Questions et réponses à l'intention de l'industrie:
Mesures de surveillance et mesures phytosanitaires s'appliquant aux nématodes à kyste de la pomme de terre

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Qu'est-ce qu'un nématode à kyste de la pomme de terre (NKPT)?

Les nématodes à kyste de la pomme de terre (NKPT) sont des ravageurs justiciables de quarantaine parce qu'ils peuvent, s'ils ne sont pas gérés, réduire le rendement des cultures de pomme de terre et d'autres cultures hôtes, comme les tomates et les aubergines, dans une proportion pouvant atteindre 80 p. 100. De plus, leur présence dans un champ réduit la qualité marchande et les perspectives d'exportation des produits cultivés dans ce champ. Ces ravageurs infestent le sol et sont très difficiles à éradiquer parce qu'ils peuvent survivre à l'état dormant dans le sol pendant plusieurs décennies. Le nématode doré (Globodera rostochiensis) et le nématode à kyste pâle (Globodera pallida) sont deux espèces de NKPT.

Où le NKPT a-t-il été dépisté?

La présence du NKPT a été confirmée dans 65 pays partout au monde, y compris l'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique du Nord, l'Amérique centrale, l'Amérique du Sud et le Moyen-Orient. Aux États-Unis, le nématode doré a été détecté dans l'État de New York, et le nématode à kyste pâle dans l'État de l'Idaho. Au Canada, le nématode doré a été détecté à Terre-Neuve-et-Labrador, en Colombie-Britannique, au Québec et en Alberta, tandis que le nématode à kyste pâle a été détecté uniquement dans une petite région de Terre-Neuve-et-Labrador.

Comment la présence du NKPT est-elle déterminée?

Conformément aux normes internationales, des analyses en laboratoire d'échantillons de terre ou de racines de plants symptomatiques sont requises pour identifier le NKPT. La probabilité de détection dépend de l'intensité du plan d'échantillonnage du sol utilisé et de la densité de la population de NKPT dans le sol. La confirmation de la présence du NKPT se fonde sur l'examen microscopique de ses caractéristiques morphologiques (forme et taille) par des spécialistes chevronnés. Des techniques de laboratoire fondées sur l'ADN, comme la réaction en chaîne de la polymérase (PCR), sont également utilisées pour étayer les résultats. Les nouvelles lignes directrices sur le NKPT contiennent des éclaircissements afin d'uniformiser l'interprétation au Canada et aux États-Unis des résultats des échantillons suspects et positifs.

Comment l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) enquête-t-elle sur les détections du NKPT au Canada?

Les étapes que franchit l'ACIA à la suite de la détection du NKPT sont les suivantes :

  1. Les données historiques du champ suspect où le NKPT a été dépisté sont immédiatement étudiées.
  2. Pendant que les procédures pour confirmer si le champ est infesté par le NKPT sont en cours, le champ suspect fait l'objet de restrictions immédiates afin de prévenir la propagation possible du NKPT.
  3. Une fois la détection confirmée, si l'on trouve au moins deux kystes de deux échantillons différents, dont un contient des oeufs viables de NKPT ou des larves, le champ infesté et tous les champs exposés font l'objet de diverses restrictions, et un programme intensif d'échantillonnage et d'analyse est entrepris. Cet échantillonnage intensif est souvent appelé enquête de délimitation. Il vise à déterminer la portée de l'infestation et l'application de mesures réglementaires adéquates pour lutter contre le ravageur.
  4. Tout autre champ où la présence du NKPT est confirmée au cours de ces activités fait aussi l'objet d'une enquête.
  5. Toutes les voies d'introduction possibles sont examinées afin de trouver la source de l'infestation. Cela comprend le déplacement de tous les produits à l'entrée et à la sortie des champs infestés, l'historique de location du champ, la rotation des cultures et le partage de l'équipement.

Le NKPT peut-il être éradiqué?

Bien qu'il soit possible d'éradiquer le NKPT, il est difficile de le faire. Il est également difficile de confirmer le succès des mesures d'éradication. Une fois que le NKPT infeste le sol d'une région particulière, il peut y survivre pendant plusieurs décennies. L'éradication du NKPT nécessite la combinaison de plusieurs approches, notamment l'interdiction de planter des plantes hôtes vulnérables, comme les pommes de terre, les tomates et les aubergines, pendant de nombreuses années. Les stratégies comme la fumigation du sol et l'utilisation de cultivars de pommes de terre résistants peuvent peut-être réduire le nombre de kystes dans le sol et jouent un rôle important dans la stratégie de lutte contre les NKPT à long terme.

Le NKPT peut-il être éradiqué?

L'ACIA et l'Animal Plant Health Inspection Service du département de l'Agriculture des États-Unis (USDA-APHIS), qui sont les organisations nationales de protection des végétaux (ONPV) de leur pays respectif, ont élaboré ces lignes directrices afin d'harmoniser les stratégies d'enquête sur le NKPT et de mettre en oeuvre des mesures phytosanitaires appropriées lorsque le NKPT est détecté dans l'un des deux pays.

Les lignes directrices sur le NKPT décrivent les mesures qui doivent être prises afin de contenir, de contrôler et de gérer les infestations.

En général, les lignes directrices sur le NKPT contiennent des directives pour atténuer les risques associés aux détections du NKPT et faciliter le déplacement continu et prévisible des matériaux non infestés par le NKPT.

La plus grande partie du Canada et des États-Unis est considérée comme étant exempte du NKPT et l'établissement et le maintien d'une méthode de surveillance harmonisée et uniforme du NKPT permettra de démontrer davantage l'absence de ce ravageur.

Quand les lignes directrices ont-elles été établies?

Les lignes directrices ont d'abord été approuvées et signées par l'ACIA et l'USDA-APHIS le 15 octobre 2006. Elles ont ensuite été révisées en mai 2008 et plus récemment en juin 2009.

Pourquoi les lignes directrices ont-elles été modifiées en 2009?

Le Canada et les États-Unis se sont engagés à modifier les lignes directrices sur le NKPT afin de tenir compte des recommandations d'un groupe spécial scientifique international indépendant sur le NKPT.

Il était nécessaire de modifier les lignes directrices sur le NKPT afin de préciser la façon dont le Canada et les États-Unis effectuent les enquêtes de dépistage et de délimitation du NKPT et imposent des mesures phytosanitaires et des exigences de certification sur les pommes de terre de semence. De plus, les lignes directrices ne prévoyaient auparavant aucun processus approuvé pour la levée des restrictions réglementaires imposées à la suite du dépistage du NKPT. Les lignes directrices incluent maintenant des directives pour la levée sécuritaire des restrictions sur les terres réglementées pour le NKPT, après l'échantillonnage et l'analyse du sol. En outre, parce que les détections de NKPT touchent maintenant les zones de production des semences (en 2007, le NKPT a été détecté dans un champ de production de pommes de terre de semence en Alberta), il est impératif d'effectuer des enquêtes de dépistage des NKPT dans les champs de production de pommes de terre de semence dans les deux pays de façon réciproque afin de déterminer l'étendue de l'infestation.

Pourquoi modifie-t-on les lignes directrices?

Un champ infesté est un champ dans lequel la présence du nématode à kyste de la pomme de terre a été détectée et confirmée, c'est-à-dire qu'on y a trouvé au moins deux kystes de deux différents échantillons dont un contenant des oeufs viables de NKPT ou un des larves.

Un champ suspect est un champ dans lequel au moins un kyste a été détecté, mais dont l'identification ou la confirmation qu'il s'agit d'un nématode à kyste de la pomme de terre n'a pas encore été effectuée.

Quelles mesures l'ACIA prend-elle à l'égard des champs suspects?

Les champs suspects sont traités de la même manière que les champs infestés. L'ACIA prend des mesures phytosanitaires immédiates afin de contenir l'infestation possible et d'empêcher la propagation du NKPT aux zones non infestées. Les champs suspects sont échantillonnés et analysés par ordre de priorité, conformément à un plan d'échantillonnage intensif afin de confirmer la présence du NKPT.

Les mesures comprennent l'imposition de restrictions sur le déplacement d'articles réglementés provenant du champ suspect. Si la présence du NKPT est confirmée, d'autres restrictions sont appliquées aux champs qui ont été exposés et aux champs adjacents, à moins que l'on dispose de suffisamment de données pour ces champs, comme il est décrit dans les lignes directrices sur le NKPT.

Une fois de plus, au moins deux kystes de deux différents échantillons dont un contenant des oeufs viables de NKPT ou des larves doivent être trouvés afin de décréter le champ infesté. Si les résultats ne prouvent pas la présence de NKPT, le champ doit être examiné une deuxième fois. Si aucun échantillonnage intensif ne détecte la présence de NKPT, le champ n'est alors plus considéré comme suspect et les mesures phytosanitaires peuvent être levées.

Selon les lignes directrices, quelle est la différence entre un champ exposé, un champ adjacent et un champ non exposé?

Un champ exposé renvoie à un champ qui était touché d'une façon ou d'une autre par le déplacement de la terre, du matériel ou des pommes de terre de semence à un champ infesté.

Un champ adjacent est un champ ou une parcelle de terrain qui borde un champ infesté et qui n'est séparé par aucune autoroute importante ni aucun cours d'eau majeur ou zone forestière ou zone non agricole de plus de 15 mètres de largeur.

Si la présence du NKPT est confirmée, des restrictions sont appliquées aux champs adjacents et exposés afin de contenir l'infestation de NKPT et d'empêcher la propagation possible aux zones non infestées.

Un champ non exposé est un champ qui n'a pas été exposé à un champ infesté par le NKPT. Ces champs ne font généralement l'objet d'aucune restriction, à moins qu'il soit prouvé qu'elles facilitent la mise en oeuvre de mesures sanitaires adéquates.

Selon les lignes directrices, qu'est-ce qu'un champ retracé en aval et un champ retracé en amont?

Un champ retracé en aval est une parcelle de terrain qui a fourni du matériel de multiplication à un champ infesté. Un champ retracé en amont est un champ qui a été exposé à un champ infesté, car il a reçu du matériel de multiplication d'un champ infesté.

Si la présence de NKPT est confirmée, des restrictions peuvent s'appliquer à tout champ retracé en amont afin de contenir l'infestation de NKPT et d'empêcher la propagation possible aux zones non infestées. Les champs retracés en aval doivent être évalués par ordre de priorité par un échantillonnage du sol de haute intensité et ne font pas l'objet de restrictions réglementaires immédiates.

Selon les lignes directrices, quel matériel est réglementé?

Le matériel réglementé comprend la terre, les cultures hôtes de NKPT et tout autre article susceptible de transporter de la terre ou encore des NKPT. Ces articles comprennent, entre autres, l'équipement et les outils agricoles, les contenants usagés et les produits tels que les plantes racines, le soya, les pois, les haricots, le foin, la paille, la litière végétale, le matériel de pépinière, les bulbes, les cormus, les rhizomes, les tubercules de plantes ornementales et le gazon en plaques.

Le matériel réglementé ne peut être déplacé d'une zone réglementée que s'il satisfait aux exigences d'atténuation des risques énoncées dans les lignes directrices sur le NKPT ou si une entente de conformité est établie par l'ONPV responsable.

Selon les lignes directrices, quand les mesures de lavage et de nettoyage ne sont-elles plus nécessaires pour le déplacement d'équipement des zones réglementées?

Pour pouvoir déplacer de l'équipement d'une zone réglementée, l'équipement doit être exempt de terre ou lavé et désinfecté, et accompagné d'un certificat de déplacement, à moins qu'il soit justifié de réduire les exigences en matière de désinfection.

Dans le cas d'un champ infesté, les épreuves de viabilité et les essais biologiques doivent donner des résultats négatifs sur au moins 45 lb par acre chacun avant que l'on puisse réduire les exigences de nettoyage de l'équipement.

S'il s'agit d'un champ adjacent ou exposé, au moins une analyse selon la méthode A ou au moins deux analyses selon la méthode B doivent donner des résultats négatifs avant que l'on puisse réduire les exigences de nettoyage de l'équipement.

Selon les lignes directrices, qu'est-ce qu'une épreuve de viabilité et qu'est-ce qu'un essai biologique?

Des épreuves de viabilité sont effectuées sur les échantillons de sol prélevés dans les champs où le NKPT ne semble plus être vivant. L'épreuve sert à confirmer que le contenu des kystes est mort. La viabilité des oeufs dans les kystes est déterminée soit par une évaluation visuelle par des nématologistes qualifiés, soit par coloration. Les lignes directrices permettent l'utilisation de Medola Blue Stain ou d'iode pour faire la distinction entre les oeufs viables et les oeufs non viables du NKPT.

Il est important de déterminer la viabilité des oeufs puisque les kystes contenant des oeufs viables peuvent survivre dans le sol pendant environ 30 ans.

Une épreuve biologique est une autre méthode permettant d'évaluer et de confirmer que les derniers kystes sont morts et qu'ils ne sont plus en mesure de causer une infestation. L'épreuve est généralement réalisée dans un environnement contrôlé afin de maximiser toute multiplication possible du NKPT et de contenir toute infestation.

Selon les lignes directrices, quelle est la différence entre la méthode A et la méthode B d'échantillonnage du sol?

La principale différence entre les deux méthodes d'échantillonnage du sol est la proportion de terre prélevée et échantillonnée. La méthode A exige l'analyse d'un minimum de 15 lb de sol par acre, tandis que la méthode B exige l'analyse de 5 lb de sol par acre. La seule autre différence est que la grille d'échantillonnage peut être plus grande lorsqu'on utilise la méthode B; elle peut mesurer jusqu'à 36 vg2 tandis que la méthode A exige que la taille de la grille ne dépasse pas environ 21,5 vg2.

Les deux méthodes d'échantillonnage du sol pour le dépistage du NKPT prévoient l'échantillonnage du champ entier selon un quadrillage fixe. Les deux méthodes exigent également que, pour l'échantillonnage manuel, la longueur de chaque cellule ne représente pas plus de 2,5 fois la valeur de la largeur. Dans le cas des cellules d'un quadrillage rectangulaire, la dimension la plus longue doit être parallèle au sens de la culture.

Selon les lignes directrices, comment les restrictions imposées sur un champ réglementé sont-elles levées?

Les lignes directrices décrivent en détail la réduction graduelle des mesures phytosanitaires afin de déréglementer un champ infesté, adjacent ou exposé.

En résumé, certaines restrictions réglementaires imposées sur les champs infestés peuvent être levées lorsque des enquêtes intensives, des épreuves de viabilité et des épreuves biologiques sont menées et qu'aucun NKPT vivant n'est détecté. Il est interdit de cultiver des pommes de terre de semence dans un champ qui était infestée par le NKPT si la culture se fait en dehors de la zone contrôlée pour le NKPT. Si les résultats sont négatifs, quatre autres analyses du champ entier doivent être effectuées selon la méthode A (minimum) avant de lever d'autres restrictions.

On peut envisager de supprimer les exigences relatives au nettoyage de la terre des champs adjacents et exposés lorsqu'au moins une analyse complète des champs selon la méthode A ou deux analyses selon la méthode B confirment que le champ est exempt du NKPT. Toutes les restrictions réglementaires sur les champs exposés peuvent être levées après une autre analyse du champ entier selon la méthode A ou deux autres analyses selon la méthode B avec des résultats négatifs. Cependant, les restrictions réglementaires imposées sur les champs adjacents ne peuvent être levées que lorsque les épreuves biologiques réalisées pour les champs infestés correspondants sont négatifs.

Selon les lignes directrices, que se produira-t-il si une autre infestation de NKPT est confirmée au Canada ou aux États-Unis?

L'ONPV du pays où le NKPT a été dépisté lancera immédiatement une enquête afin de recenser les champs exposés qui devront être inclus dans la délimitation et la zone réglementée provisoire.

Si le champ infesté par le NKPT sert à la production de pommes de terre de semence, des renseignements seront recueillis concernant les lots de semences produits dans le champ infesté.

Selon les renseignements recueillis durant les activités d'enquête, l'ONPV du pays ayant détecté un nouveau cas de NKPT prendra immédiatement des mesures phytosanitaires afin de contenir l'infestation de NKPT et d'empêcher la propagation du NKPT aux zones non infestées. Bien que l'ONPV de l'autre pays soit informé immédiatement de la détection, ces mesures n'incluront pas de restriction à l'échelle du pays ou de la province sur le déplacement de pommes de terre entre les deux pays.

Quand les lignes directrices prendront-elles fin?

Les lignes directrices sur le NKPT demeureront en vigueur jusqu'à ce que l'une des deux ONPV y mette fin après avoir donné un avis écrit de 60 jours à l'autre ONPV. Les lignes directrices peuvent aussi être résiliées par consentement mutuel à compter d'une date approuvée par écrit par les deux ONPV.

Comment les lignes directrices révisées seront-elles communiquées aux agriculteurs?

Le document sera fourni aux agriculteurs par l'intermédiaire des associations nationales de l'industrie et leurs homologues régionaux. L'ACIA continuera également de tenir l'industrie au courant au moyen de mises à jour dans le site Web de l'ACIA et de bulletins d'information.

Le document sera fourni aux agriculteurs par l'intermédiaire des associations nationales de l'industrie et leurs homologues régionaux. L'ACIA continuera également de tenir l'industrie au courant au moyen de mises à jour dans le site Web de l'ACIA et de bulletins d'information.

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