les terres agricoles abandonnées, encore mieux si d'autres arbres font une ombre légère qui restreint la croissance des espèces lui faisant compétition; il tolère donc l'ombre. À la base de son tronc, les rejets prolifèrent et doivent être éliminés si l'on veut pouvoir tirer de cet arbre du bois à scier.

Le tilleul d'Amérique est fréquenté par les abeilles et d'autres insectes, car ses fleurs produisent un abondant nectar qui donne un excellent miel. Les espèces brouteuses aiment ses feuilles succulentes ainsi que ses bourgeons et ses ramilles. Le campagnol des champs lui est redoutable : en hiver, il peut ronger sous la neige tout le pourtour du tronc d'un jeune tilleul d'Amérique. Toutefois, si on prend la précaution d'éliminer la végétation et tout ce qui fait partie de l'habitat de ce rongeur autour du tilleul d'Amérique avant la venue de l'hiver, on constatera au printemps que le campagnol des champs a fait moins ravages. Les graines du tilleul d'Amérique servent de nourriture aux souris, aux écureuils, aux tamias et aux cailles.

Ouvrages consultés

  • Croxton, W.C. 1939. A study of the tolerance of trees to breakage by ice accumulation. Ecology 20 : 71-73.
  • Farrar, J.L. 1996. Les arbres du Canada. FIDES, Montréal (Québec), et Service canadien des forêts, Ressources naturelles du Canada, Ottawa (Ontario). x + 502 p.
  • Kershaw, L. 2001. Trees of Ontario, Including Tall Shrubs. Lone Pine Publishing, Edmonton, AB. 240 p.
  • Sinclair, W.A., H.H. Lyon and W.T. Johnson. 1987. Diseases of Trees and Shrubs. Cornell University Press, Ithaca, NY. 575 p.
  • Waldron, G.E. 1997. The Tree Book. Project Green Incorporated, Windsor, ON. 219 p.
  • Waldron, G.E. 2003. Trees of the Carolinian Forest. Boston Mills Press, Erin, ON. 275 p.
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