Annexe 2 : Exemples d'évaluation de la possibilité de réglementation de nouvelles lignées en vertu de la Partie V du Règlement sur les semences

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Afin d'aider les requérants à déterminer si leurs produits sont des VCN réglementés en vertu de la Partie V du Règlement sur les semences, les prochaines pages présentent les exemples suivants à des fins de référence :

  • Annexe 2A: Une variété de soya (Glycine max Dowling) qui est résistante au puceron asiatique du soya (Aphis glycines Matsumura), grâce à un allèle du gène Rag1 et a été créée par croisement de matériel génétique canadien avec celui d'un cultivar étranger possédant l'allèle de la résistance.
  • Annexe 2B: Une variété de canola (Brassica napus PM1 et PM2) qui a une tolérance aux herbicides à base d'imidazolinone, introduite à l'aide de la mutagenèse chimique du gène AHAS/ALS, responsable du caractère de tolérance.
  • Annexe 2C: Une variété de tournesol (Helianthus annuus Clearfield™ Hybrid X81359) qui a une tolérance aux herbicides à base d'imidazolinone, introduite par le croisement de matériel génétique canadien avec un membre d'une population sauvage qui possède un gène AHAS/ALS muté.
  • Annexe 2D: Une variété de pois des champs (Pisum sativum CDC Mozart) qui est résistante au blanc (Erysiphe pisi).
  • Annexe 2E: Une variété de blé de printemps (Triticum aestivum Goodeve, anciennement BW841) qui a une résistance à la cécidomyie orangée du blé (Sitodiplosis mosellana), grâce à un allèle du gène Sm1, introduit par un croisement avec un cultivar possédant l'allèle de la résistance.
  • Annexe 2F: Un cas hypothétique concernant une variété d'asperge (Asparagus officinalis L.) qui démontre des niveaux élevés de rutine, un composé antioxydant qui a des avantages potentiels pour la santé humaine.

Annexe 2A : Résistance au puceron asiatique du soya chez le soya Dowling

Feuille de travail pour la détermination d'un VCN
Un document d'accompagnement de la Directive 2009-09 :
Végétaux à caractères nouveaux réglementés par la Partie V du Règlement sur les semences

Espèce : Glycine max Dowling
Caractéristique : Résistance au puceron asiatique du soya (Aphis glycines Matsumura) conférée par croisement avec un matériel génétique étranger.

1. Le caractère a-t-il été sélectionné chez le végétal à partir du matériel génétique (de la même espèce) trouvé dans les cultures canadiennes avant décembre 1996, ou précédemment autorisé par le BBV pour utilisation pour un végétal de la même espèce?*

Non – Le soya montrant de la résistance au puceron asiatique du soya (Aphis glycines Matsumura) à l'aide de l'allèle du gène Rag1 en question n'a pas été cultivé dans l'environnement canadien avant 1996. Il est toutefois possible que le caractère ait été présent dans le matériel génétique adapté aux conditions canadiennes, mais qu'il n'ait pas été remarqué ou sélectionné avant l'introduction de ce puceron.


Références :

Diaz-Montano, J., J.C. Reese, J. Louis, L.R. Campbell, and W.T. Schapaugh. 2007. Feeding behaviour by the soybean aphid (Hemiptera: Aphididae) on resistant and susceptible soybean genotypes. J. Econ. Entomol. 100: 984-989

Fu, Y.-B., G.W. Peterson, and M.J. Morrison. 2007. Genetic diversity of Canadian soybean cultivars and exotic germplasm revealed by simple sequence repeat markers. Crop Sci. 47: 1947-1954

Gizlice, Z., Carter, T.E., Jr., and Burton, J.W. 1994. Genetic base for North American public soybean cultivars released between 1947 and 1998. Crop Sci. 34: 1143–1151.

USDA-GRIN. 2007. United States Department of Agriculture-Germplasm Resources Information Network. Available from: www.ars-grin.gov [Accessed October 18th, 2007].

* Pour le Bureau de la biosécurité végétale, « cultivé » signifie « ce qu'un individu fait pousser en tant que culture ». Cela signifie que les parcelles de multiplication des semences et les lignées généalogiques sont considérées « cultivées ».

Si la réponse à la question 1 est « oui », alors N'ALLEZ PAS PLUS LOIN. Le végétal n'est pas un VCN et n'est pas assujetti à la Partie V du Règlement sur les semences. Sinon, continuez :

2. Le végétal peut-il avoir, comparativement à une lignée de comparaison canadienne appropriée, une incidence environnementale négative importante considérant les facteurs suivants :  
2a. Possibilité de comportement comme une mauvaise herbe : Y a-t-il une plus grande possibilité que le végétal devienne une mauvaise herbe pour l'agriculture ou envahisse les milieux naturels canadiens?

Non – Au Canada, le soya n'est pas considéré comme une mauvaise herbe des écosystèmes agricoles ou un envahisseur des habitats naturels. La lignée parentale du cultivar étranger est largement utilisée dans le développement du matériel génétique cultivé aux États-Unis (Gizlice et coll. 1994), et aucune de ces variétés n'ont démontré une augmentation du comportement de mauvaises herbes ou envahissant.


Références :

Gizlice, Z., Carter, T.E., Jr., and Burton, J.W. 1994. Genetic base for North American public soybean cultivars released between 1947 and 1998. Crop Sci. 34: 1143–1151.

2b. Flux génétique : Pour la sécurité environnementale, quelles sont les conséquences de la production d'hybrides entre le végétal et une espèce végétale apparentée sexuellement compatible domestique ou sauvage présentes au Canada?

No – Le soya est autofécondé, il n'y a pas de parent sauvage indigène au Canada et il n'existe aucune population naturalisée de parents sauvages non indigènes. Le caractère de résistance au puceron n'est pas associé à une morphologie florale modifiée, qui gouverne le mécanisme d'autofécondation du soya. Ce cultivar se comporte comme attendu dans les croisements dirigés (Hill et coll. 2006; Li et coll. 2007).


Références :

Hill, C.B., Li, Y., and Hartman, G.L. 2006. A single dominant gene for resistance to the soybean aphid in the soybean cultivar Dowling. Crop Sci. 46: 1601–1605.

Li, Y., Hill, C.B., Carlson, S.R., Diers, B.W., and Hartman, G.L. 2007. Soybean aphid resistance genes in the soybean cultivars Dowling and Jackson map to linkage group M. Mol. Breed. 19:25–34.

2c. Possibilité de devenir un végétal nuisible : Le végétal est-il plus susceptible d'héberger et/ou de faciliter la propagation d'un ravageur ou d'un pathogène appartenant à l'environnement canadien?

Non – Pour autant qu'on sache, l'allèle du gène Rag1 n'est relié à aucune susceptibilité inhabituelle aux agents pathogènes et la lignée parentale du cultivar étranger est susceptible à une variété des ravageurs du soya pour lesquels le soya contient des sources de résistance (Sij et coll. 1999). Il y a une certaine résistance à la rouille du soya et au chancre de la tige (Bowers et coll. 1993); cependant, la réponse à divers agents pathogènes varie considérablement entre les diverses variétés canadiennes de soya (Comité ontarien des cultures oléagineuses, 2007).


Références :

Bowers, G.R., Ngeleka, K., and Smith, O.D. 1993. Inheritance of stem canker resistance in soybean cultivars Crockett and Dowling. Crop Sci. 33: 67–70.

Ontario Oil and Protein Seed Crop Committee. 2007. Homepage [on- line]. Available from http://www.gosoy.ca/soyhome.php [Cited October 23 2007].

Sij, J.W., Bowers, G.R., Way, M.O., and Boykin, D.L. 1999. Insect defoliation and population dynamics in blends of resistant and susceptible soybean cultivars. Agron. J. 91: 82–87.

2d. Effets possible sur les organismes non visés : Le végétal peut-il avoir des incidences négatives sur des organismes non visés avec lesquels il interagit directement ou indirectement, y compris les humains, comme travailleurs ou tiers?

Non – Effets directs : Le mode d'action précis du gène Rag1 n'est pas caractérisé (Diaz-Montano et coll. 2006), et on ne sait pas si le gène Rag1 a un effet semblable à celui qu'il a sur le puceron asiatique du soya sur d'autres insectes. Cependant, les ravageurs qui dévorent le soya en Amérique du Nord sont des espèces généralistes, soit des espèces introduites, puisque le soya est en soit une espèce introduite. Les ravageurs généralistes du soya peuvent facilement se tourner vers d'autres espèces de végétaux non résistantes aux pucerons. Les espèces qui s'attaquent au soya en particulier et qui sont affectées par le mode d'action non caractérisé seront les plus lésées; cependant, en ce moment on ne sait pas s'il existe d'autres ravageurs de ce type au Canada.

Effets indirects : Plusieurs prédateurs généralistes se nourrissent du puceron asiatique du soya, mais il n'y a pas de prédateurs exclusif connus du puceron asiatique du soya au Canada. La coccinelle asiatique multicolore (Harmonia axyridis) est le prédateur des pucerons le plus commun dans les champs de soya de l'Ontario (Mason et coll. 2006). Il n'y a pas de documentation évaluée par des pairs sur le sujet des effets indirects des prédateurs au Canada qui s'attaquent aux pucerons asiatiques du soya qui se nourrissent de la lignée parentale du cultivar étranger.

Il existe au moins une guêpe parasitoïde généraliste (Aphelinus albipodus) du puceron asiatique du soya (Ellingson and Hogg 2003). Lorsque les guêpes ont été élevées à partir de pucerons nourris par du matériel génétique de soya résistant, leur taille ou leur pourcentage d'émergence parasitoïde ne présentait aucune différence avec ceux des guêpes élevées avec des pucerons qui s'étaient nourris de matériel génétique de soya sensible (Crompton and Ode 2005). Bien qu'on ne sache pas pour sûr si cette guêpe est présente au Canada, les résultats de la recherche peuvent être extrapolés à l'environnement canadien et aux organismes non visés connexes à cause des similarités des pratiques et des emplacements de culture du soya.

Aucun signalement d'effets nocifs pour les humains n'a été fait à cause de la culture du cultivar étranger à l'origine de ce caractère, autrement dit, il existe un historique de culture sécuritaire dans un autre pays.


Références :

Crompton, D.S., and Ode, P.J. 2005. Implications of the Rag1 soybean aphid resistance gene on biocontrol. Proceedings of the Entomological Society of Manitoba 61: 26.

Diaz-Montano, J., Reese, J.C., Louis, J., Schapaugh, W.T., and Campbell, L.R. 2006. Characterization of antibiosis and antixenosis to the soybean aphid (Hemiptera: Aphididae) in several soybean genotypes. J. Econ. Entomol. 99: 1884– 1889.

Ellingson, B., and Hogg, D.B. 2003. Potential of Aphelinus albipodus for biological control of soybean aphid. Proceedings of the 2003 Entomological Society of America Annual Meeting.

Mason, P., Baute, T., and Broadbent, B. 2006. Impact of predators on soybean aphid in Ontario. Société d'Entomologie du Québec–Entomological Society of Canada Joint Annual Meeting.

2e. Autres effets négatifs possibles sur la biodiversité : Le végétal a-t-il d'autres effets négatifs possibles sur la biodiversité, y compris des changements dans les pratiques de gestion des cultures favorisant la durabilité de l'environnement?*

Non – La variété Dowling n'est pas adaptée à la culture dans l'environnement canadien (elle nécessite une saison de croissance beaucoup plus longue) (Gizlice et coll., 1994), et n'importe quel programme canadien de sélection utilisant la variété Dowling exigerait des retro-croissements extensifs. Le manque d'adaptabilité de ce germoplasme dans l'environnement canadien minimisera efficacement tout effet non-intentionnel potentiel à l'égard des cinq principaux critères environnementaux (comportement potentiel en mauvaise herbe, flux génétique, comportement potentiel en phytoravageur, effet potentiel négatif sur des organismes non ciblés, autres effets potentiels négatifs sur la biodiversité) qui pourrait être introgressé dans un germoplasme canadien adapté grâce à un programme de sélection conventionnel. Étant donné que le soya n'a aucune espèce apparentée avec laquelle il peut effectuer un croisement extérieur au Canada, les nouveaux caractères ne seront pas transférés à d'autres espèces dans les environnements naturels. En outre, d'après les renseignements disponibles, il est improbable que le caractère nouveau ait un effet nocif sur les organismes non visés.

Actuellement, le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario fournit l'avis selon lequel les ennemis naturels sont des outils de contrôle utiles pour le puceron asiatique du soya et les insecticides foliaires ne sont nécessaires qu'en cas d'infestation extrême, puisque les insecticides tuent les ennemis naturels et causent la résurgence des populations de puceron ( OMAFRA 2002). Les insecticides homologués sont très toxiques pour les organismes non visés, y compris les insectes bénéfiques et les animaux aquatiques (OMAFRA 2007, Alberta Agriculture and Food 2007). L'introduction d'une résistance génétique au puceron asiatique du soya chez le soya peut amener une réduction de l'application de ces insecticides, ce qui peut à son tour soutenir la biodiversité (Galvan et coll. 2005). Elle peut également offrir un mode d'action additionnel pour contrôler l'insecte ravageur, ce qui peut contribuer à retarder le développement de la résistance à l'insecticide. Par conséquent, la réduction des espèces de ravageurs locaux à la suite du caractère de résistance aux pucerons ne modifie pas significativement les pratiques agricoles existantes.


Références :

Alberta Agriculture and Food. 2007. Agdex 606-1: Crop protection 2007. Alberta Agriculture and Food Information Packaging Centre, Edmonton, Canada.

Galvan, T.L., Koch, R.L., and Hutchison, W.D. 2005. Toxicity of commonly used insecticides in sweet corn and soybean to multicoloured Asian lady beetle (Coleoptera: Coccinellidae). J. Econ. Entomol. 98: 780–789.

OMAFRA. 2002. Publication 811: Agronomy Guide for Field Crops. Queen's Printer for Ontario, Toronto, Canada.

OMAFRA. 2007. Publication 812: Field crop protection guide 2007– 2008. Queen's Printer for Ontario, Toronto, Canada.

Si vous avez donné une réponse affirmative à un des éléments de la question 2, ou si un de ces éléments n'est pas clair pour vous, alors communiquez avec le Bureau de la biosécurité végétale : le végétal peut être un VCN et assujetti à la Partie V du Règlement sur les semences.

* Selon le Bureau de la biosécurité végétale, l'expression « pratiques de gestion des cultures favorisant la durabilité de l'environnement » signifie « des pratiques de gestion des cultures qui encouragent la préservation à long terme des composants et des fonctions de l'écosystème pour les générations futures ».

Veuillez noter : Selon le produit, les exigences relatives aux données peuvent être plus étendues pour certains critères que pour d'autres. Des éléments de preuve, comme les données expérimentales ou la documentation évaluée par des pairs, doivent être demandés à l'appui de la justification présentée dans ce document.
Le BBV se réserve le droit de demander des données plus exhaustives à l'appui d'une détermination ou d'une confirmation de la détermination du requérant.

Conclusion : Ce végétal n'est pas un VCN et n'est pas assujetti à la Partie V du Règlement sur les semences.

Le caractère d'intérêt de ce produit ne semble pas présenter la possibilité d'une incidence environnementale négative importante; il n'est pas nécessaire d'aviser le BBV.

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