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Femmes en Sciences : Balado avec Katie Eloranta et Dre Catherine Carrillo

Mars 2020

« Ce qui est vraiment excitant à propos de la science, c'est la première fois que vous n'échouez pas. Ce moment où quelque chose que vous pensiez ne fonctionnerait jamais finit par être récompensé, et quelque chose se rassemble, et vous faites quelque chose de nouveau et de différent de ce qui était là auparavant. »

Dre Catherine Carrillo, Chercheuse scientifique, Recherche et développement, Laboratoire d'Ottawa (Carling)

« Le terme carrière en science est tellement vaste. Les gens ont des visions de scientifiques en sarrau, mais la question est : que font-ils vraiment? La réalité c'est que tout est possible. C'est vraiment excitant, parce que vous pouvez laisser libre cours à votre imagination, et la carrière vous trouvera. »

Katie Eloranta, Chef de section, Microbiologie et Virologie, Laboratoire de Burnaby

Dans ce balado, deux de nos femmes scientifiques inspirantes parlent de leur expérience et de leur passion pour la science, et de leurs conseils aux femmes et aux filles qui envisagent une carrière en STIM. Attention primeur : « Les possibilités sont illimitées! »

Femmes en Sciences : Balado avec Katie Eloranta et Dre Catherine Carrillo – Transcription audio

Vous êtes à l'écoute des Chroniques 360 – le balado qui vous rapproche des experts de l'ACIA : explorez notre travail et notre manière de l'accomplir.

Hôtesse (Krystine Farago) : En tant qu'organisme à vocation scientifique, l'ACIA appuie le recrutement de femmes et de filles qui souhaitent poursuivre une carrière en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM).

Je vous souhaite la bienvenue à ce balado spécial sur les Femmes en science. Je m'appelle Krystine Farago, et je serai votre hôtesse pour l'entrevue de deux des membres de l'ACIA qui sont des femmes en science, à savoir Mme Catherine Carrillo, chercheure scientifique de notre laboratoire de Carling, ici, à Ottawa, et Mme Katie Eloranta, chef de section de notre laboratoire de Burnaby, en Colombie-Britannique.

Elles sont toutes les deux passionnées par la salubrité des aliments, et vous serez peut-être surpris de constater dans quelle mesure elles ont des points communs.

Bonjour et bienvenue à vous deux.

Catherine Carrillo : Je suis enchantée d'être ici aujourd'hui. Merci de m'avoir invitée.

Katie Eloranta : Merci de nous recevoir.

Hôtesse : J'aimerais en apprendre un peu plus sur vous, sur ce que vous faites ici à l'ACIA, et en particulier sur la manière dont votre travail aide les Canadiens. Catherine, est-ce qu'on peut commencer avec toi?

Catherine : Certainement. Eh bien, je travaille dans la section recherche et développement, et notre rôle à l'ACIA est d'élaborer de nouvelles méthodes, plus fiables et améliorées, qui nous aident à analyser les aliments, et une grande partie du travail que j'ai fait récemment a porté sur le séquençage du génome entier de bactéries et d'aliments. Nous obtenons cette empreinte de la bactérie, ce qui nous aide à comprendre comment elle est arrivée dans la nourriture en premier lieu, dans quelle mesure elle est dangereuse, et à être plus proactifs à l'avenir.

Hôtesse : Katie, tu veux parler un peu de ton rôle?

Katie : Ce que Cathy et moi faisons se complète. Je suis gestionnaire du laboratoire de microbiologie diagnostique de Burnaby, en Colombie-Britannique, qui fait partie de Metro Vancouver. Mon équipe et moi sommes responsables de tests diagnostiques effectués sur les aliments, nous cherchons des agents pathogènes et nous mettons en œuvre certains des outils que l'équipe de Cathy a conçu pour nous aider à détecter et à en apprendre le plus possible sur les bactéries que nous détectons.

Notre équipe commence au début, où nous avons l'aliment, et notre travail consiste à extraire l'agent pathogène de la nourriture pour nous puissions procéder à la caractérisation développée par l'équipe de Cathy. Nos rôles sont vraiment liés. Les échantillons commencent avec mon équipe, puis ils se déplacent vers le travail que Cathy a fait.

Hôtesse : Comment saviez-vous que vous vouliez travailler en science, et comment avez-vous choisi votre domaine d'étude?

Katie : J'ai su très jeune que le monde qui m'entourait m'intéressait. J'étais une enfant curieuse, je suppose, en particulier dans le monde naturel. Quand vous êtes un élève dans une école primaire, vous ne savez pas nécessairement qu'il existe un travail appelé microbiologiste alimentaire, et ce n'est qu'une fois à l'université que j'ai vraiment commencé à m'intéresser à ce que pourrait être mon domaine d'intérêt. Je savais que j'aimais la science à l'école secondaire, et j'ai étudié la chimie et la biologie. Puis, à l'université, j'ai eu l'occasion d'essayer et d'explorer pleinement les disciplines qui me convenaient le mieux.

Catherine : Je pense que j'étais dans une situation similaire. J'ai su très tôt que j'étais intéressée par quelque chose en science. J'ai vraiment eu de la chance. À l'école secondaire, on m'a donné l'occasion de faire un travail de laboratoire en 1987, au Conseil national de recherches du Canada, et en fait, j'ai alors travaillé dans un laboratoire d'ADN. Bien sûr, les choses étaient bien différentes à ce moment-là.

Puis, quand j'ai été admise à l'université, et que j'ai dû décider de ce que je voulais y faire, j'ai été en quelque sorte déchirée entre l'informatique, une sorte de travail sur l'ADN, ou la microbiologie; donc je suis allé en microbiologie et en génétique à l'époque. Maintenant, les choses ont bien tourné, en fait, parce que j'utilise aussi l'informatique dans le travail que nous faisons pour analyser les données sur les séquences. Tout s'est concrétisé au cours des 30 dernières années.

Hôtesse : Très bien. C'est vraiment agréable de vous entendre parler toutes deux de vos antécédents. Sur un plan plus général, espérez-vous une percée scientifique au cours des cinq prochaines années?

Katie : Eh bien, je suis très enthousiaste à propos du travail des chercheurs de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, tout comme c'est le cas pour Cathy, nos chercheurs scientifiques s'emploient activement à mettre au point des technologies et des moyens pour obtenir le plus d'information possible à partir d'un échantillon en aussi peu de temps que possible. À l'heure actuelle, il y a parfois un mythe en microbiologie alimentaire. Ils l'appellent l'effet CSI. À mon avis, on pense à tort de façon générale qu'un échantillon est placé dans une boîte noire, et qu'il en ressortira avec tous les renseignements possibles dont on pourrait avoir besoin de connaître sur cet échantillon.

En réalité, cela ne se passe pas tout à fait comme ça. Il faut parfois beaucoup de temps pour faire sortir cet agent pathogène d'intérêt et pour connaître l'image complète, le microbiome, donc, de ce que contient l'aliment. C'est quelque chose qui reste un peu mystérieux, mais il y a certainement des chercheurs qui travaillent à développer ces techniques qui peuvent nous en dire plus sur l'échantillon en aussi peu de temps possible. Je suis emballée de voir ce que cela signifiera pour la microbiologie alimentaire diagnostique de l'avenir.

Catherine : Nous essayons toujours de faire faire les choses plus vite, mieux, et de manière plus fiable, mais je suis vraiment intéressée par toute cette idée de la communauté de bactéries dans les aliments que nous avons. J'ai vu le projet du génome humain prendre forme. Nous pensions qu'une fois que nous aurions séquencé le génome humain, nous saurions tout ce que nous avions besoin de savoir sur la médecine humaine, et il s'avère que les choses étaient beaucoup plus compliquées que ce que nous pensions.

L'une des choses, qui, à mon avis, est très très intéressante en ce moment c'est d'examiner le microbiome de l'intestin humain, et d'envisager toutes les façons dont celui-ci peut influencer notre santé. Bien sûr, les aliments contiennent beaucoup de bactéries, et certaines sont bonnes pour nous, et d'autres, non. Comment pouvons-nous exercer une influence afin de ne pas nous débarrasser de ces bactéries bénéfiques, tout en nous assurant que les gens consomment des aliments salubres, et y a-t-il des moyens d'aider les gens à améliorer leur santé intestinale de manière à ce qu'ils ne soient pas aussi sensibles aux maladies causées par les infections ou la contamination des aliments?

Je pense que nous allons voir beaucoup de changements dans un avenir prochain dans ces domaines.

Hôtesse : Que diriez-vous que vous aimiez le plus à propos de la science?

Katie : Eh bien, la chose fondamentale que j'aime dans la science est qu'il s'agit de résoudre un casse-tête, et vous pouvez utiliser vos mains pour le faire. J'aime me salir les mains. C'est ce qui m'a attiré en premier lieu vers la biologie, c'est le travail pratique, le travail de laboratoire, et le travail à la table. C'est une approche très pratique pour répondre à des problèmes plus complexes. C'est ce qui m'attire vraiment.

Hôtesse : Et toi, Catherine?

Catherine : Je dois dire qu'en étant en science, on apprend à échouer vraiment bien. Je suis vraiment douée pour échouer, mais ce qui est vraiment excitant à propos de la science, c'est la première fois que vous n'échouez pas. Ce moment où quelque chose que vous pensiez ne fonctionnerait jamais finit par être récompensé, et quelque chose se rassemble, et vous faites quelque chose de nouveau et de différent de ce qui était là auparavant.

Hôtesse : Alors, quand nous avons commencé le balado, nous avons parlé de l'engagement de l'ACIA à recruter des femmes qui veulent faire carrière dans les sciences. De votre point de vue, que diriez-vous aux jeunes filles et aux jeunes femmes pour les encourager à choisir une carrière scientifique, comme vous l'avez fait toutes les deux?

Katie : Le terme carrière en science est tellement vaste. Les gens ont des visions de scientifiques en sarrau, mais la question est : que font-ils vraiment? La réalité c'est que tout est possible. Il y a des possibilités infinies de dire que vous allez poursuivre une carrière en science. Je me souviens d'un moment où j'ai pensé que j'allais travailler avec les plantes, et puis, à l'université, j'ai découvert à quel point la microbiologie était géniale, la science du petit. Il y a aussi des scientifiques qui travaillent à grande échelle, des écologistes, des astrophysiciens. C'est si large de dire une carrière en science, donc tout est possible. C'est vraiment excitant, parce que vous pouvez laisser libre cours à votre imagination, et la carrière vous trouvera.

Catherine : Je suis tout à fait d'accord avec cela. Je pense que vous ne savez pas à quel point le domaine de la science est vaste tant que vous n'y êtes pas vraiment entré. Même maintenant, je ne pense pas connaître tous les emplois possibles que l'on pourrait occuper dans le domaine de la science. Il y a maintenant des besoins vraiment intéressants pour une meilleure communication. Comment pouvons-nous mieux communiquer notre science, et nous en avons besoin – tous ces nouveaux types d'emplois qu'à mon avis, nous n'avons traditionnellement pas vraiment hiérarchisés de la manière que nous connaissons aujourd'hui, sont importants alors que nous essayons de nous assurer que le public comprend ce que nous essayons de faire, et les décisions scientifiques que nous prenons.

Hôtesse : Alors les possibilités ne manquent pas. Avant de vous laisser partir, pourriez-vous partager le fait scientifique le plus intéressant que vous connaissiez?

Katie : Certainement. Je suis vraiment intriguée par le microbiome humain. Je pense que c'est vraiment génial de savoir que plus de la moitié de notre corps n'est pas vraiment humain. Nous sommes largement en désavantage numérique par rapport aux cellules des microbes. Notre composition génétique de ce qui constitue notre humanité, ce sont les gènes humains, mais la plus grande partie de ceux-ci est en fait constituée de gènes de microbes. Je pense qu'il est super génial que l'être humain représente tout un écosystème, et pas seulement notre ADN humain.

Catherine : Comme je l'ai dit, je suis aussi très fascinée par ce domaine en évolution. Ils sont parvenus à traiter les infections à Clostridium difficile au moyen de greffes fécales, et résoudre ce problème sans antibiotiques. Vous faites cette transplantation fécale, et les gens qui allaient mourir sont guéris par cette technique. L'une des choses intéressantes qui se dégage de la possibilité de faire ça avec les gens c'est que vous voyez l'incidence sur un tas d'autres choses, et je pense que les choses les plus intéressantes – j'ai lu à ce sujet, c'est que les gens qui ont perdu leurs cheveux en raison de l'alopécie ont vu leurs cheveux repousser après une transplantation du microbiome. Ça va conduire à des choses incroyables.

Hôtesse : C'est tellement intéressant. Je vous remercie toutes les deux pour votre partage. J'apprends beaucoup de chose aujourd'hui. Je vous remercie de prendre le temps de partager votre expérience et votre passion pour la science.

Merci, Catherine Carrillo et Katie Eloranta, d'avoir pris le temps de vous joindre à nous aujourd'hui.

Katie : Merci de m'avoir invitée.

Catherine : Merci beaucoup!

Hôtesse : Pour d'autre contenu sur les Femmes en science de l'ACIA, n'hésitez pas à consulter Chronique 360. Vous pouvez également visiter le site Science.gc.ca pour en apprendre davantage sur le travail novateur réalisé par d'autres femmes scientifiques du gouvernement du Canada d'un océan à l'autre. Pour Chroniques 360, ici Krystine Farago.

Ceci était un balado des Chroniques 360. Pour plus d'histoires comme celle-ci, visitez inspection.gc.ca/Chroniques360.

[Fin de l'enregistrement]

Femmes en Sciences : Balado avec Katie Eloranta et Dre Catherine Carrillo

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