Lobesia botrana (Eudémis de la vigne) - Fiche d'information

Contexte

L'eudémis de la vigne (Lobesia botrana) (Lepidoptera : Tortricidae) est actuellement réglementé au Canada comme ravageur de quarantaine en vertu de la directive D-95-08 intitulée Exigences générales visant l'importation de fruits tempérés frais en provenance de toutes les régions du monde. Il est également réglementé à ce titre aux États-Unis (où il est la cible de mesures d'éradication en Californie) et au Chili (où il fait l'objet de mesures de lutte officielles). Il est aussi réglementé en Argentine, en Australie, en Chine, en Corée, en Nouvelle-Zélande et à Taïwan.

Hôtes

Le raisin (Vitis vinifera) est le principal fruit hôte de l'eudémis de la vigne. Le ravageur s'attaque cependant à plusieurs autres végétaux ou produits végétaux, dont le romarin (Rosmarinus officinalis), la scille maritime (Urginea maritima), les fruits à noyaux du genre Prunus, la grenade (Punica granatum), les gadelles et les groseilles (Ribes spp.) et les mûres et framboises (Rubus spp.)

Répartition

  • Afrique : Algérie, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Libye, Maroc
  • Asie : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie (République de), Iran, Iraq, Israël, Jordanie, Kazakhstan, Liban, Ouzbékistan, Syrie, Tadjikistan, Turquie, Turkménistan
  • Europe : Albanie, Allemagne, Autriche, Bélarus, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monténégro, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume des Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suisse et Ukraine, (présence établie fort probablement en se basant uniquement sur des interceptions réalisées dans des installations intérieures)
  • Amériques : Argentine, Chili et États-Unis (Californie)

Biologie

La femelle (figure 1) pond normalement ses œufs individuellement sur les raisins, mais elle peut également les déposer par petits groupes de deux ou trois sur les fleurs ou les tiges de la vigne. Durant sa vie, la femelle peut pondre plus de 300 œufs, à raison d'environ 35 œufs par jour. L'éclosion survient de sept à onze jours suivant la ponte au printemps, mais seulement de trois à cinq jours après la ponte en été.

Les chenilles de la première génération se nourrissent de bourgeons et de fleurs, tandis que celles des générations subséquentes s'attaquent aux raisins. Chez la première génération, la nymphose s'effectue à l'intérieur du fruit ou dans une feuille repliée. Les chrysalides passent l'hiver sous l'écorce ou dans des fissures des tiges de plantes ligneuses. Les premiers adultes émergent en avril ou en mai, et ceux des dernières générations, en août et en septembre. Le développement est inhibé à des températures inférieures à 10,5 °C.

Identification

Œuf (figures 5 et 6) : L'œuf

  • est lenticulaire, iridescent et orné d'une fine réticulation polygonale;
  • est jaune au début, mais vire au gris translucide avec le temps;
  • mesure 0,7 x 0,6 mm.

Les œufs sont généralement déposés individuellement, plus rarement par petits groupes de deux ou trois.

Chenille (figures 7 à 10) : La chenille présente les caractéristiques suivantes :

  • tête d'un brun jaunâtre pâle;
  • corps mince, translucide, verdâtre à jaune à brun clair, mat;
  • pinacula pâles et luisants;
  • plaque prothoracique brune, avec la marge postérieure plus foncée;
  • plaque anale jaune;
  • pattes thoraciques brunes;
  • peigne anal présent.

À maturité, les chenilles mesurent de 10 à 12 mm de longueur sur 2 mm de largeur. La vie larvaire comporte normalement cinq stades.

Chrysalide (figures 3 et 4) : La chrysalide :

  • est habituellement crème ou brun clair lorsque fraîchement formée, mais elle vire au brun foncé et devient mince dans les heures qui suivent;
  • est pourvue de bandes dorso-abdominales d'épines bien développées;
  • possède un crémaster en forme d'éventail portant quatre soies dorsales et quatre soies dorsolatérales.

Le cocon est fait de fils de soie d'un gris-blanc et mesure de 8 à 10 mm de longueur sur 3 mm de largeur.

Adulte (figures 1 et 2) : L'adulte présente les caractéristiques suivantes :

  • envergure de 12 à 13 mm;
  • corps de 6 à 7 mm de longueur;
  • ailes antérieures d'un brun blanchâtre, ornées de motifs complexes bruns et gris violacé et d'une bande médiane brun foncé, densément frangées de poils vert olive.

Les ailes postérieures sont blanches, grisonnantes vers le sommet et frangées d'écailles grises. La tête et le thorax sont blancs, se teintant de brun; l'abdomen est gris; les antennes sont simples et filiformes.

Signes et symptômes

Les inspecteurs doivent être à l'affût de restes de fleurs ou de fruits montrant des dommages superficiels. La présence de fruits partiellement dévorés ou ratatinés ou de fruits pourris contaminés par des déjections larvaires est un important signe d'infestation. Comme les chenilles se nourrissent à l'intérieur des raisins, les dommages causés aux fruits peuvent devenir apparents seulement lorsque les chenilles ont atteint une grande taille ou lorsque les populations de larves présentes sont élevées. L'utilisation d'une loupe peut se révéler nécessaire pour la détection des jeunes chenilles.

Sur le matériel de pépinière ou les vignes, les inspecteurs doivent rechercher des chrysalides hivernant dans leur cocon sous l'écorce et dans des anfractuosités sur les tiges. La présence d'abris de soie reliant quelques fleurs ensemble et de déjections peut également être un signe d'infestation (figure 11).

Adulte
Fig. 1. Adulte
Adulte
Fig. 2. Adulte (photo : Andrea Lucchi)
Chrysalide en diapause hivernale
Fig. 3. Chrysalide en diapause hivernale (photo : Bruno Bagnoli)
Chrysalides : femelle (en haut), mâle (en bas)
Fig. 4. Chrysalides : femelle (en haut), mâle (en bas) (photo : Bruno Bagnoli)
Oeuf sur une inflorescence de vigne
Fig. 5. Œuf sur une inflorescence de vigne (photo : Bruno Bagnoli)
Oeuf sur un bourgeon floral
Fig. 6. Œuf sur un bourgeon floral (photo : Bruno Bagnoli)
Chenille du premier stade
Fig. 7. Chenille du premier stade (photo : Bruno Bagnoli)
Chenille du deuxième stade
Fig. 8. Chenille du deuxième stade (photo : Bruno Bagnoli)
Chenille du quatrième stade
Fig. 9. Chenille du quatrième stade (photo : Bruno Bagnoli)
Chenille du cinquième stade
Fig. 10. Chenille du cinquième stade (photo : Bruno Bagnoli)
Abri larvaire sur une inflorescence
Fig. 11. Abri larvaire sur une inflorescence (photo : Bruno Bagnoli)
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