Instructions particulières : Cultures de crucifères

IP 142.1.2-4

Table des matières

Date

Cette version des Instructions particulières (IP) ayant trait aux procédures d'inspection des cultures de crucifères a été publiée le 15 mai 2012.

Personne - Ressource

Pour en savoir plus sur ces IP du Programme des semences, veuillez communiquer avec le gestionnaire national de la Section des semences.

Révision

Les présentes IP font l'objet d'un examen périodique. Les changements nécessaires leurs seront apportés pour qu'elles continuent de satisfaire les exigences de l'heure.

Approbation

Ces IP du Programme des semences sont approuvées par :


Directeur, Division de grandes cultures et d'intrants


Date

Distribution

La version la plus à jour de ce document apparaît sur les sites intranet et internet de l'ACIA. L'original est signé et conservé par le gestionnaire national de la Section des semences.

0.0 Introduction

L'inspection des cultures de semences de généalogie contrôlée a pour objet de fournir une évaluation impartiale, effectuée par un tiers, dont les résultats sont présentés dans un rapport transmis à l'Association canadienne des producteurs de semences (ACPS) et qui fournit des détails sur l'isolement, l'état général et la pureté des cultures. C'est la responsabilité de l'inspecteur de décrire la culture et son milieu environnant tels qu'il les a observés au moment de l'inspection.

1.0 Portée

Ces Instructions particulières (IP) du Programme des semences décrivent les procédures qui seront appliquées par l'inspecteur officiel chargé d'examiner et de déterminer l'état des cultures de semences pédigrées de canola, de moutarde, de radis oléagineux et de colza à pollinisation libre. Ces procédures d'inspection permettent à l'ACPS de vérifier que la production a été mesurée à l'aune des exigences en matière de pureté variétale et des normes de culture prescrites dans la circulaire 6 de l'ACPS intitulée : « Règlements et procédures pour la production des semences pédigrées ». Les procédures d'inspection des cultures de Brassica hybrides ou composites font l'objet des IP 142.1.2-8 intitulées : « Procédures d'inspection des cultures de semences de canola hybride et composite ».

2.0 Références

Les publications consultées pour la préparation ces IP consistent des normes du cadre réglementaire du programme des semences intitulé: CRPS 111, de la procédure du system de qualité intitulée: « Programme d'inspection des cultures de semences de généalogie contrôlée » (IP 142.1), des IP intitulées: « Procédures d'inspection des cultures de semences de canola hybride et composite » (IP 142.1.1-8), de la circulaire 6 de l'ACPS intitulée: « Règlements et procédures pour la production des semences pédigrées », du bulletin technique de l'ACPS intitulé: « Épuration des semences de céréales sur pied », ainsi que:

  • L. Kott, Plant Breeders' Rights Descriptors for Brassica napus, University of Guelph, 1994,
  • Canola Growers' Manual, Canola Council of Canada,
  • La biologie du Brassica napus L. : Bureau de la biosécurité végétale, ACIA, et
  • La biologie du Brassica napus L. : Bureau de la biosécurité végétale, ACIA.

3.0 Définitions

Pour les besoins de ces IP, les définitions données dans le CRPS 101 ainsi que les définitions suivantes s'appliquent.

Variété composite
Variété créée par le mélange contrôlé de deux lignées particulières — par exemple, Synthétique et Select. Dans le cas de Brassica napus, la descendance du mélange doit être constituée d'au moins 70 % de semences créées par l'intercroisement des lignées, le reste résultant d'une autofécondation ou d'une fécondation consanguine. Pour ce qui est de Brassica rapa, la descendance du mélange doit être constituée de 50 % de semences créées par intercroisement de deux lignées parentales, le reste résultant d'une autofécondation ou d'une fécondation consanguine.
Stade floral précoce
La floraison commence avec l'épanouissement du bouton de base de la tige principale, et se poursuit vers le haut à raison de trois à cinq nouvelles fleurs ou plus par jour.
Hors-type
Plante, lors de la culture des semences, qui se différencie de la description officielle de la variété par une ou plusieurs caractéristiques.
Pollinisation libre
Pollinisation naturelle, contrairement à la production de semences hybrides sous pollinisation dirigée.
Variante
Toute semence ou toute plante qui: a) est distincte de la variété mais qui est un élément naturel de la population que constitue cette dernière, b) est stable et prévisible avec une fiabilité comparable à celle des autres variétés de la même sorte, dans les limites des tolérances connues, et c) à l'origine faisait partie de la variété telle que lancée. Il ne s'agit pas d'un hors-type.

4.0 Procédures d'inspection particulières

4.1 Préparation pour l'inspection

Si il manque de l'information sur l'utilisation antérieure de la terre au moment d'évaluer la demande, les détails doivent être obtenus auprès du producteur de semences. Dans le cas des semences certifiées, le producteur doit fournir de l'information sur l'utilisation de la terre pour les trois années antérieures, comparativement à l'information requises pour les semences Fondation qui doit couvrir les cinq années antécédentes. L'inspecteur doit se référer à l'application pour déterminer les dates d'ensemencement, et contacter l'appliquant si elles ne sont pas fournies sur l'application.

Chaque champ doit être inspecté lorsque la culture est au stade floral précoce. Pour les cultures ensemencées au printemps, le nombre de jours écoulés jusqu'à la première floraison (lorsque 50 % des plantes portent une ou plusieurs fleurs écloses) peut varier entre 30 et 50 pour B. rapa et les moutardes, et entre 40 et 60 pour B. napus. L'inspecteur doit se référer au formulaire d'application pour connaître les dates d'ensemencements, ou contacter le producteur si celles-ci ne sont pas indiquées sur le document.

Les descriptions pour les variétés enregistrées pour le canola de printemps et d'hiver, le colza à haute teneur en acide érucique, le B. juncea de qualité de type canola, la moutarde blanche et la moutarde d'Inde sont contenues dans le Système d'enregistrement des produits (SEP). Les variétés de moutarde noire, de radis oléagineux, de Moutarde d'abyssinie et de Brassica fourragères n'ont pas besoin d'être enregistrées; les descriptions pour ces variétés sont disponibles auprès de l'ACPS ou du producteur. Les descriptions de variétés peuvent contenir de l'information confidentielle d'affaires et sont pour l'usage du staff de l'ACIA seulement. Les inspecteurs peuvent également citer la liste des normes d'acide érucique pour les semences pédigrées, retrouvée sur le site du Bureau d'enregistrement des variétés.

Pour ne pas transférer de pollen entre les différentes variétés, les inspecteurs doivent prendre les précautions nécessaires. Lorsque possible, ils doivent répartir les inspections de mêmes variétés sur une même journée en essayant de la remplir en entier. Si cela n'est pas possible, les inspecteurs doivent porter des pantalons imperméables qui pourront être nettoyés entre les cultures ou porter des costumes jetables en Tyvek.

4.2 Exigences pour l'inspection

L'inspection des cultures oléagineuses peut différer de celles des autres types de cultures. En se développant, les plantes peuvent atteindre une hauteur et une densité qui compliqueront les déplacements de l'inspecteur. En plein soleil, les reflets de lumière provenant de leurs fleurs jaunes peuvent êtres durs pour les yeux. De plus, leurs fleurs produisent un nectar abondant qui est collant et attrape facilement le pollen de la culture.

Les cultures de crucifères sont inspectées pour leurs distances d'isolation, la pureté variétale, les mauvaises herbes nuisibles à reporter, et les sources de contamination de pollen. Lorsque les espèces qui peuvent se croiser librement avec la culture sont retrouvées dans la zone d'isolation, du temps supplémentaire sera requis pour vérifier les conditions d'isolation.

4.3 Inspection du champ

Avant de commencer son travail, l'inspecteur doit s'assurer qu'il se trouve au bon endroit. Il convient de vérifier les informations fournies dans la demande ainsi que la carte des lieux.

L'inspecteur doit parcourir le champ en suivant un trajet choisi. De plus il doit vérifier et noter l'isolement de tous les cotés (distance et condition), la pureté variétale de la culture (hors-types et variants), ainsi que la présence de mauvaises herbes nuisibles et de plantes adventices ou cultivées difficiles à séparer.

Lorsque les mauvaises herbes nuisibles ou difficiles à séparer sont présentes dans les alentours de la culture à récolter, une description de leur maturité doit être faite si il est possible qu'elles produiront des semences. La présence de mauvaises herbes difficiles à séparer (gaillet gratteron, radis sauvage et/ou moutarde sauvage) dans la culture à récolter est suffisante pour refuser le statut de semence pédigrée. De plus, le radis sauvage est considéré comme une source de contamination de pollen. Ces mauvaises herbes doivent être reportées quantitativement lors des comptes. 

Les mauvaises herbes nuisibles interdites ou questionnables doivent être estimées utilisant l'indice de fréquence fournis dans la IP 142.1 intitulée: « Programme d'inspection des cultures de semences de généalogie contrôlée ». Puisqu'il y a un risque que des mauvaises herbes nuisibles soient récoltées, on doit les reportées lorsqu'elles sont présentes dans une culture de plante crucifère ou lorsqu'elles se retrouvent dans les 3 m entourant celle-ci.

Les comptes pour les plantes contaminant la culture sont basés sur la population de celle-ci. Un minimum de six comptes est nécessaire. Les mauvaises herbes et autres cultures difficiles à séparer doivent être compté et inscrit dans le « Rapport d'inspection des cultures de semences ».

L'inspecteur doit se référer à la Circulaire 6 pour les distances minimales d'isolation de la culture des sources potentielles de contamination. En toutes occasions, lorsque l'inspecteur retrouve des sources de contamination de pollen dans la zone d'isolation, il doit l'écrire de façon détaillée dans la section « Cultures à pollinisation libre » du « Rapport d'inspection des cultures de semences ». Le rapport de l'inspecteur doit inclure la densité de la population de contaminants, son stage de croissance, son endroit et sa distance face à la culture, ainsi qu'une estimation de son envergure. Par exemple : « B. napus spontanée, trois par mètre carré dans une culture de blé, floraison précoce, 100 m dans la zone d'isolation ouest, tout le long du coté de la culture (800 m), l'aire de contamination est d'environ 800 x 100 m ». Les distances de zones d'isolation établies par l'ACPS sont à inspecter pour déterminer la présence de cultures établies d'espèces contaminant la culture désirable.

À la sortie de la culture, si l'inspecteur doit inspecter un champ de canola ou une culture d'une autre variété, il devra prendre des mesures des précautions pour empêcher la répartition de pollen contaminant.

4.4 Inspection de la parcelle

Les inspecteurs de cultures peuvent inspecter les parcelles de semences de Sélectionneur, de Fondation, et de Probation. En tous cas, six comptes de 20 000 plants doivent être effectués. Les comptes peuvent être difficiles à réaliser lors que le taux de production de semence est bas. En conséquence, la population d'échantillonnage peut être distribuée de façon inégale. De plus, la parcelle peut contenir moins que 120 000 plants. À ce moment, l'inspecteur doit estimer l'envergure totale de la population et faire autant de comptes que possible sur l'espace contenant ces 20 000 plants. Sur l'espace non-utilisé lors de ces derniers comptes, l'inspecteur estimera et reportera le nombre de plants dans cet espace restant et fera un compte.

Les dimensions des parcelles seront rapportées à l'ACPS pour une évaluation de conformité avec les normes de grandeur maximale pour les parcelles. L'inspecteur doit se référer à la Circulaire 6 pour établir la distance d'isolation requise pour la culture crucifère en question. L'inspecteur est encouragé de vérifier avec le producteur la descendance généalogique des semences plantées dans les champs adjacents à la culture inspectée si elles sont de la même variété. De plus, les distances d'isolation des cultures adjacentes sont aussi à vérifier.

Les semences peuvent être produites dans des cages d'isolation ou sous des tentes. Les procédures d'inspection pour les tentes sont disponibles chez l'ACPS.

À la sortie de la culture, si l'inspecteur doit inspecter un champ de canola ou une culture d'une autre variété, il devra prendre des mesures des précautions pour empêcher la répartition de pollen contaminant.

4.5 Préparation du rapport d'inspection de récoltes de semence

Lorsque des plantes considérées hors-types se retrouvent dans une culture de la même espèce (par. ex. hors-types de B. napus dans une culture de B. napus ou hors types de B. rapa dans une culture de B. rapa), elles doivent être reportées en tant que « Hors-types et autres variétés » sur le « Rapport d'inspection des cultures de semences ». Lorsque le reste des espèces contaminant et des cultures difficiles à séparer se retrouvent dans la culture, elles sont reportées dans la section intitulée : « Autres sortes and mauvaises herbes difficiles a séparées ». Quand elles se retrouvent dans la zone d'isolation, ces espèces sont reportées dans la section « Culture à pollinisation libre ».

L'inspecteur est requis de faire une inspection intensive des 50 m entourant immédiatement la culture pour toutes les cultures de crucifères. Durant cette inspection, l'inspecteur doit reporter la densité, emplacement de la culture, et la distance de diplotaxis des murs, radis sauvage, et moutarde des chiens dans la section « Culture à pollinisation libre » du « Rapport d'inspection des cultures de semences ». Par contre, les comptes ne sont pas requis quand les espèces se retrouvent au delà des 3 m entourant la culture.

Le rapport d'inspection doit contenir les éléments principaux suivants :

  1. La distance qui sépare le champ des cultures qui risquent de le contaminer, tel qu'indiquée aux sections 4.4 et 13.6 de la circulaire 6, doit être notée dans la section du rapport intitulée: « Cultures à pollinisation libre ». Par exemple, s'il n'existe aucune culture de ce type, inscrire « Aucune à moins de x m du champ », où x m correspond à la distance d'isolement prescrite.
  2. Lorsque des cultures de la même variété sont plantées avec des semences certifiées au dessous de la distance maximale d'isolation, la classe généalogique de ces semences doit être établie et la distance d'isolation doit être assez grande pour ne pas contenir aucun autre contaminant de pollen.

Annexe I : Terminologie et biologie de Brassica

On réfère deux espèces au colza oléagineux: Brassica napus et B. rapa (aussi nommé B. campestris). Ces espèces sont communément appelées canola-colza et canola-navette, respectivement, mais rarement à l'extérieur du Canada. Au Canada au milieu des années 1970, un type spécial de colza oléagineux, appelé canola, a été développé pour les marchés d'alimentation visant les humains et animaux. Le canola se réfère à un colza dont l'huile est à faible teneur en acide érucique et dont la farine est à faible teneur en glucosinolates.

D'autres Brassica ainsi que d'autres cultures apparentées sont croisés pour produire une huile de qualité canola. Des variétés de B. juncea de qualité canola ont été développées, et d'autres espèces de type canola sont en voie de développement. Certaines variétés de ce dernier type sont enregistrées sous contrat et doivent être produites dans un système de gestion de qualité.

En plus du canola, le Canada produit des variétés de colza oléagineux destinées à la production d'huiles industrielles. Ces variétés contiennent une teneur élevée en acide érucique et doivent être enregistre sous contrat et doivent être produites dans un système de gestion de qualité.

Plusieurs variétés de canola sont des végétaux à caractères nouveaux (VCN). Les VCN se définissent en tant que plantes pourvues de caractères inexistants au sein des plantes de la même espèce établies au Canada en populations stables (sauvages ou cultivées), ou qui s'écartent de l'étendue des variations statistiquement normales des caractères existants semblables observés chez l'espèce. Les VCN peuvent disposer de caractères nouveaux obtenus par des méthodes plus classiques comme la mutagenèse, ou par des méthodes plus récentes comme la recombinaison de l' ADN. Les plantes dont les caractères nouveaux ont été obtenus à l'aide de ces techniques peuvent être référées entant qu'organismes génétiquement modifiés (OGM).

Les semences de canola peuvent être produites par plusieurs méthodes incluant la production hybride et composite. Le canola hybride est produit par la pollinisation dirigée de deux lignées autofécondées. Il doit rencontrer des normes précises en ce qui regarde le pourcentage autorisé de plantes hybrides dans les semences commercialisées. De plus, les lignées parentales autofécondées sont généralement plantées en rangs ou en bandes dans le champ de production de semences. Contrairement au canola hybride, le canola composite, émergeant lui aussi de deux lignées autofécondées, a un pourcentage requis de plantes hybrides plus bas dans le produit final. Pour le canola composite, les semences des lignées parentales sont mélangées par le sélectionneur dans des proportions spécifiques.

La tolérance à certains herbicides des variétés de canola tolérant aux herbicides n'est pas une caractéristique naturelle propre aux populations indigènes de canola d'Amérique du Nord. Étant donnée la biologie du canola, il est difficile d'obtenir une population totale de semences qui donneront des plantes tolérantes à ces herbicides. En conséquence, les producteurs indiqueront le niveau acceptable de plantes qui risquent d'être sensibles à un herbicide donné pour ces variétés, mais dont tous les autres caractères spécifiques à ces variétés tolérantes sont respectés. Le niveau acceptable de variantes dépend, dans une large mesure, du fait que la variété est hybride, composite ou à pollinisation libre.

Les cultures de Brassica sont classées également selon leur utilisation finale. Bien que la production canadienne de canola est principalement destinée à la fabrication d'huile et à nourrir le bétail, certaines variétés du B. napus peuvent également servir de fourrage. Certaines variétés de B. rapa peuvent être utilisées en pâturages ou cultivées pour leurs racines comestibles. On y retrouve le chou-rave, chou navet, rutabaga, moutarde-navet ou navet fourrager.

La biologie des cultures de Brassica

Le Brassica napus se reproduit principalement par autofécondation. Toutefois, dans certains milieux, on peut observer des taux de pollinisation croisée pouvant atteindre 27 %. Le Brassica rapa est une espèce à pollinisation croisée obligatoire. On cultive deux types de B. napus au Canada : le canola de printemps, qui est le plus populaire, et le canola d'hiver, dont on trouve sur le marché une variété à pollinisation libre et une variété hybride. Le canola d'hiver pour fleurir doit être exposé à une période de froid et ne doit pas être confus avec le canola de printemps ensemencé en automne et qui est enrobées d'une couche protectrice de polymère pour une germination rapide tôt au printemps.

La floraison débute par les boutons proximaux de la tige principale et se poursuit vers le haut à raison de trois à cinq nouvelles fleurs ou plus par jour. La floraison des boutons proximaux de la première tige secondaire commence deux ou trois jours après le début de l'éclosion des boutons de la tige principale. Lors de conditions de croissance normales, la floraison de la tige principale se poursuit pendant deux à trois semaines, tant chez le B. napus que chez le B. rapa.

Les fleurs commencent à s'ouvrir tôt le matin et, avec le déploiement complet des pétales, le pollen est dispersé par le vent ou les insectes. Les fleurs demeurent réceptives au pollen jusqu'à trois jours après leur ouverture. En temps favorable, chaud, et sec, presque tout le pollen sera dispersé le premier jour de l'ouverture de la fleur. Les pétales se referment partiellement en soirée pour s'ouvrir à nouveau le lendemain matin. La fécondation advient dans les 24 heures suivant la pollinisation, après quoi les fleurs demeurent fermées, leurs pétales fanent et tombent. La jeune silique devient visible au centre de la fleur un jour après la chute des pétales.

Pendant la floraison, les tiges continuent de s'allonger à mesure que de nouvelles fleurs s'ouvrent et se transforment en siliques. Ainsi, les premiers boutons floraux à éclore deviennent les premières siliques à la base de la tige principale et secondaires. Donc, au dessus des siliques on retrouve des fleurs ouvertes et, au dessus de ces dernières, des boutons qui plus tard s'ouvriront. L'ouverture de tous les boutons sur la tige principale sera probablement visible avant trois jours après le début de la floraison chez B. napus, et avant dix jours chez B. rapa.

Caractéristiques des cultures de Brassica
Caractère B. rapa B. napus B. juncea Sinapis alba B. carinata
Feuilles de la plantule Dessous épineux et froissé Dessous glabre et lisse Dessous glabre et lisse Dessous épineux et très froissé Dessous glabre et lisse
Feuilles Jaunes-vertes à vertes, feuilles supérieures embrassantes Cireuses, bleues-vertes, partiellement embrassantes Vertes, dépassant l'extrémité de la tige, - feuilles inférieures lobées, feuilles supérieures étroites et entières Vertes pâles, profondément lobées, dépassant l'extrémité de la tige Bleues-vertes, dessous glabre, entières, dépassant l’extrémité de la tige, peut-être teinte pourpre
Fleurs Petites, aux pétales d'un jaune profond, boutons floraux regroupés et  compacts en dessous des fleurs ouvertes  (en ombelle) Grandes, aux pétales jaune clair, boutons au dessus des fleurs ouvertes Jaune pâle, semblables à celles de B. rapa Petites, jaune moyen, formant une grappe allongée

Jaune, jaune pâle, ou blanc,  formant une grappe allongée, boutons au dessus des fleurs ouvertes

(Les fleurs jaunes et jaunes pâles de B. carinata se changent souvent blanche un ou deux jours après épanouissement.)

Tiges Lisses Lisses Lisses Pubescentes Lisses
Siliques Petites, courtes, à bec lisse, long et conique, portées à angle droit sur l'axe principal Grosses, de longueur moyenne, à bec lisse, conique et de longueur moyenne, portées à angle droit sur l'axe principal Lisses, à bec long et conique, partiellement embrassantes Épineuses, à bec long et plat,  portées à angle droit sur l'axe principal Lisses, à bec long et conique, partiellement embrassantes
Pollinisation Pollinisation croisée obligatoire Autofécondation principalement Autofécondation principalement Pollinisation croisée obligatoire Autofécondation principalement
Port Plant très ramifiée (jusqu'à 20 tiges) à structure plus ou moins nette, ce qui rend difficile l'identification de la tige principale, hauteur de 50 à 125  cm Plante moins ramifiée, plus dense et plus grande, hauteur de 75 à 175  cm Plante moins ramifiée, longue et dressée, de hauteur intermédiaire Tiges secondaires moins nombreuses, plante dressée, plus courte Moyenne à très ramifiée, moyenne à haute

Annexe II : Maladies pouvant affecter l'apparence des plantes

Flétrissure fusarienne – Rayures jaunes ou brunes rougeâtres n'apparaissant souvent que d'un seul côté de la tige principale ou des tiges secondaires; coloration orangée à la base de la tige pouvant se développer chez certaines plantes; mort prématurée chez les plantes gravement infectées; brunissement des tiges; racines intactes; aucune lésion visible sur les tiges ni sur les racines.

Hernie – Destruction presque entière de la racine principale produisant un stresse hydrique causant des plantes rabougries et fanées.

Pourridié – Lésions dures et brunes à la base de la tige; masses de spores couleur saumon s'y retrouvant fréquemment.

Cerne brun de la racine – Lésions brunes et pâles visibles sur la racine principale et à la base des plus grosses racines; moignon crée par la coupe de certain tissues de la racine par le pathogène.

Jambe noire faiblement virulente – Taches blanchâtres sur les feuilles et les tiges, poivrées de petites fructifications foncées; lésions sur les tiges pouvant prendre la forme de légères dépressions grises ou noires.

Jambe noire virulente – Taches blanchâtres sur les feuilles et les tiges avec de petites fructifications foncées; chancres bruns profonds aux contours foncés sur les tiges; taches et chancres pouvant provoquer la tombée des plantes et la production de graines ratatinées.

Pourriture sclérotique – mûrissement prématuré des plantes atteintes; tiges javellisées qui ont tendance à se déchiqueter; spores dures et noires se développant à l'intérieur des tiges, près de la base et autres endroits javellisés.

Tache noire – Taches noires, brunes ou grises sur les feuilles, les tiges et les siliques;  fissuration des siliques pouvant advenir.

Tache blanche ou tige grise – Taches blanches sur les feuilles, grandes lésions à mouchetures violettes à grises sur les tiges.

Rouille blanche (bois de cerf) –masses blanches ou crèmes, ou pustules de rouille blanche en dessous des feuilles, dès le stade de la plantule; cloques vertes tournant sur le blanc par temps humide causé par l'infection éventuelle des tiges et des siliques; inflorescences gonflées, torsadées et déformées devenant brunes, dures et sèches en vieillissant et prenant l'aspect d'un bois de cerf.

Jaunisse de l'aster – incapacité des plantes de produire des siliques, ou production de vésicules creuses, stériles, et de couleur bleue-verte; des siliques normales peuvent toutefois être présentes sur les portions inférieures.

Annexe III : Carences nutritives pouvant affecter l'apparence des plantes

Symptômes de carence en soufre

Dans les champs caractérisés par une légère carence en soufre, le rendement du canola risque de baisser dans une mesure importante sans qu'on puisse observer de symptômes manifestes sur les plantes. Les symptômes ne deviennent visibles que dans les cas de carences graves. Ils apparaissent le plus souvent pendant la formation des bourgeons et à la floraison puisque les besoins en soufre des plantes augmentent pendant cette période. Comme le soufre fait partie d'une protéine, il n'est pas mobile dans les plantes et n'est pas facilement transféré des feuilles inférieures aux feuilles supérieures plus jeunes. Ainsi, les feuilles les plus jeunes, les fleurs et les siliques souffrent davantage de cette carence que les feuilles inférieures, plus vieilles. Lorsque les réserves en soufre du sol sont limitées, les parties les plus jeunes des plantes sont celles qui en sont privées.

La carence provoque au début un jaunissement généralisé des feuilles les plus jeunes puisque le souffre joue un rôle important lors de la production de la chlorophylle. Ce jaunissement se propage graduellement à toutes les feuilles. Dans les carences graves les feuilles restent petites et se recourbent, particulièrement dans la partie supérieure de la plante, et le dessous des feuilles prend une couleur violette. Les symptômes ne sont pas aussi prononcés sur les feuilles inférieures. Lors de carence modérée, on peut voir les feuilles supérieures recourbées, alors que les feuilles inférieures paraissent normales. Les fleurs sont souvent plus pâles que la normale pour la variété: jaune pâle au lieu de jaune foncé, ou presque blanches au lieu de jaune pâle. La floraison est retardée et prolongée de sorte qu'à la maturité, les plantes touchées portent à la fois des siliques mûres, des siliques vertes, des fleurs et des bourgeons floraux. Les feuilles, les tiges et les siliques prennent une teinte violet rougeâtre. Les siliques se développent lentement, sont petites et contiennent des graines moins nombreuses et rabougries. Le nombre de siliques diminue et la fréquence des siliques avortées et de graines rabougries augmentent graduellement vers l'extrémité des plantes. Les plantes sont souvent plus érigées parce que leurs siliques sont plus légères et que leurs tiges sont plus courtes et ont tendance à être ligneuses. Les symptômes de carence en soufre apparaissent souvent par patches dans la culture et sont faciles à distinguer lorsque les plantes sont à maturité. Toutefois, lors de carence grave, un champ en entiers peut être touché.

Symptômes de carence en azote

Des plants de canola sains et vigoureux qui ne manquent pas d'azote sont habituellement verts foncés. L'apparition de feuilles et de tiges vertes pâles est le premier symptôme d'une carence en azote. Chez une plante carencée, l'azote des feuilles les plus vieilles est redistribué aux plus jeunes pour que la croissance se poursuive, de sorte que les feuilles du bas de la plante démontrent le jaunissement caractéristique de la carence. Les autres feuilles peuvent prendre une couleur jaune verdâtre et souvent deviennent violacées. Les feuilles les plus vieilles peuvent finir par faner. La croissance est ralentie et les tiges principales sont grêles et courtes, ainsi que peu ramifiées. La densité de la plante est réduite, la période de floraison est raccourcie, et le nombre de siliques est restreint.

Symptômes de carence en phosphore

La carence en phosphore limite la croissance des racines et des parties aériennes de la plante. Le système radiculaire des plantes touchées est réduit, les tiges principales sont grêles, érigées et peu ramifiées, et les feuilles sont petites et étroites. La carence grave peut provoquer l'apparition d'une coloration verte bleuâtre foncée sur les feuilles, souvent accompagnée d'une teinte violacée. Les tiges prennent aussi parfois une couleur verte bleuâtre, elles sont parfois teintées de violet ou de rouge.

Symptômes de carence en potassium

La carence en potassium provoque un ralentissement de la croissance des plantes, de sorte que les feuilles sont plus petites et les tiges, plus frêles. Les plantes touchées réagissent également moins bien aux apports en azote et en phosphore, et ont tendance à faner. En cas de carence grave, le bord des feuilles les plus vieilles jaunit ou roussit; il peut arriver que ces feuilles meurent, mais elles restent attachées à la tige.

Annexe IV : Description et illustration de la moutarde et du canola

Dimensions de la feuille :

  • La longueur totale de la feuille se mesure de la base du pétiole à l'apex de la feuille.
  • La longueur du limbe se mesure du point d'attache du pétiole au limbe à l'apex de la feuille.
  • La largeur du limbe se mesure à travers le point le plus large de la feuille.

La forme générale du limbe est déterminée par le rapport largeur/longueur

Forme du limbe, y compris les lobes (forme générale du limbe)

La forme générale du limbe est déterminée par le rapport largeur/longueur.

Forme du limbe, y compris les lobes (forme générale du limbe)

  • une forme orbiculaire a un rapport largeur/longueur de plus de 0,80.
  • une forme elliptique large a un rapport largeur/longueur de 0,67 à 0,79.
  • une forme elliptique étroite a un rapport largeur/longueur de moins de 0,66.

Feuille : pétiolées ou lyrées.

Chez les feuilles lyrées, le limbe borde toute la longueur du pétiole.

Types de feuilles pétiolées : orbiculaire, large, elliptique

Chez les feuilles pétiolées, le pétiole est essentiellement dénudé, et peut porter des bractées.

Types de feuilles lyrées : orbiculaire, elliptique large, elliptique étroite

Feuille : forme de l'apex

Types de feuilles en forme de l'apex : aigu, intermédiaire, arrondi

Feuille : développement des lobes

Le lobe est une portion du limbe d'au moins 2 cm de longueur, séparée par des échancrures allant au moins jusqu'à mi-distance de la nervure médiane. La portion apicale de la feuille est assimilée à un lobe.

Types de feuilles en développement des lobes : absent à très faible, faible, moyen, important, très important

Feuille : forme des lobes

Feuille : forme des lobes - aiguë

Feuille : forme des lobes - arrondie

Feuille : forme de la marge

Décrire la marge du tiers supérieur de la feuille la plus grande.

Types de feuilles, forme de la marge : lisse, ondulée, à dents arronides, à dents acérées

Feuille : profondeur des échancrures de la marge

Feuille : profondeur des échancrures de la marge

Silique : longueur et largeur; longueur du bec, longueur du pédicelle

Parties du silique : longueur et largeur, longueur du bec, longueur du pédicelle

Fleurs : espacement des pétales

N'observer l'espacement des pétales que sur des fleurs complètement écloses.

Types d'espacement des pétales dans les fleurs : écartés, séparés, accolés, chevauchants, très chevauchants

Plante : hauteur totale (cm)

Mesurer au moins 30 plantes matures. La hauteur totale est la distance mesurée de la surface du sol à l'extrémité de la tige la plus longue. Pour déterminer la hauteur totale, ramasser toutes les tiges en un seul faisceau pour que la mesure porte sur la tige la plus longue.

Annexe V - Diagramme de radis cultivé (Raphanus sativus)

Diagramme de radis cultivé

a- racine pivotante, b- segments de grande feuille,
c- segments de petite feuille, d- pétales, e- siliques, f - bec.

Annexe IV: Diagramme de radis sauvage (Raphanus raphanistrum)

Diagramme de radis sauvage: plante, silique, graine