Adelges tsugae (Puceron lanigère de la pruche) - Fiche de renseignements

Contexte

En Asie, dans son aire de répartition naturelle, le puceron lanigère de la pruche (PLP), Adelges tsugae, n'est pas un organisme destructeur ou même très nuisible; les populations sont maintenues à un niveau acceptable par les ennemis naturels de l'espèce ainsi que par la résistance des hôtes. Dans l'Ouest canadien, le PLP a été signalé pour la première fois en Colombie-Britannique, durant les années 1920. Aux États-Unis, il a été signalé pour la première fois en Virginie, durant la années 1950. Dans l'est des États-Unis, les infestations de PLP touchent les sujets de toute taille et de tout âge de pruche du Canada, Tsuga canadensis, et de pruche de la Caroline, T. caroliniana. En Colombie-Britannique, la pruche de l'Ouest (T. heterophylla) n'a jusqu'à présent subi que des dégâts mineurs.

Carte de crédit de phytoravageur- Puceron lanigère de la pruche PDF (1.3 mo)

Hôtes

Épinette de Hondo (Picea jezoensis hondoensis (Mayr) Rehd.), Épinette du Japon (Picea polita (S. & Z.) Carr.), Pruche du Canada (Tsuga canadensis (L.) Carrière), Pruche de la Caroline (Tsuga caroliniana Engelm.), Pruche de Chine (Tsuga chinensis (Franch.), Pritz.), Pruche du Japon (Tsuga diversifolia (Maxim.) M.T. Mast), Pruche de l'Ouest (Tsuga heterophylla (Raf.) Sarg.), Pruche subalpine (Tsuga mertensiana (Bong.) Carr.), Pruche de Siebold (Tsuga sieboldii Carr.). Pruche de l'Himalaya (Tsuga dumosa (D.Don) Eichler).

Distribution

  • Asie : Chine, Inde, Japon, Taïwan.
  • Amérique du Nord : Canada (Colombie-Britannique), États-Unis (Alaska, Californie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Connecticut, Delaware, District de Columbia, Georgia, Idaho, Kentucky, Maine, Maryland, Massachusetts, Montana, New Jersey, État de New York, Oregon, Ohio, Pennsylvanie, Rhode Island, Tennesse, Virginie, Virginie-Occidentale, Washington).

Biologie

Le puceron lanigère de la pruche (PLP) a un cycle vital complexe. En Amérique du Nord et au Japon, l'espèce produit chaque année trois phases biologiquement distinctes : les sistens, qui hivernent, les progrediens, qui n'ont pas d'ailes et demeurent sur la pruche, et les sexupares, qui ont des ailes et migrent vers l'épinette. En mai et juin, les sexupares et les progrediens se développent simultanément. En juin, les sexupares s'envolent vers une épinette hôte, où elles pondent. À l'éclosion, ces œufs non fécondés deviennent des sujets sexués, lesquels n'arrivent jamais à se développer en Amérique du Nord, quelle que soit l'espèce d'épinette servant d'hôte. Les progrediens, femelles sans ailes, pondent sur la pruche. Ces œufs sistens éclosent en juin et juillet. Les larves du premier stade issues de ces œufs rampent sur la plante pour chercher un endroit où s'installer et insérer leur stylets (parties buccales) pour s'alimenter brièvement avant de devenir inactives. Cette période d'inactivité dure jusqu'à la mi-octobre, puis les larves recommencent à s'alimenter. Durant l'automne et l'hiver, une couche blanche « laineuse » se forme sur les larves à mesure qu'elles se transforment en sistens adultes. Le stade adulte est atteint en février, après quatre stades larvaires. De mars à mai, chaque sistens produit un ovisac renfermant jusqu'à 300 œufs, lesquels deviendront, quatre semaines après l'éclosion, des sexupares et des progrediens adultes. Le nombre d'œufs qui se transforment en sexupares augmente en fonction de la densité des pucerons; cette réaction est peut-être liée au déclin de la nourriture disponible chez l'hôte. Par ailleurs, les conditions climatiques automnales et hivernales peuvent hâter ou retarder de jusqu'à deux semaines le développement des sistens. Au Connecticut et en Virginie, les divers stades de l'insecte se chevauchent beaucoup, particulièrement vers la fin du printemps, où on peut parfois observer jusqu'à 12 stades durant une même journée (œufs de sistens et stades larvaires et adultes de progrediens et de sexupares).

Le puceron lanigère de la pruche est une lignée endémique distincte dans l'ouest de l'Amérique du Nord. Les espèces de pruche de l'ouest sont tolérantes au biotype de l'ouest du puceron lanigère de la pruche. Le puceron lanigère de la pruche présent dans l'est de l'Amérique du Nord proviendrait d'une lignée du puceron lanigère vivant principalement sur Tsuga sieboldii dans les basses élévations du sud du Japon. Les forestiers de l'ouest de l'Amérique du Nord sont inquiets de l'introduction potentielle du biotype de l'est du puceron lanigère de la pruche dans l'ouest puisqu'il n'est pas connu si les arbres en mourront comme dans l'est des États-Unis.

Détection et identification

Symptômes

  • Des sacs « laineux » blancs sont visibles à la base des aiguilles, particulièrement sur les jeunes pousses; ces sacs sont présents toute l'année mais sont le plus abondants au printemps. L'aspect laineux des sacs est dû à une couche cireuse et duveteuse qui recouvre le corps des adultes. Par ailleurs, l'alimentation des larves provoque un dépérissement des rameaux et une altération de la couleur du feuillage. Les pucerons privilégient les arbres en train d'arriver à maturité, dans les stations très perturbées. La défoliation complète et la mort de l'arbre peuvent survenir en moins de quatre ans.
  • Au cours de l'année suivant la colonisation initiale d'un peuplement de pruche, les populations de PLP connaissent une expansion rapide et atteignent une densité maximale. La deuxième année, les populations déclinent considérablement, parce que les arbres n'arrivent pas à produire les nouvelles pousses qui constituent la nourriture préférer des pucerons. La troisième année, de nouvelles pousses apparaissent, et les populations de pucerons augmentent à nouveau. La quatrième année, la plupart des arbres meurent, et le PLP ne produit que des sexupares non viables. On peut donc dire que les populations de PLP varient en fonction de facteurs liés à la densité.

Identification

  • Oeuf : Oblong, de couleur ambre. Les œufs qui produiront des sistens mesurent environ 0,36 mm de long et 0,23 mm de large, tandis que ceux qui produiront des progrediens ou des sexupares mesurent environ 0,35 mm de long et 0,21 mm de large. Les œufs qui produiront des sujets sexués mesurent 0,37 mm de long et 0,25 mm de large; ils proviennent des sexupares adultes, qui en pondent jusqu'à 15, sous leurs ailes repliées. Les sistens pondent jusqu'à 300 œufs, en un seule ponte, dans un ovisac sphérique « laineux » constitué de filaments cireux blancs. Les progrediens pondent jusqu'à 250 œufs, dans un ovisac cotonneux semblable à celui des sistens, mais plus petit.
  • Larve : Sistentes et progrediens : Les larves de ces deux phases sont de taille et d'aspect très semblables. Celles du premier stade (rampantes) mesurent environ 0,44 mm de long et 0,27 mm de large et sont de couleur orange brunâtre. Les larves du deuxième stade mesurent environ 0,57 mm de long et 0,34 mm de large et ont des pattes courtes et épaisses. Les larves du troisième stade mesurent environ 0,67 mm de long et 0,43 mm de large, et celles du quatrième stade, 0,74 mm de long et 0,47 mm de large. Sexupares : Les larves du premier stade de cette phase ressemblent à celles des sistens et des progrediens. Les larves du deuxième stade mesurent environ 0,60 mm de long et 0,35 mm de large, celles du troisième stade, environ 0,77 mm de long et 0,47 mm de large, et celles du quatrième stade, 0,89 mm de long et 0,49 mm de large.
  • Adultes : Sistentes : Environ 1,41 mm de long et 1,05 mm de large. Corps recouvert d'une épaisse couche cireuse. Progrédientes : Environ 0,87 mm de long et 0,63 mm de large. Sexupares : Environ 1,09 mm de long et 0,51 mm de large. Corps brun foncé, avec longues antennes de cinq articles, yeux composés et quatre ailes texturées.
La figure 1, montre des niveaux variés de dépérissement et de mortalité dans le paysage. En s'alimentant, le puceron lanigère de la pruche entraîne la dessication des aiguilles et les arbres vont éventuellement avoir des reflets bleus verts avant que la mortalité survienne. (Crédit Photo : William Ciesla, Forest Health Management International)
Figure 1 - (Crédit Photo : William Ciesla, Forest Health Management International)
La figure 2, montre des masses d'oeufs laineuses situées sur le revers des branches de pruche. Les larves rampantes immatures émergent des masses d'oeufs et s'établissent à la base des aiguilles de pruche sur le revers de la branche, où ils vont insérer leur stylet dans le tissu de la plante et commencer à s'alimenter. (Crédit Photo: Lorraine Graney, Bartlett Tree Experts)
Figure 2 - (Crédit Photo: Lorraine Graney, Bartlett Tree Experts)
La figure 3, montre un gros plan du puceron lanigère de la pruche adulte, couvert de filaments cireux blancs à apparence laineuse qui ressemblent à de petits noeuds de coton. (Crédit Photo: Lorraine Graney, Bartlett Tree Experts)
Figure 3 - (Crédit Photo: Lorraine Graney, Bartlett Tree Experts)
La figure 4, montre le signe le plus évident d'une infestation de pucerons lanigères de la pruche, avec les ovisacs blancs laineux situés à la base des aiguilles sur le revers de la branche de pruche. (Crédit Photo: Chris Evans, Illinois Wildlife Action Plan)
Figure 4 - (Crédit Photo: Chris Evans, Illinois Wildlife Action Plan)
Texte: Surveillance des phytoravageurs
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