Rhagoletis mendax (Mouche du bleuet) - Fiche de renseignements

Contexte

La mouche de l'airelle a été détectée pour la première fois dans le Maine et le New Hampshire en 1914. Depuis lors, elle est devenue un phytoparasite d'importance économique dans les champs de bleuets nains et de bleuets en corymbes des provinces Maritimes canadiennes. Même si elle est commune dans la plupart des régions productrices de bleuets des Maritimes, elle n'a jamais été signalée à Terre-Neuve. Ce ne sont pas les pertes de récolte causées par l'alimentation des larves qui préoccupent les producteurs, mais plutôt l'impossibilité de vendre les fruits infestés par ce phytoparasite.

Hôtes

L'hôte principal de la mouche de l'airelle est le bleuet, tant les bleuets en corymbes (Vaccinium corymbosum) que les bleuets nains (V. angustifolium, V. myrtilloides et V. vacillans). Parmi les autres variétés acceptables, citons l'airelle (V. pallidum), l'airelle à longues étamines (V. stamineum) et l'airelle myrtille (Gaylussacia spp.). On a signalé d'autres espèces hôtes dans la documentation, mais cela reste à prouver. Ce sont, principalement, l'aronia noir (Aronia melanocarpa), le cornouiller du Canada (Cornus canadensis), l'amélanchier de Bartram (Amelanchier bartramiana), le thé des bois (Gaultheria procumbens) et l'airelle vigne-d'Ida (V. vitis-idaea).

Répartition Géographique

Amérique du Nord :

  • Canada (Île-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick de petites populations d'isolement ont été détectées dans le sud-ouest Ontario et le sud-ouest Québec )
  • États-Unis (Alabama, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Connecticut, Delaware, District de Colombie, Floride, Géorgie, Indiana, Illinois, Kentucky, Maine, Maryland, Massachusetts, Michigan, Missouri, New Hampshire, New Jersey, New York, Ohio, Pennsylvanie, Rhode Island, Tennessee, Virginie, et Virginie occidentale, Wisconsin).

Biologie

La mouche du bleuet passe l'hiver à l'état de pupe dans la couche supérieure du sol. Les premiers adultes font leur apparition de la fin juin à la mi-juillet selon l'endroit et les conditions atmosphériques. Après leur envol, les mouches poursuivent leur développement sexuel en se nourrissant de nectar, de miellat et des fientes d'oiseaux trouvées sur la végétation. Les adultes n'occasionnent pas de dégâts visibles aux plantes et passent facilement inaperçus. Ils ont tendance à former des populations locales stables qui infestent le même endroit année après année. Les mouches parcourent rarement de longues distances en volant, préférant plutôt passer d'une feuille à l'autre ou d'une plante à l'autre. Une ou deux semaines après leur sortie, les femelles commencent à s'accoupler et à pondre des œufs, un dans chaque fruit. Chaque femelle pond entre 25 et 100 œufs en l'espace de deux à trois semaines. La ponte peut durer jusqu'au début de septembre, la majeure partie se faisant vers la fin de juillet et le début d'août. En se développant, les larves dévorent la pulpe des fruits, qui finissent par s'affaisser. Au terme de son développement, la larve quitte le fruit et tombe sur le sol. Elle s'y enfonce jusqu'à une profondeur de 5 centimetres où elle se transforme en pupe. La plupart des pupes donnent naissance à des adultes l'année suivante. De 5 à 20 % des pupes peuvent demeurer dans le sol et n'en sortir que la deuxième année. Environ 1 % des pupes peuvent rester dans le sol trois ou quatre ans avant de donner naissance à des adultes.

Diagramme du cycle biologique R. mendax.

Diagramme du cycle biologique Rhagoletis mendax. Description ci-dessous.

Cycle de vie du Rhagoletis mendax

Cette image illustre le cycle de vie du Rhagoletis mendax et montre :

  • que les pupe mettent en scène (dans le sol) finit aussi tard que le mi-août
  • le Rhagoletis mendax peut demeurer dans l'état pupal pendant six mois à quatre années
  • la taille et les inscriptions relatives des adultes de mâle et de femelle
  • la taille relative de l'œuf et des larves

L'image montre également comment identifier le Rhagoletis mendax de d'adulte comparé au Rhagoletis pomonella.

Illustration du Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.

Dépistage et Identification

Symptômes : Les champs infestés se manifestent par une abondance de fruits sur le sol. Des perforations sont visibles sur la peau des fruits (figure 3). De plus, les fruits sont souvent affaissés (figure 5).

Identification : Au stade adulte (mouche), l'insecte mesure environ 4,5 millimètres de longueur et l'envergure de ses ailes est d'environ 8 millimètres. Les ailes arborent un motif formé de bandes brunes tandis que l'abdomen, noir, est marqué de bandes blanches transversales (figure 1 et 2). À noter qu'une identification précise est un travail d'expert. En effet, à l'œil nu, la mouche du bleuet est pratiquement identique à la mouche de la pomme (Rhagoletis pomonella Walsh). Les larves, apodes et blanchâtres, peuvent atteindre jusqu'à 8 millimètres de longueur (figure 4). Les pupes ovoïdes mesurent environ 6 millimètres et sont de couleur ocre (figure 6).

Mouche d'adulte
Figure 1
Mouche d'adulte
Figure 2
Des perforations sont visibles sur la peau des fruits
Figure 3
Les larves
Figure 4
Les fruits sont souvent affaissés
Figure 5
Les pupes
Figure 6

Photos : Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche.
Diagramme du cycle biologique : ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.

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