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Produits de la biotechnologie : Végétaux qui tolèrent les herbicides

Qu'est-ce qu'un végétal tolérant les herbicides et où en trouve-t-on?

Les végétaux tolérants les herbicides sont des végétaux dont la croissance et le développement ne sont pas sensiblement touchés par les herbicides utilisés pour maîtriser les mauvaises herbes qui poussent autour d'eux. Les producteurs utilisent un certain nombre de ces végétaux.

Tous les végétaux ont la capacité naturelle de tolérer certains herbicides particuliers. Certains, comme divers canolas tolérant les herbicides, ont été génétiquement modifiés à cette fin. Cela signifie que des scientifiques ont créé de nouvelles souches de végétaux qui ne sont pas touchés par un herbicide particulier.

La tolérance aux herbicides chez les végétaux n'est pas nouvelle. Depuis de nombreuses années, les scientifiques et les agriculteurs savent que la tolérance aux herbicides peut être transférée d'une plante à l'autre par croisement entre des végétaux cultivés et sauvages. Les gens observent, étudient et gèrent le transfert de la tolérance aux herbicides depuis longtemps, en fait depuis bien avant qu'on commence à utiliser les techniques de la biotechnologie moderne pour modifier génétiquement des végétaux afin qu'ils montrent ces caractéristiques. Les scientifiques poursuivent ces études.

Pourquoi a-t-on créé des végétaux génétiquement modifiés tolérant les herbicides?

Ces types de végétaux ont été créés pour aider les agriculteurs à maîtriser les mauvaises herbes qui livrent concurrence aux cultures en ce qui concerne le sol, l'espace, l'eau et la lumière du soleil.

Les agriculteurs qui choisissent des cultures qui tolèrent un herbicide particulier peuvent vaporiser l'herbicide en question dans leurs champs. Ils éliminent ainsi les mauvaises herbes sans risquer de nuire à leurs cultures, ce qui les aide à accroître le rendement de leurs cultures. L'herbicide détruit les mauvaises herbes du champ, mais le végétal tolérant les herbicides n'est pas touché.

Les agriculteurs peuvent également choisir d'utiliser des végétaux tolérant les herbicides pour des motifs environnementaux. Le recours à des végétaux tolérant les herbicides peut également signifier une baisse de la quantité d'herbicides disséminés dans l'environnement ou l'utilisation d'herbicides qui sont moins nuisibles à l'environnement (comme ceux qui se dégradent rapidement). Cela peut également vouloir dire que l'agriculteur n'a pas à entrer en contact direct avec l'herbicide, comme cela est le cas lorsqu'il pulvérise un herbicide à plusieurs occasions dans un champ.

Comment un végétal acquiert-il la tolérance à un herbicide?

Certains végétaux tolèrent naturellement des herbicides particuliers, alors que d'autres acquièrent une tolérance au cours du processus évolutionniste d'adaptation à leur environnement (parfois des végétaux acquièrent une tolérance à un herbicide particulier parce que l'herbicide n'a pas été utilisé adéquatement dans la lutte contre les mauvaises herbes). D'autres végétaux qui tolèrent les herbicides ont été créés grâce à la biotechnologie.

A-t-on exprimé des préoccupations au sujet des végétaux tolérant les herbicides?

Oui. Certains ont exprimé des préoccupations à l'égard du croisement possible entre des végétaux tolérants et d'autres végétaux et mauvaises herbes, créant des mauvaises herbes qui sont difficiles à maîtriser. Certains les ont désignées sous le nom de « super mauvaises herbes ». Si un végétal tolérant les herbicides réussit à se croiser avec un autre végétal qui est jugé être une mauvaise herbe, il pourrait créer une version de la mauvaise herbe qui est résistante aux doses régulières de cet herbicide particulier. Les experts agricoles, y compris ceux de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), s'entendent pour dire que cela reste possible.

Toutefois, l'expression « super mauvaises herbes » donne à penser que la mauvaise herbe ne peut pas être maîtrisée du tout. La recherche scientifique et les pratiques agricoles antérieures en agriculture montrent que ce n'est pas le cas.

Premièrement, les caractères peuvent être transférés seulement à des végétaux étroitement apparentés. Plusieurs des grandes cultures canadiennes (comme le maïs, les tomates, les pommes de terre et le soja) ne comptent pas, au Canada, de mauvaises herbes apparentées auxquelles elles pourraient transférer leurs caractères. Il n'existe donc pas de possibilité que des mauvaises herbes difficiles à maîtriser soient créées à partir de ces cultures.

Deuxièmement, en ce qui concerne les cultures qui se sont effectivement apparentées à des mauvaises herbes, il existe de nombreux autres moyens de lutte contre les mauvaises herbes qui développent une tolérance aux herbicides. Les agriculteurs ont, par le passé, utilisé un certain nombre de méthodes pour gérer les mauvaises herbes qui sont devenues tolérantes aux herbicides, soit naturellement soit par modification génétique. Il peut s'agir entre autres d'un des moyens suivants :

Comme mesure de précaution supplémentaire, l'ACIA demande à tous les concepteurs à qui l'on accorde une approbation de nouveaux végétaux tolérant les herbicides, de dresser un plan de gérance des cultures tolérantes aux herbicides. Ce plan doit préciser les mesures que les agriculteurs peuvent prendre pour minimiser les risques que des mauvaises herbes deviennent résistantes aux herbicides. L'ACIA collabore également avec l'industrie à créer des plans semblables de gérance pour les végétaux qui ont déjà été approuvés.

D'autres ont exprimé des préoccupations au sujet de ce qui se passe si un végétal devient tolérant à plus d'un herbicide.Note de bas de page 1 Une telle situation peut se produire quand des végétaux tolérant les herbicides se croisent ensemble. La descendance (les nouveaux végétaux) peut tolérer plus d'un herbicide. Les nouveaux végétaux possèdent des caractéristiques combinées de chacune des plantes-mères.

Ce processus est appelé « accumulation pyramidale de gènes ». Cette accumulation n'est pas unique aux végétaux issus de la biotechnologie. Les végétaux de plein champ peuvent devenir tolérants à plus d'un herbicide si les herbicides ne sont pas utilisés adéquatement pour lutter contre les mauvaises herbes. Les agriculteurs se servent également des méthodes énumérées ci-dessus pour gérer ces types de mauvaises herbes.

On a également exprimé des préoccupations au sujet de l'envahissement d'autres aires cultivées ou habitats naturels par des végétaux tolérant les herbicides. Les études ont montré que les végétaux tolérants les herbicides ne causent pas plus de problèmes que les autres végétaux - à moins que l'herbicide en question ne soit le seul utilisé pour se débarrasser des mauvaises herbes et des autres végétaux qui leur livrent concurrence.

Les études ont également montré que les végétaux domestiqués, comme les plantes cultivées, ne survivent pas bien sans soins humains. Cela signifie qu'un végétal tolérant les herbicides qui pousse à l'extérieur du champ d'un agriculteur a peu de chance de survivre ou de se croiser avec d'autres végétaux. En 2001, on a publié une étude portant sur l'observation de quatre types de cultures génétiquement modifiées sur une période de 10 ans. L'étude concluait que les végétaux ne survivaient pas bien dans la nature et ne risquaient pas plus d'envahir les habitats non cultivés que leurs homologues non modifiés. On peut consulter les résultats de l'étude, réalisée par M. J. Crawley et coll., intitulée “ Biotechnology: Transgenic crops in natural habitats et publicé dans la revue Nature, volume 409, pages 682-683 (2001).

Que fait le gouvernement du Canada pour étudier les répercussions possibles des végétaux tolérant les herbicides?

Les scientifiques de l'ACIA étudient les effets qu'auront les végétaux qui tolèrent les herbicides sur l'environnement au fil des ans. Ils évaluent en particulier le bien-fondé de prescrire un nombre maximal de caractères nouveaux qui peuvent apparaître dans chacune des nouvelles cultures issues de la biotechnologie. Ils détermineront également si le gouvernement devrait fixer des exigences additionnelles pour la gestion des végétaux issus de la biotechnologie, en plus de celles qui existent déjà.

Pour étudier les végétaux qui tolèrent les herbicides, l'ACIA collabore avec la collectivité scientifique à l'échelle du Canada, et notamment des spécialistes universitaires et des agronomes. L'Agence subventionne également des études sur la tolérance aux herbicides. De surcroît, l'ACIA consulte d'autres organismes fédéraux comme l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada qui réglementé les produit antiparasitaires, et notamment tous les types d'herbicides.

Le gouvernement du Canada est résolu à accroître les connaissances en matière de tolérance aux herbicides et de leurs effets. Il a également à coeur de gérer les progrès de la biotechnologie afin de protéger notre santé, notre sécurité et notre environnement.

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