Annexe I : Programme des meilleures pratiques de gestion du système de production du Brassica juncea Clearfield®

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Programme des meilleures pratiques de gestion (MPG) pour le Système de production CLEARFIELD® Brassica juncea

Développé par BASF Canada

Table des matières

  1. SYSTÈME DE PRODUCTION CLEARFIELD
    1. Introduction
    2. Principaux enjeux liés à la durabilité
  2. SYSTÈME DE PRODUCTION CLEARFIELD – PRINCIPES DIRECTEURS
  3. GESTION DE LA RÉSISTANCE DANS LE CADRE DU SYSTÈME DE PRODUCTION CLEARFIELD
    1. Gestion de la résistance aux herbicides à l'aide d'une méthode de lutte intégrée contre les mauvaises herbes
    2. Apparition d'une résistance
    3. Détection d'une résistance chez les mauvaises herbes
    4. Recommandations générales pour réduire au minimum l'apparition d'une résistance chez les mauvaises herbes
    5. Lutte chimique
    6.  Pratiques culturales/gestion des cultures
  4. LUTTE INTÉGRÉE CONTRE LES MAUVAISES HERBES DANS LE CADRE DU SYSTÈME DE PRODUCTION CLEARFIELD
  5. LUTTE CONTRE LES PLANTS SPONTANNÉS DU Brassica juncea CLEARFIELD
    1. Sommaire
    2. Raisons importantes motivant la lutte contre les plants spontanés
    3. Méthodes culturales et chimiques dans la lutte contre les plants spontanés.
    4. Gestion des plants spontanés du B. juncea CLEARFIELD
  6. Gestion de la pollinisation croisée avec des mauvaises herbes et des cultures autres que CLEARFIELD
    1. Qu'est-ce que la pollinisation croisée et le flux génétique?
    2. Description des variétés de Brassica juncea contenant la technologie Clearfield
    3. Potentiel de pollinisation croisée du Brassica juncea Clearfield
    4. Potentiel de pollinisation croisée avec des espèces apparentées au Brassica juncea
    5. Potentiel de pollinisation croisée avec le canola
  7. Gestion de la pollinisation croisée du Brassica juncea CLEARFIELD avec des espèces apparentées
  8. Références

Système de production CLEARFIELD

Introduction

Le système de production CLEARFIELD est un système de culture de Brassica juncea novateur qui permet de lutter efficacement contre les mauvaises herbes. Il offre aux producteurs de l'Ouest canadien de nouvelles possibilités :

  • Une meilleure élimination des graminées et des dicotylédones à l'aide de l'herbicide à large spectre imazamox à base d'imidazolinone, en un seul passage.
  • La qualité supérieure du système de lutte contre les mauvaises herbes B. juncea CLEARFIELD facilitera l'adoption du Brassica juncea par les producteurs et aidera les producteurs à diversifier la rotation des cultures des zones de sol brun et brun foncé. Ceci permettra un régime de rotations culturales flexible.
  • Un outil additionnel de lutte contre les mauvaises herbes et de gestion de la résistance des mauvaises herbes.
  • Le maintient du glyphosate comme outil efficace pré-semis

L'espèce Brassica juncea (L.) Czern. est tolérante à la sécheresse et la chaleur et sa culture est donc naturellement adaptée au sud des prairies. C'est la raison principale pour laquelle la moutarde est cultivée traditionnellement dans le sud des Prairies, alors que le canola est cultivé dans le nord de la ceinture de grain. Ces derniers temps, les pressions économiques pour diversifier les cultures et le régime de précipitations se sont traduits par une production accrue de canola dans les zones de sol brun et brun foncé. Toutefois, d'après une étude de trois ans entreprise par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) à Swift Current, la moutarde d'Inde (B. juncea) est mieux adaptée aux conditions semi-arides que le canola.

La moutarde d'Inde possède deux autres caractéristiques agronomiques intéressantes pour les producteurs. Premièrement, elle résiste bien à la maladie du pied noir, qui est maintenant très répandue en Saskatchewan. L'autre propriété agronomique importante de la moutarde d'Inde est sa résistance à l'égrenage. Ses siliques n'éclatent pas aussi facilement que celles du canola (B. napus) et offrent ainsi un meilleur potentiel de récolte à la moissonneuse-batteuse. Le syndicat du blé de la Saskatchewan et AAC ont procédé à des expériences de 1998 à 2001 pour vérifier si la moutarde de type canola pouvait être récoltée aussi efficacement à la moissonneuse-batteuse que l'espèce B. rapa ou la moutarde. Au cours des quatre années de l'étude, on n'a remarqué aucun écart important entre les rendements de la moutarde de type canola récoltée après l'andainage et à la moissonneuse-batteuse.

La moutarde de type canola possède les mêmes avantages agronomiques et d'adaptation au sud que les variétés de moutarde d'Inde ou moutarde brune, sans le marché limité et la volatilité des prix associés au marché de la moutarde. Le désherbage non sélectif des cultures de moutarde conventionnelle demeure toutefois un problème. La mise au point de la moutarde de type canola CLEARFIELD permettra aux producteurs d'avoir un outil efficace de désherbage non sélectif tout en permettant à la moutarde de type canola de conserver son statut de non-OGM sur les marchés internationaux

Principaux enjeux liés à la durabilité

Il incombe aux utilisateurs ainsi qu'aux responsables de l'élaboration et de la commercialisation de systèmes de cultures tolérantes aux herbicides d'assurer la durabilité du système de production et d'aborder les grands enjeux suivants :

  • Gestion de la résistance aux herbicides à l'aide d'une approche intégrée.
  • Elimination des repousses tolérantes à l'herbicide.
  • Gestion de la pollinisation croisée avec les cultures autres que CLEARFIELD et les mauvaises herbes.

Ces grands enjeux sont les fondements de nos plans de meilleures pratiques de gestion des cultures produites à l'aide du système CLEARFIELD. Les principes directeurs suivants peuvent résumer le plan des meilleures pratiques de gestion de la moutarde CLEARFIELD, et de toutes les autres cultures CLEARFIELD :

Système de production CLEARFIELD – PRINCIPES DIRECTEURS

Les agronomes et les producteurs qui utilisent le système de production CLEARFIELD doivent comprendre et respecter un certain nombre de PRINCIPES DIRECTEURS.

  • NE PAS utiliser plus de 2 herbicides du groupe 2 dans un champ donné au cours d'une période de 4 ans.
  • TOUJOURS appliquer un programme de lutte intégrée contre les mauvaises herbes intégrant des herbicides, des pratiques culturales et la rotation culturale de façon à réduire les populations de mauvaises herbes et à contrer le développement des graines de mauvaises herbes.
  • TOUJOURS éliminer les repousses dans la saison qui suit une culture CLEARFIELD.
  • UTILISER des pratiques qui réduisent la probabilité de pollinisation croisée avec des cultures similaires ou des mauvaises herbes apparentées.
  • Dépister les mauvaises herbes ou cultures spontanées qui ne peuvent être contrôlées par des herbicides.
  • APPLIQUER les meilleures pratiques de gestion indiquées dans le Guide gestion CLEARFIELD pour chaque culture

Gestion de la résistance dans le cadre du système de production CLEARFIELD

Les herbicides ont été groupés en fonction de leur mode d'action. Les herbicides du groupe 2 sont des inhibiteurs de l'ALS/AHAS. La société BASF commercialise des herbicides appartenant à la famille chimique des imidazolinones et au groupe 2. Des herbicides comme ABSOLUTE, ODYSSEY et ADRENALIN, qui sont utilisés dans le cadre du système de production CLEARFIELD, sont des exemples de produits du groupe 2. BASF est donc un intervenant clé, dans la gestion de la résistance des mauvaises herbes qui sont résistantes aux inhibiteurs de l'ALS.

La société BASF est résolue à maintenir l'efficacité de tous ses herbicides afin de fournir aux producteurs des produits efficaces, à haut rendement et écologiques pendant de nombreuses années. Une gestion efficace de la résistance des mauvaises herbes est la clé du succès des systèmes de production CLEARFIELD. En vertu de son programme de protection des cultures, la société BASF s'est engagée à fournir des systèmes de cultures durables intégrant les principes des meilleures pratiques. Les systèmes de production CLEARFIELD fournissent aux producteurs des méthodes de rechange au sein d'un régime de rotation bien géré.

Gestion de la résistance aux herbicides à l'aide d'une méthode de lutte intégrée contre les mauvaises herbes

La gestion de la résistance aux herbicides vise à lutter contre les mauvaises herbes tout en préservant la valeur à plus long terme de chaque herbicide et groupe d'herbicides. Une méthode de lutte intégrée contre les mauvaises herbes est la meilleure pratique de gestion pour retarder l'apparition d'une résistance aux herbicides chez les mauvaises herbes. Un producteur qui utilise une méthode intégrée fait appel à toutes les méthodes à sa disposition pour désherber efficacement ses cultures. Les herbicides constituent l'un des outils dont disposent les producteurs.

Apparition d'une résistance

L'Herbicide Resistance Action Committee (HRAC) est un comité mis sur pied par l'industrie afin de favoriser la collaboration entre les fabricants de produits phytopharmaceutiques, le gouvernement, les chercheurs, les conseillers et les agriculteurs. L'objectif de ce groupe de travail est de faciliter la gestion efficace de la résistance aux herbicides. L'HRAC a cerné un certain nombre de facteurs qu'une évaluation du risque de tolérance aux herbicides doit prendre en compte. Les facteurs les plus importants influant sur la capacité d'un végétal à acquérir une résistance sont les suivants :

  • Biologie et constitution génétique de l'espèce de mauvaise herbe visée : Il faut notamment tenir compte des aspects suivants. Les mauvaises herbes extrêmement sensibles à un herbicide produisant des graines en abondance et présentant une grande variation génétique intraspécifique risquent davantage d'acquérir une résistance à un herbicide. Chez une population de mauvaises herbes, la fréquence initiale de biotypes naturellement résistants influe sur le potentiel d'apparition d'une résistance. De plus, la valeur adaptative ou vigueur relative de biotypes résistants influe sur l'apparition d'une résistance. En règle générale, plus la fréquence initiale de la résistance et la valeur adaptative du biotype résistant d'une espèce donnée de mauvaise herbe sont élevées, plus le potentiel d'apparition d'une résistance aux herbicides est grand.
  • Historique de l'utilisation d'herbicide : L'utilisation pendant plusieurs années consécutives de produits herbicides même mode d'action qui ne font pas l'objet d'un mélange en cuve ou d'applications séquentielles en alternance avec des herbicides mode d'action différent peut faire augmenter le risque d'apparitions de populations résistantes. Plus la pression sélective exercée par un herbicide est importante, plus le risque d'apparition d'une résistance sera élevé. Même si une dose plus élevée d'herbicides ou des applications séquentielles procurent une meilleure efficacité, elles font également augmenter les risques d'apparition d'une résistance. De même, des doses plus faibles d'herbicides, qui sont moins efficaces pour lutter contre les mauvaises herbes, exercent une moins grande pression sélective. Les doses d'herbicides recommandées sur l'étiquette sont établies partir d'essais d'efficacité qui tiennent comptent du rendement de la culture et des meilleurs résultats possibles contre différentes mauvaises herbes. Certains herbicides, y compris les herbicides du groupe 2 poss dent une plus grande capacité de choisir les mauvaises herbes résistantes que d'autres cause de la fréquence d'all les de résistance dans les populations envahissantes.
  • Pratiques de gestion des cultures : Le désherbage qui s'appuie uniquement sur l'utilisation d'herbicide et ne combine pas un travail du sol ou d'autres pratiques culturales des applications d'herbicide peut faire augmenter le risque d'apparition de populations résistantes. Au nombre de ces pratiques figurent la rotation culturale qui permet le recours des méthodes non chimiques de lutte contre les mauvaises herbes et donne la possibilité de faire varier le type d'herbicide et sa fréquence d'utilisation.
  • Conditions du milieu : Un milieu dont les conditions ne sont pas propices la dégradation de l'herbicide dans le sol peut faire augmenter le risque d'apparition de populations résistantes. Un temps continuellement sec peut ralentir la dégradation de nombreux herbicides (p. ex., les imidazolinones). Un sol pH élevé peut inhiber la dégradation de certains herbicides comme les SU. Plus un herbicide persiste longtemps, plus il exerce une pression sélective sur une population de mauvaises herbes, notamment celles ayant plusieurs repousses au cours d'une même saison.
  • Banque de graines/dormance des graines de mauvaises herbes dans le sol : L'importance de la banque de graines du sol d'un champ individuel accroît la pression sélective qui fait elle-même augmenter le risque d'apparitions de populations résistantes. La dormance des graines dans le sol peut également avoir un impact sur l'apparition d'une résistance. Chez les végétaux dont les graines ont une plus grande longévité dans le sol, l'apparition d'une résistance sera généralement plus lente puisque la pression sélective est moindre. Les graines qui peuvent survivre pendant plusieurs années dans le sol peuvent retarder l'apparition d'une résistance. Les mauvaises herbes dont les graines ont une grande longévité peuvent se constituer une importante banque de graines dans le sol. Cette dernier peut servir de tampon et emp cher des modifications génétiques chez la population de mauvaises herbes, puisque les graines ne germent habituellement pas toutes la même année. En revanche, les graines de mauvaises herbes faible longévité qui germent en l'espace d'un ou deux ans, épuisent rapidement les réserves de graines sensibles et donnent toute graine résistante un avantage compétitif lorsque s'exerce une pression sélective.

Il existe de nombreuses exceptions à ces règles générales, d'où la difficulté de prévoir chez quelles espèces apparaîtra une population résistante. Le temps nécessaire à l'apparition d'une résistance chez une population de mauvaises herbes variera en fonction de nombreux facteurs, notamment :

  • La pression sélective exercée par l'herbicide;
  • Le mode d'alternance des herbicides;
  • La dynamique de la germination des graines;
  • Les combinaisons d'herbicides mode d'action différent qui sont utilisés;
  • La fréquence initiale de sujets naturellement résistants au sein de la population de mauvaises herbes;
  • La vigueur relative des biotypes résistants de mauvaises herbes.

Des modèles fondés sur ces facteurs ont été élaborés pour prévoir l'apparition d'une résistance chez une population de mauvaises herbes. Les modèles actuels donnent une indication de l'apparition d'une résistance; ces indications sont des données d'entrée essentielles à l'élaboration de stratégies et de pratiques de gestion de la résistance.

Détection d'une résistance chez les mauvaises herbes

Il est important de ne pas confondre l'inefficacité d'un traitement herbicide causée par la résistance des mauvaises herbes avec celle attribuable à d'autres facteurs. Avant d'envisager la possibilité de l'apparition d'une résistance, il faut écarter tous les autres facteurs pouvant être à l'origine de la piètre efficacité d'un herbicide. Parmi ceux-ci, une erreur d'application et des conditions défavorables du milieu au moment du traitement herbicide. Des modifications des populations de mauvaises herbes (diminution du nombre d'espèces sensibles au profit d'espèces moins sensibles) peuvent également être à l'origine de problèmes de lutte. Les conditions suivantes peuvent faire soupçonner l'apparition d'une résistance à l'herbicide :

  • Un herbicide qui permet habituellement de lutter efficacement contre une espèce de mauvaise herbe n'a plus d'effet sur celle-ci, alors qu'il continue d'agir sur les autres espèces visées apparaissant sur l'étiquette.
  • D'autres facteurs, comme une erreur ou des conditions météorologiques au moment de l'application, sont exclus.
  • Des touffes de mauvaises herbes de forme irrégulière apparaissent dans le champ, et l'herbicide en question n'a pas d'effet sur celles-ci.
  • Les registres des traitements herbicides appliqués dans le champ indiquent qu'un herbicide donné ou que des herbicides d'un même groupe ont été utilisés de façon répétée.

Recommandations générales pour réduire au minimum l'apparition d'une résistance chez les mauvaises herbes

Voici maintenant un examen et les stratégies proposées de gestion de la résistance aux herbicides inhibiteurs de l'ALS chez les populations de mauvaises herbes dans le cadre d'un système de production CLEARFIELD. Les lignes directrices concernant la gestion de l'apparition d'une résistance chez les mauvaises herbes présentées ci-dessous sont conformes aux recommandations énoncées dans les guides provinciaux de protection des cultures et dans le WREAP.

De bonnes pratiques de gestion permettent d'empêcher ou de retarder l'apparition de mauvaises herbes résistantes aux herbicides. Les recommandations énumérées ci-dessous tiennent compte de nombreux points abordés jusqu'à maintenant et visent à fournir une méthode intégrée de lutte contre les mauvaises herbes afin de prévenir ou de retarder l'apparition d'une résistance. La lutte chimique, les pratiques culturales et la gestion des cultures sont trois aspects clés de la lutte intégrée contre les mauvaises herbes.

Lutte chimique

Connaître les groupes d'herbicides.

  • Le recours à un seul produit ou à des produits appartenant au même groupe peut entraîner l'apparition de mauvaises herbes résistantes. Il est nécessaire de comprendre la classification des herbicides par groupe de produits pour élaborer une stratégie efficace de lutte contre les mauvaises herbes.

Tenir jour des registres des applications d'herbicides.

  • Des registres des applications d'herbicides et l'établissement de cartes indiquant les champs où elles ont été effectuées sont nécessaires à une rotation efficace des groupes d'herbicides.

toujours lire attentivement les recommandations apparaissant sur l'étiquette et les respecter la lettre.

  • La dose d'herbicides recommandée est celle la plus efficace dans une vaste gamme de conditions du milieu. Elle contribuera à garantir que de nouvelles graines de mauvaises herbes ne viendront pas grossir la banque de semences et à réduire en même temps au minimum la pression sélective.

Utiliser des mélanges en cuve ou des applications séquentielles d'herbicides modes d'action différents.

  • Les mélanges en cuve permettent de lutter contre les mauvaises herbes de plusieurs façons et de combiner deux modes d'action ou plus contre une même mauvaise herbe. Pour être efficaces, les deux matières actives doivent permettre de lutter contre la mauvaise herbe ciblée et avoir la même activité résiduelle. On peut ainsi réduire au minimum la pression sélective et retarder l'apparition de mauvaises herbes résistantes.

Alterner les groupes d'herbicides.

  • Il faut alterner les groupes d'herbicides visant les graminées et les dicotylédones nuisibles. L'alternance des produits selon leur mode d'action est l'un des moyens les plus efficaces de retarder l'apparition de mauvaises herbes résistantes. Il faut n'effectuer que le nombre minimal d'applications d'un herbicide ou d'un groupe d'herbicides donné au cours d'une saison.

Utiliser des herbicides non sélectifs.

  • Les traitements herbicides non sélectifs de prélevée sont un moyen efficace de lutte contre les repousses précoces et/ou les échappées de traitement. Ils devraient être utilisés conjointement avec un herbicide à mode d'action différent que celui appliqué sur la culture.

Pratiques culturales/Gestion des cultures

Les pratiques culturales (non chimiques) de lutte contre les mauvaises herbes n'exercent aucune pression sélective et peuvent contribuer à réduire la proportion de mauvaises herbes dans la banque de graines du sol. Ces pratiques sont des composantes importantes d'une stratégie de lutte intégrée contre les mauvaises herbes.

Utiliser des rotations culturales, notamment des cultures dicotylédones et de graminées, des cultures ensemencées l'hiver ou au printemps, des cultures vivaces et annuelles.

  • Différentes cultures peuvent contribuer à altérer la gamme de mauvaises herbes. Elles peuvent également faciliter l'alternance entre les groupes d'herbicides.

Planter des cultures compétitives

  • La compétitivité des cultures face aux mauvaises herbes varie. Des cultures comme l'orge, qui s'établissent en peuplement dense, livrent une compétition beaucoup plus importante aux mauvaises herbes que des cultures comme la lentille ou le lin. Une culture compétitive peut réduire la pression exercée par les mauvaises herbes.

Semer tôt.

  • Des semis effectués tôt résulteront généralement en un meilleur établissement de la culture et une capacité compétitive accrue. Pour la plupart des cultures, retarder les semis résultera en une perte possible de rendement et ce n'est pas ce qui est recommandé.

Semer des graines de qualité/augmenter la densité de semis

  • Les semences certifiées offrent certains avantages et contribuent à obtenir un peuplement uniforme et plus apte à affronter la compétition des mauvaises herbes. Une couverture végétale plus dense livre une compétition plus vive aux mauvaises herbes.

Combiner le travail du sol et/ou des façons culturales en temps opportun assorties de traitements herbicides, le cas échéant.

  • Il a été démontré que l'ensemencement direct réduit la quantité de mauvaises herbes annuelles au fil du temps. Toutefois, si le système de production végétale comporte des cultures de printemps, il faut semer le plus rapidement possible après le travail du sol afin de donner à la culture une longueur d'avance sur les mauvaises herbes.
  • Une stratégie efficace de lutte contre les mauvaises herbes comporte de multiples possibilités d'intervention. Les systèmes de production de cultures tolérant les herbicides offrent un autre mécanisme pour lutter efficacement contre les mauvaises herbes et devraient être considérés comme un des outils de gestion de l'apparition de mauvaises herbes résistantes.

Lutte intégrée contre les mauvaises herbes dans le cadre du système de production de moutarde d'Inde CLEARFIELD

Les cultures du système de production CLEARFIELD sont tolérantes aux imidazolinones, des herbicides du groupe 2. Ces derniers inhibent l'acétolactate-synthétase, une enzyme dont les végétaux ont besoin pour produire les acides aminés leucine, isoleucine et valine. Les herbicides du groupe 2 sont connus comme des inhibiteurs de l 'ALS.

L'utilisation continuelle d'herbicides du groupe 2 peut occasionner la sélection de biotypes de mauvaises herbes résistant aux herbicides de ce groupe. Pour que la production agricole canadienne demeure efficace et rentable, il est capital de préserver l'efficacité de ce groupe d'herbicides. Le système de production CLEARFIELD accorde donc une place importante à des stratégies efficaces de lutte contre les mauvaises herbes qui retardent ou empêchent l'apparition de mauvaises herbes résistantes.

Il convient de respecter, outre les recommandations générales exposées ci-dessus, un certain nombre d'autres recommandations précises dans le cadre du système de production de la moutarde d'Inde CLEARFIELD. Les producteurs et les agronomes devraient tenir compte de chacun des points suivants pour définir un plan de lutte intégrée contre les mauvaises herbes lorsqu'ils utilisent la moutarde d'Inde CLEARFIELD dans leur rotation culturale.

  1. N'effectuer qu'une seule application d'un herbicide du groupe 2 par saison.
  2. Effectuer un maximum de deux (2) applications d'herbicides du groupe 2 dans un même champ au cours d'une période de quatre (4) ans. En ne faisant que deux applications en quatre ans, l'apparition de résistance est ralentie. Il faudrait envisager une utilisation moins fréquente d'herbicides du groupe 2 afin de retarder l'apparition de mauvaises herbes résistantes. Cette recommandation à l'égard des herbicides du groupe 2 est valable pour le système de production CLEARFIELD ainsi que pour les cultures classiques.
  3. Si un traitement en prélevée a été effectué à l'aide d'un herbicide du groupe 2, NE PAS appliquer un autre herbicide de ce groupe. Utiliser un herbicide à mode d'action différent pour tout autre traitement en post-levée.
  4. Si possible, prendre soin de ne pas appliquer un herbicide du groupe 2 pendant deux années consécutives, sauf si des méthodes faisant appel à des herbicides autres que ceux du groupe 2 ont permis de lutter efficacement contre les mauvaises herbes au moins au cours des deux dernières années.
  5. Il faudrait élaborer des pratiques agricoles, des rotations culturales et un système d'alternance des herbicides qui permettent l'utilisation d'herbicides à mode d'action différent.
  6. Si l'on soupçonne une résistance aux herbicides du groupe 2 chez une population de mauvaises herbes, il est recommandé de la soumettre à des essais avant d'utiliser des cultures du système de production CLEARFIELD.
  7. La lutte intégrée contre les mauvaises herbes devrait se faire au niveau de chaque champ individuel. La planification des interventions au niveau d'un champ donné devrait tenir compte des précédents culturaux ainsi que des possibilités futures d'utilisation.
  8. Lors de l'élaboration et de la planification des rotations culturales, il faut tenir compte des lignes directrices sur la gestion de la résistance applicables à des herbicides à mode d'action différent.

Rotation culturale et CLEARFIELD Brassica juncea

La période d'attente recommandée entre les cultures de canola est de trois ans (Source : 2003 Manuel des producteurs de canola). Cette rotation d'une année sur quatre est recommandée pour aider à lutter contre l'accumulation des mauvaises herbes, des maladies et des insectes nuisibles qui sont communs au canola. Les mêmes questions de gestion qui mènent à la recommandation d'une période d'attente de trois ans entre les récoltes de canola s'appliquent aussi au juncea canola. La période d'attente recommandée entre les cultures de Brassica juncea est la même que celle du canola.

Des études ont démontré que les rotations culturales avec une haute fréquence de canola ont des herbes plus crucifères telles que le tabouret des champs. Une rotation culturale appropriée permettra l'alternance entre les différents herbicides dans la lutte contre les mauvaises herbes. Par exemple, une plus grande variété d'herbicides est recommandée pour des récoltes de céréales comparées au canola. C'est particulièrement le cas pour le Brassica juncea de type canola qui a moins d'herbicides recommandés comparativement au canola. La rotation culturale offre la possibilité d'alterner entre les groupes d'herbicides et d'aider à retarder le développement de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides.

Les cultures oléagineuses de Brassica telles que le canola cultivées après une brève rotation tendent à avoir plus de problèmes avec les maladies telles que le pied noir et le pourridié du semis. D'autres maladies communes au canola incluent la pourriture sclérotique de la tige et à un moindre degré la tache noire. Les variétés courantes et disponibles de Brassica juncea de type canola sont très sensibles à la sclérotiniose. Pour aider à la gestion de la maladie, les périodes d'attente recommandées entre les cultures de canola varient de 2 à 4 ans. Les années sans culture de canola permettront aux producteurs d'alterner entre les groupes d'herbicides pour aider à contrôler l'accumulation des mauvaises herbes résistantes aux herbicides.

De même, la rotation culturale est la pratique culturale recommandée pour un certain nombre d'insectes nuisibles du canola qui sont communs dans les Prairies. Les cultures de remplacement telles que les céréales offrira au producteur l'occasion d'alterner entre les groupes d'herbicides utilisés dans son programme de lutte contre les mauvaises herbes.

Le bénéfice de la rotation culturale sur le rendement a été démontré dans chacune des trois provinces des Prairies. Dans des études où le rendement du canola planté dans divers types de chaume a été examiné, le rendement du canola était plus haut sur le chaume de céréale comparée au chaume de canola (manuel 2003 des producteurs de canola). Plusieurs facteurs, telles les conditions climatiques, les pratiques de gestion et la productivité des sols ont un impact sur le bénéfice de la rotation culturale sur le rendement. De plus, les bénéfices de la rotation culturale sur la lutte aux mauvaises herbes, les maladies et insectes nuisibles sont bien documentés. La possibilité d'alterner entre les groupes d'herbicides dans une rotation culturale plus diversifiée, associée avec la production du canola, retardera le début de la résistance aux herbicides.

Lutte contre les plants spontanés du Brassica juncea CLEARFIELD

Objectif : éliminer tous les plants spontanés des cultures CLEARFIELD avant la floraison.

Sommaire

  • L'élimination des plants spontanés au cours de l'année suivant une culture produite à l'aide du système de production CLEARFIELD fait partie des meilleures pratiques de gestion.
  • Ne PAS utiliser d'herbicides du groupe 2 pour lutter contre les plants spontanés. Les herbicides du groupe 4 sont les outils de gestion les plus utilisés dans la lutte contre les plants spontanés du CLEARFIELD Brassica juncea. Certains herbicides des groupes 5 et 6 sont aussi recommandés dans la lutte contre les plants spontanés du canola et de la moutarde.
  • Les plants spontanés du CLEARFIELD Brassica juncea seront contrôlés par tous les herbicides actuellement homologués pour la lutte du Brassica juncea conventionnel, sauf pour les herbicides imidazolinone SOLO, ODYSSEY et PURSUIT.
  • Le nettoyage de l'équipement agricole durant toutes les étapes de l'ensemencement, de la récolte, de l'entreposage et du transport est important pour une lutte efficace des plants spontanés.
  • L'intégration de la lutte contre les plants spontanés aux stratégies de lutte contre les maladies, les insectes et les mauvaises herbes la ferme fait partie des meilleures pratiques de gestion.

Raisons importantes motivant la lutte contre les plants spontanés

  • Les plants spontanés se comportent comme des mauvaises herbes compétitives dans les cultures suivantes.
  • Les plants spontanés peuvent contribuer de façon importante une poussée épidémique et la propagation de maladies d'importance.
  • La pollinisation croisée entre les plants spontanés et les plants classiques de la même esp ce ou d'esp ces sauvages apparentées fait augmenter le risque de propagation d'une tolérance l'herbicide.

Méthodes culturales et chimiques possibles dans lutte contre les plants spontanés

Pour lutter contre les plants spontanés, il existe un certain nombre de méthodes culturales et chimiques possibles 

  • Réduire au minimum la perte de graines lors de la récolte
  • Surveiller de près le moment opportun de la récolte.
  • Rectifier les réglages de la moissonneuse-batteuse.
  • Sceller tous les ouvertures et les fissures du matériel de récolte d'où peuvent s'échapper même de petites quantités de semences (notamment de la table, de l'élévateur avant et du coffre à grain).
  • Adopter de bonnes pratiques d'hygiène lors de la récolte et du transport des grains.
  • Arrimer le chargement pour prévenir les pertes lors du transport.
  • Adopter de bonnes pratiques de gestion des résidus après la récolte en tenant compte des décisions à l'égard de la rotation culturale. Laisser la graine du Brassica juncea à la surface augmentera la mortalité de la graine et aidera à réduire la population de la banque de semences dans le sol.
  • Effectuer un traitement pré-semis au glyphosate pour lutter contre les mauvaises herbes et les plants spontanés qui lèvent avant les semis.
  • Lutter contre les plants spontanés aux limites du champ et dans les fossés.
  • Éliminer TOUS les plants spontanés dans les cultures ultérieures en choisissant un herbicide adapté au traitement en cours de culture ou d'autres pratiques agronomiques telles que la préparation du sol.
  • Maintenir soigneusement à jour des registres des applications d'herbicides effectuées sur les cultures précédentes du champ et des variétés tolérant des herbicides présents dans les champs voisins afin d'élaborer des plans efficaces de lutte contre les plants spontanés.
  • Il est recommandé de ne pas planter la même espèce après une culture Clearfield, car il est difficile de lutter contre des plants spontanés appartenant à la même espèce que celle cultivée. Une telle pratique va aussi généralement à l'encontre des principes agronomiques de lutte contre les maladies et les mauvaises herbes.

Gestion des plants spontanés du Brassica juncea CLEARFIELD

La petite taille de la graine et le grand nombre de graines produites par chaque plant de B. juncea fait du de la moutarde d'Inde une culture qui peut potentiellement produire un grand nombre de plants spontanés. Cependant, les résultats d'une enquête sur les mauvaises herbes révèlent que le Brassica juncea ne représente pas un problème sérieux de plant spontané (Leeson et al., 2005). Lors d'enquêtes sur les mauvaises herbes menées entre 2001 et 2003, la moutarde indienne (Brassica juncea) se classait au 131e rang des plus fréquentes avec une fréquence de <0,1% des champs. En contraste, le canola/colza se classe au 14e rang et la moutarde sauvage au 24e rang des mauvaises herbes les plus fréquentes. La dormance des graines et les pratiques de gestion agricole sont les deux facteurs les plus significatifs influençant la persistance des plants spontanés de Brassica juncea.

En dépit d'une longue histoire de culture dans l'Ouest canadien, le B. juncea n'est pas devenu une mauvaise herbe abondante, donc il y a de bonnes raisons de conclure qu'il n'a pas les caractéristiques envahissantes de la moutarde sauvage et est peut être moins sujet que le B. napus et le B. rapa à causer des problèmes de ressemis spontanés. La dormance a été étudiée plus intensivement chez le B. napus que chez le B. juncea ou le B. rapa. La graine mûre de B. napus n'a pratiquement aucune dormance primaire (Lutman, 1993). La grande majorité des graines, soit de Brassica juncea ou de Brassica napus germera dans l'année qui suit la récolte de la culture. Gulden, et al., (2003) a découvert que lorsque le canola qui a été suivi d'une rotation de blé pendant trois années consécutives et après 1, 2 et 3 hivers, une persistance maximale de 44, 1,4 et 0,2% dans la banque de graines du sol a été observée respectivement.

Il a été démontré que les plants spontanés de canola résistent pendant au moins 4 ans dans les rotations dans l'Ouest canadien (Legere et al. 2001). La durée de la résistance dépend d'un certain nombre de facteurs et peut être liée aux génotypes de canola variant dans le potentiel pour l'induction dans la dormance secondaire. Gulden, et al., (2003) a classifié 6 génotypes de canola sur la base du potentiel de développement de la dormance secondaire de la graine. Les génotypes de canola classifiés en tant que potentiel élevé pour la dormance secondaire ont montré une persistance de 6 à 12 fois plus grande que ceux qui sont classifiés comme ayant un potentiel moyen. La grande taille de la graine s'est également avérée être associée à la dormance secondaire.

Jusqu'à présent nous ne sommes pas conscients de l'existence de ces types d'études pour le B. juncea ou le B. rapa. Pourtant, le B. juncea possède un attribut qui peut réduire son potentiel de mauvaise herbe spontanée comparativement au B. napus, comme la résistance à l'égrenage, la petite taille des graines et la minceur du tégument séminal dans le cas des cultivars à graines jaunes. Le B. rapa a la réputation d'être plus résistant dans le sol que le B. napus.

Les pratiques de gestion agricole auront un impact important sur les problèmes de mauvaise herbe spontanée. À compter de l'automne, après la production d'une culture de B. juncea et jusqu'à la prochaine saison, il existe de nombreuses occasions de lutter avec succès contre le B. juncea spontané. Les plants spontané de B. juncea sont facilement contrôlés par plusieurs herbicides communs, et peuvent être contrôlés par des pratiques normales de la lutte contre les mauvaises herbes utilisées couramment par les producteurs de l'Ouest canadien.

La première occasion est à l'automne de l'année où la récolte est cultivée. De bonnes pratiques de gestion des résidus de culture après la récolte et laisser la semence B. juncea à la surface accroîtra la mortalité de la semence et aidera à réduire le stock grainier dans le sol. Selon l'état hydrique des sols, une quantité importante de plants spontanés B. juncea pourrait germer en automne juste après la moisson. Ces plants spontanés seront contrôlés par le gel.

La saison suivante, plusieurs options sont disponibles dans la lutte aux plants spontanés de B. juncea CLEARFIELD. Dans l'Ouest canadien, la lutte contre les mauvaises herbes en pré-semis avec du glyphosate ou autres produits non sélectifs est une pratique commune dans la lutte contre les mauvaises herbes précoces et contre les mauvaises herbes à feuilles larges de même que les annuelles hivernales. Les plants spontanés de Brassica juncea CLEARFIELD qui ont poussé au printemps seront éliminés pendant cette opération de lutte contre les mauvaises herbes communes.

Tel qu'indiqué plus tôt, les cultures de céréales sont une des cultures cultivées en rotation les plus communes avec le canola ou le Brassica juncea. Les plants spontanés de B. juncea CLEARFIELD seront éliminés efficacement par une variété d'herbicides du groupe 4 (régulateurs de croissance) et du groupe 6 (inhibiteurs de photosynthèse) qui sont généralement utilisés avec le blé et l'orge dans la lutte annuelle aux mauvaises herbes à feuilles larges. Voici une liste d'herbicides pouvant être utilisés pour lutter contre les plants spontanés B. juncea CLEARFIELD dans les cultures céréalières. Les herbicides sont énumérés par matière active et groupe d'herbicide et non par la marque de commerce. La liste des produits commerciaux disponibles pour lutter contre le plant spontané Brassica juncea est plus grande.

Matière active Groupe d'herbicide
2,4-D 4
Bentazon + 2,4-D 6, 4
Bromoxynil + MCPA 6, 4
Bromoxynil + 2,4-D 6, 4
Clopyralid + MCPA 4
Dicamba + MCPA/2,4-D 4
Dicamba + MCPA K+ 4
Dicamba + 2,4-D amine + Mecoprop 4
Dicamba + Mecoprop + MCPA 4
Diclorprop + 2,4-D 4
Florasulam + 2,4-D 4
Florasulam + Clopyralid + MCPA 4
Fluroxypyr + MCPA 4
Fluroxypyr + Clopyralid + MCPA 4
Metribuzin 5

Si le blé CLEARFIELD est cultivé dans le cadre d'une rotation de 4 ans avec le B. juncea CLEARFIELD (les herbicides du groupe 2 sont recommandés seulement pour une rotation de 2 ans sur 4), les herbicides disponibles pour usage sur le blé de CLEARFIELD lutteront effectivement contre les plants spontanés de B. juncea CLEARFIELD. Les deux herbicides de blé de CLEARFIELD disponibles commercialement sont ADRENALIN SC et ALTITUDE FX. Ces deux herbicides combinent des herbicides avec différents modes d'action (herbicides du groupe 2 et du groupe 4). ADRENALIN SC est un prémélange d'imazamox + 2,4-D. ALTITUDE FX est un emballage combiné d'imazamox + fluroxypyr + MCPA. La gestion de la résistance à l'herbicide et la lutte aux plants spontanés CLEARFIELD faisaient partie intégrante de notre décision commerciale sur des offres d'herbicides de blé CLEARFIELD.

De même, certaines des offres d'herbicides SU sur le marché sont emballées en combinaison avec des herbicides du groupe 4. Harmony K et Refine M sont deux exemples d'offres de produits SU qui aideront dans la lutte au plant spontané CLEARFIELD juncea. Comme pour nos herbicides de blé CLEARFIELD, l'utilisation de ces produits sur le juncea suivant une récolte de céréale devrait seulement être faite en rotation de 2 ans sur 4. L'utilisation d'herbicides SU sans ajout de groupe 4 à mélanger en cuve n'est pas recommandée dans la lutte au plant spontané CLEARFIELD Brassica juncea dans les céréales; la lutte à la mauvaise herbe spontanée ne sera pas satisfaisante pour gérer ce plant CLEARFIELD.

Les pois sont une rotation culturale moins commune après le Brassica juncea. Les pois offrent plusieurs possibilités de lutte contre les plants spontanés de Brassica juncea CLEARFIELD. Le Basagran Forte (groupe 6) peut être utilisé à faibles doses en cours de culture dans la lutte contre les plants spontanés de Brassica juncea CLEARFIELD. Des possibilités additionnelles dans la lutte en cours de culture aux plants spontanés de Brassica juncea CLEARFIELD incluent : le sel de sodium MCPA (groupe 4) ou Sencor (groupe 5).

En résumé, Brassica juncea ne pose pas de menace sérieuse comme mauvaise herbe de plant spontané. De nombreux outils de gestion des mauvaises herbes, culturales et chimiques sont disponibles pour lutter efficacement contre le Brassica juncea CLEARFIELD. Ces outils font partie des pratiques normales de lutte aux mauvaises herbes actuellement utilisées communément par les producteurs de l'Ouest canadien. La gestion des plants spontanés de Brassica juncea CLEARFIELD n'exigera pas de changement significatif dans les pratiques de lutte aux mauvaises herbes.

Gestion de la pollinisation croisée avec des mauvaises herbes et des cultures autres que CLEARFIELD

Qu'est-ce que la pollinisation croisée et le flux génétique?

Le flux génétique est le mouvement de gamètes, de zygotes (graines), de sujets ou de groupes de sujets d'un endroit à un autre et leur intégration subséquente au patrimoine génétique de la nouvelle localité (Slatkin, 1987). C'est un processus biologique naturel et, chez les végétaux, il se produit surtout grâce à la dispersion du pollen ou des graines (Levin et Kerster, 1974). L'importance relative du flux génétique pour la structure génétique d'une population varie en fonction de la distance séparant la population donneuse et receveuse, de la taille de la population, de la durée d'existence du processus et du fait que le nouveau gène puisse conférer à la population receveuse un quelconque avantage sur le plan de la valeur adaptative (Waines et Hegde, 2003).

Chez les végétaux, la pollinisation croisée (ou allogamie) est un type de reproduction par lequel un gamète mâle d'un sujet féconde un gamète femelle d'un autre sujet (Waines et Hegde, 2003). L'expression « pollinisation croisée » désigne habituellement la reproduction sexuée au sein d'une même espèce et a souvent été utilisée comme synonyme de flux génétique (Gleaves, 1973; Handel, 1983). Toutefois, tel que mentionné précédemment, le flux génétique peut s'opérer par d'autres moyens qu'une pollinisation croisée. Nous nous contenterons de traiter du flux génétique pollinique.

Un large éventail de facteurs influe sur l'aptitude d'une plante donnée à la pollinisation croisée, y compris la formation des épillets, la période de floraison, la réceptivité des stigmates, la production, la dispersion et la viabilité du pollen ainsi que des facteurs du milieu. La possibilité de pollinisation croisée varie considérablement d'une espèce et d'une variété à l'autre. Après une pollinisation croisée fructueuse, la descendance peut afficher des caractères des deux parents.

Le risque de pollinisation croisée peut varier d'une culture et d'une mauvaise herbe à l'autre. Le plan de gestion doit être centré sur la lutte contre les plants spontanés et sur la gestion des cultures tolérantes aux herbicides et des espèces apparentées.

Description des variétés de Brassica juncea avec la technologie Clearfield

Le Brassica juncea comprend à la fois des variétés cultivées comme légumes et des variétés à graines oléagineuses, et ces deux types pourraient avoir des origines différentes. L'un et l'autre sont considérés comme des amphidiploïdes naturels (génome AABB, 2n=36) résultant de croisements entre le B. rapa (génome AA, 2n=20) et le B. nigra (génome BB, 2n=16).

Le Brassica juncea CLEARFIELD a été développé par mutagenèse et par des croisements interspécifiques avec le B. napus Clearfield, suivi d'un rétrocroisement au B. juncea. Il n'est pas dérivé des techniques de recombinaison de l'ADN, p. ex. il n'est pas génétiquement modifié (GM). Ces variétés ont été sélectionnées pour une tolérance aux herbicides de type imidazolinone, ODYSSEY et SOLO de BASF.

Potentiel de pollinisation croisée avec le Brassica juncea CLEARFIELD

Toutes les variétés de Brassica juncea sont des plantes annuelles. La fécondation des ovules résulte généralement d'une autopollinisation, mais des taux d'allogamie de 20 à 30 % ont déjà été signalés (Rakow et Woods, 1987). Les abeilles sont les principaux pollinisateurs, car le pollen est lourd et collant et ne peut pas être transporté par le vent sur de grandes distances. La pollinisation croisée peut également résulter d'un contact physique entre les grappes de fleurs de sujets poussant à proximité l'un de l'autre. Des générations successives de B. juncea émanent de la graine des générations précédentes.

Potentiel de pollinisation croisée avec des espèces apparentées au B. juncea

Des hybridations interspécifiques ou intergénériques ont été faites entre le B. juncea et ses espèces voisines, cependant, plusieurs ont été faites artificiellement par la culture d'ovaire, la culture d'ovule, le sauvetage des embryons et la fusion de protoplastes. Warwick et al. (2000b) ont fait un examen extensif des hybrides interspécifiques et intergénériques de B. juncea et des espèces voisines qui ont été obtenus sexuellement.

La moutarde sauvage (Sinapis arvensis) est la plus abondante des espèces voisines de B. juncea dans l'Ouest canadien. Une plante issue du croisement entre le B. juncea et le S. arvensis a été rétrocroisée au B. juncea et au S. arvensis (Bing et al. 1991). Les plantes résultantes étaient faibles ou stériles et ne produisaient aucune graine après une pollinisation libre; on peut donc croire que ce croisement n'entraînerait pas une introduction stable de caractères transférés naturellement dans l'une ou l'autre espèce.

Warwick (2004) a aussi démontré que le flux génétique de B. juncea au S. arvensis est possible. Cependant, les hybrides obtenus ont réduit la fertilité du pollen et ne produisent pas de graine lorsqu'ils sont rétrocroisés avec l'une ou l'autre des espèces. Dans de rares situations où les hybrides se forment avec le génome non-réduit du B juncea, et ont un potentiel de rétrocroisement au S. arvensis, le trait de tolérance à l'herbicide n'est pas incorporé avec stabilité dans le génome S. arvensis. Aucun hybride interspécifique impliquant le S. arvensis n'a été confirmé dans la nature (Warwick et al., 2000a).

Lefol et al. (1997) a étudié l'obtention de graines hybrides par des croisements réciproques entre le B. juncea et la moutarde des chiens (Erucastrum gallicum) ou le radis sauvage (Raphanus raphanistrum). Comme ils n'ont pas fait appel à la récupération d'embryons, leurs mesures de production de graines sont sans doute indicatrices de ce qui survient dans les conditions naturelles. Le croisement R. raphanistrum × B. juncea n'a donné aucune graine, tandis que les graines viables issues des autres croisements ont toutes été considérées comme d'origine non hybride. Par conséquent, la probabilité de croisement intergénérique entre le B. juncea et ces deux espèces de mauvaises herbes semble faible.

Potentiel de pollinisation croisée avec le canola

Plusieurs travaux réalisés avec le canola démontrent que la quantité de flux du pollen diminue considérablement alors que la distance de la source du pollen augmente (Stringham and Downey, 1978, Downey, 1999, Scheffler et al. 1995). Dans d'autres expériences, on a observé une pollinisation croisée de moins de 0,03 % quand la source du pollen était à une distance de 30 mètres (Staniland et al., 2000). Ce travail sur la dispersion de pollen a été effectué principalement avec essais au champ à petite échelle. D'autres ont suggéré que le pollen s'est déplacé sur de plus grandes distances (Hall et al., 2000).

En ce qui a trait aux cultures apparentées, Bing et al. (1991) ont conclu qu'il y avait un potentiel pour des hybrides entre le B. juncea, le B. napus et le B. rapa pour produire une graine viable qui pourrait survivre aux générations suivantes.

Warwick (2007) a récapitulé les résultats des études continues du flux de pollen du Brassica napus transgénique au Brassica juncea. Ces travaux ont documenté un flux génétique de 0,005 % à des distances allant jusqu'à 200 mètres.

Gestion de la pollinisation croisée du canola CLEARFIELD Brassica juncea à des espèces apparentées

L'évidence indique que le gène tolérant à l'herbicide ne confère pas d'avantage compétitif aux plantes à moins que des herbicides spécifiques ne soient utilisés. Il ne s'ensuit pas une augmentation de l'enherbement ou de l'envahissement des espèces. Les plantes tolérantes aux herbicides issues de la pollinisation croisée peuvent être gérées de la même façon que les plants spontanés tolérants aux herbicides.

Tel que discuté dans la section intitulée « Gestion des plants spontanés B. juncea CLEARFIELD », la combinaison de la rotation culturale, les pratiques de gestion agricole et les nombreuses méthodes chimiques et culturales disponibles pour lutter contre le plant spontané B. juncea contribueront toutes à une lutte efficace des plants spontanés B. juncea ou tout autre hybride issu de la pollinisation croisée.

Les pratiques suivantes seront efficaces pour réduire le niveau de pollinisation croisée :

  • Éliminer tous les plants spontanés au cours de la saison suivant la culture du canola CLEARFIELD Brassica juncea. (Voir la section précédente sur la lutte contre les plants spontanés avec la technologie CLEARFIELD).
  • Adopter les pratiques de rotation culturale qui facilitent l'utilisation d'herbicides provenant de différents groupes d'herbicides.
  • Éviter de semer le canola B. juncea CLEARFIELD près des cultivars de canola ou de moutarde qui ont des traits différents de résistance aux herbicides.
  • Garder propres les abords des clôtures où des variétés différentes de canola peuvent germer.
  • Recouvrir les chargements pendant le transport afin d'éviter de disperser les graines.

Références

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Downey, R.K. 1999a. Gene flow and rape – the Canadian experience. Gene Flow and Agriculture:Relevance for Transgenic Crops, BCPC Symposium Proceedings No. 72, April 1999, Keele, Staffordshire, UK, pp. 109-116.

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