L'agrile du frêne - Questions et réponses

Qu'est-ce que l'agrile du frêne?

L'agrile du frêne est un coléoptère envahissant extrêmement destructeur qui s'attaque aux essences de frêne. Sa présence au Canada a été confirmée à l'été 2002.

L'agrile du frêne a déjà causé la mort d'un grand nombre de frênes en Amérique du Nord et constitue une menace importante pour l'économie et l'environnement des régions urbaines et forestières du Canada et des États-Unis.

À quoi ressemble l'agrile du frêne?

Il s'agit d'un coléoptère de couleur vert métallique mesurant de 8,5 à 14 mm (environ ½ po) de longueur et de 3,1 à 3,4 mm (⅛ po) de largeur. Son dos est vert métallique iridescent, tandis que son abdomen est vert émeraude vif. Son corps étroit et allongé est assorti d'une tête aplatie. Il a des yeux réniformes, généralement noirs.

La larve de l'agrile du frêne est blanche. Son corps aplati présente des segments campaniformes caractéristiques. Elle peut atteindre jusqu'à 30 mm (1 po) de longueur.

À quelles essences d'arbre l'agrile du frêne s'attaque-t-il?

Selon les observations réalisées en Amérique du Nord, l'agrile du frêne s'attaque à toutes les essences de frêne (Fraxinus spp) présentes sur le territoire nord-américain et cause leur mort. Le sorbier d'Amérique (Sorbus spp) n'est pas apparenté au frêne et l'agrile du frêne ne s'y attaque pas.

En Amérique du Nord, les frênes infestés meurent généralement au bout de deux ou trois ans, mais, selon les observations, les arbres gravement infestés peuvent mourir en un an seulement.

Quelle est la gravité de la menace que représente l'agrile du frêne?

L'agrile du frêne constitue une très grave menace pour toutes les essences de frêne dans l'ensemble de leur aire de répartition aux États-Unis et au Canada.

Bien que son introduction en Amérique du Nord soit relativement récente, on estime que l'agrile du frêne a déjà causé la mort de millions d'arbres aux États-Unis et au Canada et que des milliards d'autres arbres risquent d'être infestés et d'en mourir partout en Amérique du Nord.

Quelle est l'importance du frêne?

Les frênes occupent une place importante dans le paysage urbain et rural du Canada. On les trouve couramment le long des rues et dans les boisés, les brise-vent et les forêts du sud du Canada. Dans de nombreuses régions de l'ouest du pays, les frênes constituent l'une des rares essences qui conviennent aux milieux urbains.

Le bois de frêne est aussi utilisé dans la fabrication de meubles, de planchers de bois franc, de bâtons de baseball, de manches d'outils, de guitares électriques, de bâtons de hockey et d'autres objets qui doivent être solides et résilients.

D'où vient l'agrile du frêne? Comment est-il arrivé au Canada? Depuis combien de temps est-il ici?

L'agrile du frêne est originaire de Chine et d'Asie orientale. Sa présence en Amérique du Nord a été constatée pour la première fois en mai 2002, dans le sud-est du Michigan (États-Unis), puis dans le comté d'Essex en Ontario, en juillet de la même année.

Comme d'autres ravageurs exotiques des végétaux et des arbres, il aurait été introduit accidentellement en Amérique du Nord par l'intermédiaire de caisses ou d'autres matériaux d'emballage en bois importés.

Comment se propage l'agrile du frêne?

Le déplacement par l'homme de produits potentiellement infestés, comme le bois de chauffage, les billes, les branches, le matériel de pépinière, les copeaux et d'autres produits du frêne, constitue le mode de propagation le plus courant. L'agrile du frêne se propage aussi de façon naturelle durant sa période de vol. Des recherches ont démontré que les adultes peuvent se déplacer sur une distance de 10 km, mais qu'ils restent généralement à proximité de l'endroit d'où ils ont émergé.

À qui incombe la responsabilité de mettre en œuvre des mesures réglementaires afin de lutter contre l'agrile du frêne?

Il est essentiel que l'ensemble des intervenants, y compris les autres ministères fédéraux concernés, les gouvernements provinciaux, les administrations municipales et l'industrie, continuent d'unir leurs efforts pour protéger les précieuses ressources forestières du Canada.

En vertu de la Loi sur la protection des végétaux, l'ACIA a la responsabilité d'empêcher l'introduction ou la propagation au Canada de phytoravageurs justiciables de quarantaine.

Lorsque des populations de phytoravageurs justiciables de quarantaine sont repérées au Canada, l'ACIA doit déterminer, en collaboration avec ses partenaires gouvernementaux et les parties concernées, s'il y a lieu d'appliquer des mesures d'éradication ou de lutte.

Quel est le plan de l'ACIA pour lutter contre l'agrile du frêne?

L'ACIA estime qu'il demeure justifié de prendre les mesures qui s'imposent pour freiner la propagation de l'agrile du frêne au Canada et protéger les immenses ressources en frênes du pays. À cette fin, l'ACIA met l'accent sur les mesures suivantes :

  • réglementer le déplacement du bois de chauffage et des autres produits du frêne;
  • mettre en œuvre des mécanismes d'application de la loi;
  • exercer une surveillance;
  • assurer une communication efficace;
  • soutenir la recherche de manière continue.

L'ACIA poursuit ses consultations avec ses partenaires et les parties concernées aux échelons fédéral, provincial et municipal en ce qui a trait aux stratégies scientifiques permettant de repérer l'agrile du frêne et de lutter contre lui. La lutte biologique et la résistance naturelle des arbres pourraient jouer un rôle de plus en plus important dans la gestion des populations d'agrile du frêne.

Les activités de surveillance à l'extérieur des zones réglementées comprennent la surveillance des sites à risque élevé comme les terrains de camping, les pépinières et les boisés. Ces activités ont pour but d'empêcher la propagation de l'agrile du frêne vers les zones non infestées.

Outre ses activités de réglementation et de surveillance, l'ACIA poursuit ses efforts pour sensibiliser le public à l'agrile du frêne dans le cadre de sa stratégie visant à freiner la propagation de ce dernier.

L'ACIA abattra-t-elle des arbres dans les zones infestées?

Non. Lorsque l'agrile du frêne a été repéré pour la première fois au Canada, les mesures de lutte mises en œuvre par l'ACIA comprenaient l'élimination des arbres infestés. Toutefois, l'ACIA a déterminé depuis que l'élimination des arbres infestés ne constituait pas une mesure efficace pour lutter contre l'agrile du frêne, si bien qu'aujourd'hui elle n'ordonne d'abattre des arbres que dans les zones réglementées, aux fins de la recherche.

Qu'est-ce qu'une zone réglementée? Comment établit-on une zone réglementée?

L'ACIA établie des zones réglementées afin de mettre en oeuvre et d'appliquer des mesures qui restreignent le déplacement de produits ligneux pouvant être infestés hors des lieux où l'agrile du frêne a été repéré. Ces mesures sont nécessaires pour les raisons suivantes :ralentir la propagation de l'insecte, préserver la santé des arbres et des forêts du Canada;et éviter que les industries des pépinières, du bois d'oeuvre et du tourisme, ainsi que les municipalités subissent des pertes d'ordre économique.

En règle générale, des restrictions ou des interdictions sont imposées dans les zones où le ravageur est présent ou soupçonné de l'être et où des mesures visant à ralentir ou à empêcher sa propagation sont justifiées. Lorsque l'agrile du frêne est détecté dans une nouvelle zone, l'ACIA établie une zone réglementée en remettant un avis d'interdiction de déplacement ou un avis de mise en quarantaine aux propriétaires touchés afin de restreindre ou d'interdire le déplacement de produits à risque élevé hors de propriétés reconnues comme infestées par l'agrile du frêne ou soupçonnées de l'être.

Historiquement, un arrêté ministériel était émis pour réglementer une grande zone (habituellement au niveau du comté), mais les mêmes zones sont maintenant réglementées par une directive.

Depuis le 26 avril 2013, l'agrile du frêne a été ajouté à l'Annexe II du Règlement sur la Protection des Végétaux (RPP). L'arrêté ministériel a été abrogé et les zones réglementées pour l'agrile du frêne sont maintenant officiellement établit dans la directive de l'ACIA D-03-08, Exigences phytosanitaires destinées à prévenir l'introduction et la propagation au Canada de l'agrile du frêne.

Le changement lié à la définition des zones réglementées dans un arrêté ministériel vers une directive permet à l'ACIA d'augmenter le contrôle réglementaire, puisque l'ACIA sera en mesure de modifier la liste des zones réglementées pour l'agrile du frêne plus rapidement lorsque de nouvelles infestations d'agrile du frêne sont détectées. L'ajout de l'agrile du frêne sur l'Annexe II du RPP n'ajoute pas de restrictions ou de fardeau réglementaire. Cela ne fait que réflèter les restrictions qui étaient contenus dans l'arrêté ministériel de façon plus permanente et réactive.

Il est important de définir officiellement les zones du Canada qui sont infestées par l'agrile du frêne car cela permet aux régions non infestées du pays de continuer à exporter du matériel de pépinière et des produits forestiers de frêne chez leurs partenaires commerciaux.

Toute modification des zones réglementées est fondée sur les résultats de surveillance et les recommandations émises par la communauté scientifique.

Où se trouvent les zones réglementées pour l'agrile du frêne au Canada?

Les matières réglementées, tels les produits du frêne et le bois de chauffage de toutes les essences, ne peuvent être déplacées hors de ces zones sans l'autorisation préalable de l'ACIA.

Quelles sont les matières visées par les restrictions frappant le déplacement hors des zones réglementées?

Les matières réglementées comprennent les suivantes :

  • le matériel de pépinière issue du frêne;
  • les frênes;
  • les billes de frêne;
  • le bois de frêne;
  • le bois brut (y compris les palettes et autres matériaux d'emballage en bois de frêne, l'écorce, et les copeaux de bois ou d'écorce de frêne);
  • le bois de chauffage de toutes les essences.

Les véhicules ayant été utilisés pour transporter une ou plusieurs de ces matières sont aussi réglementés.

Le déplacement de ces matières hors d'une zone réglementée est autorisé uniquement si les conditions suivantes sont remplies :

  • les matières à déplacer ont fait l'objet d'un traitement reconnu pour causer la mort ou le retrait de l'agrile du frêne quelle que soit l'étape de son cycle de vie;
  • une autorisation écrite a été accordée par un inspecteur de l'ACIA.

Les exigences relatives au transport en territoire canadien, ainsi qu'à l'importation de produits du frêne sont énoncées dans la directive D-03-08 de l'ACIA: Exigences phytosanitaires visant à prévenir l'introduction et la propagation au Canada de l'agrile du frêne, Agrilus planipennis (Fairmaire). La directive fournit également de l'information sur le Programme de conformité des établissements approuvés à l'égard de l'agrile du frêne. Ce programme, auquel l'adhésion est facultative, a été mis sur pied dans le but d'atténuer la propagation de l'agrile du frêne au Canada tout en facilitant l'importation de marchandises réglementées provenant de la zone continentale des États-Unis et le transport de ces dernières en territoire canadien.

Peut on recevoir une amende si l'on déplace du bois en dehors d'une zone réglementée?

Oui, vous pouvez recevoir une amende si vous déplacez du bois en dehors d'une zone réglementée. En vertu de la Loi sur la protection des végétaux, des restrictions sont mises en place afin d'empêcher le déplacement de matériaux qui pourraient propager des ravageurs réglementés par le gouvernement fédéral, comme l'agrile du frêne. Les méthodes utilisées ne sont pas nécessairement liées à la quantité de bois visée.

Deux types de sanctions peuvent être imposées aux contrevenants à la Loi sur la protection des végétaux (LPV) :

  • Une sanction immédiate pouvant atteindre 15 000 $ peut être imposée. Les sanctions administratives pécuniaires (SAP) sont en fait des amendes visant à inciter la conformité et à dissuader les récidives. Elles peuvent être imposées à des personnes ou à des entreprises conformément à la Loi sur les sanctions administratives pécuniaires en matière d'agriculture et d'agroalimentaire (LSAPAA).
  • Une sanction pouvant atteindre 250 000 $ peut aussi être imposée, ou un emprisonnement maximal de deux ans peut s'ensuivre, ce qui comprend une poursuite dans le cadre de laquelle la personne ou l'entreprise est accusée d'avoir enfreint la LPV. En général, on a recours à la poursuite en vertu de la LPV pour pénaliser les cas de non conformité répétitifs ou les infractions graves.

Que dois-je faire si j'ai des raisons de croire qu'un ou plusieurs de mes frênes sont infestés?

Si vous n'habitez pas dans l'une des zones réglementées pour l'agrile du frêne et croyez avoir décelé des signes d'infestation sur vos frênes, communiquez avec un des bureaux régionaux de l'ACIA.

Si vous habitez dans une zone réglementée pour l'agrile du frêne et avez récemment taillé ou abattu un frêne, veuillez communiquer avec votre ville, votre municipalité ou l'ACIA pour obtenir des directives quant à la façon d'éliminer les résidus de taille ou l'arbre lui-même.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) abattra-t-elle des arbres infestés par l'agrile du frêne? Le cas échéant, offrira-t-elle une indemnisation?

Non. L'ACIA n'abattra pas les arbres infestés et n'offrira aucune indemnisation. L'ACIA concentre maintenant tous ses efforts de lutte contre l'agrile du frêne sur la surveillance, l'application de la loi et la sensibilisation du public afin de prévenir une plus grande propagation du ravageur.

Lorsque la présence de l'agrile du frêne a été décelée pour la première fois au Canada, les mesures de lutte mises en œuvre par l'ACIA comprenaient l'abattage des arbres infestés. Depuis, l'ACIA a décidé d'éliminer l'abattage des arbres en tant que mesure de lutte contre l'agrile du frêne. En effet, d'un point de vue national, l'abattage des frênes ne constitue pas une façon efficace d'empêcher la propagation de ce ravageur vers des zones non infestées. Parmi des problèmes plus importants, mentionnons :

  • la possibilité que des personnes transfèrent les ravageurs dans de nouvelles zones en déplaçant du bois de chauffage;
  • la possibilité que l'agrile du frêne ait déjà été introduit dans de nombreuses zones ne semblant pas être infestées, et que ces infestations n'aient pas encore été découvertes, étant donné qu'elles sont difficiles à déceler et que les symptômes d'infestation des frênes se manifestent tardivement.

L'ACIA diffusera un avis d'élimination et ordonnera l'abattage des arbres dans des zones réglementées uniquement lorsque cela sera nécessaire dans le cadre de la recherche. Dans tous les autres cas, il incombera aux propriétaires des arbres d'abattre les arbres infestés par l'agrile du frêne et d'assumer les coûts liés à l'abattage.

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