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Femmes en Sciences - balado avec Bree-Ann Lightfoot et Dre. Lisa Hodges

Juin 2019

Mon conseil pour se lancer dans les sciences serait de ne pas avoir trop peur ou de ne pas trop se cantonner à une seule voie, mais plutôt d'essayer différents sujets. C'est un domaine si vaste que vous pourriez être surpris de voir ce qui vous intéresse le plus.

Bree-Ann Lightfoot et Dre Lisa Hodges Scientifiques, Laboratoire de Dartmouth

Bree-Ann Lightfoot et Dre Lisa Hodges travaillent ensemble au laboratoire de Dartmouth où elles effectuent des tests d'identification des espèces de poisson et de produits à base de poisson pour confirmer que les entreprises étiquettent correctement leurs produits.

Bree-Ann Lightfoot et Dre Lisa Hodges – Transcription audio

Aujourd'hui, nous avons la chance d'avoir deux invitées qui vont nous parler de leur travail à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Veuillez accueillir Bree-Ann Lightfoot et Lisa Hodges qui se joignent à nous depuis le laboratoire de Dartmouth en Nouvelle-Écosse où elles appuient les programmes de salubrité alimentaire de l'ACIA. Je vous remercie de venir nous parler aujourd'hui de votre travail et des sciences.

Bree : C'est un plaisir, merci de nous recevoir.

Pouvez-vous nous parler un peu du laboratoire de Dartmouth et de vos rôles? Par exemple, quel genre de travail y faites-vous?

Bree : Comme vous l'avez dit, nous travaillons au laboratoire de l'ACIA à Dartmouth qui est l'un des laboratoires de salubrité alimentaire de l'ACIA qui sont présents partout au pays. Je suis moi-même (Bree-Ann) gestionnaire de la Section de microbiologie, et le rôle principal de la section que je dirige et celui d'autres microlaboratoires alimentaires de l'ACIA est de vérifier la présence d'agents pathogènes d'origine alimentaire dans les produits, ce qui appuie le programme de salubrité alimentaire de l'Agence. De même, nous développons, validons et mettons en œuvre des méthodes pour ces essais. À Dartmouth, nous sommes également responsables des essais d'identification des espèces de poissons et de produits de la pêche. Il s'agit de vérifier le respect des exigences en matière d'étiquetage et que celui-ci n'est pas erroné, ce qui serait considéré comme une fraude alimentaire. Ces essais sont la caractéristique de notre laboratoire de Dartmouth, car nous sommes les seuls au sein de l'ACIA à les réaliser.

J'ai cru comprendre que vous étiez la spécialiste de microbiologie du laboratoire.

Lisa : Oui. Je suis l'une des chercheuses en microbiologie du laboratoire. Mes recherches portent principalement sur la mise au point de nouvelles méthodes permettant de détecter plus rapidement et de meilleure manière les pathogènes bactériens des aliments tels que les bactéries E. coli, la listeria et le campylobacter. Certaines de ces recherches visent également à comprendre la biologie de ces organismes, ce qui nous permettra d'élaborer de meilleures stratégies d'atténuation et d'aider à déterminer une source possible d'éclosion.

Bree : Je voulais aussi mentionner que Lisa est la spécialiste de microbiologie qui a mis en œuvre notre méthode actuelle d'identification des espèces de poissons au laboratoire il y a quelques années et que nous utilisons actuellement pour nos méthodes.

Pouvez-vous me dire ce qu'est l'identification des espèces de poissons?

Lisa : À l'ACIA, la spéciation des poissons se fait à l'aide de codes à barres d'ADN pour appuyer les essais de routine et les enquêtes sur les erreurs d'étiquetage frauduleuses. Ce que nous faisons, c'est que nous utilisons une courte région de l'ADN d'un poisson qui, lorsque nous la séquençons, génère ce que nous appelons un code à barres. Ce code à barres que nous échantillonnons peut ensuite être comparé à une base de données de codes à barres d'espèces de poissons connues. Si nous trouvons une correspondance dans la base de données, l'échantillon est considéré comme provenant de cette espèce de poisson. Nous utilisons cette identification pour confirmer que les entreprises étiquettent avec précision le type de poisson qu'elles importent ou exportent. L'avantage de ce type de méthode, qui n'utilise qu'une région courte par rapport à l'ensemble du génome, est que les essais sont beaucoup plus rapides et moins coûteux.

Les essais en laboratoire ciblent généralement des poissons de grande valeur comme le thon, le vivaneau rouge et le flétan.

Pouvez-vous me donner quelques exemples de la façon dont les essais réalisés au laboratoire de Dartmouth peuvent avoir une incidence sur la vie quotidienne des Canadiens?

Lisa : Pour les espèces de poissons, par exemple, les essais nous aident à surveiller l'authenticité des produits de la pêche que les Canadiens achètent. Nous veillons à ce que les Canadiens ne paient pas pour un produit de remplacement, et nous nous assurons également que les personnes souffrant de sensibilités alimentaires puissent avoir davantage confiance en ce qu'elles mangent réellement, ce qui est important.

Bree : Les résultats de nos essais sur les agents pathogènes alimentaires au laboratoire de microbiologie peuvent aussi déclencher des enquêtes, auquel cas nous réaliserions des essais supplémentaires qui pourraient entraîner des rappels de produits alimentaires. La surveillance que nous menons peut aider les Canadiens à avoir confiance en la salubrité des aliments qu'ils consomment, et le travail effectué à l'ACIA, y compris dans notre laboratoire, nous permet d'être toujours prêts à participer aux enquêtes en cas de maladies d'origine alimentaire et d'épidémies au pays.

Vous avez assurément de nombreuses responsabilités. Cela est très intéressant quand on pense au nombre important de rappels qui existent. Sur ce point, pouvez-vous me donner un exemple de succès significatif pour votre laboratoire?

Bree : Il est difficile de cerner un succès pour les laboratoires. L'une des raisons, c'est que les bactéries que nous traitons évoluent toujours beaucoup plus vite que les animaux ou les plantes. Elles sont capables de s'adapter à de nouveaux environnements, de développer des résistances à des mesures contrôlées comme les désinfectants, les sels ou les antibiotiques, ou de développer soudainement la capacité de provoquer des maladies. En tant que laboratoire individuel et en tant qu'agence, non seulement nous nous efforçons d'accroître continuellement nos capacités de dépistage de ces pathogènes d'origine alimentaire, de façon plus rapide et précise, mais aussi d'être prêts à adopter de nouvelles approches lorsque ces bactéries évoluent.

Un exemple de réussite serait la mise en œuvre des méthodes fondées sur l'ADN que nous utilisons actuellement au laboratoire; pas seulement le codage à barres de l'ADN qui a été mentionné pour les espèces de poissons, mais aussi le séquençage génétique complet des bactéries lorsque la culture est isolée d'un produit alimentaire, ce qui nous sert également pour nos essais quotidiens. Nous examinons davantage de méthodes de dépistage fondées sur l'ADN afin d'obtenir des résultats plus rapides, à mesure que la technologie progresse, ce qui permet de raccourcir les délais d'exécution pour des bactéries comme E. coli, la salmonelle et la listéria.

Lorsqu'on y réfléchit, je dirais que c'est une grande responsabilité qui incombe au laboratoire, car c'est évidemment l'alimentation des gens et le système alimentaire du Canada dont vous vous occupez. Qu'est-ce qui vous a motivées pour poursuivre des études scientifiques et que diriez-vous aux jeunes femmes pour les encourager à faire de même?

Bree : En ce qui me concerne, j'ai toujours aimé les sciences. Les sciences dans tous les domaines me fascinent depuis l'école secondaire : la chimie, le corps humain, la biologie de tous les organismes vivants, et c'est ce qui m'a amenée à mon domaine d'études, la science alimentaire. J'ai toujours été intriguée par la manière dont les organismes évoluent, comme je l'ai mentionné dans ma dernière réponse, et dont ils continuent de s'adapter et, honnêtement, je suis encore étonnée de tous les progrès qui ont été réalisés dans l'identification microbiologique et par le fait que la méthodologie peut maintenant déterminer la séquence complète du génome de nos isolats dans notre laboratoire. Nous pouvons utiliser ces renseignements pour mieux comprendre les bactéries. C'est la raison principale qui m'a poussée à me diriger vers les sciences.

Mon conseil pour les jeunes femmes serait de dire que si elles aiment les sciences, elles devraient s'assurer de continuer dans cette voie. Ne laissez rien vous barrer la route. Il y a tant de domaines à étudier et dans lesquels on peut s'impliquer. Si vous êtes comme moi, vous en trouverez un qui vous plaira vraiment et qui continuera de vous étonner tout au long de votre carrière.

Et vous? Qu'est-ce qui vous a poussée à poursuivre une carrière scientifique?

Lisa : J'ai toujours aimé la biologie, surtout l'anatomie. Je me suis intéressée à la médecine. Mais quand j'ai commencé mon baccalauréat, j'ai aussi trouvé la microbiologie très intéressante. Il y a tout cet univers que nous ne pouvons pas voir, mais qui pourtant a un impact sur notre vie quotidienne. Lorsque j'ai entamé mes études supérieures, je savais que je voulais travailler sur les bactéries, afin de répondre à certaines des nombreuses inconnues sur ces organismes. Avec la microbiologie alimentaire, trouver une réponse à ces questions pourrait aussi avoir un impact direct sur les gens qui m'entourent. Mon conseil pour se lancer dans les sciences serait de ne pas avoir trop peur ou de ne pas trop se cantonner à une seule voie, mais plutôt d'essayer différents sujets. C'est un domaine si vaste que vous pourriez être surpris de voir ce qui vous intéresse le plus.

Je comprends qu'il y a quelque chose d'intéressant dans votre laboratoire en ce qui concerne les femmes et les sciences.

Bree : Tous les jours au laboratoire, nous sommes entourées de nombreuses scientifiques qui font beaucoup de choses différentes. Il y en a en chimie, en microbiologie. D'autres dans le laboratoire d'essais. Nous avons des chercheuses. Nous avons des femmes qui occupent des postes de directrice et de gestionnaire. Il y a beaucoup de femmes dans le domaine des sciences avec lesquelles nous travaillons tous les jours et qui apportent toutes une contribution différente, qui ont des antécédents différents et qui travaillent ensemble pour que l'ACIA fonctionne jour après jour.

Tout cela est une véritable source d'inspiration pour quelqu'un comme moi qui, plus jeune, avais un peu peur des sciences. Mais maintenant que je vous entends parler et que je vois toutes ces femmes assumer ces différents rôles, je pense que cela montre qu'il y a beaucoup de possibilités pour les femmes et les filles à mesure qu'elles avancent et j'espère qu'elles n'auront pas peur des sciences, contrairement à certaines d'entre nous dans le passé.

Pouvez-vous citer l'un des faits scientifiques que vous préférez, que vous trouvez intéressant et qui, à votre avis, pourrait intéresser d'autres personnes?

Bree : L'un des faits intéressants que je préfère, mais encore une fois, si vous n'êtes pas microbiologiste, vous ne trouverez peut-être pas ça amusant, c'est que le clostridium perfringens, une bactérie qui peut causer des maladies d'origine alimentaire, a l'un des temps de reproduction les plus rapides connus de tout organisme, ce que j'ai découvert il y a longtemps; elle peut commencer un nouveau bourgeonnement cellulaire, ou reproduction, toutes les dix minutes. Cela me fascine tout le temps lorsque je pense à la vitesse à laquelle elle peut grandir et se reproduire.

Ça a l'air difficile de suivre le rythme, effectivement.

Bree : Oui, c'est incroyable de voir qu'on peut avoir un clostridium perfringens partout, mais attention, pas dans la nourriture.

Et vous? Y a-t-il un fait scientifique que vous préférez et que vous aimeriez partager?

Lisa : Les mitochondries sont des organites présents dans les cellules animales qui génèrent l'énergie utilisée pour alimenter ces dernières. On pense en fait qu'il s'agit de bactéries qui ont été absorbées par des micro-organismes il y a des millions d'années et qui ne sont pas mortes. Elles sont devenues une partie intégrante de la cellule.

N'est-ce pas fascinant de penser que nos cellules existaient peut-être il y a des millions et des millions d'années, presque comme elles le sont aujourd'hui?

J'aimerais profiter de cette occasion pour vous remercier toutes les deux de vous être jointes à moi aujourd'hui et d'avoir eu cette discussion sur ce que vous faites au laboratoire de Dartmouth et sur la microbiologie, et bien sûr, d'assurer la sécurité de nos aliments.

Bree : Bienvenue. C'était un plaisir de parler avec vous.

[Fin de l'enregistrement]

Bree-Ann Lightfoot et Dre Lisa Hodges – Balado

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