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Femmes en Sciences - balado avec Dre Catherine Brisson

Juin 2019

Poursuivez vos rêves, car il y a plusieurs façons d'atteindre ses objectifs. Par exemple, vous souhaitez devenir vétérinaire, mais vos résultats scolaires ne sont pas assez bons? Vous pouvez suivre un programme de technique de santé animale ou étudier la zoothérapie ou d'autres domaines liés à la médecine vétérinaire.

Dre Catherine Brisson - Directrice, Laboratoire d'Ottawa, santé des animauxry

Quand Dre Catherine Brisson avait 14 ans, elle n'aimait pas du tout la biologie. Un Noël, sa mère lui a offert un dictionnaire médical, et c'est là que son amour de la biologie a commencé. Grâce à sa mère et à ce dictionnaire, Catherine est maintenant vétérinaire!

Dre Catherine Brisson – Transcription audio

Bonjour à nos auditeurs. Nous sommes rejoints aujourd'hui par Catherine Brisson, directrice du laboratoire de santé animale d'Ottawa à l'Agence canadienne d'inspection des aliments. En plus d'être directrice, Catherine est vétérinaire et elle est spécialisée dans les maladies animales. Bonjour, Catherine.

Bonjour.

En tant que directrice de laboratoire, quels sont les domaines de la santé animale que votre équipe appuie?

Notre laboratoire effectue des tests pour dépister des maladies à déclaration obligatoire au Canada. Par exemple, la rage, la tuberculose, la brucellose. On teste aussi pour des maladies qui sont exigées par les pays qui importent nos animaux. Par exemple, un pays peut décider d'importer des bovins mais exiger qu'ils soient testés pour certaines maladies que nous n'avons pas au Canada, comme la brucellose mais aussi pour des maladies qui sont présentes au pays, comme la paratuberculose qui est une maladie qui crée des baisses de production. Alors, on effectue aussi des tests chez des animaux qui sont importés au Canada pour des maladies qui ne sont pas présentes au Canada. Un exemple est la morve chez le cheval. L'objectif de faire ces tests est de s'assurer que les animaux qui arrivent au Canada ne contaminent pas nos animaux. Le laboratoire effectue aussi de la recherche sur ces maladies pour qu'on soit toujours en mesure d'utiliser les meilleures méthodes pour détecter les maladies. Le laboratoire comprend sept chercheurs, quatre professionnels et plusieurs techniciens directement impliqués en recherche. En plus de nos services en recherche et en diagnostic, nos professionnels donnent des conseils scientifiques et travaillent avec des partenaires nationaux et internationaux au bien-être des animaux.

C'est très intéressant, surtout que ça affecte les canadiens ainsi que d'autres pays. Votre laboratoire est spécialisé dans l'étude de la tuberculose bovine. Pourriez-vous nous en parler? Qu'est-ce que c'est?

Notre laboratoire, c'est le laboratoire national de référence pour la tuberculose au Canada. Tous les échantillons soumis pour tester la tuberculose bovine au Canada sont envoyés à notre laboratoire. La tuberculose bovine c'est une maladie tellement rare au Canada que nous sommes considérés comme exempt. C'est une maladie d'origine bactérienne qui est chronique et que l'on retrouve chez les bovins. La maladie peut aussi se présenter chez d'autres espèces de mammifères comme les humains ou les animaux domestiques.

Pourquoi est-ce que le travail de votre laboratoire est si important? Quel effet a-t-il sur la vie des canadiens?

Au Canada, l'Agence a mis en place un système de dépistage de la tuberculose. Alors, la tuberculose c'est une maladie chronique donc qui peut rester dormante pendant des années sans que l'animal démontre des symptômes. Le système de dépistage permet de détecter les cas de manière précoce, c'est-à-dire avant que l'animal démontre des signes de perte de poids, de faiblesse ou de toux. Être reconnu internationalement comme un pays qui a un bon système de détection pour une maladie comme la tuberculose permet de maintenir les exportations d'animaux ou de produits d'animaux, ce qui contribue grandement à notre économie. Mais à l'intérieur du système de dépistage de la tuberculose, les échantillons sont envoyés au laboratoire où on procède à une série d'analyses qui permet de confirmer l'absence de tuberculose.

Alors c'est très, très important ce travail. Pourriez-vous expliquer un peu plus comment votre travail est important pour aider les enquêtes de tuberculose bovine?

Alors, pendant l'investigation de tuberculose, que ce soit une en particulier ou en général, le laboratoire de santé animale d'Ottawa est directement impliqué dans tous les tests de dépistage et de confirmation. On possède des experts en sérologie qui sont responsables d'effectuer les tests sur des spécimens de sang. Ici, les experts en pathologie examinent au microscope des échantillons de tissue reçu des abattoirs afin de détecter des lésions ou des bactéries qui pourraient être compatibles avec la tuberculose. On a aussi des experts en microbiologie. Eux sont responsables de faire croître les bactéries qui causent la tuberculose et on a aussi des experts en biologie moléculaire qui se penchent sur l'identification des bactéries et qui peuvent même identifier la souche de la bactérie. Dans certains cas, on collabore avec d'autres laboratoires de l'Agence. Par exemple, un des tests nécessite que l'échantillon soit soumis à une phase préparatoire dans les plus brefs délais après la collecte de l'échantillon. On travaille ainsi à mettre en place cette phase préparatoire dans un laboratoire situé près du lieu de la collecte des échantillons.

Alors, c'est un travail qui nécessite les expertises des scientifiques de plusieurs domaines.

Effectivement.

Votre laboratoire a beaucoup d'expertise et est reconnu mondialement.

Oui, nous avons une très bonne réputation pour nos services de laboratoire pour la tuberculose. Mais nous sommes reconnus mondialement à l'Office international des épizooties comme laboratoire de référence pour la rage, pour la maladie débilitante des cervidés et pour la tremblante. On est aussi reconnu comme un centre collaborateur pour la rage.

Merci. Où pouvons-nous obtenir plus d'information sur la santé animale et les moyens d'assurer la sécurité du Canada?

Je suggère aux canadiens et aux canadiennes intéressés par la sécurité du Canada de consulter le site de l'Agence à inspection.gc.ca pour en connaître plus sur l'Agence et sur la tuberculose en particulier. On peut aussi consulter d'autres sites du gouvernement du Canada, comme Santé Canada, l'Agence canadienne de la santé publique et l'Agence des services frontaliers du Canada. Il existe aussi de très bonnes revues scientifiques reliées à la santé animale tant en anglais qu'en français. Les bibliothèques et le web sont de très bonnes sources d'informations scientifiques adaptées selon l'âge et les connaissances des lecteurs.

Et puis, revenir un peu plus à vous-même, qu'est-ce qui vous a inspiré à poursuivre une carrière comme scientifique?

À l'école, mes matières préférées étaient toujours liées aux sciences, que ce soit les mathématiques, la physique ou la chimie. Je n'aimais pas beaucoup les cours de sciences sociales, de français ou d'histoire.

Et est-ce que vous avez des conseils pour les jeunes femmes et les filles pour les encourager à étudier dans le domaine des sciences?

J'aurais quelques conseils à donner à quiconque désire s'orienter dans un domaine scientifique. Si la personne aime les sciences et désire travailler dans un domaine scientifique, je lui conseillerais d'aller faire du bénévolat dans le domaine qui l'intéresse. Par exemple, j'ai été propriétaire d'un hôpital vétérinaire pendant 13 ans et on a eu pendant ces 13 années de jeunes bénévoles qui étaient intéressés par la médecine vétérinaire. Une d'entre elles en particulier venait tous les samedis pour nous aider. Elle avait 14 ans et elle est venue pendant au moins un an. Arrivée à 17 ans, et là il était temps pour elle de faire un choix de carrière, elle a décidé de s'orienter vers la psychologie et non vers la médecine vétérinaire. Je conseillerais aussi à cette personne de faire de son mieux et en tout temps dans ses études. Le domaine des sciences est compétitif et les critères de sélection sont parfois élevés dans certaines professions ou techniques au niveau académique. Pensez aux médecins, aux dentistes, aux pharmaciens, aux inhalothérapeutes et aux radiologues. Ce sont tous des sujets qui sont très, très contingentés au CEGEP ou à l'université. Je lui conseillerais aussi de poursuivre ses rêves car il existe plusieurs chemins pour arriver à ses fins. Par exemple, si on désire être vétérinaire, et ses résultats académiques ne sont pas suffisamment bons, on peut se diriger vers une technique de santé animale, en zoothérapie ou dans d'autres domaines connexes à la médecine vétérinaire.

Merci beaucoup. Ce sont de bons conseils aux choix de carrière. Est-ce qu'il y a une femme scientifique en particulier qui vous a influencée?

Oui, beaucoup. Je suis devenue vétérinaire grâce à ma mère. Ma mère est infirmière et lorsque j'avais 14 ans, je n'aimais pas la biologie du tout et je n'avais pas de très bonnes notes. Alors, ma mère m'a offert comme cadeau de Noël un dictionnaire médical et elle m'obligeait à le lire avec elle tous les soirs. Alors, ça a augmenté beaucoup mes notes en biologie. Ça a contribué à me faire aimer la biologie et puis, c'est grâce à elle sincèrement que j'ai été accepté en médecine vétérinaire parce que sans elle, je n'aurais pas continuer dans un domaine vers la biologie.

C'est inspirant. Moi aussi j'aimais regarder les livres médicaux de ma mère qui, elle aussi, était infirmière. C'est toujours intéressant. Avez-vous un fait amusant scientifique favori? Il peut s'agir de n'importe quoi, qu'il soit relié ou pas à votre domaine d'expertise.

Bien, quand j'étais nouvellement graduée - quand je dis nouvellement graduée, ça faisait peut-être un mois que j'étais graduée vétérinaire--j'avais rencontré un urgentologue à l'hôpital local où je travaillais et il m'a comparé à un pédiatre et j'ai trouvé ça étonnant lorsque je l'ai rencontré. J'étais surprise mais à y repenser, on a beaucoup de similitudes entre les vétérinaires et les pédiatres parce que nos patients ne parlent pas, les propriétaires d'animaux sont comme les parents d'enfants malade, ils sont préoccupés par la maladie, par leur progéniture, alors j'ai trouvé ça intéressant. J'ai été surprise sur le coup mais j'ai trouvé ça intéressant par la suite et j'étais finalement d'accord avec cet urgentologue-là.

Bon, je n'aurais pas pensé non plus à faire cette comparaison. Mais c'est intéressant.

Oui.

Merci beaucoup, Catherine d'avoir parlé avec nous aujourd'hui de votre travail et de la tuberculose bovine et les autres maladies animales. Comme vous dites, il est très important d'identifier la tuberculose bovine pour éviter qu'elle se transmette, pour protéger les troupeaux et garder ouvert nos marchés. Et j'espère que votre histoire et vos conseils de carrière vont inspirer à leur tour d'autres personnes. Merci encore.

Ça fait plaisir.

Dr. Catherine Brisson, Directrice, Laboratoire d'Ottawa, santé des animaux

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