ARCHIVÉE - Résumé de l'analyse du risque phytosanitaire

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Contexte

Le longicorne brun de l'épinette (LBE) est actuellement présent dans six comtés du centre de la Nouvelle-Écosse. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a procédé à une analyse du risque phytosanitaire (ARP) afin de mieux comprendre le comportement du LBE en Nouvelle-Écosse.

L'ARP est conforme au format et à la terminologie adoptés par la Convention internationale pour la protection des végétaux de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Une ARP permet d'évaluer les risques phytosanitaires en se fondant sur la documentation et les données scientifiques ainsi qu'une analyse des voies possibles d'introduction. Elle permet également de classer les risques dans un certain nombre de catégories. Des recommandations sont également formulées dans le cadre de l'ARP à l'égard des moyens qui pourraient permettre de réduire les risques et, éventuellement, servir à prévenir l'introduction ou la propagation du ravageur au Canada.

Il est à souligner qu'une ARP est un document à caractère évolutif et que les renseignements qu'elle contient à l'égard de la portée écologique, économique et scientifique peuvent être révisés à mesure que de nouvelles données sont disponibles. Des années de recherche approfondies sont nécessaires pour recueillir un vaste ensemble de données précises sur le comportement d'un organismes nuisible dans un nouvel environnement. Durant ce temps, un insecte forestier envahissant comme le LBE peut causer d'importants dommages à long terme, tant pour les écosystèmes que pour les secteurs économiques qui en dépendent. L'ARP effectuée par l'ACIA comprend l'information la plus à jour qui lui a été transmise par des experts canadiens et internationaux.

Résumé

L'ARP complète fournit des renseignements précis pertinents et au sujet du ravageur. Les risques associés au LBE ont été caractérisés et évalués. Le tableau suivant résume les principaux éléments qui permettent de déterminer le degré de risque que pose le LBE.

Organisme(s) nuisible(s) Situation dans la zone de l'ARP Potentiel d'introduction Conséquences possibles de l'introduction Côte globale de risque Degré d'incertitude
Longicorne brun de l'épinette (Tetropium fuscum) Organisme présent Moyen Moyen Moyen Moyen

Selon le processus actuel de cotation du risque le LBE pose une risque global moyen.

Biologie du LBE dans son habitat naturel et dans son nouvel habitat

Dans le milieu indigène du LBE, soit en Europe et en Asie, les principaux hôtes du ravageur sont les conifères, et plus particulièrement l'épinette de Norvège. Dans cet environnement, l'insecte n'est pas considéré comme un ravageur d'importance économique, car il attaque les arbres qui subissent déjà un stress causé par d'autres facteurs. Par conséquent, cette espèce n'a fait l'objet que de peu de recherches dans les régions où elle est établie.

Dans le centre de la Nouvelle-Écosse, le LBE s'attaque à un nombre important d'épinettes vivantes et en santé ce qui indique que son comportement est différent lorsqu'il est en présence de nouveaux hôtes dans un nouvel environnement. Selon les données recueillies lors de l'infestation de Pleasant Park (Halifax), il semble que les épinettes en santé auxquelles se sont attaqué les ravageurs sont mortes trois ans après l'infestation initiale. Le longicorne semble réinfester le même hôte jusqu'à ce que ce dernier meure ce qui porte à croire que le ravageur risque de causer beaucoup plus de dommages au Canada qu'il n'en cause dans son milieu indigène.

La distribution géographique de l'espèce en Europe et en Asie porte à croire que le LBE résiste au froid et que son aire de distribution au Canada ne sera donc pas limitée par les températures hivernales qui caractérisent l'habitat natural des épinettes en Amérique du Nord. Dans son milieu indigène, sa distance de vol n'a pas été calculée de manière claire et précise.

Pertes de rendement et diminution de la qualité marchande dues aux dommages causés par le LBE

Le LBE pourrait être particulièrement préoccupant chez les épinettes mûres et en santé qui offrent des conditions propices à une augmentation des populations d'insectes. La lutte contre le LBE sur de vastes superficies pourrait être difficile et coûteuse. En général, le traitement chimique, s'il devient faisable et possible, serait coûteux et à forte main d'œuvre. La lutte mécanique serait également coûteuse et exigeante en main d'œuvre.

L'épinette rouge est une ressource extrêmement précieuse pour la production de pulpe et de bois d'œuvre. En raison des caractéristiques qui lui sont propres, cet arbre est d'une très grande utilité dans les forêts des Maritimes. Il peut tolérer le climat et les sols très humides ainsi que l'ombre pendant des décennies au besoin. Pour cette raison, il est un atout important pour l'industrie forestière des Maritimes, et toute réduction de sa disponibilité occasionnerait de très grosses pertes. À l'échelle du Canada, l'établissement du LBE pourrait causer la mort généralisée d'arbres, ce qui perturberait grandement les industries fondées sur les forêts, qui s'avèrent être les plus grosses de l'économie canadienne. De surcroît, tous les anciens peuplements et toutes les forêts urbaines du Canada seraient menacés si le LBE se propageait à vaste échelle.

Répercussions du LBE sur les valeurs forestières non commerciales

Le LBE n'empêcherait pas directement la régénération de toutes les essences d'épinettes du Canada, puisqu'il préfère les hôtes de plus de 10 cm de diamètre. Toutefois, le LBE pourrait réduire sensiblement la fréquence des peuplements mûrs d'épinettes rouges, voire les faire disparaître complètement, cette essence ne commence pas à produire de graines avant l'âge d'au moins 75 ans. L'épinette rouge est l'arbre emblème de la province de la Nouvelle-Écosse et est donc un symbole reconnu et une composante clé des forêts de cette région du Canada.

La perte de peuplements mûrs d'épinettes rouges et d'autres essences d'épinettes affecteria la biodiversité de toutes les forêts canadiennes. De nombreuses espèces indigènes de végétaux, d'animaux et de microorganismes seraient privées de leur habitat vital essentiel et verraient donc leur abondance diminuer à la suite de la mortalité causée à l'échelle du peuplement par le longicorne.

Le LBE pourrait avoir des effets graves sur les valeurs récréatives et esthétiques des milieux urbains ou des parcs. La mort et la disparation d'arbres remarquables de grandes dimensions dans de tels endroits ont des incidences sur les utilisateurs qui sont beaucoup plus importantes que la valeur commerciale de tels arbres.

Pratiques culturales et mesures de lutte

Le moyen de lutte le plus efficace contre le LBE est la récolte sanitaire (retrait et incinération ou déchiquetage/broyage des arbres hôtes touchés) afin de réduire le matériel de reproduction. Aucun pesticide chimique n'est actuellement homologué pour la lutte contre le LBE au Canada. Des recherches poussées à long terme seraient nécessaires pour déterminer l'efficacité de tout agent chimique proposé et établir la méthodologie d'application, les doses adéquates, etc. contre le LBE. Divers parasites et prédateurs peuvent réduire les populations larvaires de coléoptères perceurs du bois apparentés au LBE. Ces parasites pourraient se comporter plus agressivement dans leur attaque contre le LBE dans son nouvel environnement canadien que dans son habitat indigène, mais les interactions avec ces parasites indigènes n'ont encore jamais été observées au Canada.

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