Instructions particulières : Procédures d'inspection des cultures de céréales

IP 142.1.2-2

Table des matières

Date

La présente version des IP sur l'inspection des cultures de céréales a été publiée le 15 avril 2005.

Personne - ressource

La personne responsable des Instructions particulières (IP) du Programme des semences est le chef, Importation et marché intérieur, Section des semences.

Révision

Les présentes Instructions particulières du Programme des semences seront examinées périodiquement et modifiées s'il y a lieu, de manière à continuer de répondre aux besoins.

Approbation

Les présentes Instructions particulières du Programme des semences sont approuvées par :


Directeur, Division de la production des végétaux


Date

Distribution

La version la plus à jour du présent document est affichée sur le site Internet de l'ACIA. L'original signé est conservé par le gestionnaire national, Section des semences.

0.0 Introduction

L'inspection des cultures de semences généalogiques vise à fournir à l'Association canadienne des producteurs de semences (ACPS) un examen impartial de ces cultures, mené par une tierce partie, ainsi qu'un rapport décrivant les conditions d'isolement, l'état et la pureté variétale de chaque culture. Il incombe à l'inspecteur de décrire la culture telle qu'elle est au moment de l'inspection.

1.0 Portée

Les présentes Instructions particulières (IP) du Programme des semences décrivent en grandes lignes les méthodes qu'un inspecteur officiel doit utiliser pour examiner les cultures de semences de blé, d'orge, d'avoine, de triticale ou de seigle en vue de l'attribution d'une classe généalogique. Ces méthodes d'inspection garantissent à l'ACPS que les semences produites ont été évaluées quant à leur conformité aux exigences de pureté variétale et aux normes de culture énoncées dans la circulaire 6 de l'ACPS, Règlement et procédures canadiens pour la production des semences pédigrées.

2.0 Références

Les publications consultées pour la rédaction des présentes IP sont celles mentionnées dans le CRPS 111, la PSQ 142.1 (Programme d'inspection des cultures de semences généalogiques), la Circulaire 6 de l'ACPS (Règlement et procédures canadiens pour la production des semences pédigrées) ainsi que la publication de l'ACPS intitulée Épuration des semences de céréales sur pied.

Les publications suivantes ont également été utilisées :

  1. Fehr, Walter R., Principles of Cultivar Development, Volume 2, Crop Species, London, 1987.
  2. Stoskopf, Neal C., Cereal Grain Crops, Virginia, 1985.
  3. Hervey-Murray, C.G., The Identification of Cereal Varieties
  4. http://www.hort.purdue.edu/newcrop/proceedings1996/V3-156.html

3.0 Définitions

Pour les besoins des présentes IP, les définitions données dans le CRPS 101 et les suivantes s'appliquent :

Anthèse
Stade de la floraison durant lequel les anthères s'ouvrent, le pollen est libéré, et les stigmates sont prêts à recevoir le pollen dispersé.
Anthocyane
Pigment variant du rouge au violet ou au bleu.
Arête
Prolongement marqué de la glume ou du lemma.
Baguette
Axe de l'épillet, où sont portées les fleurs.
Balle
Fragments de paille ainsi que glumes et glumelles enlevés du grain au cours du battage ou de la transformation.
Circulaire 6
Règlement et procédures canadiens pour la production des semences pédigrées, de l'Association canadienne des producteurs de semences.
Couche d'aleurone
Couche granuleuse de protéines située en périphérie de l'albumen de la graine des céréales et d'autres plantes. Chez l'orge, ses diverses colorations sont utilisées pour distinguer les variétés.
Description de la variété
Liste détaillée des caractères sur lesquels est fondée l'identification de chaque variété.
Fleur
Ensemble des étamines, carpelles et lodicules enveloppés par un lemma et un paléa.
Fatuoïde
Se dit d'une forme mutante d'avoine parfois appelée « fausse folle avoine ». En général, ses arêtes noires, épaissies et proéminentes sont faciles à distinguer à maturité.
Glabre
Sans projections ni pubescence.
Glume
Chacune des deux bractées situées à la base de l'épillet, chez les céréales et les autres graminées.
Glumelle
Chacune des deux enveloppes extérieures du grain, appelées lemma et paléa, qui peuvent être faciles à détacher, comme chez le blé, ou adhérer au grain, comme chez l'orge vêtue.
Hors-type
Sujet qui, dans un champ de semences, présente un ou plusieurs caractères différents de ceux mentionnés dans la description officielle de la variété.
Inflorescence
Chez les céréales, partie supérieure de la plante, comprenant les fleurs et un axe central, le rachis.
Lemma
Glumelle inférieure de la fleur ou du grain. Chez le blé, le lemma est facile à enlever par battage; que chez l'orge et l'avoine vêtues, il peut adhérer au grain.
Monoïque
Se dit d'une espèce dont les organes reproducteurs mâles et femelles sont portés par le même sujet.
Noeud
Point de la tige où apparaissent les feuilles, les pousses ou les fleurs.
Nom variétal
Nom donné à la variété par le sélectionneur ou le détenteur de la semence et figurant sur les documents d'enregistrement de la variété, ou dans les dossiers de l'ACPS, s'il s'agit d'une espèce pour laquelle l'enregistrement des variétés n'est pas requis.
Nu
Se dit du grain qui ne possède pas d'enveloppe extérieure ou dont cette enveloppe est facile à détacher.
OCDE
Organisation de coopération et de développement économiques.
Paléa
Glumelle supérieure de la fleur ou du grain. La glumelle inférieure est appelée lemma.
Panicule
Inflorescence de l'avoine, constituée d'un axe central et de ramifications primaires et secondaires.
Pollinisation
Transfert de pollen depuis une anthère (organe mâle de la fleur) jusqu'à la surface du stigmate (extrémité du pistil, organe femelle de la fleur).
Pollinisation libre
Transfert de pollen d'une plante à l'autre par le vent ou les insectes.
Rachis
Prolongement de la tige, où sont fixés les épillets.
Ressemis spontané
Sujet dont la présence n'est pas souhaitée et qui est issu de graines laissées par la culture ou le réensemencement précédents.
Speltoïde
Se dit de formes mutantes communes dans les champs de blé. Il en existe plusieurs variantes, dont la plus commune et remarquable, appelée en anglais Tall Late, donne une plante plus haute et plus tardive que la forme normale de la variété de blé. Les épis sont plus longs, plus minces et distinctement rétrécis de la base au sommet. Les glumes sont fortement carénées, leur troncature est carrée, et elles sont rigides et ne peuvent pas être décollées de l'épillet sans se briser. Les formes speltoïdes tendent à s'éliminer d'elles-mêmes, en raison de leur maturation tardive et de leur grain petit, peu fertile et difficile à battre.
Épillets surnuméraires
Épillets supplémentaires produits par une forte proportion des épis, chez certaines variétés de blé et de triticale. Ces épillets apparaissent aux noeuds inférieurs, à angle droit par rapport aux épillets normaux. Leur taille et leur développement sont variables. Chez les variétés qui produisent beaucoup d'épillets surnuméraires, les épis ont un aspect échevelé ou irrégulier, parce que ces épillets sont disposés de manière aléatoire le long du rachis, ce qui rend moins évidente la disposition alterne des épillets normaux.
Variant
Toute plante ou semence qui : (a) est distincte de la variété mais apparaît spontanément au sein de celle-ci; (b) est stable et prévisible, avec une certaine fiabilité par rapport aux autres variétés de la même espèce, à l'intérieur de limites de tolérance connues; (c) faisait partie de la variété au moment de sa mise en circulation et n'est pas un hors-type.

Méthodes d'inspection particulières

4.1 Examen de la demande d'inspection

L'inspecteur commence par examiner la demande et/ou les formulaires préimprimés. Si certains des renseignements requis manquent, ou si d'autres renseignements sont nécessaires, il communique avec l'auteur de la demande pour s'assurer d'avoir tous ces renseignements avant d'entreprendre l'inspection de la culture.

Comme il est décrit dans la Circulaire 6 (Règlement et procédures pour la production des semences pédigrées), les exigences en matière d'usage précédent du terrain et de bandes d'isolement ont été augmentées pour certaines variétés de céréales. Ainsi, la largeur minimale des bandes d'isolement a été augmentée pour au moins une variété d'orge. Il est donc essentiel d'étudier la description de la variété et de vérifier dans la demande l'usage précédent du terrain, afin d'évaluer les risques d'apparition de ressemis spontanés.

4.2 Exigences en matière d'inspection

Chaque récolte doit être inspecté une fois, entre l'épiaison et la maturité. Les cultures qui ne sont pas inspectées au moment convenant le mieux à la détermination de la pureté variétale peuvent être refusées.

Les méthodes d'inspection des semences généalogiques décrites dans la PSQ 142.1 doivent être utilisées.

L'inspecteur doit étudier la description de la variété, afin de bien connaître les caractères de la variété et de ses variants tolérés. Dans le cas des variétés cultivées pour le grain, dont l'enregistrement est obligatoire, la description est disponible dans le Système d'enregistrement des produits (SEP).

Le blé, l'orge, l'avoine, le triticale et le seigle peuvent tous être cultivés comme fourrage vert. Dans le cas des variétés destinées à cette fin, l'enregistrement n'est requis que pour le blé et l'orge, et une description ne figurera dans le SEP que s'il s'agit d'une de ces deux céréales. Dans le cas de l'avoine, du triticale et du seigle cultivés comme fourrage vert, l'enregistrement de la variété n'est pas obligatoire, et il faut obtenir la description de l'ACPS, du sélectionneur ou de la compagnie qui distribue les semences.

L'inspecteur trouvera à l'annexe V une description générale des diverses espèces de céréale et des caractères servant à en identifier les variétés.

4.3 Inspection du champ

Avant de commencer l'inspection, l'inspecteur doit s'assurer qu'il se trouve au bon endroit. Il doit vérifier à cet égard les cartes et les autres indications se trouvant dans la demande.

L'inspecteur doit parcourir la récolte à pied, selon un trajet prédéterminé, et prendre des notes sur la bande d'isolement, sur l'état et la pureté variétale de la culture, sur la présence éventuelle de mauvaises herbes nuisibles, ou de mauvaises herbes et autres plantes dont les graines sont difficiles à séparer, ainsi que sur la présence de maladies. Il doit porter une attention particulière aux secteurs voisins de sources possibles de contamination, comme les fossés, les cellules de stockage au champ, les bords de chemin et les fosses à déjections animales. Il doit effectuer au moins six comptages par récolte, le long du trajet prédéterminé, afin d'obtenir des résultats qui soient le plus représentatifs possible de l'ensemble du champ.

4.4 Préparation du Rapport d'inspection de récoltes de semence

Le formulaire préimprimé Rapport d'inspection de récoltes de semence (CFIA/ACIA 1115) doit être rempli à partir des notes prises sur le terrain pendant l'inspection elle-même. Si aucun exemplaire du formulaire préimprimé n'est disponible et qu'un formulaire vierge doit être utilisé, il faut en inscrire la raison dans la section « Commentaires ».

Les renseignements doivent être inscrits de manière complète, exacte et lisible dans le formulaire, afin qu'ils puissent ensuite être saisis correctement par l'ACPS. Sinon, le producteur risque d'être pénalisé financièrement, dans le cas où la classe généalogique de ses semences n'est pas reconnue. L'inspecteur ne doit pas présumer de la décision de l'ACPS d'accepter ou refuser la classe généalogique. Le contenu du rapport d'inspection de récoltes de semence doit demeurer confidentiel en toutes circonstances. Aucune des cases ne doit être laissée en blanc, et l'inspecteur doit s'efforcer de respecter l'orthographe.

Les points suivants sont à retenir au moment de remplir le rapport.

Comme le seigle est une espèce à pollinisation libre, l'inspecteur doit porter une attention particulière aux cultures voisines. Dans le rapport, il doit veiller à remplir la section « Culture en pollinisation libre ». Il doit notamment inscrire la variété à laquelle appartiennent les autres cultures de seigle se trouvant proche à la récolte inspectée; il doit également inscrire la distance à laquelle se trouvent ces cultures et préciser, le cas échéant, leur classe généalogique. Si la distance d'isolement a été assurée par l'élimination d'une partie de la culture inspectée, préciser la largeur de la bande ainsi dénudée.

Seuls les codes et abréviations reconnus par l'ACPS, énumérés à l'annexe IV peuvent être utilisés dans le Rapport d'inspection de récoltes de semence.

Autres Récoltes, Mauvaises herbes difficiles à enlever et mauvaises herbes nuisibles doivent être indiquer dans la manière descrite dans les Annexes I et II. Les mauvaises herbes nuisibles interdites doivent être signaler par l'expression de fréquence.

La superficie des parcelles Select doit être inscrite sous forme de dimensions linéaires, en mètres. Si l'inspecteur soupçonne que les parcelles sont plus grandes que celles permises par la Circulaire 6, il doit prendre des mesures pour appuyer ses observations, signaler la superficie potentiellement excessive au producteur et lui recommander de communiquer avec l'ACPS pour discuter des solutions possibles.

Si l'inspecteur observe le charbon nu véritable dans un champ d'orge, il doit l'indiquer dans le Rapport d'inspection de récoltes de semence, dans la case « Maladie » de la section « État de la culture ».

Quand on note les fatuoïdes, ou la folle avoine dans une culture d'avoine, il faut les inclure dans les comptages. En cas de la folle avoine, on la signaler dans la section « Mauvaises herbes difficiles à Enlever ». En cas des fatuoïdes, on les signaler dans la section « Hors-types ou Autres Variétes ». Quand on trouve la folle avoine dans les céréales sauf l'avoine, on la signaler dan la section « Mauvaise herbes nuisibles » par l'expression de fréquence.

Autant dans l'ouest que dans l'est du Canada, la présence de sarrasin de Tartarie doit être signalée dans la case « Mauvaises herbes indésirables ». Si le sarrasin de Tartarie pousse dans un champ de sarrasin, il doit figurer dans les comptages de « mauvaises herbes difficiles à enlever ».

Annexes

Annexe I : Espèces à signaler dans les comptages

Liste des « autres espèces ou mauvaises herbes difficiles à enlever » dont la présence doit être signalée.

  CULTURE INSPECTÉE AUTRES RÉCOLTES À DECLARER
DANS LES COMPTAGES
CÉRÉALES Orge Toutes les céréales, sarrasin
Avoine Toutes les céréales, fatuoïdes
Seigle Toutes les céréales
Triticale Toutes les céréales
Blé Toutes les céréales

Annexe II : Mauvaises herbes à signaler dans les récoltes des céréales

Culture Inspectée Mauvaises herbes difficiles
à enlever
(déclarer dans les comptages)
Mauvaises Herbes Indésirables
(decrivez par une expression de fréquence)
Avoine Folle avoine Gaillet gratteron
Patience crépue
Badanette épineuse
Tabouret des champs
Sarrasin de Tartarie
Sarrasin sauvage
Moutardes des champs
Orge
Seigle
Triticale
Blé
Aucunes Gaillet gratteron
Patience crépue
Badanette épineuse
Tabouret des champs
Sarrasin de Tartarie
Sarrasin sauvage
Moutardes des champs
Folle avoine

Annexe III : Synonymes communs des termes morphologiques

Arête : barbe
Lemma : lemme, glumelle inférieure
Paléa : glumelle supérieure
Pruineux : glauque
Pubescent : poilu
Tige : chaume, paille

Annexe IV: Codes et abréviations utilisés et reconnus par l'ACPS

Autres abréviations pouvant être utilisées par l'inspecteur

Abréviation Impureté Abréviation Impureté
2R à deux rangs G2X glumes à arête mesurant deux fois la longueur de la glume
2RRA à deux rangs et à arêtes rugueuses G3X glumes à arête mesurant trois fois la longueur de la glume
2RSA à deux rangs et à arêtes lisses GBL glumes à bec long
6R à six rangs GBS glumes à bec court
6RRA à six rangs et à arêtes rugueuses HO avoine nue
6RSA à six rangs et à arêtes lisses HRSW blé roux vitreux de printemps
AL à arêtes longues LM plus tardif (moins mûr)
AR à arêtes rugueuses NA non aristé (sans arêtes)
ARCH aristé et à glumes rouges NABGT non aristé, à glumes brunes, à plante haute
ARCT aristé, à glumes rouges et à plante haute NARC non aristé, à glumes rouges
AS à arêtes courtes NARCT non aristé, à glumes rouges et à plante haute
ASSM à arêtes demi-lisses NAT non aristé, à plante haute
AST à arêtes lisses et à plante haute NAWC non aristé, à glumes blanches
AT aristé et à plante haute NAWGT non aristé, à glumes blanches et à plante haute
AW à arêtes blanches RC à glumes rouges
AWC aristé et à glumes blanches RS vitreux de printemps
AWCT aristé, à glumes blanches et à plante haute SA à arêtes lisses
BA à arêtes noires TCO avoine à glumes havane
BARB à barbules TL plante plus haute et plus tardive
BAT à arêtes noires et à plante élevée TLGO avoine vert pâle plus haute
BCH à glumes brunes TPLA plante plus haute, avec du violet à l'aisselle des feuilles
ER à plante dressée TPS plante plus haute avec du violet sur la tige
FAT forme fatuoïde WCT à glumes blanches et à plante plus haute
FWO forme fatuoïde (fausse folle avoine) WO folle avoine
GIX glumes à arête de la même longueur que la glume    

Annexe V : Descriptions des espèces de céréales

La présente annexe décrit les caractères observables au moment de l'inspection chez les principales espèces communément cultivées pour la production de semences généalogiques.

L'inspecteur doit examiner ces caractères pour établir la pureté variétale de la culture, en consultant la description de variété obtenue du Système d'enregistrement des produits. Si une telle description n'est pas disponible parce que l'enregistrement n'est pas obligatoire, comme dans le cas des variétés d'avoine, de triticale et de seigle destinées à la production de fourrage vert, l'inspecteur doit plutôt consulter la description se trouvant sur un formulaire 300 de l'ACPS.

Le tableau suivant décrit certains caractères utilisés pour identifier les variétés chez plusieurs espèces de céréales. Les caractères utilisés chez une seule espèce sont décrits par la suite, dans la section portant spécifiquement sur cette espèce.

Espèces Caractère Description du caractère
Blé, triticale Épaisseur de la moelle Pour observer ce caractère, il faut faire une coupe nette de la paille, à mi-longueur du dernier entre-noeud sous l'épi, et noter l'épaisseur de la moelle, c'est-à-dire des tissus mous présents sous l'épiderme plus dur. La paille peut ainsi être qualifiée de creuse, moyennement médulleuse (avec une couche épaisse de moelle) ou pleine (pleine de moelle, ou presque). Ce caractère ne doit pas être considéré comme un critère absolu d'identification, car il peut varier selon le climat et les conditions du milieu. Chez les variétés résistantes aux cèphes, la paille est toujours pleine ou moyennement médulleuse, car l'abondance de moelle constitue un mécanisme de défense.
Blé, orge, triticale, seigle Port de l'épi (à maturité) L'épi peut être dressé (vertical à incliné de 30°), semi-dressé, incliné (de 30° à 90°), horizontal, semi-retombant, ou retombant (de plus de 90°).
Blé, orge, triticale, seigle Forme de l'épi La forme de l'épi dépend souvent de sa densité en termes de la répartition des grains. Ainsi, chez les variétés à épi court et très dense, celui-ci a généralement une forme triangulaire. Chez les autres variétés, l'épi peut être effilé, cylindrique (à bords parallèles), oblong, claviforme (en massue), ou fusiforme.
Blé, seigle, triticale Densité de l'épi La densité de l'épi est déterminée par la longueur relative des articles du rachis. L'épi peut ainsi être qualifié de lâche à dense. L'épi est qualifié de lâche lorsque, vu de côté, il présente des espaces entre les grains, en raison de la longueur des articles du rachis.
Avoine, orge Caractère nu ou vêtu du grain Chez l'avoine et l'orge vêtues, les glumes enserrent fermement les grains dans l'épillet. Chez l'avoine et l'orge nues, les grains sont essentiellement « à nu » et faciles à détacher du lemma et du paléa.
Blé, orge, triticale Pubescence des glumes Chez certaines variétés peu communes, les glumes sont tapissées de poils fins qui ressemblent à un feutrage ou une fine fourrure. À l'égard de ce caractère très distinctif, les glumes peuvent être qualifiées de glabres, légèrement pubescentes ou fortement pubescentes.
Blé, orge, triticale Longueur des arêtes La longueur des arêtes au-delà du sommet de l'épi varie grandement. Elle peut être supérieure à la longueur de l'épi ou inférieure à celle-ci.
Blé, orge, triticale, avoine Présence de pruine sur l'épi et la tige (glaucescence) Chez de nombreuses variétés, une couche cireuse appelée pruine recouvre les surfaces de la plante. L'absence de pruine modifie fortement l'aspect de la plante après l'épiaison, car l'épi et la dernière feuille semblent alors vert-jaune, plutôt que vert-bleu. Ce caractère peut être source de confusion : les plantes sans pruine peuvent avoir un aspect luisant ou même cireux, tandis que chez les plantes pruineuses, la mince couche de substance cireuse constituant la pruine est plutôt mate, de couleur blanche, gris pâle ou bleu clair. Les meilleurs endroits où examiner ce caractère sont la base de la face ventrale du lemma, la partie inférieure du paléa et la tige. Il faut cependant se rappeler que la répartition de la pruine sur la plante dépend en partie des conditions du milieu.

Blé (Triticum spp.)

Le blé est une espèce monoïque à fleurs parfaites. Il se reproduit sexuellement par auto-pollinisation. Le taux de pollinisation croisée est généralement inférieur à 3 % mais atteint peut-être parfois 10 % chez certains génotypes ou dans certains milieux. L'inflorescence est un épi composé à croissance définie. Les épillets sont disposés de façon alterne le long du rachis. Chaque épillet comporte deux glumes (bractées vides) enveloppant l'ensemble des fleurs de l'épillet, qui sont au nombre de deux à neuf. Chaque fleur est en outre enveloppée par deux glumelles, le lemma et le paléa.

Il existe trois types de blé. Le blé d'hiver appartient à la même espèce que le blé de printemps, et ses variétés sont identifiées au moyen des mêmes caractères. La seule différence entre ces deux types de blé tient au fait que le blé d'hiver exige une vernalisation, c'est-à-dire une exposition à des températures fraîches et à des jours courts, pour que le processus de reproduction soit déclenché.

Le blé dur est une espèce distincte du blé commun (de printemps ou d'hiver). L'épi et le col de l'épi sont plus compacts que chez le blé commun, et leur coupe transversale est à peu près carrée.

Aux fins d'identification, on peut distinguer deux groupes de blés : les blés barbus (aristés), dont l'épi est surmonté d'arêtes mesurant entre 5 cm et la longueur de l'épi, et blés non barbus, dont les arêtes sont plus courtes ou même absentes. Parmi ce deuxième groupe, on peut distinguer les variétés non aristées, faiblement aristées au sommet et faiblement aristées.

Chez la plupart des variétés non barbues, les arêtes sont de plus en plus longues vers le sommet de l'épi, au point que certaines variétés peuvent être qualifiées de semi-barbues.

Lors de l'inspection d'une culture de semence généalogique, il est très important de se rappeler qu'il existe d'autres espèces de blé, l'engrain, l'amidonnier et l'épeautre, qui ne sont pas certifiées en grande quantité au Canada mais peuvent être des sources de contamination. L'engrain, l'amidonnier et l'épeautre sont parfois qualifiés de « blés vêtus », parce que leurs glumes et glumelles ne se détachent pas du grain au battage, au moment de la récolte. Les variétés modernes de blé proviennent de sélections issues de mutations naturelles visant à l'origine l'engrain, l'amidonnier et l'épeautre.

Pour vérifier la pureté variétale d'une culture, l'inspecteur doit examiner les caractères suivants :

Caractères des glumes : attention aux variations pouvant exister à l'intérieur d'une même variété ou le long d'un même épi.

Dépressions internes des glumes : ces zones foncées ou ombrées sont dues à la pression qu'exerce la face externe du lemma. Elles sont clairement visibles entre les nervures de la glume, depuis la base jusqu'au bec ou à la troncature. Les dépressions internes peuvent être absentes, petites, moyennes ou grandes.

Autres caractères morphologiques pouvant servir à distinguer les variétés de blé

  • Hauteur de la plante (y compris l'épi, mais sans les arêtes)
  • Pubescence marginale du rachis
  • Couleur des arêtes
  • Longueur de l'épi (sans les arêtes; mesurer chez la première talle)
  • Pubescence de l'entre-noeud supérieur de la tige
  • Longueur des arêtes
  • Forme de l'épi
  • Présence de pruine sur l'entre-noeud supérieur de la tige
  • Forme et longueur du bec des glumes
  • Présence de pruine sur l'épi
  • Forme du col de l'épi
  • Forme et largeur de la troncature des glumes
  • Présence d'arêtes sur l'épi
  • Épaisseur de la moelle de la paille
  • Longueur des glumes
  • Port de l'épi
  • Épillets surnuméraires
  • Largeur des glumes
  • Densité de l'épi
  • Port des arêtes
  • Pubescence des glumes

Diagrammes

Épaisseur de la moelle (coupe transversale de la paille à mi-longueur du dernier entre-noeud sous le col de l'épi)

Ce diagramme montre l'épaisseur de la moelle (coupe transversale de la paille à mi-longueur du dernier entre-noeud sous le col de l'épi - paille creuse, paille moyennement méduleuse et paille pleine)

Densité de l'épi

Ce diagramme montre la densité de l'épi - Épi lâche, Épi moyen, Épi dense

Aristation de l'épi

Ce diagramme montre l'aristation de l'épi - Non aristé, Faiblement aristé au sommet, Faiblement aristé, Aristé (barbu)

Forme de l'épi

Ce diagramme montre la forme de l'épi - effilé, oblong, claviforme, fusiforme

Pubescence marginale du rachis

Diagramme de la Pubescence marginale du rachis
Diagramme de la Pubescence marginale du rachis

Forme du col de l'épi

Ce diagramme montre la forme du col de l'épi - Droit, Sinueux

Forme du bec de la glume

Ce diagramme montre la forme du bec de la glume - Obtus, Aigu, Acuminé

Forme de la troncature de la glume

Ce diagramme montre la forme de la troncature de la glume - Nulle, Oblique, Arrondie, Carrée, Élevée, Apiculée

Largeur de la troncature de la glume

Ce diagramme montre la largeur de la troncature de la glume - Étroite, Moyenne, Large

Pubescence de la glume

Ce diagramme montre la pubescence de la glume - Glabre, Pubescente

Caractères de l'épi et de l'épillet chez l'engrain, l'amidonnier et l'épeautre

Ce diagramme montre les caractères de l'épi et de l'épillet chez l'engrain, l'amidonnier et l'épeautre

Ce diagramme montre les caractères de l'épi et de l'épillet chez l'engrain, l'amidonnier et l'épeautre

Orge (Hordeum vulgare L.)

On distingue deux principaux types d'orge cultivée, l'orge à deux rangs et l'orge à six rangs. Chez les deux types, chaque noeud du rachis porte trois épillets (un épillet central et deux épillets latéraux), et chaque épillet ne renferme qu'une fleur. Ces groupes de trois épillets sont disposés de façon alterne le long du rachis. Chez l'orge à deux rangs, les épillets latéraux sont stériles, tandis que l'épillet central est fertile, ce qui ne laisse que deux rangs de grains sur le rachis. Chez l'orge à six rangs, comme toutes les fleurs peuvent être fertiles, l'épi produit six rangs de grains, visibles lorsque l'épi est observé en coupe transversale ou par le dessus. Toutes les espèces cultivées d'orge se reproduisent naturellement par auto-pollinisation.

Outre cette distinction entre orges à deux et à six rangs, on pourra distinguer les orges d'hiver et de printemps, les orges nues et vêtues, les orges à grain et à fourrage vert ainsi que les orges brassicoles et les orges de provende. Certaines variétés à fourrage vert exigent des distances d'isolation plus grandes, spécifiées par le sélectionneur. Cette particularité est inscrite dans les « Commentaires additionnels » de la description de la variété, dans le Système d'enregistrement des produits.

Chez l'orge, les caractères servant à identifier les variétés permettent une identification plus sûre que chez le blé, car ils ne varient pas selon une plage de valeurs. Pour vérifier la pureté variétale d'une culture, l'inspecteur doit examiner les caractères suivants :

Caractères de la plante après l'épiaison : De nombreux caractères utiles à l'identification des variétés doivent idéalement être observés lorsque les grains sont mûrs. Or, l'inspection est réalisée avant que les grains ne commencent à mûrir. Par conséquent, une partie de l'information suivante risque ne pas être entièrement exacte.

Grain : Chez les variétés à six rangs, les grains centraux sont un peu plus gros et plus ventrus que les latéraux; chez les variétés à deux rangs, la forme et la grosseur des grains sont uniformes. La longueur des poils de la baguette peut être utile pour distinguer certaines variétés; ces poils varient de courts à longs et plumeux. La couche d'aleurone, observable sur le grain décortiqué, peut être jaune, blanche ou bleutée.

Arêtes des lemmas : Chez certaines variétés, notamment celles à épi dense, ces arêtes tendent à s'étaler en éventail. Chez d'autres, elles se détachent à mesure que les grains mûrissent; certaines conditions climatiques, comme une extrême sécheresse, peuvent provoquer ce phénomène chez les variétés qui normalement ne perdent pas leurs arêtes.

Anthocyane : Chez de nombreuses variétés, ce pigment violet ou rouge est présent dans diverses parties de la plante au stade végétatif ou reproducteur. Chez la plupart des variétés anthocyanées, la plante tend à perdre cette pigmentation à mesure qu'elle arrive à maturité, mais certaines la conservent dans les cinq nervures latérales de la face dorsale du grain en développement. Il est donc impossible de reconnaître avec certitude les variétés non anthocyanées en examinant seulement le grain mûr, mais la présence d'anthocyane peut être détectée dans les tissus en croissance. À cette fin, les meilleures parties de la plante sont la base de la gaine de la première feuille, les noeuds, les oreillettes et, tout particulièrement, l'extrémité des arêtes chez la plante encore verte.

Autres caractères morphologiques pouvant servir à distinguer les variétés d'orge

  • Couleur du sommet de l'arête du lemma (présence d'anthocyane)
  • Longueur de l'épi
  • Longueur des poils des glumes
  • Longueur des arêtes
  • Port de l'épi
  • Présence de barbules sur l'arête des glumes
  • Hauteur de la plante (y compris l'épi)
  • Présence de pruine sur l'épi
  • Longueur des glumes
  • Forme de la collerette
  • Forme de l'épi
  • Pubescence des glumes
  • Couleur de la couche d'aleurone
  • Longueur des poils de la baguette

Diagrammes

Longueur des glumes

Ce diagramme montre la longueur des glumes - Courtes, Longues, Moyennes

Longueur des arêtes au-delà du sommet de l'épi (par rapport à la longueur de l'épi)

Ce diagramme montre la longueur des arêtes au-delà du sommet de l'épi (par rapport à la longueur de l'épi) - Plus longues, De la même longueur, Plus courtes

Port des arêtes

Ce diagramme montre le port des arêtes - Parallèles, En bande élargie, En triangle

Poils de la baguette

Ce diagramme montre le port les poils de la baguette - Longs, Courts

Forme de la collerette

Ce diagramme montre la forme de la collerette - en V
en V :

Le bord arrière de la collerette est relevé, tandis que son bord avant forme une saillie vers le bas.

Ce diagramme montre la forme de la collerette - en plate-forme
en plate-forme :

Toute la surface supérieure de la collerette est convexe ou presque plate. Le bord de la collerette est plat ou légèrement réfléchi.

Ce diagramme montre la forme de la collerette - en coupe
en coupe :

Le bord de la collerette est relevé en forme de coupe cachant la base du premier article du rachis.

Ce diagramme montre la forme de la collerette - ouverte
ouverte :

Le bord avant de la collerette n'est pas complet comme chez les autres types de collerette et présente plutôt une fente profonde et assez longue vers le bas de la tige.

Port de l'épi

Ce diagramme montre le port de l'épi - Dressé, Semi-dressé, Horizontal, Semi-retombant, Retombant

Premier article du rachis

Ce diagramme montre le premier article du rachis - Légèrement courbé, Courbé, Droit

Grain d'orge

Diagramme du grain d'orge
Diagramme du grain d'orge

Avoine (Avena sativa L., A. nuda)

L'avoine est une graminée annuelle qui se reproduit par auto-pollinisation. Le taux de pollinisation croisée dépasse rarement 0,5 %. La tige comporte une série de noeuds et d'entre-noeuds, et les feuilles sont alternes. Les entre-noeuds sont normalement allongés, au nombre de 4 à 7, et l'entre-noeuds supérieur est souvent aussi long que la longueur totale des autres entre-noeuds. À maturité, la tige se termine par une panicule lâche et clairsemée. L'axe principal de la panicule se termine par un seul épillet. Les ramifications de la panicule sont disposées en groupes alternes le long de l'axe principal, et chacune se termine par un seul épillet. Normalement, la panicule comporte en tout 25 à 45 épillets, selon le génotype et les conditions de croissance. Chaque épillet renferme normalement une à trois fleurs, qui sont enveloppées par les glumes; le sommet d'une des glumes dépasse légèrement celui de l'autre glume. Généralement, seules les deux fleurs inférieures de chaque épillet sont fertiles, mais il arrive que trois fleurs, ou davantage, soient fertiles. Chaque fleur est parfaite et comporte trois étamines, un pistil et 2 lodicules. La fleur est entourée de deux bractées ou glumelles, le lemma et le paléa, qui constituent l'enveloppe des grains récoltés. Il existe des variétés de printemps et des variétés d'hiver, mais l'avoine n'est pas assez rustique pour les hivers canadiens.

Pour vérifier la pureté variétale d'une culture, l'inspecteur doit examiner les caractères suivants :

Type de panicule : Les variétés d'avoine peuvent être divisées en deux groupes selon leur type de panicule. Chez les variétés à panicule équilatérale, ou symétrique, l'ensemble de la panicule a une forme conique, c'est-à-dire un profil triangulaire. Ce type de panicule est le plus commun. Chez les variétés à panicule unilatérale, toutes les ramifications tendent à être du même côté du rachis. Ces variétés sont parfois appelées en anglais « side oats ». Les panicules unilatérales tendent à s'incliner à cause du poids mal réparti des grains, ce qui les rend faciles à repérer lorsqu'une variété de ce type contamine un champ d'avoine à panicule équilatérale. Il arrive cependant que la présence de ce caractère ne résulte pas d'une contamination, mais simplement d'un effet de bordure, les variétés à panicule équilatérale pouvant produire des sujets à panicule unilatérale en bordure des parcelles, à cause d'un excès d'eau à cet endroit. Les panicules unilatérales présentent parfois un noeud secondaire, ou faux noeud, qui est un renflement du rachis sous le verticille inférieur de la panicule.

Il existe également des variétés à panicule semi-unilatérale ou sub-unilatérale, dont les ramifications ne sont pas exactement disposées de manière unilatérale. Enfin, chez certaines variétés, la panicule est d'abord équilatérale, puis devient semi-unilatérale à mesure que le grain mûrit.

Longueur des poils ou aiguillons du noeud inférieur de la panicule : Les ramifications de la panicule prennent naissance aux noeuds du rachis. Leur base est généralement renflée et couverte de très petits aiguillons ou poils. Certaines variétés peuvent être distinguées par le nombre et la longueur relative de ces poils.

Caractères de la baguette : (observer au stade vert, peu après l'épiaison) La baguette des épillets de la partie supérieure de la panicule possède certains caractères qui peuvent servir à l'identification des variétés.

Sillons de la baguette : Chez de nombreuses variétés, la baguette présente deux dépressions longitudinales séparées par une saillie centrale. Ces dépressions forment souvent des sillons le long de la baguette, et la longueur de ces sillons peut servir à distinguer certaines variétés.

Pubescence de la baguette : Chez la plupart des variétés, la baguette est glabre, mais chez certaines leur surface présente des barbules, aiguillons ou poils courts.

Présence d'une arête sur les lemmas : Chez certaines variétés, le premier grain de la plupart des épillets possède une arête qui prend naissance sur la face dorsale de la nervure médiane du lemma. La présence ou absence d'une telle arête et le nombre de premiers grains qui en possèdent une constituent des caractères d'identification, qu'il faut cependant utiliser avec prudence, car ils peuvent grandement varier selon les conditions du milieu.

Autres caractères morphologiques pouvant servir à distinguer les variétés d'avoine

  • Disposition des ramifications de la panicule
  • Présence d'un noeud secondaire sur le rachis
  • Nombre de ramifications de la panicule
  • Longueur des ramifications de la panicule
  • Angle formé par le rachis et la ramification latérale dominante
  • Nombre moyen de fleurs par épillet
  • Forme du rachis
  • Hauteur de la plante (y compris la panicule)
  • Nombre de verticilles de la panicule

Diagrammes

Caractères de la panicule

Diagramme des caractères de la panicule
Diagramme des caractères de la panicule

Forme de la panicule

Ce diagramme montre la forme de la panicule - Équilatérale, Unilatérale

Port des ramifications de la panicule

Ce diagramme montre le port des ramifications de la panicule - Dressées, Semi-dressées, Horizontales, Retombantes, Fortement retombantes

Triticale (Triticosecale)

Le triticale est un croisement entre le blé et le seigle, qui ressemble au blé quant à ses caractères morphologiques mais présente une croissance plus vigoureuse caractéristique du seigle. Il en existe des variétés de printemps et des variétés d'hiver. La plante est de hauteur variable et tend a produire moins de talles que le blé. L'inflorescence est un épi qui ressemble davantage à celui du blé qu'à celui du seigle et est souvent beaucoup plus grand que ces deux-ci. Comme chez le blé et le seigle, l'épi comporte une série de 30 à 40 épillets disposés de façon alterne le long du rachis. Chaque épillet renferme 4 à 8 fleurs; en général, seulement trois des fleurs sont fertiles. Chaque épillet est entouré de deux glumes, et chaque fleur est enveloppée par deux glumelles, le lemma et le paléa. Le sommet du lemma se rétrécit généralement en une arête de 7 à 10 cm; cette longueur varie selon les variétés. Le triticale est facile à battre, car les glumelles n'adhèrent pas au grain. La plante se reproduit par auto-pollinisation, le pollen étant libéré à l'intérieur de la fleur. La durée de l'anthèse varie selon les variétés mais est généralement plus longue que chez le blé, ce qui rend le triticale davantage sujet à la pollinisation croisée. L'anthèse débute normalement dans la partie médiane de l'épi, lorsque celui-ci a fini d'émerger de la gaine de la dernière feuille. Chez bon nombre de variétés de triticale, la maturité du grain survient une ou deux semaines plus tard que chez le blé.

Caractères morphologiques pouvant servir à distinguer les variétés de triticale

  • Forme de l'épi
  • Couleur des arêtes
  • Forme du col de l'épi
  • Densité de l'épi
  • Longueur des arêtes
  • Pubescence de la tige
  • Port de l'épi
  • Port des arêtes
  • Épaisseur de la moelle de la paille
  • Longueur de l'épi
  • Présence d'épillets surnuméraires
  • Présence de pruine sur la tige
  • Couleur de l'épi
  • Forme de la troncature des glumes
  • Pubescence marginale du rachis
  • Présence de pruine sur l'épi
  • Forme du bec des glumes
  • Aristation de l'épi
  • Pubescence des glumes

Seigle (Secale cereale)

Morphologiquement, le seigle ressemble davantage au blé qu'à toute autre céréale. Les feuilles sont de forme semblable à celles du blé, mais elles tendent à avoir une teinte bleutée caractéristique. Normalement, la plante est plus haute et produit moins de talles que le blé. Contrairement aux plantules des autres céréales, la plantule de seigle présente une fine pubescence sur la gaine. Le seigle produit de nombreuses racines, qui sont très ramifiées et s'enfoncent profondément dans le sol. L'inflorescence est un épi plutôt lâche, mince, long de 10 à 15 cm. Chaque noeud du rachis porte un épillet, qui renferme généralement trois fleurs, dont deux fleurs latérales fertiles et une fleur centrale stérile. Comme chez le blé, les glumelles (lemma et paléa) enveloppant la fleur se détachent facilement du grain au battage. Le lemma est plus long que les glumes, se rétrécit graduellement au sommet, porte souvent des barbules sur la face dorsale de la nervure médiane et se termine souvent par une arête de longueur intermédiaire. Le grain est plus long et plus étroit que celui du blé. Contrairement aux autres céréales à petit grain, le seigle se reproduit en grande partie par pollinisation croisée, car la plupart des sujets sont auto-incompatibles, et il arrive souvent que des fleurs ne produisent pas de grain. Le port de l'épi varie selon les variétés et peut être dressé ou retombant. Les variétés de seigle peuvent également se distinguer par la forme de l'épi (fusiforme, elliptique ou oblong), la grosseur et la forme du grain ainsi que l'intensité de la coloration bleue ou verte. Les glumes ont un port ouvert, ce qui favorise la pollinisation croisée mais rend la plante très sensible à l'ergot. De plus, comme le seigle tend à mûrir rapidement, la plante est sujette à l'égrenage sur pied, et la période propice à l'inspection est courte.

Caractères morphologiques pouvant servir à distinguer les variétés de seigle.

  • Hauteur de la plante
  • Longueur de l'épi
  • Présence de pruine sur l'épi
  • Pubescence de la tige
  • Densité de l'épi
  • Port de l'épi
  • Intensité de la coloration
  • Forme de l'épi
  • Aristation de l'épi

Diagramme

Plante de seigle

Ce diagramme montre la plante de seigle