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Que se cache-t-il dans vos meubles?

Août 2020

Que se cache-t-il dans vos meubles?

Lorsque nous pensons aux espèces envahissantes, l'idée que des phytoravageurs peuvent exister dans les produits du bois que nous possédons ou achetons nous vient rarement à l'esprit.

Et pourtant, il n'est pas rare que des insectes exotiques émergent des meubles en bois, des objets décoratifs en bois ou des objets artisanaux en bois pour vivarium et terrarium – même s'ils ont été achetés dans des magasins au Canada.

« Les objets de bois provenant d'autres pays – qu'ils soient achetés localement ou apportés au Canada en guise de souvenir – peuvent abriter des organismes étrangers tels que des œufs ou des larves d'insectes, explique la Dre Mireille Marcotte, gestionnaire nationale, Enquêtes phytosanitaires, de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Une fois que ces objets sont introduits au pays, que les œufs ou les larves arrivent à maturité, les insectes émergent…et voilà…le Canada doit faire face à un nouveau phytoravageur ».

Les phytoravageurs et les espèces envahissantes étrangers constituent une menace pour les plantes du Canada et nous avons tous un rôle à jouer pour empêcher leur introduction et leur propagation.

Devenez un citoyen scientifique

La science citoyenne se produit lorsque le public participe et joue un rôle dans la recherche scientifique, en contribuant à la surveillance des données. La science citoyenne fait partie intégrante de la prévention et du contrôle des parasites envahissants au Canada. En prenant des mesures simples comme remarquer et signaler les découvertes d'insectes suspectes et surprenantes, vous pouvez jouer un rôle en influençant les mesures réglementaires importantes et en éradiquant les phytoravageurs nuisibles du Canada.

Il existe de nombreux exemples de science citoyenne, comme en 2013, lorsqu'un résident de Toronto a signalé avoir vu un longicorne asiatique, une menace pour les érables, les peupliers, les bouleaux et les saules. L'ACIA a imposé des restrictions sur les déplacements de bois à Toronto et à Mississauga et a surveillé l'apparition de cet insecte. Le longicorne a été éradiqué avec succès au début de l'année. Si ce résident n'avait pas signalé son observation, qui sait combien de dommages supplémentaires auraient pu être causés.

Un autre exemple est la réaction de l'ACIA à un rapport d'un propriétaire canadien selon lequel son parquet en bois dur fabriqué à l'étranger était infesté d'insectes. L'ACIA a identifié les insectes comme étant le Stromatium longicorne, un insecte à longues cornes qui peut infester le bois sec, et a travaillé avec l'entreprise de fabrication pour s'assurer que son entrepôt n'était pas envahi par ce phytoravageur.

De même, en 2018, plusieurs mois après avoir acheté des étagères en bois importé dans un magasin de l'Ontario, un résident a remarqué des signes caractéristiques des insectes perceurs de bois : un résidu poudreux ressemblant à de la sciure sur le sol et des trous dans les étagères. L'ACIA a identifié le coupable comme étant Chlorophorus diadema, un phytoravageur qui s'attaque aux robiniers, aux bouleaux, aux peupliers et aux saules, ainsi qu'aux vignes, aux cerisiers acides et à d'autres arbres fruitiers. L'Agence a enquêté et géré le risque de fuite de ce phytoravageur dans l'environnement.

La science citoyenne a encore fait la différence lorsqu'en mai dernier, un citoyen de Montréal a trouvé un étrange insecte dans sa maison. L'ACIA a pu déterminer qu'il s'agissait d'un longicorne des antilopes (Xylotrechus antilope), un insecte originaire d'Europe. Si ce phytoravageur s'attaque principalement aux chênes, il vise également les hêtres. Il a le potentiel de nuire gravement à nos forêts de feuillus. L'ACIA a mis en œuvre la première de ses mesures d'éradication et a installé des pièges à insectes dans le quartier de Montréal où le phytoravageur a été découvert. Ces pièges permettront de déterminer si ce longicorne est établi dans l'environnement.

Sans ces rapports, tous ces phytoravageurs auraient pu s'établir dans l'environnement, entraînant la destruction d'arbres et générant des coûts d'éradication.

Signalement des phytoravageurs et des espèces envahissantes

N'oubliez pas que si vous voyez quelque chose sortir d'un morceau de bois, ramassez-le et contactez un bureau local de l'ACIA. Un inspecteur phytosanitaire vous contactera pour obtenir plus de détails et soumettra votre découverte à un laboratoire de l'ACIA pour identification officielle.

Les renseignements recueillis peuvent être utilisés par l'ACIA pour ajuster les exigences d'importation ou cibler les produits à inspecter avant leur entrée au Canada, afin de protéger le Canada des menaces phytosanitaires.

En fin de compte, chaque personne peut donner un coup de main pour protéger les plantes du Canada, notre environnement et, en fin de compte, la santé de tous les Canadiens.

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Chlorophorus diadema

Xylotrechus antilope

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