PI-005 : Chapitre 9 – Normes d'inspection des tubercules de pommes de terre de semence

Cette page fait partie du répertoire des documents d'orientation (RDO).

Vous cherchez des documents connexes?
Recherche de documents connexes dans le répertoire des documents d'orientation.

Information

Dans la version présente de ce chapitre, les coordonnées du personnel et les références à certains groupes de l'ACIA ou à certains documents ou politiques pourraient ne pas être à jour. Cette information sera mise à jour lors de la prochaine révision de ce chapitre. Veuillez communiquer avec l'ACIA pour obtenir des renseignements supplémentaires ou si vous avez des questions.

Table des matières

9.0 Normes d'inspection des tubercules de pommes de terre de semence

9.1 Objectif

Le présent chapitre a pour objectif d'aider les inspecteurs dans leur travail d'inspection des tubercules de pommes de terre de semence classées. Il explique la façon de comptabiliser les défauts et les maladies et de consigner les résultats dans le rapport (Inspection des tubercules de pommes de terre de semence CFIA/ACIA 3076). Les résultats d'inspection servent à déterminer si les tubercules de pommes de terre de semence respectent les tolérances énoncées à la partie II du Règlement sur les semences (article 48.1). Ces tolérances sont reproduites au tableau 9.6 auquel il faudra se référer tout au long de ce chapitre.

9.2 Définitions

Altération de la couleurdu talon :
Altération de la couleur apparaissant sur la surface externe de la pomme de terre, tel un noircissement autour du talon, dont la pénétration est généralement limitée et qui se trouve typiquement en dehors de l'anneau vasculaire;
Classe :
Classe de pommes de terre de semence visée à l'article 47 de la partie II du Règlement sur les semences;
Cultivar :
Variété de pomme de terre;
Défaut :
Blessure ou dommage interne et/ou externe causé aux tubercules par des insectes, des animaux, des produits chimiques, des conditions ambiantes défavorables et/ou la manipulation;
Difforme :
Qualifie une pomme de terre qui ne présente pas la forme caractéristique de la variété en raison de facteurs physiologiques ou ambiants (p. ex., crevasses de croissance, tubercules en forme d'haltère ou de goulot de bouteille);
Dommage externe :
Perforation, coupure ou piqûre d'insecte qui affecte la viabilité de plus d'un œil ou qui peut constituer un site d'entrée pour un agent pathogène;
Entente :
Document spécifiant les exigences à l'importation d'un pays étranger ou accord passé entre le producteur, le fournisseur et l'acheteur d'une quantité donnée de pommes de terre de semence classées qui spécifie les calibres minimal et maximal du produit classé;
Étrangers :
S'entend de tubercules qui n'appartiennent pas à la variété visée par l'inspection;
Ferme :
Qualifie une pomme de terre compacte, solide, qui n'est ni flasque, ni ratatinée, ni amollie, et qui ne cède pas à une pression modérée;
Flétrissement bactérien :
Maladie causée par la bactérie Clavibacter michiganensis subsp. sepedonicus;
Meurtrissure de pression :
Dommage résultant d'une pression externe exercée sur le tubercule qui entraîne un noircissement de la chair et un affaissement touchant plus d'un œil ou plus de 10 % de la surface de la pomme de terre;
Molle :
Qualifie une pomme de terre amollie, flasque, malléable et cédant à une pression modérée;
Nécrose due à l'enroulement :
Maladie ne se manifestant par aucun symptôme externe qui est causée par le virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV) et qui entraîne la formation d'un réseau de lignes brunes (nécrose) commençant au talon du tubercule, progressant dans l'anneau vasculaire et s'étendant jusque dans les tissus internes (cortex);
PLRV :
Virus de l'enroulement de la pomme de terre;
PMTV :
Virus de la fasciation de la pomme de terre;
Pomme de terre de semence :
Tout tubercule ou fragment de tubercule qui est certifié conformément à la partie II du Règlement sur les semences à des fins de reproduction;
Pourriture molle :
Toute décomposition molle, baveuse ou aqueuse des tissus causée par un agent pathogène actif ou un état physiologique (p. ex., jambe noire, pourriture molle bactérienne, gel, fusarium actif, pythium, brûlure tardive);
Tolérance zéro :

a. En ce qui concerne une maladie, le fait d'exiger qu'un plant ou fragment de plant, y compris un tubercule, soit exempt de cette maladie;

b. En ce qui concerne un mélange de variétés, le fait d'interdire tout mélange de deux ou plusieurs variétés;

TRV :
Virus du bruissement du tabac, agent de la nécrose annulaire de la pomme de terre;
Tubercule :
Tige souterraine courte et charnue qui porte des germes ou des yeux;
Variété :

a. Se distinguent par des caractères morphologiques, physiologiques, cytologiques ou chimiques communs ou par d'autres caractères communs;

b. Conservent leurs caractères distinctifs à la reproduction.

9.3 Exigences générales

Le présent chapitre donne un aperçu des exigences et des tolérances applicables aux pommes de terre de semence. Il traite des sujets suivants : exigences générales; tolérances applicables au calibre, à la maturité, à la couleur, aux difformités et à d'autres défauts; et méthodes spéciales d'inspection.

9.3.1 Normes applicables aux tubercules

Les tubercules de toutes les classes de pommes de terre de semence, à l'exception de ceux de la classe Matériel nucléaire, doivent être classés de manière à satisfaire aux exigences réglementaires. Il peut arriver que les expéditions vers des marchés étrangers doivent satisfaire à des normes plus strictes. Les tolérances applicables aux défauts ou aux maladies des tubercules sont indiquées au tableau 9.6.

9.3.2 Caractéristiques variétales analogues

Tous les tubercules de pommes de terre de semence doivent être de type et de variété analogues. En d'autres mots, les tubercules d'un même contenant doivent être du même cultivar et avoir une forme, une couleur de peau et de chair et une texture généralement semblables. Ainsi, on ne peut mélanger ensemble des pommes de terre à peau blanche de type long et des pommes de terre à peau rouge, de type rond ou d'un autre type. Lors de l'inspection d'échantillons d'un lot d'une classe donnée, il faut comptabiliser les tubercules qui sont d'une variété autre que celle qu'on retrouve généralement dans le lot. Le pourcentage de ces tubercules étrangers qui se trouvent dans le lot ne doit pas dépasser les pourcentages autorisés aux termes des articles 47.11 à 47.8 de la partie II du Règlement sur les semences (voir tableau 9.1).

Nota : À cause des caractéristiques variétales, les fluctuations dans les conditions et les périodes de croissance peuvent modifier la forme des tubercules (ronde, ovale, longue, oblongue, elliptique, etc.). La forme des tubercules peut aussi varier si les pommes de terre sont récoltées tôt en saison. Par exemple, des petites pommes de terre de type long sont souvent rondes lorsqu'elles sont déterrées avant d'avoir atteint la pleine maturité.

Tableau 9.1 : Pourcentage de tubercules étrangers autorisés dans un lot d'une classe donnée
Description du tableau

Le tableau suivant schématise les pourcentages tolérés pour les variétés étrangères dans un envoi, selon un classement par catégorie de semence.

Classe de semence Pourcentage (%)

Matériel nucléaire à Élite 2

0

Élite 3

0,05

Élite 4

0,1

Fondation

0.2

Certifiée

0.5

9.3.3 Convenablement emballées

Les pommes de terre de semence doivent être convenablement emballées, c.-à-d. qu'elles doivent être emballées de telle manière qu'elles ne sont pas susceptibles de subir de dommages au cours de la manutention ou du transport.

9.3.4 Convenablement marquées

Les exigences générales visant l'étiquetage sont énoncées à l'article 54 de la partie II du Règlement sur les semences. Toutes les marques doivent être apposées soit directement sur l'emballage, soit sur une étiquette qui y est attachée. Chaque étiquette doit porter les renseignements suivants :

  • La classe, la variété et le calibre des pommes de terre de semence;
  • Le numéro de certification;
  • La date de l'émission de l'étiquette; et
  • Les mentions prévues à l'article 53.5 (d).

Les inscriptions sur les contenants ne doivent pas faire référence à des pommes de terre non certifiées.

9.3.5 Emballages

Les contenants de pommes de terre de semence doivent être neufs et ne doivent pas être tachés, souillés, déformés, brisés, mouillés ou autrement endommagés au point d'altérer la qualité d'expédition ou la valeur marchande des pommes de terre qu'ils contiennent. Les contenants doivent être bien fermés, d'une manière convenant au contenant utilisé.

Les pommes de terre de semence peuvent être emballées dans divers types de contenants, notamment des poches de jute, des caisses, des barils et des boîtes de carton. Bien qu'il n'existe pas de normes relatives aux formats des contenants utilisés pour les pommes de terre de semence, les expéditions se font généralement dans :

  • Des contenants de 22,7 kg (50 lb);
  • Des contenants de 25,0 kg (55 lb);
  • Des contenants de 45,4 kg (100 lb);
  • Des contenants de 50,0 kg (110 lb); et
  • Des sacs conteneurs.

Pour les contenants de plus de 50,0 kg (p. ex., les boîtes de vrac et les mini­-sacs conteneurs), le chargement doit être accompagné par un dossier de transport en vrac des pommes de terre de semence.

Aux fins du réemballage, un permis (Permis relatif à l'emballage de pommes de terre de semence CFIA/ACIA 1347) est exigé pour les emballages de moins de 20 kg. Plusieurs contenants sont utilisés pour la vente de pommes de terre de semence destinées à l'horticulteur amateur. Leur capacité peut être de :

  • 1,0 kg (2,2 lb);
  • 2,27 kg (5 lb);
  • 4,54 kg (10 lb);
  • 9,07 kg (20 lb).

9.4 Calibre

9.4.1 Exigences

Tout document relatif à toute quantité de pommes de terre de semence classées soit dans des contenants, soit en vrac, doit préciser, en millimètres, les calibres minimal et maximal des tubercules classés. Le calibre minimal doit être d'au moins 30 mm et le calibre maximal ne doit pas dépasser 70 mm pour les variétés de type long et 80 mm pour les variétés de type rond. Quelle que soit la quantité de pommes de terre de semence classées, le calibre d'au moins 95 %, en poids, des tubercules doit correspondre aux tailles minimales et maximales prescrites. Les pommes de terre de semence de classe Matériel nucléaire et les pommes de terre de semence Choix du sélectionneur ne sont soumises à aucune exigence relative au calibre.

Les inspections tiennent compte des ententes contractuelles entre un producteur et un acheteur quant au calibre. Lorsqu'un producteur et un acheteur ont conclu une entente visant des pommes de terre de semence classées, l'entente doit préciser les calibres minimal et maximal des tubercules classés. Le producteur ou l'acheteur doit produire sur demande une copie de l'entente stipulant clairement les calibres minimal et maximal. Le terme entente peut être utilisé sur toutes les étiquettes et dossiers de transport en vrac pour indiquer que le calibre des tubercules classés est précisé dans une entente.

Nota : Les pourcentages des tubercules trop petits ou trop gros doivent être consignés sur les cases appropriées du rapport (Inspection des tubercules de pommes de terre de semence CFIA/ACIA 3076).

9.4.2 Établissement du calibre

Aux fins de l'établissement des diamètres minimal et maximal des pommes de terre, le diamètre correspond à la plus grande distance mesurée à angle droit par rapport à l'axe longitudinal du tubercule, sans égard à la position du point d'attache du tubercule.

Pour déterminer les spécimens dont le calibre est trop gros ou trop petit, les inspecteurs utilisent un anneau-calibreur. Ils placent les spécimens douteux sur l'anneau. Si la pomme de terre supporte son propre poids sans passer à travers l'anneau correspondant au calibre maximal, elle est déclarée non conforme aux normes applicables au calibre maximal. Par contre, si la pomme de terre passe à travers l'anneau correspondant au calibre minimal, elle est déclarée non conforme aux normes applicables au calibre minimal. Le tableau 9.2 donne une indication du nombre de tubercules par quintal en fonction du calibre.

Tableau 9.2 : Tableau de référence sur le calibre des pommes de terre
Description du tableau

Le tableau suivant est utilisé comme référence pour déterminer la taille des pommes de terre. Il fournit des exemples en utilisant le diamètre mesuré en pouces et en millimètres, le poids approximatif en onces et en grammes et le nombre par quintal.

Diamètre en pouces Diamètre en millimètres (mm) Poids approximatif en onces Poids approximatif en grammes (g) Nombre de tubercules par quintal(100 lb)

3/4

19

1,5

42

1067

1 1/2

38

3

84

533

1 5/8

41

3,25

91

492

1 3/4

44

3,5

98

457

1 7/8

48

4

113

400

2

51

4

113

400

2 1/4

57

5

142

320

2 1/2

63

6

170

267

2 3/4

70

8

227

200

3

76

10

283

160

3 1/2

89

12

340

133

Nota : Le tableau ci-dessus ne doit servir qu'à des fins de référence.

9.5 Maturité et fermeté

9.5.1 Terminologie et exigences

Ferme est un terme utilisé à la partie II du Règlement sur les semences pour indiquer la qualité du tubercule aux fins de la germination. Contrairement aux exigences relatives aux pommes de terre de table, rien ne précise quelle quantité de peau peut manquer ou se détacher de la surface du tubercule, et ce critère n'est pas utilisé dans la partie II du Règlement sur les semencespour déterminer la maturité. Toutefois, la peau est une indication de la durée pendant laquelle les tubercules ont été laissés dans le sol pour que leur peau durcisse. On peut établir une terminologie uniforme en se limitant aux expressions ci-dessous :

  • Ferme qualifie une pomme de terre qui est compacte et a de la consistance, qui n'est ni flasque, ni ratatinée et ni amollie et qui ne cède pas à une pression modérée;
  • Non ferme qualifie une pomme de terre qui manque de consistance, qui est flasque et malléable et qui cède à une pression modérée.

Lorsqu'un lot de pommes de terre ne répond pas aux normes parce que les pommes de terre ne sont pas suffisamment fermes, on indique le pourcentage exact de tubercules ne répondant pas à l'exigence. Par exemple, si un lot ne respecte pas les normes parce que les pommes de terre ne sont pas suffisamment fermes (c.-à-d. qu'elles sont molles), la déclaration peut être formulée comme suit : en moyenne 22 % molles, le reste fermes. Toutes les constatations doivent être déclarées dans le rapport Inspection des tubercules de pommes de terre de semence (CFIA/ACIA 3076).

Les pommes de terre de semence classées doivent être parvenues à maturité et être fermes. Il ne faut pas oublier que plus les tubercules vieillissent en entrepôt, plus ils perdent de leur teneur en eau et de leur turgescence. Dans certains cas, lorsque les pommes de terre sont expédiées tard dans la saison (c.-à-d. fin avril ou en mai), il se peut que moins de tubercules répondent aux exigences de fermeté.

Dans tout lot, 98 % des tubercules doivent être fermes. Si les tubercules sont ratatinés ou flasques, ils peuvent parfois être expédiés, sous réserve des conditions applicables en présence de défauts, telles qu'elles sont énoncées à l'article 57 de la partie II du Règlement sur les semences.

Nota : Il n'existe pas d'exigences en ce qui a trait à la peau qui pèle pour les tubercules de pommes de terre de semence.

9.6 Couleur et propreté

Il n'existe pas d'exigence touchant la couleur des pommes de terre de semence comme il en existe pour des produits comme les pommes. Cependant, les pommes de terre doivent être exemptes de certains défauts modifiant la couleur de la peau, comme les échaudures et les insolations, et ne doivent pas avoir été colorées artificiellement.

La présence de terre peut nuire à l'inspection. Il faut donc que les tubercules soient raisonnablement propres pour permettre leur inspection visuelle. Les tubercules qui ne sont pas raisonnablement propres se verront refuser la certification, à moins que la terre ne soit enlevée à la satisfaction de l'inspecteur.

Il reste qu'il est très important ici comme dans les pays importateurs que les tubercules soient propres et exempts de terre, car la terre peut être vecteur de nombreuses maladies justiciables de quarantaine. La présence de terre qui adhère aux tubercules est très peu tolérée par bien des pays. La partie II du Règlement sur les semences ne précise aucune tolérance relative à la présence de terre. Par contre, il y est précisé qu'aucun tubercule de semence ne doit être lavé. Cette disposition vise à prévenir la création d'un milieu propice à la propagation des agents pathogènes, dont les bactéries et les champignons.

Raisonnablement propres s'entend :

  • Des pommes de terre qui sont raisonnablement exemptes de terre; et
  • Des pommes de terre dont le contenant ne contient qu'une légère quantité de terre détachée ou de matières étrangères.

Si, avant d'être emballés, les tubercules ont été lavés, ils ne pourront pas servir de pommes de terre de semence. Le brossage des tubercules est autorisé et, lorsqu'il est réalisé convenablement, il ne fournit pas un milieu propice à la propagation des maladies.

Les pays importateurs exigent parfois que les ententes précisent des restrictions quant à la présence de terre. Ces restrictions sont prises en compte lors de la certification phytosanitaire et doivent être exprimées en g/kg. Si la quantité de terre dépasse la quantité autorisée, il faut donner l'occasion au producteur de reclasser les tubercules de semence afin de se conformer aux exigences.

9.7 Difformités

On doit envisager la forme des pommes de terre en fonction de la forme caractéristique de la variété en question. Certaines possèdent des caractéristiques de forme particulières qui les distinguent des autres variétés.

Les tubercules peuvent présenter diverses difformités. Les pommes de terre peuvent avoir été exposées aux intempéries ou peuvent présenter des défauts physiologiques et être recourbées, pointues ou de formes multiples, en forme d'haltère ou de goulot de bouteille, ou avoir des excroissances (tétines). En général, le facteur environnemental le plus souvent responsable de ces difformités est la répartition inégale de l'eau et des éléments nutritifs dans le sol (voir l'annexe 9-2). Il faut savoir que la viabilité de la semence est réduite lorsque la couronne des tubercules est dépourvue d'yeux.

Il faut comptabiliser les tubercules comme étant difformes lorsque leur aspect ne présente pas les caractéristiques variétales normales.

9.8 Procédures spéciales d'inspection

9.8.1 Méthode de sectionnement pour l'évaluation de la profondeur de pénétration d'un défaut

Pour déterminer ce que sera la profondeur de pénétration d'un défaut, on recommande de faire une coupe droite d'environ 6 mm (1/4 po) de profondeur d'un bord à l'autre du tubercule de façon à enlever tout le défaut ou à peu près. Si le défaut est toujours présent, on fait une autre coupe qui sert à évaluer jusqu'à quelle profondeur se situe le défaut. La profondeur de pénétration fournit une indication générale de la gravité du défaut.

9.8.2 Méthodes de détermination des défauts internes (cachés)

9.8.2.1 Échantillonnage biaisé (spécimens douteux)

Aspect extérieur révélateur de défauts cachés

Lorsque l'aspect extérieur est révélateur d'un défaut caché, l'inspecteur doit choisir les spécimens douteux de l'échantillon et les sectionner pour les vérifier. Il doit comptabiliser les spécimens atteints du défaut et exprimer le résultat en pourcentage de l'échantillon total.

Par exemple, si à l'inspection d'un sac de pommes de terre de 45,4 kg (100 lb) (environ 400 tubercules), l'inspecteur constate que les pommes de terre les plus grosses à peau rugueuse, présentent une altération de la couleur du talon, il doit ouvrir le sac et en sortir toutes les grosses pommes de terre à peau rugueuse. S'il en sort 10 et que, après avoir sectionné chaque spécimen pour révéler les défauts, il trouve 5 tubercules qui présentent une altération de la couleur du talon pénétrant sur plus de 13 mm, il doit déclarer 5 tubercules comme présentant une altération de la couleur du talon sur les 400 tubercules de l'échantillon total :

(5 ÷ 400) × 100 = 1,25 %.

Cet échantillon respecterait la tolérance de 4 % applicable à l'altération de la couleur interne.

9.8.2.2 Échantillonnage aléatoire Aspect extérieur non révélateur de défauts cachés

Lorsque l'aspect extérieur du tubercule ne donne aucune indication d'un défaut caché, l'inspecteur doit prélever une série de sous-échantillons de chaque emballage afin de constituer un échantillon composite représentatif de tout le lot inspecté. L'inspecteur doit décider du nombre de tubercules convenable pour chaque sous-échantillon. Si, par exemple, à l'inspection de cinq gros sacs de pommes de terre (c.-à-d. des poches de 45,4 kg [100 lb]), contenant environ 400 tubercules chacun), l'inspecteur découvre des pommes de terre au cœur noir qui, de l'extérieur, semblaient saines, il peut décider de prélever entièrement au hasard 200 tubercules dans les cinq sacs de pommes de terre et de sectionner chaque spécimen de l'échantillon composite de 200 tubercules. Si, aux fins du présent exemple, il trouve 2 tubercules atteints de cœur noir, il déclare les deux tubercules atteints sur l'échantillon de 200 tubercules

(2 ÷ 200) x 100 = 1%.

Les tubercules atteints doivent être comptabilisés par rapport à la tolérance de 2 % applicable aux tubercules "endommagés". Si ces tubercules avaient commencé à se détériorer par suite d'une carence en oxygène, le lot ne respecterait pas la tolérance de 0,1 % applicable à la pourriture molle. Le cœur noir est un défaut physiologique et non le fait d'un agent pathogène.

Nota : Lorsqu'on utilise un échantillon composite, on doit choisir les spécimens entièrement au hasard et être précis dans l'établissement de la taille de l'échantillon.

Ne jamais comptabiliser le même spécimen deux fois.

9.9 Défauts permanents

On entend par « défauts permanents » les défauts qui ne progressent pas avec le temps et qui demeurent constants du point d'expédition au point de destination. Par comparaison, les « défauts de condition» peuvent progresser avec le temps et sous des conditions propices à l'évolution des maladies en cours d'entreposage ou de transport.

Les sections qui suivent traitent des défauts permanents que voici : dommages par les insectes, dommages causés par les racines de graminées, crevasses de croissance, cœur creux, altération de la couleur interne, blessures mécaniques et coupures dues à l'arracheuse, rhizoctonie (rhizoctone brun), gale, rousselure, moucheture du tubercule, insolation.

9.9.1 Dommages causés par les insectes

9.9.1.1 Dommages causés par les altises

Les altises de l'espèce Epitrix tuberis peuvent causer des blessures superficielles ou des blessures internes, ou les deux. Les blessures superficielles consistent en éruptions rugueuses ressemblant à des pustules, ou en des tracés sinueux et rugueux d'environ 1,6 mm (1/16 po) de largeur et de longueur variables. Ces tracés sont causés par les larves qui s'alimentent directement sous l'épiderme des jeunes tubercules. Les blessures internes consistent en des lésions brunes, étroites, isolées ou groupées, ou en tunnels d'alimentation s'enfonçant de 6 à 19 mm (1/4 à 3/4 po) dans le tubercule. Des crevasses se produisent au point de rencontre de ces tunnels.

Les dommages causés par les larves d'altises sont comptabilisés par rapport à la tolérance applicable aux tubercules "endommagés" dans les cas suivants :

  • Les dommages altèrent plus de 10 % de la surface globale; ou
  • Les dommages atteignent sensiblement au moins deux yeux du tubercule.
9.9.1.2 Dommages causés par les vers blancs

Les vers blancs (larves de hannetons) du genre Polyphylla causent des dommages aux tubercules. Plus les dommages occasionnés par l'alimentation de ces ravageurs surviennent tôt durant le développement du tubercule, plus la surface atteinte est grande. Les blessures consistent en des cavités d'alimentation pouvant mesurer de 6 à 25 mm (de 1/4 à 1 po) et plus de diamètre. Ces cavités de forme irrégulière sont habituellement plus larges que profondes et sont caractérisées par des arêtes intérieures rugueuses. La moitié ou plus du tubercule peut parfois être ainsi consommée.

Les dommages causés par les vers blancs sont comptabilisés par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés dans les cas suivants :

  • Les dommages altèrent plus de 10 % de la surface globale ; ou
  • Les dommages atteignent sensiblement au moins deux yeux du tubercule.
9.9.1.3 Dommages causés par les vers fil-de-fer

Comme les vers fil-de-fer (larves de taupins) de l'espèce Agriotes obscurus, ont des cycles biologiques qui se chevauchent, les tubercules peuvent être endommagés à n'importe quel stade de leur développement. Les vers fil-de-fer endommagent gravement la culture en empêchant les plants de lever. Dans le champ, l'inspecteur peut prélever le planton touché et observer les dommages caractéristiques.

Les premières blessures surviennent lorsque les pommes de terre sont petites. L'action des larves provoque la formation de cavités profondes en forme d'entonnoirs au fur et à mesure que les pommes de terre parviennent à maturité. Les blessures survenant à mi-saison provoquent des cavités de 6 à 13 mm (1/4 à 1/2 po) de profondeur et de 1,6 à 3,0 mm (1/16 à 1/8 po) de diamètre, souvent recouvertes d'un tissu de cicatrisation à couleur altérée. Les blessures tardives prennent la forme de trous arrondis, bien découpés, à peu près dépourvus de tissu de cicatrisation.

Les dommages causés par les vers fil-de-fer sont comptabilisés par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés dans les cas suivants :

  • Les dommages atteignent au moins deux yeux par tubercule, indépendamment de la profondeur des trous; ou
  • Les dommages altèrent plus de 10 % des pommes de terre du lot, indépendamment du nombre et de la profondeur des trous.

9.9.2 Dommages causés par les racines de graminées

Ce genre de dommage est le plus souvent imputable au chiendent, dont les rhizomes ont des extrémités pointues qui peuvent pénétrer dans les tubercules ou les traverser entièrement. Généralement, le rhizome est encore attaché à la pomme de terre.

Les dommages causés par les racines de graminées sont comptabilisés par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés dans les cas suivants :

  • Les dommages altèrent sensiblement au moins deux yeux par tubercule, indépendamment de la profondeur des trous; ou
  • Les dommages affectent plus de 10 % des pommes de terre du lot, indépendamment du nombre et de la profondeur des trous.

9.9.3 Crevasses de croissance

Ce genre de défaut peut être dû à un développement très rapide de la pomme de terre, notamment à la suite d'une période pluvieuse succédant à une sécheresse prolongée. Le plus souvent, les crevasses de croissance apparaissent sur la couronne et se prolongent longitudinalement. Leurs dimensions peuvent varier, mais, habituellement, les crevasses se cicatrisent sans que la pourriture y pénètre.

Les crevasses de croissance s'évaluent selon les dommages causés aux points végétatifs du tubercule et elles sont comptabilisées par rapport à la tolérance applicable aux formes atypiques difformités dans les cas suivants :

Les dommages atteignent au moins deux yeux en croissance par tubercule, ou

Les dommages affectent plus de 10 % des pommes de terre du lot.

9.9.4 Cœur creux

Le cœur creux est un défaut dû à une croissance trop rapide ou trop irrégulière. Il survient souvent durant une saison humide, chez les pommes de terre cultivées en sol très riche ou abondamment irrigué. Le cœur creux se présente sous la forme de cavités de dimensions variables, plus ou moins irrégulières, le plus souvent tapissées de tissu nécrosé allant du brun pâle au brun. Ce défaut est surtout fréquent chez les gros tubercules difformes à peau rugueuse, mais ne leur est pas exclusif. Pour établir l'importance du dommage, on doit couper la pomme de terre sur le long, parallèlement au côté plat; autrement, le cœur creux peut passer inaperçu.

Le cœur creux peut être associé à d'autres malformations des tubercules; aussi faut-il les trier convenablement. Lorsque les tubercules paraissent normaux et sains et qu'ils ne présentent aucun signe de détérioration, on ne considère pas qu'il s'agit de cœur creux et cela n'est pas comptabilisés. Toutefois, lorsque le cœur creux est associé à de la pourriture, les tubercules sont comptabilisés par rapport à la tolérance qui s'applique (pourriture molle ou pourriture sèche).

9.9.5 Altération de la couleur interne

Divers facteurs peuvent causer une altération de la couleur interne, notamment l'altération de la couleur des tissus vasculaires, la nécrose de chaleur, la tache brune interne ou le cœur noir. L'altération de la couleur interne est parfois associée à des dommages causés par le froid ou le gel (voir la section 9.10.10 pour plus de détails). En outre, l'on a avancé que certains facteurs non liés à des organismes nuisibles interviennent parfois. Par exemple, la destruction chimique des fanes peut provoquer une altération de la couleur interne ressemblant à l'altération de la couleur des tissus vasculaires, mais il entraîne généralement la formation d'un anneau étroit d'un brun pâle. Comme les inspecteurs ne sont pas pathologistes, on ne leur demande pas de préciser la cause de l'altération de la couleur.

9.9.5.1 Altération de la couleur des tissus vasculaires

Ce défaut peut être causé par un certain nombre de facteurs dont des blessures d'origine virale (attribuables à la nécrose réticulée, par exemple), fongique, bactérienne ou chimique. Il se manifeste par une légère altération de la couleur du tissu situé sous le talon. Cette altération de la couleur de l'anneau vasculaire prend la forme d'une légère réticulation ou, dans certains cas, de fortes bigarrures brunâtres dans la totalité ou une partie de l'anneau vasculaire, s'étendant parfois jusqu'au côté opposé du talon.

9.9.5.2 Nécrose de chaleur

Ce défaut est le résultat de températures élevées qui sévissent particulièrement lorsque les fanes meurent prématurément sur des sols sableux légers. Les tubercules atteints présentent des taches allant du gris ardoise au brun sur les tissus voisins du système vasculaire et parfois même sur les vaisseaux. On ne remarque aucun symptôme extérieur, et le diagnostic n'est possible qu'en sectionnant les tubercules.

9.9.5.3 Tache brune interne

Ce défaut est probablement dû à un manque d'humidité dans le sol vers la fin de la période de croissance ou pendant la récolte. On ne remarque aucun symptôme externe. Des groupes de cellules nécrosées exemptes de champignons ou de bactéries apparaissent sous forme de taches irrégulières, sèches, brunes ou de couleur rouille, ici et là dans la chair du tubercule.

L'altération de la couleur interne attribuable aux causes mentionnées ci-dessus (aux sections 9.9.5.1 et 9.9.5.2) est comptabilisée par rapport à la tolérance applicable à l'altération de la couleur interne dans les cas suivants :

  • L'altération de la couleur se manifeste près de la surface ou au talon et pénètre sur plus de 13 mm; ou
  • L'altération de la couleur se manifeste près du cœur du tubercule; ou
  • La tache brune interne peut être symptomatique d'autres maladies comme celle qui est causée par le virus du bruissement du tabac.
9.9.5.4 Cœur noir

Le cœur noir n'est pas une maladie attribuable à un agent pathogène; elle est plutôt causée par des températures élevées accompagnées d'un manque d'aération (carence en oxygène). Elle affecte principalement les pommes de terre entreposées. Les parties centrales du tubercule sont habituellement le plus gravement atteintes. Les tissus tournent au gris ardoise, puis foncent et finissent par noircir; ils peuvent s'assécher et fendre près du cœur du tubercule. Dans les cas extrêmes, les pommes de terre se décomposent complètement.

Le cœur noir est comptabilisé par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés.

9.9.6 Blessures mécaniques et coupures dues à l'arracheuse

Les pertes de pommes de terre de semence sont très souvent causées par des blessures mécaniques sous forme de coupures, de perforations et de meurtrissures. Les coupures sur les tubercules sont des blessures mécaniques faites durant l'arrachage et/ou le tri. Elles peuvent être légères ou s'étendre sur une bonne longueur ou largeur du tubercule, exposant ainsi passablement de chair.

Les pommes de terre meurtries ou blessées sont caractérisées par des lésions plus ou moins accentuées de l'épiderme. Ce genre de blessures peut prendre diverses formes : perforations, éraflures, etc. Normalement, les pommes de terre meurtries ou blessées sont vulnérables à la tache en coup de pouce ou à la pourriture sèche fusarienne.

Les blessures mécaniques et les coupures dues à l'arracheuse sont comptabilisées par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés dans les cas suivants :

La surface globale des coupures mal cicatrisées et rugueuses dépasse 10 % de la surface du tubercule, ou

Les blessures de tous genres altèrent sensiblement au moins deux yeux du tubercule.

9.9.7 Rhizoctonie (ou rhizoctone brun)

La rhizoctonie (ou rhizoctone brun) est une maladie causée par le champignon Rhizoctonia solani, identifiable sur les pommes de terre par la présence à la surface des tubercules de corps durs, noirs ou brun foncé, appelés sclérotes. Les sclérotes font penser à de la saleté qui ne part pas au lavage. Leur grosseur varie; ils vont de simples points à de larges masses pouvant avoir près de 25 mm (1 po) de diamètre. Souvent, le champignon forme des taches ou une réticulation allant de légère à importante. Il n'est pas rare, dans les cas extrêmes, que les lésions s'étendent à toute une portion du tubercule.

La rhizoctonie est comptabilisé de la même façon que la gale (voir la section 9.9.8 et le tableau 9.5). Elle est comptabilisée séparément (si seulement une maladie est présente) ou combinée à la gale (si les deux maladies sont présentes sur les tubercules inspectés).

9.9.8 Gale

On regroupe ici les maladies causées par deux types d'organismes différents : le champignon Spongospora subterranea, agent de la gale poudreuse, et la bactérie Streptomyces scabies, agent de la gale commune et des différentes formes qu'elle peut prendre. En général, ces maladies sont considérées sur le même pied par le Canada et certains pays étrangers. Toutefois, sur les marchés d'exportation, certains acheteurs font preuve d'une tolérance zéro en ce qui a trait à la gale poudreuse et la considèrent comme une maladie justiciable de quarantaine, auquel cas le chargement doit être exempt du pathogène.

9.9.8.1 Gale poudreuse

Les symptômes de la gale poudreuse sur les jeunes tubercules sont des zones soulevées d'un brun très pâle qui sont isolées ou par plaques. Au bout d'une semaine environ, sous des conditions propices à la propagation de la maladie, ces zones atteignent environ 6 mm (1/4 po) de diamètre. À la récolte et en entrepôt, les pustules ainsi formées sèchent et se désagrègent, laissant des cavités de forme ovale à circulaire remplies d'une poudre brunâtre contenant des spores. À maturité, les pustules passent au jaune brun, puis au noir. Parfois, les cavités s'agrandissent et forment des chancres dans le tubercule. Une pourriture sèche interne peut ensuite s'y développer.

9.9.8.2 Gale commune (gale en pustules)

Les premiers symptômes de la gale commune sont de minuscules lésions d'un brun rougeâtre autour des pores respiratoires (lenticelles) des jeunes tubercules. Ces lésions grossissent, foncent et forment des pustules circulaires isolées ou regroupées en de grosses masses liégeuses. Elles peuvent se présenter sous forme de taches superficielles ou de masses très rugueuses.

9.9.8.3 Gale en liège

La gale en liège peut se manifester sur la peau des pommes de terre de façon isolée ou en grandes plaques. Elle peut prendre une forme lisse ou rugueuse ou présenter des fendillements.

La forme lisse montre des taches réticulées, des striures, épaisses ou compactes, très visibles, mais lisses au toucher.

La forme rugueuse fait penser à de l'écorce ou présente une surface raboteuse. Les zones atteintes sont épaisses et contrastent avec le reste du tubercule. Lorsqu'on les brosse légèrement, elles font penser à du papier sablé à gros grains.

On comptabilise la gale de la même façon et par rapport à la même tolérance que la rhizoctonie. Le pourcentage de gale est consigné séparément, mais les totaux sont combinés sous la même tolérance lorsque les deux maladies sont présentes. Le tableau suivant indique comment évaluer la gravité de la gale et de la rhizoctonie par rapport à la tolérance.

Tableau 9.5 : Évaluation de la gravité de la gale et de la rhizoctonie
Description du tableau

Le tableau suivant explique les niveaux de classification pour la gale et les infections de Rhizoctonie, depuis des traces de gales ou de Rhizoctonie jusqu'à un stade sévère de ces maladies. Le tableau fournit aussi le pourcentage de la surface atteinte et le pourcentage toléré pour les deux maladies.

Gravité de la maladie Surface atteinte en % Tolérance en %

traces de gale ou de rhizoctonie

0 -1

non comptabilisées

atteinte légère de gale ou de rhizoctonie

1- 5

10 %

atteinte modérée de gale ou de rhizoctonie

5 - 10

5 %

atteinte sévère de gale ou de rhizoctonie

> 10

0 %

total combiné

1 - 10 %

au plus 10 %

9.9.9 Rousselure

On ne connaît pas la cause exacte de la rousselure chez les pommes de terre à peau lisse. Bien que ce défaut nuise à l'aspect extérieur et à la valeur marchande des pommes de terre atteintes, il n'entraîne pas la dégradation des pommes de terre en cours d'entreposage ou de transport.

Deux types de rousselure peuvent se produire : la rousselure lisse et la rousselure rugueuse. La rousselure lisse peut se présenter sous forme de stries ou de plaques ou recouvrir toute la pomme de terre et est lisse au toucher. La rousselure est dite rugueuse lorsque la pomme de terre présente une peau rugueuse légèrement fissurée en surface.

La rousselure est comptabilisée par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés lorsqu'elle n'est pas une caractéristique du cultivar et que plus de 50 % de la surface globale du tubercule est atteinte.

9.9.10 Moucheture du tubercule

La moucheture du tubercule, causée par Polyscytalum pustulans, est caractérisée par des zones de couleur noir violacé, légèrement soulevées, de diamètre allant jusqu'à 2 mm, isolées ou par groupes, sur la surface du tubercule. Elles peuvent être réparties au hasard sur la surface ou concentrées autour des yeux. Quelquefois, de larges zones nécrosées (mortes) se forment à la surface du tubercule. Ces zones nécrosées peuvent être enlevées, laissant des cavités circulaires de tissu sain.

La moucheture du tubercule est comptabilisée par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés ou à la pourriture sèche dans les cas suivants :

  • Les zones de couleur noir violacé légèrement surélevées qui ne pénètrent pas dans la chair couvrent au total plus de 10 % de la surface du tubercule (endommagés); ou
  • La moucheture du tubercule pénètre dans la chair et atteint plus de un œil du tubercule (pourriture sèche).

9.9.11 Insolation

L'insolation survient lorsque les tubercules sont exposés au soleil durant la saison de croissance. La peau des tubercules devient aussi verte (du à la présence de chlorophylles) que les parties aériennes du plant. Généralement, la couronne du tubercule est atteinte, mais le défaut peut n'affecter qu'une partie du tubercule. La chair peut devenir d'une couleur jaune ou crème.

L'insolation est causée par l'exposition aux rayons solaires, ce qui la distingue du verdissement qui est causé par l'exposition à la lumière artificielle en entrepôt.

Bien que l'insolation ne nuise pas toujours au pouvoir germinatif des parties atteintes (en particulier des yeux), il est généralement possible pour des inspecteurs expérimentés d'établir, sans avoir à sectionner le tubercule, s'il y a lieu de comptabiliser le défaut, par une simple évaluation de l'importance et de l'emplacement de la surface atteinte, ainsi que de l'intensité de la coloration verte.

L'insolation est comptabilisée par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés lorsque la coloration verte est si intense que plus de un œil est endommagé et que le tubercule a perdu de sa vigueur.

9.10 Défauts de condition

Les défauts de condition s'entendent des défauts qui peuvent progresser en cours de transport et qui montrent bien la nature périssable des pommes de terre de semence. Ces défauts peuvent ne pas être présents ou peuvent à tout le moins passer inaperçus au point d'expédition, mais ils peuvent se manifester en cours de transport et de manutention, à la faveur de conditions propices à leur développement, au point de dépasser les tolérances prévues. C'est d'ailleurs pour tenir compte des risques de progression des maladies en cours de transport que certains des défauts de condition font l'objet de tolérances plus grandes à destination.

Voici les défauts de condition abordés dans les sections suivantes : flétrissement bactérien, jambe noire, alternariose, mildiou, fendillements, meurtrissures, pourriture molle, pourriture sèche, hypertrophie des lenticelles, altération de la couleur externe, dommages dus au gel et au froid, verdissement, meurtrissures de pression, gale argentée, gerçures coup-d'ongle, nécrose annulaire de la pomme de terre, germes, présence d'insectes.

9.10.1 Flétrissement bactérien

Le flétrissement bactérien, causé par le pathogène Clavibacter michiganensis subsp. sepedonicus, est l'une des maladies les plus graves de la pomme de terre au Canada. Elle est extrêmement contagieuse et se transmet rapidement par les trancheuses, planteuses, arracheuses et même par les contenants. Elle fait donc l'objet d'une tolérance zéro. Il s'agit de l'un des défauts de condition pour lesquels une tolérance zéro s'applique en tout temps.

Les tubercules infectés peuvent présenter des zones rougeâtres près des yeux, ou avoir une peau qui se fendille ou renfle. Toutefois, selon le moment où survient l'infection et le dépistage, et selon le cultivar, les pommes de terre légèrement atteintes peuvent souvent paraître saines. Lorsqu'on coupe les tubercules en travers du talon, on observe dans le système vasculaire une pourriture inodore, de couleur jaune crème à brun pâle et de consistance friable à caséeuse. En pressant entre les doigts le tubercule ainsi coupé, une substance caséeuse s'échappe de la partie atteinte. Fréquemment, les tubercules infectés sont envahis par une pourriture molle et peuvent alors se désagréger laissant seulement une coquille extérieure. On trouve souvent dans les champs de ces tubercules creux. La plupart des tubercules gravement atteints ne parviennent pas au stade de l'entreposage et les infections sont identifiées au champ, mais il arrive que des tubercules infectés soient découverts en entrepôt. Lorsque les conditions et les températures d'entreposage sont appropriées, la maladie évolue peu. Par contre, sous des conditions propices à son développement, la pourriture peut progresser rapidement.

Les cas de flétrissement bactérien, quelle qu'en soit l'importance, sont toujours comptabilisés et entraînent le rejet de tous les lots de semence produits sur la même unité de production. Leur découverte déclenche aussi une enquête complète. Les tubercules soupçonnés d'être infectés par le flétrissement bactérien doivent être expédiés au Centre d'expertise des maladies de la pomme de terre, à Charlottetown (Î.-P.-É.) afin de faire confirmer le diagnostic. Tous les lots se trouvant sur les lieux de l'unité de production doivent être retenus (mis sous détention) jusqu'à ce que le laboratoire ait confirmé ou infirmé la présence de l'agent responsable du flétrissement bactérien.

9.10.2 Jambe noire et pourriture molle bactérienne

La jambe noire et la pourriture molle bactérienne sont attribuables respectivement aux bactéries Erwinia carotovora subsp. atroseptica et E. carotovora subsp. carotovora. La jambe noire tire son nom de la couleur noir encre que prend la tige juste au-dessus du sol. La pourriture typique de la jambe noire débute normalement au point d'attache du tubercule et du stolon. Les symptômes sur le tubercule prennent la forme de tissus noircis, légèrement enfoncés au talon. Ces zones s'étendent éventuellement jusqu'au centre du tubercule. La pourriture peut être molle et aqueuse, ou sèche, ne laissant parfois qu'une coquille extérieure de tissus fermes. Des infections secondaires peuvent aussi se développer.

La pourriture molle bactérienne est d'ordinaire une maladie d'entrepôt qui se manifeste par des symptômes sur le tubercule semblables à ceux de la jambe noire et qui s'accompagne d'une odeur caractéristique lorsque le tissu commence à se détériorer.

Si les tissus sont mous et aqueux, la jambe noire est comptabilisée par rapport à la tolérance applicable à la pourriture molle. Si les tissus sont secs, cette maladie est comptabilisée par rapport à la tolérance applicable à la pourriture sèche.

9.10.3 Alternariose et mildiou

Ces deux maladies, appelées en anglais early blight (alternariose) et late blight (mildiou), ont des symptômes semblables, mais elles sont imputables à deux types de champignon différents.

9.10.3.1 Alternariose.

L'alternariose, causée par le pathogène Alternatifa solani, se manifeste sur les tubercules par des lésions de couleur brun foncé à noir, de forme circulaire à allongée. Les lésions ont environ 6 à 51 mm (1/4 à 2 po) de diamètre. Elles sont souvent quelque peu renfoncées et ont des bords soulevés, de couleur pourpre. Le nombre des lésions sur les tubercules varie. Les zones atteintes peuvent faire penser aux lésions causées par le mildiou, si ce n'est que les lésions de l'alternariose sont moins profondes et nettement séparées des tissus sains par une épaisseur de tissus liégeux. La pourriture ne s'étend pas irrégulièrement aux tissus sains, comme le fait le mildiou. Entre 3 et 13 mm (1/8-1/2 po) sous les lésions, la chair des pommes de terre est noire et souvent encerclée d'une zone jaunâtre.

9.10.3.2 Mildiou.

Le mildiou, causé par le pathogène Phytophthora infestans, peut se développer sous forme de pourriture sèche ou humide, avant ou après la récolte, selon les conditions environnantes et la présence ou l'absence d'organismes secondaires. D'abord, une coloration métallique brune ou noir violacé de la peau et une coloration brun rougeâtre des tissus sous-jacents se développent et ne dépassent généralement pas 6 mm (1/4 po) de profondeur. Toutefois, des organismes secondaires peuvent intervenir et provoquer une décomposition complète ou partielle des pommes de terre infectées. Ce pathogène peut être justiciable de quarantaine dans certains marchés.

On comptabilise comme suit l'alternariose et le mildiou :

  • La forme humide est comptabilisée par rapport à la tolérance applicable à la pourriture molle; ou
  • La forme sèche donnant des lésions renfoncées qui pénètrent sur plus de 3 mm (1/8 po) dans la chair de la pomme de terre est comptabilisée par rapport à la tolérance applicable à la pourriture sèche.

9.10.4 Fendillements

Les fendillements se produisent parfois au moment de la récolte ou du conditionnement, ou après le conditionnement si les emballages sont trop remplis ou s'ils sont manipulés brusquement.

Les fendillements peuvent se présenter sous forme de fentes fraîches longitudinales qu'on doit comptabiliser lorsqu'elles nuisent sensiblement ou gravement au pouvoir germinatif de la pomme de terre.

Les fendillements sont comptabilisés par rapport à la tolérance applicable aux endommagés dans les cas suivants :

  • Le défaut ne peut être enlevé sans entraîner une perte de plus de 10 % de la surface de la pomme de terre; ou
  • Les fendillements superficiels touchent plus de un œil du tubercule.

9.10.5 Meurtrissures

Le terme meurtrissures sert à décrire des blessures récentes aux pommes de terre causées par des manipulations trop brusques. Ces blessures sont caractérisées par des ruptures allant de légères à graves de la peau des tubercules qui occasionnent presque toujours des dommages aux tissus sous-jacents. Les perforations, éraflures ou ruptures peuvent prendre des formes multiples. Dans certains lots, les meurtrissures sont presque imperceptibles, mais sont suivies d'une pourriture importante.

Les meurtrissures sont comptabilisées par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés dans les cas suivants :

  • Elles couvrent plus de 10 % de la surface globale de la pomme de terre; ou
  • Elles altèrent gravement le pouvoir germinatif ou la qualité d'expédition de la pomme de terre.

9.10.6 Pourriture molle

On entend par pourriture molle ou aqueuse une détérioration ou une baisse de qualité attribuable à une décomposition, amenée par un ou plusieurs pathogènes d'origine fongique et/ou bactérienne, qui est de nature complète et progressive. Comme les inspecteurs ne sont pas pathologistes, on ne leur demande pas d'identifier le pathogène précis qui est responsable de l'infection du tubercule.

Quelle que soit l'incidence de la pourriture molle, l'inspecteur est tenu de comptabiliser ce défaut. Voici les défauts qui sont comptabilisés par rapport à la tolérance applicable à la pourriture molle :

  • Toute forme de détérioration molle et baveuse (pourriture molle);
  • Tout spécimen qui est mou et qui suinte (dommage dû au gel décrit à la section 9.10.10);
  • Tissus mous et aqueux causés par la jambe noire (décrite à la section 9.10.2);
  • Tissus aqueux ou mous causés par l'alternariose ou le mildiou (décrite à la section 9.10.3).

9.10.7 Pourriture sèche

Ce terme sert à désigner un genre de décomposition sèche qui se développe généralement dans les entailles et les meurtrissures ou autres blessures. La pourriture sèche est causée par Fusarium spp. et/ou d'autres champignons. Ces lésions peuvent être humides, mais non mouillées. En présence de pourriture sèche active, les lots atteints qui dépassent la tolérance prescrite doivent être retenus pendant 48 heures avant d'être reclassés. Les inspecteurs appliquent les mêmes règles que pour la pourriture molle ou aqueuse en ce qui concerne l'identification de la maladie.

La pourriture sèche est comptabilisée par rapport à la tolérance applicable à la pourriture sèche lorsqu'elle pénètre la chair sur plus de 6 mm (1/4 po) ou si elle pénètre la chair sur moins de 6 mm (1/4 po), lorsqu'elle couvre plus de 10 % de la surface du tubercule.

9.10.8 Hypertrophie des lenticelles

Ce désordre est causé principalement par une humidité excessive avant la récolte. Normalement, les lenticelles des tubercules ne sont pas perceptibles à l'œil, mais, dans des conditions de forte humidité, elles se soulèvent d'environ 1,6 mm (1/16 po) pour former de nombreuses excroissances blanchâtres sur la surface de la pomme de terre. Si les tubercules sont gardés dans une atmosphère humide, les excroissances restent blanchâtres, mais, quand les pommes de terre sèchent, elles prennent la couleur de la peau et s'ouvrent légèrement en creux, créant ainsi des voies d'accès facile pour les microorganismes, notamment les bactéries de la pourriture molle.

On ne comptabilise pas l'hypertrophie des lenticelles chez la pomme de terre de semence, sauf en présence d'autres organismes pathogènes.

9.10.9 Altération de la couleur externe

L'altération de la couleur externe englobe deux défauts : chair cicatrisée et échaudure.

9.10.9.1 Chair cicatrisée

Il arrive qu'on récolte les pommes de terre sans avoir laissé le temps à la peau de mûrir, ce qui l'expose à des dommages. Avec le temps, les dommages se cicatrisent et une seconde peau se forme. Ce défaut est parfois appelé chair cicatrisée.

Les pommes de terre touchées présentent des zones d'un brun plus foncé ou plus pâle que la couleur normale de la peau. Ces zones peuvent altérer sensiblement ou gravement l'aspect de la pomme de terre. Ce genre d'altération de la couleur n'affecte en général que la peau sans nuire à la chair.

Dans le cas des pommes de terre de semence, on ne comptabilise pas la chair cicatrisée.

9.10.9.2 Échaudure

Ce défaut résulte généralement d'une déshydratation rapide des pommes de terre aux endroits pelés et de l'oxydation des tubercules immatures. Il est fréquent que les tissus exposés par la peau qui pèle s'échaudent et foncent. Dans bien des cas, la zone touchée se renfonce et est par la suite envahie d'une pourriture sèche; il arrive que cette pourriture se développe en pourriture aqueuse. Les tubercules atteints tournent plus facilement au vert ou au jaune et peuvent se ratatiner fortement. Souvent, la pourriture se développe sans qu'aucun changement à la surface ne survienne.

L'échaudure seule n'est pas comptabilisée, mais, le cas échéant, les pommes de terre atteintes peuvent être comptabilisées par rapport à la tolérance applicable à la pourriture molle ou à la pourriture sèche, ou parmi les pommes de terre non fermes.

9.10.10 Dommages dus au gel et au froid

Le point de congélation des pommes de terre varie entre -2,0 °C et -0,5 °C, principalement en fonction de la teneur en matière sèche. Certaines variétés ont un taux de matière sèche nettement plus élevé, ce qui explique en partie la variation constatée d'une variété à l'autre. Cette variation peut aussi être attribuable au degré de maturité et à la région où sont produites les pommes de terre. L'étendue des dommages est directement reliée à la sévérité des températures basses et à la période durant laquelle les tubercules y ont été exposés. Les dommages dus au gel empêchent la germination. Les dommages dus au froid réduisent la vigueur des tubercules et/ou peuvent contribuer au déclenchement de la maladie de la couveuse lorsque le tubercule-mère produit directement des tubercules sans produire de plant.

9.10.10.1 Brunissement

Le brunissement se présente comme des zones ou des taches brun rougeâtre dans la chair. Ces dommages se retrouvent à n'importe quel endroit dans la chair. Les marges ne sont pas définies et aucune ligne n'existe entre les tissus sains et les tissus colorés. Les tissus atteints ont une couleur qui varie en intensité du brun pâle au brun rougeâtre et ont une texture normale. La susceptibilité varie selon les variétés, mais lors d'une exposition assez longue à des températures froides (0 °C-1 °C), la plupart des variétés présenteront une certaine incidence de brunissement.

9.10.10.2 Dommages dus au froid, ou nécrose due au froid

Les dommages dus au froid, ou nécrose de froidure donnent aux tissus du tubercule l'aspect d'une nécrose réticulée. Des fils ou filets brun foncé à gris se forment dans le système vasculaire ou, généralement, dans toutes les directions du tubercule, donnant ainsi l'impression d'un réseau. Si la nécrose est imputable au gel, on constate d'habitude divers stades de décomposition. Si l'inspecteur croit que le dommage s'est produit par le froid, il comptabilise les pommes de terre atteintes par rapport à la tolérance applicable à la pourriture molle; autrement, il les comptabilise par rapport à la tolérance applicable à l'altération de la couleur interne.

9.10.10.3 Dommages dus au gel

Les dommages dus au gel se manifestent par une décomposition complète et une pourriture aqueuse des tubercules atteints. Dans certains cas, comme chez les pommes de terre gelées au champ, où une partie seulement du tubercule est atteinte, les tissus avariés se dessèchent tôt ou tard. Dans ce cas, les parties atteintes du tubercule se ratatinent, se dessèchent et deviennent très dures et grises. Chez certains tubercules gelés, des taches ou des zones gris foncé qui font penser au cœur noir se développent dans les tissus internes. En général, les tubercules gelés se décomposent complètement et présentent des symptômes très variés, le plus souvent ceux d'une pourriture aqueuse.

Lorsque l'inspecteur soupçonne que les tubercules ont été exposés au gel ou à des températures froides, il doit, dans la mesure du possible, retenir les tubercules pendant 24-48 heures. Chez les tubercules ayant été soumis au gel, les symptômes de dommages se manifestent habituellement au bout de 24-48 heures après le retour à une température normale.

On comptabilise les dommages dus au gel ou au froid dans les cas suivants :

  • Les tubercules présentent un dommage quelconque attribuable au gel (c.-à-d. pourriture aqueuse ou suintement). Comptabiliser ce défaut par rapport à la tolérance applicable à la pourriture molle;
  • Tout type d'altération de la couleur interne due au froid pénètre sur plus de 13 mmpo) dans la chair. Comptabiliser ce défaut par rapport à la tolérance applicable à l'altération de la couleur interne.

Nota : Lors d'une plainte portant sur des tubercules endommagés par le gel, il est très important de déterminer, dans la mesure du possible, l'endroit où les tubercules ont été endommagés : dans l'entrepôt, une fois emballés et/ou dans le véhicule.

9.10.11 Verdissement

On trouve des pommes de terre atteintes de verdissement dans les entrepôts et les magasins, suite à leur exposition à un éclairage artificiel. Ce désordre peut avoir des conséquences graves, car il peut indiquer des niveaux accrus de solanine. La peau des tubercules aux endroits exposés devient verdâtre ou verte. Habituellement, la chair sous-jacente prend une coloration jaunâtre ou crème. Toute partie du tubercule peut être atteinte. Habituellement, les pommes de terre atteintes de verdissement sont d'un vert plus pâle que les pommes de terre atteintes d'insolation. On ne doit pas confondre le verdissement avec les cas d'insolation. Pour la description des insolations, voir la section 9.9.11 de ce chapitre.

On ne comptabilise pas le verdissement.

9.10.12 Meurtrissures de pression

Les meurtrissures de pression se produisent en entrepôt sur quelques tubercules, tard dans la saison. Il semble y avoir une corrélation entre la maturité, les conditions d'entreposage et les meurtrissures de pression. Ce défaut est souvent le résultat de la pression causée par le contact des pommes de terre entre elles ou avec le plancher. Le plus souvent, on n'observe aucune altération de la couleur de la chair sous-jacente au moment du conditionnement. Cependant, une coloration grisâtre ou noirâtre peut se développer dans les tissus atteints. Il est impossible, d'après l'aspect des parties comprimées ou aplaties, de prévoir si la coloration se produira et quelle en sera l'ampleur.

Les meurtrissures de pression sont comptabilisées par rapport à une tolérance spéciale de 5 % applicable aux meurtrissures de pression lorsque les zones qui sont déprimées et dont la couleur est altérée couvrent plus de 10 % de la surface du tubercule.

9.10.13 Gale argentée

La gale argentée, causée par Helminthosporium solani, est caractérisée par la couleur grisâtre de la peau et par son aspect lisse comme du cuir. Elle est plus apparente à cause de son éclat argenté lorsque les tubercules sont mouillés. Cet éclat argenté est causé par un champignon qui s'introduit dans les tubercules par les lenticelles et l'épiderme.

Après un séjour prolongé en entrepôt, dans des conditions chaudes et humides, les pommes de terre paraissent maculées ou fuligineuses. La maladie peut se répandre en entrepôt, surtout quand les températures et l'humidité sont élevées. Généralement, on ne constate pas d'infection secondaire.

On comptabilise la gale argentée par rapport à la tolérance applicable à la pourriture sèche ou à la tolérance applicable aux tubercules endommagés dans les cas suivants :

  • Le défaut altère gravement le pouvoir germinatif de la pomme de terre en raison d'une peau très ridée, ratatinée ou trouée. Comptabiliser ce défaut par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés.
  • Le défaut couvre plus de 10 % de la surface de la pomme de terre et la chair sous-jacente est très sèche ou liégeuse. Comptabiliser ce défaut par rapport à la tolérance applicable à la "pourriture sèche".

9.10.14 Gerçures coup-d'ongle

Ce désordre est causé par des manipulations trop brusques ou une atmosphère trop sèche ou est associé à des changements brusques de température. Les gerçures coup-d'ongle ressemblent aux marques que laisserait l'ongle d'un pouce enfoncé dans le tubercule. La surface se couvre de nombreuses fissures en forme de croissant que l'on peut parfois confondre avec les symptômes du flétrissement bactérien. Les tubercules se dessèchent rapidement et se ratatinent, à moins d'être entreposés en milieu humide.

On ne comptabilise pas les gerçures coup-d'ongle.

9.10.15 Nécrose annulaire de la pomme de terre

Cette maladie est habituellement causée par deux virus : le virus du bruissement du tabac et/ou le virus du sommet touffu de la pomme de terre (PMTV, Mop-Top). Les tubercules atteints présentent des cercles, des demi-cercles ou des taches à la surface avec des marques analogues dans les tissus internes. Souvent, la peau des tubercules recouvrant quelques-uns de ces anneaux bruns affaissés se fendille. Les tissus atteints sont modérément fermes et liégeux. Certaines infections mineures peuvent se manifester par des symptômes semblables à ceux de la tache brune interne.

Soumettre tout tubercule présentant des signes de nécrose annulaire de la pomme de terre au Centre d'expertise des maladies de la pomme de terre, à Charlottetown (Î.-P.-É) afin de faire confirmer le diagnostic. Si le diagnostic de virus du bruissement du tabac ou du virus du sommet touffu de la pomme de terre est confirmé, il faut procéder à la décertification du lot.

Dans le cadre du programme de certification des pommes de terre de semence, le virus du bruissement du tabac et le virus du sommet touffu de la pomme de terre font l'objet d'une tolérance zéro.

9.10.16 Germes

9.10.16.1 Germes externes

Au point d'expédition

On comptabilise les germes externes lorsque leur longueur dépasse 20 mm (3/4 po).

À destination

On comptabilise les germes externes lorsque leur longueur dépasse 25 mm (1 po).

Nota : Une tolérance de 10 %, en nombre, des pommes de terre du lot est autorisée relativement aux pommes de terre de semence classées. Cette tolérance ne doit pas être incluse dans la tolérance générale. Cela signifie que 10 % des tubercules peuvent présenter des germes qui dépassent la longueur maximale prescrite, mais que les 90 % restants ne doivent pas avoir de germes dépassant la longueur maximale prescrite.

9.10.16.2 Germes internes

Les germes internes sont un problème quand les pommes de terre sont entreposées pendant de longues périodes à des températures élevées (approchant les 16 °C) ou qu'elles ont subi un traitement d'inhibition de la germination. Les germes se développent à l'intérieur et causent des renflements et des fissures dans le tubercule. Parfois, de nouveaux tubercules de faibles dimensions se forment à l'intérieur du tubercule-mère. Les germes internes sont comptabilisés par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés lorsqu'ils touchent plus de un œil par tubercule de semence.

9.10.17 Présence d'insectes

Comptabiliser la présence de tout insecte ou ver et soumettre au besoin des spécimens au laboratoire d'entomologie aux fins d'identification. Indiquer si les insectes étaient vivants ou morts au moment où ils ont été découverts.

9.11 Tolérances applicables aux tubercules

Tableau 9.6 : Tableau des tolérances applicables aux défauts ou aux maladies des tubercules
Description du tableau

Le tableau suivant détaille le niveau de tolérance envers les maladies ou défauts selon leur pourcentage après leur dénombrement au point d'expédition, puis à destination.

Article Colonne I : Maladie ou défaut Colonne II : Pourcentage, en nombre, au point d'expédition Colonne III : Pourcentage, en nombre, à destination

1

Pourriture molle, aqueuse

0,1

0,5

2

Pourriture sèche, y compris le mildiou

1

1

3

Gale et rhizoctonie combinées

(a) légère

(b) modérée

 

10,0

  5,0

 

10,0

  5,0

4

Altération de la couleur du talon due au défanage, au gel, à la chaleur ou à la sécheresse, pénétrant sur 6 à 13 mm

4

4

5

Difformités et endommagés

2

3

Nota : Le total des tolérances combinées applicables aux défauts permanents et aux défauts de condition (à l'exception des tolérances applicables à des incidences légères de gale et de rhizoctonie et à l'altération de la couleur du talon) ne doit pas dépasser 5 % du nombre total de tubercules du lot. La tolérance applicable à une maladie en particulier ou à un défaut en particulier ne doit jamais être dépassée; de plus, 5 % des tubercules d'un lot peuvent être endommagés par des meurtrissures de pression.

Voici trois exemples qui peuvent expliquer les tolérances applicables aux pommes de terre de semence à destination :

Exemple # 1 : Le lot est exempt de pourriture molle et présente 1 % de pourriture sèche et 2,5 % de blessures qui sont comptabilisées par rapport à la tolérance applicable aux tubercules endommagés. La partie II du Règlement sur les semences autorise jusqu'à 1 % de pourriture sèche et 3 % de tubercules endommagés à destination. Le chargement répond donc aux exigences de la partie II du Règlement sur les semences applicables aux tubercules à destination. Si l'inspection était faite au point d'expédition, le chargement ne répondrait pas aux normes.

Exemple # 2 : Le lot présente 3 % de défauts permanents (2 % d'excroissances enlevées, 0,5 % d'insolation et 0,5 % de difformités (formes atypiques)) et 0,3 % de mildiou avec détérioration aqueuse. La partie II du Règlement sur les semences autorise jusqu'à 0,5 % de pourriture molle (le mildiou avec détérioration aqueuse doit être comptabilisé par rapport à la tolérance applicable à la pourriture molle) et 3 % de tubercules difformes ou endommagés. Ce lot répond aux exigences applicables aux tubercules à destination.

Exemple # 3 : Le lot présente 3 % de gale modérée, 5 % de rhizoctonie légère, 2 % de rhizoctonie modérée, 1,5 % de tubercules difformes, 2 % d'altération de la couleur interne (cœur noir) et 3,5 % d'altération de la couleur du talon (défanage excessif). La partie II du Règlement sur les semences tolère 5 % de maladies et de défauts combinés, à l'exception des incidences légères de gale et de rhizoctonie et de l'altération de la couleur du talon. Ce lot ne satisfait donc pas aux exigences de la partie II du Règlement sur les semences du fait que les maladies et les défauts combinés dépassent la limite de 5 % : 3 % de gale modérée, 2 % de rhizoctonie modérée, 2 % d'altération de la couleur interne (tubercules endommagés) et 1,5 % de tubercules difformes.

Nota : Ni l'altération de la couleur du talon de 3,5 %, ni la gale légère de 5 % n'entrent dans le calcul servant à déterminer le respect de la tolérance de 5 %.Consigner toutes les observations dans le rapport (Inspection des tubercules de pommes de terre de semence CFIA/ACIA 3076).

Annexe 9-1 Évaluation de la gravité des maladies à la surface des tubercules

Dans le but d'établir une échelle uniforme, des études ont déterminé avec précision à l'aide d'un équipement sensoriel le pourcentage de la surface des tubercules qui est endommagé par des maladies. On trouve aux annexes 9-1.1 et 9-1.2 des clés qui ont été mises au point par suite de ces études et qui donnent une indication précise de la gravité des maladies.

Méthode : Déterminer à l'aide de la clé le pourcentage de la surface des tubercules échantillonnés qui est endommagé par la maladie.

Évaluation de la gravité : Calculer la moyenne de la surface endommagée de l'ensemble des tubercules évalués.

Les échelles de toutes les clés sont exprimées en pourcentage. Même si seulement quelques degrés d'infection sont illustrés (c.-à-d. 1, 5, 10 et 15 %), il est facile de faire une extrapolation lorsque la réalité correspond à des degrés d'infection plus grands. Le résultat de l'extrapolation sera plus ou moins juste selon la capacité de l'observateur à déceler des différences dans les degrés d'infection. Le pourcentage d'infection noté dans les diagrammes suivants représente la surface réelle couverte par les lésions illustrées.

Annexe 9-1.1 Clé d'évaluation de la gravité de la gale commune (Streptomyces scabies)

L'image suivante est une légende de la gale commune de la pomme de terre, démontrant différentes intensités de gales sur la partie visible de la pomme de terre et indiquant chaque pourcentage correspondant.
Image - Annexe 9-1.1 Clé d'évaluation de la gravité de la gale commune
Description de l'annexe 9-1.1

L'image est celle de quatre pommes de terre placées en deux rangées et deux colonnes. L'image démontre différentes intensités de gales sur la partie visible de la pomme de terre et indique chaque pourcentage correspondant à la quantité de gales visibles.

  • La première pomme de terre, en haut à gauche, représente une pomme de terre dont 1% de la surface est affectée par la galle. Il n'y a que 3 points noirs sur celle-ci.
  • La seconde, en haut à droite, illustre une pomme de terre dont 5% de la surface est affectée par la galle. Les points noirs sont plus nombreux, mais encore clairsemés.
  • La troisième, en bas à gauche, représente une pomme de terre dont 10% de la surface est affectée par la galle et les points noirs sont moins clairsemés.
  • Finalement, la quatrième, en bas à droite, illustre une pomme de terre dont 15% de la surface est affectée par la galle, ce qui fait rend les points noirs plus abondants.

Annexe 9-1.2 Clé d'évaluation de la gravité de la rhizoctonie (Rhizoctonia solani)

L'image suivante est une légende de la rhizoctonie (ou rhizoctone brun) des pommes de terre, démontrant différentes quantités de rhizoctonie sur la partie visible de la pomme de terre et indiquant chaque pourcentage correspondant.
Image - Annexe 9-1.2 Clé d'évaluation de la gravité de la rhizoctonie
Description de l'annexe 9-1.2

L'image est celle de quatre pommes de terre placées en deux rangées et deux colonnes. L'image démonte différentes quantités de rhizoctonie sur la partie visible de la pomme de terre et indique chaque pourcentage correspondant aux infections visibles.

  • La première pomme de terre, en haut à gauche, représente une pomme de terre dont 1% de la surface est affectée par la rhizoctonie. Il n'y a que quelques points noirs sur celle-ci.
  • La seconde, en haut à droite, illustre une pomme de terre dont 5% de la surface est affectée par la rhizoctonie. Les points noirs sont plus nombreux, mais encore clairsemés.
  • La troisième, en bas à gauche, représente une pomme de terre dont 10% de la surface est affectée par la rhizoctonie et les points noirs sont moins clairsemés.
  • Finalement, la quatrième, en bas à droite, illustre une pomme de terre dont 15% de la surface est affectée par la rhizoctonie, ce qui rend les points noirs plus abondants sur toute la surface du tubercule.

Annexe 9-2 Forme des pommes de terre

L'image suivante montre des silhouettes de pommes de terre et illustre leurs différentes formes, telles qu'une forme d'haltère, recourbée, pointue ou bosselée.
Image - Annexe 9-2 Forme des pommes de terre
Description de l'annexe 9-2

Cette image montre des silhouettes noires de pommes de terre, ce qui illustre les différentes formes qu'elles peuvent avoir.

  • Il y a quatre formes différentes dans l'image :
    • une pomme de terre en forme d'altère,
    • une courbée,
    • une pointue
    • et une bosselée.
  • La pomme de terre en haut à gauche de l'image a une forme d'altère : ses deux extrémités sont larges et courbent vers l'intérieur, ce qui rend le centre plus étroit.
  • La deuxième, en haut à droite de l'image, est d'une forme courbée : elle se courbe vers le bas en deux endroits, ce qui cause une concavité en son centre.
  • La troisième, en bas à gauche de l'image, a une forme pointue : elle est ronde avec une extrémité qui s'allonge en pointe.
  • Finalement, la pomme de terre en bas à droite est d'une forme bosselée, c'est-à-dire qu'elle a trois bosses qui sortent de son centre.

Annexe 9-3 Inspection des tubercules de pommes de terre de semence (CFIA/ACIA 3076)

L'image suivante est un exemple du rapport d'Inspection des tubercules de pommes de terre de semence (CFIA/ACIA 3076).
Image - Annexe 9-3 Inspection des tubercules de pommes de terre de semence
Description de l'annexe 9-3

Cette image est un exemple du rapport d'Inspection des tubercules de pommes de terre de semence qui est destiné à être utilisé par les inspecteurs durant leur inspection des tubercules de pommes de terre de semence. Le rapport a une section dans le haut du formulaire, à droite, pour les informations portant sur la date de l'inspection et sa raison (cellule, récolte, expédition, au quai et réinspection), le nom de l'expéditeur, le numéro de certificat et le numéro du producteur. Dans une autre section du haut du formulaire, à gauche, il y a des cases à cocher selon l'information concernant le code de denrée, l'inspection, le lieu visité, l'échantillon, l'analyse, l'action de contrôle, la documentation, l'enquête et l'inventaire. Le formulaire a également une section pour indiquer la variété, la classe, le nombre de contenants, ainsi que leur capacité, et s'il s'agit d'un envoi en vrac, en cageots ou en sacs. La partie principale du formulaire est constituée de petites cases pour inscrire l'information suivante : le nombre de tubercules par compte, la présence de pourritures aqueuses ou sèches, la présence d'une décoloration interne, si le produit est endommagé ou non-régulier ou d'une variété étrangère, s'il y a des traces de gale ou de Rhizoctonie et le nombre de tubercules trop gros ou trop petit (par poids). La section de droite du formulaire sert à indiquer le lieu d'inspection, le calibre des tubercules, l'estimation de la récolte, la température de l'endroit d'entreposage et des tubercules, le numéro du véhicule, la destination et le poids de l'envoi. La partie inférieure du formulaire a des espaces pour des observations, la signature de l'inspecteur, son numéro, son nom et la date de signature.

Date de modification :