Grapholita molesta (Tordeuse orientale du pêcher) - Fiche de renseignements

Contexte

Originaire de Chine et la péninsule coréenne, d'où provient également le pêcher, la tordeuse orientale du pêcher s'est répandue à de nombreuses régions fruitières tempérées du monde durant les 30 premières années du XXe siècle. Le moyen de dissémination entre les pays a été presque à coup sûr sous forme de cocons sur des arbres fruitiers dormants de pépinière, mais la dissémination à l'intérieur de chaque pays a également eu lieu par les fruits infestés. Le ravageur a été signalé pour la première fois aux États-Unis en 1916 et s'est répandu rapidement dans tout le pays. Il a été signalé pour la première fois en Ontario en 1925. Aujourd'hui, la seule région de la production commerciale de pêches en Amérique du Nord qui est exempte du ravageur est la Colombie-Britannique. Une petite population a été décelée en 1957 et enrayée à grands frais; les enquêtes annuelles effectuées depuis 1957 se sont révélées négatives à l'égard du ravageur.

Hôtes

Le principal hôte est le pêcher (Prunus). En Ontario, le pommier (Malus) et le poirier (Pyrus) ont également été infestés lorsqu'ils poussent à proximité de vergers de pêchers. La présence du ravageur a également été signalée sur le cognassier, le prunier et le cerisier. Les pommes et les poires sont souvent fortement infestées à la fin de la saison lorsque les larves migrent vers ces fruits, une fois les pêches récoltées. On connaît d'autres hôtes du ravageur.

Distribution

  • Asie : Arménie, Azerbaïdjan, Chine, Géorgie, Hong Kong, Japon, Kazakhstan, Corée du Nord, Corée du Sud, Russie, Taïwan, Turquie, Ouzbékistan
  • Afrique : Île Maurice, Maroc
  • Europe : Autriche, Bulgarie, République tchèque, Allemagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Malte, Moldavie, Montenegro, Portugal, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Espagne, Suisse, Ukraine 
  • Amérique du Nord : Canada (sud de l'Ontario); tous les États américains
  • Pacifique : Australie, Nouvelle-Zélande
  • Amérique du Sud : Argentine, Brésil, Chili, Uruguay

Biologie

Ce papillon nocturne peut produire jusqu'à six générations par année selon la région géographique. En Ontario, jusqu'à quatre générations sont produites chaque année. Les larves matures hivernent sous forme de cocons. Ces cocons sont généralement dans le sol ou dans des fissures sous l'écorce, ou dans de vieux contenants à fruits ou remises d'emballage. La pupaison survient au début du printemps et la première génération de papillons apparaît lorsque les pêchers sont en fleurs, le pic de la sortie des adultes survenant autour de la dernière semaine de mai. Le papillon adulte peut voler jusqu'à 25 m à la recherche d'un hôte convenable. Lorsqu'il en trouve un, il pond ses oeufs sur les feuilles ou sur les nouvelles pousses. Au début de juin, les larves de première génération nouvellement écloses s'enfoncent dans les extrémités des pousses terminales et creusent des galeries vers le bas jusqu'à ce qu'elles atteignent du tissu ligneux plus dur; à ce moment-là, elles sortent de la pousse et pénètrent dans une autre. Les extrémités des pousses infestées ne tardent pas à flétrir et à mourir. Une seule larve peut détruire 2 à 5 pousses avant d'atteindre la maturité. Les larves matures sortent des pousses et se laissent tomber au sol ou sur le tronc de l'arbre au moyen de fils de soie, tissent ensuite des cocons et entrent en pupaison. Les cocons d'été sont plus fragiles que ceux qui hivernent. Le cycle biologique se répète et la seconde génération de larves éclôt entre le 10 et le 20 juillet. Cette génération s'attaque également aux pousses, mais au milieu de l'été, les nouvelles pousses commencent à durcir (aoûter). À ce moment-là, bon nombre des larves partiellement développées sortent des pousses et s'attaquent aux jeunes fruits. Elles peuvent creuser des galeries jusqu'au noyau ou se nourrir près de la surface du fruit en produisant de grosses masses de gomme mélangée à des chiures ressemblant à de la sciure de bois. Les larves des générations ultérieures peuvent creuser des trous dans les pédoncules tendres des fruits, car elles sont trop petites pour s'attaquer directement aux fruits durs. Mais lorsque le fruit mûrit et se ramollit, il ne produit plus de gomme lorsqu'il est attaqué et les jeunes larves peuvent y pénétrer directement. Les larves qui s'enfoncent dans les pédoncules peuvent creuser des galeries vers le bas jusque dans les fruits en maturation. Les larves des générations ultérieures s'attaquent aux fruits mûrs, mais ne laissent aucun signe visuel d'infestation et les larves sont découvertes seulement lorsque les fruits sont tranchés.

Détection et identification

Symptômes

À la fin du printemps, examinez les pousses pour la présence de flétrissement et de dépérissement (fig. 3). Les lésions aux pousses seront facilement visibles dans les vergers lourdement infestés. Même si ces lésions peuvent être graves chez le matériel de pépinière et les jeunes arbres, les principaux dégâts économiques résident dans la destruction des fruits. Au milieu de l'été, recherchez la présence de gomme et de chiures ressemblant à de la sciure de bois à la surface des fruits verts. On peut en apercevoir près du pédoncule ou à l'endroit où deux fruits se touchent. À la fin de la saison, les fruits mûrs ne manifesteront aucun signe d'infestation.

Identification

Les adultes (fig. 1) sont de petits papillons nocturnes gris foncé qui portent des marques alaires de couleur brun chocolat. Les adultes ont en moyenne 6 mm de longueur et une envergure d'environ 1,3 cm. Les mâles et les femelles se ressemblent, mais la femelle est un peu plus grosse. Les oeufs (fig. 2) fraîchement pondus sont d'un blanc translucide, légèrement convexes et mesurent environ 0,7 mm de diamètre. La longueur des larves (fig. 4) varie de 1,5 mm pour les larves nouvellement écloses jusqu'à 12 mm pour les larves adultes arrivées au dernier stade de développement. Il existe quatre à cinq stades larvaires qui sont tous de couleur blanche sauf le dernier, qui est rose ou presque rouge. Les cocons sont faits de fils de soie et peuvent être mélangés à de l'écorce, du duvet de pêche, du sable ou des feuilles. Les pupes sont de couleur brun jaunâtre, passent au brun rougeâtre et finalement au noir juste avant la sortie des adultes.

adulte
Figure 1
oeufs
Figure 2
flétrissement et de dépérissement
Figure 3
larves
Figure 4

Texte : Surveillance des phytoravageurs
Photos : Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche, Ottawa

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