DGR-10-27 : Pseudomonas syringae pv. aesculi (maladie du chancre suintant du marronnier)

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Date d'émission : 2010-11-23

Préface

Comme il a été défini par la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), l'analyse du risque phytosanitaire (ARP) comprend trois phases: mise en route, l'évaluation du risque phytosanitaire et la gestion du risque phytosanitaire. L'initiation du processus de l'ARP implique l'identification d'organismes nuisibles et des voies d'entrée susceptibles et la définition de la zone ARP. L'évaluation des risques phytosanitaires établit le fondement scientifique de la gestion globale des risques. La gestion des risques phytosanitaires est le processus consistant à déterminer et évaluer les mesures d'atténuation pouvant être prises pour réduire les risques posés par l'organisme nuisible en cause à des niveaux acceptables et à sélectionner les mesures adéquates.

Le Document de gestion du risque (DGR) comprend un aperçu des résultats d'une évaluation des risques phytosanitaires et présente le processus de gestion des risques phytosanitaires suivi pour traiter du problème en cause. Il respecte les principes, la terminologie et les lignes directrices des normes de la CIPV pour l'analyse des risques phytosanitaires.

Table des matières

1.0 Sommaire

Le chancre suintant du marronnier est une maladie récemment découverte qui cause la mort du marronnier commun Aesculus hippocastanum L. Cette maladie se retrouve dans certaines parties de l'Europe notamment la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. La présence de chancres suintants chez le marronnier commun a d'abord été associé à des pathogènes fongiques (espèces de Phytophthora). Ce n'est que récemment que la maladie a été liée au Pseudomonas syringae pv. aesculi., une bactérie qui a tout d'abord été décrite dans les années 70 comme causant des taches sur les feuilles du marronnier de l'Inde, Aesculus indica.

P. syringae pv. aesculi n'est pas considéré comme présent en Amérique du Nord. Une seule variété indigène d'Aesculus est connue au Canada (A. glabra sur l'île Walpole dans le lac St. Claire en Ontario). Toutefois des A. hippocastanum et A. glabra (marronniers de l'Ohio) ont été plantés en Amérique du Nord, y compris au Canada, principalement comme arbre ornemental dans des endroits publics pour leur ombre. En plus de la menace directe aux spécimens nord-américains du marronnier commun, l'incursion du P. syringae pv. aesculi pourrait avoir des répercussions sur le commerce horticole, plus particulièrement avec les Etats-Unis (É.-U.).

Bien que des recherches soient en cours, on sait très peu de choses à propos de la maladie. De plus, l'incertitude règne quant au potentiel de propagation de ce pathovar parmi les autres espèces indigènes et non indigènes. En Europe, le taux d'infection et de mortalité du marronnier commun est élevé là où le pathovar s'est propagé.

Le présent document de gestion du risque a pour but d'aviser que P. syringae pv. aesculi est considéré comme un organisme de quarantaine au Canada et que l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) réglementera l'importation des plants de l'espèce Aesculus spp. destinés à la plantation, y compris les semences, afin d'éviter l'introduction de ce pathovar au Canada.

2.0 Objectif

L'objectif de ce document est de :

  • demander l'avis des intervenants
  • informer les intervenants
  • enregistrer une décision relative à la gestion du risque
  • autre (fournir une explication)

3.0 Portée

Le présent document de gestion du risque décrit le risque lié à l'introduction de l'agent causal de la maladie du chancre suintant du marronnier, Pseudomonas syringae pv. Aesculi, au Canada, et présente la décision relative à la gestion du risque prise par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (AICA) au sujet de ce ravageur.

Pour obtenir des renseignements additionnels sur les exigences en vigueur régissant l'importation de végétaux ou produits végétaux particuliers, veuillez consulter le Système automatisé de référence à l'importation (SARI) de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

4.0 Définitions

Les définitions des termes utilisés dans le présent document se trouvent dans le Glossaire des termes de la protection des végétaux ou dans le Glossaire des termes phytosanitaires de la CIPV.

5.0 Contexte

La littérature scientifique récente définit P. syringae pv. aesculi comme un ravageur destructif qui attaque et entraîne la mort des plantes du genre Aesculus spp.. Ce pathovar de P. syringae a tout d'abord été observé chez l'Aesculus indica en Inde, sur lequel il laissait de petites taches sur les feuilles. Actuellement, il se propage rapidement en Europe, notamment en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Des études récentes estiment qu'au Royaume-Uni, environ 49 % des marronniers communs sont infectés; ce chiffre s'élève à 39 % aux Pays-Bas. Une fois qu'elle attaque un hôte, la maladie ne peut pas être contrôlée. En juin 2009, ce ravageur a été ajouté à la liste d'organismes de quarantaine de l'Organisation européenne pour la protection des plantes (OEPP 2009).

Le 7 janvier 2010, le United States Department of Agriculture's (USDA) Animal and Plant Health Inspection Service (APHIS) a publié une ordonnance fédérale interdisant l'importation de plants d'Aesculus spp. destinés à la plantation, à l'exception des semences, en provenance de tous les pays sauf le Canada. Les É.-U. ont également ajouté l'Aesculusspp. à la liste de plantes destinées à la plantation dont l'importation est interdite en attente de résultats d'analyse du risque phytosanitaire (NAPPRA).

La décision d'exempter le Canada de ces restrictions a été prise après qu'APHIS ait été informé que l'ACIA envisageait également de prendre des mesures pour contrer le risque d'introduction du P. syringae pv. aesculi d'autres continents. Il n'y a pas de cas connus de P. syringae pv. aesculi au Canada.

Les versions précédentes de la directive D-01-01 de l'ACIA, Exigences phytosanitaires visant à prévenir l'introduction et la propagation du Phytophtora ramorum interdisaient l'importation d'Aesculus spp. au Canada en provenance de pays où le P. ramorum était présent, à l'exception des Pays-Bas. En juillet 2008, la directive a été modifiée afin de réglementer la plupart des hôtes par espèces plutôt que par genres. À l'heure actuelle, les seuls Aesculus spp. dont l'importation est interdite en provenance d'Europe sont l'A. californica et l'A. hippocastanum. L'importation de toutes les espèces en provenance des Pays-Bas est permise lorsque certifiées sous le Programme de certification attestant que les produits sont exempts d'organismes nuisibles à l'égard du Phytophthora ramorum.

Bien que les hôtes du P. syringae pv. aesculi n'aient pas été plantés à grande échelle au Canada, l'introduction de ce pathovar pourrait avoir de graves répercussions sur le commerce horticole, particulièrement avec les É.-U. De plus, l'incertitude règne quant au potentiel de dissémination de ce pathovar parmi les autres espèces indigènes et non indigènes au Canada et aux É.-U. Une fois établi, ce pathovar cause des dommages importants et les arbres touchés doivent être rapidement abattus, la faiblesse du bois devient un danger pour le public.

6.0 Sommaire de l'évaluation du risque phytosanitaire

Une analyse du risque phytosanitaire (Miller, 2010) a été effectuée par l'ACIA en avril 2010 afin d'évaluer le risque potentiel relié à l'introduction au Canada du P. syringae pv. aesculi, le pathovar qui cause la maladie du chancre suintant du marronnier. Les sections qui suivent présentent les points saillants de cette évaluation.

6.1 Biologie du ravageur

6.1.1 Cycle vital

L'agent causant le chancre suintant du marronnier a d'abord été lié à une espèce de Phytophthora, mais les recherches ont démontré que la bactérie P. syringae pv. aesculi était toujours associée avec la maladie. Le P. syringae est un vaste regroupement de bactéries qui englobe plusieurs pathovars bien connus (une souche bactérienne ou un ensemble de souches qui ont les mêmes caractéristiques ou des caractéristiques semblables).

On ne possède que peu de données sur la distribution géographique, la biologie, l'épidémiologie et la gamme de plantes hôtes du P. syringae pv. aesculi; des conclusions ont donc été tirées par inférence à partir de taxons voisins. Un exemple en est, le pathovar van Hall P. syringae pv. Syringae qui a une vaste gamme de plantes hôtes et est largement présent partout dans le monde. Il démontre une grande adaptabilité et une tolérance à différentes conditions climatiques. Ce pathovar touche toutes les parties de la plante du moment des semis jusqu'à maturité. Il peut survivre sur les espèces cultivées mais aussi sur les espèces non agricoles qui jouent le rôle d'inoculant principal dans la transmission de l'infection. Il est transmis et disséminé par les plantes vivantes et les matériaux de propagation ainsi que par la pluie. On peut supposer avec un bon degré de certitude que le comportement de P. syringae pv. aesculi sera similaire aux autres pathovars P. syringae.

6.1.2 Gamme d'hôtes

L'A. hippocastanum (les cultivars blanc et rouge) est le plus touché par le P. syringae pv. aesculi toutefois l'A. hippocastanum cv. Baumanii semble aussi être très susceptible. L'A. glabra peut également être affecté et des recherches en court ont pour but de déterminer la susceptibilité d'autres espèces (p. ex. A. x mutabilis, A. flava, A. parviflora et A. pavia)

6.1.3 Symptômes

Les premiers symptômes se caractérisent par des lésions suintantes; des gouttes éparpillées de liquide collant couleur rouille, jaune-brun ou presque noir coulent de petites ou de grandes zones d'écorce endommagée sur le tronc ou les branches des marronniers infectés. Les arbres infectés pour une période plus ou moins longue peuvent afficher une lésion de l'écorce qui laisse suinter une résine sur le tronc et quelques fois sur les branches. Les zones qui suintent peuvent être proches du sol à la base de l'arbre ou se situer plus haut sur le tronc à environ 1 mètre du sol pour ensuite se propager vers le haut. Lorsque le temps est sec durant l'été, cet exsudat sèche pour devenir une croûte foncée et cassante.

Après quelques mois, le centre de la zone de suintement sur l'écorce peut se fissurer. Avec le temps, des champignons font leur apparition à la surface de l'écorce morte.

6.2 Répartition

Ce phytoravageur a d'abord été observé sur l'Aesculus indica en Inde, causant des taches sur le feuillage, mais il a été impossible de recueillir plus d'information sur l'étendue ou la sévérité de la maladie qu'il peut causer dans ce pays ou dans d'autres pays asiatiques (OEPP 2009). Il est difficile de déterminer avec certitude comment ce ravageur est arrivé en Europe, mais de forts soupçons se portent sur les arbres importés en Angleterre pour le secteur horticole. P. syringae pv. aesculi se retrouve en Allemagne, en Belgique, en France, en Italie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni (Angleterre, Écosse et Pays de Galles). D'autres pays peuvent également être touchés.

6.3 Voies d'entrée

Beaucoup reste à découvrir sur la propagation de P. syringae pv. Aesculi. Le pathovar a pu être isolé sur la surface des feuilles et des branches du marronnier commun de même que sur les fleurs et différentes parties du fruit. La bactérie a également été retrouvée dans l'eau de pluie à proximité d'arbres malades. Cependant, des études plus approfondies seront nécessaires pour déterminer le rôle que jouent la pluie, les insectes ou même l'activité humaine (p. ex. l'émondage) dans la transmission de la maladie.

La propagation naturelle et locale d'autres pathovars P. syringae se fait généralement par l'éclaboussement pluvial. La propagation sur de longues distances résulte en générale de l'activité humaine qui contribue au transport de matériel infesté par le P. syringae. Par exemple, le commerce de matériel horticole (plantes, graines, etc.) pour ne nommer que cette méthode. Les mesures de mitigation de risque proposées dans le présent DGR couvrent la propagation sur de longues distances par le transport de matériel horticole infecté.

Le pathovar n'est pas toujours visible sur des plants dormants d'A. hippocastanum ou sur l'A. indica sur lesquels le pathovar ne cause que de discrètes taches sur les feuilles (en cas de légers symptômes ou d'absence de feuilles). Le P. syringae pv. aesculi est également difficile à détecter dans le cas où il n'y a pas présence de chancre. Les A. hippocastanum, de toutes tailles peuvent être affectés.

Le matériel végétal du genre Aesculus spp., particulièrement l'A. hippocastanum et possiblement l'A. indica a de grande chance d'être infecté par P. syringae pv. aesculi lorsqu'il provient de l'Europe ou de l'Inde.

6.3.1 Risque d'établissement

Plusieurs des espèces nord-américaines d'Aesculus (y compris l'A. hippocastanum eurasien) poussent au nord de la zone 5, ce qui inclut une grande partie de la zone côtière de la Colombie-Britannique, le Sud de l'Ontario et le Sud de la Nouvelle-Écosse. Groupés, ces espèces peuvent être cultiver plus au Nord que leur habitat naturel. L'A. indica est indigène à la partie Ouest des Himalaya. Il n'est pas sûr de le retrouver au Canada, mais il est considéré rustique en zone 7, ce qui laisse croire qu'il survivrait dans une petite partie du sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Si les zones sont propices à la survie de l'A. hippocastanum au Canada elles le seraient également à l'établissement du pathovar, surtout lorsque les climats sont semblables à ceux des zones touchées d'Europe. Le pathovar a également démontré la capacité de s'adapter à un nouvel hôte en passant du A. indica, où il a été découvert à l'origine, à A. hippocastanum. Il est donc difficile de prédire quels autres hôtes seraient susceptibles d'être touchés (comme le marronnier de l'Ohio, la seule espèce indigène canadienne d'Aesculus ).

6.3.2 Risque de propagation

Jusqu'à présent, l'épidémiologie de la maladie reste très mal comprise. Des déductions sont faites par inférence à partir d'études sur des taxons connexes. La propagation de bactéries pathogènes semblables se fait en grande partie à travers le déplacement d'eau de pluie poussée par le vent. L'infection entre arbres peut également se produire par les racines, que ce soit par greffe ou autre.

Des scientifiques britanniques ont récemment fini de séquencer le génome du Pseudomonas syringae pv. Aesuli. Les résultats laissent penser que la propagation de cette maladie agressive est peut-être le résultat d'une introduction unique.

Généralement parlant, les maladies causées par les membres de la famille du P. syringae ont tendance à être favorisées par des conditions humides et fraîches (les températures optimales pour la propagation de la maladie se situent entre 12 et 25°C). Elles ont également tendance à être transmises par les semences et à se dispersent facilement de façon naturelle.

6.4 Incidences économiques et environnementales potentielles

Il est difficile de déterminer les incidences économiques potentielles du P. syringae pv. aesculi. L'A. hippocastanum, la plus touchée des espèces, n'est pas très commune au Canada. Elle a été importée et plantée comme arbre décoratif principalement pour son ombrage, mais a rarement été naturalisée. L'élimination et le remplacement des arbres touchés entraîneraient des coûts. Toutefois, même si la perte de cette espèce serait ressentie dans certains endroits, les répercussions générales resteraient relativement minimales.

L'introduction de ce ravageur au Canada aurait cependant des incidences négatives sur le commerce horticole, particulièrement avec les É.-U. L'USDA a récemment exempté le Canada de la réglementation fédérale DA-2010-02 reliait au P. syringae pv. Aesculi, qui interdit l'entrée d'Aesculus spp. du reste du monde. Cette décision a été prise après qu'APHIS eut été informé que l'ACIA envisage également de prendre des mesures pour contrer le risque d'introduction du P. syringae pv. Aesculi. Les exigences phytosanitaires entre l'USDA et l'ACIA sont harmonisées et ont pour but d'empêcher l'introduction de ce phytoravageur en Amérique du Nord en permettant au matériel végétal du genre Aesculus spp. de continuer à circuler entre le Canada et les É.-U.

7.0 Considérations relatives à la gestion du risque

Le P. syringae pv. aesculi est un pathovar dangereux doté d'un potentiel de propagation élevé. Il reste beaucoup à découvrir à propos de cette maladie, notamment la susceptibilité éventuelle de différents arbres indigènes et non indigènes et d'autres espèces d'hôtes potentiels du P. syringae pv. Aesculi (y compris les membres de la famille nord-américaine du marronnier de l'Ohio).

Bien qu'il soit un hôte principal, l'A. hippocastanum n'a pas été planté en grande quantité au Canada et sa naturalisation est plutôt rare. L'introduction du P. syringae pv. aesculi pourrait toutefois avoir des incidences négatives sur le commerce horticole, particulièrement avec les É.-U. Néanmoins, sachant que l'ACIA révise actuellement la réglementation de ce ravageur, l'USDA a ajouté l'Aesculus spp. à sa liste NAPPRA et a imposé des restrictions contre l'importation d'Aesculus spp. en provenance d'autres pays à l'exception du Canada.

Très peu est connu sur P. syringae pv. Aesculi, car ce n'est que très récemment qu'il s'est révélé être une menace. Étant donné le peu d'information, l'adaptabilité et la virulence potentielle de ce pathovar, l'ACIA veut prévenir l'introduction du P. syringae pv. aesculi au Canada.

8.0 Options de gestion du risque phytosanitaire

8.1 Première option : Ne pas réglementer Pseudomonas syringae pv. aesculi et ne pas interdire l'importation d'Aesculus spp.

Avantages :
  • L'ACIA n'aurait aucun coût additionnel à supporter.
Inconvénients :
  • L'ACIA n'aurait pas le pouvoir nécessaire pour exiger des mesures phytosanitaires visant à prévenir l'introduction de P. syringae pv. aesculi au Canada.
  • Une menace aux spécimens nord-américains de A. hippocastanum.
  • Étant donné le manque d'information et de données liées à cette maladie il reste toujours un risque potentiel pour d'autres espèces indigènes et non indigènes.
  • L'introduction de P. syringae pv. aesculi pourrait avoir des répercussions sur le commerce horticole, particulièrement avec les É.-U.

8.2 Deuxième option : Réglementer P. syringae pv. aesculi et interdire l'importation d'Aesculus spp. des pays où la présence du phytoravageur a été confirmée.

Avantages :
  • En réglementant P. syringae pv. aesculi, l'ACIA pourra mettre en place des mesures phytosanitaires visant à prévenir l'introduction de P. syringae pv. aesculi au Canada.
Inconvénients :
  • Étant donné que la distribution du phytoravageur dans le monde reste inconnue, les inconvénients restent les mêmes que pour la première option.

8.3 Troisième option : Réglementer P. syringae pv. aesculi et interdire l'importation d'Aesculus spp. de tous les pays excepté les É.-U. en attente de l'identification, l'évaluation et l'acceptation de mesures de mitigation de risque appropriées (par ex. dépistage phytosanitaire permettant l'identification de régions où P. syringae pv. aesculi n'est pas présent)

Avantages :
  • En réglementant P. syringae pv. aesculi, l'ACIA pourra mettre en place des mesures phytosanitaires visant à prévenir l'introduction de P. syringae pv. aesculi au Canada.
  • Limitera la menace qui pèse sur les spécimens nord-américains deA. hippocastanum.
  • Limitera le risque d'infecter d'autres espèces indigènes et non indigènes qui pourraient potentiellement être susceptibles à cette maladie.
  • Évitera les répercussions négatives que pourrait avoir l'introduction de P. syringae pv. aesculi sur le commerce horticole.
Inconvénients :
  • Des ressources additionnelles mineures de l'ACIA seront nécessaires pour mettre en place ces nouveaux règlements.

9.0 Décision en matière de gestion du risque

L'ACIA adoptera la troisième option. Ce document de gestion du risque phytosanitaire a pour but d'informer que l'ACIA interdira l'importation de plants d'Aesculus spp. à des fins de plantation, y compris les semences, en provenance de tous les pays sauf des É.-U. La directive D-08-04 Exigences phytosanitaires régissant l'importation de végétaux et de parties de végétaux destinés à la plantation: réglementer la filière des végétaux destinés à la plantation pour contrer l'entrée et la dispersion de phytoravageurs réglementés sera modifiée afin de refléter ses nouvelles exigences. Cette interdiction est rendue nécessaire pour prévenir l'introduction et la propagation au Canada du Pseudomonas syringae pv. aesculi, l'agent causal du chancre suintant du marronnier. Cette nouvelle réglementation entrera en vigueur 60 jours après la publication de ce DGR aux intervenants.

10.0 Communication aux intervenants

Les partenaires commerciaux et intervenants suivants seront avisés des nouvelles exigences phytosanitaires à l'importation découlant de la présente décision en matière de gestion du risque :

  • Partenaires commerciaux (y compris l'Organisation mondiale du commerce, le portail de la Convention internationale pour la protection de végétaux, etc.);
  • Les agents de programmes, les inspecteurs et les centres des services de l'importation de l'ACIA;
  • Les autres organisations gouvernementales (p. ex., l'Agence des services frontaliers du Canada);
  • Les intervenants industriels.

11.0 Références

Agence canadienne d'inspection des aliments. Exigences phytosanitaires régissant l'importation de végétaux et de parties de végétaux destinés à la plantation. Prévention de l'introduction et de la propagation des phytoravageurs associés aux végétaux destinés à la plantation constituant une voie d'entrée (D-08-04).

Agence canadienne d'inspection des aliments. Exigences phytosanitaires visant à prévenir l'introduction et la propagation du Phytophthora ramorum (D-01-01)

OEPP. 2009. Bulletin Internet : Pseudomonas syringae pv. aesculi.

Kinver, M. 21 April 2010, BBC Science & Environment : DNA boost in battle against bleeding canker.

Miller, S. J. 2010. PHPD Request No. 06-09. Plant Health Risk Assessment: Horse Chestnut Bleeding Disease, as caused by Pseudomonas syringae pv. aesculi, Module d'Évaluation des risques phytosanitaires, Agence canadienne d'inspection des aliments.

USDA. 2010. USDA Plants Database. Plants profile: Aesculus hippocastanum L., horse chestnut

12.0 Approbation

Approuvé par :

Dirigeant principal de la protection des végétaux

Date de modification :