Sommaire de l'évaluation du risque phytosanitaire

Cette page fait partie du répertoire des documents d'orientation (RDO).

Vous cherchez des documents connexes?
Recherche de documents connexes dans le répertoire des documents d'orientation.

La probabilité d'introduction du Phytophthora ramorum au Canada est jugée élevée (cote 3) selon divers facteurs, dont le volume et la source du matériel pouvant être infecté ou infesté ainsi que la présence d'hôtes sensibles dans les ports d'entrée. Les cartes de prédiction fondées sur le climat indiquent toutes que la région côtière du sud de la Colombie-Britannique est très propice à l'établissement du P. ramorum, mais il existe des divergences importantes quant au caractère plus ou moins propice des autres régions du pays : certains modèles indiquent que le risque serait nul dans l'est du Canada, tandis que d'autres indiquent que diverses zones du centre-sud de la Colombie-Britannique, du sud de l'Ontario, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau Brunswick et du sud de Terre-Neuve sont à risque faible à modéré.

On estime que les conséquences d'une introduction seraient moyennes (cote 2) dans les zones les plus propices (région côtière du sud de la Colombie-Britannique), faibles (cote 1) dans les zones les plus chaudes du sud de l'Ontario, du Québec, de l'intérieur de la Colombie-Britannique et des provinces Maritimes et négligeables dans les autres régions du Canada. Le risque d'établissement est le plus élevé sur la côte ouest, mais il pourrait menacer une ressource importante dans l'est du pays, même si plusieurs facteurs pourraient atténuer cette menace. Les pertes économiques directes que pourrait causer au Canada l'introduction du P. ramorum sont négligeables sur l'ensemble de la zone visée par l'ERP (tout le Canada), moyennes pour la région côtière du sud de la Colombie-Britannique, faibles pour les zones les plus chaudes d'Ontario, du Québec et des Maritimes ainsi que pour le reste de la Colombie-Britannique et négligeables pour le reste du pays. Si jamais les risques de survie, de persistance, de propagation et de nuisibilité du pathogène se révélaient beaucoup plus élevés que ne l'indique actuellement l'information visant les zones que l'on sait infestées en Californie, en Oregon et en Europe, ces cotes devraient être révisées.

Cote globale de risque :

  • Région côtière du sud de la Colombie-Britannique : cote = moyen
  • Zones les plus chaudes du sud de l'Ontario, du Québec, de l'intérieur de la Colombie-Britannique et des provinces Maritimes : cote = faible
  • Autres régions du Canada : cote = négligeable

Le risque global que présente le P. ramorum est coté moyen pour la région côtière du sud de la Colombie-Britannique et faible pour les zones les plus chaudes du sud de l'Ontario, du Québec, de l'intérieur de la Colombie-Britannique et des provinces Maritimes. Ce risque est jugé négligeable dans les autres régions du Canada, dû aux cotes s'appliquant individuellement à la probabilité et aux conséquences d'une introduction.

Comme le montrent les résultats des enquêtes en cours, les mesures d'inspection et de détection prises à l'égard du P. ramorum ne semblent pas pouvoir prévenir un faible taux de transport du pathogène avec le matériel de pépinière à l'échelle nationale et internationale. Cette incapacité est en partie due au fait qu'il faut inévitablement recourir à une inspection visuelle pour soumettre les volumes énormes de matériel à une présélection avant de soumettre le matériel à de coûteuses méthodes d'analyse. En effet, les ressources disponibles en matière d'analyse de laboratoire demeurent sans doute la principale contrainte de tous les systèmes de surveillance. Les mesures de certification des pépinières adoptées aux États-Unis et en Union européenne ont imprimé une tendance à la baisse au nombre de plantes infectées détectées, mais il se peut que cette diminution soit attribuable à l'amélioration des méthodes de lutte utilisées par les producteurs.

Aussi longtemps que des volumes énormes de matériel de plantation seront transportés à l'intérieur du continent et d'un continent à l'autre, il sera pratiquement impossible de prévenir définitivement le déplacement du P. ramorum et d'autres pathogènes graves à l'échelle de la planète.

Degré d'incertitude : moyen - faible

On peut comprendre que le degré global d'incertitude attribué en 2001 à la première évaluation du P. ramorum était élevé. Les révisions subséquentes ont pu profiter de l'amélioration progressive des connaissances existant sur le pathogène, et on a eu raison d'abaisser les degrés d'incertitude à moyen - faible.

Grâce à une mobilisation presque sans précédent de la communauté scientifique quant à la caractérisation d'un nouveau phytoravageur, on a pu acquérir rapidement une excellente compréhension du P. ramorum. En seulement quelques années, des budgets de recherche appréciables ont permis de franchir des pas importants en vue de comprendre ce pathogène et, au même moment, nombre d'autres pathogènes du même genre, dont plusieurs nouveaux pour la science. Les degrés d'incertitude continueront de diminuer, bien que plus lentement, grâce à cette nouvelle plate-forme de publications et d'expertise scientifiques. Cependant, étant donné la complexité des systèmes biotiques, il est illusoire de penser qu'on pourra jamais comprendre parfaitement tous les aspects du pathogène, et il ne serait pas réaliste de coter faible le degré global d'incertitude, surtout si on prend en considération les lacunes qui existent toujours dans l'information et particulièrement celles qui visent spécifiquement le Canada ou ont une importance particulière pour ce pays. Cependant, chaque année, les données épidémiologiques recueillies sur le terrain permettent aux chercheurs d'avoir une confiance plus grande dans leur compréhension des risques que présente le P. ramorum.

On peut obtenir un exemplaire complet de l'Évaluation du risque en écrivant à France Morin, Coordonnatrice administrative, Évaluation des risques phytosanitaires.

Date de modification :